La Jordanie prend le lead de l’UPM

(B2) La Jordanie prend la co-présidence « Sud » de l’Union pour la Méditerranée (UPM) en remplacement de l’Egypte. C’est l’Union européenne qui assure la coprésidence « nord » de l’UPM. Une réunion de travail devrait avoir lieu au niveau des hauts fonctionnaires, fin septembre à Bruxelles avec les 43 pays d’Europe et de Méditerranée qui composent l’UPM.

Une usine à projets

Les réunions au niveau ministériel ne devraient pas démarrer avant l’année prochaine. Il y a un « important travail technique » à assumer pour mettre au point les différents projets. L’UPM est, en effet, à la fois une instance de dialogue politique mais aussi une machine à approuver les projets (usine de dessalinisation d’eau à Gaza, université euro-méditerranéenne à Fès,…). Les différents projets en matière d’énergie ne devraient pas ainsi être prêts avant septembre 2013, selon nos informations.

Où les questions politiques se téléscopent

Ce délai tombe bien également … au plan politique. La Turquie – qui fait partie de l’UPM – refusera toute réunion présidée par un ministre chypriote. Le principe de présidence de l’Union européenne est, en effet, à géométrie variable selon les dossiers. Si la question ressort d’une compétence « exclusive » de l’UE, c’est son représentant qui préside : le commissaire De Gucht pour le Commerce par exemple, ou un membre de la DG Trade ; la Haute représentante de l’UE ou un membre du service diplomatique européen (SEAE), s’il s’agit d’une question de politique étrangère européenne, Etc. Mais s’il s’agit d’une compétence partagée, entre l’UE et les Etats membres, c’est un membre de la présidence tournante et un membre de la Commission qui préside. Par exemple en matière de transports.

Palestine présente en titre, Syrie aux abonnés absents

Il est intéressant de mentionner que l’UPM est une des seules organisations (avec l’Unesco), où la Palestine est représentée en tant que telle, avec voix au chapitre, sur tous les projets comme tous les autres Etats présents autour de la table (Israël notamment). On peut noter également que la Syrie fait partie intégrante de l’UPM. Mais le gouvernement de Bachar a choisi récemment de ne plus siéger et de jouer la politique de la « chaise vide ». Ce qui, accessoirement, a évité un débat sur l’exclusion de sa présence dans cette enceinte.

La présidence de l’UPM passe sous bannière européenne

(BRUXELLES2) L’Union pour la Méditerranée (UPM), ce « machin » qui paraissait promis à un bel avenir, reprenant la suite du « processus de Barcelone », et a ensuite commencé à « patauger », continue de fonctionner. Des groupes de travail se réunissent et des projets s’élaborent, dans un contexte politique en pleine évolution marquées par les « révolutions arabes ». Parmi ceux-là, le projet d’une autoroute maghrébine de Rabat à Tunis, destinée à finaliser les 250 km qui manquent entre les trois pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) ; un projet déjà approuvé et qui va commencer à être financé. Un projet de dessalinisation à Gaza devrait également être approuvé lors de la première réunion les 20-21 mars à Barcelone. Et la présidence à sa tête vient de changer…

Présidence européenne variable…

Les 27 ministres des Affaires étrangères ont ainsi approuvé lundi (27 février) le passage de relais de la présidence « Nord » de l’Union pour la Méditerranée à l’Union européenne en tant que telle. C’est ainsi la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, qui devrait présider les réunions des ministres des Affaires étrangères ; tandis que le commissaire compétent présidera les réunions « techniques » – ou la présidence tournante s’il s’agit d’une compétence non exclusive de l’Union européenne. Les réunions des « Senior Official » – ce groupe de haut niveau qui prépare les réunions ministérielles – se feront sous la présidence également du service européen d’action extérieure. Un accord qui entre en vigueur ce 1er mars pour un an jusqu’à mars 2013.

Quand à la présidence « Sud », de l’UPM, c’est une autre histoire… Le secrétariat général de l’UPM reste pour l’instant assuré par le marocain Fathallah Sijilmassi, directeur de l’Agence marocaine pour le développement des investissements, ancien ambassadeur en France et auprès des Communautés européennes.

La France demande la convocation d’un Conseil européen sur la Libye

(crédit : Elysée)

L’information donnée au conditionnel sur ce blog, vendredi, est confirmée (1). Nicolas Sarkozy l’a annoncé il y a quelques minutes dans son discours rediffusé sur la « situation internationale ». La France demande la convocation d’un Conseil européen sur la Libye.

Sstratégie commune et refonder l’UPM

Objectif visé à ce nouveau sommet : que l’Europe adopte une « stratégie commune face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de la région« . L’Europe doit « se doter, sans tarder, – précise le président français – de nouveaux outils pour promouvoir l’éducation et la formation de la jeunesse de la Méditerranée » et « imagine(r) une politique économique et commerciale ».  C’est le moment de « refonder l’Union pour la Méditerranée à la lumière des évènements considérables que nous vivons. L’UPM doit permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir, enfin, une destinée commune ».

Un changement historique…

Le président s’est voulu lyrique. « De l’autre coté de la Méditerranée, il y a un immense bouleversement. Certains peuples arabes prennent leur destin en main renversant des régimes qui après avoir été au temps de la décolonisation les instruments de leur émancipation, sont devenus ceux de leur servitude« .

Au passage, Nicolas Sarkozy a défendu le fait d’entretenir des relations proches avec ces Etats : « tous les Etats et tous les gouvernements français qui se sont succédé ont entretenu avec eux des relations, économique, diplomatiques et politiques malgré leur caractère autoritaire car ils apparaissent, aux yeux de tous, comme un rempart contre l’extrémisme religieux, le fondamentalisme et le terrorisme ».

Le devoir d’agir

Mais, surtout, le président français a appelé les Européens à être à la hauteur des évènements. « Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur. Il porte en lui une formidable espérance. Car il porte les valeurs qui sont chères : les droits de l’homme et la démocratie. il ouvre une ère nouvelle avec les relations avec ces pays dont nous sommes si proche géographiquement et historiquement. »

« Nous ne devons avoir qu’un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisir d’être libres. Il faut tout faire pour que l’espérance qui vient de naître ne meure pas« , a-t-il plaidé lançant un appel à « toutes les bonnes volontés pour faire réussir (ces révolutions). Car « le sort de ces mouvements est incertain. Ils peuvent déboucher sur des violences et des dictatures pire que les précédentes. Nous savons les conséquences de telles tragédies sur les flux migratoires et le terrorisme. C’est l’Europe qui se retrouverait en première ligne. Nous avons le devoir d’agir avec une ambition qui soit à la dimension des évènements historiques que nous vivons. »

Remaniement aux ministères « régaliens »

Le président en a profité pour annoncer un remaniement, limité en nombre mais important car ils touchent les principaux ministères régaliens (sauf la Justice) : Alain Juppé, passe ainsi de la Défense aux Affaires étrangères (en remplacement de Michèle Alliot-Marie qui est dégagée, carbonisée par les affaires tunisiennes et libyennes). Gérard Longuet, entre au gouvernement et devient ministre de la Défense. Et Claude Guéant, fidèle collaborateur du président qui l’a accompagné dans nombre de ses postes (à l’Intérieur comme à l’Elysée), prend les manettes du ministère de l’Intérieur, en remplacement de Brice Hortefeux (mis à mal par ses condamnations pour injure raciale) qui devrait passer à l’Elysée (NB : cette nomination n’a pas été annoncée).

(1) Lire :