Le rythme opérationnel ne faiblit pas. Militaire français à Kidal en octobre (crédit : ministère Fr de la défense ECPA / DICOD)

Kidal reste hors contrôle

Le rythme opérationnel ne faiblit pas. Militaire français à Kidal en octobre (crédit : ministère Fr de la défense ECPA / DICOD)

Le rythme opérationnel ne faiblit pas. Militaire français à Kidal en octobre (crédit : ministère Fr de la défense ECPA / DICOD)

(BRUXELLES2) Deux soldats sénégalais de la Minusma, la mission de stabilisation de l’Onu au Mali, ont été tués, samedi 14 décembre lors d’un attentat à la voiture piégée à Kidal, devant la Banque malienne de solidarité. Plusieurs autres ont été blessés, ainsi que des militaires maliens de la Garde nationale. Tous ont été pris en charge par le personnel médical sur place, précise un communiqué de la Minusma. Et les plus graves évacués vers Gao « avec le concours de la Force Serval ». Un bilan provisoire qui pourrait évoluer dans les jours à venir, certains blessés étant gravement atteints.

Kidal : hors contrôle

Cet attentat vient rappeler que la situation dans cette ville du nord Mali – où nos deux confrères de RFI ont été enlevés puis tués – reste donc dans une sécurité précaire. Le président malien Ibrahim Boubacar Keita le disait au Parlement européen la semaine dernière, « Kidal, n’est pas encore sous le contrôle du gouvernement du Mali. » (détails sur le Club : « Nous sommes dans l’urgence absolue »).

Second tour des élections

Survenu à la veille du second tour des élections législatives qui doit parachever le retour à l’ordre constitutionnel au Mali, l’attentat n’aura cependant pas de conséquences de ce point de vue. Il n’y aura pas, en effet, de scrutin dans la ville et dans la région situées à 1.500 km au nord-est de Bamako. Les quatre députés de cette ville ont, en effet, été élus dès le premier tour du 24 novembre.

Une opération anti-terroristes en cours

Non revendiqué pour l’instant, il pourrait s’agir de représailles à l’opération anti-djihadiste des forces françaises dans la région, avec le déploiement complet d’un GTIA (groupement tactique interarmes) dans la zone comprise entre Tombouctou et la frontière algérienne. « Une opération militaire française est actuellement en cours au nord de Tombouctou », a indiqué une source militaire à Bamako à l’AFP. 19 « éléments de ce groupe ont ainsi été tués mardi (10 décembre) a confirmé Laurent Fabius ce dimanche (15 décembre) lors du Grand Rendez-vous « Europe 1 / i-Télé / Le Monde », ajoutant que la France n’avait pas vocation à « devenir le gendarme de l’Afrique ». « Mais il se trouve que pour le moment, et nous travaillons à ce que cela change, la France est le seul pays qui a des forces capables d’aller là-bas en nombre ».

Un rythme opérationnel qui ne semble pas faiblir

Même si le « Mali » est sorti de l’angle de mire de l’actualité, les opérations dans le nord du pays continuent, en effet, à un rythme assez soutenu. Environ 2800 militaires français sont toujours présents sur le sol malien. Et, selon le dernier bilan de l’Etat-Major des armées, pas moins de 30 sorties d’avions de chasse ont eu lieu cette dernier semaine (du 5 au 12 décembre). Ce qui est certes un peu moins que les semaines précédentes (entre 45 et 50 sorties d’avions de chasse) mais représentent une moyenne importante. A terre, le GTIA « Korrigan » poursuit ses missions de sécurisation en menant des patrouilles dans la région de Gao et dans l’ensemble du Nord de la boucle du Niger. Et au nord de Tessalit (à une trentaine kilomètres au nord-ouest), en début de semaine, c’est le bataillon tchadien de la MINUSMA appuyé par un détachement de liaison et d’appui (DLA).

(Leonor Hubaut avec Nicolas Gros-Verheyde)

Les Maliens en défilé, lors de la préparation (crédit : Ministère français de la Défense)

Un défilé national aux couleurs du Mali, de la Croatie … et de l’A400M

Les Maliens en défilé, lors de la préparation (crédit : Ministère français de la Défense)

Les Maliens en défilé, lors de la préparation (crédit : Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Le défilé national du 14 juillet qui se déroulera dimanche matin sera évidemment placé aux couleurs de l’intervention du Mali mais aussi d’autres contingents européens (croate en l’honneur du nouvel arrivé dans la « famille » européenne et franco-allemand pour célébrer l’anniversaire de l’Elysée). Voici quelques photos – en avant première – prises lors des répétitions par les photographes des armées.

Le Mali

Le bataillon malien composé de 75 hommes sera un des éléments « phares » de ce défilé avec une unité africaine symbolisant la Minusma (la force de l’ONU au Mali) comme la force qui l’a précédée, la Misma (Bénin, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia, Niger, Nigeria, le Sénégal, Sierra Leone, Tchad, Togo).

Mais ce sont aussi les forces françaises de l’intervention Serval qui seront à l’honneur avec des éléments de la 3e Brigade mécanisée (BM), de la 11e brigade parachutiste (BP), du 1er régiment d’infanterie de marine (Rima), du 5e régiment d’hélicoptères de combat (RHC)… A la tête de ses forces défileront deux généraux : le général Bernard Barrera, commandant de la 3e BM et chef Serval jusqu’au 11 mai ainsi que le général Jean-Jacques Borel commandant des forces aériennes de l’opération Serval (et chef de l’état-major du CDAOA, commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes).

1 ravitailleur C135 précède ses "petits" Rafale, Mirage 2000D, Mirage F1 (crédit : ministère Fr Défense)

1 ravitailleur C135 précède ses « petits » Rafale, Mirage 2000D, Mirage F1 (crédit : ministère Fr Défense)

Le soutien aérien danois et allemand

En l’air, effectivement, on pourra admirer plusieurs « tableaux » représentant l’intervention française Serval.

Coté avions de combat, on aura ainsi 2 Rafale (escadrille « Provence » de la BA 113 Saint-Dizier) et 3 Mirage 2000 D et 1 Mirage F1 de reconnaissance CR (escadrille « Savoie » de la BA 118 Mont-de-Marsan), précédé de leur « maman poule », un ravitailleur C135 (de l’escadrille « Bretagne », de la base aérienne d’Istres).

Coté transports, un Transall allemand (de la Lufttransportgeschwader 61) et un C130 danois (de la Transporteskadrille 721 d’Aalborg) viendront illustrer le soutien apporté par les Alliés, essentiel en matière de transport aérien aux côtés du Transall français (de la BA 123 Orléans) et de 3 CN 235 (des escadrilles d’instruction des équipages, « Vercors », « Ventoux » de la BA 110 Creil).

Lire aussi :

Détachement inter-armée croate (crédit : ministère Fr Défense)

Détachement inter-armée croate (crédit : ministère Fr Défense)

Des Croates déjà engagés dans des opérations européennes

En guise d’hommage à l’arrivée du 28e pays de l’Union européenne, le bataillon de protection et d’honneur Croate – qui assure la protection des VIP (Président de la République, Gouvernement et commandant des forces armées) – sera présent. 75 militaires sous le commandement du colonel Dragan Basić, avec trois uniformes qui représentent les 3 armées (vert pour l’armée de terre et l’armée de l’air, bleu pour la marine et sable pour les unités qui ont servis en Afghanistan), et le fusil d’assaut VHS-K1 (de fabrication croate mais qui peut avoir un air de ressemblance avec le Famas français).

Les Croates ont déjà été engagés dans plusieurs missions opérations de l’Europe de la défense, bien avant qu’ils ne soient membres de l’Union européenne. On les a retrouvés ainsi à EUFOR Tchad (lire aussi : Croates au Tchad: décision confirmée), dans l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta (lire aussi : Les Croates vont se joindre à l’opération Atalanta), ainsi que dans deux missions civiles : EUPOL Afghanistan et EULEX Kosovo.

Signalons également qu’ils ont prêté un concours « involontaire » à la fourniture d’armes aux rebelles syriens. Mais c’est une autre histoire (lire : L’embargo sur les armes contre la Syrie ? La Croatie a pris son temps).

L’amitié franco allemande

En témoignage de l’anniversaire du Traité de l’Elysée, on retrouvera également quelques unités de la brigade franco-allemande, sous le commandement du général Gert-Johannes Hagemann : 3e régiment de hussards, 292e Jägerbataillon et le bataillon de commandement et de soutien, récemment engagé dans la FINUL au Liban et qui s’est porté au secours des personnes victimes des inondations dans l’est de l’Allemagne (lire : La Brigade franco-allemande en renfort contre les inondations).

Signalons également qu’un Alpha jet belge sera aussi de la partie pour illustrer la formation combinée des pilotes à l’école de chasse franco-belge de Cazaux.

Première sortie élyséenne pour l’A400M

Enfin, comment ne pas oublier la présence, pour la première fois, de l’A400M, le nouvel avion de transport fabriqué par Airbus, et qui va commencer à remplacer les Transall à bout de souffle dès cet été, au rythme de 3-4 avions par an.

En chiffres : le défile cette année ce sont environ 4800 militaires, 265 véhicules, 58 aéronefs (dont 6 étrangers) et 35 hélicoptères, sans oublier les 241 chevaux.

Le départ du bataillon Waraba de Koulikoro le 22 juin (Crédit : EUTM Mali)

La formation du second bataillon commence à Koulikoro

Le départ du bataillon Waraba de Koulikoro le 22 juin (Crédit : EUTM Mali)

Le départ du bataillon Waraba de Koulikoro le 22 juin (Crédit : EUTM Mali)

(BRUXELLES2) Les premiers éléments du nouveau bataillon qui va être formé par les Européens de la mission EUTM Mali sont arrivés, ou en passe de l’être, au camp de Koulikoro, a confirmé ce matin, le général de Rousiers, chef du comité militaire de l’UE, devant quelques journalistes (dont B2). Le nombre de soldats de ce second bataillon devrait atteindre « environ 700 hommes, le même format que le premier bataillon ». 60% environ des effectifs sont déjà arrivés, les autres arriveront dans les deux semaines à venir, en provenance du nord, une fois que la relève par le bataillon Waraba sera assurée (voir ci-dessous).

Un principe de formation qui a fait ses preuves

La formation commence aujourd’hui (26 juin) pour se terminer vers la fin septembre (le 22 normalement). Le principe est le même que pour le premier bataillon : formation et incorporation sur le modèle « d’un GTIA – groupement tactique interarmes – qui est composé des différents éléments « pour pouvoir travailler ensemble (infanterie, artillerie…) ». « On ne forme pas seulement des individuels, on forme un bataillon entier, une entité capable d’opérer en entier » explique le général De Rousiers. Le nom du bataillon n’est pas encore déterminé. Selon nos informations, il devrait être déterminé en interne par les Maliens (et l’Etat-Major malien).

Direction Gao pour les « Waraba »

Quant au bataillon Waraba qui a terminé sa formation début juin, après une permission de deux semaines et un regroupement sur Koulikoro, il a entamé son mouvement vers Gao (comme précisé sur ce blog auparavant). Le compte y est à peu près, « on est à 98% des effectifs » a précisé un officier à B2. « Ce qui est un bon chiffre ». La zone où opéreront les « Waraba » est assez large puisqu’elle recouvre non seulement la ville mais aussi la province de Gao qui borde la province de Kidal. Ils seront suivis par une équipe de formateurs français de l’opération Serval. Ce n’est pas du « mentoring » à l’afghane prend-on bien soin de préciser coté européen. Mais un « accompagnement ». Le bataillon est observé de près coté européen. Car c’est un test grandeur nature et le « retour d’expérience » pourrait orienter le déroulement des formations suivantes.

Lire aussi : Le bataillon « Waraba » est formé. Il quitte Koulikoro. Mais sans tambours ni trompettes

Les hélico belges de permanence Medevac à Bamako

Le Major Mignolet, chef du détachement belge, à coté de l’hélicoptère A 109

(BRUXELLES2 – suite du reportage à Bamako) Ce n’est sans doute pas le point essentiel de la mission européenne de formation de l’armée malienne. Mais c’est un des éléments constitutifs nécessaires : les hélicoptères belges A109, équipés en module Medevac, sont là en cas de besoin pour procéder à l’évacuation médicale d’un des militaires blessés ou malades lors de la mission.

En stand bye 24h/24

Logée sur le tarmac même de l’aéroport dans des locaux d’Air Mali, l’équipe « medevac » belge compte une trentaine de personnes – dont 6 pilotes – et deux hélicoptères.

Il s’agit, en effet, non seulement d’avoir les effectifs nécessaires pour l’astreinte mais aussi de permettre de faire tous les entretiens et/ou réparations nécessaires sur les engins, y compris les plus grosses révisions (comme celle des 100 heures). Un des deux hélicoptères sortait ainsi de sa révision de 100 heures lors de mon passage. Les militaires ont d’ailleurs emporté le stock de pièces nécessaires dans cet objectif. Le fait d’être basé sur l’aéroport a un avantage : « pouvoir bénéficier de tous les services et prestations de l’aéroport » m’explique le major Mignolet commandant du détachement belge (le Red Card Holder comme on appelle le responsable chargé de vérifier que les conditions de la mission sont remplies).  Cela permet de pouvoir « aussi compter sur l’assistance nécessaire » des autres dispositifs (civils ou militaires) présents sur l’aéroport. De nombreux avions militaires font la navette avec l’Europe, soit pour amener des équipes pour EUTM Mali, soit pour le compte de la Misma ou de Serval.

La Medevac de permanence

Les équipes – pilote et mécano – se relaient par trois jeux d’effectif afin d’assurer la permanence. Avec un impératif : être en l’air en 30 minutes le jour, 45 minutes la nuit, immédiatement après l’alerte. Le rayon d’action de l’hélicoptère est de 115 nautiques soit 210 km sans ravitaillement. Ce qui permet de faire l’aller et retour Koulikoro, sans problème, voire d’aller plus loin s’il y a un ravitaillement. Ce qui « permet de couvrir une zone où il n’y a pas de combat ».  zone possible jusqu’à Mopti.

L’air ou la route

A priori, l’évacuation vers le Role 2 se fait par la route. L’hélicoptère intervenant, plutôt en moyen secondaire, dans le cadre d’un rapatriement vers l’Europe (via l’aéroport de Bamako). A Koulikoro, les Belges ont choisi de se poser sur la plage, qui a « un accès plus facile car il est plus dégagé et dégage moins de poussière que à l’intérieur du camp ».

La voie routière est certes possible entre Koulikoro et Bamako. Mais il faut compter environ 2 heures de route (1h30 éventuellement) sur une route un peu caillouteuse et encombrée contre 15-20 mns en hélicoptère. Ce qui rend la voie des airs plus pratique si la meteo le permet. Dans tous les cas, le choix appartient au responsable médical (le JMed) qui choisit le moyen le plus adéquat – la route ou l’air – et, en dernier lieu, au commandant d’opération.

Seul hic (au moment où je me trouvais), le survol de Bamako n’était pas encore autorisé, toujours en négociation avec les autorités maliennes. Le SOMA – statut de la mission – signé par les Européens ne comprend pas cet aspect. C’est un accord spécifique, ad hoc, qui doit être négocié.

Médicalisation sur place

L’assistance médicale à bord est faite par l’infirmier. Le médecin est normalement déjà sur place : le médecin du Rôle 2 à Koulikoro, le médecin de l’Etat-Major (bulgare) si c’est à Bamako.

La technique médicale des Européens est différente de celle pratiquée par les Américains. Ceux-ci ont tendance à faire intervenir plus systématiquement l’hélicoptère, à évacuer le blessé le plus rapidement vers une structure hospitalière, selon la technique « rush and run ». Les Européens préfèrent rapprocher les médecins du blessé et choisir ensuite le moyen le plus adéquat.

Une certaine mutualisation des moyens médicaux

Les hélicoptères sont réservés normalement pour la mission européenne EUTM Mali pour lequel ils sont dédiés. Mais, au besoin, étant un des seuls hélicoptères disponibles sur Bamako, ils peuvent intervenir pour tout rapatriement médical « jugé utile » par le chef de mission pour des « alliés » ou « amis ». Ainsi ils pourraient intervenir au profit de Maliens blessés lors d’entraînement ou dans d’autres endroits, voire des forces africaines ou des forces françaises de Serval. De la même manière, les Européens disposent, en cas de besoin, de l’hôpital français de l’opération Serval. De façon informelle, les moyens médicaux sont ainsi mutualisés et peuvent servir, en cas d’urgence, pour l’un ou l’autre. L’application, ni plus ni moins, du serment d’Hippocrate, comme l’a précisé un médecin militaire à B2.

Des conditions de vol bien différentes de l’Europe

La difficulté ou plutôt la différence avec les autres mission (en Europe) est patente. « Nous avons beaucoup moins de repères qu’en Europe. Si on s’écarte de l’axe du fleuve Niger, on volera aux instruments de navigation ou à l’estime, un peu à l’ancienne, avec la carte. Et, comme les distances sont longues il y a peu de place pour l’erreur. De nuit, il y a très peu de luminosité fournie par le sol. » Il faut donc tenir compte… de la lune. Conditions inexistantes en Europe.

La chaleur (qui produit une moindre portance entre 25 et 40%) comme la poussière sont aussi deux constantes importantes dont il faut tenir compte. Notamment dans les phases de décollage et atterrissage. « C’est plutôt l’effet collatéral de la poussière pour ceux qui sont au sol » qui est primordiale. « Nous on s’est habitués à ces conditions d’atterrissage » où la poussière rend la visibilité nulle. Mais pour l’entretien de l’aéronef, cela joue également « Les hélico souffrent. Le plexiglas, les zones de compresseurs (alu) ». Une poussière très « différente du Bénin » où les équipages belges ont déjà été déployés. Plus légère sans doute, plus sableuse…

L’entretien nécessaire

Après chaque journée de vol, il y a l’entretien journalier de l’hélicoptère, qui prend 1 ou 2 heures, avec le nettoyage et la vérification du jeu de commandes, et autres tests. La révision des 100 heures est plus conséquente, l’hélicoptère est démonté et remonté, une opération qui prend de 4 à 5 jours. Le très grand entretien (toutes les 600 heures) ne se fait pas sur place mais en Belgique, sur la base de Beauvechain. Mais il n’y a pas trop d’inquiétude, la moyenne de vol est de 50 heures par mois. Hormis les temps d’intervention, les pilotes doivent continuer à voler et s’entrainer. « Nous avons un syllabus d’entrainement pour les pilotes » sinon ils perdent certaines qualifications…

Mali : jouer l’effet de surprise (général Saint-Quentin)

(BRUXELLES2 – suite du reportage à Bamako) Avant de reprendre l’avion, quand l’atmosphère devient un peu moins pesante et que l’emploi du temps officiel s’allège, j’ai le temps, la chance, de pouvoir rencontrer le général Saint-Quentin qui commande l’opération Serval. De longues minutes d’entretien pour reprendre l’ensemble de la tactique suivie par les militaires français contre les rebelles.

Le sens de l’initiative

Le général revient sur l’offensive des groupes rebelles début janvier « Ils avaient massé des troupes. C’était bien une armée, agissant sur deux fuseaux, bien coordonnées. Ils avaient des moyens, une organisation militaire, des soutiens logistiques, de santé. Tout cela était pensé et coordonné. Ansar Dine sur le fuseau Est vers Mopti et Sévaré et AQMI qui prend le fuseau Ouest vers Djibali. » Mais, lors de la contre-offensive française, entamée le 11 janvier « On a vraiment eu l’initiative. Ils ont « été surpris, totalement surpris. Ils ont reflué, pas automatiquement en désordre. Mais (ce faisant) ils ont offert des points de vulnérabilité à nos frappes».

NB : nombre de pickups des rebelles qui évoluaient en colonne ont été détruits, au départ, par les frappes aériennes. Les rebelles ont alors « changé de stratégie », explique un officier en évoluant de manière plus dispersées. Mais certains ont abandonné les véhicules. Plusieurs d’entre eux ont ainsi été retrouvés, dans la région de Gao, abandonnés avec le plein d’essence. Signe d’une fuite en désordre

Un effet de surprise, pour tous…

Lors de la reconquête de Gao et Tombouctou, les forces françaises ont « fait une manœuvre très rapide pour essayer de les saisir. Mais ils avaient déjà reflué. Ils ne se sont pas battus dans les villes. » Ensuite « on a continué sur le même tempo ». Avec toujours le même souci : « maintenir la pression et la désorganisation » chez l’adversaire. Les Français ont ainsi « atteint Tessalit près d’un mois après l’offensive, le 9 février ». « L’effet de surprise a été aussi pour nous. On n’avait pas de plan, on ne jouait pas un plan. » Alors que sur une campagne, on planifie sur deux ou trois mois et sur une planification de théâtre c’est à un mois, ici « on a planifié semaine par semaine ». Avec toujours une hypothèque : où l’ennemi va vous attendre ?

Le sanctuaire des Adrars

Arrivé à Tessalit, « on a eu un certain nombre d’informations qu’ils étaient dans l’Adrar des Ifoghas ». Cette région « offre l’avantage d’être aisément fortifiable. C’est un sanctuaire. Et on peut y vivre toute l’année car il y a de l’eau. » La question était alors de savoir si les rebelles livreraient combat ou fuiraient ? Finalement, c’est la première option qu’ils choisiront. Il semble cependant qu’un certain nombre de chefs ont laissé leurs équipes et sont reparties plus au nord, vers la Libye via le Niger ou l’Algérie. La question du pourquoi de cette tactique est encore posée. « N’avaient-ils pas d’autre position de repli ? Voulaient-ils défendre un mythe, un sanctuaire où la souveraineté malienne ne s’était pas exercé depuis les premières rebellions touaregs. Ou ont-ils sous estimé la détermination de la France à démonter l’organisation ? » Peut-être un peu des trois. Il faut aussi voir qu’il y avait incontestablement une « certaine désorganisation » dans les rangs des rebelles. « Ils ont été secoués ».  Les Français ont mené un certain nombre de raids aériens. « En retraite permanente, vous n’avez pas trop de temps de faire de la pensée stratégique. »

Un combat pied à pied dans le sanctuaire

Les rebelles (les « terroristes » selon le général) se sont défendus pied à pied. Ils s’étaient organisés pour cela avec postes de gardes avancés, réserves d’alimentation, infirmerie de campagne… Les combats dans l’Adrar ont été « une véritable bataille. Des adversaires comme on n’a pas rencontré en Afghanistan. Ils avaient une détermination totale, ne se rendaient pas. (…) Plusieurs des combattants avaient même une veste suicide. Ils combattent tant qu’il y a des munitions. » Et quand ils n’en ont plus et que l’adversaire est proche, ils s’explosent. Une sorte de parachute de la mort. « Il y a eu peu de prisonniers ». 15 environ, « remis aux autorités maliennes ». Quant aux pertes, le général se veut discret renvoyant sur les chiffres officiels du ministère. On parle ainsi d’environ 500 morts. « Dès qu’ils peuvent, ils récupèrent leurs morts. »

(*) Ce point a été confirmé à B2 par des officiers revenant du nord. « Les soldats étaient très proches l’un de l’autre. La moyenne des combats était à 70 mètres ».

Le danger : la bunkerisation

Le risque maintenant au Mali est l’endormissement et la bunkerisation. « En tactique militaire, vous ne tenez jamais une position avec un fort. Si on tient une position, il faut être mobile, faire des patrouilles. Il ne faut jamais se bunkeriser. Il faut continuer à être actif. Ne serait-ce que pour sécuriser la population. » « Ce n’est pas un théâtre installé comme en Afghanistan. Il y a une dynamique d’action. On ne tombe pas dans la routine. Certains militaires ont fait 3000 km d’affilée. Il ne peut pas y avoir de routine à ce rythme. (…) Tout le monde a conscience qu’il y a dynamique positive et qu’il faut l’exploiter. Il n’est pas de raison du tout de mettre le bémol sur les opérations. »

Comparer avec l’Afghanistan – comme certains commentateurs l’ont fait – est totalement erroné pour le général. « C’est extrêmement différent. L’Afghanistan a été 30 ans en guerre, d’abord contre les Russes puis entre eux avec des canons, des chars d’assaut. Ici, nous avons affaire à des combattants venus de l’étranger. Il est difficile de comparer le terrain, difficile de comparer la stratégie.

Le sort des prisonniers

Quand il y a des prisonniers, ils sont « soit transférés vers les autorités maliennes sous contrôle du CICR ou ce sont les Maliens qui s’en chargent » directement. C’est le traité SOFA stipule le traitement des prisonniers, et les modalités de transfert.

Le soutien des alliés : appréciable

Il était « difficile de faire autrement » qu’une opération en solo de la France. « On n’avait pas besoin d’unités combattantes. Pour le transport, c’était nécessaire. » « Le président a pris la décision tout seul en quelques heures, quand le Mali avait demandé l’aide. Mais « on ne s’est pas senti seul » explique le général. Le soutien des alliés a été « appréciable ». Un tiers des vols stratégiques a ainsi été fait par les C17 canadiens, américains et britannique, le restant par les avions ukrainiens ou russes affrétés par la France (dans le cadre du contrat Salis notamment). Et au niveau tactique, les alliés belges notamment ont été appréciés. Outre le transport. il y a « des échanges d’informations » avec les alliés, notamment britanniques. Un « partage effectué en permanence ».

Le relais a déjà commencé : les Africains « font le maximum pour aller de l’avant »

Le général se montre « assez confiant sur la façon dont le relais avec les forces africaines va être assuré » et « plutôt optimiste ». Il a ainsi un autre avis que ses collègues du Pentagone sur les contingents déjà présents. « Si on juge les gens sur standards occidentaux, on peut être pessimistes. Il ne faut pas avoir un œil trop rigoureux, occidental ou jusqu’au-boutiste. » Et de rappeler que l’on avait prévu au départ environ 3000 hommes en disant qu’ils « ne seraient pas prêts en septembre ». Il y en a « plus du double aujourd’hui ». Et ils se déploient. Le relais est ainsi assuré à Gao et à Tombouctou (avec le bataillon burkinabais). « Il faut voir que ce sont des armées qui, avec peu de moyens, font le maximum pour aller de l’avant, se déployer vite, jouer leur rôle dans la stabilisation. » « Toute l’énergie doit être mobilisée pour les soutenir, les accompagner dans cette mission et combler les lacunes qu’ils ont, par exemple en les aidant au plan logistique et de transport », ce qui la « principale difficulté aujourd’hui ».

Mort au combat pour la France (et la Belgique)

(BRUXELLES2) La mort d’un légionnaire du 2e REP près de Tessalit a suscité des réactions des deux côtés de la frontière franco-belge. Le sergent-chef de 33 ans, décédé dans un accrochage était, en effet, originaire de Brecht (près de la frontière néerlandaise, non loin de Breda). Naturalisé français, il avait gardé sa nationalité belge. Et c’est ainsi que tour à tour, le ministre français de la Défense, JY Le Drian, puis le ministère belge des Affaires étrangères, Didier Reynders ont adressé leurs condoléances à la famille.

« Le sergent-chef Harold Vormezeele est tombé en accomplissant la mission qui lui avait été donnée, pour défendre sur le sol malien notre sécurité et notre liberté. Avec ses frères d’armes, je rends hommage à Harold Vormezeele, mort pour la France. Notre détermination à combattre les groupes terroristes qui menacent l’intégrité du Mali est totale et nos opérations se poursuivront, sous l’autorité du Président de la République », a ainsi déclaré Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Tandis qu’en fin de soirée, Didier Reynders faisait part « avec tristesse du décès du sergent-chef Harold Vormezeele » et présenté « ses sincères condoléances à sa famille et ses amis ».

Sous-officier de la section de commandos parachutistes du 2e Régiment étranger de parachutistes (2e REP) de Calvi, Harold Vormezeele a été tué lors de combats menés à 50 km au sud de Tessalit. C’est le second militaire mort pour la France au Mali, après le chef de bataillon Damien Boiteux, mort au combat dans les premières heures de l’opération Serval.

La Belgique confirme son engagement dans EUTM Mali (maj)

(BRUXELLES2) A l’issue d’une réunion restreinte du Conseil des ministres, le gouvernement belge a décidé de s’engager dans l’opération européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), ont annoncé de concert les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders et Pieter de Crem.

Les hélicoptères d’évacuation médicale changeront ainsi de casquette opérationnelle le 15 mars, passant du commandement français (soutien à l’opération Serval) au commandement européen. Le lieu d’implantation devrait être changé, passant de Sévaré à Koulikoro, selon nos sources. Des forces de protection belges pourraient être aussi mises à disposition de la mission européenne mais de façon « proportionnée (aux) efforts fournis par d’autres partenaires européens ». Quant à la mission des avions C-130, engagés dans l’opération Serval, elle devrait cesser dès la fin février. Cet engagement dans la mission EUTM Mali et ce désengagement de l’opération Serval est le fruit d’un savant équilibre politique, opérationnel et financier.

L’objectif est de ne pas grever, outre-mesure, le budget des opérations de l’armée belge, déjà engagée sur d’autres fronts en Afrique. Dans le même temps, il s’agit de ne pas bloquer les opérations européennes de Défense, pour lesquelles la Belgique a souvent milité. Mais aussi de pousser un peu certains partenaires européens, beaucoup plus timides dans leur engagement. Enfin, et aussi, il s’agit de préserver les compétences de l’armée belge en Afrique, dont c’est un peu l’élément naturel.

Lire aussi : entretien avec Christophe Lacroix, Certains pays pourraient faire plus…

Le KDC 10 néerlandais découvre Bamako

déchargement des marchandises sur Bamako (crédit : ministère néerlandais de la Défense)

(B2) L’avion de transport néerlandais KDC10 a effectué son premier vol vers Bamako, dans le cadre du soutien à l’opération Serval au Mali. Le cabinet (gouvernement) avait, jusqu’à présent, mis une réserve à l’emploi de cet appareil vers Bamako, n’autorisant un vol que vers le Tchad, estimant la situation dans la capitale malienne peu sûre. Cette réserve a été levée. L’appareil a quitté la base aérienne de Eindhoven jeudi vers la France pour prendre des marchandises avant de reprendre l’air vers Bamako. Il est rentré dans la nuit de vendredi à samedi annonce la défense néerlandaise.

Un avion multifonctionnel

L’armée de l’air néerlandaise a acheté en juin 1992, deux DC-10, à la compagnie aérienne Martinair. Ils ont été convertis au transport multifonctionnel et avions ravitailleurs et mis en service à la mi-1995. L’avantage du KDC-10 (comme son concurrent l’A330) est son adaptabilité et la possibilité de transporter sur de grandes distances de grosses quantités de marchandises ou du personnel. En configuration fret, il peut transporter maximum 65 tonnes. En configuration mixte passagers/ fret, il peut transporter 165 personnes une demi-charge de fret. En configuration ravitailleur, il délivre 1750 litres de carburant par minute par un système RARO avec une perche (boom) de 8 mètres de long située à l’arrière de l’appareil qui peut être étendue à une longueur maximale de 15 mètres.

Les alliés au Mali : encombrants, inutiles, utiles ? Le vrai, le faux …

Arrivée des équipes à Sévaré (crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2) Il est de bon ton souvent de railler le faible apport des alliés européens ou nord-américains au Mali. Et effectivement la timidité européenne (et américaine) à s’engager de façon frontale dans l’opération au Mali – que ce soit pour soutenir l’opération française (Serval) ou la mission européenne de formation (EUTM Mali) – n’est pas feinte. Sans compter les difficultés d’ordre politique, technique ou financière, qui sont plus triviales voire cocasses. Mais on oublie souvent de dire combien cette aide est utile, précieuse et couteuse pour ceux qui prêtent leurs concours. Dire cela ne signifie pas enlever à la prouesse ou à l’engagement des soldats français qui ont été à l’oeuvre en premier (pilotes des Transall, hélicoptères…  personnels techniques, marsouins, parachutistes et troupes au sol parties à la reconquête du nord mali). Mais, à l’heure où la France a les pieds dans le déficit, pousser un « cocorico » de satisfaction ne dure même pas le souffle d’un posé de Transall sur une piste de Bamako. C’est la dure réalité. Sans l’apport précieux et couteux des Alliés, c’est bien simple, l’opération « Serval » n’aurait pas duré plus de 72 heures… et aurait couté beaucoup plus cher sans compter le risque supplémentaire d’un acheminement trop lent sur place.

La timidité européenne est bien réelle

Il ne faut pas le nier et pas le cacher. Il n’est que de voir la difficulté pour rassembler quelques dizaines de soldats destinés à assurer la protection « statique » des effectifs européens de EUTM Mali et l’impossibilité jusqu’à présent de trouver deux hélicoptères d’évacuation médicale (ce devrait être réglé d’ici ce week-end). Ce qui est tout de même un comble ! Les pays de l’Union européenne se retrouvent – malgré tous les effectifs et matériels figurant sur les listings des budgets de la défense respectifs – incapable de fournir rapidement deux engins, les équipages et les équipes de soutien, pour une action somme toute classique des armées. A priori, le risque est assez limité et a une grande visibilité. L’évacuation médicale a une très bonne image dans les populations. Et, pour peu qu’elle serve au profit de civils en difficulté, elle représente un gage politique comme médiatique certain… C’est proprement incompréhensible et ne peut que susciter railleries et commentaires désobligeants. Quant au très faible engagement de la Haute représentante de l’UE, C. Ashton, dans cette affaire, il est tout aussi affligeant. Se réfugier derrière un : « C’est un problème des Etats membres » n’enlève rien à l’absence politique.

Les difficultés du « multinational » sont nombreuses et variées

Et quand les matériels sont là, les problèmes ne s’arrêtent pas. Il y a les « caveats » (restrictions d’emploi). Les Néerlandais ne posent pas ainsi leur KC-10 à Bamako, pour « raisons de sécurité »… Apparemment ces raisons de sécurité n’empêchent ni d’autres avions militaires (belges, italiens, canadiens, espagnols…) ni même les avions des compagnies civiles (Air France, Air Algérie…) de se poser sans encombre sur l’aéroport de la capitale malienne. Mais à la La Haye, on reste ferme. En fait, un avion de la KLM a moins de limites qu’un avion de la Royal air force néerlandaise. Un comble !

Les normes aussi sont différentes. L’avion britannique C-17 qui s’est posé à Evreux a refusé d’embarquer les rations des soldats. Un responsable de vol, tatillon, a en effet trouvé qu’il y avait des … allumettes dans les rations de combat sur les palettes à transporter. Impossible ! On ne mélange pas munitions et dispositif d’allumage dans le même appareil. Règle de la RAF. Il a fallu quelques heures de patience et un coup de fil entre les deux chefs d’Etat-Major pour régler la question.

Enfin, il y a les prétentions financières. Les Américains ont ainsi voulu par faire payer la facture rubis sur l’ongle aux Français. Coût de la facture annoncée : 50.000 $ l’heure (soit du tout compris). L’information ayant fuité dans la presse US, le Pentagone a vite remballé ses prétentions et est revenu à une habitude plus usuelle (le remboursement des frais supplémentaires engagés : kérosène…). Etc.

L’apport des Belges, Canadiens, Britanniques…  : précieux !

Quand on analyse la situation, il ne faut pas s’arrêter au verre à moitié vide comme se complaisent souvent ceux qui raillent l’absence d’Europe et se pencher sur le verso de la médaille (le verre à moitié plein). L’apport des moyens européens et alliés à l’opération Serval n’est pas négligeable. Si bien souvent, on vante l’apport britannique – réel – il ne faut pas oublier d’autres contributions, plus discrètes sans doute mais tout aussi efficaces. L’apport des deux C-130 Belges « disponibles, qui peuvent aller partout » a été « précieux et utile » rappelait ainsi récemment à B2 un haut responsable français du ministère de la Défense. Tout comme « l’apport des C-17 Canadiens ». Ces pays ont, en effet, répondu tout de suite présents à la demande française. Et les avions ont décollé dans les jours suivants : le 14 janvier (lundi) pour les Britanniques et Canadiens, le 15 (mardi) pour les Belges, le 17 (jeudi) pour les Allemands.

Les C130 Hercules belges ont ainsi transporté 280 T de matériel et 399 passagers (selon un bilan dressé le 12 février). Et ils ne se contentent pas de faire la navette Abidjan Bamako mais vont se poser directement au plus près des besoins, à Gao ou Tombouctou au besoin. Les C17 canadiens ont déjà mené, selon Ottawa, 26 vols et transporté environ 730 T de matériel (à la date du 13 février). Le C-130 Hercules espagnol basé à Dakar (Sénégal) a déjà effectué, depuis le 26 janvier, 18 missions, totalisant 60 heures de vol, emportant vers le Mali 185 passagers et 40 tonnes de fret pour les besoins de la Misma (africaine) comme de l’opération Serval (française), selon le bilan dressé par le secrétaire général pour la politique de la Défense espagnol à Dublin (au 12 février). Les C160 (Transall) allemands ont effectué 48 vols transportant 337 personnes et 92 T matériel (selon la Bundeswehr au 8 février). Rien que pour ces 4 nations, on est déjà à plus de 1000 tonnes transportés et près de 1000 personnels…

Sans oublier ceux qui viennent en renfort… en France

Dans cette liste, il ne faut pas oublier l’aide discrète mais essentielle des partenaires de l’EATC – le commandement européen de l’aviation de transport. Notamment les avions allemands qui ont pris le relais des avions français pour toutes les opérations de transport de « routine » en France. « A votre avis, qui transporte nos parachutistes pour s’entraîner ? » m’indiquait donc cette source avertie.  Et tout cela a un coût sonnant et trébuchant : environ 10 millions d’euros pour le C130 espagnol (sur trois mois selon Madrid), 18,6 millions $ (environ 13,3 millions d’euros) pour le C17 canadien (sur un mois selon Ottawa),  7 millions d’euros pour les 2 hélicoptères Medevac belges (sur un mois selon Pieter de Crem), etc…

Sortez votre calculette.

Additionnez, multipliez ! Et voyez si l’apport européen a été négligeable. Pour ma part, je le chiffre entre 60 et 100 millions d’euros dans le premier mois ! Soit tout autant que l’engagement français annoncé par le ministre Jean-Yves Le Drian (70 millions d’euros).