Trois jours d’exercices pour la marine tanzanienne

Marins tanzaniens en formation sur le ESPS Rayo (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

(B2) A l’occasion d’une escale à Dar es Salaam, le navire espagnol ESPS Rayo (P-42), qui participe à l’opération EUNAVFOR Atalanta, a accueilli à son bord, fin octobre, 38 membres de la marine tanzanienne. Au programme, des présentations théoriques complétés d’exercices pratiques, sur la survie en mer, des procédures d’approche et d’embarquement, des premiers secours, des opérations de recherche et de sauvetage (SAR) comme de contrôle des dommages.

NB : La tâche d’initier les forces maritimes locales a été ajoutée au mandat de l’opération européenne. Le navire espagnol a poursuivi sa route ensuite vers l’Ile Maurice, où il se trouve jusqu’au 6 novembre, avec une visite des autorités à bord.

Une présence renforcée pour la période inter-moussons

L’opération EUNAVFOR Atalanta qui fonctionne en mode semi-intensif depuis la baisse de la piraterie compte aujourd’hui trois navires : la frégate italienne ITS Virginio Fasan (F591), qui assure le rôle de navire amiral), le patrouilleur de haute mer espagnol ESPS Rayo (P-42) et le navire de débarquement amphibie néerlandais HNLMS Rotterdam (L-800) et dispose de deux avions de patrouille maritime de type P3 Orion espagnol (P3-M) et allemand (P3-C).

Une présence légèrement renforcée dans la période inter-moussons qui, traditionnellement, est plus propice à des tentatives d’attaques de pirates, dans ce qui est considéré par les autorités européennes (et par tous les observateurs) comme un « corridor maritime économique stratégique ».

(Elena Barba avec Nicolas Gros-Verheyde)

(Crédits: Ministère français de la Défense)

Dernières nouvelles de la piraterie (12 janvier 2014). Bilan piraterie 2013

(BRUXELLES2)

La piraterie en 2013 : bilan

234 incidents de piraterie ont été recensés en 2013, dont 12 étaient des captures et prises d’otage, selon le dernier bilan dressés le Bureau Maritime International (BMI). Au Nigéria, 30 incidents ont été constatés, contre 13 en Somalie. L’immense majorité des actes de piraterie modernes se déroule sur la ligne de l’équateur, à l’ouest de l’Afrique ou à l’est, comme on peut le constater sur la carte interactive du BMI.

(Crédits: Ministère français de la Défense)

La frégate Sagaïdatchny été antérieurement engagée dans l’opération Ocean Shield de l’OTAN (Crédits: Ministère français de la Défense)

La frégate ukrainienne se joint à Eunavfor Atalanta

La frégate ukrainienne Guetman Sagaïdatchny a changé de pavillon, le 3 janvier. Quittant le pavillon de l’OTAN, elle a arboré celui de l’Union européenne, passant ainsi de l’opération anti-piraterie de l’Alliance Ocean Shield à l’opération « soeur » européenne Eunavfor Atalanta. Dotée d’un commando spécial et d’un hélicoptère Ka-27, le navire escortera des cargos au large des côtes somaliennes. Lire aussi : L’Ukraine rejoint l’Union européenne. ласкаво просимо

 

(Crédits: EUNAVFOR Somalia )

(Crédits: EUNAVFOR Somalia )

Formation de marins Tanzaniens à Dar Es Salaam

Le navire-amiral Siroco de l’opération européenne EUNAVFOR Atalanta a fait escale en Tanzanie. Neuf marins tanzaniens ont reçu une formation théorique sur les manoeuvres d’approches. Le plus gros de la formation s’est centrée sur le système Mercure utilisé par les forces de lutte contre la piraterie pour se coordonner dans la région. L’objectif étant d’améliorer la connaissance réciproque entre les forces européennes et les forces tanzaniennes. « La Tanzanie est un partenaire régional clé et nous sommes toujours désireux de promouvoir notre coopération, en travaillant ensemble contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique » a déclaré le contre-amiral Hervé Bléjean, commandant de la force européenne.

L'helicoptère inutilisable soulevé par une grue pour être placé sur le camion de transport (Crédits: EUNAVFOR Somalia)

L’hélicoptère endommagé a été placé sur un trailer et transporté jusqu’à l¡aéroport avec la protection des français (Crédits : EUNAVFOR Somalia)

Nouvel hélicoptère pour l’hélico Tornado espagnol

Le navire espagnol ESPS Tornado, amarré à Djibouti, a dû changer son hélicoptère. L’hélicoptère Augusta Bell 212 est inutilisable et sa réparation n’était pas possible à bord ni dans en Somalie. La marine espagnole a frété un avion Ilyushin pour transporter l’hélicoptère de substitution. Arrivé à Djibouti le 28 décembre, ce gros porteur est reparti le lendemain avec le modèle endommagé, dont l’équipage a dû démonter l’hélice principale pour le placer dans l’avion de transport. Le nouvel appareil a réalisé son premier vol dès le 29 décembre.

(Crédits: Xinxhua )

En 2013, 11 navires ont été secourus par les Chinois au large de la Somalie  (Crédits: Xinxhua )

Cinq années de présence chinoise dans le Golfe d’Aden

Pékin n’envisage pas de cesser sa participation à la sécurisation des eaux au large de la Somalie et dans l’océan Indien, par l’envoi de navire d’escorte. C’est même devenu une « obligation internationale », mais l’aviation chinoise ne sera pas encore envoyée sur place. A l’occasion du cinquième anniversaire de l’engagement chinois dans cette zone, Dong Yiping, le chef adjoint de l’état-major de la marine chinoise, a rappelé que 16 groupes navals chinois ont déjà été déployés, avec 42 navires au total et 13 214 marins et commandos. Les navires chinois ont escorté 565 bâtiments marchands et secouru 42 navires attaqués par des pirates. En 2013, 11 navires ont été secourus par les Chinois et aucun n’a été capturé.

Sécurité privée sur les navires français

La France pourrait bientôt déléguer la lutte contre la piraterie maritime à des sociétés privées. Le Conseil des ministres a proposé un projet de loi visant à autoriser des agents armés à prendre place à bord des navires traversant des zones dangereuses, particulièrement dans les golfes d’Aden et de Guinée. Cette pratique est déjà autorisée dans plusieurs pays européens. Le projet de loi pourrait être examiné dès février prochain par le Parlement. Pour Éric Banel, directeur délégué général d’Armateurs de France, ceci permettra d’être compétitifs dans le marché. « Les entreprises françaises perdaient des marchés par rapport à leurs concurrents – je pense notamment aux Britanniques – parce que ces pays-là ont autorisé très tôt l’embarquement de gardes privés et que nous, nous ne sommes pas capables d’assurer une protection continue de nos navires », explique-t-il.

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Dernières nouvelles de la piraterie (29 déc. 2013)

(BRUXELLES2) Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens ! • Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti • Procès reporté à l’ile Maurice • Formation pour la marine tanzanienne • Drone britannique à l’assaut des pirates • Un plan d’action pour le Somaliland

Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens !

Avec la diminution de la menace de la piraterie et la libération de presque tous les marins otages des pirates somaliens, on pourrait les oublier. Mais, au dernier bilan, il reste toujours 49 marins otages aux mains des pirates fin 2013 ! La plupart sont retenus prisonniers depuis de longs mois déjà, voire de longues années, et viennent du continent asiatique. Leurs pays et leurs armateurs semblent les avoir un peu abandonnés à leur sort. Citons-les : 4 marins thaïlandais du FV Prantalay (un navire de pêche thaïlandais), qui sont retenus depuis avril 2010 (3 ans 1/2 !) ; 11 marins du MV Albedo (7 Bangali, 2 Sri Lankais, 1 Indien et 1 Iranien, retenus prisonniers depuis novembre 2010), leur navire a coulé cet été  ; 7 marins indiens du navire norvégien MT Asphalt Venture ; et les 27 marins taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un navire thaïlandais).

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol a rendu visite à Djibouti, le 22 décembre, aux militaires espagnols engagés dans la lutte anti-piraterie tant au sein de l’OTAN que de l’Union européenne. Cette présence « est essentielle pour la protection des navires marchands qui transitent dans la zone, les pêcheurs comme les navires du Programme alimentaire mondial de l’ONU » a-t-il déclaré selon le communiqué diffusé par la Moncloa. Le Premier ministre est ainsi monté à bord de la frégate Alvaro de Bazan qui commande la mission Ocean Shield (OTAN) et a rendu visite au détachement de l’avion de patrouille maritime P3 Orion (EUNAVFOR Atalanta) qui est situé sur la base aérienne de Djibouti. Il a également rencontré le président djiboutien, Ismail Omar Guelleh.

Procès reporté à l’île Maurice

Le procès des 12 présumés pirates arrêtés par la frégate française Surcouf après l’attaque du MSC Jasmine se poursuit à l’Île Maurice mais à vitesse lente. Des officiers américains devraient être entendus en janvier et des officiers français à la mi-février. Transférés sur l’île en janvier, leur procès a d’abord pris comme du retard. Un prisonnier, malade, est toujours hospitalisé. Et certains d’entre eux se plaignent d’avoir été battus par leurs gardiens (les gardes-chiourmes), comme le souligne le quotidien de l’île, le Mauricien. Les arguties de procédure se multiplient. Les avocats de la défense contestent notamment chacune des preuves présentées, notamment le fait que les suspects ont été photographiés. Ils estiment aussi que les preuves, ramenées par un policier mauricien de Djibouti et fournies par la marine française n’ont pas été suffisamment sécurisées pour être valables. Lire aussi : Un groupe pirates déjoué près des côtes somaliennes. 12 suspects arrêtés

(crédit : marine espagnole)

(crédit : marine espagnole)

Formation pour la marine tanzanienne

Lors de leur escale au port de Dar Es Salaam, les marins espagnols du patrouilleur ESPS Tornado ont organisé, à la mi-décembre, une formation pour la marine tanzanienne. 19 membres de la marine tanzanienne ont ainsi reçu un briefing sur les opérations d’embarquement, suivi par un exercice d’embarquement.

Drone britannique à l’assaut des pirates

Le premier drone Scan Eagle de la Royal Navy a effectué son premier vol opérationnel à la mi-décembre. Lancé par une catapulte du pont du RFA Cardigan Bay, il a ensuite été récupéré  par un filin sur le côté du navire. Il sera utilisé dans « peu de temps », a précisé le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, à la presse lors d’une visite sur la base aérienne de  Waddington, « pour repérer les pirates » dans l’océan Indien. C’est la première fois que cette base secrète de la RAF, située dans le Lincolnshire, utilisée pour piloter les drones Reaper en Afghanistan, est ouverte à la presse (lire reportage dans le Daily Express et dans le Telegraph avec une video de ITN). Ce ScanEagle est un des deux drones acquis en juin dernier par la Royal Navy auprès de Boeing, pour un coût de 30 millions £ les deux. A noter que la marine néerlandaise utilise déjà ce type de drones, dont l’un s’est écrasé en mer. Lire : Un drone néerlandais s’écrase en merDe l’utilité des drones dans la lutte anti-pirates

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

Un plan d’action pour le Somaliland

Un plan conjoint, listant les programmes et activités futurs, de la mission européenne EUCAP Nestor au Somaliland a été adopté, dimanche (15 décembre). Une « étape capitale » pour la coopération technique entre les deux missions européennes (EUCAP Nestor et Atalanta) et le gouvernement de la province autonome, comme l’ont rappelé les responsables de missions européennes Etienne de Poncins (EUCAP Nestor) et le contre-amiral Hervé Bléjean (Eunavfor) qui recevaient au large de Berbera, à bord du FS Siroco, le navire-amiral de la force européenne anti-piraterie (Eunavfor), plusieurs responsables politiques du Somaliland, dont le vice-président du Somaliland, Abdirahman Abdallahi Ismail Saylici.

Suspects somaliens rapatriés

7 pirates somaliens, condamnés au Kenya, ont été rapatriés fin novembre vers Galkayo en Somalie pour achever leur peine. C’est l’UNODC qui a pris en charge leur rapatriement dans le cadre d’un accord Kenya-Somalie. De la même façon, 14 Somaliens qui avaient été arrêtés aux Maldives ont été rapatriés. Mais eux sont libres, les Maldives ont refusé de les juger, estimant leur législation pas adéquate aux questions de piraterie. Ils ont, en fait, été expulsés comme immigrants clandestins.

Nicolas Gros-Verheyde

Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)

Eucap Nestor, pleinement opérationnelle à Djibouti et aux Seychelles

Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)

Base navale à Djibouti (crédit : Eucap Nestor)

(BRUXELLES2) La mission de renforcement des capacités maritimes en Afrique de l’Est et Océan indien (EUCAP Nestor) commence à produire du résultat. Sur la capacité planifiée de 176 personnels (137 internationaux et 39 locaux), 67 sont déjà en poste (venant de l’Union européenne + Norvège). Et son budget – de 23 millions d’euros – devrait être reconduit en novembre.

Djibouti et Seychelles, pleinement opérationnelle

Après plusieurs mois passés à se mettre en place (le quartier général à Djibouti n’a été inauguré qu’en février dernier), « Eucap Nestor est désormais pleinement opérationnelle à Djibouti et aux Seychelles » explique Etienne de Poncins, le nouveau chef de mission qui a remplacé l’amiral Launay à l’été. « Elle a déjà commencé des formations, des conseils, et la mise en place d’un environnement juridique » dans ces deux pays et même en Somalie (Puntland). A Djibouti, trois conseillers européens sont intégrés dans les équipes du ministère de la justice (en particulier pour aider à la rédaction d’une loi anti piraterie), dans les gardes-côtes, et dans la marine, pour développer différents projets de coopération. Il y a le même type d’activité aux Seychelles.

Une mission complexe

Bien sûr, c’est une mission qui reste difficile. L’étendue régionale de la mission rend son fonctionnement complexe. Entre Djibouti, Seychelles, Kenya, Tanzanie, il y a plus que quelques kms. Les déplacements sont toujours longs… et pas toujours directs. Et il reste un « certain nombre de défis sécuritaires » dans le pays principal de la mission, la Somalie.

Somalie : le gros morceau

La Somalie, c’est le « gros morceau » reconnait Etienne de Poncins. Le pays a la plus grande longueur de côtes de la zone (3500 km). C’est la patrie d’origine des pirates. Mais il reste difficile d’accès ; avec des questions sécuritaires au premier plan. Un conseiller maritime – un Italien – est ainsi présent 3-4 jours par semaine sur l’aéroport de Mogadiscio, dans la zone internationale. Et des « contacts étroits » sont établis avec le Puntland et le Somaliland, les deux entités régionales les plus avancées. EUCAP Nestor a déjà été en mesure d’intervenir au Puntland. « Un séminaire de formation à la législation anti-piraterie ou anti-criminalité s’est ainsi tenu à Garowe, pendant plusieurs jours, réunissant des procureurs et des juges. ». A terme, nous envisagerons d’avoir environ 6 personnes sur Mogadiscio, Garowe (Puntland) et Hargheiza (Somaliland). Ce qui ne va sans problème de sécurité (déplacement). »

Des salles de classe flottantes

L’avantage d’EUCAP Nestor est de jouer la complémentarité avec les autres missions sur place. « On bénéficie des navires de l’opération Eunavfor Atalanta. Ce sont de véritables salles de classe flottantes, où on fait venir des Somaliens pour les former. » Le gouvernement somalien a d’ailleurs été reçu récemment à bord des navires d’Atalanta (lire: Le gouvernement somalien reçu à bord des forces Eunavfor). Et à Mogadiscio, il n’est pas exclu que la force de protection italienne d’EUTM Somalia puisse aussi protéger les déplacements des formateurs.

Kenya et Tanzanie, des réticences

Au Kenya et en Tanzanie, le contexte politique est « moins favorable » reconnait-on à EUCAP Nestor. Le Kenya a un intérêt de principe mais il n’a pas signé d’accord général de mission. On est dans une « phase d’entre deux. Une forte équipe est déjà présente, d’une quinzaine de personnes qui travaillent essentiellement sur la Somalie » souligne Etienne de Poncins. Car le Kenya est encore la porte d’entrée sur la Somalie. En Tanzanie, c’est « encore moins avancé ». Le pays a « marqué son intérêt » mais n’a pas donné d’autre suite. Un officier de liaison devrait être envoyé à Dar el Salaam, pour essayer nouer contact.

En fait, d’après d’autres informations recueillies par B2, la Tanzanie regarde ailleurs, vers l’Afrique du Sud. Elle a ainsi d’une certaine façon sous-traité la lutte anti-piraterie à des sociétés privées sud-africaines. On se rappelle que durant plusieurs mois les diplomates et militaires européens avaient tenté d’obtenir de la Tanzanie un accord de traitement judiciaire des pirates. Sans plus de succès.

Lire aussi :

Barroso au Mozambique et Tanzanie

(B2) Le président Barroso termine aujourd’hui (20 juillet), une visite au Mozambique, avant de continuer son voyage en Tanzanie samedi (21 juillet). Accompagné du commissaire européenne en charge du développement, Andris Piebalgs, le président Barroso s’est réjoui des résultats de la transition politique et des taux de croissance accélérés qui ont suivi, tout en ne manquant pas de rappeler que le défi est maintenant d’atteindre un développement plus «durable» et englobant surtout une plus large partie de la population. Durant cette visite, trois nouveaux accords bilatéraux ont été signés, visant à stimuler respectivement l’économie, l’Etat de droit et la société civile.
Commentaire : Le président Barroso poursuit une campagne destinée à peaufiner son image internationale, après une visite en Israël et en Palestine. Il sera intéressant de savoir s’il évoquera avec ses interlocuteurs tanzaniens la participation de ce pays à l’opération de renforcement des capacités maritimes (EUCAP Nestor) qui vient d’être lancée…

La mission EUCAP Nestor lancée…

La mission Eucap Nestor pourra compter sur les escales de navires de la force EUNAVFOR Atalanta pour compléter l’entraînement. Ici des gardes-côtes djiboutiens en formation sur un navire français (Crédit : DICOD / Eunavfor)

(BRUXELLES2) Après quelques tergiversations, vérifications, évaluations, réécritures, l’Union européenne vient aujourd’hui (16 juillet) d’approuver le lancement de deux nouvelles mission de la politique de sécurité et défense commune (PSDC) : dans l’Océan indien pour renforcer les capacités maritimes de la Somalie et des Etats voisins (EUCAP Nestor) ; au Niger pour renforcer les forces de sécurité (EUCAP Sahel Niger) – voir article séparé. Ce sont les ministres de l’Agriculture qui se sont chargés d’approuver (en point A, sans discussions) ces deux décisions. Il y avait urgence, pour permettre d’engager les autres phases : nomination des chefs de mission, recrutements, signature des SOMA (accords de protection de la mission…), etc.

Deux tâches principales

EUCAP Nestor s’inscrit dans le cadre de « l’approche globale de l’UE en matière de lutte contre la piraterie et l’instabilité dans la région » explique-t-on au SEAE. Objectif : « travailler au renforcement de la capacité des États de la région à avoir la maîtrise effective de leurs eaux territoriales ».  La mission aura deux tâches principales: 1) renforcer les capacités maritimes des pays de la région (sauf en Somalie) et, en Somalie, assurer la formation d’une force de police côtière ainsi que des juges ; 2) fournir des avis spécialisés sur des questions juridiques, stratégiques et opérationnelles liées à la sûreté maritime, assurer la formation des gardes-côtes et contribuer à la mise à disposition du matériel nécessaire.

L’UE chef de file contre la piraterie

L’UE assume ainsi – comme l’explique C. Ashton : « son rôle de chef de file dans le domaine de la lutte contre la piraterie. J’espère que la mission EUCAP Nestor, œuvrant sous la direction des pays concernés eux-mêmes, dégagera des solutions durables au fléau de la piraterie. » La mission s’étendra sur pays : « Djibouti, le Kenya, les Seychelles et la Somalie ont accepté l’assistance proposée par l’UE ». « La mission de soutien sera étendue dès que possible à la Tanzanie », précise-t-on. Ce pays tergiversant pour l’instant à envoyer la lettre d’invitation.

175 personnes

La mission sera composée de 175 personnes environ qui seront déployés au fur et à mesure des possibilités dans les pays concernés et des disponibilités des Etats membres. Selon nos informations, une première équipe de quelques personnes autour du chef de mission devrait partir dans les jours qui viennent pour la région. Mais la réalité du déploiement démarrera en septembre pour s’étaler jusqu’à décembre. C’est l’amiral français Jacques Launay, récemment démobilisé, qui assurera le commandement de cette mission. Cette nomination devrait avalisée demain (17 juillet) lors de la réunion du Comité politique et de sécurité (COPS). A suivre …

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi :

 

Le Nivose quitte l’opération Atalanta

(B2) La frégate française Nivose a quitté, le 16 juin dernier, l’opération européenne de lutte contre la piraterie lors d’une escale aux Seychelles à Port-Victoria pour rejoindre sa base, La Réunion. Durant ces deux mois d’opérations dans la région, les marins français ont escorté un navire affrété par le Programme alimentaire mondial (PAM) entre Salalah (Oman) et Berbera (Somaliland). Il a aussi assuré des entraînements avec les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj) et accueilli des marins et gardes-côtes djiboutiens à bord pour échanger sur les procédures et modes d’action relatif à la lutte contre la piraterie. Idem en Tanzanie quelques jours plus tard avec dix officiers de police tanzaniens, puis aux Seychelles avec les forces armées locales. Un exercice de lutte contre la piraterie a par ailleurs été organisé avec les forces seychelloises au terme du déploiement du Nivôse.

Mission Nestor retardée. Hésitations kenyane et tanzanienne

(BRUXELLES2) La mission européenne de renforcement des capacités maritimes (Eucap Nestor) se heurte toujours à un problème de taille. Plusieurs pays où doit se dérouler cette mission n’ont toujours pas envoyé de lettre d’invitation et donc confirmé leur volonté officielle d’accueillir une mission européenne de la PeSDC. Cette formalité est un préalable nécessaire et quasi-obligatoire pour pouvoir continuer la mise en oeuvre de cette mission qui doit cependant démarrer cet été. Selon nos informations, si Djibouti et les Seychelles ont bien envoyé une lettre d’invitation, le Kenya et la Tanzanie n’ont pas procédé à cette formalité.

Au Kenya, cette absence est due en bonne partie aux difficultés politiques du pays et aux réticences manifestées par quelques personnalités locales ; réticences qui se sont particulièrement exprimées pour l’accueil des pirates. Point à préciser : des élections générales (législatives et présidentielles) sont prévues en mars 2013, et trois des dirigeants actuels (le Premier ministre Odinga, le vice-Premier ministre Kenyatta, le vice-Président Musyoka) figurent parmi les principaux candidats à la magistrature suprême.

En Tanzanie, le contexte est aussi difficile. Le pays a toujours balancé entre une implication dans l’opération européenne – ainsi l’accord de transfert des pirates n’a toujours pas été signé – et son intégration dans une optique plus régionale, avec un « jeu » pour le moins trouble de l’Afrique du Sud, qui tient apparemment à préserver son arrière cour. Ceci semble se doubler également d’une volonté locale, semble-t-il, d’obtenir une contribution sonnante et trébuchante de la part importante de l’Union européenne, notamment en termes de matériel. Comme le résume, ironiquement, un diplomate européen, « pour venir les aider, il faut passer à la caisse. Le résultat sans doute d’une certaine pratique depuis des années des politiques de développement qui a développé ce type de réflexe du « chèque » ».

Lire également :

Jugement des pirates : les solutions de Londres

Conférence sur la Somalie à Londres le 23 février (crédit : Foreign Office)

(BRUXELLES2) En marge de la conférence de Londres sur la Somalie, aujourd’hui, plusieurs dispositions ont été prises permettant de renforcer la lutte anti-piraterie

Accords de transfert de suspects avec la Tanzanie

Ainsi le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague et son homologue tanzanien, Bernard Membe, ont signé un Memorandum of Understanding (MoU) permettant à la Royal Navy de transférer les pirates suspects pour être poursuivis en justice. Un tel accord est en négociation au niveau européen depuis plusieurs mois, sans résultat pour l’instant. Le Foreign Office a également signé une lettre d’intention avec le ministre de l’Ile Maurice, Arvin Boolell, avec l’intention de conclure un MoU d’ici juin. L’Union européenne a déjà signé un tel accord.

NB : On peut s’interroger sur la nécessité pour le Royaume-Uni de signer de tels accords parallèlement à l’Union européenne dont elle est membre. C’est assez simple et repose sur une particularité britannique. Bien que dirigeant l’opération anti-piraterie de l’UE (Eunavfor), les Britanniques ne mettent que rarement leurs navires à disposition de l’Union et préfèrent travailler soit avec l’Otan (Ocean Shield) soit au sein de la coalition anti-piraterie américaine (CTF 151). Ils ne peuvent alors bénéficier des accords signés par l’Union européenne qui ne bénéficie qu’aux pays participant à l’opération Eunavfor (qu’ils soient membres ou non d’ailleurs de l’Union européenne).

Transfert de condamnés au Somaliland et au Puntland

Le Somaliland a signé hier mercredi (22 février) un accord définitif pour accepter des prisonniers somaliens condamnés aux Seychelles. Le premier transfert de 19 personnes devrait avoir lieu d’ici fin mars, confirmant ainsi les précédentes informations de B2 (lire : Que faire des pirates arrêtés ? Où les juger ? Où les emprisonner ? Réponses …). Quant au Puntland, autre région autonome de Somalie, il s’est engagé à prendre en charge des prisonniers déjà condamnés d’ici le mois d’août.

Une task force pour « tracer » les rançons

Une task force internationale sur l’argent des rançons. Objectif : pouvoir tracer où va l’argent des rançons dans le monde, mieux comprendre le recyclage de cet argent, et le briser. William Hague a annoncé vouloir « travailler avec ses partenaires internationaux dans les semaines à venir pour mettre en place la structure et les modalités de (cette) Task force ».

Un centre régional de coordination du renseignement aux Seychelles

Un centre de coordination – dénommé RAPPICC comme Anti-Piracy Prosecutions Intelligence Co-ordination Centre – va être créé aux Seychelles avec pour première tâche de renforcer l’échange de renseignements sur la poursuite des pirates. Il coordonnera et analyser les renseignements disponibles pour permettre de renforcer les opérations anti-piraterie, non seulement en poursuivant les individus suspects de piraterie mais aussi ceux qui financent ce type d’opérations. Le Royaume-Uni financera la construction de ce centre à hauteur de 550.000 £ et en fournira le directeur. Les Pays-Bas comme Interpol ont déjà annoncé leur intention de soutenir ce centre.

Dernières nouvelles de la piraterie (7 novembre 2011)

(BRUXELLES2) Selon le dernier bilan d’Ecoterra, les pirates somaliens n’ont plus que 29 navires marchands auxquels il faut ajouter 18 plus petits bateaux et 508 otages. Bilan légèrement inférieur au QG anti-piraterie de l’Union européenne où on se veut plus optimiste, 9 navires marchands détenus par les pirates et (environ) 241 otages.

Les navires détenus par les pirates (source : Eunavfor)

Les zones de chalandise des pirates

Groupe pirates démantelé au large de la Tanzanie

La frégate allemande FGS Köln, qui opère dans le cadre de l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR, a déjoué vendredi (4 novembre) un groupe d’action pirates composé d’un baleinier et un skiff, à environ 50 miles nautiques au large de la côte de la Tanzanie. Ils avaient été repérés auparavant par un avion de patrouille maritime français. Les  suspects ont balancé tous leurs équipements par dessus bord et ont été arrêtés par les militaires. Ils ont été « transférés à bord FGS KOELN et les deux bateaux pirates coulés » précise le QG européen. Quant au sort des suspects, il n’est pas précisé officiellement. Mais on peut dire que c’est « business as usual », c’est-à-dire libération immédiate.

Le MV Blida libéré

L’équipage de 25 marins du MV Blida et leur navire sont libres. Après dix mois de détention, il a été libéré par les pirates somaliens, jeudi (3 novembre) en échange d’une rançon. Les médias somaliens parlent de 3,5 millions de $. Tandis que le gouvernement algérien dément tout versement. A bord il restait 17 Algériens, 6 Ukrainiens, 2 Philippins, 1 Jordanienne et 1 Indonésienne. Un Algérien et un Ukrainien avaient été libérés en octobre pour raison humanitaire. Le navire a été raccompagné vers le port de Mombasa, sous escorte.

13 pirates condamnés à la prison à Oman

La cour d’appel de Mascate a condamné, mardi (1er novembre), 10 pirates à la prison à vie, et trois autres à 3 ans de prison, dans deux affaires différentes. Les premiers avaient tenté de prendre un navire ancré dans la zone d’attente du port de Raysut. Les seconds avaient avaient capturé un bateau transportant du bois en provenance de Djibouti pour l’utiliser en bateau-mère. Les pirates avaient alors été capturés par les gardes-côtes d’Oman.

Deux attaques déjouées par la marine singapourienne

Le navire de Singapour qui participe à l’opération de la CTF 151, le RSS Endeavour, a déjoué deux attaques successives dans la mer d’Arabie au sud d’Oman, lundi (1er novembre). La première concernait le Mv WBW Broker vers 8 h du matin, le navire marchand ayant alerté le PC britannique UKMTO qu’il était pris en chasse par un skiff suspect armé par 7 personnes. Une échelle était visible à bord ne laissant aucun doute sur les intentions des poursuivants. L’envoi d’un hélicoptère du RSS Endeavour et les manoeuvres d’esquive du navire marchand permettent d’éviter une capture. Quelques heures plus tard, c’est autour d’un autre navire, le MV Elka Athina, qui navigue à proximité de sonner l’alerte. Il signale au RSS Endeavour par la radio de pont qu’il est lui aussi poursuivi, cette fois par un skiff de 5 personnes. L’hélicoptère repère alors le skiff suspect qu’il identifie comme ayant déjà été l’auteur de tentatives de piraterie. Les pirates renoncent à la poursuite et réintègrent le bateau mère. Le skiff d’attaque est alors détruit par l’hélicoptère du Endeavour, indique les forces de Singapour.

Les pirates abandonnent le skiff pour remonter dans le bateau mère (crédit : CMF/CTF151)

Capture du MT Liquid Velvet

Un tanker grec, battant pavillon des Iles Marshall, a été capturé par les pirates le 31 octobre au sud-est du détroit de Bab el Manded, entre Djibouti et Yemen (12 Nord : 45 Est). Avec 22 membres d’équipage (21 Philippins et 1 Grec), le navire de près de 12.000 tonnes de brut appartient au grec Elmira Tanker. Il avait à son bord un garde non armé, grec travaillant pour une société australienne de sécurité, selon le site gcaptain.

Une tentative d’attaque sur un thonier espagnol déjouée. 11 pirates arrêtés (Maj)

(crédit : Eunavfor / marine espagnole)

(BRUXELLES2) La saison de pêche … des pirates redémarre (si l’on peut dire!). La frégate espagnole « Canarias » qui fait partie de l’opération anti-piraterie de l’Union européenne (Eunavfor Atalanta) a déjoué une attaque pirates contre un thonier espagnol, le Draco, battant pavillon des Seychelles. 11 suspects ont été arrêtés.

L’incident s’est produit lundi après-midi alors que le Draco – un thonier de 80 mètres appartenant au groupe Mar de Hydra (Galice) – se trouve au large des côtes de Tanzanie (environ 200 milles). Les marins découvrent un skiff qui les poursuit à grande vitesse. était poursuivi par une équipe pirates composé d’au moins un baleinier et un skiff. Le centre d’exploitation et de suivi de l’action de la marine espagnole (COVAM) est prévenu. Les gardes privés à bord (des Israéliens) tirent d’abord plusieurs coups de semonce en l’air pour dissuader les pirates, puis dans l’eau pour les stopper, selon le quotidien de Galice Faro de Vigo. Le commandant du Canarias qui était à environ 100 milles de la scène dépêche son hélicoptère SH-60B pour assister le thonier et stopper les pirates, le temps que le Canarias se rapproche. Les militaires ont alors appréhendé les huit pirates qui étaient à bord du baleinier, mais pas d’armes ou du matériel de piraterie. Puis le skiff a été arraisonné avec 3 pirates à bord.

La frégate se dirige actuellement vers Mombasa pour une escale technique avec les 11 suspects à bord. « Nous attendons une décision des autorités seychelloises sur la plainte que doit déposer la compagnie de pêche », a précisé le ministère de la Défense espagnol.

(Maj – Mer 18h) Les autorités des Seychelles ont accepté de prendre en charge les 11 suspects qui seront déférés à la justice de l’archipel, précise un communiqué d’Eunavfor publié mercredi en fin d’après-midi. Le baleinier a été arrimé à l’arrière de la frégate espagnole tandis que le skiff a été détruit.