Protection Civile

La Grèce propose de créer un corps de volontaires européens

(BRUXELLES2) La Grèce a proposé à ses partenaires européens de créer un corps européen de volontaires face aux catastrophes. Une idée qui était déjà “en l’air” depuis plusieurs années. Mais maintenant, avec le séisme en Haiti, il semble que l’Union européenne soit plus décidée à agir (1). Elle a été reprise formellement par le vice-ministre grec des Affaires étrangères. Dimitrios Droutsas en a détaillé les objectifs, lors du dernier Conseil des ministres, le 25 janvier.

Cette proposition vise à « renforcer la réponse disponible de l’UE face à des besoins de populations vulnérables et pour atténuer les conséquences de l’instabilité économique, du sous-développement, de la pauvreté... » a-t-il expliqué. Elle permettrait aussi de renforcer – « particulièrement dans la jeune génération, le sens d’appartenir à une communauté de valeurs européennes et de proumouvoir l’idéal de solidarité, et de renforcer la visibilité de l’UE comme une force positive aidant ceux qui sont dans le besoin ». Ces volontaires pourraient se déployer « à l’intérieur de l’UE ou dans les pays tiers », dans des actions « d’aide humanitaire, de protection de  l’environnement ou des changements climatiques, d’éducation et de protection civile ». L’objectif est de le rendre opérationnel dès 2011 (qui a été proclamée année européenne du volontariat) a souligné le ministre grec.

(1) A suivre: “le premier chantier de la Commission Barroso II

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Catherine Ashton avait-elle raison de ne pas être à Haïti ?


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(BRUXELLES2) Plusieurs parlementaires et commentateurs se sont fait l’écho de l’absence de Catherine Ashton, la Haute représentante pour les affaires étrangères de l’Union européenne, qui n’était pas à Haïti juste après le séisme. Je ne partage pas leur avis. N’en déplaise à certains, je trouve qu’elle a eu raison. Aller là-bas avait quelques avantages mais aussi des inconvénients.

Certes, c’est un « momentum » politique : être là en même temps qu’Hillary Clinton ou Ban Ki Moon peut être important pour le futur.  C’est aussi un geste de solidarité : envers les Haïtiens. C’est un instant médiatique : où la présence de l’Europe doit être symbolisée,  personnifiée.

Mais il y a aussi des inconvénients tout aussi sérieux, opérationnel, politique et médiatique. Ce n’est pas vraiment un problème de places dans l’avion en soi, qui pose question (il y a toujours quelques sièges de disponible) mais cela gèle l’espace aérien pendant quelques temps, ainsi que la circulation sur l’aéroport. La sécurité générée par l’arrivée d’une haute personnalité entrave les secours. C’est un fait. La venue de Clinton a ainsi gelé pendant quelques temps, la circulation sur l’aéroport. C’est aussi céder à la politique spectacle. On vient, on serre trois mains, on prend un enfant dans les bras devant les caméras et on repart. Si Ashton avait fait çà, il m’est avis qu’elle se serait fait autant critiquer, sinon plus… Au plan politique, la discussion à New York à l’ONU et à Washington avec Clinton était plus profitable. Au plan médiatique, je ne vous fais pas la photo : entre Hillary Clinton, Ban Ki Moon et un représentant européen qui croyez-vous que les médias auraient choisi pour illustrer leur reportage ?  (*)

Catherine Ashton avait donc raison de ne pas aller à Haïti

Sa place était davantage à Bruxelles (voir le NB) pour organiser, coordonner l’action au niveau politique. Ce qu’elle a fait en convoquant (un peu tard) un conseil des Ministres extraordinaire. Ce qui est dommage, c’est qu’elle n’ait pas alors délégué la fonction de représentation de l’Europe, à un ministre déjà sur place – le vice-Premier ministre espagnol par exemple -, à un commissaire européen – après tout, c’était plutôt le rôle du commissaire à l’Aide humanitaire, en l’occurence, De Gucht – ou qu’elle n’ait pas proposé la nomination, rapidement, d’un envoyé spécial (**), à même non seulement de coordonner l’aide européenne mais d’avoir un certain rang politique. Cette dernière solution a ma préférence – même si d’excellents experts du dossier m’affirment qu’elle avait un inconvénient de compliquer la donne. Je ne le crois pas.

NB : Si en revanche, elle n’était ni à Haïti ni à Bruxelles, mais à Londres (vendredi et samedi), pour faire du shopping comme l’a relaté mon confrère Jean Quatremer sur son blog, mais surtout pour une série de briefings, en particulier, avec certains responsables du Foreign Office, comme cela avait déjà été le cas avant son audition par le Parlement européen, ce serait plus difficile à justifier. Et je n’ose y croire. La fonction de Haute représentante se doit d’être indépendante.

(*) Quant aux autres raisons invoquées par certains diplomates, invoquant le fait la fonction de Haute représentante vient juste d’entrer en fonction, que le service extérieur n’existe pas, que la Commission est en transition, etc., certes elles justifient un peu une certaine “pagaille”, mais elles ne sont pas vraiment recevables au regard de l’intensité de la catastrophe. Quels que soient les changements institutionnels en cours, il existe, de part et d’autre, une administration (à la Commission européenne et au Conseil) qui devrait être rodée à la gestion de crises. De plus, la fonction en soi du Haut représentant n’est pas nouvelle, elle existe depuis 10 ans. Celle de commissaire européen naux relations extérieures. C’est la fusion des deux fonctions (commissaire européen et Haut représentant qui est nouvelle. Et encore ! Elle est prévue depuis 6 ans. Il est étonnant que personne n’ait réfléchi, au niveau stratégique, non administratif, sur les nécessités qu’emportait cette fusion…

(**) Décision qui ressort de la seule initiative de la Haute représentante et nécessite une approbation – à la majorité qualifiée seulement et non pas à l’unanimité – par les Ministres. Ce genre de procédure peut se régler soit par écrit, soit par un conseil extraordinaire : il y en avait un, lundi dernier, des Ministres du Développement : ils avaient la capacité d’en décider.

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Séisme à Haïti: y-a-t il un pilote dans l’avion européen ?

 (BRUXELLES2) La question on peut effectivement se la poser. Y-a-t-il une coordination de la politique européenne extérieure d’aide
humanitaire sur Haïti ?
Que fait l’Europe aujourd’hui ? La crise d’Haïti était une crise test pour le nouveau dispositif issu du Traité de Lisbonne. Qu’a fait l’Europe ? Pas moins qu’hier ? Mais pas plus et pas mieux. Elle a sorti, comme d’ordinaire, son chéquier pour payer aux organisations humanitaires et à l’ONU de quoi agir rapidement. Des experts sont partis sur le terrain évaluer les dégâts. Experts humanitaires (de l’Office européen d’aide humanitaire ECHO) et de la cellule de crise “sécurité civile”. Le COPS s’est réuni. Mais en matière de coordination des secours, d’action concertée, coordonnée, c’est le désert.

Au Parlement européen, hier il a beaucoup été question de ce sujet. Et Catherine Ashton, la Haute représentante, a été sujet de nombreuses questions, parfois très critiques. L’une d’entre elles était : Ashton n’aurait-elle pas mieux fait d’être à Port au Prince qu’à Bruxelles ou  Strasbourg ? On peut légitimement se poser cette question. Mais était-ce bien son rôle ? Pour C. Ashton, c’est clair. Répondant aux députés européens qui la critiquaient, elle a dit : “Je n’avais rien à fournir sur le terrain sinon prendre un espace précieux alors que les avions étaient incapables d’atterrir à cause de l’état de l’aéroport. Je ne suis pas un médecin, ni un pompier. Ma place était de réunir une coordination au niveau de l’UE et des Nations unies “. Le premier élément de défense est un peu spécieux. Car il était toujours possible d’obtenir un siège dans un des nombreux avions en partance de Belgique, des Pays-Bas ou de France. Le deuxième élément est plus pertinent. C. Ashton n’est pas commissaire à l’aide humanitaire, mais responsable politique. Et son travail était celui-là. Mais je ne suis pas sûr qu’en matière d’organisation des secours et de poids politique, cela aurait été le point adéquat. Et en matière de visibilité politique, la
présence sur place des Américains et de l’ONU aurait sans doute masqué la présence de C. Ashton.
(2)

Chut ! Ne dites rien on agit

Pas de représentant spécial. Bien entendu avoir un représentant européen sur place aurait eu un peu de gueule. Et aurait marqué une présence politique. Là est le point faible à mon sens. Rien n’empêchait C. Ashton de nommer, tout de suite, un représentant spécial pour aller sur place, coordonner les secours, avec un poids suffisant pour assurer une présence politique visible. Un technicien expérimenté voire un poids un peu plus lourd politique. Nous ne manquons pas de grand nom qui auraient certainement pu prendre le relais facilement.
Pourquoi pas Emma Bonino ? Eh oui. Je suis désolé. Mais Emma, envoyée spéciale de l’UE à Haïti, aurait eu immédiatement un poids politique. Mais c’est évident qu’elle aurait un peu volé la vedette” aux autres.

Une réunion tardive des ministres du Développement. Par rapport à la première crise d’urgence, la réunion des 27 était très tardive. Elle ne valait que pour la phase de reconstruction. On peut se demander pourquoi une réunion un peu plus solennelle du Coreper ou du Cops n’aurait pas pu prendre place très rapidement pour illustrer cette coopération européenne.

Pas de bilan global. La Commission européenne a été incapable, aujourd’hui comme hier, de fournir des chiffres globaux de tous les moyens humains, aériens, de secours engagés par les 27. On en reste toujours à une liste qui énumère l’ensemble des moyens nationaux. Ce site a été le seul à procéder ainsi.

Pas de réaction politique. La coordination de la sécurité civile, cela près de 10 ans qu’on en parle. Guy Verhofstadt le rappelait. Michel Barnier qui a rédigé un excellent rapport et que j’ai rencontré dans les couloirs bouillait d’impatience, enrageait presque que son rapport soit resté depuis 4 ans (il a été déposé en 2006) lettre morte. On n’a pas profité de l’évènement pour ressortir ce dossier. Et le pousser politiquement. La réunion des chefs d’Etat et de gouvernement le 11 février pourrait être une occasion. Mais ce sera la dernière sur cette crise. Après la pression de l’actualité, et donc la pression politique retombera.

Pas de visibilité. L’UE n’a pas manqué d’agir. Mais rien n’a été fait pour médiatiser cette action. Une réunion de crise réunissant les plus haut
responsables de l’action humanitaire, militaire, sécurité civile… avait lieu chaque jour. Aucune communication sur ce point. Aucune photo même disponible. Dommage. On n’en reste au traditionnel :
Chut ! Ne dites rien on agit. Le problème, aujourd’hui, en matière politique est différent. Il faut agir et le dire.

Comme le dit Marielle de Sarnez, députée européen du MODEM : « plus nous procédons à des nominations, plus nous créons des fonctions et des titres, moins nous existons. Et ceci devrait nous interroger. Combien de catastrophes faudra t-il encore pour que les responsables de l’Union européenne soit enfin à la hauteur de leurs responsabilités ? ».

(1)
Le nom officiel est MIC = comme monitoring and information center

(2) Et il y avait la présence américaine. Le fait que nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités américaines représente également un élément important de notre action actuelle et future“, a déclaré Mme Ashton.

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Catastrophes: Il faut créer un Eu-Fast propose Verhofstadt

(BRUXELLES2) Il est temps de mettre en place « un EU-FAST (European Union First Aid and Support Team), permettant à l’Union européenne d’associer des moyens civils et militaires pour dépêcher dans les 24 heures une première aide humanitaire d’urgence. » explique dans les colonnes du Soir (daté samedi) – quotidien belge – Guy Verhofstadt, chef du groupe libéral & démocrate au Parlement européen. « La catastrophe en Haïti nous confronte une fois de plus avec le manque de coordination européenne face aux tragédies humanitaires. » dit l’ancien Premier ministre Belge.

L’Europe fait beaucoup mais en ordre dispersé. « Chaque Etat membre envoie son propre personnel, ses propres chiens pisteurs, ses propres avions, etc. Or, l’addition des réponses individuelles organisées dans l’urgence ne sera jamais équivalente à une réponse européenne planifiée, organisée.»  Et d’ajouter : « L’Union européenne, collectivement avec les 27 Etats membres, représente le premier donateur mondial pour l’aide humanitaire et l’aide au développement. Nous disposons d’une vaste panoplie de moyens d’instruments civils ou militaires pour répondre aux besoins d’urgence et à la reconstruction. Mais tant que perdureront les réflexes nationaux, nous ne serons malheureusement pas en mesure de tirer le bénéfice concret de ce statut virtuel de force collective. Seule une organisation commune des capacités de protection civile et de l’assistance consulaire des Etats membres permettrait de préparer une réponse efficace et à moindre coût pour l’Union européenne. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas d’une addition de plans nationaux de mobilisation des moyens comme B-FAST en Belgique ; mais d’un véritable EU-FAST

L’idée avait achoppé à plusieurs reprises. L’ancien Premier ministre belge nous rafraîchit la mémoire de ces dates où l’Europe a raté l’histoire… En 2002, le sommet européen avait prévu de créer un instrument communautaire de gestion des catastrophes. « La résistance de certains Etats membres avait été trop forte ». En 2003, avec le Président français Jacques Chirac, le Chancelier allemand Gerhard Schröder et le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, cette idée est développée dans le cadre de la PESD. « Cette proposition a
finalement échoué à cause du fait qu’un petit nombre d’Etats membres ne pouvait accepter que des moyens militaires soient utilisés pour des actions civiles et humanitaires
». En 2004, « la tragédie du tsunami nous avait une fois encore rappelé que le coût de la « non Europe » en matière de gestion de crise était très élevé, là où les forces envoyées par les Etats-Unis sauvaient des vies en masse et à moindre coût. En 2006, le Commissaire Barnier avait alors proposé la création d’une force commune d’intervention baptisée « Europe Aid », au
plus tard à l’horizon de 2010. « Cette fois encore, le projet est resté lettre morte, torpillé par certains Etats membres, soucieux notamment de garder la visibilité de leurs actions de réaction. » Aujourd’hui, explique-t-il « Nous ne pouvons nous permettre de continuer à agir comme si le traité de Lisbonne n’existait pas. Il convient dès maintenant d’agir dans le sens où il a été conçu, c’est-à-dire « plus d’Europe » et cette responsabilité n’incombe pas simplement à « Bruxelles » mais tout autant aux Etats membres. »

Comment ? « En créant un centre permanent de coordination qui pourrait être activé dans les deux heures après une catastrophe humanitaire. En organisant des stocks permanents de matériel d’aide humanitaire à l’échelle européenne. Et en ressemblant des capacités de transport militaire mises à disposition par des Etats membres. »

NB : précisons que ce propos n’est pas isolé au sein du Parlement européen. Un député européen d’un autre groupe (le PPE), le Français Philippe Juvin, a proposé également, dans un communiqué publié vendredi, d’aller vers davantage de coordination europénne : « le drame d’Haïti, ce n’est pas le manque de moyens, c’est l’inorganisation qui accompagne la mise en oeuvre des aides apportées tant par les États que par les organisations humanitaires. Nous devons avoir une force permettant la coordination de ces moyens. L’Union européenne est en situation d’apporter une réponse cohérente. »

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Séisme à Haïti: A qui donner ?

(BRUXELLES2) La question se pose et m’a été posée. Pour ma part, je pense que donner aujourd’hui en situation d’urgence est sans doute un geste utile. Il faut le faire dans ce cas, non pas seulement à des organisations qui ont pignon sur rue, mais qui ont une grosse capacité d’intervention (avions, réseaux, télécommunications), et un ratio coût administratifs / capacité d’intervention le plus efficace possible. Ma préférence irait donc à des organisations type Médecins sans frontières, Action contre la Faim ou Caritas (selon les préférences) qui remplissent ce critère. Coté allemand, 10 organisations de charité les plus importantes ont centralisé leurs appels sur un seul site:  www.aktion-Allemagne-hilft.de


Mais j’aurais envie d’ajouter : “gardez votre argent pour plus tard“. C’est, en effet, passée la phase d’urgence, lors de la reconstruction, que l’on aura le plus besoin de contributions privées.


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(Photo : ECHO/Vicente Raimund)


Remarque: Pourquoi ECHO ne recueillerait-il pas les dons privés ? La question peut se poser… pour l’avenir. En effet, l’Office européen d’aide humanitaire (ECHO), est – à mon sens – un des instruments les plus efficaces et les plus performants (1). Mais il n’est actuellement pas outillé pour recueillir les dons privés. Cette voie serait cependant justifiée à la fois d’un point de vue politique (on parle toujours de  diminuer les ressources budgétaires publiques et de mêler les ressources publiques et privées) et pratique. ECHO a les capacités de répartir les fonds entre les organisations les plus rapides et conséquentes. Il suit régulièrement les travaux des ONGs, et peut sans doute mieux juger et apprécier que nous leur efficacité. Son ratio administratif-interventions est des plus faibles qui soit. Et ses agents – pour ceux que j’ai pu approché – ont à la fois une grande modestie, une bonne connaissance du terrain et un “sens du devoir” (sens qui n’est plus toujours aussi partagée au sein de la Commission européenne). Enfin, l’argent est sous contrôle : triple contrôle, interne (audit de la Commission), “policier” (l’Olaf, Office de lutte anti-fraude), parlementaire (Parlement européen). Cela offre quelques sérieuses garanties quant à des possibilités de fuite.

(1) Créé en 1992, de façon un peu improvisée, Echo s’est peu à peu structuré. Il est depuis 1996, une direction générale à part entière de la Commission européenne.

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Feux de forêts et soutien psychologique aux victimes, priorités de la présidence espagnole

(BRUXELLES2) La présidence espagnole sera la première présidence après l’entrée du Traité de Lisbonne qui aura à gérer la nouvelle compétence de Protection civile inscrite dans le Traité. Mais rien de précis n’a été inscrit en tant que tel dans le programme de travail. La présidence a préféré se concentrer sur deux thèmes  : la prévention des feux de forêts et la soutien psychologique aux victimes de catastrophes.
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Les feux de forêt, tout d’abord, sont devenus un classique de nos étés : Portugal (2003), Espagne
(2006), Grèce (2007, 2009) et Bulgarie (2008)… Les années suivent et se ressemblent d’une certaine façon. L’Espagne veut s’attacher surtout aux modalités de prévenir les feux de
forêts, pour limiter ou éliminer toute probabilité de leur survenance. Elle devra aussi faire le point (même si cet aspect n’est pas mentionné officiellement) sur la pérennisation, ou non, d’une force aérienne européenne de réserve pour les bombardiers d’eaux (mise en place à titre expérimental à l’été 2009). (1)

La présidence espagnole veut aussi consacrer un peu d’attention au soutien psychologique des victimes de catastrophes, un séminaire y sera consacré en février (les 8-9 février), en tenant compte des expériences passées (Thaïlande, Mombaï). Elle entend aussi étudier les moyens de renforcer la réponse coordonnée de protection civile, notamment lors des grands évènements rassemblant des foules (jeux olympiques, championnats de football…). Un atelier de travail se tiendra sur ce sujet, le 17 mars.

A noter : l’organisation, en juin, d’un exercice CRBN (risques chimiques, bactériologiques, nucléaires), avec six autres Etats membres.

(crédit photo : EFE/El Pais)

(1) Sur la lutte contre les feux de forêts en Espagne (fédération nationale des sapeurs pompiers).

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Une nouvelle compétence de gestion de crises pour l’UE: la protection civile



(BRUXELLES2) Hormis la PeSDC déjà abondamment commentée, le Traité de Lisbonne permet à l’Union européenne d’agir dans de nouveaux domaines de la gestion de crises, particulièrement en matière de protection civile. L’Europe acquiert même une compétence
complète (ce qui ne veut pas dire exclusive). Ce qui justifie pleinement les trois mots “réponse de crise” ajoutés au portefeuille de l’aide humanitaire attribué à la commissaire Jeleva.
Il me paraissait naturel la veille de la Sainte Barbe (patronne des Pompiers et de l’arme du génie) de revenir sur cet aspect qui a été peu détaillé jusqu’ici. Ne vous étonnez pas également si la tête de chapitre Secours – Sécurité civile s’épaissit, au fil du temps, sur ce blog…

Ainsi, un nouvel article (le 196 du Traité de fonctionnement de l’UE) sous l’intitulé Protection civile fait son apparition dans le Traité de Lisbonne. Il prévoit une panoplie complète : prévention, préparation aux crises, coopération opérationnelle en cas de catastrophes, réaction urgente, veille et évaluation, soutien financier, législation et harmonisation…

Prévention – Opération. L’UE « encourage la coopération entre les États membres afin de renforcer l’efficacité des systèmes de prévention des catastrophes naturelles ou d’origine humaine et de protection contre celles‑ci. » Un soutien qui concerne tant le volet interne aux Etats membres que l’action extérieure internationale. Dans le détail, l’action de l’UE vise ainsi : « 1° à soutenir et à compléter l’action des États membres (…) sur la prévention des risques, sur la préparation des acteurs de la protection civile et sur l’intervention en cas de catastrophes naturelles ou d’origine humaine à l’intérieur de l’Union; 2° à promouvoir une coopération opérationnelle rapide et efficace à l’intérieur de l’Union entre les services de protection civile nationaux; 3° à favoriser la cohérence des actions entreprises au niveau international en matière de protection civile. » Cette action peut être approfondie par le biais d’une réglementation. En effet, si nécessaire, une législation européenne peut être établie « pour harmoniser des dispositions législatives et réglementaires des États membres ».

Assistance mutuelle et moyens militaires. La (nouvelle) clause de solidarité (de l’article 222 – valable aussi pour les actes terroristes) joue pleinement. Ainsi l’Union mobilise tous les instruments à sa disposition, y compris les moyens militaires mis à sa disposition par les États membres, pour « porter assistance à un État membre sur son territoire, à la demande de ses autorités politiques, en cas de catastrophe naturelle ou d’origine humaine. » Et « les autres États membres lui portent assistance à la demande de ses autorités politiques ». Dans cet objectif, une coordination des moyens est organisée « au sein du Conseil » pour mener des actions pour appuyer, coordonner ou compléter l’action des États membres ». Les « modalités de mise en œuvre de (cette) clause de solidarité sont définies par une décision du Conseil, sur proposition conjointe de la Commission et du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ». Le Parlement européen est simplement informé.

Enfin, l’UE a toujours la capacité (avec le Fonds de solidarité qui existe déjà, ex article 100 renuméroté article 122) de voter des subventions ou une assistance financière à un Etat ou une région qui a subi des dégâts suite à une catastrophe, naturelle ou autre. De même, certaines mesures économiques (approbation automatique des aides en cas de calamité naturelle…) restent toujours autorisées.

Faut-il préciser également que l’UE est dotée d’une action spécifique (article 168) en ce qui concerne la lutte contre les grands fléaux, « en
favorisant la recherche sur leurs causes, leur transmission et leur prévention ainsi que l’information et l’éducation en matière de santé, ainsi que la surveillance de menaces transfrontières graves sur la santé, l’alerte en cas de telles menaces et la lutte contre celles-ci
». Elle peut notamment adopter toute mesure allant dans ce sens (dans le respect cependant des compétences en matière de santé des Etats  membres et sans aller jusqu’à l’harmonisation législative).

(crédit photo : ©NGV – UISC en démonstration devant le Berlaymont, à Bruxelles, fin novembre)

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Jeleva, la nouvelle commissaire à la réponse de crises (portrait)



(BRUXELLES2) Comme annoncé vendredi par José-Manuel Barroso président de la Commission européenne, Rumiana Jeleva aura en charge le portefeuille de “la Coopération internationale, l’aide humanitaire et de la réponse de crises“, un portefeuille qui correspond à la gestion de crises que nous appellions de nos voeux (1).
Il regroupe l’Aide humanitaire (DG Echo) – qui était dans la dernière commission cogérée avec le Développement – et le nouveau
poste de la Protection civile – découlant de la nouvelle compétence créée du Traité de Lisbonne – (l’unité qui s’occupait de cette question et qui était logée dans la DG Environnement va être intégrée dans la DG Echo).
Il fait partie avec l’Elargissement et le Développement du groupe de commissaires “Relations extérieures” coordonné par la Haute représentante, C. Ashton.

Sans être d’une importance primordiale, ce portefeuille a une haute valeur médiatique (il faut se rappeler comment l’Italienne Bonino avait su lui donner un certain lustre). Jeleva – si elle y prête un peu d’attention – peut devenir ainsi rapidement une des commissaires les plus connues.

Née en 1969 (le 18 avril), à Nova Zagora, une ville du sud de la Bulgarie, Rumiana Jeleva a suivi ses études à Burgas (dans la High School de langue allemande qu’elle termine en 1988) puis à l’université de Sofia en pédagogie sociale et sociologie (1994 et 1995). Elle complète cette formation par des cours en sociologie industrielle et économie à l’universite de Bielefeld et l’université libre de Berlin (1994, 2000-2001), et finit par un PhD obtenu en 2003 à l’université Otto von Guericke de Magdebourg (Allemagne), thème de sa thèse :
«Socio-Interpretative Models of Entrepreneurs in the Economics of Transition». Tout en travaillant. “Je travaille depuis l’âge de 15 ans” a-t-elle confié à des journalistes bulgares.

Chercheuse associée à l’université de Sofia en sociologie, au laboratoire “sociologie du Travail et politique sociale (2005), elle gère également l’ONG “New Social Practices” chargé de développer des projets sociaux (2004-2007) et une société de consultance, spécialisée en matière sociale “Global Consult Ltd” (2006-2007). A ce titre, elle participe à plusieurs projets du PNUD et de Phare sur le  développement d’initiatives sur le marché du travail, l’inclusion sociale et la jeunesse. Elle a occupé également plusieurs postes dans des conseils d’administration ou de surveillance : au fonds national d’investissement “Labor” (1995-1998), à la société Plastimo JSC de Samokov (1997-1998) et Eztour JSC de Pravets (1997-1998).

Elue en 2007 au Parlement européen, sur la liste du Parti conservateur GERB, elle siège à la commission du Développement régional (suppléant à la commission de l’Emploi). Elle est notamment rapporteur du PE sur la convention des Nations-Unies sur les handicapés et de la task-force sur le travail non déclaré. Réélue en 1999, elle choisit la commission des affaires étrangères. Pas pour longtemps. En juillet 2009, elle est nommée Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Boyko Borisov (GERB) et retourne à Sofia. Pas diplomate au départ, elle s’y est fait. « C’est vrai. Ce n’est pas facile. » confie-t-elle dans une interview au quotidien bulgare Troud. « Il est vrai que j’étais beaucoup plus active dans les milieux universitaires et dans les projets internationaux financés par l’ONU, la Banque Mondiale ou l’Union européenne, que je ne le suis dans les milieux politiques. Cette expérience professionnelle, ma très forte intuition (qui ne me trompe jamais) et mon éducation sont trois éléments sur lesquels je me fonde. »


A l’automne 2009, rapidement son nom apparaît pour remplacer à la Commission européenne, Kuneva. Au départ, elle visait plutôt le poste “Elargissement et politique du voisinage”. « Pour moi, tous les domaines ne se valent pas. Je ne serai donc pas commissaire européen à tout prix », avait-elle déclaré début novembre. « Cela coïncide avec les intérêts nationaux de la Bulgarie – il est important pour nous que dans la région des Balkans et de la Mer Noire soit une région de sécurité et prospérité. »  expliquait-elle dans une interview dans le quotidien “24 Tchassa”. Il semblait cependant délicat de confier ce poste à une Bulgare en raison des difficultés possibles sur certains dossiers “Balkans” notamment avec la Macédoine et de possibles conflit d’intérêt.

(1) Lire Un Commissaire européen chargé de la gestion de crises ? Une idée à creuser

(crédit photo : facebook de Jeleva)

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