Les ambassades européennes en Syrie restent ouvertes. Sanctions et aide humanitaire (maj2)

(BRUXELLES2) Soutien à la Ligue arabe, renforcement des sanctions contre la Syrie, aide aux pays voisins pour accueillir les réfugiés et décision de maintenir les ambassades des pays européens à Damas ouvertes aussi longtemps que possible, telles sont les décisions annoncées tout à l’heure par la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, dans une déclaration télévisée.

Les ambassades européennes en Syrie restent ouvertes

Concernant les ambassades, « il y a eu une réunion des 27 ambassadeurs à Bruxelles aujourd’hui sous notre présidence. Et la décision unanime a été que nous voulons rester en Syrie aussi longtemps que cela soit possible, aussi longtemps que cela soit possible sur le plan de la sécurité pour notre personnel, aussi longtemps que cela soit utile. » Ils vont retourner sur place « Les ambassadeurs qui ont été rappelés dans leur capitale vont retourner sur place. Notre délégation en Syrie se coordonne avec les autres ambassades, non seulement pour aider les citoyens européens sur place mais aussi pour voir ce qui est possible pour la population. »

Dissensions au sein des Etats membres (*)

Plusieurs pays comme la Belgique, la France, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas… ont annoncé, ces dernières heures, leur décision de rappeler leurs ambassadeurs en consultation. D’autres – comme la Pologne ou la Bulgarie – pourraient suivre. Mais cette décision n’est pas partagée par tous. On peut même parler d’une certaine division au sein de l’UE. Plusieurs pays (République Tchèque, Pays-Bas, Danemark) se sont notamment plaint lors de la réunion des ambassadeurs du COPS le 7 février d’avoir été mis devant le « fait accompli » sans qu’il y ait de coordination ni d’information préalable. Un appel à la coordination a d’ailleurs été lancé par plusieurs Etats membres. Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a ainsi demandé publiquement à Catherine Ashton « de bien vouloir très vite organiser une coordination des 27 Etats membres de l’UE sur la sécurité de nos postes diplomatiques en Syrie et sur les mesures qu’il conviendrait de prendre pour faire face dans les meilleures conditions possibles à l’évolution de la situation ». Une demande d’un rôle plus actif de l’UE pour la protection de la sécurité des diplomates et des citoyens européens également relayé par la France.

Sanctions supplémentaires à l’étude

Par ailleurs, la Haute représentante a confirmé que l’UE étudie des sanctions supplémentaires. « Nous ferons tous les efforts possibles pour soutenir la pression sur la Syrie et presser Assad de démissionner. Des sanctions supplémentaires (devront) être décidées lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères en février. Mais un certain nombre d’Etats estiment qu’il faut déjà montrer combien nous sommes (déterminés). Nous examinons donc des sanctions et d’autres formes de pressions politiques. » Il s’agit notamment de sanctions visant certaines transactions financières de la banque centrale, la circulation d’or et de métaux précieux. Toutes sanctions qui avaient déjà été mises sur la table il y a quelques semaines mais pour lesquelles il n’y avait pas de consensus autour de la table, ainsi que le précisent mes collègues de l’AFP.

Certains produits stratégiques pourraient aussi être visés ; le phosphate notamment. « C’est une ressource naturelle importante de la Syrie qui l’exporte largement, à 40% vers l’UE » a précisé mercredi un diplomate européen. Cette mesure aurait une « portée économique forte. Ce seraient des ressources financières en moins pour le pays ». En revanche, seul un Etat (l’Allemagne) a évoqué un embargo sur le transport aérien. Cette proposition « de suspendre les vols vers et de Syrie » n’a pas suscité l’accord de la plupart des Etats membres » semble-t-il.

Aide aux pays qui accueillent des réfugiés

Enfin elle a affirmé que l’UE avait l’intention de soutenir tous les pays « Nous avons invité les ambassadeurs de différents pays de se rencontrer à Bruxelles avec le chef de nos services pour voir comment soutenir les pays voisins pour accueillir les réfugiés, et nous avons besoin des ressources additionnelles. La situation humanitaire exige que nous continuons les efforts. Nous tenons à disposition 3 millions d’euros immédiatement de la Croix-Rouge. »

(*) Maj, 8 fév. précisions sur le rappel des ambassadeurs + précisions sur la nature des sanctions / MaJ; 9 fév : ajout de détails supplémentaires sur ce rappel des ambassadeurs avec création d’un § séparé sur les dissensions entre Etats memrbes.

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