Équipements et nouvelle manière de travailler, l’UE soutient la modernisation de la police ukrainienne

(B2) Vingt postes de police ont été rénovés dans les régions de Kyiv, Lviv et Kharkiv afin de rendre les services de police plus disponibles et plus accessibles aux citoyens

(crédits: EUAM Ukraine)

Des équipements…

Ce programme — dit ‘SPRU’ (littéralement « Soutien à la réforme de la police en Ukraine ») a été lancé par la police ukrainienne avec le soutien de la mission de conseil de l’Union européenne (EUAM Ukraine). Divers équipements modernes — ordinateurs, imprimantes, mais aussi voitures etc. — ont ainsi été fournis, avec le soutien conjoint de la police suédoise, du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) et de l’Union européenne (EUAM Ukraine). Le montant total du projet s’élève à quelque six millions d’euros.

… et de la police de proximité

Inspirée du modèle de police scandinave, cette nouvelle approche ukrainienne s’accompagne du lancement de douze projets en matière de police de proximité, afin d’augmenter la confiance de la population dans leurs services de police. Il peut s’agir de soutenir la sécurité dans les écoles, de mettre en place des centres de police dans les zones rurales, ou d’assurer la prévention et la protection de fraudes pour les personnes âgées.

(MHA)


A Odessa, également

L’Union européenne a également fait don au poste de police de Podilsk, dans la région d’Odessa, de matériels et d’équipement : des ordinateurs, des tablettes, et des imprimantes thermiques portables. Montant : 21.500€. Deux autres dons sont prévus d’ici la fin du mois de mai 2019.


 

Les feux font rage en Suède. Le plan bleu déclenché. Des canadairs français arrivent (V2)

(B2) Deux avions Canadairs CL415 et un Beech 200 de la sécurité civile française arrivent ce jeudi (19 juillet) en Suède afin de renforcer les moyens locaux engagés contre les importants feux de forêts. La Suède manque de moyens anti-incendies. Stockholm a décidé de déclencher le « plan bleu »

(crédit : SVT)

Situation critique, appel à l’aide

Stockholm a décidé de déclencher le mécanisme européen de protection civile. Des hélicoptères norvégiens sont déjà sur place depuis dimanche soir : deux d’entre eux à Älvdalen et Dalarna, deux à Bollnäs et deux à Örebro, selon la télévision suédoise. Deux bombardiers d’eaux italiens sont arrivés mercredi en renfort. Et les moyens français — deux Canadairs et un avion de reconnaissance — vont être à pied d’œuvre aujourd’hui. Ils seront basés à l’aéroport d’Örebro. Un renfort particulièrement « précieux » par MSB, l’agence suédoise de sécurité civile. Ces avions (comme leurs homologues italiens) peuvent emporter 6000 litres d’eau à chaque rotation. NB : Soit largement plus qu’un hélicoptère qui n’emporte que 500 litres à chaque rotation.

Renforts terrestres de quatre pays et aide satellitaire

D’autres renforts sont venus d’Allemagne (5 hélicoptères) et de Lituanie (1 hélicoptère), du Danemark (12 véhicules et 55 personnels) de Pologne (44 véhicules et 139 pompiers). Par ailleurs le satellite de reconnaissance terrestre Copernicus a été mis aussi à contribution pour fournir des cartes d’évaluation des dégâts dans les zones touchées.

Situation critique

La situation est critique depuis plusieurs jours dans plusieurs parties du pays au Jämtland, au Hälsingland et au Dalarna, au nord et au centre de la Suède. Devant l’avancée des flammes, des villages ont dû être évacués. Environ 75 foyers étaient recensés au début de semaine. « C’est une situation grave et le risque de feu de forêt est extrêmement important dans tout le pays », constate Jakob Wernerman, directeur des opérations de l’agence suédoise de protection civile MSB.

Un manque de moyens

Les Suédois n’ont pas vraiment d’équipement aérien anti-incendie à l’image des pays du Sud qui font face plus régulièrement à ce genre de menaces. La polémique commence d’ailleurs à enfler en Suède sur cette faiblesse. Les sept hélicoptères de la marine de type Agusta Westland AW139 notamment ne peuvent pas être employés, car ils n’ont pas le crochet nécessaire pour embarquer des ballons d’eau, selon une enquête de SVT, la télévision suédoise.

La solidarité européenne dans tous les sens

Commentaire : Curieux retournement de situation, également. La Suède (comme quelques autres pays du nord de l’Europe, Pays-Bas, Allemagne…) ont parfois rechigné à débloquer les moyens (financiers et matériels) ou renforcer les moyens permanents de protection civile — surtout défendus par les pays du sud : Italie, Grèce, … — qui en ressentaient le besoin (Lire : Protection civile, comment l’Europe a perdu une bataille). Et, aujourd’hui, ce sont les pays du sud qui sont appelés à la rescousse. Il est vrai que Stockholm dans la crise migratoire n’a pas mégoté sur son assistance, engageant ses garde-côtes notamment au large de la Grèce (lire notamment : Un garde-côte suédois blessé lors d’une opération de Frontex).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire notre fiche sur le mécanisme européen de protection civile

Lire aussi : Protection civile. Le système actuel est dépassé. La Commission propose d’aller de l’avant

Mis à jour le 22.7 avec les données d’autres pays contributeurs

Syrie. Attaque chimique dans la Ghouta, ligne rouge franchie. Le Conseil de sécurité saisi. Réplique en vue (V2)

(B2) Après l’attaque chimique présumée, qui a fait des dizaines de morts à Douma, la dernière poche rebelle près de Damas samedi, c’est le branle bas au niveau international.

Une attaque au chlore

Les Casques Blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society (SAMS) ont affirmé dans un communiqué conjoint que 48 personnes avaient péri dans une attaque chimique aux « gaz toxiques » à Douma qui reste un des derniers fiefs des rebelles dans la Ghouta orientale (1). Ils ont également fait état de « plus de 500 cas, la plupart des femmes et des enfants », qui souffrent notamment de « difficultés respiratoires » et dégagent « une odeur semblable à celle du chlore ». Une information qui n’était pas dimanche (8 avril) confirmée encore de source indépendante, selon l’AFP. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un réseau de sources dans le pays, a indiqué ne pas être en mesure de confirmer une attaque chimique.

Des scènes effroyables

Une vidéo postée par les Casques blancs sur Twitter et présentée comme tournée après l’attaque chimique présumée montre un enchevêtrement de corps sans vie, dont ceux de femmes et d’enfants, allongés à même le sol, de la mousse blanche s’échappant de leur bouche.

Firas al-Doumi, un secouriste à Douma, a évoqué « des scènes effroyables ». « Il y avait de nombreuses personnes en train de suffoquer, certaines sont mortes immédiatement », a-t-il dit à l’AFP. « C’était un massacre. Il y avait une très forte odeur qui a entraîné des difficultés respiratoires chez les secouristes ». « Nous avons fait une tournée dans la ville, on a vu des corps encore abandonnés sur les routes », a affirmé un volontaire du Croissant rouge syrien. La sous-branche du Croissant-Rouge arabe syrien (SARC) à Douma a été « déclarée hors service le 7 avril en raison de la situation actuelle à Douma » annonce l’ONG dans un communiqué.

La saisine du Conseil de sécurité

Neuf pays — le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, la Pologne, les Pays-Bas, la Suède, le Koweït, le Pérou et la Côte d’Ivoire — sous l’impulsion de la France, ont demandé une réunion urgente lundi à 15h à New York (21h à Paris du Conseil de sécurité de l’ONU, selon des sources diplomatiques, « pour discuter des rapports d’attaques chimiques » en Syrie.

Soupçons et inquiétudes

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a fait part de son « extrême préoccupation », affirmant que la France « assumera toutes ses responsabilités au titre de la lutte contre la prolifération chimique ». Son homologue suédoise, Margot Wallström, s’est dite « horrifiée par les rapports d’attaques d’armes chimiques à Douma. Une enquête doit être lancée immédiatement. L’impunité n’est pas une option. La Suède exigera une action de la part des organismes internationaux appropriés, y compris le Conseil de sécurité des Nations Unies. »

La porte-parole de Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne, a estimé elle que « toutes les preuves [pointaient] vers une nouvelle attaque chimique perpétrée par le régime ». « Presque un an jour pour jour des terribles attaques à Khan Sheikhoun, il est très préoccupant que des armes chimiques continuent d’être utilisées, en particulier sur les civils », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

La Turquie, qui soutient les rebelles, a dit soupçonner « fortement » le régime. Le patron de l’ONU Antonio Guterres s’est dit « particulièrement alarmé » par le recours présumé au gaz.

Le prix fort

Du coté américain, le twitter en chef n’as pas tardé à indiquer la teneur de sa réaction. « De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque chimique insensée en Syrie », a indiqué le président américain Donald Trump, mettant l’accent sur le mot ‘chimique’. « Le président Poutine, la Russie et l’Iran sont responsables pour soutenir l’animal Assad ». Le mot ‘animal’ revient à plusieurs reprises. Ils devront en « payer le prix fort ».

« La zone [où les] atrocités [se sont commises] est bloquée et encerclée par l’armée syrienne, ce qui rend complètement inaccessible au monde extérieur. » Et d’attaquer bille en tête son prédécesseur : « Si le président Obama avait franchi sa ligne rouge dans le sable, le désastre syrien aurait pris fin depuis longtemps! L’animal Assad serait de l’histoire ! »

« Le Conseil de sécurité doit se réunir et demander un accès immédiat aux premiers intervenants, soutenir une enquête indépendante sur ce qui s’est passé et demander des comptes aux responsables de cet acte atroce », a demandé Nikki Haley, l’ambassadrice US auprès des Nations unies.

Démenti syrien soutenu par ses alliés

Le régime syrien a démenti toute attaque chimique dans l’ultime poche rebelle dans la Ghouta orientale, région stratégique aux portes de la capitale que ses forces cherchent à reprendre entièrement. La Russie a dénoncé des « prétextes inventés » pour une intervention militaire qui « serait absolument inacceptable et peut mener aux plus lourdes conséquences ». L’Iran a de son côté fustigé un nouveau « complot » contre le président Assad et un « prétexte pour une action militaire ». Le régime y a vu lui « une rengaine ennuyeuse » de la part des pays « qui soutiennent le terrorisme en Syrie ».

La réplique se prépare

Entre Français et Américains, une réplique militaire se prépare. Le Président français Emmanuel Macron a annoncé avoir eu dimanche (8 avril), une conversation téléphonique avec Donald Trump, et avoir ainsi « échangé leurs informations et leurs analyses confirmant l’utilisation d’armes chimiques ». « Ils ont donné instruction à leurs équipes d’approfondir les échanges dans les prochains jours » précise un communiqué de l’Élysée publié au petit matin de lundi (9 avril).

(Nicolas Gros-Verheyde, avec AFP)

(1) Déterminé à faire plier le dernier groupe rebelle, présent dans la Ghouta orientale, Jaich al-Islam retranché à Douma, le pouvoir de Bachar el-Assad a de nouveau bombardé intensément vendredi (6 avril) et samedi (7 avril) la ville tuant près d’une centaine de civils, selon l’OSDH. Le régime a, semble-t-il, obtenu ce qu’il voulait puisque selon l’agence officielle Sana, un accord pour évacuer dans les prochaines 48 heures les rebelles de Douma, a été conclu dimanche avec Jaich al-Islam. Alors que le groupe rebelle n’a pas réagi dans l’immédiat à cette annonce, le commandant du centre russe pour la réconciliation entre les parties, Iouri Evtouchenko, a confirmé l’accord, faisant état de l’arrêt des combats. Selon lui, « 100 autobus » sont arrivés sur place et « tout est prévu pour l’évacuation de 8.000 combattants et environ 40.000 membres de leurs familles ».

(2) Il y a un an, le président américain a fait bombarder une base du régime syrien en représailles à une attaque au gaz sarin, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun.

Mis à jour le 9.4 (6h) avec la déclaration franco-américaine et changement de forme

La Suède propose une trêve en Syrie. Un projet de résolution déposé au Conseil de sécurité

Olof Skoog au nom de la Suède doit présenter lundi un projet de résolution demandant une trêve en Syrie (crédit : RP Onu Suède)

(B2) Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies examinent un projet de résolution réclamant la mise en place d’un cessez-le-feu de trente jours en Syrie pour permettre la livraison urgente d’aide humanitaire.

« Toutes les parties au conflit syrien doivent immédiatement respecter une pause humanitaire et arrêter toute violence à travers la Syrie, pour une période de trente jours consécutifs« .

La fin immédiate des sièges

Ce texte, présenté par la Suède et le Koweït (qui assure en février la présidence du Conseil de sécurité), obtenu par l’AFP, exige que toutes les parties opérant en Syrie permettent les évacuations médicales dans les 48 heures suivant l’entrée en vigueur de la trêve humanitaire et que les convois d’aide de l’ONU soient autorisés à procéder à des livraisons hebdomadaires aux civils nécessiteux. Il appelle toutes les parties à « lever immédiatement les sièges des zones peuplées » et à « cesser de priver les civils de nourriture et de médicaments indispensables à leur survie« . Il exprime également « l’indignation face au niveau inacceptable de violence qui s’intensifie dans plusieurs parties du pays« , en particulier dans la Ghouta orientale et à Idleb

La position de Moscou reste inconnue

Les tractations sur le texte devraient débuter lundi et, selon des diplomates, il pourrait être rapidement soumis au vote des quinze membres du Conseil. Mais la Russie, alliée du régime du président Bachar al-Assad, a de manière répétée bloqué toute initiative du Conseil qui viserait Damas. Des diplomates ont indiqué vendredi soir (9 février) que la position de Moscou sur le nouveau projet de résolution n’était pas claire à ce stade, notamment pour savoir si la Russie compte faire usage de son droit de veto pour empêcher son adoption.

Une première tentative jeudi a échoué

Malgré l’ampleur des violences en Syrie, les quinze membres du Conseil de sécurité ne sont pas parvenus à s’entendre jeudi sur une trêve humanitaire réclamée par les agences de l’ONU pour permettre la livraison d’aides d’urgence. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, parmi les premiers représentants à avoir quitté la réunion du Conseil, avait affirmé qu’un cessez-le-feu humanitaire « n’était pas réaliste ».

Une situation dramatique en Syrie

Après un bref répit, les bombardements ont visé vendredi plusieurs localités de la vaste région de la Ghouta orientale, proche de Damas et dans laquelle sont assiégés depuis 2013 quelque 400.000 habitants dans des conditions humanitaires dramatiques, selon des correspondants de l’AFP. Médecins et secouristes sont débordés par l’afflux de victimes avec, chaque jour, des dizaines de morts et de blessés, dont des femmes et des enfants. La campagne de bombardements menée par les forces gouvernementales a tué plus de 240 civils en cinq jours (qui s’ajoutent aux plus de 340.000 morts qu’a fait le conflit en presque sept ans). Les représentants des différentes agences onusiennes basées à Damas avaient réclamé mardi « une cessation immédiate des hostilités pour au moins un mois, dans toute la Syrie ». Ils accusaient les autorités syriennes de bloquer depuis janvier tous les convois d’assistance humanitaire destinés aux zones assiégées.

(AFP sélectionné par NGV)


La Suède à la manœuvre

La Suède est un des cinq membres européens du Conseil de sécurité. Une situation relativement exceptionnelle. Outre les deux membres permanents (France, Royaume-Uni), on retrouve les Pays-Bas (en vertu d’une participation partagée avec l’Italie) et la Pologne (élue sur le contingent des pays de l’Est). Olof Skoog, le représentant à l’ONU, est bien connu dans l’Union européenne. Ancien ambassadeur au Comité politique et de sécurité de l’UE (durant la présidence suédoise de l’UE), il avait été le premier président permanent de cette structure entre 2010 et 2013 (lire : Un Suédois à la tête du COPS). C’est aussi un diplomate qui connait bien la question des armes chimiques au Moyen-Orient pour avoir été le conseiller politique de Hans Blix du temps des inspections internationales en Irak.

Il y a deux jours à peine, il avait condamné l’usage du droit de veto par les membres permanents du Conseil de sécurité.

« L’utilisation, ou plutôt l’usage abusif, du veto pour protéger des intérêts nationaux étroits contre la volonté de la grande majorité des membres diminue l’efficacité et la crédibilité du Conseil. Ce n’est que lorsque le Conseil de sécurité se réunit et travaille dans son ensemble que nous sommes capables de faire notre travail. » (Olof Skoog sur twitter)

(NGV)


Lire aussi :

 

 

(B2 Pro) Carnet (10.06.2016). Agenda du COPS. Côte d’Ivoire (Sanctions). Ban Ki Moon (Casques bleus). Coalition Daesh (Italie). Maintien de la paix (ONU). Suède (budget défense, coopération USA). Danemark (JSF F-35). Macédoine (OTAN). Haiti (MOE). Israël (attentat). UE-ACP. Canada (migration). Syrie (pourparlers). Afrique australe (accord SADDC). Cybercriminalité. Asile (audition). Au Parlement européen.

(B2) Parus récemment : Le Coreper, instance de tous les compromis EUCAP Libya, la mission de soutien à la police et justice libyenne, se prépare Et sur le blog : A Berbera, un centre de contrôle maritime s’ouvre © Confidentiels PESC /  PSDC © A l’agenda du COPS. Les ambassadeurs du COPS ont eu  jeudi […]

SecouristesAttentatsParis@CRF151113

Attentats de Paris. Plusieurs victimes européennes et d’autres pays (v8)

SecouristesAttentatsParis@CRF151113

Secouristes évacuant un blessé à Paris, le 13 novembre (Crédit : Croix-Rouge)

(B2) Les attentats de Paris vendredi 13 novembre au soir sont sans doute un des plus lourds au niveau européen. Il pourrait dépasser les 130 morts au final.

La plupart des hôpitaux de « grande garde » mobilisés

Le premier bilan complet dressé par les autorités françaises,  transmis par l’AFP, samedi en fin d’après midi, fait état de 129 morts, 352 blessés dont 99 en « urgence absolue » (1). La plupart sont évacués sur les hôpitaux de l’Assistance Publique / Hopitaux de Paris (AP-HP) essentiellement à la Pitié Salpétrière (13e), Saint-Antoine (12e), Lariboisière (10e), Henri Mondor (Créteil). D’autres (58 personnes) sont pris en charge par les hôpitaux militaires : Percy (Clamart) et Bégin (Vincennes). L’AP-HP précise dimanche (15 novembre, 17h) que parmi les 80 personnes en urgence absolue reçus dans ses établissements, 35 ont pu sortir de soins intensifs, 42 sont toujours en réanimation et 3 personnes sont décédées depuis leur admission. Un nouveau bilan établi lundi (16 novembre) précise qu’il ne reste plus que 29 personnes en réanimation lourde. Jeudi (19 novembre), un patient hospitalisé décède. Le bilan est revu à la hausse, à 130 morts.

Une vingtaine d’autres nationalités

On décompte 12 victimes européennes de 7 Etats membres, essentiellement au Bataclan lors du concert des Eagles of Death Metal. Le président de la république mentionne dans son discours au Congrès, lundi, qu’il y a « des dizaines d’étrangers, représentant 19 nationalités différentes ». Dont la moitié provenaient de l’Union européenne, selon nos informations. En prenant en compte les blessés, il y aurait d’autres nationalités concernées.

Trois Belges ont été tués selon le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders. Milko Jozic et sa compagne Elif Dogan, une jeune belge d’origine turque, tous deux originaires de Liège, vivaient à Paris depuis.

Un Britannique a été tué a confirmé le Foreign Office. Nick Alexander vendait des objets dans le Bataclan selon la BBC. D’autres Britanniques pourraient être blessés.

Deux Espagnols, Juan Alberto González, âgé de 29 ans, originaire de Madrid, décédé au Bataclan et Michelle Gil Jaimes (à la double nationalité mexicaine), 27 ans fauchée rue de Charonne.

Une Italienne, Valeria Solesin, doctorante en démographie à l’université Paris I Sorbonne. « Era giovane, brava, innocente Ricordiamo con la sua famiglia e con tutti i suoi amici » lui a rendu hommage le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni.

Deux Portugais : un homme de 63 ans, Manuel Dias, résidant à Paris, mort aux abords du Stade de France ; une jeune femme, Precilia Correia, née en France en 1980 avec la double nationalité, au Bataclan.

Deux Roumains sont décédés, a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Ils ont été abattus sur une terrasse rue de Charonne. Mort confirmée par les autorités françaises. Selon certaines informations de la presse roumaine, il s’agit d’un couple de Tulcea et Baia Mare, Chiprian Calciu (31 ans) et Lacramioara Pop (29 ans) qui laissent un petit enfant de 18 mois.

Une Suédoise, originaire de Västerås (dans le centre de la Suède), a été tuée, a confirmé Johan Tegel, un porte-parole du gouvernement samedi matin à la télévision publique. Elle avait une vingtaine d’années et étudiait à Paris. Une autre jeune Suédoise de 20 ans est blessée.

Parmi les autres nationalités, on note 14 autres victimes selon un bilan encore provisoire :

  • Une Arménienne, Lola Ouzounian, adolescente de 17 ans ;
  • deux Algériens (une femme de 40 ans et un homme de 29 ans, Kheireddin Sahbi) ;
  • un Burkinabais (Hyacinthe Koma, 37 ans) qui servait au bar Les Chics Types ;
  • un Egyptien (Salah Emad El-Gebaly, selon le Monde) ;
  • un Marocain (Amine Ibnolmobarak architecte de 29 ans) et sa femme blessée ;
  • une Sénégalaise, proche d’un conseiller spécial du chef de l’État Macky Sall (a confirmé celui-ci selon France 24) ;
  • deux Tunisiennes, qui vivaient dans la région du Creusot (Halima et Hodda Saadi, 37 et 35 ans) ;
  • une Américaine d’origine mexicaine (Nohemi Gonzalez), étudiante en art à l’université d’État de Long Beach, Californie. D’autres Américains seraient blessés ;
  • un Mexicain (Michelli Gil Jaimez) 27 ans, qui travaillait au café des Anges.
  • deux Chiliens (Luis Felipe Zchoche Valle + Patricia San Martin- réfugiée en France depuis le coup d’Etat de 1973 tuée en même temps que sa fille Elsa Delplace San Martin) ;
  • un Vénézuelien (Sven Alejandro Silva Perugini, 29 ans, qui avait élu domicile en Espagne, à Palma de Majorque).

Une liste des victimes, quasi-complète (120 personnes) a été publiée mercredi par Mediapart

Plusieurs Européens et étrangers figurent parmi les blessés

Trois Néerlandais sont blessés, dont deux gravement, et un plus légèrement, deux hommes et une femme, a confirmé le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koenders.

Une Suissesse a été blessée. Elle a été rapatriée en Suisse lundi matin, dans un avion sanitaire de la Rega.

D’autres Américains et Brésiliens figurent aussi parmi les blessés.

(NGV)

(1) On peut remarquer le taux de mortalité assez important — 1 décès sur 3 blessés — largement supérieur à ce qui a été observé dans les vagues d’attentats précédents (1986, 1995), souvent perpétrés sous la forme de bombes ou de véhicules piégés.

NB : Les ambassades et consulats étrangers à Paris sont mobilisés également pour identifier si certains ressortissants figurent parmi les victimes (tués ou blessés). Un numéro d’urgence a été mis en place par le Quai d’Orsay à destination de l’étranger. + 33 (0) 1 45 50 34 60 .

NUmeroAppelUrgenceQuaiOrsayAttentatsParis

Mis à jour sam 14.11 17h – dim 15.11 1h et 20h – lun 22h – mar 23h – mer 11h – jeu 11h

AteliersCitadelleLille2015 3@Ateliers

Est-il possible de réanimer l’Europe de la Défense ?

AteliersCitadelleLille2015 3@Ateliers(B2) Réunis à Lille autour des ateliers de la Citadelle, ce jeudi d’octobre, on pouvait avoir l’impression d’être au chevet d’un grand malade, se demandant que faire du gisant. L’optimisme qui prévalait il y a quelques années a cédé la place, même chez les plus fervents défenseurs européens, sinon à du scepticisme, au moins à une interrogation : comment relancer l’Europe de la défense ? Que peut-on faire ensemble ? Alors que de nombreux Etats sont aujourd’hui préoccupés tout d’abord d’assurer leur défense territoriale.

Un enfant abandonné ?

Nick Witney, l’ancien directeur de l’Agence européenne de défense a dans une parabole bien résumé la situation « La PSDC (politique de sécurité et de défense commune) est née de 2 parents. Mais très rapidement un des deux parents l’a abandonné. Pendant des années, la Marianne a alors élevé cet enfant en tant que mère célibataire. Puis Marianne en a un peu assez de cet enfant » a-t-il expliqué dans un humour tout en finesse et très british. « Le Mali, la Centrafrique étaient une occasion parfaite pour mobiliser un battlegroup européen. Vous (Français) avez décidé d’y aller tout seul. De fait, la PSDC est aujourd’hui orpheline. »

Avoir une Europe puissance

Michel Barnier a dressé un « bilan en demi teinte » des différents outils utilisés au plan européen. « Il n’y a pas assez de partage de fardeau, pas assez de solidarité (le budget dans les opérations est limité à 10%), les battlegroups ne fonctionnent pas ». En mutualisant les moyens européens, « cela permet d’avoir une puissance collective » selon l’ancien commissaire européen. « Ce mot n’est pas archaïque. La Chine, la Russie n’ont pas de complexe pour avoir cette capacité. Il faut avoir une capacité de puissance et d’influence plutôt que d’être marginalisé. » Pour lui, « les éléments de puissance sont : une économie, une monnaie, une politique étrangère et une défense ». Pour autant il ne s’agit pas de créer une structure unique. «  Mutualiser n’est pas fusionner. L’Union européenne n’est pas un Etat fédéral, comme l’Allemagne et les USA, il n’y a pas la même langue, c’est une Union de 28 nations qui ont, chacune, leur histoire, leur tradition, leur langue, leur différence. On veut une Europe unie pas une Europe uniforme. »

Revoir le code génétique de nos Etats membres

Joachim Bitterlich, ancien conseiller de Helmut Kohl, a joué le rôle du bulldozer. « Il faut réformer le code génétique de tous les Etats membres. Ce code génétique a changé avec la crise financière, économique ». Il estime que « le service diplomatique européen est nul part. Il faut revoir notre politique de développement, avoir une vraie politique de développement. » Bien sûr, reconnait-il le moment est difficile. Mais, « en politique, il n’y a jamais de bon moment ».

La politique de voisinage, un échec

Mais surtout, il insiste sur un point fondamental. « On doit revoir totalement notre politique de voisinage qui est un échec flagrant ». « Il y a un seul Etat qui fonctionne dans notre voisinage, le Maroc, mal considéré, il y a un défaut d’appréciation de la situation dans plusieurs Etats. Algérie, Tunisie… » « En Ukraine, nous sommes tous coresponsables – USA, Russie, UE, Otan – car nous avons fait une mauvaise évaluation de ce qui se passait en Ukraine. » Mais la Suède comme la Pologne ont, selon lui, « une part de responsabilité (particulière), dans la politique d’échec sur l’Ukraine. Heureusement que la France et l’Allemagne ont repris le dossier en main. »

Une menace pour un pays doit concerner toute l’Europe

« L’annexion de la Crimée et l’intervention en Ukraine est la plus grande menace pour la Suède » a noté l’ambassadrice de Suède en France, Veronika Wand-Danielson, bien connue dans les cercles bruxellois pour avoir été à la représentante auprès de l’UE avant de devenir la représentante suédois auprès de l’OTAN. « En refusant aux Ukrainiens le droit de choisir, cela remet en question les bases de la construction européenne, des principes. L’agression russe nous concerne tous. Et nous avons une responsabilité commune d’y faire face. Cela nécessite une solidarité continue, une continuité dans nos actions et une clarté dans nos paroles. » Elle estime que si même chacun n’a pas la même conscience de tous les menaces, il doit y avoir une solidarité. « S’il y a une menace, un sentiment d’urgence pour un pays, ce doit être une menace pour l’Europe. »

Attention à ne pas rompre la solidarité

De façon plus générale, l’ambassadrice a insisté sur les aspects « essentiels » de la construction européenne « l’unité et la solidarité, et que tous les pays participent à la décision. De plus en plus quand on sent que les décisions se prennent à 2 ou 3, plutôt à 2 d’ailleurs (1). Il n’y a plus le sentiment de participer à une décision. » Ceci « on peut le faire en cas de crise soudaine, mais quand la crise se prolonge, il faut au moins que les pays les plus concernés soient associés. Sinon il y a le risque qu’on se détourne de l’Union européenne. Pour nous il aurait été souhaitable d’inclure la Haute représentante dans le format de Normandie. » Elle s’inscrit en faux contre son voisin de débat, J. Bitterlich.

Une équation imparable : l’Europe va devoir se préoccuper de l’origine des crises

« Cela pourrait sembler à certains surréaliste, d’un angélisme sympathique. On peut se dire que l’Europe de la sécurité n’est pas pour demain. Je pense le contraire » a affirmé Nicole Gnesotto, présidente du Conseil d’administration de l’IHEDN et qui animait les débats de la Citadelle. « L’Europe est l’échelon pertinent en matière de défense et sécurité. Il y a de plus en plus de crises, moins d’Amérique, moins d’argent. Cela devrait entraîner plus de coordination en Europe. » Pour l’ancienne présidente de l’Institut d’études pour la sécurité en Europe, « l’équation est imparable. Les Chefs d’Etat et de gouvernement devront le faire de gré ou de force. Ce n’est pas seulement une préoccupation idéologique — d’avoir une Europe puissance — ou une approche technique et pragmatique de gestion des opérations — la gestion de crises —, c’est une question très politique, plus profonde qui préoccupe les citoyens. La question de l’origine des crises (Moyen-Orient, Afrique…) — et des moyens de la résoudre — doit revenir au premier plan.

Une armée européenne, il suffit de le décider

Pour le général Margall, commandant de l’Etat-Major du Corps de réaction rapide – France (CRR-FR), basé justement à Lille. « Nous savons travailler avec les Alliés, nous sommes habitués. Cette expérience a encore été accrue dans les opérations réelles, particulièrement en Afghanistan. Les militaires sont très ouverts aux questions internationales et habitués à travailler entre alliés, à assurer ce qu’on appelle l’interopérabilité. Nous ne sommes un obstacle mais un outil. » Autrement dit sir les politiques décident un jour de faire l’armée européenne « si on nous le demande on la fait demain ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) L’ambassadrice fait référence au format Normandie décidé entre la France et l’Allemagne

(crédit : marine italienne)

Passage de flambeau entre Italiens et Néerlandais dans l’Océan indien

(crédit : marine italienne)

(crédit : marine italienne)

(B2) Le contre-amiral italien Guido Rando a passé le drapeau, vendredi (13 février), de commandant de la force européenne anti-piraterie Atalanta sur zone, à son homologue suédois Jonas Haggren. Celui-ci servira à bord d’un navire amiral, qui ne sera pas de sa nationalité, le navire amphibie néerlandais Johan De Witt. Et pour l’instant il n’est pas question pour les Européens d’abandonner le terrain maritime (*). C’est « un témoignage de la détermination de l’Union européenne pour lutter contre la piraterie et assurer ainsi la sécurité du trafic international de marchandises sur la mer dans ce domaine important stratégique » a souligné le contre-amiral italien Paolo Pezzutti, le commandement de l’opération en second au QG d’opération à Northwood (Londres), qui assistait à la cérémonie à Djibouti. C’est la fin d’un long déploiement (6 mois) pour les Italiens de l’Andrea Doria qui a assuré la fonction de navire amiral durant les derniers mois. « Vous êtes l‘unité qui a eu le plus long séjour comme navire amiral lors de l’opération Atalanta » a tenu à féliciter le contre-amiral G. Rando

(NGV)

(*) L’opération soeur menée par l’OTAN (Ocean Shield) est, pour l’instant, au ralenti, comptant 1 navire, voire 0. Celle sous l’égide des Américains (CTF 151) est à évolution variable, au sein de la CMF (combined maritime force), selon les forces et pays disponibles. Elle est actuellement dirigée par les Japonais.

(crédit : EUFOR RCA)

Le nouveau pont de Bangui bientôt en place. Une coopération très européenne (maj)

(crédit : EUFOR RCA)

(crédit : EUFOR RCA)

(BRUXELLES2) C’est une histoire très européenne qui va marquer le prochain pont installé à Bangui pour relier 2e, 3e et 5e arrondissements de la capitale centrafricaine, divisés à présent par un canal. Un pont symbolique (*) comme l’avait été à Mostar aussi reconstruit par les Européens.

Derniers essais de montage au camp Ucatex

Les sapeurs du génie italien de l’opération européenne de maintien de la paix en RCA (EUFOR RCA) viennent d’achever, avec succès, les essais de montage du pont métallique modulaire, avec la supervision d’ingénieurs militaires… tchèques. Une des dernières étapes avant la mise en place définitive. Une structure d’essai de 30 mètres de longueur (comprenant les rampes d’accès) a été réalisée dans une zone dédiée de la base UCATEX, à Bangui. Le montage a été précédé par une formation théorique sur les procédures techniques d’assemblage. Six modules – pour un total de 1.000 éléments et un poids de 20 tonnes – ont été mis en œuvre pour reproduire la structure

Le pont « Agnès de Bohême »

Le pont est un don de la république Tchèque (il était à l’origine fabriqué en Pologne). Il figurait dans la liste des demandes faites par le commandement d’EUFOR RCA aux Etats membres. Et la décision a été approuvée au final par le gouvernement tchèque début décembre. Ce don « devrait contribuer à améliorer les conditions de vie des habitants de Bangui,  le pont original sur le canal, qui assure la circulation des personnes et le transport de marchandises entre les différents quartiers de la ville dans la capitale, ayant été détruit pendant le conflit », avait expliqué à l’époque le chef adjoint d’état-major de l’armée, le général Jiří Baloun. Le pont devrait recevoir le nom de « Agnès de Bohême ». Un nom choisi après un concours dans les écoles tchèques. Agnès de Bohême était la patronne des malades, les pauvres et des souffrants, poussé pour la paix sans guerres et la violence, miraculeusement protéger le pays avant la guerre tchèque. Un nom encore non confirmé sur place mais qui a été gravé sur une plaque d’acier, qui devrait être fixée après la construction de la structure du pont.

(crédit : MOD tchèque)

Le pont tel qu’il était sera une fois monté – à l’origine en république Tchèque en juillet 2013 (crédit : MOD tchèque)

Une histoire de lego très européenne

D’un poids de 45 tonnes et d’une longueur de 24 mètres, le pont a du être démantelé, avant d’être transporté, réparti en 1700 pièces, mis sur 141 palettes, avant d’être glissé dans un Antonov An-124 russe spécialement affrété à l’occasion par la Suède (qui a payé le transport au titre du contrat Salis de l’OTAN). L’avion est parti l’aéroport de Pardubice, après une escale à Madrid (Espagne) pour prendre différents matériels. Il est aujourd’hui mis en œuvre par le génie des troupes de montagne italiennes, avec l’assistance allemande et tchèques, notamment des ingénieurs du 153e Bataillon d’Olomouc, qui reconstituent patiemment le Lego. Tandis que le dispositif sécuritaire du chantier, dans la ville, sera assuré par le Bataillon Multinational de l’EUFOR et l’Unité de la Gendarmerie européenne. Des missions de reconnaissance technique vont être menées sur le site de construction pour établir toutes les mesures préalables à la pose du pont.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Ce pont est mis en place à titre provisoire, en attendant un pont qui sera reconstruit en dur (béton), le pont « Castor », financé par la Commission européenne.

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le dessin des écoliers tchèques illustrant le concours pour le pont (crédit : MOD Tchèque)

La chasse au sous-marin devient un sport européen

(BRUXELLES2) Plusieurs avions de patrouille maritime, dont un Atlantique 2 français, ont participé à une chasse d’un sous-marin étranger au large de la côte ouest de l’Écosse fin novembre / début décembre. Deux avions de l’US Navy P3 Orion, un CP-140 Aurora de la Force aérienne royale du Canada et un avion radar de reconnaissance britannique Raytheon Sentinel, ont également participé à la chasse, rapporte Aviation Weekopérant à partir de Lossiemouth, la base RAF dans le nord de l’Ecosse.

Un périscope suspect au large de l’Ecosse

L’incident a commencé quand un périscope a été aperçu dans les eaux britanniques là où d’autres sous-marins feraient normalement surface pour se diriger vers la base de la Royal Navy de Faslane des sous-marins de missiles balistiques. Si le ministère britannique de la Défense n’a pas voulu donner de détails, un porte-parole du ministère a confirmé à l’hebdomadaire spécialisé avoir « demandé l’assistance de forces alliées pour baser des avions de patrouille maritime de la RAF Lossiemouth pour une période limitée ».

Le précédent suédois

En octobre, un sous-marin avait également été repéré dans l’archipel de Stockholm, dans les eaux territoriales suédoises. Sans succès. Le sous-marin n’avait pas été retrouvé. Mais le ministère suédois avait confirmé « avec le plus haut degré de certitude, être en mesure de confirmer une violation des eaux territoriales suédoises » par un sous-marin dont « il n’a pas été possible d’établir la nationalité » (lire ici).

Une puissance étrangère… venue de l’Est ?

« Nous ne savons pas qui est derrière la . « Mais laissez-moi vous dire ceci, de façon claire et forte, à ceux qui sont responsables : c’est totalement inacceptable. Nous exigeons le respect des frontières de la Suède. (…) Nous ne tolérerons pas d’activités sous-marines étrangères dans nos eaux. Nous allons renforcer notre capacité à détecter et identifier toute personne engagée dans des activités illégales. »

(NGV)

Bildt et Sikorski à Varsovie en 2008 (crédit : MSZ - Min. Aff. étr polonais)

Carl et Radek. Deux voix de la diplomatie européenne prennent le large

Bildt et Sikorski à Varsovie en 2008 (crédit : MSZ - Min. Aff. étr polonais)

Bildt et Sikorski à Varsovie en 2008 (crédit : MSZ – Min. Aff. étr polonais)

(BRUXELLES2) Avec le départ de Carl Bildt et de Radoslaw Sikorski, le Suédois pour cause de défaite électorale de son parti, le Polonais pour cause de remaniement gouvernemental interne (suite au départ de Tusk vers Bruxelles), ce sont deux ministres « poids lourds » que perd l’Union européenne. Deux ministres au franc parler, aux positions bien « tranchées » en particulier sur les relations avec la Russie, mais aussi sur le proche voisinage, les Balkans, le futur de l’Europe. Deux personnalités avec qui on pouvait ne pas être d’accord, être même opposées, mais qui donnaient un sens à l’idée européenne.

Des positions tranchées notamment sur la Russie

Avec eux, on ne tergiversait pas vraiment. Et le monde était simple. La Russie était l’ennemi qu’il fallait sanctionner. Européens et Américains devraient présenter un front uni. L’Ukraine était un allié qu’il fallait arracher à un oppresseur russe (lire aussi : Bye bye Ianoukovitch !). Le « partenariat oriental » est un peu leur bébé. Ils n’ont pas ménagé leur peine, multipliant les initiatives communes, lettres, déplacements en Géorgie, en Moldavie ou en Ukraine, les deux se retrouvaient un peu partout à Bruxelles ou ailleurs. La Suède avait pris une position très en avant-garde sur la démocratie en Bélarus ; le parachutage d’ours porteurs de messages des droits de l’Homme avait semé plus que la brouille entre Stockholm et Minsk  (lire : Entre Belarus et Suédois, le torchon brûle). Le camp des « durs » face à la Russie perd ainsi deux de ses principaux avocats (sans oublier le départ du Britannique William Hague).

Des nuances cependant

Pour autant, l’un comme l’autre n’étaient pas avares non plus de nuances ou de complexités. On se souvient notamment de la forte critique adressée par Radek Sikorski – conversation privée volée dans un restaurant de Varsovie – à l’encontre du personnel politique polonais qu’il accusait d’être à la botte des Américains (lire sur le Club : La politique américaine de la Pologne : une connerie ! (Sikorski) ou du Royaume-Uni (un pays qu’il connait bien pour en avoir eu la nationalité), jugeant Londres trop peu encline à jouer le jeu européen. Son plus grand succès a sans conteste été de retisser les liens avec les partenaires européens, un peu abîmés après l’ère Kaszinsky, et même avec la Russie (c’était avant l’épisode ukrainien). La Pologne compte aujourd’hui sur la scène européenne, peut-être un peu plus que son simple poids économique et démocratique. Et c’est un peu à Sikorski (comme à Donald Tusk) qu’elle le doit. Carl Bildt avait aussi pris des positions tranchées sur certaines questions de droits de l’Homme, jugeant notamment les Européens trop mous sur le coup d’Etat en Egypte (lire : Egypte. Des Européens prudents. Bildt veut aller plus loin) et son propre avis sur la situation dans les Balkans hérité de son expérience d’envoyé spécial de l’UE puis de l’ONU dans la région. Il au aussi défendu une certaine idée de l’Europe de la défense, même si la Suède s’est engagée plutôt timidement ces derniers temps sur les missions européennes (Mali et RCA). Bref avec eux on ne s’ennuyait pas…

Porter la voix de l’Europe dans le monde

Les deux avaient surtout comme ambition de porter, un peu plus loin, la « voix » de l’Europe dans le monde. Ils avaient ainsi lancé une initiative avec leurs collègues espagnol et italien pour avoir une analyse commune de la politique mondiale européenne (lire : Quatre pays pour une Europe plus forte dans le monde).

Une certaine ambition européenne

Ces deux personnalités ont naturellement ambitionné, de prendre des responsabilités plus importantes au plan européen ou de l’OTAN. Leur nom a été cité, l’un pour prendre le poste de secrétaire général de l’OTAN (à la place de Rasmussen), les deux pour prendre le poste de Haut représentant, à des moments différents (Bildt surtout il y a 5 ans, Sirkoski plus récemment). Mais ils n’ont pas obtenu ces postes. Quelle soit leur opinion qu’on pouvait, partager ou non, leur départ constitue une certaine perte pour l’Europe.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Sikorski devrait prendre le poste de leader de la majorité de la Plate forme civique à la Diète – le Parlement national. Quant à Carl Bildt, je gage qu’on le reverra à un moment donné sur la scène publique.