Réunions d’urgence de l’OTAN, de l’UE et de l’OSCE (Maj)

(BRUXELLES2) A la demande de la Pologne, une réunion d’urgence des ambassadeurs de l’Alliance atlantique (conseil de l’Atlantique nord ou NAC) aura lieu dimanche (2 mars) à 13h au siège de l’Alliance à Bruxelles sur la situation en Ukraine et en Crimée. Réunion convoquée au titre de l’article 4 du traité qui prévoit une consultation entre Etats membres « chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée ». Elle sera suivie d’une réunion OTAN-Ukraine à 16h, convoquée à la demande du ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Dechtchitsa.

Du côté de l’Union européenne, Catherine Ashton, la Haute représentante, a convoqué une réunion exceptionnelle des ministres des Affaires étrangères des « 28 » à 13h lundi (3 mars), « sur la situation en Ukraine ». Elle sera précédée d’une réunion des ambassadeurs du COPS, le comité politique et de sécurité, peut-être dès ce dimanche.

Le ministre grec des Affaires étrangères, D. Venizelos, se rend dimanche en Ukraine à Kiev et à Mariupol (ville portuaire, située à l’est du pays, où réside une communauté grecque), annonce le ministère des Affaires étrangères.

A Vienne, une réunion des ambassadeurs de l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (dont font partie la Russie et l’Ukraine), est également prévue lundi à partir de 11h dans la Hofburg, avec la présence de l’envoyé spécial Tim Guldimann (qui préside le bureau de Kiev). L’ambassadeur suisse Thomas Greminger, qui préside actuellement l’organisation, fera une conférence de presse vers 12h30.

Mesures de rappel des ambassadeurs

(Maj) Le Foreign office (Royaume-Uni) a convoqué l’ambassadeur russe à Londres samedi. Il a eu un entretien avec le directeur politique Simon Gass (lire ici). Idem à Prague, où le ministre des Affaires étrangères Lubomir Zaoralek a fait passer le message à l’ambassadeur russe, Sergei Kiselev, dimanche, que la décision d’envoyer des troupes en Crimée était « exagérée et agressive ». « L’utilisation d’unités militaires contre un Etat voisin souverain est une étape absolument injustifiable ». La Lituanie a décidé dimanche matin le rappel de son ambassadeur à Moscou, Renatas Norkus, en consultation pour protester contre les « actions illégitimes russes, la violation de la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».

CentrAmbulancesBDP#330

Au 04, les urgences médicales, peu de moyens mais un système bien rodé

CentrAmbulancesBDP#330(Archives B2, à Budapest). En Hongrie, les tâches en matière d’urgence sont bien séparées. Le service d’incendie (Tüzoltosag) ne fait pas d’interventions sanitaires, et le service médical effectue tous les transports, d’urgence ou non du malade.

Un dispositif unique

Ce système, un des plus vieux du continent européen (créé en 1845), fonctionne somme toute à la satisfaction générale, vu le manque de moyens. Mais comme le constate amèrement un de ses responsables « l’argent dans les hôpitaux, on en manque encore plus« . Tout le pays est bâti sur le même modèle. Un numéro d’appel unique, le 04, couvre quasiment le territoire national et est relié à un standard basé dans chaque grande ville. Le standard de Budapest sert également de centre national d’intervention en cas de grande catastrophe. 165 stations d’ambulance quadrillent le pays, ce qui permet un délai moyen d’intervention de 10 minutes en ville et de 20 minutes en campagne – l’état des routes, expliquant sans doute cette différence.

Les véhicules « d’attaque » et les autres

Deux véhicules d’intervention existent. La « voiture d’attaque » (ou Rohankocsi), est une véritable antenne chirurgicale d’urgence, monté en général sur un châssis Mercedes. Son équipement ne ferait pas rougir un de nos SMUR : défibrillateur made in RFA, nécessaire de réanimation made in Sweden, matelas coquille, pacemaker. Mais ces véhicules sont assez rares. La quasi totalité des moyens d’intervention (en voie de modernisation) ressemble plutôt aux bons vieux cars français de Police secours qu’à des ambulances : brancard, couverture, nécessaire de première urgence. La priorité est certes donnée à l’hospitalisation. Mais il n’est pas rare de voir les urgentistes raccompagner le malade chez lui ou à un dispensaire. Les malades sont ainsi hospitalisés pour 82%

L’officier de secours, une spécificité locale

L’originalité du système réside surtout dans l’institution, spécifiquement hongroise de l’officier de secours. Créé pour pallier au manque de médecins à l’époque et répondre au besoin de spécialistes de haut niveau, ses études durent 7 ans, avec essentiellement de la pratique. Muni d’un bac et de ses trois années d’études d’infirmier, doublées de deux ans de pratique, il peut alors passer un examen d’entrée à l’école de santé spécialisée qui le formera durant 4 ans, à coté de son travail, à sa fonction d’officier de secours. Cette formation n’a pas d’autres emplois que dans le service d’urgence, mais une passerelle existe avec les études de médecine.

Nicolas GROS – Paru dans Panorama du médecin, septembre 1993