Union Africaine

Feu vert de l’ONU au concept d’une opération militaire au Mali (maj)

(BRUXELLES2) Faire face à la menace des terroristes et des militants islamistes pour la paix régionale et rétablir l’unité du Mali sont les deux objectifs que vise la résolution adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU à New-York, aujourd’hui (12 octobre). Le Conseil a ainsi autorisé, au titre du chapitre VII (avec usage de la force) une force militaire internationale à intervenir pour « aider les Forces armées du Mali à récupérer les régions occupées au nord du Mali ». Plus exactement, ce sont les préparatifs de cette opération qui sont autorisés. Le secrétaire général Ban Ki Moon est ainsi prié de fournir militaires et planificateurs à la CEDEAO (la Communauté économique des Etats d’Afrique occidentale) pour aider à formuler une réponse « à la demande des autorités de la transition du Mali ». Ce dans un délai de 45 jours. L’Union européenne et l’Union africaine sont ainsi priées « de prêter, dès que possible et de manière coordonnée, aux forces armées et aux forces de sécurité maliennes leur concours et leur savoir-faire, ainsi que leur appui en matière de formation et de renforcement des capacités ».

Sanctions et négociation

Le Conseil a aussi appelé les groupes rebelles maliens de couper tous les liens avec des organisations terroristes, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des groupes affiliés. Des sanctions ciblées contre les groupes qui refuseraient cette décision pourront être engagées. Il a également « exhorté » les autorités maliennes de la transition, les rebelles et autres représentants légitimes de la population locale du nord du Mali à « s’engager, dès que possible, dans les négociations crédibles » pour « trouver une solution politique durable en conformité avec l’unité du pays, et a exigé que tous les groupes « cesser toutes les violations des droits humains telles que les attaques contre les civils, les violences sexuelles, recrutements d’enfants soldats et les déplacements forcés ».

500.000 déplacés

L’ONU rappelle que l’instabilité et l’insécurité résultant des affrontements renouvelés, ainsi que la prolifération des groupes armés dans la région, comme la sécheresse et l’instabilité politique issu du coup d’Etat militaire en mars, ont entraîné 500.000 Maliens à fuir de leurs maisons, dont 270.000 d’entre eux se sont réfugiés dans les pays voisins. NB : Une catastrophe plutôt silencieuse dont on parle relativement peu, par rapport, à d’autres régions du monde connaissant un phénomène identique (la Syrie par exemple).

Le texte de la Résolution Mali

 

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Bataille de chiffonniers autour du représentant spécial auprès de l’Union africaine

(BRUXELLES2) Le représentant spécial de l’UE auprès de l’Union africaine est le seul dont le renouvellement n’a pas encore été acté par les ambassadeurs du COPS, le comité politique et de sécurité de l’Union européenne (UE). Une interrogation s’est d’abord faite autour de la nécessité de conserver un « représentant spécial » pour cette fonction, qui est cumulée avec celle de chef de délégation de l’UE auprès de l’Union africaine. Elle semble aujourd’hui tourner plutôt sur des questions financières.

On sait, en effet, que ce poste a été un des premiers à bénéficier du « double chapeau » alors même que le Service européen d’action extérieure n’avait pas encore vu le jour. Et cela n’a pas été évident tous les jours (lire : Retour d’expérience de la première « ambassade » UE en Afrique).

Certains pays – un en particulier, au nord de ce continent – ont aujourd’hui quelques « doutes »  (comme on dit diplomatiquement) sur la pertinence du budget dévolu aux personnels dépendant du représentant spécial. Ils visent surtout la nature de leurs fonctions et dénoncent une confusion des rôles… et des budgets. Certains personnels – dépendant du Représentant spécial, donc du budget PESC – effectuent en partie le travail dévolu au personnel de la délégation. Une disposition voulue pour plus d’efficacité ; c’est d’ailleurs une des leçons des premières années d’existences de cette ambassade. Seulement voilà : le personnel du représentant spécial dépend du « budget » PESC, celui de la délégation du « budget administratif » du SEAE. Et ce n’est pas pareil, pas pareil du tout, arguent les ronchons qui voient une augmentation, déguisée, du budget des délégations. Une explication de texte et une clarification est donc attendue… Précisons que ces deux budgets ne sont en fait que des lignes budgétaires d’un même budget, le budget communautaire, voté par le Parlement européen.

Lire aussi :

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Les représentants spéciaux de l’UE (presque) tous renouvelés (maj)

(BRUXELLES2) Les représentants spéciaux de l’UE, dont la plupart voient leur mandat arriver à sa fin le 30 juin, vont être prolongés, selon la procédure normale de renouvellement à mi-année. Seule exception : Pierre Morel, représentant spécial pour l’Asie Centrale, qui part à la retraite après une longue carrière diplomatique, est remplacé… Le processus de remplacement est en cours actuellement. Et le Conseil des ministres des Affaires étrangères, lundi 25, à Luxembourg devrait prolonger tous les représentants. Alors que l’UE s’apprête à nommer un nouveau représentant spécial, thématique et transversal cette fois-ci puisqu’il concernera les droits de l’Homme (lire: Bientôt un Monsieur/Madame « Droits de l’homme » pour l’Union européenne), on peut faire le point sur les 10 heureux élus déjà en place.

Afrique

Union Africaine

Gary Quince. 61 ans (Britannique, agent de la Commission européenne). Discussion sur le renouvellement en cours

Gary a commencé sa carrière à la délégation de la Commission européenne au Ghana (1981-1985) puis a tenu plusieurs postes à la Commission à la DG développement (1985-1991 puis 1995-2001). Il est également passé par la délégation de la Commission dans le Pacifique en tant que conseiller économique (1991-1995). Il devient ensuite chef de délégation au Kenya et en Somalie (2001-2004). Il revient alors à la Commission comme Directeur à la DG développement, d’abord pour l’Europe, le Caucase et l’Asie Centrale (2004-2005) puis pour l’Afrique Sub-saharienne, les Caraïbes et le Pacifique à partir de 2005, avant d’être nommé en novembre 2011 Représentant spécial pour l’Union Africaine.

Lire aussi: Un nouveau représentant spécial de l’UE pour l’Afrique

Corne de l’Afrique

Alexander Rondos. 58 ans (Diplomate grec). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

Son profil est assez atypique. Il a commencé comme journaliste spécialisé sur l’Afrique (1977-1982) puis dans différentes organisations de la société civile et chrétiennes, pour lesquelles il s’est également occupé des questions africaines, en Ethiopie (1985-1986) puis en Egypte (1986-1990). Il travaillait alors principalement dans l’aide humanitaire et de projets de développement. Il a ensuite fait un passage à la Banque Mondiale (1996-1998), puis est devenu conseiller du ministre des affaires étrangères grec, George Papandréou, et le suivra quand celui-ci est nommé Premier Ministre en 2009. Il a effectué de nombreuses missions diplomatiques : mission humanitaire en Grèce après le tremblement de terre en 1999, négociation au Kosovo jusqu’en 2004, directeur général du département du développement et de la coopération internationale, médiation entre Israéliens et Palestiniens, etc.

Lire aussi: Un proche de Papandreou nommé représentant spécial pour la Corne de l’Afrique

Soudan et Sud Soudan

Rosalind Marsden. 62 ans (Diplomate britannique). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

C’est la seule femme qui occupe ce poste. Commençant dans les bureaux à Londres, elle est ensuite seconde secrétaire à l’ambassade britannique à Tokyo (1977), puis travaille dans l’ambassade à Hong Kong (1989-1991). Elle retourne à Tokyo en 1993 comme conseillère politique puis devient chef du département Nations Unies en 1996. De 2003 à 2006, elle est l’ambassadrice britannique en Afghanistan, puis en Irak jusqu’en 2007, où elle est nommée ambassadrice au Soudan.

Lire aussi : Dr Rosalind Marsden nommée représentant spécial de l’UE au Soudan

Moyen-Orient – Monde Arabe

Région du sud de la Méditerranée

Bernardino León. 48 ans (Diplomate espagnol). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

Son premier poste a été le Libéria (1990-1991), puis en Libye (1991), Algérie (1992-1995). Il a été conseiller personnel du Représentant Spécial pour la Processus de Paix au Moyen-Orient, Miguel Angel Moratinos, de 1998 à 2001. En 2004, il devient secrétaire d’Etat aux affaires étrangères pour le ministère des affaires étrangères espagnol jusqu’en 2008. Il est alors nommé secrétaire d’Etat sous la direction du Premier Ministre, dont il est le principal conseiller pour les affaires étrangères. Il a également été Sherpa pour le G20 en 2009.

Lire aussi: Un proche de Zapatero, représentant spécial de l’UE pour le sud Méditerranée ?

Processus de Paix au Moyen-Orient

Andreas Reinicke. (Diplomate allemand) Son mandat va du 1er février 2012 au 30 juin 2013.

Considéré comme l’un des meilleurs spécialistes allemands sur le Moyen-Orient, il a notamment été basé à Tel Aviv et à Ramallah. Il a par ailleurs dirigé le département Moyen-Orient au ministère des affaires étrangères allemand. De 2008 à 2012, il a été l’ambassadeur allemand en Syrie (poste qui est resté vacant depuis).

Lire aussi: Un ambassadeur allemand pour le processus de paix au Moyen-Orient

Afghanistan

Vygaudas Usackas. 48 ans. (Diplomate lituanien). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

D’abord en charge des affaires européennes et de l’OTAN au ministère des affaires étrangères de Lituanie (1991-1992), puis à la délégation auprès de l’UE et de l’OTAN (1992-1996), il devient vice-ministre des affaires étrangères en 1999. En 2000-2001, il est le négociateur en chef pour l’accession de la Lituanie à l’UE. De 2001 à 2006, il passe l’Atlantique pour être l’ambassadeur aux Etats-Unis et au Mexique, pour revenir en Europe, comme ambassadeur au Royaume-Uni jusqu’à 2008. En tant que représentant spécial, il est également chef de la délégation de l’UE en Afghanistan.

Lire aussi: Nomination du Lituanien Usackas en Afghanistan confirmée. La décision.

Europe centrale, Caucase, Asie Centrale

Bosnie-Herzégovine

Peter Sørensen. 45 ans (Diplomate danois). Son mandat va de septembre 2011 à juin 2015.

C’est un spécialiste du « multilatéral » mais aussi des Balkans. Conseiller juridique du Haut Représentant à Sarajeveo (1996-1997), puis chef du département politique et principal conseiller du chef de la mission de l’OSCE en Croatie (1997-1999), il devient ensuite conseiller juridique de l’envoyé spécial du Secrétaire Général de l’ONU dans les balkans (2000), puis principal conseiller (2001-2002). Il travaille ensuite dans la MINUK (mission de l’ONU au Kosovo) comme adjoint au chef du pilier IV (reconstruction et développement économique), jusqu’en 2006. Il devient ensuite représentant personnel du Haut Représentant de l’UE à Belgrade, de 2006 à 2010. Il est le chef de la délégation de l’UE en Macédoine depuis 2010, poste qu’il conserve en tant que représentant spécial.

Lire aussi: L’ambassadeur de l’UE en Bosnie-Herzégovine bientôt nommé

Kosovo

Samuel Žbogar. 50 ans. (Diplomate slovène) Son mandat va de février 2012 au 30 juin 2013.

Troisième secrétaire au département des pays voisins au ministère des affaires étrangères yougoslave (1990), il devient conseiller du premier ministre des affaires étrangères slovène en 1991. Il ouvre l’ambassade slovène en Chine en 1993 puis s’en va aux Nations-Unies comme représentant permanent adjoint (1997-2001). En tant que secrétaire d’Etat aux affaires étrangères (2001-2004), il participe aux négociations d’adhésion de la Slovénie à l’UE comme à l’OTAN, ainsi qu’à la préparation de la présidence slovène de l’OSCE (2005). De 2004 à 2008, il est ambassadeur aux Etats-Unis. Enfin, en 2008, il est nommé ministre des affaires étrangères de Slovénie. En tant que représentant spécial, il est également chef de la délégation de l’UE au Kosovo.

Lire aussi: Trois ambassadeurs de l’UE nommés au Kosovo, Macédoine et Palestine

Asie Centrale

Pierre Morel. 68 ans (Diplomate français). Il va être remplacé par une diplomate allemande

Il est d’abord secrétaire premier secrétaire puis deuxième conseiller à l’ambassade de France à Moscou (1976-1979), puis ambassadeur de France à la Conférence du désarmement de l’ONU à Genève (1986-1990). Il devient conseiller diplomatique de Mitterrand (1991-1992). Il enchaîne ensuite les titres d’ambassadeur : à Moscou (1992-1996), à Pékin (1996-2002) puis à Rome (2002-2006).

Lire : Une diplomate allemande nommée représentant spécial de l’UE pour l’Asie centrale (accès abonnés)

Sud-Caucase et crise en Géorgie

Philippe Lefort. 56 ans (Diplomate français). Son mandat est prolongé jusqu’au 30 juin 2013

Après plusieurs années d’enseignement, il est nommé secrétaire des affaires étrangères à sa sortie de l’ENA en 1987. En poste d’abord à Moscou (1989-1991) puis au Secrétariat Général de la Défense Nationale (1991-1993), il est ensuite à Tokyo (1993-1997) puis à Washington (1997-2000). De retour au Quai d’Orsay, il y est sous-directeur aux ressources humaines depuis 2000. En 2004, il est nommé ambassadeur de France en Géorgie. En 2007, il est de retour à Moscou, où il est ministre conseiller et participe aux négociations entre la présidence française de l’UE et la Russie, suite au conflit en Géorgie en 2008.

Lire aussi: Un Français prend la relève en Géorgie et Caucase comme RSUE

Droits de l’Homme

Ce nouveau poste, le premier à être thématique et transversal, et non pas géographique, est en discussion depuis quelques années maintenant.  Son mandat, en cours de finalisation, durera deux ans. Lire aussi :

Lire aussi (pour ceux qui s’intéressent aux prédécesseurs) :

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Autoroute de la criminalité en Afrique et cocktail à risques au Sahel (UA)

(Crédits: Parlement Européen)

(BRUXELLES2) L’Union Africaine doit faire face à d’importants problèmes de sécurité et elle compte pour cela sur ses partenaires internationaux, en particulier l’Union européenne. C’est le message principal de Ramtane Lamamra, commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité, aux eurodéputés de la commission Affaires étrangères ce mercredi (30 mai).

Ce diplomate, ancien ambassadeur algérien à l’ONU et médiateur dans de nombreuses crises en Afrique (Mali / Burkina Faso, Libye, Tchad, Libéria…), livre un point de vue intéressant sur les priorités sécuritaires en Afrique. Priorités qui semblent coïncider avec celles de l’UE sur ce continent. Les experts « sécurité » des deux institutions, le COPS pour l’UE et le Comité paix et sécurité pour l’UA, se réunissaient d’ailleurs, mardi 29 mai (pour la cinquième fois depuis la création de l’Union africaine il y a dix ans) afin de mettre en œuvre la coopération inter-régionale.

Une « autoroute de la criminalité » Est-Ouest

Aujourd’hui, si le commissaire Lamamra se félicite de la diminution du nombre de conflits et de victimes par rapport à la décennie précédente, il évoque une évolution vers des conflits qui sont maintenant presque tous « internes ». Les acteurs non-étatiques prennent de plus en plus d’importance : criminalité organisée, terrorisme, piraterie maritime… Tels sont les adversaires désormais. Il évoque sans ambages une « autoroute de la criminalité » qui traverse l’Afrique en large d’Est en Ouest, depuis le Golfe d’Aden vers celui de Guinée. Et c’est le trafic de stupéfiants qui l’inquiète de plus, car il génère ou avive les conflits… quand il ne les finance pas.

Le Sahel : nouveau défi géostratégique et cocktail de difficultés

C’est en quelque sorte le nouveau sujet de « grave préoccupation » pour l’Afrique. Au Sahel, c’est un véritable « cocktail de difficultés » qui rend la situation très compliquée à gérer : problèmes de gouvernance, crise humanitaire, défis environnementaux, terrorisme et mouvements sécessionnistes sont les ingrédients de ce cocktail. Et cela « dépasse le seul Mali ». Dans ce pays, le coup d’Etat est « insensé »* (effectué un mois avant la tenue des élections…). Réalisé sous le prétexte de la mauvaise gestion de la menace sécessionniste du Nord, il a en fait aggravé la situation. D’autant qu’il a enlevé au pays « son arme la plus importante : la légitimité ». Désormais, deux tiers du territoire malien échappent au gouvernement. Les islamistes d’Aqmi sont une menace, tandis que les « préoccupations » des sécessionnistes Touareg sont négociables, tant qu’elles respectent l’intégrité du pays. L’expert de l’Union africaine espère qu’une solution pourra être trouvée le 7 juin prochain, date à laquelle se tiendra une réunion du groupe de soutien et de suivi, qui réunit à la fois les pays africains et les partenaires internationaux.

Fragile amélioration dans les Grands lacs et la Corne de l’Afrique

Parmi les autres priorités sécuritaires, Ramtane Lamamra évoque bien sûr la Corne de l’Afrique et la région des Grands Lacs. Ces deux régions restent caractérisées par « une grande fragilité  » malgré des améliorations. En ce qui concerne le Soudan, là aussi la menace est très présente et l’UA appelle à la cessation des violences, au retrait des troupes et à la négociation comme seule voie possible vers une solution à deux Etats co-existants « côte à côte ». Les « soulèvements populaires » (terme préféré par le représentant africain à celui de printemps arabe) offre des perspectives positives dans ce tableau plutôt difficile. « On devrait pouvoir en tirer des enseignements » affirme ainsi l’expert africain.

* Le mot est également utilisé pour la Guinée-Bissau, où le coup d’Etat a eu lieu entre les deux tours de l’élection…

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Un nouveau représentant spécial de l’UE pour l’Afrique

(BRUXELLES2) Les 27 viennent de renouveler le mandat de représentant spécial / chef de la délégation de l’UE auprès de l’Union africaine jusqu’au 30 juin 2012. Le mandat était déjà venu à échéance depuis fin août 2011. Mais son titulaire devrait changer. Evolution logique puisque son ancien titulaire, le Belge Koen Vervaeke, a été nommé comme directeur chargé de la Corne de l’Afrique, le sud de l’Afrique et l’Océan indien au siège du service diplomatique européen (SEAE).

Un double chapeau

C’est un Britannique qui pourrait être nommé à ce poste-clé, qui symbolise les relations entre les deux continents. Il s’agirait de Gary Quince. Nomination là aussi logique puisque ce fonctionnaire de la Commission a déjà été nommé en août, chef de la délégation de l’UE auprès de l’Union africaine à Addis Abeba (dans le cadre de la rotation 2011 des ambassadeurs de l’UE). Les deux postes — représentant spécial et chef de la délégation de l’UE — sont normalement détenus par une seule personne. C’est même un des premiers à avoir étrenné le « double chapeau » – système expérimental mis en oeuvre sous l’époque de Javier Solana, visant là où c’était possible à n’avoir qu’un seul représentant de l’Union européenne. Ce qui n’a pas été toujours sans difficulté à l’époque, comme en témoigne le premier « retour d’expérience ».

Un Britannique spécialiste du développement

Gary Quince est un spécialiste du développement. Il a été directeur pour l’Afrique, le Pacifique et les Caraïbes (ACP) à la DG DevCo (coopération et développement) de la Commission européenne, depuis 2005 et était auparavant en poste à Nairobi comme chef de délégation de la Commission européenne (2001-204). Economiste de formation, il est entré à la Commission européenne en 1985.

Un mandat de liaison et d’influence

Le mandat du représentant spécial reflète, bien entendu, les objectifs stratégique de l’Union européenne avec l’Union africaine. Parmi ces objectifs figure « la paix et la sécurité » afin de « prévoir, prévenir, gérer et régler les conflits, notamment par la médiation, contribuer aux efforts visant à encourager la paix et la stabilité et soutenir le travail de reconstruction après un conflit », les droits de l’homme et la gouvernance.

Le représentant spécial a ainsi pour mandat de « suivre de près tous les développements importants au niveau de l’UA et d’en rendre compte », de « rester en relation étroite » et de « faciliter les relations et la coopération » avec ses différents organes. Mais il s’agit aussi de « renforcer l’influence globale de l’UE (…) concernant l’ensemble des aspects PESC/PSDC couverts par les relations UE-UA, en particulier le partenariat pour la paix et la sécurité et le soutien à la mise en œuvre de l’architecture africaine de paix et de sécurité » ou « de fournir, sur demande, des avis et de l’aide en vue de la constitution de capacités de gestion de crises de l’UA« .

Le représentant spécial a aussi pour rôle de représenter les positions et politiques de l’UE lorsque l’Union africaine joue un rôle majeur dans une situation de crise « quand un RSUE n’a pas été désigné » et « si le Conseil le décide« .

Voir la décision dans les « docs de B2 »

Lire également :

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Virée africaine pour le Comité militaire de l’UE et le Cops

C’est l’Afrique – sa corne et sa régions des grancs lacs – qui sont au centre de l’attention des représentants militaires de l’UE et ambassadeurs du COPS ces jours-ci.

Les membres du comité militaire de l’UE sont, en effet, ce moment en Afrique pour rencontrer une série de responsables somaliens, ougandais et africains (du 3 au 6 octobre). Première halte en Ouganda avec une série d’entretiens, à Kampala, avec le ministre ougandais de la défense (Crispus Kiyonga), son homologue somalien (Aboukar Abdi Osman), le commandant de l’AMISOM (Gén. Nathan Mugisha) et le chef de l’AMISOM (Oumar Dao). Objectif : parfaire leur connaissance de la situation sécuritaire en Somalie et discuter des solutions de long terme. Les représentants militaires partent ensuite à Bihanga (j’espère que la construction de la route est terminée) pour visiter le site de formation des soldats somaliens assurée par les formateurs européens et les forces ougandaises (EUTM Somalia). Deuxième halte : en Ethiopie, à Addis-Abeba, avec rencontre prévue du chef de la commission de l’Union africaine, l’ambassadeur Jean Ping, le commissaire de l’UE pour la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra. Objectif : discuter des moyens de renforcer le partenariat stratégique qu’a l’UE et l’Union africaine.

Quant aux ambassadeurs du COPS, ils se déplaceront au Congo (présidence belge oblige)

NB : Ces visites sont rituelles, une fois par semestre, organisée par la présidence tournante et permettent tant aux représentants militaires de l’UE qu’aux ambassadeurs « diplomatie et sécurité » d’aller sur le terrain visiter une des missions PeSDC de l’Union.

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