Usackas

La formation des forces de sécurité afghanes s’améliore (Usackas)

(BRUXELLES2) La situation s’améliore en Afghanistan, au moins d’un point de vue de la sécurité, selon Vygaudas Ušackas, le Représentant Spécial et Chef de la délégation de l’UE en Afghanistan, qui planchait devant le Parlement européen, ce 25 avril. « Il y a eu notamment des progrès considérables dans la formation des forces de sécurité afghanes. Leur nombre et leur efficacité augmente sans cesse (si on peut se référer à la « réponse rapide » après les attaques des 15-16 avril). Elles ont sous leur responsabilité près de la moitié du pays dorénavant. » Précisons que l’Union européenne s’occupe uniquement de la formation des forces de police « civile ». Une mission qui doit se poursuivre après le retrait des forces de l’ISAF.

Après 2014, le rôle de la police civile : primordial

« Il faut continuer à former la police civile après 2014. Celle-ci aura de plus en plus d’importance par rapport à la police para-militaire, au fur et à mesure que les troupes vont se retirer. » explique Usackas assurant que « Même les Américains comprennent ça maintenant ». Pour le chef de mission EUPOL, « EUPOL a gagné une solide réputation ces deux dernières années. (…) Elle occupe une niche que personne d’autre ne peut occuper. Et les différents acteurs, afghans et internationaux, reconnaissent son expertise dans ce domaine. » Et Usackas recommande de « capitaliser l’argent économisé grâce au retrait des troupes, et le réinvestir dans la formation de la police civile ». Car la police civile est appelée à « progressivement remplacer la police para-militaire ». NB : L’UE fournit au Fonds pour l’Etat de droit (LOFTA comme Law and order trust fund), 140 millions d’euros sur trois ans (2011, 2012, 2013). Et ce chiffre devrait augmenter. 100 millions de dollars US (environ 75 millions d’euros) sont attendus pour la seule année prochaine (2014).

Amélioration contrastée

De façon plus générale, la situation de l’Afghanistan reste contractée. Si les relations régionales s’améliorent, notamment entre Afghanistan et Pakistan, les négociations entre talibans et gouvernement restent difficiles (une visite d’une délégation des talibans a eu lieu à Kaboul le 16 avril dernier). L’éducation est un point sur lequel aussi on note une progression : maintenant 8 millions d’enfants vont à l’école (contre 1,5 millions en 2001). Mais il reste encore du chemin. Ainsi si le processus de consultation nationale pour les élections de 2014 est enclenché (pas seulement au niveau du gouvernement mais aussi avec les différents acteurs provinciaux), « on ne peut pas s’attendre à des élections complètement démocratiques » précise un diplomate européen. Et la situation des femmes reste encore « épineuse » ; elles « sont loin d’avoir l’égalité avec les hommes ».

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Usackas (RepSpé Afghanistan) auditionné au Parlement

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(B2) Fruit d’un gentleman agreement entre Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE, et les parlementaires, le nouveau Représentant spécial de l’UE pour l’Afghanistan, le Lituanien Usackas (1), a été auditionné en fin d’après-midi par la commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Mais à huis-clos…. « C’était une condition mise par l’équipe Ashton » m’a expliqué un parlementaire. Dommage pour la transparence. Cela aurait pu être intéressant d’assister à cette audition. Heureusement, les murs du Parlement sont friables…

Les Etats doivent envoyer des policiers. Usackas a fait un exposé assez classique. « L’UE devrait se concentrer sur l’Etat de droit, la douvernance et le développement. » a-t-il expliqué. Il a confirmé que la mission de police de l’UE n’a toujours pas atteint l’effectif de 400 personnes qui avait été fixé… il y a bientot 1 an. « Nous en sommes à environ 300 maintenant » a-t-il reconnu (2), ajoutant avoir «demandé au Conseil d’envoyer davantage de policiers pour EUPOL ».

La victoire. Usackas a dit « espérer que la contre-insurrection marquerait le pas ». Mais « gagner Marjah ou Kandahar ne devrait pas résoudre la question de garantir la durabilité de l’Afghanistan à long terme.» « Il y a un besoin de moyens d’existence alternatifs mais le but n’est pas d’éradiquer les moyens d’existence ». « Le processus de réconciliation (en cours) doit s’assurer de la volonté des tablians de respecter la Constitution afghane » a-t-il précisé.

CIA : pas au courant. Bien entendu, Usackas a été interrogé (à plusieurs reprises) sur les vols et les centres de détention de la CIA dans son pays quand il était ministre des Affaires étrangères (fait qui a causé la dissension et provoqué, en partie, sa démission de son poste). Je ne suis pas au courant – a-t-il répondu en substance – et personne au ministère lituanien des Affaires étrangères ne l’était…

(1)
Nomination du Lituanien Usackas en Afghanistan confirmée. 
(2) Un peu moins si j’en crois les derniers éléments en provenance de Kaboul. Un nouvel appel à recrutement a été lancé en février. 

(crédit photo : ©NGV – Usackas à son arrivée à l’audition)

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