Les moyens de l’opération d’embargo sur les armes « Unified Protector » (Maj5)

L'ETNA sera le navire amiral (italien) de l'opération Unified protector (crédit : Eunavfor / marine italienne, mars 2010)

(BRUXELLES2) L’opération de l’OTAN de contrôle de l’embargo sur les armes et munitions contre la Libye va compter plusieurs navires et avions de patrouille maritime. L’opération devrait surtout être conduite par l’Italie et la Turquie qui ont annoncé des contributions significatives lors de la conférence de génération de forces. En revanche, il ne faudra pas compter sur l’Allemagne qui a retiré toutes ses forces de Méditerranée (lire : La Bundeswehr ca va, ca vient…).

La seconde opération internationale contre la Libye

Cette opération est la seconde de la communauté internationale après l’opération « no fly zone » et « protection des civils » menée essentiellement par la coalition franco-britannique-américaine. Elle ne vise qu’à faire respecter l’embargo sur les armes (comme le prévoient les §13 et suivants de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU).

La chaîne de commandement de l’OTAN

Dénommée « Unified Protector« , cette opération sera intégralement conçue, supportée et commandée au niveau de l’Alliance atlantique. C’est-à-dire avec un contrôle politique par les ambassadeurs du NAC et la chaîne de commandement intégrée de l’OTAN. La chaîne de commandement devrait donc impliquer le Shape (avec le SACEUR, l’amiral Stavridis à sa tête) comme l’Allied Maritim Command de Naples (commandé par le vice-amiral italien Rinaldo Veri), où devrait être établi le quartier général de l’opération, et le FHQ embarqué qui devrait être sur un navire de commandement italien (l’Etna). Comme dans toute opération de l’Alliance, cependant, les moyens restent nationaux, et chaque Etat est libre de fixer des règles d’engagement. Tout comme le commandant d’opération est libre d’accepter ou non ses moyens avec les caveats afférents.

Les moyens engagés (mis à jour le 30 mars)

D’après les derniers éléments communiqués par l’OTAN, 18 engins devraient constituer la flotte de contrôle venant de 8 pays : 1 navire de commandement, 11 frégates et porte-avions, 4 chasseurs de mines et patrouilleur, 1 navire auxiliaire et de soutien et 2 sous-marins. Voici le détail des moyens désormais officiel (au 30 mars 2011)

Belgique. Le chasseur de mines BNS Narcis (M-923).

Canada. Une frégate NCSM Charlottetown (FFH 339). Deux avions de surveillance maritime Aurora CP‑140, basés à Sigonella (Sicile – Italie).

Espagne. La frégate Méndez Núñez (F-104), basée à Ferrol, le sous-marin Tramontana (S-74), basé à Cartagena, et un avion de surveillance maritime CN-235.

Grèce. Une frégate HS Limnos (F-451) (Nb : ex navire néerlandais Witte de With, F-813)

Italie. Le porte-avions Giuseppe Garibaldi (551) – doté de 4 avions à décollage vertical AB 8B Harrier II -, la frégate Libeccio (F-572), le navire ravitailleur Etna (A-5326) - qui servira de navire amiral comme il l’avait fait dans l’opération anti-piraterie de l’UE au premier quadrimestre 2010 -, le patrouilleur Comandante Bettica (P-492).

(Crédit : marine néerlandaise)

Pays-Bas. Le chasseur de mines HMNLS Haarlem (M-853). Ce navire pourrait être utilisé – a expliqué son commandant Wilbert van Gemeren – également « pour nettoyer les mines que la Libye pourrait utiliser contre la coalition. Le Commandant suprême allié pour l’Europe (SACEUR) a expressément demandé d’inclure cette capacité dans la mission. »

Royaume-Uni. Une frégate HMS Cumberland (F-85) qui a participé depuis le début aux opérations en Libye, en commençant par les opérations d’évacuations des ressortissants européens, notamment en faisant plusieurs rotations entre Benghazi et Malte, ainsi qu’un chasseur de mines, le HMS Brocklesby (M33) .

Turquie. 4 frégates — TCG Gaziantep (F-491), TCG Gelibolu (F-493), TCG Yıldırım (F-243), TCG Gemlik (F-492) et un sous-marin — TCG Preveze (S-353).

OTAN. Un avion de surveillance Awacs.

NB (détails de la mise à jour) : La frégate annoncée par les Etats-Unis dans la première liste fournie par l’OTAN n’est pas reprise dans cette liste définitive. Et ce n’est pas le Garibaldi mais l’Etna qui servira de navire-amiral (il est plus qualifié pour cette tâche). La dénomination des navires fournis par la Turquie a légèrement changé par rapport à la première liste de la marine turque (changement de noms de deux frégates et pas de navire ravitailleur). La Roumanie comme la Bulgarie avaient également offert un navire — respectivement la frégate « Ferdinand Regele » (F-221) avec 205 hommes et le Drazki (ex navire de la marine belge, Wandelaar F912) avec 160 hommes — mais qui n’ont pas été repris dans la liste fournie par l’OTAN après la conférence de génération de forces (des questions de financement semblaient se poser).

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Dern. mise à jour : 2 avril

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