Des sanctions contre le(s) Soudan(s) ?
(B2 à Luxembourg) Les “27″ ont exprimé lundi (23 avril) leur « profonde inquiétude » face à l’escalade du conflit entre le Soudan et le Sud-Soudan. Ils ont demandé aux deux gouvernements de « stopper immédiatement leurs attaques sur l’autre territoire, de cesser les hostilités et de retirer toutes leurs forces de sécurité d’Abyei et d’éviter d’autres actions provocatrices, en particulier toute rhétorique inflammatoire ». Les Européens ont ainsi condamné la saisie et l’occupation de Heglig par les forces armées du Sud Soudan comme les bombardements aériens et les incursions terrestres des forces du Soudan. Ils ont appelé les deux parties à retourner à la table de négociation, pour également résoudre la question du Sud Kordofan et du Nil bleu. Télécharger les conclusions (en anglais)
Possible sanction contre le Sud Soudan
Une inquiétude confirmée coté français comme l’a confié aux journalistes, en marge du Conseil, Henri de Raincourt, le ministre de la coopération (qui assurait la “permanence ministérielle” française en l’absence d’Alain Juppé). « L’intérêt bien compris des uns et des autres doit passer par un accord. Ces deux pays doivent s’entendre, c’est sur le territoire de l’un que se trouve le pétrole, c’est par le territoire de l’autre que le pétrole transite. » Mais il a averti : « Les engagements pris très récemment par le Sud Soudan doivent être respectés. (…) Là comme ailleurs, si les choses n’évoluent pas favorablement il est possible d’envisager la mise en place de sanctions. Contre ceux qui ne respectent pas la sortie de crise. »
Selon nos informations, il n’y a cependant aucune proposition sur la table du service diplomatique européen. « Il s’agit davantage d’un signal, d’éteindre l’incendie, d’éviter tout nouvel acte » a expliqué un haut diplomate européen que j’ai interrogé – durant la réunion. En revanche, si le Sud Soudan persiste dans son attitude, des mesures comme la suspension de toute coopération pourrait être mises en place, assez rapidement. « Il n’y a pas de sujet spécifique qui ait été discuté » a confirmé la Haute représentante Catherine Ashton lors de la conférence de presse concluant le Conseil des ministres. « Cela fait partie d’un large tour d’horizon que nous avons tenu sur la situation » dans la région.
Mission européenne
Les préparatifs pour le déploiement d’une petite mission européenne sur l’aéroport de Juba (Sud Soudan) continuent cependant. « Il n’y a rien de changé », a indiqué le ministre français, questionné par B2. Le Comité politique et de sécurité (COPS), ce matin, a décidé de renvoyer la préparation du Conops dans les groupes de travail. Un projet amendé de concept d’opération (Conops) devrait ainsi être discuté devant les experts du Civcom – le comité des experts de la gestion civile de crises – cet après-midi (lundi 23 avril). Les Etats membres restent dans l’ensemble peu enthousiastes par cette mission. L’objectif est d’avoir une concomittance du déclenchement des deux missions : à la fois pour la Corne de l’Afrique (RMCB/Eucap) et pour le Sud Soudan. Mais tout dépendra bien entendu de l’évolution du conflit entre les deux Soudan. En cas de poursuite du conflit ou de mise en place de sanctions, la mission PeSDC pourrait ainsi être reportée.
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juin 08, 2012 @ 16:59:29
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