Turquie

Des raids israéliens, des armes chimiques… Rasmussen n’a rien vu, rien entendu

Rasmussen devant les euro-députés lundi 6 mai (Crédit: OTAN)

(BRUXELLES2) Journée médiatique et européenne pour le Secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen ce lundi (6 mai) : avec sa conférence de presse mensuelle en début d’après-midi (au Résidence Palace) et une intervention devant la commission Affaires étrangères du Parlement européen. Le sujet principal de ces deux interventions était la relation UE/OTAN, dans l’optique du Conseil européen de décembre consacré à la Défense (B2 y reviendra). Mais le sujet qui occupait l’esprit des journalistes et des parlementaires était évidemment ailleurs : la situation en Syrie.

L’OTAN ne sait quasiment rien…

Tout d’abord interrogé sur les raids israéliens sur la Syrie, Rasmussen, se contente de répéter « Je suis au courant de ce que rapporte la presse mais je n’ai pas d’indications que de telles opérations aient eu lieu dans la zone où les missiles Patriot sont déployés (frontière turco-syrienne) » avant d’ajouter qu’il n’a « pas plus d’informations » et que « nous sommes concentrés sur la protection de la Turquie ».

En ce qui concerne l’utilisation d’armes chimiques, le secrétaire général reconnait que : « Oui, nous avons des indications que des armes chimiques ont pu être utilisées ». Mais – ajoute-t-il -, « nous n’avons cependant pas de détails sur les circonstances et sur qui a utilisé ces armes ». Sur l’affirmation de Carla del Ponte, membre de la commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme qui dénonçait « selon les témoignages recueillis » l’utilisation par « les rebelles (d’) armes chimiques, faisant usage du gaz sarin », l’OTAN se veut circonspecte. Rasmussen a botté en touche, expliquant que « peu importe qui a utilisé ces armes, cela représente une atteinte au droit international », préférant demander à ce que les « Nations Unis puissent enquêter » sur ce sujet.

Pas d’intervention militaire

« L’OTAN n’a pas l’intention d’intervenir militairement » a déclaré Ramussen devant les parlementaires avant d’expliquer « on me rappelle souvent le succès en Libye et on me demande pourquoi on ne fait pas pareil en Syrie. Il y a une différence très claire puisqu’en Libye il y avait un mandat des Nations-Unis. La Syrie est une société beaucoup plus complexe et les interventions extérieures pourraient avoir des impacts sur la régions qu’on ne peut prévoir ». Des arguments (déstabilisation, complexité) qui cachent, en fait, une réalité : le blocage russe au Conseil de sécurité.

Une solution politique internationale

« Seule une solution politique est possible en Syrie » rappelle enfin Anders Fogh Rasmussen, plaidant pour que « la communauté internationale redouble d’efforts pour trouver une solution ». Il est « important que la communauté internationale envoie un message unique et fort à Damas. Pour l’instant ce n’est pas le cas » avant de demander que l’on s’appuie sur « le groupe d’action sur la Syrie qui avait déclaré en juin 2012, que le régime de Damas devrait entamer un processus de transition qui répondrait aux aspirations politiques du peuple syrien » et « qu’une solution politique pourrait s’appuyer là dessus ». Les questions seront nombreuses. Mais les réponses ne varieront pas d’un iota…

Commentaire (NGV) : Au delà de la discrétion et de la langue de plomb diplomatique, la position du secrétaire général de l’OTAN montre bien que la situation semble plus que jamais bloquée. Même si de plus en plus de voix surgissent pour indiquer que des armes chimiques ont “probablement” été utilisées, au fur et à mesure que semble s’étayer cette possibilité, les principaux responsables politiques cherchent à en dénier l’usage, redoutant par dessus tout d’avouer que la fameuse “ligne rouge”, fixée par Obama pour une réplique internationale – reprise aussi par plusieurs dirigeants européens (comme Laurent Fabius), a été franchie. Intervention qui aurait, de toute façon, un fondement international juridique très fragile…

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Relève néerlandaise en Turquie

Une batterie Patriot déployée le 25 janvier à Incirnik (Turquie) par les forces néerlandaises (crédit : ministère NL de la Défense)

(BRUXELLES2) 115 soldats sont partis ce matin (23 avril) de la base aérienne d’Eindhoven vers Adana, la ville turque où sont implantés des systèmes de défense Patriot, a annoncé le commandement néerlandais. Ce n’est pas vraiment un renfort mais plutôt une relève après trois mois de présence des militaires néerlandais sur place. Le personnel d’Etat-Major et le personnel de soutien seront remplacés le mois prochain. Au total, 250 soldats néerlandais travaillent dans les unités de Patriot déployées dans les villes turques du sud du pays près de la frontière avec la Syrie. L’Allemagne et les Etats-Unis ont également déployé des unités, destinées à défendre l’allié turc contre d’éventuelles attaques syriennes, dans le cadre des accords de l’OTAN.

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L’appel de Öcalan (PKK) à une trêve salué à Bruxelles

(BRUXELLES2) L’appel du Parti des travailleurs Kurdes (PKK) « à déposer les armes et à se retirer derrière la frontière turque » (*) a été salué, vendredi, à Bruxelles par la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton ainsi que par le commissaire chargé de l’Elargissement. Cette annonce représente pour l’Union européenne « un pas important de plus dans le processus visant à mettre fin à un conflit qui a déjà fait trop de victimes ».

Un pas positif pour la Turquie

Rappelant que l’Union avait « de façon répété, encouragé toutes les parties à travailler à ramener la paix et la prospérité », le Commissaire et la Haute représentante ont annoncé que l’UE supportait pleinement ce processus et se « se tenait prêts à aider, y compris à travers l’instrument d’aide de pré-adhésion ».

Une trêve dans les violences ?

Le leader kurde Abdullah Ocalan, emprisonné en Turquie depuis 14 ans, avait en effet adressé jeudi (21 mars), depuis sa prison, une lettre déclarant que : « Désormais, une nouvelle période commence. Il n’y aura plus d’armes dans notre combat, il y aura de la politique démocratique. Il est dorénavant temps pour les éléments armés de se retirer hors des frontières ».

La veille, les députés de la commission des affaires étrangères du Parlement Européen avaient déjà salué « le dialogue politique direct entre le gouvernement turc et l’ancien dirigeant du PKK, Abdullah Öcalan, dialogue (qui) pourrait ouvrir la voie à un accord historique réglant de manière pacifique et démocratique le conflit kurde ».

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L’opération Anatolian Protector a démarré

départ des véhicules Patriot des Pays-Bas (crédit : Ministère néerlandais de la Défense)

(BRUXELLES2) Les véhicules porteurs des missiles Patriot sont partis des Pays-Bas et d’Allemagne. Un convoi de 150 véhicules (6 x 25) a ainsi parcouru les 300 km qui séparaient la caserne de Vredepeel du port. Ils ont embarqué les premiers à partir du port d’Eemshaven, les seconds de Travemünde (Lübeck) à bord du ferry Suecia Seaways de DFDS. Ils devraient arriver en Turquie vers le 21 ou 22 janvier. Les soldats allemands seront stationnés à Kahramanmaras, entre la base aérienne de Incirlink et la ville de Diyarbakir. Les Néerlandais seront stationnés à Adana. Les Américains à Gaziantep.

Eléments précurseurs

Ce mardi (8 janvier), 50 soldats “éléments précurseurs” — 30 néerlandais et 20 allemands — ont embarqué dans deux Hercules C-130 allemands  à l’aéroport d’Eindhoven. Destination : la Turquie et la base aérienne de Incirlink pour préparer les installations des missiles. 270 militaires néerlandais devraient suivre. Et un peu plus de militaires allemands. Les coûts de la missions sont estimés à 42 millions d’euros, pour les Pays-Bas, selon le Volkskrant. Le contingent allemand comprend au total 350 soldats et se compose essentiellement de deux unités de tir Patriot de l’Armée de l’Air. Chaque unité de feu comprend jusqu’à huit lanceurs de huit missiles, une station de commande de tir et un radar multifonction.

Objectif : prévenir toute attaque et empêcher l’escalade du conflit

L’objectif de ce déploiement est uniquement “défensif” comme l’ont rappelé sur tous les tons les différents responsables politiques et militaires de l’Alliance atlantique. Comme l’a expliqué le général néerlandais Tom Middendorp, il s’agit de protéger le territoire et la population turcs contre la menace de missiles Scud qui, avec une portée « de plusieurs centaines de kilomètres, peuvent facilement atteindre les villes turques. La prévention vaut toujours mieux que guérir. Et c’est pourquoi nos soldats partent pour la Turquie : afin d’éviter qu’un missile syrien, que ce soit ou non par accident, se retrouve dans une grande ville turque. » Mais — a-t-il ajouté — nous allons aussi en Turquie pour empêcher l’escalade du conflit. » Pour les militaires, « montrer vos dents empêche de créer plus de violence. C’est vraiment la force de nos forces armées. »

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Dernières nouvelles de la piraterie (30 décembre)

(BRUXELLES2)

Alerte ! Groupe(s) pirate(s) en vue dans le Golfe d’Oman

Un navire marchand a été approché et chassé par deux skiffs, le 21 décembre, durant 1 heure 1/2 dans le Golfe d’Oman, selon les forces de coalition anti-piraterie, aux environs de 23° Nord et 59° Est. La veille (20 décembre), un autre navire faisant le transit a été approché par un skiff non loin de là à 24° Nord et 57° Est. La présence d’un groupe pirates armés dans cette zone semble donc plus que probable. Le 27 décembre, une autre présence suspecte de deux skiffs a été signalée, cette fois près du détroit d’Ormuz, à 26° Nord et 56° Est. Alors que le premier skiff s’approchait à environ 500 mètres du navire marchand, des armes ont été aperçues à bord du skiff. Les gardes privés ont lâché un tir de fusée et le premier skiff a renoncé. Le second skiff était cependant toujours en mouvement et beaucoup plus proche, à environ 200 mètres. Plusieurs tirs de semonce ont alors été tirés par les gardes privés. Le 2nd skiff a, à son tour renoncé. Le navire marchand a alors pu continuer sa route.

(crédit : marine nationale)

Le Surcouf en escorte du PAM

Le MV Rockway Bell, affrété par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a été escorté jusqu’à la veille de Noël par le Surcouf. La frégate française – qui participe à l’opération européenne EUNavfor Atalanta (TF 465) – a pris le relais de son homologue espagnol le Mendez Nuñez, navire amiral de la Task Force 465, au large de Salalah (Sultanat d’Oman) jusqu’à l’arrivée du vraquier et de sa cargaison de sorgo au port de Mombassa (Kenya). Les mauvaises conditions de la mer n’étaient certes« pas très propices à la piraterie », précise-t-on du côté de la marine nationale. Mais « les marins du Surcouf ont du redoubler de vigilance durant tout le parcours, 1500 miles nautiques (soit 2 778 kilomètres). A la passerelle, l’horizon a été méticuleusement scruté pour ne rien laisser au hasard. » Et en l’air, l’hélicoptère Lynx… britannique « effectuait chaque jour des vols de surveillance maritime ».

On peut rappeler que la protection des navires du PAM représente une des missions prioritaires des bâtiments de la force navale européenne Atalanta, et même la première des missions. Depuis le début de l’opération, il y a 4 ans (en décembre 2008), 167 bâtiments ont bénéficié de la protection des bâtiments de la force européenne. Ces navires convoient vers la Somalie 90 % des vivres et des ressources délivrées au titre de l’aide internationale. Les 25 000 tonnes de nourriture livrées chaque mois sont vitales pour la Somalie puisqu’elles permettent de subvenir aux besoins d’environ 1 million d’habitants.

La frégate turque de retour au pays

Après 208 jours dans le Golfe d’Aden, engagée dans la lutte anti-piraterie, la frégate turque TCG Gemlik est de retour au pays signale l’agence Anadolu fin décembre. Avec ses 266 marins, elle a servi au sein de la coalition CTF 151 – sous impulsion américaine. Le commandant de la frégate, Serkan Saral est satisfait de ses hommes et de son navire. « La frégate TCG Gemlik a servi durant sept mois dans des conditions météorologiques difficiles et sur une mer agitée, ce qui est une indication du potentiel logistique et technique des forces navales turques et de leur talent » a-t-il précisé.

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Les unités de Patriot déployées pour un an

(BRUXELLES2) Après la décision de l’OTAN de répondre officiellement “oui” à la demande de l’OTAN pour le déploiement de l’OTAN, les deux pays européens concernés viennent de préciser les moyens engagés comme d’entamer la procédure parlementaire d’information (aux Pays-Bas), d’autorisation (en Allemagne).

Deux unités néerlandaises

Les Pays-Bas enverront 2 unités patriot avec 360 soldats. La mission durera un an. Le gouvernement a informé le Parlement aujourd’hui. Comme défini au niveau de l’OTAN – ce qu’ont accepté les Turcs – les Patriot auront un rôle purement défensif et ne pourront pas prendre en charge une zone d’exclusion aérienne ou une action offensive. L’emplacement exact de la mise en place du système de défense antimissile aérien n’est pas encore été déterminée.

et deux unités allemandes

En Allemagne, le gouvernement a adopté un projet de loi permettant le déploiement des systèmes Patriot, avec un maximum de 400 soldats pouvant être déployés (*). La mission devrait démarrer en début d’année prochaine et être opérationnelle durant un an, jusqu’au 31 janvier 2014. Un projet de loi sera présenté devant le Bundestag qui devrait en discuter entre le 12 et 14 décembre. On peut remarquer que l’argumentation – évoquée dans certains milieux gouvernementaux – que s’agissant d’une obligation de l’Alliance, une autorisation en bonne et due forme du Parlement n’était peut-être pas nécessaire, a fait long feu. L’opposition (social démocrate, verts et gauche) a, en effet, réclamé un projet de loi.

(*) Il s’agit du maximum autorisé, pas automatiquement du nombre exact de soldats déployés, mais il ne devrait pas être très éloigné

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Le cadeau de Noël de l’OTAN à la Turquie : oui au déploiement des Patriot

Allemands, Néerlandais et Américains pourraient développer des batteries Patriot en Turquie (crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) Les Alliés doivent aujourd’hui approuver la demande turque de déployer des batteries Patriot sur son territoire pour se protéger d’éventuelles attaques syriennes. Cela devrait être fait lors de la première séance de travail qui réunit les ministres des Affaires étrangères des 28 cet après-midi après le déjeuner qu’ils auront eu avec le ministre russe, Dimitri Lavrov.

Un déploiement défensif

Cette demande a le « soutien de tous les alliés » a précisé un diplomate présent à l’Alliance. Mais sous certaines conditions : « ce sera un déploiement défensif, qui ne peut soutenir la mise en place d’une no Fly zone ni d’une offensive ». Les Patriot ne devraient pas être ainsi disposés sur la ligne frontière mais en retrait. D’un point de vue pratique, il y aura « une combinaison de la localisation et de la portée qui rendra impossible une telle utilisation offensive » a-t-il expliqué alors que nous l’interrogions sur ce sujet.

Pas une opération de l’OTAN, mais une opération autorisée par l’OTAN

Ce n’est pas l’OTAN qui déploie les batteries en tant que tel. Ce sont les pays (Allemagne, Pays-Bas, USA). L’OTAN ne fait que permettre « d’utiliser ces capacités dans le cadre du plan de défense aérienne ». Ainsi la durée de déploiement, leur emplacement, le nombre de batteries et de personnel engagés dépendent de la décision de chaque État engagé. Mais comme pour tout engagement de l’Alliance, le Conseil de l’atlantique (NAC réuni en formation ambassadeurs) et commandant des forces en Europe (Saceur ou DSaceur) suivront et contrôleront étroitement ce déploiement.

Un cadeau de Noël …

Une équipe d’évaluation des pays concernés est sur le terrain pour étudier les sites les plus adaptés et les conditions de ce déploiement. Plusieurs sites sont actuellement inspectés dans le sud-est et l’est du pays, selon les médias turcs,,notamment Diyarbakir (déjà utilisé pendant la guerre du golfe), Şanlıurfa ou Malatya.

Le déploiement ne devrait pas être immédiat mais rapide. On parle au QG de l’Alliance d’un délai « de quelques semaines (entre 3 et 5 semaines) ». Les frais de déploiement sont supportés par chaque Etat engagé, selon le principe “déployeur – payeur”, et non selon un financement commun de l’Alliance. Rien n’empêche cependant au pays hote (la Turquie) de pourvoir à certains des financements. En général, tout ce qui concerne l’hébergement, la restauration et l’accueil des militaires de l’Alliance est ainsi à la charge de celui-ci.

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Des Patriot de l’OTAN bientôt déployés en Turquie. Défensifs… (maj)

Batterie Patriot sur la route (Crédit : armée néerlandaise)

(BRUXELLES2) Les ministres allemand et néerlandais l’avaient indiqué, lundi, en arrivant à Bruxelles, pour le conseil des ministres de la Défense. Il s’attendait d’une heure à l’autre à une demande formelle de la Turquie à une protection par les forces de l’OTAN. Il a fallu quelques heures de plus.

Geste politique

Et c’est finalement ce mercredi que le secrétaire général de l’OTAN, A. F. Rasmussen a confirmé, avoir « reçu une lettre du gouvernement turc demandant le déploiement de missiles Patriot ». Ce déploiement a un objectif militaire précis : augmenter la capacité turque de défense aérienne « pour défendre la population et le territoire de la Turquie » mais c’est aussi et surtout un geste politique. Ce serait « une démonstration concrète de la solidarité et de la détermination de l’Alliance ».

Objectif défensif, enfin presque

Dans sa lettre, le gouvernement turc souligne que le déploiement sera « uniquement défensif », et qu’il vise « en aucun cas à soutenir une zone d’exclusion aérienne ou toute opération offensive ». Précision qui n’est pas inutile. La fonction d’une batterie Patriot, a priori, tournée vers la défense anti-missiles lui permet aussi bien viser des avions. C’était d’ailleurs sa fonction première à l’origine de défense anti-aérienne. Et sa portée – de 60 km au moins – lui permettrait, si elle est bien placée, près de la frontière d’arroser une bonne partie du territoire syrien. Même non utilisée en “offensif”, sa seule présence pourrait ainsi limiter les raids aériens du régime, du moins dans les limites proches de la frontière avec la Truquie.

Aller vite

Lundi, le secrétaire général de l’OTAN, avait indiqué à la presse que cette demande serait examinée de façon « prioritaire ». Ce sera bien le cas. L’OTAN devrait discuter de la demande turque « sans délai ». S’il est approuvé, le déploiement sera effectué « conformément au plan de défense aérienne de l’OTAN ». Mais ce sera à chacun pays de l’OTAN qui disposent de Patriots modernisés PAC3 (Allemagne, Pays-Bas et États-Unis) « de décider s’ils peuvent déployer ces moyens en Turquie et pour combien de temps ». Dans tous les cas, une équipe conjointe va se rendra en Turquie pour évaluer le déploiement possible.

Ce type de batteries avait déjà été déployé pendant la guerre du Golfe en 1991 et en 2003. A cette époque, cependant, la France notamment avait refusé l’emploi des moyens de l’OTAN. Et ce sont les Américains, en bilatéral, qui avaient déployé des moyens, sous certaines conditions imposées par le gouvernement turc. Ankara refusant d’ailleurs, officiellement, que les troupes américaines se servent de la Turquie pays comme d’une base arrière pour leurs opérations en Irak.

(Maj) La réunion du Conseil atlantique (NAC) au niveau des ambassadeurs a, ce mercredi (21 novembre), eu une discussion politique sur la question. La demande turque a été « bien reçue » nous a confié un diplomate. Les militaires ont été chargés de préparer la planification du déploiement. Les Etats-Unis devraient aussi déployer des moyens aux cotés des Allemands et des Néerlandais. Et l’autorisation finale devrait être donnée avant la ministérielle Défense de début décembre.

Lire : Des Patriot néerlandais (et allemands?) en Turquie

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