Des bourses à portée de main pour les jeunes chercheurs

(B2) Obtenir un financement pour sa recherche à finalité stratégique, c’est aujourd’hui possible. Un certain nombre de financements ont été mis en place par le ministère (français) de la Défense. Comment bénéficier d’une bourse et à quelles conditions ?… B2 vous dit (presque) tout.

Le Livre blanc de 2013 avait indiqué la nécessité de renforcer la « réflexion prospective » (1). La création d’un Pacte d’enseignement supérieur doté de 2,5 millions d’euros par an à destination du monde universitaire et financé par la DGRIS (la Direction générale des relations internationales et de la stratégie — ex DAS) est venue concrétiser cet objectif autour de deux maîtres mots : « Connaître » et « Anticiper ». Destiné à jeter un pont entre le monde de la défense et le monde universitaire, ce pacte entend faciliter le développement et la régénération du vivier de chercheurs français sur les problématiques liées à la défense et à la sécurité.

Le programme « ambassadeur » : prochaine campagne début 2018 

1° Que permet-il de financer ? Un séjour de 12 mois à l’étranger (hors zones jugées à risque par le ministère de la défense).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux post-doctorants.

  • français ou ressortissants d’un pays membre de l’Union Européenne, ayant soutenu avec succès sa thèse dans une université française (avec ou sans cotutelle, française ou étrangère) ou dans une université étrangère avec une cotutelle française, au cours des cinq dernières années au plus tard ;
  • engagés sur un projet de recherche portant sur des enjeux de sécurité et défense quelle que soit la discipline universitaire (géographie, économie, sciences politiques, droit, etc.).

3° Quelles sont les modalités de mise en œuvre ? Le candidat (rattaché à un laboratoire universitaire français) propose un projet de recherche argumenté et justifié par l’intérêt scientifique (faisabilité auprès du laboratoire français) et un centre de recherche d’accueil à l’étranger qui valide le projet. Le laboratoire universitaire français reçoit une allocation pour salarier le post-doc pendant 12 mois pour une rémunération nette mensuelle minimum de 2300 €.

4° Combien d’allocations sont financées ? Deux au maximum par an.

Le programme « innovation » : prochaine campagne ouverte en mars 2018

1° Que permet-il de financer ? Une thèse de trois ans portant sur des enjeux de sécurité et de défense, quelle que soit la discipline universitaire en sciences humaines et sociales (géographie, économie, sciences politiques, droit etc …) et comportant une prise de risque scientifique, soit sur le plan méthodologique (usage ou expérimentation de méthodes scientifiques innovantes, issues de différentes sciences humaines et sociales, voire empruntées à des sciences dites dures), soit sur le plan thématique (thématique de réflexion inédite dans le champs disciplinaire concerné, originalité du prisme scientifique choisi, renouvellement de la réflexion scientifique dans le domaine considéré).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux doctorants français ou ressortissants d’un pays membre de l’Union européenne inscrit dans une université française (avec ou sans cotutelle, française ou étrangère) ou dans une université étrangère avec une cotutelle française. Seront privilégiés les étudiants en 1e année de thèse.

3° Quelles sont les modalités de mise en œuvre ? Le laboratoire universitaire français reçoit une allocation pour salarier le doctorant pendant 3 ans pour une rémunération nette mensuelle minimum de 1550 €.

4° Combien de bourses sont financées ? Trois au maximum par an.

Le programme « thématique » : prochaine campagne ouverte en mars 2018

1° Que permet-il de financer ? Une thèse de trois ans portant sur des enjeux de sécurité et de défense, quelle que soit la discipline universitaire (géographie, économie, sciences politiques, droit etc.), relevant de l’une des thématiques spécifiques, appelées à changer chaque année (2).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux doctorants français ou ressortissants d’un pays membre de l’Union européenne inscrits dans une université française (avec ou sans cotutelle, française ou étrangère) ou dans une université étrangère avec une cotutelle française. Seront privilégiés les étudiants en 1e année de thèse.

3° Quelles sont les modalités de mise en oeuvre ? Le laboratoire universitaire français reçoit une allocation pour salarier le doctorant pendant 3 ans pour une rémunération nette mensuelle minimum de 1550 €.

4° Combien de bourses sont financés ? Six au maximum par an.

Le programme « Aide à la mobilité »

1° Que permet-il de financer ? Le transport aérien ou ferroviaire pour présenter des communications à des colloques ou des séminaires nationaux ou internationaux (hors frais annexes : taxi, bus, métro…).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux jeunes chercheurs en sciences humaines rattachés à l’IRSEM.

3° Quels sont les domaines d’études ciblés ? Nouveaux conflits, pensée stratégique et nouveaux concepts, armement et prolifération, sécurité européenne et transatlantique, sécurités régionales comparées, défense et société, enjeux juridiques de le défense, histoire de la défense et de l’armement.

4° Quelles sont les modalités ? Déposer son dossier complet au moins deux mois avant le départ.

(Elena Barba)

Renseignements supplémentaires : retrouver toutes les informations utiles et dossiers de candidatures sur les sites de la DGRIS ou de l’IRSEM


La mise en place d’un label « Centre d’excellence » 

Le ministère a décidé de sélectionner quelques établissements d’enseignement supérieur français et regroupements d’établissements, sur différents critères (excellence et innovation scientifique, impact et rayonnement des travaux, interdisciplinarité, insertion professionnelle). L’objectif est de soutenir des centres de recherche universitaires de pointe sur les questions de stratégie et de défense afin qu’ils soient reconnus et deviennent des références au niveau international.

Ces centres sont sélectionnés en deux phases. Premièrement, une phase de pré-sélection (qui a commencé en 2017) permettant de faire monter en puissance les centres académiques dans le domaine des études stratégiques en embauchant des jeunes chercheurs. Deuxièmement, la labellisation via un budget de 300.000 euros par an d’une durée de cinq ans renouvelable et permettant la création de nouveaux postes d’enseignants-chercheurs et la constitution d’une équipe de recherche de haut niveau.


(1) Le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN) avait mis en évidence des faiblesses — « la recherche stratégique française souffre d’une masse critique insuffisante » – et préconisé une « démarche prospective de l’État [appuyée] sur une réflexion stratégique indépendante, pluridisciplinaire, originale intégrant la recherche universitaire ».

(2) A titre d’exemple, pour l’année universitaire 2015-2016 avaient été retenus les thèmes suivants : Russie, Afrique du Nord – Proche et Moyen Orient, Arctique, Afrique subsaharienne et australe, Asie centrale, Asie du Sud-Est, BITD Russie, Chine, Inde, Cyber-défense, Dissuasion nucléaire, Défense anti-missile, Marché international de l’armement, Démographie, Crises sanitaires mondiales, Questions religieuses, Prospective internationale de défense, Agrégats économiques de la BITD, Politiques de défense.

Un fan de Bob Dylan (crédit : Jens Stoltenberg / twitter)

Opérations extérieures. L’Alliance infléchit sa stratégie ?

Un fan de Bob Dylan (crédit : Jens Stoltenberg / twitter)

Un fan de Bob Dylan (crédit : Jens Stoltenberg / twitter)

(BRUXELLES2) Lors de son sommet de Varsovie début juillet, l’Alliance Atlantique devrait renforcer sa défense territoriale sur le flanc Est. C’est l’élément le plus visible et le plus sensible aujourd’hui car il s’inscrit dans un contexte de tension renouvelé avec la Russie – avec force déclarations, mouvements de troupes et exercices de part et d’autre (cf. le méga exercice Anaconda en Pologne ces jours-ci). Mais ce qui est moins visible est l’inflexion notable qui semble s’engager sur les opérations extérieures de l’Alliance. Ce que Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, appelle la « projection de stabilité »,  n’est pas seulement un slogan de communication. C’est un certain changement de paradigme.

Plutôt former que déployer

L’Alliance préfère désormais s’en reposer à la formation des forces locales aptes à assurer leur propre sécurité que déployer des forces militaires occidentales en nombre, que ce soit en Afghanistan — avec sa mission de formation et de conseil « Resolute Support » — ou en Irak. Et il ne devrait pas en être autrement en Libye (si le gouvernement libyen adresse une invitation formelle à l’Alliance) (1). L’ancien Premier ministre norvégien qui dirige désormais l’Alliance, imprime ainsi sa marque, moins tapageuse que son prédécesseur, A.F. Rasmussen, mais non moins déterminé : plutôt former que déployer.

Un certain aveu d’échec ?

Cette inflexion traduit aussi un certain aveu d’échec de l’opération de l’ISAF. L’Alliance et les forces américaines n’ont pas réussi vraiment à stabiliser le pays, notamment dans le sud, proche de la frontière avec le Pakistan (Helmand). L’engagement de plus de 100.000 hommes durant plusieurs années n’a pas prouvé ses effets. Placés dans des camps bunkerisés, l’intérêt au plan militaire s’est souvent limité au court terme. Quant à l’intérêt politique, il n’est pas prouvé. Penser à faire basculer une population, dans le camp de la stabilité, si celle-ci n’est pas assurée de voir les forces étrangères rester (et gagner), est illusoire.

L’Alliance en rôle de soutien aux coalitions

Le déploiement des forces combattantes n’est pas pour autant abandonné. Mais il s’effectue plutôt en « coalition » formelle (en Irak contre Daesh/ISIL) ou très informelle (en Libye), l’OTAN ayant éventuellement un rôle de soutien — avec le déploiement d’avions Awacs — mais plus un rôle de premier plan, comme dans les Balkans ou en Afghanistan.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Contrairement à certaines analyses qui voient dans une déclaration ou un mouvement de forces spéciales le prélude à une intervention quelconque. Lire aussi : Une intervention en Libye se prépare.. Mais laquelle ?

FlyerRIHEDN2016 Affiche

Les rencontres de l’IHEDN c’est le 2 avril… Allez-y ! inscrivez-vous…

FlyerRIHEDN2016 Affiche(B2) Tout chaud ! Voici le programme des Rencontres de l’IHEDN, l’institut des Hautes études de la défense nationale, qui aura lieu dans un mois, samedi 2 avril.

Le sous-titre de ces rencontres « La défense comme vous ne l’avez jamais abordée » n’est pas usurpé. Avec une quinzaine de tables rondes, des invités de premier plan, des débats très ouverts, les Rencontres sont, en passe, de devenir un des grands rendez-vous de l’année pour tous ceux qui s’intéressent aux questions stratégiques.

Les noms des amphithéâtres du ‘campus’ de l’Ecole militaire — où sont rassemblés les différentes structures de formation militaire de haut niveau (école de guerre, Irsem, Ihedn…) — ont été renommés pour l’occasion : Terminator, Minotaure, Valmy2, Gladiator, d’Artagnan, Conseil de guerre…

Du ‘Silex au Cyber‘ à Edward Snodwden ‘Traitre ou Héros ?‘, en passant par les ‘Guerres secrètes et forces spéciales‘,  ‘Tango à Bruxelles : où va l ‘Europe de la Défense« , « Onu, O Désespoir ! Qui a peur des casques bleus ? » ou « Daech : tous contre un ? » etc., les ateliers et débats qui se dérouleront samedi (2 avril) prochain à l’Ecole militaire à Paris promettent, en effet, d’être animés (détails ci-dessous).

B2 y sera — devinez à quel atelier… ? — avec une bonne partie de l’équipe pour couvrir cet évènement. Ce sera l’occasion de nous rencontrer, d’échanger.

En attendant, n’oubliez pas de vous inscrire directement sur le site de l’IHEDN ici

Télécharger le programme

Rencontres IHEDN 2016 prog 1

Rencontres IHEDN 2016 prog 2

PontRigaPoliciers 20150108

La stratégie de sécurité vient d’être rénovée. Reste à l’appliquer…

PontRigaPoliciers 20150108

Policiers en faction devant le centre de conférences de Riga (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) En décembre dernier, l’Union européenne avait adopté une « stratégie de sécurité intérieure » rénovée. Il s’agissait de rajouter certains éléments à un document adopté début 2010, qui tient lieu de « doctrine » pour tous les pays européens en matière de sécurité intérieure et complète un autre document, plus général sur la stratégie de sécurité (extérieure). Ce texte décrit ainsi par le menu les principales menaces, et notamment celle du terrorisme. Il trace également la priorité principale (les combattants étrangers) notamment et les actions possibles.

Le terrorisme, la radicalisation, le recrutement de terroristes et le financement lié au terrorisme: le terrorisme sous toutes ses formes demeure une menace importante et en constante évolution pour la sécurité intérieure de l’UE.

Les combattants étrangers, un point sensible

Une des principales nouveautés consiste à porter l’attention sur la question des « combattants étrangers ».

Il convient notamment d’accorder une attention particulière à la question des combattants étrangers, de leur retour dans leur pays d’origine et des acteurs solitaires, qui constituent une menace très grave, directe et sans précédent pour la sécurité de l’UE, ainsi qu’à la mise au jour des différents canaux de financement du terrorisme.

Pays tiers, radicalisation et Internet

Trois priorités sont fixées : la coopération avec les pays tiers, la prévention de la radicalisation et une surveillance d’internet et des médias sociaux. Trois sujets qui seront abordés

Cela passera par (1) une coopération approfondie avec les pays tiers et des partenaires stratégiques tels qu’Interpol, (2) un intérêt renouvelé porté à la prévention de la radicalisation conduisant à l’extrémisme violent et à la lutte contre ce phénomène, y compris par des mesures visant à dissuader toute personne de participer à des actes terroristes, et (3) une collaboration visant à limiter l’accès à des contenus en ligne qui promeuvent la radicalisation conduisant au terrorisme et leur impact. (les chiffres ont été rajoutés par souci pédagogique)

C’est autour de ce canevas – mais aussi d’autres aspects – que devrait s’orienter la réflexion européenne, lors des prochaines réunions européennes, à commencer par celle des ministres des Affaires étrangères (le 19 janvier à Bruxelles) et celle des ministres de l’Intérieur (réunies de façon très informelle à Paris à l’initiative du ministre français, Bernard Cazeneuve, dimanche (11 janvier).

(NGV)

BattlegroupLitVisitOfficiel@Lit130517

Envoyer ces « foutus » battlegroups en Centrafrique, vous n’y pensez pas !

BattlegroupLitVisitOfficiel@Lit130517

visite officielle avant l’astreinte du battlegroup lors d’une journée VIP (Crédit : ministère lituanien de la Défense, mai 2013)

(BRUXELLES2) Les battlegroups n’ont, pour l’instant, jamais été déployés. Et certains à l’image de la ministre néerlandaise de la Défense, Jeanine Hennis-Plasschaert ont peut-être raison de souligner qu’il faut « use or lose » selon la formule anglaise beaucoup plus percutante que sa traduction française (utiliser ou perdre). Faut-il utiliser juste pour le plaisir de leur trouver une utilité ? Non bien entendu. Mais le problème n’est pas là, aujourd’hui. Aucun pays ne semble vraiment disposer aujourd’hui à envoyer ces « fichus » battlegroups quelque part. C’est la réalité même si personne ne l’avoue.

Surtout ne pas bouger…

La raison peut être politique, économique ou idéologique. Mais peu importe la motivation, le résultat est identique. Le battlegroup de permanence ce semestre est composé autour des Baltes, Néerlandais et Britanniques. Autant dire que l’on peut avec quasi-certitude prédire qu’il restera tranquillement dans les casernes… ou dans les champs de blés à faire des exercices. Le battlegroup suivant (1er semestre 2014) sera centré autour des Grecs, Chypriotes et Roumains. Là ce n’est pas une question de motivation qui va les empêcher de partir mais plutôt de moyens financiers.

Toute décision d’envoyer un battlegroup se prend à l’unanimité. C’est bien là, une partie du problème. Mais ce sont les pays d’astreinte qui en supportent quasiment tous les coups et tous les coûts ! C’est le principe de solidarité inversé. Différents efforts ont été faits pour augmenter la part des coûts communs. Ils se sont réduits, pour l’instant, à une acceptation minimale pour les coûts de transport en 2014. Mais rien de plus.

Un cas d’école

Or, la situation dans quelques pays pourrait requérir une intervention rapide, limitée et temporaire. Le cas du Centrafrique est, en la matière, exemplaire. On est quasiment dans un cas d’école qui justifie, et même nécessite, l’intervention d’un battlegroup : une intervention dans un rayon de 6000 km de Bruxelles, pour une durée comprise entre un et trois mois, pour faire face à une situation de crise, avec une force de 1500 hommes environ (ce qu’on appelle en France un GT1500 – groupement tactique interarmes).

Même toutes les autres conditions, non écrites, semblent remplies:

  1. Il existe un consensus international – et même africain – pour une intervention de maintien de la paix, avec un mandat des Nations-Unies.
  2. La mise en place de la force africaine prend du temps et il est nécessaire d’avoir une force intérimaire – un peu comme avec Eufor Tchad en 2008.
  3. Le pays n’est pas trop grand (ce n’est pas le Congo), la population n’est pas très importante (4,5 millions d’habitants), bref, c’est à la portée d’un effort européen.
  4. L’insécurité sur place est grande, le risque d’un dérapage toujours présent, et la nécessité d’assurer une stabilisation dans les différents centres du pays nécessaires. Pour autant on n’a pas affaire à un terrain aussi difficile et des forces adverses qu’en Afghanistan ou en Somalie.
  5. La force d’un Etat membre est prête à venir renforcer l’opération européenne (si nécessaire). Nb : la France en l’occurrence qui a déjà plusieurs centaines sur place qui contrôlent l’aéroport de Bangui.
  6. La stratégie de sortie est prête. Puisque la force africaine dispose déjà d’un mandat onusien et est en cours de constitution.

Malgré tout, il n’y aura sans doute pas d’intervention européenne. Car personne n’y est disposé ou est bloqué par des dispositions internes… Certaines discussions menées aujourd’hui au niveau européen sur la nécessité, ou non, d’assouplir les conditions de l’emploi des battlegroups ou de permettre une utilisation modulaire semble bien inutile si, même quand les conditions sont remplies, personne ne songe à les utiliser !

Lire aussi :

La présidence chypriote veut pousser la réflexion sur la défense européenne. Son agenda

(BRUXELLES2 à Nicosie) Bien que « petit » pays, Chypre participe à la plupart des missions de l’Union européenne. Et durant sa présidence, il entend pousser la politique européenne de défense et sécurité commune (PeSDC). Une série de conférences et séminaires vont ainsi rythmer les prochains mois.

Pousser la réflexion sur la Défense européennes, stratégie et capacités

Les chypriotes veulent mettre autant le focus sur la politique de défense comme sur les capacités. Un séminaire est ainsi organisé le 30 octobre à Bruxelles intitulé « sur la route avec la PSDC. Planification et conduite (des opérations), capacités, stratégie ».

Deux autres séminaires seront centrés plus spécifiquement sur les capacités. L’un à Bruxelles, le 19 septembre, en coopération avec l’agence européenne de défense et l’Institut d’Egmont autour de la coopération « innovante » en matière de défense « Pooling and consolidating demand ». L’autre à Paphos, les 18 et 19 octobre, sur la manière d’améliorer le processus du développement des capacités militaires. Un atelier de travail de la Headline task force se tiendra à ce moment là également.

Deux séminaires sur la sécurité maritime sont organisés : l’un à Paris le 6 septembre, l’autre à Larnaca (l’un des principaux ports de l’ile) les 8 et 9 novembre.

Des olympiades

Point original, Chypre a entamé des « olympiades » de la PeSDC. Réunissant les « cadets » des différentes armées européennes, il commence d’abord par une série d’apprentissage à distance, par internet. A la fin de cette formation, les étudiants devront plancher sur une étude en lien avec les sujets de la PSDC. Et le tout se clôturera à Paphos, les 4 et 5 octobre, au bord de la mer (un très bel endroit, je recommande 🙂 ), avec la présentation des essais par les étudiants et la remise des prix pour les meilleurs d’entre eux par l’UE et le ministère chypriote de la Défense. Les essais seront ensuite réunis sous forme d’ouvrage.

Battlegroups et comité Athena

Les réunions plus classiques se dérouleront également. Après la réunion informelle des directeurs de la défense (à Nicosie qui vient de s’achever les 4 et 5 juillet), ce sera au tour des experts (financiers) du comité Athena de se réunir à Larnaca les 20 et 21 septembre. Les membres du comité militaire de l’UE sont, eux, attendus, les 11 et 12 octobre, à Larnaca. Tandis que la conférence de coordination des battlegroups aura lieu le 19 septembre… à Bruxelles et les directeurs du renseignement seront en « conclave » le 13 novembre, également à Bruxelles !

Lire aussi :

Coran brûlé, crime de guerre… l’armée US plombe la mission de l’ISAF (Maj)

(crédit : US Army)

(BRUXELLES2) Il y avait eu l’affaire du Coran brûlé, un fait « non intentionnel ». Il y a aujourd’hui la tragédie de la mort de plusieurs civils (femmes, enfants compris *) tués par un soldat américain en mission dans la province de Kandahar. Ce qui ressemble d’un coté à une petite erreur de subalternes (c’est ce qu’on laisse à penser) et à un « pétage de plombs » d’un soldat en mission peut aussi conduire à s’interroger sur le bien-fondé aujourd’hui de la présence en Afghanistan.

Il y a comme un problème… si des soldats de la coalition en arrivent à commettre ce que l’on peut considérer comme un crime de guerre et une infraction aux conventions de Genève. On ne peut aussi qu’être sidéré devant une certaine légèreté du commandement américain et de l’OTAN qui, certes, se confondent en excuses mais … c’est tout. Or cette mission internationale est en Afghanistan depuis 10 ans pour stabiliser le pays, ramener l’Etat de droit et faire respecter certaines valeurs, humanistes. Nous sommes là à l’inverse de tous ces principes.

Incorrigible légèreté

On peut ainsi s’interroger sur une certaine légèreté avec lequel l’incident du Coran a été pris coté américain et OTAN. Le coté « non intentionnel » est tout aussi révélateur que s’il avait été intentionnel. Comment, au bout de dix ans d’engagement, des soldats US n’ont pas été clairement informés qu’il y a certains symboles qu’on ne touche pas ? Ils le savent pour le drapeau de la nation qu’ils révèrent (à juste titre), pourquoi pas les autres symboles des pays où ils se trouvent ? On confine là à l’imbécilité profonde (il n’y a pas d’autre mot !), à un sentiment de supériorité suranné mais aussi et surtout à l’absence de rigueur et de discipline.

Cela laisse planer plus qu’un doute à la fois sur les consignes données aux soldats, la chaîne de commandement et l’état d’esprit qui règne dans les bases Us en Afghanistan. Quant à l’acte criminel du soldat, il a été pris au sérieux à Washington. « « I was shocked and saddened to hear of the shooting incident today in Kandahar Province. I offer my profound regret and deepest condolences to the victims and their families. I pledge to all the noble people of Afghanistan my commitment to a rapid and thorough investigation. » précise ainsi rapidement le général Allen, commandant l’ISAF (l’opération de l’Otan en Afghanistan). « Nous allons mener une enquête minutieuse, cette personne devra rendre des comptes », détaille-t-il sur CNN. Mais il ne peut s’empêcher d’ajouter. « Et nous passerons à autre chose. Notre relation (avec les Afghans) est trop profonde, dure depuis trop longtemps, nous avons tous déjà trop sacrifié pour permettre que ce seul incident la mette à bas »…

Un peu juste à mon goût. On peut effectivement toujours se retrancher sur des cas « isolés ». Mais justement, ce qui vient de se produire à deux reprises laisse penser qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Mais d’un problème récurrent. En cela, ces évènements s’apparentent ne sont pas juste un « petit » fait divers mais ont une résonance plus importante.

Une erreur stratégique

On ne change rien ?

Lors de son point mensuel, le secrétaire général de l’OTAN, A.F. Rasmussen avait affirmé « ne pas vouloir changer la stratégie » de l’Alliance dans le pays… Au train où vont les choses, si les Alliés ne changent pas de comportement, de tactique, l’infaillibilité de la stratégie risque de se réduire comme peau de chagrin, et les retraits anticipés s’accélérer. Il va devenir intolérable dans certains pays, qui ont toujours affirmé que l’Afghanistan était une « mission de paix » de continuer d’afficher cette fiction ; il va être difficile dans d’autres, soumis à un contrôle parlementaire, de ne pas conduire à une interrogation profonde : Que fait-on en Afghanistan ? Quel objectif, quels moyens, quelle sortie ?

Un allié qui en fait à sa guise

Par leurs actes, les militaires US plombent la mission de l’ISAF. Mais ce n’est pas un fait nouveau. On retombe ici, dans une des ornières de cette opération afghane qui voit un des alliés en faire à sa guise, sans concertation aucune avec ni ses alliés ni avec les Nations-Unies, notamment en menant des raids aériens (drones) à sa guise que ce soit en Afghanistan ou au Pakistan (Etat voisin, qui n’est normalement pas concerné par l’opération de l’ISAF). Il y a là un manque de coopération flagrant, contradictoire avec l’exigence de solidarité réclamée à tous les alliés de l’OTAN et rappelée régulièrement par les Américains, notamment pour les enjoindre de « partager le fardeau » et de maintenir leur engagement.

Le calcul des faucons

Certes, certains « faucons » peuvent escompter une radicalisation supplémentaire de la société afghane, une multiplication des attentats terroristes permettant de justifier un maintien des troupes au-delà des termes indiqués. Je ne crois pas à théorie, non pas que certains n’y aient pas songé, mais son aboutissement me semble illusoire. La période de restrictions budgétaires qui court partout, y compris aux Etats-Unis, est un facteur trop prégnant pour les chefs de défense des pays membres de l’OTAN pour permettre une inversion du dispositif aujourd’hui.

Un soldat qui échappe à la juridiction afghane, pourquoi ?

Le privilège de juridiction : courant

Le soldat sera jugé aux Etats-Unis conformément aux accords signés par les Américains. Il faut bien examiner que ces accords ne sont pas spécifiques aux Etats-Unis. Dans quasiment toutes les missions internationales, les pays prennent bien soin de signer un accord avec le pays hôte spécifiant que toute incident impliquant un de leurs membres relèvera de leurs juridictions nationales. C’est le cas ainsi des Français, Belges, Allemands … engagés en Afghanistan. C’est le cas aussi dans toutes les missions européennes – où préalablement à tout déclenchement d’opération un accord SOFA (s’il s’agit d’une mission militaire, l’accord porte le statut des Forces) ou SOMA (s’il s’agit d’une mission civile, l’accord porte sur le statut de la Mission) est agréé au nom de l’Union européenne pour tous les Etats participants.

… étonnant en cas de crime de guerre

Cependant on peut s’interroger sur ce privilège de juridiction en cas de crime de guerre. Il semble en l’état du droit international incompatible avec l’esprit des conventions de Genève de laisser l’acte impuni. Et la Convention se doit de l’emporter sur les autres actes internationaux, sauf à réduire à néant son impact. Il s’agit là d’une question tout autant de principe que de faits. On ne peut donc faire exception à ce droit international qui a valeur générale. Avec une complication supplémentaire coté américain.

… mais pas illégal

Ce qui est interdit par les Conventions de Genève, ce sont les faits et leur impunité. Les conventions de Genève laissent le soin aux autorités belligérantes à la fois de fixer les peines et d’examiner quel tribunal aura la charge de condamner l’auteur des faits. De fait, le jugement par un tribunal américain d’un soldat auteur des faits n’est donc pas illégal. Reste à savoir que tous les auteurs des faits – y compris ses complices – soient jugés. En l’espèce, on peut s’interroger car certains rapports du terrain, relayés par les agences de presse, montre que le soldat en cause n’était pas tout seul.

… compliquée par la spécificité américaine

Les Etats-Unis n’ont pas signé le protocole II de la Convention de Genève sur la protection des civils en cas de conflit non international, tandis que l’Afghanistan l’a signé. Une non-signature très intentionnelle. Les Américains ont toujours redouté de voir un de leurs militaires jugés pour un des actes semblables à celui qui vient de se produire en Afghanistan. En l’espèce, on pourrait ainsi discuter de l’application de ce protocole à ces faits : ce qui compte alors – pour l’application du protocole – est « la nationalité de l’auteur des faits », m’a précisé un juriste expert du droit international humanitaire. Dans tous les cas, l’article 3 de la convention de Genève (répété dans toutes les conventions) prescrit la protection des personnes « ne participant pas aux combats ». (**)

(*) Le militaire – qui faisait partie des forces de soutien aux forces spéciales (Navy SEAL) – est entré dans trois maisons, en a tué les occupants, au total 9 enfants et 3 femmes, avant d’en brûler les corps, selon les témoignages recueillis sur place par les agences.

(**) Article 3 Convention de Genève – En cas de conflit armé ne présentant pas un caractère  international et surgissant sur le territoire de l’une des Hautes  Parties contractantes, chacune des Parties au conflit sera tenue d’appliquer au moins les dispositions suivantes:
  1) Les personnes qui ne participent pas directement aux hostilités, y compris les membres de forces armées qui ont déposé les armes et les  personnes qui ont été mises hors de combat par maladie, blessure,  détention, ou pour toute autre cause, seront, en toutes circonstances, traitées avec humanité, sans aucune distinction de caractère  défavorable basée sur la race, la couleur, la religion ou la croyance,  le sexe, la naissance ou la fortune, ou tout autre critère analogue.
  A cet effet, sont et demeurent prohibés, en tout temps et en tout lieu,  à l’égard des personnes mentionnées ci-dessus:
  a) les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle,  notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les  traitements cruels, tortures et supplices;
  b) les prises d’otages;
  c) les atteintes à la dignité des personnes, notamment les traitements  humiliants et dégradants;
  d) les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un  jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés. Voir : le texte complet de la 1ère convention de Genève

(Maj) précisions sur la notion de crime de guerre et l’impunité

Un débat sur la stratégie européenne de sécurité, impératif selon l’Institut d’Egmont

(BRUXELLES2) Jo Coelmont, général retraité et officiant à l’Institut Egmont, remet le couvert en réclamant une remise à plat de la stratégie européenne de sécurité. La crise en Libye l’a montré : « un nombre limité d’Etats ont pris le « lead ». Mais l’Union était invisible. (…) » « La force d’une stratégie est (justement) qu’elle unifie. Sans cela, il n’y a que des aveugles. (…) Ce n’est pas suffisant de dire comment on agit, il faut aussi préciser le pourquoi, et ensuite le comment faire cela, quand et avec quels outils. » L’intérêt de ce document est de proposer la méthode. Il rejette la formule de la conférence intergouvernementale ou de la Convention ne peuvent fonctionner car des parties de cette stratégie sont déjà incorporées dans les Traités. « On peut adopter la formule Solana » estime J. Coelmont. « Mais elle parait aujourd’hui dépassée par la nécessité d’avoir un objectif plus large, comprenant à la fois la sécurité interne et externe ». Il voit davantage cette stratégie rédigée par un « triumvirat » : président du Conseil européen, président de la Commission européenne et Haut représentant, ensemble avec le Parlement européen. La question n’est pas seulement d’approuver un document commun. La clé est « d’avoir une action collective et une appropriation ».

Commentaire : l’idée est intéressante. Personnellement j’irai plus loin dans la méthode. En adaptant la méthode communautaire. Un document conjoint Commission-Haut représentant, soumis au Parlement européen, et endossé au Conseil européen. Car tout le problème des stratégies régionales jusqu’ici adoptées (Corne de l’Afrique, Sahel). D’une part elles ne sont pas précédées d’un document général. D’autre part, elles n’ont jamais été réellement discutées dans la sphère européenne sinon par ceux qui les ont défini.

Télécharger : An EU Security Strategy: an attractive narrative (Security Policy Brief 34) ou dans les Docs de B2

Les Américains revoient leur stratégie. Pacifique toute…

(Crédit : DOD / Erin A. Kirk-Cuomo)

(BRUXELLES2) Diminution du budget de défense, révision des orientations, nouvelle stratégie militaire… l’évènement de la semaine aura été sans conteste l’annonce par le président américain en personne, Barack Obama, jeudi (5 janvier), de ses nouvelles orientations en matière de défense. Les Etats-Unis se trouvent en effet à un tournant stratégique. Ils mettent fin à des conflits engagés sous les précédentes législatures : retrait d’Irak, mort de Ben Laden, transfert entamé en Afghanistan, diminution des effectifs en Europe. La présence du président Obama le matin même de la présentation au Pentagone indique son implication dans ce processus de réforme ou, au minimum, qu’il en endosse toutes les implications au moment où s’amorce cette année électorale. « Cette stratégie est destinée à préserver le leadership mondial américain, à maintenir notre supériorité militaire et garder la foi dans nos troupes, les familles des militaires et les vétérans » a-t-il affirmé.

Régime slim fast pour les forces armées

La défense devra économiser 487 milliards de $ dans les dix ans à venir, soit un peu moins de 50 milliards $ par an jusqu’à l’exercice fiscal 2022 (37 milliards € au taux de change de 1 € pour 1,30 $). Le budget pour l’exercice fiscal 2013 devrait être présenté dans les semaines à venir.

Menaces : vers le Pacifique toute

Le terrorisme, l’Iran, la Corée du Nord, la Chine et le Moyen-Orient sont parmi les premières préoccupations de l’armée américaine a précisé le ministre de la Défense Leon Panetta dans une interview à la chaine publique PBS. La région « Asie Pacifique » est naturellement l’objet de toutes les attentions américains qui comptent mettre le paquet sur leur façade « est ». Les Américains entendent « maintenir une force présence maritime dans le Pacifique, maintenir une présence militaire en Corée du Sud, poursuivre la rotation des déploiements de Marines en Australie », mais surtout « examiner d’autres opportunités similaires pour renforcer notre présence (là-bas) et montrer que nous sommes une puissance du Pacifique ».

Une force plus rapide, plus agile

L’armée de demain devra être « flexible, adaptable, agile qui devrait faire face à une myriade de défis » a précisé Léon Panetta. Cette force sera « différente de la force de la guerre froide, de celle des années 1990 postérieures à la guerre froide ou de la force de ces dix dernières années engagée dans des conflits terrestres d’envergure ».

Cela signifie ne plus pouvoir être présent partout. « Quand vous êtes plus petit et plus allégé, vous ne pouvez avoir une large présence à travers le monde » a-t-il détaillé. « Une force plus petite efficace a besoin d’être mobilisable rapidement, disposer d’une technologie avancée, et pouvoir compter sur des partenaires ». Etre mobilisable suppose d’avoir de forts soutiens logistiques et une composante robuste de réserve. « Avoir des équipements technologiques suppose d’investir dans la recherche et l’innovation, ce qui a un coût, et les partenariats requièrent des efforts des autres nations, qui sont aussi sous la contrainte financière ». Il a tenu cependant à rassurer : les « Etats-Unis ont toujours les moyens de faire face à un plus d’un ennemi (à la fois) et de gagner ». Ils ne vont pas être sur un seul front. En Amérique latine et en Afrique, le ministre veut « utiliser des méthodes innovantes pour assurer une présence américaine. (…) Autant que possible nous développerons des approches peu couteuses et peu consommatrices en hommes, approche dite « low-cost » et « small-footprint » », un peu à la manière de ce qui se pratique en Ouganda-Somalie ou au Sahel.

Une opportunité stratégique de rééquilibrer les relations en Europe

L’Europe occupe juste un paragraphe dans le document d’orientation (*). Ce n’est pas que les Etats-Unis s’en désintéressent. L’Europe reste le « partenaire principal » dans la recherche d’une sécurité mondiale. Mais ce n’est plus un sujet de préoccupation principale. Même s’il reste « des défis de sécurité et des conflits non résolus en Europe et en Eurasia », le document prône donc une évolution. « Plusieurs pays européens sont devenus producteurs de sécurité plutôt que consommateurs. Combiné avec le retrait en Irak et en Afghanistan, cela crée une « opportunité stratégique pour rééquilibrer l’investissement militaire US en Europe, en centrant son attention plutôt que les conflits actuels sur les capacités futures ». Certes l’article 5 (clause de solidarité) reste d’application, et les Etats Unis promettent de « soutenir une capacité et une interopérabilité renforcée pour les opérations en coalition », un peu à la manière dont les Etats-Unis ont participé à l’opération de l’OTAN en Libye. Mais ils travailleront aussi avec les « alliés de l’OTAN pour développer le « pooling and sharing » et la spécialisation dans des capacités dont on a besoin au XXIe siècle ».

(*) « Europe is home to some of America’s most stalwart allies and partners, many of whom have sacrificed alongside U.S. forces in Afghanistan, Iraq, and elsewhere. Europe is our principal partner in seeking global and economic security, and will remain so for the foreseeable future. At the same time, security challenges and unresolved conflicts persist in parts of Europe and Eurasia, where the United States must continue to promote regional security and Euro-Atlantic integration. The United States has enduring interests in supporting peace and prosperity in Europe as well as bolstering the strength and vitality of NATO, which is critical to the security of Europe and beyond. Most European countries are now producers of security rather than consumers of it. Combined with the drawdown in Iraq and Afghanistan, this has created a strategic opportunity to rebalance the U.S. military investment in Europe, moving from a focus on current conflicts toward a focus on future capabilities. In keeping with this evolving strategic landscape, our posture in Europe must also evolve. As this occurs, the United States will maintain our Article 5 commitments to allied security and promote enhanced capacity and interoperability for coalition operations. In this resource-constrained era, we will also work with NATO allies to develop a “Smart Defense” approach to pool, share, and specialize capabilities as needed to meet 21st century challenges. In addition, our engagement with Russia remains important, and we will continue to build a closer relationship in areas of mutual interest and encourage it to be a contributor across a broad range of issues.

Strategic guidance dans: les Docs de B2

La stratégie de sécurité de l’UE : bonne à la poubelle ?

(BRUXELLES2) C’est le constat de Sven Biscop. L’Europe a besoin d’une nouvelle stratégie de sécurité écrit le directeur de recherche « Europe » de l’Institut Egmont dans un de ses « Security policy brief ». « Adoptée en 2003, la stratégie a perdu de son acuité. C’est logique », explique-t-il. Après un certain temps, « toute stratégie atteint sa date de péremption ». Mais, plus important, ce texte se révèle aujourd’hui impropre à «conduire une politique et une action ». Le travail mené en 2008 était destiné à remettre à jour le texte. Mais il a été « insuffisamment concret et pas assez prospectif ».

Le travail de mise à jour de 2008 
 » insuffisamment concret et pas assez prospectif « 

Le moment de la révision est venu

La stratégie actuelle, si elle garde une certaine pertinence sur le « comment faire », reste en effet très « vague » sur ce qu’il faut faire. « Sans une stratégie plus complète, l’action préventive et la réaction rapide, deux des buts clés de la stratégie, sont virtuellement impossible, comme en témoigne l’improvisation initiale en Libye ». Le moment de la révision est venu, souligne S. Biscop. « Il y a une opportunité idéale » avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Et dans le « contexte de contraintes financières, une prioritisation est plus nécessaire que jamais». « L’Europe doit engager d’importants efforts en matière diplomatique, économique, militaire et civil sur un certain nombre de questions », insiste-t-il.

Une nouvelle stratégie en 2013

L’objectif serait d’aboutir en 2013. A l’image de sa naissance en 2003, avec une Europe divisée sur l’Irak, la stratégie 2013 permettrait de « transformer la division de l’Union et le manque de stratégie sur la Libye » en une « énergie positive ». C’est le Conseil européen qui, selon lui, est la « seule structure capable de donner un réel impetus pour le développement d’une capacité collective ».

La méthode « ouverte » suivie pour la stratégie de 2003 devrait être conservée, permettant d’impliquer un large public (diplomates, parlementaires, thinks thanks…). Cette nouvelle stratégie reprendrait les objectifs de l’UE de promouvoir ses 4 valeurs fondamentales (« sécurité, prospérité, démocratie et égalité ») dans le monde. Elle devrait fixer des objectifs clairs et des priorités : la défense du territoire de l’Union contre toute menace militaire, la préservation des voies de communication et de commerce, la sécurisation de l’énergie et d’autres ressources naturelles…

Trois priorités

Pour S. Biscop, parmi les priorités, il faut revitaliser le voisinage, en poussant la démocratie et rendant la conditionnalité « plus consistante, effective et crédible » ; développer une vision de la réforme de l’architecture multilatérale ; définir des régions prioritaires où la PESC pourrait trouver à s’exprimer comme « instrument décisionnel » pour les opérations et le renforcement des capacités.

télécharger l’étude ici

Livre blanc français sur la défense : on l’actualise

(BRUXELLES2) La France va lancer une actualisation de sa réflexion stratégique en matière de défense. Le président de la République Nicolas Sarkozy vient de l’annoncer. Il a ainsi demandé au Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDN) de conduire « dès à présent, avec les administrations concernées et en faisant appel à des experts français et étrangers, une réflexion interministérielle sur l’évolution du contexte stratégique depuis 2008 ».  L’objectif – selon le communiqué de l’Elysée – est de « produire un document interministériel d’évaluation stratégique qui sera présenté au Parlement puis validé par le Conseil de défense et de sécurité nationale d’ici la fin de l’année 2011 ». Le Livre blanc prévoyait une actualisation d’ici fin 2012. Cela laissera le temps à la réflexion explique-t-on à la présidence de la République. Mais c’est aussi important dans la foulée de l’opération en Libye qui a révélé des manques mais aussi souligné des impacts stratégiques nouveaux d’agir rapidement.

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