Sept marins de la marine somalienne récupérés à bord du Canarias

(B2) Un navire espagnol de l’opération maritime de l’UE dans l’Océan indien a porté secours à un petit navire de la marine somalienne en perdition au large de Cadale, au nord de Mogadiscio

À bord du navire (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Dimanche (20 octobre) au matin, l’opération européenne chargée normalement de la lutte contre la piraterie a reçu une demande d’assistance pour un navire appartenant à la marine somalienne en détresse à environ 60 km au nord de Cadale. Le navire avait des problèmes mécaniques et l’équipage craignait pour sa sécurité.

Un avion de patrouille maritime de reconnaissance (MPRA) a immédiatement décollé de Djibouti pour repérer l’emplacement du navire en détresse. Puis la frégate espagnole ESPS Canarias, qui se trouvait à proximité pour une visite portuaire, a été déroutée. La récupération s’est faite lundi matin. Les sept marins de la marine somalienne ont été mis en sécurité à bord de la frégate. Ils ont reçu les premiers soins, de l’eau, de la nourriture et leur navire récupéré et mis en remorque.

(crédit : EUNAVFOR Atalanta)

(NGV)

L’Union européenne ne veut pas financer seule les soldats de l’AMISOM

(B2) L’Union européenne ne peut pas continuer à financer seule les primes des soldats de l’AMISOM. C’est le message martelé par la diplomatie française notamment aux Nations unies

Soldats ougandais de l’AMISOM, juillet 2018 (Crédit : AMISOM)

Les propos de Anne Gueguen, la numéro 2 de la représentation française à New York, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU le 21 août consacrée à la situation en Somalie, sonnent comme un avertissement. Même s’ils ont été exprimés seulement par la représentante permanente adjointe française, ils sont partagés par d’autres pays, selon nos informations.

« L’Union européenne ne peut pas continuer à financer seule les primes des soldats de l’AMISOM », indique Anne Gueguen, représentante permanente adjointe. Il faut « envoyer un message clair aux autres partenaires de la Somalie sur la nécessité de contribuer au financement de l’AMISOM ». Et plus précisément des soldes des troupes de l’AMISOM. Un message en direction des pays du Golfe ou de la Chine.

Le soutien financier de l’Union européenne à la force de maintien de la paix africaine en Somalie (AMISOM) est en effet « significatif » : 400 millions d’euros pour la période 2019-2020 et un soutien de 20 millions d’euros au profit des forces de sécurité somaliennes. Soit plus de la moitié du soutien européen aux missions africaines de maintien de la paix (lire : 800 millions pour les tâches de maintien de la paix de l’Union africaine). L’Union européenne « entend poursuivre cet appui à l’AMISOM ». Mais pas toute seule et pas sans conditions. « Ce soutien doit s’inscrire dans le contexte de la transition et dans le cadre d’engagements mutuels que chaque partie doit respecter. »

(Emmanuelle Stroesser)

NB : Une résolution de l’ONU avait déjà lancé l’appel en juillet 2018. Et les Européens avaient averti l’Union africaine qu’ils ne voulaient plus maintenir un robinet de financement ouvert sans avoir encadrement plus strict de ces missions de maintien de la paix (lire : L’Europe veut bien s’engager pour la paix et sécurité en Afrique mais pas sans conditions).

Télécharger : discours + compte-rendu de la réunion

Un bâtiment indien escorte un navire du Programme Alimentaire Mondial

(B2) Le navire indien INS Sunayna a escorté un bateau du Programme Mondial pour l’Alimentation chargé de 360 tonnes d’aide alimentaire depuis Bosaso, au nord de la Somalie, jusque Berbera, dans le Somaliland, à la veille de Noël, les 24 et 25 décembre derniers, annonce le QG d’EUNAVFOR Atalanta.

(crédit: EUNAVFOR Somalie)

Présent dans la région depuis le 6 octobre 2018, c’est la première fois que le Sunayna (P57) se charge de l’escorte d’aide humanitaire vitale. D’ordinaire, la protection et la distribution d’aide humanitaire était l’une des principales tâches d’EUNAVFOR dans le Golfe d’Aden. Depuis le lancement de l’opération Atalanta en 2008, 450 cargaisons du PMA transportant environ 1,8 millions de tonnes d’aide alimentaire sont arrivées à bon port en Somalie.

Engagé dans les actions anti-piraterie

Ce patrouilleur de haute mer avait détecté, le 7 octobre dernier un navire de pêche suspect à environ 25 nm au large des côtes de de la Somalie à proximité de l’île de Socotra. Après enquête, les marins indiens découvrent qu’il s’agit de pêcheurs, sans autorisation, mais armés tout de même, selon le Times of India. Des armes (quatre kalachnikov de type AK-47 et une mitrailleuse légère, ainsi que des munitions) ont été saisies.

(MHA, avec NGV)

Au large de la Somalie : les groupes d’action pirates sont seulement en sommeil

(B2) « Si l’on a réussi à lutter contre la piraterie, on ne l’a pas pour autant éliminée » insiste un rapport qui vient d’être soumis au Conseil de sécurité des Nations unies

Le cargo Petra du PAM escorté par la frégate italienne Federico Martinengo (crédit : Eunavfor Atalanta / Archives B2)

Cinq actes de piraterie importants

Durant les douze derniers mois – octobre 2017 à septembre 2018 – on compte pas moins de cinq actes importants de piraterie commis au large des côtes somaliennes (cf. encadré). « Le fait que ces tentatives se poursuivent montre que les causes profondes de la piraterie subsistent et que les réseaux de piraterie restent très actifs » souligne le rapport des experts onusiens. « À plusieurs reprises, des pirates ont été très près de parvenir à leurs fins. »

Des groupes d’action pirates prêts à l’action

Quatre groupes d’action de pirates se tiennent prêts à reprendre les attaques dès qu’ils en auront la possibilité. « Ces groupes continuent d’exploiter la moindre occasion, au vu de la facilité relative avec laquelle leurs agents peuvent se procurer des armes et des embarcations légères. »

2017, une reprise des actes de piraterie

L’année 2017 demeure une année de reprise, limitée, de la piraterie maritime. 54 actes de piraterie se sont produits dans l’océan Indien occidental en 2017, soit 100 % de plus qu’en 2016. Le nombre de gens en mer touchés par de tels actes ou par des vols à main armée commis en mer est passé de 545 en 2016 à 1 102 en 2017, selon le dernier rapport d’Oceans Beyond Piracy (1).

Une zone à risque qui s’élargit

Ainsi, en 2017, plusieurs tentatives d’attaques ont été menées à la saison des moussons, généralement calme. En 2018, la zone à haut risque s’est élargie. « Ce qui montre que les pirates sont capables de planifier des attaques dans tout l’océan Indien, aussi loin que nécessaire des côtes, et qu’ils sont déterminés à le faire pour assurer la réussite de leurs projets.  »

Des pirates déterminés

Les récentes tentatives étaient « particulières en ce que les attaquants n’ont pas été dissuadés par un premier échec, mais ont récidivé peu de temps après, en restant dans les environs, signe de leur motivation et de leur détermination à atteindre leurs objectifs ».

D’autres ressources

Les réseaux de piraterie semblaient trouver les fonds dont ils avaient besoin en se livrant à des activités moins risquées, telles que le trafic d’êtres humains, de drogues, d’armes ou de charbon, souligne un rapport conjoint d’évaluation de la menace réalisé début septembre par l’opération EUNAVFOR Atalanta et les Forces maritimes combinées (CMF) de la coalition maritime emmenée par les Américains.

Le conflit au Yémen et les attaques en mer Rouge…

On peut noter aussi dans le couloir de transit maritime de la mer Rouge quatre tentatives d’attaques qui ne sont pas dues aux pirates somaliens, mais dont la responsabilité est attribuée à des rebelles houthistes, qui auraient lancé des roquettes longue portée sur des vaisseaux battant pavillon saoudien naviguant au large du Yémen (lire : Un navire attaqué au large du Yémen. Piraterie ou acte lié au conflit yéménite ?).

… autre menace pour le trafic maritime

« Ce qui pose une menace plus importante encore pour la stabilité de la région. Les navires de pêche et les yachts trop proches des côtes somaliennes ou yéménites risquent de se trouver pris dans les attaques conduites par les pirates somaliens ou les rebelles houthistes contre des navires marchands » souligne le rapport comme l’évaluation faite par les Européens. D’autres attaques, notamment celle d’un navire de l’Amisom, ont été attribuées aux Shebab (lire : Un navire de l’Amisom attaqué près du port de Baraawe).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) « The state of maritime piracy 2017: assessing the economic and human cost », Oceans Beyond Piracy.


Parmi les dernières attaques

Le 16 octobre 2018, contre le MV KSL Sydney : Attaque pirate au large de Mogadiscio (V2)

Samedi 31 mars 2018, aux premières heures du matin, contre le Kriti Spirit, un navire appartenant à une compagnie grecque : Une attaque d’un autre pétrolier dans le Golfe d’Aden fin mars

Dans la nuit du 23 février 2018, contre le tanker MT Leopard Sun : Un chimiquier letton attaqué par les pirates au large de la Somalie

Les 17 et 18 novembre 2017 contre le MV Ever Dynamic, un porte-conteneurs opéré par Evergreen, puis contre le navire de pêche Galerna III, un thonier de la compagnie Albacora de Bermeo battant pavillon seychellois : Six pirates arrêtés dans le bassin somalien, entre Seychelles et Somalie (V6)

Le 15 novembre, contre deux porte-conteneurs dans le Golfe d’Aden :  Une tentative d’attaque par des pirates échoue dans le Golfe d’Aden


 

Attaque pirate au large de Mogadiscio (V2)

(B2) Un vraquier battant pavillon de Hong Kong a été attaqué mardi 16 octobre dans l’Océan indien par un groupe de pirates.

L’incident s’est produit à 340 milles nautiques au large de Mogadiscio, à 12h38 UTC, alors que le MV KSL Sydney arrivait du nord.

« Quatre pirates armés d’AK-47 dans une vedette rapide se sont approchés d’un vraquier » raconte une source maritime. « Le capitaine a alors sonné l’alarme, contacté les autorités locales, activé le SSAS [le système d’alerte de sécurité du navire]. Tous les membres de l’équipage se sont rassemblés dans la citadelle. » Les gardes armés à bord du navire ont riposté. « Les pirates ont alors interrompu leur attaque et se sont éloignés ».

« Le navire et son équipage sont en sécurité et nous enquêtons sur l’incident » a assuré le QG de l’opération anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta. « Nos unités restent déployées dans la zone ». Une alerte a été diffusée aux navires naviguant dans la zone par les soins du MSCHOA, le centre d’information de la marine marchande, situé à Northwood (dans les mêmes locaux que le QG d’EUNAVFOR).

C’est le premier incident de piraterie depuis plusieurs mois. Le dernier recensé avait eu lieu le 31 mars au large du Golfe d’Aden (lire : Un navire attaqué au large du Yémen. Piraterie ou acte lié au conflit yéménite ?). Un autre incident avait eu lieu le 22 février quand un chimiquier letton avait été attaqué par les pirates dans la même zone.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Un navire de l’Amisom attaqué près du port de Baraawe

(B2) Le cargo Alpha Kirawira, battant pavillon de Palau, a été attaqué au mortier, le 22 juillet, dans les environs du port de Baraawe, dans le sud-est de la Somalie. Une attaque qui n’est vraisemblablement pas due aux pirates somaliens, mais plutôt aux rebelles d’Al Shabaab. Ce navire transporte régulièrement du matériel et de l’alimentation pour les troupes de l’AMISOM depuis des années.

Le Mv Alpha Kirawira en janvier 2010 escorté par la frégate Surcouf (crédit : Eunavfor Atalanta / Archives B2)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix de l’UE – PSDC (juin 2018)

(B2) Exercices aux premiers secours en Géorgie, séance de travail sur les mafias en Ukraine, formation à la sécurisation du processus électoral au Mali ou à la lutte contre la fraude transfrontalière en Palestine et le dernier bilan de l’opération anti-piraterie dans l’Océan indien… Les dernières nouvelles des missions et opérations de maintien de la paix de l’UE sur différents points du globe

Tbilisi (Géorgie). Formations médicales au QG de l’EUMM Georgia

Session d’entrainement au QG à Tbilissi (Crédit : EUMM Georgia).

La mission d’observation de l’UE en Géorgie (EUMM Georgia), a organisé, entre le 28 mai et le 9 juin, à Tbilissi, à son quartier général, pour la première fois, un exercice de sécurité médicale, impliquant la théorie, pratique et exercice de simulation. Un cours dispensé par l’agence suédoise de protection civile (MSB)  à 34 officiers de sécurité venus de plusieurs missions européennes (EULEX Kosovo, EUAM Ukraine, EUCAP Sahel Mali, EUCAP Sahel Niger, EUCAP Somalia, EUBAM Libya, EUPOL COPPS, EUMM Géorgia et le commandant des missions civiles CPCC).. (communiqué)

Ukraine. Coordonner la lutte contre le crime organisé

(Crédit EUAM Ukraine)

Des experts internationaux, à l’occasion d’une table ronde au Kyiv Regional Public Prosecutors Office (PPO), se sont entretenus sur un nouveau moyen de coordonner la lutte contre le crime organisé, qui est actuellement la tâche de 10 agences différentes. L’entretien, soutenu par la mission de conseil aux forces de sécurité intérieure ukrainienne (EUAM Ukraine) et l’ambassade britannique en Ukraine, les 14 et 15 juin derniers, a permis à plus de 300 procureurs et officiels des forces de l’ordre ukrainiennes de présenter le concept d’une amélioration de la communication et la coordination aux niveaux tactique et opérationnel. La coordination pourrait s’appuyer sur les modèles britanniques et suédois. Le chef de PPO, Dmytro Chibisov, a annoncé sa volonté de mettre en place un nouveau système de task force ukrainien au niveau régional. (communiqué)

EUBAM Rafah. Officiers de frontières entrainés à la lutte contre la fraude

Agents de frontières en formation (Crédit : EUBAM RAFAH)

L’European Anti-Fraud Office (OLAF), a dispensé une formation à 20 officiers supérieurs de la Palestinian General Authority for Border and Crossings (GABC) et autres agences de frontières, les 26 et 27 juin derniers. La mission de police et d’assistance frontalière en Palestine (EUBAM Rafah) a organisé la formation pour un contrôle des frontières efficace et de développer les connaissances sur la fraude trans-frontalières, en plus de méthodes pour détecter les tentatives de fraude, la prévention contre la fraude, l’évaluation des risques de fraude. Les participants ont réalisé des cas pratiques sur à la fraude commerciale et de tabac. (communiqué)

Koulikoro (Mali). Sécurisation du processus électoral

(Crédit : EUTM Mali)

La mission de formation de l’UE au Mali (EUTM Mali) a déployé à Koulikoro deux conseillers de l’Advisory Task Force (ATF) pour former les Forces Armées Maliennes (FAMa), sur la sécurisation du processus électoral, pour qu’elle « puissent tenir toute leur place dans le processus électoral et la sécurisation des élections présidentielles 2018 ». Au programme de la formation du 26 au 28 juin : droits de l’Homme, renseignement, méthodologie de communication. Les quatre officiers et quatorze sous-officiers formés devrait « transmettre ces savoir-faire à l’ensemble du personnel FAMa des régions militaires de KATI et KAYES ». Ce stage, organisé à la demande des FAMa, est le deuxième de ce genre à ce jour et permet notamment de répondre à un besoin identifié lors des échanges entre l’EUTM, la MINUSMA et les FAMa. (communiqué) Le communiqué) et le (communiqué) sur la sécurisation du processus électoral de 2018.

Koulikoro (Mali). Changement de commandement de l’Éducation et Training Task Force (ETTF)

(Crédit : EUTM Mali)

Une cérémonie a eu lieu au camp d’entraînement de Koulikoro, samedi 30 juin, pour marquer le changement de commandant du groupe de travail sur l’éducation et la formation (ETTF) de la mission de formation de l’UE au Mali (EUTM Mali), transféré entre deux commandants espagnols : le colonel sortant Ignacio Olazabal Elorz et le colonel entrant Ignacio Rosales de Salamanca. (communiqué)

Océan indien. 1,7 million de tonnes d’aide du programme alimentaire mondial acheminés à bon port vers la Somalie

(Aurélie Pugnet)

Lire aussi : La mission EULEX Kosovo émasculée. Son mandat d’action revu a minima

Une infirmière allemande du CICR enlevée en Somalie

(B2) Une infirmière allemande travaillant pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été enlevée dans la capitale somalienne Mogadiscio mercredi soir (2 mai), a-t-on appris jeudi. L’enlèvement a eu lieu aux alentours de 20 heures, heure locale. Des hommes armés ont fait irruption dans le complexe du CICR à Mogadiscio, précise un communiqué de l’organisation humanitaire parvenu à B2. « Nous sommes très préoccupés par la sécurité de notre collègue », explique Daniel O’Malley, chef adjoint de la délégation du CICR pour la Somalie. « En tant qu’infirmière, elle travaillait au quotidien à sauver des vie, apportant des soins aux habitants du pays les plus vulnérables. » Le CICR est en contact avec les représentants de diverses autorités et met tout en œuvre pour que son employée soit libérée au plus vite, et « sans condition », mais ne souhaite pas fournir d’autres informations, afin de préserver les négociations engagées.

(NGV)

Premier cours de génie anti-IED pour l’armée somalienne à Mogadiscio

(B2) 24 militaires du 32e bataillon de génie de l’Armée nationale somalienne viennent de terminer une formation, axée particulièrement sur le déminage et le désamorçage des engins explosifs artisanaux. Les IED constituent une véritable plaie en Somalie. Et une des premières causes de mortalité pour l’armée somalienne, comme pour les civils…

Quatre semaines pour un apprentissage de base

D’une durée de quatre semaines, ce cours s’est déroulé dans le camp d’entraînement général de Dhagabadan à Mogadiscio et s’est clôturé le 17 février dernier par la remise des diplômes. Les Somaliens ont ainsi appris les bases de « la mise en place de positions défensives, la construction d’obstacles pour les manœuvres tactiques, la compréhension des engins explosifs improvisés (EID) et les procédures pour contrer les EID » indique-t-on à la mission EUTM Somalia. C’est le premier cours de génie militaire de la mission d’entrainement de l’Union européenne en Somalie. Mais pas le dernier…

Bientôt un second cours de génie ?

Les officiers de l’Armée nationale somalienne et européens, présents lors de la petite cérémonie de remise des diplômes, ont souligné l’importance de cet entrainement comme de la motivation des soldats. Les Somaliens semblent particulièrement satisfaits de la formation, puisqu’ils ont demandé à voir organisé un second cours de génie. Une demande « actuellement évaluée » précise-t-on à EUTM (2).

Des formations plus spécialisées qu’au début

Ce type de cours est symptomatique de l’évolution de la mission européenne dont c’est le 5e mandat depuis le début de la mission en 2010. Il ne s’agit plus d’entraîner les troupes et de former des compagnies, mais d’apporter des compétences pointues, spécialisées sur certains points aux forces somaliennes (IED, soutien, commandement et contrôle, etc.)

(NGV avec CB)

(1) Étaient présents : coté somalien, le chef du département du génie, le général Omar Jama, le chef du camp de formation Général Dhagabadan (GTC), le général Mohamed Mohamud Saney, et le chef du 32e bataillon du génie, le colonel Ahmed Shire Warsame ; et côté européen, le chef adjoint de EUTM Somalia, le colonel suédois Richard Gray.

(2) La mission fait face à une difficulté de renouveler certains effectifs actuellement. Lire : Retraits en série à EUTM Somalia

Crédit photo : EUTM Somalia, exercice de désamorçage d’un IED

Escorte chinoise pour un navire du PAM dans l’Océan indien

(B2) A la demande des Européens, un navire de guerre chinois a assuré l’escorte d’un navire du Programme alimentaire mondial (PAM), en plein Océan indien, apprend-on du QG de la force européenne à Londres.

L’opération européenne EUNAFVOR Atalanta a en effet envoyé une demande d’escorte aux différentes forces d’escorte internationales, « son propre navire, la frégate espagnole ESPS Patiño, était impliqué dans des opérations de contre-piraterie ». Une demande qui a été acceptée par la marine chinoise, présente dans la zone depuis plusieurs années.

C’est la frégate Yancheng (746) du 28ème escadron d’escorte navale qui a été dépêchée sur place pour escorter le Selin-M, un navire marchand transportant des fournitures humanitaires pour le PAM, de Port Soudan à Mombasa au Kenya, à travers le golfe d’Aden. La mission vient de s’achever, le 10 février dernier, sans encombre. Ce soutien démontre « la bonne coordination du travail » entre toutes les forces présentes dans la région « pour assurer la libre circulation et le passage sûr des navires de commerce autour de la Corne de l’Afrique », souligne-t-on au QG de l’opération européenne.

(crédit photo : CCTV)

L’A400M, l’outil de la diplomatie « tout azimut » turque

Un A400M sur le tarmac de Mogadiscio pour rapatrier des blessés (crédit : armée de l’Air turque / Archives photos B2)

(B2) Iran, Somalie, Iraq… l’A400M commence à s’imposer comme l’outil de transport, tout terrain, par excellence, à l’image de ce qu’est le bon vieux camion Mercedes pour les ambulances, mais aussi comme un bel outil diplomatique. Et c’est Ankara qui est devenu, aujourd’hui, un des meilleurs utilisateurs de l’avion de transport européen construit par Airbus, dans différents lieux où on n’avait pas vu cet avion auparavant.

Un A400M turc a ainsi très vite été décollé après le violent séisme qui a frappé Iraq et Iran. Direction : le Kurdistan iraquien. L’avion de transport militaire turc a atterri à l’aéroport de Sulaymaniyah dans le nord de l’Irak aux petites heures, lundi 13 novembre. A son bord, une équipe de recherche de 20 personnes, une équipe médicale de 10 personnes, et 20 tonnes de matériel.

C’est aussi un A400M turc qui avait été envoyé à Mogadiscio après le terrible attentat du 14 octobre, pour procéder à l’évacuation sanitaire de 34 blessés de Somalie vers la Turquie pour continuer leur traitement.

C’est encore un A400M qui avait atterri sur l’aéroport de Mahrabad (à Téhéran), précédant la visite de Recep Tayip Erdogan, en Iran, début octobre, transportant les forces de sécurité et leurs véhicules pour préparer la visite officielle, qualifiée d’historique, célébrant la réconciliation des voisins que tout opposait jusqu’à là en Syrie. Un évènement en soi.

(NGV)

NB : Britanniques et Français ne sont pas en reste. Mais dans une utilisation qui reste, somme toute plus classique, pour les lieux. Ce sont ainsi plusieurs A400M qui ont été dépêchés dans les iles des Caraïbes (Barbades, Bermudes, Dominique, et Saint Martin) après le passage des ouragans Irma et Maria.