Serbie

Belgrade et Pristina scellent leur accord sur le nord du Kosovo

Belgrade et Pristina scellent leur accord sur le nord du Kosovo

Le Protocole d’Accord Belgrade-Pristina sur le nord du Kosovo paraphé (Crédit : B2 / EBS)

(BRUXELLES2) Le moment est “historique”. Ce mot est si souvent galvaudé qu’on n’ose l’utiliser. Mais c’est la réalité. Et pour le service diplomatique européen, sa chef, Catherine Ashton, et l’Union européenne, c’est incontestablement un succès. Belgrade et Pristina ont décidé de mettre fin à la guerre des mots et des pouvoirs, voire plus, qui les opposait depuis 2008 et la déclaration d’indépendance de l’ancienne province serbe, voire depuis 1999 où, sous protection de l’OTAN, le Kosovo avait obtenu une autonomie de fait de la Serbie.

Tout cela sous l’égide de négociations menées sous l’égide de Bruxelles, avec la complicité active de certaines capitales, notamment de Berlin ; en posant à l’été 2011, un réel ultimatum à Belgrade – avant toute décision sur le processus d’adhésion de la Serbie, celle-ci « doit démanteler les structures parallèles dans le nord du Kosovo » – la chancelière Angela Merkel a assurément mis la pression.

Si cet accord est respecté, c’est ainsi un des derniers points noirs de l’Europe – après le nord de l’Irlande et le pays basque – qui devrait être pacifié. Il restera encore la Transnistrie, l’Ossétie-Abkhazie et le Nagorno Karabakh. Mais cela est un peu plus loin…

Un conflit qui n’a pas été que verbal

Plusieurs personnes y ont perdu la vie. Citons (récemment) : un habitant albanais tué par un engin explosif en avril 2012 ; un Serbe pris à partie en novembre 2011 (lire : Incident grave au nord Kosovo, 1 mort, 3 blessés, Eulex enquête) ; un policier kosovar en juillet 2011 lors de l’attaque des postes frontières (lire : Flambée au nord du Kosovo) ; un policier ukrainien de la MINUK mort en mars 2008 lors d’affrontements violents entre des manifestants serbes et les forces internationales où de nombreux soldats de la KFOR furent également blessés (lire : 3 nouvelles condamnations au Kosovo du nord)

Cette signature est un poids en moins pour les deux parties comme pour les Européens

La déclaration de Catherine Ashton, un peu avant 17h, venue devant les portes du Service diplomatique européen (il n’y a pas de perron) annoncer que les négociations entre Belgrade et sont bel et bien « conclues » est donc un soulagement pour tout le monde. Le nord du Kosovo, peuplé en majorité de Serbes, restait en effet une épine dans le pied à la fois pour Pristina – qui ne pouvait assurer son autorité dans le nord – que de Belgrade – qui se voyait empêché de commencer sa route d’adhésion vers l’Union européenne – comme des Européens et de l’OTAN – qui devaient maintenir sur un petit territoire de km2 une présence militaire et policière importante face à une situation instable qui pouvait dégénérer à tout moment. Et lundi, les ministres des Affaires européennes des 27 pourraient ainsi donner leur feu vert de principe à l’entrée de la Serbie dans le processus d’adhésion à l’Union européenne.

Tout n’est cependant pas encore réglé

Il va falloir que chacun des Premiers ministres concernés aille soutenir devant ses supporters et son opinion publique qu’il n’a rien cédé et que l’accord est bon pour leur peuple. Certains détails doivent encore être précisés. Il faudra voir aussi comment le nord du Kosovo réagit à cet accord. De façon formelle, Hashim Thaci et Ivica Dacic se sont d’ailleurs bien gardés de signer l’accord en commun. Ni même de le signer tout court. Il s’agit bien d’un “paraphe”, de la fin d’une négociation, et non d’une signature en bonne et due forme. C’est d’ailleurs de façon séparée que le Kosovar et le Serbe sont venus “parapher”, dans une salle séparée, avec C. Ashton, ce protocole d’accord qui existe en deux exemplaires. Mais qu’importe. Comme l’a rappelé la Haute représentante de l’UE, « le texte a été paraphé par les deux Premiers ministres. Je tiens à les féliciter pour leur détermination durant ces mois, et le courage qu’ils ont montré. C’est très important, un signe pour s’éloigner du passé et pour tous deux se rapprocher étroitement de l’Europe ».

Les différentes dispositions de l’accord ainsi que le déplacement à l’OTAN sont détaillées pour les abonnés du Club de B2.

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Kosovo/Serbie: 12 heures de dialogue pour rien? (maj)

(crédit: EULEX Kosovo)

(BRUXELLES2) « Le fossé entre les deux parties est très étroit, mais profond ». Voilà ce qui ressort des douze heures de négociations conduites par la Haute représentante de l’UE Catherine Ashton, entre le chef du gouvernement serbe Ivica Dacic et le premier ministre kosovar Hashim Thaci. Cette huitième réunion « du dialogue pour la normalisation des relations entre Pristina (Kosovo) et Belgrade » et devait être la dernière du cycle. Mais la conclusion attendue n’a pas eu lieu…

Un accord qui se fait attendre

Comme l’a rappelé le chef du gouvernement serbe, à l’issue de la réunion, « Nous ne sommes pas parvenus à un accord ce soir » mais « nous avons encore du temps pour trouver une solution » Aucun accord n’a donc été conclu comme l’espérait la Haute représentante, Catherine Ashton. Mais « un certain nombre de propositions ont été mises sur la table » ; les responsables « vont maintenant rentrer dans leurs capitales et consulter leurs collègues et me feront savoir leurs décisions dans les jours à venir ».

Quelles divergences profondes?

Le point de blocage concerne la partie nord du Kosovo. Ce territoire, peuplé majoritairement de serbes, reste encore très autonome par rapport au pouvoir de Pristina (majorité albanaise) 5 ans après l’indépendance. Les autorités serbes demandent une plus grande autonomie de la région nord et la mise en place d’une « association » des municipalités qui disposeraient d’un pouvoir exécutif en matière de justice, de police et de sécurité. Ce qui pose par extension le devenir de la mission Eulex dans cette partie du pays. Les autorités du Kosovo craignent que cette autonomie glisse, à terme, vers une sécession de la partie nord. Elles demandent l’affirmation de l’autorité formelle de Pristina par la Serbie. La mise en place de cet accord est nécessaire aussi pour la Serbie car elle lui permettrait d’avancer vers l’ouverture de négociations d’adhésion.

(maj) Selon un diplomate proche des négociations, le point de blocage ne serait pas tellement autour de la création de l’association des municipalités. Le débat serait rude entre les deux parties à propos des pouvoirs (police, justice) qui seraient délivrés aux communes. En décembre 2012, le Conseil demandait la mise en place “d’une seule configuration institutionnelle et administrative fonctionnelle” dans le Nord du Kosovo afin d’éviter une superposition des prérogatives.

Un rapport sur ce dialogue devrait être remis au conseil des ministres des Affaires étrangères le 22 avril.

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Le droit de propriété du monastère serbe de Decani au Kosovo. Sensible…

le monastère et sa zone agricole et boisée aux alentours (Source : kosovo.net)

(BRUXELLES2)  C’est un procès très sensible qui vient de s’achever devant la chambre spéciale du Kosovo. Un panel mixte, présidé par un magistrat européen, de la mission EULEX (Etat de droit), vient en effet de se prononcer jeudi (27 décembre) sur les droits de propriété de 23 hectares environ situés dans  la zone spéciale du monastère de Visoki Dečani, près de Pecs (est du Kosovo). Il a ainsi rejeté comme “infondées” les plaintes de deux sociétés collectives (ou SOE comme Socially Owned Enterprises) sur des terres administrées par le monastère.

Un litige touchant de près à l’âme et au fond du conflit serbo-kosovar

La SOE Apiko – sur lequel est établie une fabrique de miel – et l’hôtel Iliria contestaient l’usage des terres données au monastère par un document remontant aux dernières années d’avant l’indépendance.

Un petit retour en arrière s’impose pour bien comprendre la situation. Nous sommes en 1997. Le Kosovo est alors encore sous le contrôle étroit de la Serbie (son statut de province autonome ayant été supprimé en 1989). Mais l’UCK – l’armée de libération du Kosovo – livre une véritable guerre d’indépendance contre les autorités serbes (elle bénéficiera notamment de livraisons d’armes venant des arsenaux pillés en Albanie). Le gouvernement (de Belgrade) décide d’octroyer, dans deux actes séparés de donation, deux terres, de 12 hectares chacune environ, au monastère orthodoxe serbe de Visoki Dečani.

La Minuk en force protectrice

En décembre 2000, les deux sociétés entament une procédure contre le monastère, la municipalité de Decan et la république de Serbie, estimant cette emprise illégale. Un document – présenté par le représentant spécial de l’ONU, à l’époque Bernard Kouchner – confirme que le monastère de Decan a le droit d’utiliser et de cultiver la terre à proximité et prohibe les activités économiques de l’usine de miel et de l’hôtel, selon les sources kosovares (Kosovolive). Ce qui donnera lieu à des débats très politiques sur : la mixité des populations ; la notion d’antériorité dans le droit de propriétés ; la capacité des Kosovars Albanais à administrer leur terre comme celui des minorités à pouvoir y rester ; le tout sur un fond très sensible de la présence religieuse orthodoxe – question fondamentale pour les Serbes car ils estiment que le berceau de leur religion se situe justement… au Kosovo.

Un procès tout autant sur le fond sur sur la forme

Le débat durant ces 12 années de procédure a donc autant porté sur le fond – la propriété et l’usage des terres – que la manière de régler le litige et la procédure, les moines orthodoxes refusant la compétence des autorités kosovares. Ainsi le bureau des affaires juridiques de la Minuk – agissant au nom de l’agence de propriété du Kosovo – a été reconnu par le “Ownership Panel” (tribunal de conciliation sur les propriétés) comme le représentant légal des deux sociétés collectives.

Un jugement de Salomon

Le panel a reconnu qu’un accord avait été conclu entre la MINUK et le monastère prévoyant le renoncement aux droits des deux sociétés Apiko et Iliria sur les parcelles cadastrales à l’intérieur de la zone spéciale du Monastère de Dečani. Tandis que le monastère renonçait à toute prétention sur les parcelles cadastrales en dehors de la zone spéciale, ce en faveur de la société Iliria. La légalité de cet accord a été confirmée et les plaintes des entreprises publiques rejetées comme non fondées.

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Bruxelles observe de près la mise en place des postes frontière serbo-kosovars

(BRUXELLES2) Suivant avec soin la question, Catherine Ashton s’est dite «réjouie» des avancées réalisées au sein du groupe de travail sur la “gestion intégrée des frontières” (IBM) entre le Kosovo et la Serbie. Le groupe s’est réuni mardi 18 décembre afin de s’accorder sur les quelques problèmes techniques qui étaient apparus après l’ouverture de deux premiers points de contrôle communs aux frontières à Jarinje et Merdare. «La Haute Représentante s’attend à ce que l’accord trouvé hier permette un fonctionnement fluide des deux points de contrôle communs ouverts le 10 décembre et l’ouverture de deux points supplémentaires avant la fin de l’année», a déclaré le service diplomatique via le porte parole de Mme Ashton.

Alors que les 27 attendent encore de plus amples améliorations entre les deux pays avant de pouvoir avancer dans leurs calendriers d’adhésion respectifs, «l’UE s’attend à ce que les deux parties continuent de discuter sur tous les problèmes non-résolus, à chaque fois qu’ils se présentent, au sein du contexte du dialogue européen de normalisation des relations». Le groupe de travail IBM se réunira à nouveau le 10 janvier 2013 afin de préparer la réunion bilatérale entre les Premiers ministres Dacic et Thaçi qui, elle, aura lieu le 17 janvier.

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La course de lenteur des pays des Balkans pour rejoindre l’UE

(BRUXELLES2) Les “27″ se sont donné du temps pour décider des dates des futurs élargissements aux pays des Balkans. Réunis mardi (11 décembre), ils ont souhaité ne pas décevoir les candidats : les perspectives d’adhésion restent ouvertes mais ils se sont bien gardés – comme les pays demandeurs l’espéraient de fixer une date pour le début des négociations avec la Serbie et avec l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine (FYROM/ARYM). Idem pour l’ouverture des négociations d’un accord d’association et de stabilisation (ASA) avec le Kosovo. Il faudra attendre, pour ces deux là, une nouvelle évaluation des acquis européens, notamment dans le domaine des Droits fondamentaux, de la justice et de la liberté, faite par la Commission et une nouvelle proposition d’ouverture des négociations pour se prononcer. Rendez-vous est donc pris au sommet de printemps 2013, pour réexaminer toutes ces conditions. Pour les autres (Albanie, Bosnie-Herzégovine), la situation n’est pas désespérée, mais le patient est encore bien atteint, comme on dirait dans le milieu médical ; les conditions sont loin d’être remplies disent les diplomates…

La situation au nord-Kosovo continue de faire obstacle à la Serbie

La Serbie a le statut officiel de pays candidat depuis mars 2012, et la date de début des négociations attend toujours une amélioration des relations avec le Kosovo. Aux yeux du Conseil, cela commence par une meilleur coopération avec la mission européenne EULEX Kosovo et avec un accès au nord du Kosovo pour celle-ci. Belgrade doit également progresser afin de combiner les entités institutionnelles et administratives serbes du nord-Kosovo avec celles de Pristina. Les “27″ ont ainsi répété combien ils attachent une « grande importance » à  ne pas voir empêché d’EULEX d’exécuter son mandat.

Les Etats-membres ont toutefois “félicité” les deux Premiers ministres des deux cotés, Dacic et Thaçi, pour les récents efforts consentis sur le contrôle aux frontières, les officiers de liaisons, les flux d’argent vers le Kosovo et la protection de l’héritage culturel et religieux (lire aussi : Accord entre Belgrade et Pristina sur un contrôle commun aux frontières). En outre, les 27 s’accordent à dire que le pays “en de bonne voie afin de remplir les critères politiques de l’accord de stabilisation et d’association”. Même si des problèmes demeurent, notamment vis à vis des droits des minorités (les Roms tout particulièrement) et de la discrimination fondée sur le genre et l’orientation sexuelle. Pour le Commissaire européen à l’élargissement, Stefan Füle, qui s’exprimait à la fin du Conseil, le pays a “pris toute une série de mesures importantes” et que cela lui “fait penser que des résultats supplémentaires seraient atteints durant le premier semestre 2013, ce qui nous permettra de recommander le début des négociations d’accession.”

M. Dimitrios AVRAMOPOULOS, Ministre grec des affaires étrangères. (Crédit Conseil de l’Union européenne)

FYROM : pas d’accord bilatéral avec la Grèce en vue, pas de négociation d’adhésion

Le Conseil a simplement « pris note » – et cela pour la quatrième année consécutive – des recommandations de la Commission européenne prônant l’ouverture des négociations , assurant que les critères politiques sont remplis. Mais elle a aussi rappelé que le « maintien de bonnes relations de voisinage, y compris une solution mutuellement acceptée et négociée sur la question du nom, sous les auspices de l’ONU, reste essentielle », comme l’avait déjà précisé le Conseil européen en juin 2008. Selon un diplomate, 14 Etats étaient prêts à fixer une date d’ouverture pour les négociations d’adhésion, 13 étaient plus ou moins réservés, estimant qu’il fallait au préalable que certaines conditions soient remplies. Comme l’unanimité est nécessaire en la matière, on perçoit le chemin à parcourir.

Il « faut trouver une conclusion définitive sur cette question (du nom) sans délai ». Certes les “27″ se disent “encouragés” par les récents échanges entre les deux pays et le mémorandum grec proposé le 4 octobre dernier (voir sur le Club de B2 – abonnés). Mais le consensus ne semble pas encore au rendez-vous. Quant aux relations difficiles qu’entretient la FYROM avec la Bulgarie, des récents contacts ont amélioré la situation. Mais les “27″ attendent, là encore, « des actions concrètes et des résultats ». Autrement dit… Circulez ! Du côté de la Commission, on se défend de toute paralysie. “Les conclusions (du Conseil) ouvrent des perspectives claires. Elles apportent de la clarté et constitue une avancée significative dans les relations entre l’ARYM et l’UE. Il y a un agenda clair des tâches à réaliser du côté de l’ARYM et du côté de l’UE”, a déclaré le porte parole de M. Füle. NB : L’Ancienne République de Macédoine (FYROM/ARYM) est candidate depuis décembre 2005. Et chaque année, c’est un peu le même circus. A croire que les dirigeants de cette toute jeune république n’ont pas encore tout compris …

Le marais bosnio-albanais

Pour les autres pays, le langage est moins optimiste. Les Européens ont ainsi identifié 12 “priorités” que l’Albanie doit résoudre avant de pouvoir espérer obtenir le statut de pays candidat. On trouve notamment des points importants comme la réforme des règles de procédure parlementaires, des réformes électorales et de nominations des principaux responsables, l’administration publique et judiciaire.

En Bosnie-Herzégovine, même s’il y a des progrès – loi sur les aides d’Etat et loi sur le recensement – cela traînaille encore. Et “l’usage de la rhétorique de division continue” de miner tout le processus. La Bosnie a plusieurs priorités. 1. mettre en conformité sa Constitution avec les règles de non-discrimination de la Convention européenne des Droits de l’homme – ce qui entre d’une certaine façon en contradiction avec les accords de Dayton qui prévoyaient une répartition des postes par “nationalité” -. 2. Appliquer ses obligations de l’accord intérimaire et de l’accord de stabilisation et d’association, notamment sur l’usage des fonds européens de pré-adhésion. 3. Mettre en place un système judiciaire indépendant, crédible, impartial et efficace. 4. Tenir compte de l’adhésion de la Croatie à l’Union européenne qui va conduire à fermer la frontière entre les deux pays à certains produits bosniens si celle-ci ne met pas en place certaines réglementations (par exemple au niveau vétérinaire pour les produits agricoles). 5. Formation d’un gouvernement stable à tous les niveaux. 6. Remplir toutes les conditions posées par la Communauté internationale pour la fermeture du bureau du Haut représentant international.

Pour le Kosovo, c’est un peu plus compliqué par le fait que 5 Etats européens n’ont toujours pas reconnu son indépendance. Même si le Conseil prend note de l’étude de faisabilité de la Commission estimant que la signature d’un accord d’association et de stabilisation peut se faire sans préjuger des positions (différentes) des Etats sur le statut du pays, les “27″ demandent au Kosovo de faire des « progrès (…) sur plusieurs points importants », notamment la coopération avec la mission EULEX, le travail de la task force spéciale d’enquêtes sur les trafics d’organes. Et « d’accélérer le rythme des réformes » notamment dans le domaine de la lutte contre le crime organisé, la corruption, les réformes judiciaires et la liberté d’expression.

A suivre également un commentaire plus général sur le processus d’élargissement de l’Union, ici

(avec l’aide de Damien Kerlouet)

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Accord entre Belgrade et Pristina sur un contrôle commun aux frontières

(BRUXELLES2) Alors que la semaine dernière les relations étaient loin d’être au beau fixe entre Serbes et Kosovars*, les deux Premiers Ministres, Ivica Dacic du côté serbe et Hashim Thaçi du côté kosovar, ont accepté d’envoyer des officiers de liaisons respectifs à Belgrade et Pristina et ont considéré les avancées sur l’accord de gestion intégrée des frontières (IBM) afin de mettre en place les points de contrôle communs aux frontières. La décision a été prise à Bruxelles lors de la 3e réunion de facilitation du dialogue entre les deux pays, menée sous l’égide de l’Union européenne.

Points de contrôle aux frontières communs

Les deux hommes se sont accordés d’envoyer des officiers de liaisons respectifs. Ce qui est un point non négligeable pour les discussions entre les deux capitales. Des discussions s’étaient déjà tenues lors des deux premières réunions du 19 octobre et du 7 novembre. Dans un premier temps l’Union européenne et ses délégations à Belgrade et Pristina serviront de bureau aux deux officiers. Concernant l’IBM, un accord de principe était intervenu il y a un an. Cette fois, le groupe de travail a élaboré l’accord et les détails ont été fixés. En tout ce sont quatre points de contrôle communs qui seront mis en place avant la fin de l’année 2012. Deux premiers points, 1 (Jarinje) & 3 (Merdare), seront opérationnels dès le 10 décembre. Les deux autres, 5 (Drini I Bardhe) & 31 (Brnjak), seront prêts pour le 31 décembre 2012.

La prochaine réunion, qui se tiendra le 17 janvier, devrait porter sur la protection de la communauté serbe au sein du Kosovo. Le premier Ministre kosovar Thaçi a déjà confirmé la mise en place d’une unité spéciale de police multi-ethnique visant à protéger “l’héritage culturel et religieux”. Les deux pays devraient aussi y discuter des moyens d’assurer la transparence des flux monétaires entre Belgrade et la communauté serbe au Kosovo. Les travaux en matière d’énergie et de télécommunications ont été laissés aux experts et seront également à l’agenda de janvier. Dernier point, une coopération accrue entre les commissions des personnes disparues devrait se mettre en place petit à petit.

(*) après l’acquittement en appel pour manque de preuves tangibles, par le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, de Ramush Haradinaj, accusé de Crime de guerre et Crime contre l’Humanité contre des Serbes, des Roms et des Albanais.

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L’ambassadeur serbe à l’OTAN fait le saut de l’ange (maj)

Branislav Milinkovic (à gauche) aux cotés du président Serbe Boris Tadic (au centre) et du secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer (à droite), lors de l'admission de la Serbie au Partenariat pour la paix de l'Alliance en décembre 2006 (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) La mort d’un ambassadeur en public est rare. Quand il s’agit d’un ambassadeur à l’OTAN c’est plus étonnant, d’autant plus en pleine réunion ministérielle de l’OTAN. Et jusqu’à ce matin, l’information de la chute mortelle d’un homme à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem semblait plutôt à ranger dans les faits divers qu’au rayon politique de défense. Notre confrère La Dernière Heure avait bien annoncé hier la mort “après une chute sur le parking diplomatique de l’aéroport” d’un homme vers 17h15, sans pouvoir préciser s’il s’agissait d’un suicide (lire ici). Ce sont les médias serbes, notamment le quotidien Blic, qui ont le premier fait le lien avec Branislav Milinkovic (Milinković), l’ambassadeur serbe auprès de l’OTAN.

Du haut du parking diplomatique à l’aéroport de Bruxelles

Milinkovic n’était pas là par hasard à l’aéroport. Mais en mission tout à fait officielle pour accueillir le vice-ministre des Affaires étrangères, Zoran Vujic, responsable de la politique de sécurité et des relations avec l’OTAN. Selon des diplomates présents sur place, c’est après avoir accueilli le ministre, qu’il a commis l’acte. « Il s’est dirigé vers la barrière et l’a enjambée ». Il a fait une chute d’une dizaine de mètres. Malgré la présence rapide des services de secours sur place, rien n’a pu être fait pour le réanimer. « Il est mort sur le coup » précise le porte-parole de l’aéroport. Le secrétaire général A.F. Rasmussen a tenu à saluer la mémoire du diplomate, se disant « très touché par (cette) mort tragique ». « Il avait suscité l’admiration de ses collègues. Il manquera ici au quartier général de l’OTAN » a-t-il ajouté.

Motif : suicide…

Les causes de sa mort restent encore floues. Le Premier ministre serbe Ivica Dacic, a expliqué avoir été informé dans la nuit. « L’enquête de la police belge est en cours. Mais de toute évidence il s’agit d’un suicide » a-t-il précisé, ajoutant « Quels en sont les motifs, pour quelles raisons, c’est difficile de le savoir.  » Au QG de l’Alliance, le secrétaire général A.F. Rasmussen s’est refusé d’aller plus avant qu’un laconique : « Je n’ai pas plus d’informations sur cette mort tragique ».

Agé de 52 ans, Milinkovic avait ouvert la mission de Serbie auprès de l’Alliance Atlantique en 2006 quand celle-ci avait rejoint le “Partenariat pour la paix” de l’Alliance et avait été auparavant ambassadeur de son pays (république fédérale de Yougoslavie puis Serbie et Monténégro auprès de l’OSCE à Vienne et des Nations-Unies. Dans un article publié en 1996 dans le Helsinki Monitor “The OSCE and the Federal republic of Yugoslavia : Chances and challenges“, il plaidait notamment pour la fin de la suspension de l’OSCE de son pays. de l’aveu de tous, dans les couloirs de l’Alliance, il avait laissé un souvenir excellent.

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Les diplômes kosovars certifiés conformes

(© European Union 2012)

(BRUXELLES2) Les diplômés kosovars vont désormais pouvoir poursuivre leurs études en Serbie ainsi que dans l’Union Européenne. Ainsi 73 diplômes du Kosovo ont été certifiés conformes, pour la première fois aujourd’hui, par les experts de l’Association Universitaire Européenne. Cette dernière avait en effet reçu le mandat d’évaluer ces diplômes dans le cadre du dialogue Pristina-Belgrade qui a débuté en mars 2011. « Cela permet à ces jeunes gens d’utiliser leur diplôme universitaire afin de poursuivre leurs études et de chercher un emploi en Serbie, comme ailleurs en Europe » a déclaré Robert Cooper, représentant de l’Union comme « facilitateur » dans les négociations entre la Serbie et le Kosovo. « Nous sommes fiers que ce dialogue ait produit cette petite mais utile avancée à la fois pour les serbes et les kosovars » a-t-il ajouté. Le dialogue porte sur trois volets principaux: la coopération régionale, la liberté de mouvement et l’Etat de Droit.

Un autre pan du dialogue (signé en juillet dernier) avait été accompli, le 1er juin dernier. Le Chef par intérim de la mission EULEX, Andy Sparkes, avait remis à Blerim Camaj, le chef de l’Agence de l’état civil, 52 livres répertoriant les actes de naissance de Janjevo (dans la municipalité de Lipjan), certifiés par la mission EULEX. Le nombre total de livres qui doivent être certifiés dans le cadre de ce processus se monte à plusieurs milliers. C’est donc « un projet d’envergure », selon Andy Sparkes. Un travail identique a commencé à Nis en Serbie, pour « recopier soigneusement l’ensemble de ces dossiers sous la supervision de la mission EULEX ». Les livres originaux de l’état civil sont, en effet, actuellement en Serbie.

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