Protection Civile

La salle de danse devient … un PC 24/24 pour la protection civile européenne

La salle de danse devient … un PC 24/24 pour la protection civile européenne

(BRUXELLES2) La salle est flambant neuve. Et Claus Sorensen, le directeur général de la DG Echo (Aide humanitaire) et Protection civile, n’est pas peu fier. Dans quelques jours, la trentaine de permanenciers et experts de la MIC – la cellule de protection civile de la Commission européenne – prendront leurs fonctions ici. Dans ce qui était un espace inutilisé au 1er étage dans l’immeuble de la DG Pêche et Taxud et était même à l’origine… une salle de danse tombée en désuétude, cela deviendra le centre européen de réponse d’urgence (CERU).

L’endroit est spacieux, fonctionnel. Ecrans au mur – pouvant afficher cartes, schémas, timing… – ordinateurs, téléphones… tout ce qui est nécessaire pour une salle de crise s’y trouve. Il est prévu pour fonctionner 24 heures / 24, 7 jours / 7. L’astreinte de nuit et de week-end étant assurée sur place par 2 personnes. Il est effectivement le loin le temps où dans un petit bureau de la DG Environnement, quelques personnes géraient le dispositif MIC voire l’ancienne salle de crise à Beaulieu qui était vraiment un peu à l’étroit. Pour pouvoir observer et suivre la situation, les spécialistes disposent des données satellites des dispositifs européens de veille sur les catastrophes naturelles Copernicus et GMES.

Salle principale, backup et salle “secret”

Outre la grande salle, deux autres petites salles – backup – permettent soit de suivre la “crise principale”, soit de gérer deux mini-crises. Une hypothèse qui n’est pas d’école comme le précise, Peter Billing, le chef d’unité adjoint à la réponse urgente de crises de la DG ECHO. « En 2011, nous avons dû gérer simultanément une grande crise en Libye, et deux autres le séisme-tsunami au Japon et le séisme à Van en Turquie ».

A l’arrière se trouvent d’autres salles, plus calmes, prévues pour les réunions, pour la gestion logistique – transport, les formations. Une salle de réunion a été prévue pour pouvoir accueillir les experts des Etats membres au besoin ainsi qu’une grande salle de briefing pouvant accueillir médias et télévisions. Enfin, une cuisine et même un divan pour pouvoir se reposer…

Au fond du dispositif, une salle apparemment anodine… Des murs à peine peints, bruts, comme une salle de stockage. C’est en fait une salle type cage faraday, répondant aux normes “top secret”, avec porte blindée, permettant à des personnels de pouvoir entrer en communication avec les dispositifs “protégés”. Utile en cas d’alerte terroriste.

Coordination avec les salles spécialisées

Le dispositif sera servi en temps ordinaire par le personnel de la MIC auxquels pourront s’adjoindre au besoin des personnels spécialisés de la DG Sanco (en cas d’épidémie ou de risque particulier d’épidémie), de la DG Energie (en cas de risque radiologique ou sur les réseaux électriques), de la DG Move (en cas de problème de transport routier, ferroviaire ou aérien), voire des personnels du SEAE comme les personnels de l’Etat-Major de l’UE pour la partie “transport”. Des accords ont été passés en ce sens avec à peu près toutes les DG (Sanco, Home, Move, Recherche…) ou sont en passe de l’être.

Avec le SEAE, « des pourparlers sont en cours » explique fort diplomatiquement Sorensen. D’après nos informations, le “cours” est lent… Et le fait que la cellule de crise de la Protection civile soit « le réceptacle de toutes les crises » comme l’ambitionnent ses promoteurs et ce qui est inscrit dans le projet de décision sur la “clause de la solidarité”

Un exercice aujourd’hui

Aujourd’hui, un exercice grandeur nature a lieu, mettant en oeuvre une inondation en Moldavie, aux frontières de la Roumanie. 2400 personnes évacués, 1 mort, environ 5000 personnes affectées, 778 maisons inondées dont 106 détruites. 2 ponts sous l’eau comme certaines routes Un village et la moitié d’un autre entièrement dévastés et qui seront à reconstruire…

Un test grandeur réelle demain ?

Mais demain (16 mai), ce pourrait être une catastrophe naturelle, concrète qui sera à gérer. Les spécialistes de la Protection civile suivent avec attention ainsi le cyclone tropical Mahasen 13 qui se rapproche du Golfe de Bengale à une vitesse d’environ 100 km/h et pourrait causer de gros dégâts. 7,2 millions de personnes pourraient être concernées dont certaines en Birmanie, sont très vulnérables, car vivant déjà sous des abris précaires, ayant déjà été “déplacés”, des réfugiés de l’intérieur. Le gouvernement de Rangoon a conseillé à chacun de fuir la région et même utilisé la menace d’utiliser la force pour les récalcitrants. 160.000 personnes sont ainsi concernées particulièrement.

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Le BPC un formidable “couteau suisse”

(BRUXELLES2 à Toulon) J’ai pu découvrir aujourd’hui le Dixmude, le troisième BPC (bâtiment de projection et de commandement) mis en service par la Marine nationale. Un “formidable couteau suisse” comme se plaisent à le souligner les marins fiers de leur bateau tout neuf. Et effectivement, il y a de quoi être séduit.

Imposant

Long de presque 200 mètres, large de 32 mètres, un BPC reste imposant à quai avec ses ponts superposés. Et son autonomie – 11.000 miles (20.000 km) – lui permet de parcourir différentes missions. La vitesse maximum 18 noeuds est plus que convenable.

Dans ses entrailles, peuvent se loger 16 hélicoptères. Et sur le pont, 6 emplacements sont réservés pour permettre l’atterrissage d’hélicoptères, d’attaque (Caracal, Tigre…) ou de transport (Puma, NH90…) et de 2 autres hélicoptères plus légers (type Gazelle). Un Etat-major de 150 personnes – voire plus – peut prendre place avec les différents standards de connectique en usage au niveau national comme de l’OTAN. Durant l’opération Harmattan en Libye, il a pouvait ainsi parcourir en une nuit une bonne partie de la côte libyenne.

Un hôpital de bord, avec 2 salles de chirurgie, radio de bord, voire scanner, et une soixantaine de lits. Au besoin il peut être complété par l’arrivée d’éléments chirurgicaux ou de modules médicaux supplémentaires. Un radier permettant l’accueil de plusieurs chalands de débarquement : — 4 s’il s’agit des anciens CTM (chalands de transport de matériel) ou 2 pour les plus modernes EDA-R (Engins de débarquement amphibies rapide) — qui assurent la capacité amphibie du navire. Cela peut paraître facile, a priori. Mais l’arrivée de ces navires dans le navire requiert un certain savoir-faire. Pour “garer” l’EDA-R il n’y a que 40 cms de chaque coté. Avec un peu de houle, et l’effet spécifique des vagues dans le radier, la dextérité et le sang-froid sont requis…

L'EDA-R a l'entrée dans le radier du Dixmude. Un système de balasts permet de vider l'eau ou de le remplir

Son principal atout reste cependant dans son hangar qui peut se prêter à différents emplois. Au gré des missions, il sert de parking pour le transport de véhicules (80 en tout) ; peut se transformer en hall d’accueil pour l’évacuation de ressortissants (1500 sur une courte durée, 500 si la traversée est plus longue qu’une ou deux journées) avec l’installation de lits picots au besoin ; voire permettre l’extension des salles d’Etat-Major ou de l’hopital de bord, etc. Les salles elles-mêmes sont reconfigurables au besoin à l’aide de cloisons amovibles. Bref le navire s’adapte au gré des circonstances et des missions. Ce qui le rend particulièrement adapté à toutes sortes de missions : évacuation de ressortissants (Liban 2006), secours en cas de catastrophes (Haiti), commandement d’une opération maritime, base d’hélicoptères (Harmattan), transport de troupes et moyens de débarquement, formation (mission Jeanne D’arc) etc.

Ses couloirs assez larges permettent à de nombreuses personnes de se croiser sans se gêner comme aux brancards de passer. Sa structure de vie est plutôt confortable, pour un navire de guerre. Il n’est pas trop étonnant que les Russes aient été séduits. La raison du succès de cette tient aussi à son mode de conception. Au niveau opérationnel, « il a été conçu par une équipe mixte de marins et de terriens » ; certains détails ont ainsi été étudiés pour permettre l’accueil des troupes, comme ces tiroirs sous les lits permettant d’accueillir les armes personnelles (type Famas).

Au niveau industriel, sa conception et sa construction ont été empruntées aux navires civils : notamment la construction par zones et l’assemblage. Ce qui a permis d’avoir un coût relativement modique pour ce type de navires : 400 millions d’euros environ pour les premiers (Mistral entré en service en 2006 et Tonnerre mis en service en 2007), 550 millions d’euros environ pour le Dixmude (entré en service en 2012, doté d’une autre motorisation et de différents aménagements supplémentaires). Revers de la médaille, il n’est pas autoprotégé. Et en zone de crise, a besoin d’être accompagné par des frégates (anti-aériennes ou/et anti-sous-marines…). Seuls deux canons de bord permettent de lutter contre des menaces asymétriques, pas de faire de la guerre navale. Ce n’est d’ailleurs pas son rôle.

Commentaire : Ce type d’équipements très modulaire, adapté à toute une série de conflits actuels ou de menaces futures paraît très bien adapté à la nouvelle donne stratégique. Sans doute mieux que certains autres équipements. On peut même se dire qu’à terme, ce type de bateau pourrait remplacer un porte-avions, si l’utilisation des drones continue à se développer et se perfectionner (nb : certains experts diront sans doute, à plus ou moins juste titre. Mais ce n’est pas du tout la même chose. Simplement, projetons-nous dans 10 ou 20 ans,… ).

 

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Malgré la crise, agir “Européen” face aux catastrophes est nécessaire (sondage)

Une équipe de recherche et sauvetage en Indonésie, après l'éruption du volcan Merapi le 26 octobre 2010 (Crédit : Commission européenne - ECHO/Mathias Eick)

(BRUXELLES2) Les citoyens européens font confiance à l’action de l’UE en termes de protection civile, si l’on en croit les résultats du dernier sondage (eurobaromètre), réalisé en février et mars derniers, et qui est publié aujourd’hui. Malgré la crise, ces chiffres montrent que le sens de la solidarité n’est pas mort…

Soutien à l’aide humanitaire…

Une large majorité des sondés (84%) estiment ainsi qu’il faut continuer à financer l’aide humanitaire malgré la crise économique et les pressions sur les finances publiques, ce qui représente une hausse de 9 points par rapport à 2010. « Même en ces temps difficiles, les citoyens de l’UE restent favorables à l’aide que nous apportons aux populations du monde entier qui connaissent de graves difficultés pour des raisons indépendantes de leur volonté », souligne la commissaire européenne en charge de l’Aide humanitaire et de la Réponse aux crises, Kristalina Georgieva.

… et pour la gestion des catastrophes

Sur les quelques 26 751 répondants, 82% estiment qu’en ce qui concerne la gestion des catastrophes, l’action au niveau de l’UE est plus efficace que des actions menées individuellement par les Etats Membres. En cause, le manque de ressources de certains Etats, et donc la nécessité de mutualiser ces ressources : 92% pensent que tous les pays n’ont pas les ressources suffisantes pour gérer à eux seuls une catastrophe majeure. De plus, les catastrophes ignorent les frontières nationales : une réponse au niveau européen est donc plus pertinente.

… mais des variations selon les pays

Toutefois, on observe des différences selon les pays. Parmi les plus grands adeptes d’une gestion européenne des catastrophes, on trouve Chypre (96%), la Grève (91%) ou encore la Belgique (88%), tandis que d’autres sont un peu moins enthousiastes: la Roumanie (75%), le Royaume-Uni (76%), l’Autriche ou encore la République Tchèque (78% tous les deux). En outre, l’action de l’UE ne doit pas se limiter au territoire européen : 89% des sondés sont d’accord pour dire que l’UE doit aider tout Etat non-membre frappé par une catastrophe, en coordonnant l’envoi d’experts et de matériel sur place.

Des Européens fortement préoccupés par le risque de catastrophe

D’après ce sondage, les Européens semblent exprimer un haut degré de préoccupation vis-à-vis d’éventuelles catastrophes. En particulier, ce sont les catastrophes causées par l’homme qui font l’objet de craintes : 75% des répondants placent les désastres comme les accidents nucléaires ou les marées noires en haut de la liste, avant les catastrophes naturelles comme les inondations ou les tremblements de terre (67%), les attaques terroristes (64%) ou encore les conflits armés (59%). Une grande majorité (84%) est d’accord pour dire que les Etats Membres de l’UE devraient être obligés, par la loi, de préparer (et publier) des plans de gestion de crise à cet effet.

NB : ce fort soutien à la solidarité internationale de l’UE n’est pas nouveau, c’est une constante depuis des années. Le fait que ce chiffre se maintienne malgré la crise est un signe notable. Même s’il faut toujours prendre avec des “pincettes” les sondages Eurobaromètre réalisés par la Commission européenne, qui sont souvent orientés vers des nécessités politiques. On remarque toutefois que si les citoyens européens appuient l’action de l’UE dans la protection civile, cela ne veut pas forcément dire qu’ils la connaissent ou la comprennent bien. Seuls 17% estiment être informés des activités de l’UE dans la protection civile (27% en ce qui concerne l’aide humanitaire). Il y a ainsi encore un net effort à faire entre les projections du “désir” d’action européenne et la “connaissance” de son action réelle.

Résumé de l’enquête, à télécharger ici (catastrophes) et (aide humanitaire). Rapport complet dans les Docs de B2

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“Boat people” en Méditerranée: l’OTAN dément, les pays se renvoient la balle

“Boat people” en Méditerranée: l’OTAN dément, les pays se renvoient la balle

Un "boat people" au large de la Libye en mars 2011 (Crédits: OTAN)

(BRUXELLES2) Face à la tragique errance du bateau de migrants africains, parti de Libye en mars 2011, qui s’était finalement soldée par la mort de presque la totalité de ses passagers  (63 sur 72 embarqués), les responsables semblent se défiler.

La députée néerlandaise Tineke Strik (membre de GroenLinks et également docteur en droit international de la migration), qui a rédigé le rapport pour le Conseil de l’Europe, a reconstitué le trajet précis des migrants (lire ici) et ses conclusions sont formelles. Il y a bien eu non assistance à personne en danger.

Durant cette errance – qui a duré une dizaine de jours, avant de revenir quasiment au point de départ – les migrants de diverses origines africaines ont croisé d’abord un avion (peut-être français), puis un hélicoptère (de nationalité inconnue, peut-être britannique) et un navire militaire (de nationalité inconnue) et deux bateaux de pêche (l’un peut-être italien, l’autre peut-être tunisien). A aucun moment ils n’ont cependant été secourus et mis à l’abri. Pour Tineke Strik, il y a clairement une responsabilité des forces présentes dans la zone, qu’elles soient civiles ou militaires, sous commandement de l’OTAN ou national.

Une faute sinon juridique (*) au moins morale de n’avoir pas réagi aux signaux de détresse relayés par le centre de coordination du sauvetage italien (Maritime Rescue Coordination Centre Rome – MRCC). Le rapport affirme ainsi que “au moins deux navires participant aux opérations de l’OTAN se trouvaient dans les parages“: la frégate espagnole Mendez Nunez (F-104) qui était à 11 miles et le patrouilleur italien ITS Borsini (P-491) qui était à 37 miles. Soit à moins d’une ou deux heures de route… Mais aucun des Etats et organisations interrogées n’a reconnu de responsabilité.

L’OTAN et les Etats se renvoient toute responsabilité

L’OTAN dément cependant avoir manqué à son devoir. Dans une lettre adressée à la rapporteure (le 27 mars), l’Alliance atlantique rejette la responsabilité sur le centre italien de secours. « La requête pour information contenue dans le fax envoyé par le MRCC (…) n’était pas une requête formelle d’assistance ou un “appel de détresse” (et était) imprécise » explique Stephen Evans, le secrétaire général adjoint aux opérations (NB : on peut avoir quelques doutes sur cette interprétation, voir § suivant). « Malgré cela (…) elle a été transférée aux unités de la Task Force de l’OTAN qui étaient sous son contrôle opérationnel » (OpCon) précise-t-il.

Il détaille également que des trois navires italiens engagés, un seul se trouvait à proximité, l’ITS Borsini à 37 miles. Une position non démentie par les autorités italiennes qui affirment que leurs navires n’ont jamais repéré l’embarcation. Deux autres navires italiens étaient sous commandement de l’OTAN : l’ITS Etna qui a effectué une opération de Search and Rescue le 26 mars, sauvant 243 réfugiés. Et se trouvait le 27 mars à 155 miles de la position mentionnée par le MRCC. « L’hélicoptère du bord n’a jamais établi de contact avec des navires en difficultés et n’a jamais distribué de la nourriture ou du matériel aux bateaux avec de telles personnes à bord » précise-t-il. L’autre navire italien opérant dans la zone était l’ITS Garibaldi qui se situait à 120 / 150 miles nautiques de la position mentionnée.

L’OTAN dément également toute imprévision. L’organisation mentionne des contacts réguliers entre le SHAPE (le quartier général de l’OTAN à Mons) et les différentes agences en charge du sauvetage maritime, en particulier l’Organisation Internationale pour les Migrations et le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies. Il rappelle que durant l’opération Unified Protector, environ 600 migrants en détresse en mer ont été sauvés par l’OTAN, et “beaucoup plus indirectement“. “Dans tous les cas, les navires militaires de l’OTAN ont fait tout ce qu’ils ont pu pour répondre aux appels de détresse et fournir de l’assistance quand nécessaire” explique-t-il.

Coté espagnol, on nie avoir reçu l’appel de détresse de la part ni des Italiens ni de l’OTAN, selon les autorités espagnoles, qui rappellent que tous les vaisseaux espagnols sont bien au courant de leurs obligations et qu’ils ont participé à plusieurs reprises à des opérations de recherche et secours (dont deux le 26 et 27 mars)… “Si l’OTAN dit qu’il y a eu un message, alors ils devraient pouvoir le prouver” a déclaré le ministre de la défense espagnol à ce sujet. De plus, dans une réponse directe à Me Strik du 6 mars 2012, le ministre de la défense espagnol nie le fait que le Mendez Nunez ait jamais été à 11 miles du bateau en détresse.

Plusieurs messages d’alerte

On peut avoir quelques doutes sur l’interprétation du secrétaire général adjoint de l’OTAN au vu des documents fournis par le MRCC italien.

Alerté par le prêtre érythréen Zerai qui a eu au téléphone satellitaire les réfugiés, depuis leur bateau, les Italiens rappellent sur ce numéro, puis la communication étant coupée demandent à l’opération satellitaire de localiser le bateau. Une fois cette localisation faite, ils lancent un appel qualifié “détresse” sur le réseau Immarsat-C

Ils alertent également par fax le MRCC de Malte, le QG de l’opération Frontex et  le commandement de l’OTAN à Naples. Ce fax est effectivement moins explicite. Mais il est à mettre au regard des autres messages envoyés, avant et après.

Le lendemain (28 mars), ils lancent un nouveau message d’alerte “Hydrolant” sans équivoque, évoquant un “besoin d’assistance”.

Nb : Il faut aussi rappeler que la journée des 26 et 27 mars a été une journée “horribilis” pour les forces de secours italiennes.  Entre le 26 et le 28 mars, les autorite?s italiennes ont fait face « a? des incidents impliquant quelque 4300 personnes – dont plus de 2200 ont e?te? assiste?es en mer, et environ 2000 sauve?es en situation de de?tresse ». « Durant la pe?riode en question, les unite?s travaillaient 24 heures sur 24, enregistrant sur une seule journe?e entre 20 et 25 incidents ne?cessitant une intervention » précise le MRCC de Rome. Et la « priorite? allait au grand nombre d’incidents survenant dans la zone SAR de l’Italie pluto?t qu’a? ceux se produisant ailleurs ».

Le Charles de Gaulle impliqué ? Démenti des français

Deux faits sont particulièrement inquiétants et restent inexpliqués: « un point particulièrement troublant (…) est l’absence inquiétante d’intervention de la part d’un hélicoptère militaire et d’un gros bâtiment de la marine pour secourir le bateau après que ces unités l’aient croisé et soient entrées en contact avec lui. » En effet, les survivants s’accordent pour dire que “ils ont dérivé tout près d’un très grand navire militaire – peut-être un porte-avions ou tout au moins un vaisseau équipé d’installations pour hélicoptères“. The Guardian avait évoqué le porte-avions français Charles De Gaulle dès son premier article, qui avait révélé toute l’affaire en mai 2011. Une plainte contre X a d’ailleurs été déposée, le 11 avril, devant le Tribunal de grande instance de Paris, dans sa formation spécialisée en matière militaire, par des groupements de défense des immigrés dont le Gisti en France (lire icitélécharger le texte de la plainte) « pour omission de porter secours à personnes en péril ». « Il appartiendra à la justice française de faire la lumière sur la responsabilité de l’armée française qui, engagée en Libye pour protéger les populations civiles, a omis de se porter au secours de ces exilés » explique l’ONG.

Cette hypothèse a tout de suite été démentie par les Français: “Le Charles-de-Gaulle ne s’est jamais trouvé à moins de 200 kilomètres de Tripoli, alors qu’ils annoncent ce bateau à 60 milles nautiques, soit 110 km, de Tripoli” avait expliqué un porte-parole de l’armée française. Dans sa réponse à Mme Strik du 5 mars 2012, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, déclare que le seul navire français à avoir croisé un bateau de migrants au moment donné ait été le Meuse, un ravitailleur. Mais la position ne correspondait pas à celle donnée par le MRCC italien et le bateau en question “n’était pas en difficulté “.

En outre, un hélicoptère militaire serait venu à la rencontre des réfugiés et leur aurait envoyé des biscuits et de l’eau, puis serait reparti pour ne jamais revenir. Il pourrait s’agir d’un Lynx de l’Army britannique, d’après un rapport indépendant (demandé par les ONG qui s’apprêtent à porter plainte) réalisé par des chercheurs de l’Université de Londres.  Pas de réponse du ministère de la défense britannique pour l’instant.

L’UE botte en touche, le Royaume-Uni et Etats-Unis aux abonnés absents

L’enquête n’est pas terminée, “des informations supplémentaires sont également demandées à l’OTAN et aux Etats membres impliqués“, notamment sur la question du navire et de l’hélicoptère “fantômes”. Un certain nombre d’Etats (Canada, France, Gre?ce, Italie, Roumanie et Turquie) ont re?pondu à la rapportrice, « indiquant ne pas avoir eu de navire militaire dans le secteur durant la pe?riode spe?cifique en question ». Le ministère italien a renvoyé sur l’OTAN. « Le Royaume-Uni et les Etats-Unis n’ont pas encore re?pondu ». Plutôt étonnant pour un pays qui a sans doute fait fuité l’information (fausse ?) sur le Charles de Gaulle.

Quant à l’Union européenne, elle a été interrogée par le biais de l’Agence Frontex et sur les données satellitaires. Mais elle botte en touche… Le directeur de Frontex, Ilkka Laitinen, considère qu’il est « difficile de fournir les « positions exactes des navires entre le 22 ars et le 10 avril car ils bougeaient tout le temps » ; ce faisant il ne dément qu’ils auraient pu être dans la zone. Il préfère rappeler que durant l’opération EPN Hermès 2011, 23.192 migrants en détresse ont été sauvés lors de 241 actions de recherche et secours. En ce qui concerne le Centre satellitaire européen (EUSC), « il n’a aucune donnée disponible car l’EUSC était occupé à recueillir des informations sur la situation humanitaire aux frontières avec la Tunisie et l’Egypte et autour des ports de Janzour et Tripoli » a répondu Catherine Ashton, la Haute représentante dans une lettre datée du 19 mars 2012. Elle conseille d’ailleurs de se tourner vers l’OTAN car « toute la zone à moins de 130 km des cotes libyennes était durant cette période (couverte) par l’opération “Unified protector” de l’OTAN ».

(*) Le bateau se trouvait en grande partie apparemment dans la zone de secours et recherche (SAR) libyenne et, selon le droit maritime, c’était au centre libyen de coordonner les secours. Quant à la résolution de l’ONU, elle ne proclame pas sur mer une zone d’exclusion maritime – sous contrôle international – contrairement au niveau aérien. La mer restait donc sous contrôle libyen et non international.

A suivre : la trajectoire du navire maudit – quelques leçons à tirer…

Lire aussi:

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La lettre de Juppé à Ashton : une réflexion pour être plus réactif et déterminé (maj)

(BRUXELLES2) La lettre que le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé à Lady Ashton (que nous avons pu lire) n’est pas une nouvelle lettre de mise en garde au Service européen d’action extérieure ou à la Haute représentante, comme on pourrait le penser à première vue. Elle est avant tout destinée à préciser certains points de la position française sur les Affaires étrangères. Le ministre sera là au Gymnich, au conseil informel des Affaires étrangères, mais avec un peu de retard. Et il a tenu à préciser certains points de la position française avant de pouvoir les développer lui-même. Pour autant, il égratigne, un peu, au passage, une Haute représentante que nous pouvons considérer en “basse pression”, en reprenant ce qui est un motto de la position française : « Une affirmation forte de l’Europe sur la scène mondiale exige d’accroître la cohérence et l’efficacité de l’action extérieure de l’UE. »

Mettre en action ce qu’on a dit

« Nous devons mettre en oeuvre les principes d’action sur lesquels nous nous sommes mis d’accord mais que nous n’avons pas encore vraiment appliqués. » Il cite notamment  les partenaires stratégiques et la “réciprocité”. Le Ministre attend ainsi « avec grand intérêt », la présentation par la Commission d’un instrument en matière d’accès aux marchés publics. Autre point de difficulté : « mettre plus systématiquement en cohérence les différents volets de l’action extérieure de l’UE » (politique étrangère, PSDC, politique de développement, politique commerciale) » et ceux des politiques internes de l’UE (politique énergétique notamment). « Nous avons encore des progrès à faire ».

Le fonctionnement du Service européen d’action extérieure (SEAE) doit encore être amélioré, souligne la lettre. Il doit davantage être en « interaction avec les Etats membres et développer ses capacités de proposition ». Le SEAE doit ainsi « renforcer son expertise sur les questions globales et multilatérales : non-prolifération, lutte contre le terrorisme, actions dans les enceintes internationales ». 

Etre plus réactif sur les droits de l’Homme

C’est le sujet principal de ce Gymnich cet après-midi. Un travail déjà entamé : le service diplomatique a ainsi commencé à rédiger des stratégies par pays, en matière des droits de l’Homme. Et l’idée d’un « représentant spécial de l’UE en charge des droits de l’Homme » a déjà été évoquée dans les groupes de travail, notamment au COPS (le Comité politique et de Sécurité) ce mardi (6 mars). Sa désignation devrait être faite en juin prochain, estime Alain Juppé, en même temps que l’adoption d’une stratégie globale en matière des droits de l’homme et d’un plan d’action (deux documents qui doivent encore être présentés par le SEAE). Mais surtout, le ministre engage le service diplomatique européen à « mener une action déterminée pour améliorer la réactivité » dans les démarches relatives aux droits de l’Homme hors de l’Union européenne. Par exemple : « proposer des actions de soutien aux défenseurs des droits de l’Homme en Iran ou en Syrie, renforcer des actions spécifiques, notamment contre la peine de mort ». Etc.

Mettre en commun les moyens

Alain Juppé réitère l’importance du travail de « mutualisation et de partage déjà engagé avec l’Agence européenne de Défense ». Et il « souhaite vivement pouvoir présenter en vue du Sommet de l’OTAN à Chicaco, une contribution européenne significative dans le domaine capacitaire, notamment concernant les ravitailleurs ». NB : Une initiative que la France devrait présenter au prochain Conseil des ministres de la Défense le 22 mars. Ce partage ne se limite pas aux moyens de défense. En matière consulaire, également, les délégations de l’UE jouent un « rôle important » notamment au profit « des ressortissants européens non représentés localement par leur Etat d’origine ». En matière de protection civile aussi, la mise en place du mécanisme européenne de protection civile permettra une « action plus concentrée et plus visible ».

Une lettre saluée par la Haute représentante, Catherine Ashton, lors d’un point de presse à l’ouverture de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Copenhague, vendredi (9 mars). « J’ai de très fortes relations avec Alain Juppé. Et j’attends toujours des ministres une contribution. Et j’encourage chacun à m’envoyer des courriers. J’y suis très ouverte ».

Lire également : Ashton « à l’ouest ». Londres a-t-il voulu lâcher la Baroness ? Paris critique

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Aide humanitaire et intervention militaire. Bien distinguer les 2 souligne le Parlement

(B2) A l’unanimité. Il n’a pas manqué une voix au rapport sur la mise en œuvre du Consensus européen sur l’aide humanitaire adopté par la commission du Développement, jeudi (9 décembre). Nous voulons adresser « un signal clair » à la Commission souligne la rapportrice, la Française Michèle Striffler. La « distinction entre les mandats des acteurs militaires et humanitaires doit rester bien claire » souligne-t-elle. « Nous réaffirmons également la nécessité de créer une force européenne de protection civile et demandons donc à la Commission européenne de présenter des propositions législatives à cet effet. » Les députés demandent également à la Commission européenne d’allouer « des fonds supplémentaires à des activités de promotion du Droit International humanitaire sur le terrain. Nous attirons également l’attention sur les nombreuses violences sexuelles utilisées comme armes de guerre ».

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Un accord UE-US sur les secours en cas de catastrophe

Un des membres de l'équipe recherche et sauvetage en milieu urbain lors du passage du cyclone Katrina à la Nouvelle-Orléans (Crédit: Jocelyn Augustino/FEMA)

(BRUXELLES2) « Nous pouvons travailler mieux ensemble », c’est en quelque sorte le message qu’ont délivré la commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire et de la réponse de crise, Kristalina Georgieva, et Craig Fugate  directeur de l’US Federal Emergency Management Agency (FEMA), lors d’un sandwich-débat organisé par The Center vendredi dernier. Les Européens ont déjà prêté main forte aux Américains, lors de la catastrophe pétrolière de Deepwater Horizon. Et ils ont travaillé, côte à côte, lors de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. Pour aller plus loin, la Commission européenne a signé un mémorandum de coopération avec son équivalent américain.  

Une première étape : le partage d’informations, de retour d’expérience

On ne verra pas encore tout de suite des équipes communes. Mais cet accord est une première étape. Il comprend ainsi le principe d’échanges d’informations de faon régulières entre la cellule de coordination de la protection civile (MIC) et le RCC, le National Resource Coordination Center de la FEMA. Une information qui devient en temps réel lors des catastrophes, ce qui peut aller jusqu’à l’échange de personnel pour observer les opérations là où c’est possible. L’examen des retours d’expériences, des meilleures pratiques de prévention, comme d’alerte ou de secours est aussi un critère.

« Il faut regarder tous les systèmes possibles, comme les alertes par SMS par exemple » explique la commissaire. L’échange d’information passera aussi sur le développement de plans de prévention et de préparation aux catastrophes, ou les programmes de volontariat. 

« Nous devons petit à petit voir comment nous travaillons, comment faire ensuite pour que nos moyens soient opérationnels l’un l’autre (interopérables dirait-on en jargon militaire), que ce soit pour les procédure d’intervention, les moyens de communication… » a confié la commissaire Georgieva après cette rencontre. 

D’autres accords ont été signés entre l’unité de la protection civile de la Commission et ses équivalents en Russie et en Australie. Un autre devrait l’être prochainement, selon nos informations, avec le Chili. 

Télécharger l’accord : docs de B2

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Séisme en Turquie : la cellule protection civile UE en alerte

(BRUXELLES2) Le dispositif européen de protection civile (MIC) a été mis en alerte depuis les débuts du séisme en Turquie, dimanche (*). Le gouvernement Erdogan avait tout d’abord refusé toute aide internationale, estimant ne pas en avoir besoin. Devant l’intensité du séisme – on recense près de 500 morts, plus de 1500 blessés et surtout quelque 200.000 sans abri – vient de changer d’avis, et a demandé l’assistance internationale. L’Union européenne devrait aussi envoyer rapidement une équipe d’experts européens de la protection civile pour coordonner l’aide européenne et faire les évaluations complémentaires. D’autres pays se mobilisent…

  • La Turquie a été victime d’un important tremblement de terre à l’est du pays. L’épicentre se situe à une vingtaine de kms au nord est de la ville de Van (380.000 habitants), avec une magnitude estimée variant de 6,6 à 7,3 selon les instituts de sismologie. Le bas de la fourchette est évalué selon l’institut de sismologie de Kandilli à Istanbul, le haut par l’institut américain de géophysique USGS, s’est produit dimanche dans l’est de la Turquie.

Des premiers besoins : des abris

Selon certaines informations, la première demande d’aide de la Turquie repose sur la possibilité d’avoir des moyens d’hébergement pour permettre d’héberger les nombreuses familles ayant survécu au séisme et qui font face à de rudes conditions climatiques. La température descend au-dessous de 0°. Il faut donc des tentes chauffées, lits, couvertures… En revanche, il ne semblerait pas nécessaire d’avoir des équipes de recherche en situation de séisme. Le besoin est couvert soulignent les autorités turques.

Mobilisation des Etats membres

Plusieurs pays ont déjà répondu. Et d’autres pourraient le faire dans les heures qui suivent.

La France a annoncé, mercredi, préparer l’envoi d’un avion d’assistance humanitaire convoyant un lot important de grandes tentes familiales destinées aux personnes sans abris. Cet « avion sera en mesure de quitter Paris le 27 octobre à destination d’Erzurum, centre logistique des secours, en fonction de la planification définie par les autorités turques » a précisé le quai d’Orsay.

La Belgique a déjà confirmé vouloir envoyer « dès que possible » une équipe d’une quinzaine de personnes de B’Fast permettant la mise en place d’un campement de tente chauffées, permettant d’héberger environ 2000 personnes.

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