SEAE

Caviarder les bios, une spécialité qui n’est pas que… cubaine

(BRUXELLES2) Je l’avais déjà remarqué à une ou deux reprises. Certains aspects des bios – résumés, distribuées à la presse des personnes nommées au service diplomatique européen étaient mentionnés, d’autres oubliés. La nomination de six nouveaux chefs de délégation de l’UE en est une illustration frappante (détails sur le Club). On apprend ainsi qu’Alberto Navarro a été nommé à la tête de la délégation de l’UE en république dominicaine.

On peut avoir l’impression qu’il n’a rien fait de fondamental, ni entre ces fonctions ; ni après. C’est une erreur. A. Navarro n’a pas été simplement le directeur d’ECHO, l’office européen d’aide humanitaire, et le chef de la délégation de la Commission européenne au Brésil. Il a été à un des plus hauts postes chez le Haut représentant et ministre.

L’oubli d’une période clé de la politique étrangère européenne

Après son poste à ECHO, A. Navarro a ainsi été le chef de cabinet du premier Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité, Javier Solana. A ce titre, il a réellement essuyé les plâtres. Et c’est sous son égide (et son impulsion) qu’est notamment créée la “policy unit” qui s’est ensuite développée et a constitué un des embryons du futur service diplomatique européen (SEAE). C’est aussi à cette époque qu’est négocié l’accord de Berlin Plus qui permettra à l’UE de lancer ses premières missions militaires en Macédoine / FYROM d’abord (opération Concordia) puis en Bosnie-Herzégovine (opération EUFOR Althea) en bénéficiant du support des structures de l’OTAN. Un accord important. Après son poste au Brésil, Alberto Navarro a aussi été secrétaire d’Etat aux Affaires européennes sous le Premier ministre Zapatero, durant 4 bonnes années. Tout cela n’est pas rien !

On mettra cela sur le compte de l’oubli sans doute, d’une phrase qui a sauté à l’impression ! (*) J’ai simplement du mal à croire à l’innocence du procédé que j’ai déjà constaté à d’autres occasions. D’autant que cette façon de réécrire l’histoire digne des meilleurs livres cubains se traduit également quand on écoute Lady Ashton, qui est, à l’entendre, la première Haute représentante et a tout bâti à partir de rien. La pôvre ! :-) Même l’hagiographie officielle de la Haute représentante reflète ce terme…

Ce n’est pas vraiment faux d’ailleurs. C. Ashton est effectivement la première à occuper le double poste de Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et de Vice président de la Commission européenne créé par le Traité de Lisbonne. Mais ce n’est quand même pas tout à fait exact… Ce serait plus élégant (et exact) de dire qu’elle succède au poste de Haut représentant pour la Politique étrangère et de sécurité commune / Secrétaire général du Conseil de l’UE créé par le Traité d’Amsterdam…

(*) Quand B2 a demandé les bios complètes, nous ne les avons jamais reçues ! Ceci explique sans doute cela. Heureusement, nous avons quelques archives …

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Donnant donnant. Les 10 préconisations de Paris pour l’Europe de la défense

Donnant donnant. Les 10 préconisations de Paris pour l’Europe de la défense

(BRUXELLES2) Le Livre blanc présenté aujourd’hui à Paris consacre quatre pages à la politique européenne de défense. Un espace qui n’est pas juste de pure forme et contient en filigrane la volonté d’opérer un changement dans la PSDC que ce soit au plan politique ou opérationnel, qu’on peut résumer en une dizaine de points.

Dès les premières lignes, la couleur est affichée. « Le contexte actuel rend possible et urgente une relance pragmatique de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ». Mais ce développement ne peut pas être qu’incantatoire. La politique de sécurité et de défense commune n’est pas « une fin en soi (…) mais un instrument au service des intérêts essentiels de l’Union européenne ». Cela doit être un échange donnant donnant. Si la France « se tourne vers l’Union européenne avec la volonté d’y apporter sa connaissance des crises et ses propositions concernant les réponses à leur donner », elle souhaite « en retour bénéficier de celles de ses partenaires européens » et de structures européennes « renforcées » (voir notamment le point 6).

1. La mission de l’Union européenne : stabiliser le voisinage. C’est un « intérêt de sécurité majeur » avec la nécessité pour les Européens « d’agir préventivement sur les foyers de crises émergents ». Cinq zones d’actions sont définies : 1) les pays de la zone allant du Sahel à l’Afrique équatoriale, 2) le processus de paix au Proche-Orient, 3) la réussite des transitions politiques dans certains pays arabes, 4) le règlement des conflits du Caucase, 5) la consolidation de la paix dans les Balkans notamment au Kosovo ; et la lutte contre « toutes les formes de terrorisme ».

2. Le cadre européen a vocation à « devenir le cadre de référence dès lors qu’il s’agit de mobiliser toute la gamme des instruments civils et militaires requis pour mettre en œuvre une approche globale des crises ».

3. Une impulsion politique. Dans cet ensemble, l’impulsion doit « venir du plus haut niveau politique de l’Union, celui du Conseil européen ». Aux chefs d’Etat et de gouvernement « de déterminer le rôle que l’Europe entend jouer sur la scène internationale et la nature de l’ordre mondial que les Européens souhaitent promouvoir dans les enceintes internationales et auprès des autres États ».

4. Un Livre blanc européen. Les Français reprennent une notion chère aux parlementaires européens, l’idée d’un « Livre blanc de l’Union européenne », qui définirait « plus clairement les intérêts et les objectifs stratégiques de l’Union ». Sauf inconnue, on devrait retrouver cette notion dans les conclusions du Sommet européen à la fin de l’année.

5. Une réorganisation et des réformes sont nécessaires. L’Union européenne n’a « pas encore tiré parti de tous les moyens dont la Commission et les États membres disposent » pour apporter une réponse globale aux crises. Une « meilleure coordination des moyens civils et militaires », est nécessaire et les procédures de l’Union doivent être « adaptées à son rôle opérationnel ».

6. Un Service extérieur renforcé. La France souhaite « un Service d’action extérieure au rôle renforcé, notamment dans la gestion des crises » tout comme voir les « atouts » des agences de l’Union européenne (comme par exemple l’Agence européenne de défense, ou le centre satellitaire de Torrejon) mieux utilisés.

7. Une plus grande réactivité. La France souhaite que l’Union renforce « la réactivité et les capacités d’intervention des forces » mises à la disposition de la PSDC. Formation commune, entraînement, disponibilité et génération de forces mieux coordonnée entre États européens sont des « domaines où les progrès sont urgents et accessibles ».

8. Utiliser tous les instruments du Traité.  La France veut « mieux utiliser les institutions et cadres de concertation existants et tirer parti de toutes les possibilités ouvertes par les traités, y compris la coopération structurée permanente et les coopérations renforcées. »

9. Une volonté et des capacités de projection. La « volonté de se projeter » n’a de sens que si elle repose sur la « possibilité, pour les États qui y souscrivent, « de mobiliser des moyens civils et militaires crédibles ». La France s’engage à disposer des capacités critiques dans certains secteurs « renseignement, surveillance, ravitaillement en vol, transport stratégique, etc. », tout en réaffirmant sa volonté de « mutualiser les programmes correspondants avec les États les plus capables d’y contribuer ».

10. Mutualisation et partage des capacités. La France répète son souhait « résolu (de) s’engager dans l’initiative de mutualisation et de partage capacitaire (pooling and sharing), confiant à l’Agence européenne de défense (le soin) d’identifier des programmes qui pourraient être développés en commun, de tester leur faisabilité et d’organiser leur montage ». Les coopérations, avec un ou plusieurs États, de programmes d’armement dans le cadre de l’OCCAR doivent être envisagées « non pas comme des alternatives ou des substituts, mais comme des leviers supplémentaires pour susciter une dynamique capacitaire européenne ».

Enfin, la France affiche un objectif plus général « que se poursuive et s’intensifie la construction européenne en matière de sécurité intérieure » avec élaboration d’une « stratégie davantage intégrée ». Deux exemples sont données : la « protection des infrastructures critiques européennes » et « la coordination politique en cas de crise majeure » (protection civile) .

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Et le nom du batiment du service diplomatique est…

(BRUXELLES2) Plus d’un an après sa mise en place, le bâtiment qui sert de siège au Service européen d’action extérieure (SEAE) n’a toujours pas de nom.

Au bar de l’hotel

A l’approche de la review du SEAE, qui a fait, l’objet d’une discussion entre ministres des Affaires étrangères, vendredi et samedi dernier à Dublin, la question de donner un nom au bâtiment a été abordée. Non pas lors de la séance plénière de travail le vendredi après-midi. Mais, semble-t-il, lors d’une séance assez informelle qui a rassemblé après le diner du soir, plusieurs des ministres – enfin ceux qui restaient (Laurent Fabius et William Hague étaient déjà partis apparemment) – au bar de l’Hotel Westbury Hotel à Dublin où la plupart des délégations logeaient.

Le “Douze”

L’actuel nom du bâtiment, The Capitals, nom de code donné par son propriétaire-constructeur, le groupe Axa, n’est pas trop parlant. Et le nommer le bâtiment du SEAE est un peu court. Deux noms se détachent pour le batiment : Schuman Square, qui est le lieu où donne l’entrée principale du Service, un peu à la manière des sièges des diplomaties nationales qui empruntent souvent leur “petit nom” de leur situation ou le “Douze” du nom du bus qui dessert directement l’aéroport et s’arrête juste en bas du Service. L’idée de le dénommer “Ashton’s Building”, le nom de l’actuelle Haute représentante, a été un temps évoqué mais réfutée par l’intéressée. Il pourrait revenir le cas échéant. Pour l’atrium central du Service, il semblerait que le nom de “Mandela” pourrait être retenu qui a été préféré à celui de Tony Blair et de Carla Bruni.

Cafeteria Hugo Chavez

Chacun des ailes du Service recevrait le nom d’une capitale emblématique de l’action du service. Sarajevo, Kaboul, Téhéran, Mogadiscio sont ainsi cités. Les différentes salles de réunion porteraient le nom d’un écrivain européen contemporain – Vaclav Havel et Ibrahim Rugova sont cités – ou plus anciens comme “Voltaire” en hommage au philosophe français qui a voyagé à travers l’Europe et a été diplomate à son heure. Quant à la cafeteria, elle devrait porter le nom du président venezuelien décédé, Hugo Chavez ! Décision prise à l’unanimité. Mais peut-être était-ce dû à l’heure avancée…

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Le service diplomatique européen, un bébé qui ne demande qu’à grandir

Le service diplomatique européen, un bébé qui ne demande qu’à grandir

Le nouveau siège du Service diplomatique européen – à gauche(par Thierry Monasse, ce fidèle et talentueux photographe)

(BRUXELLES2 à Dublin) Le travail de révision des structures du SEAE est entamé. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont penchés sur le berceau du nouveau né : 2 ans et quelques mois déjà ! Et ont exprimé quelques idées pour l’aider à franchir ses premières rages de dents (un exposé détaillé des différents non paper remis à ce conseil figure dans le Club de B2). Des idées émises à la lueur de l’expérience acquise ou reprises des suggestions de départ qui n’avaient pas été retenues.

Un bébé de deux ans …

Il faut cependant se garder de prendre ces critiques au pied de la lettre. Les mêmes qui réclament aujourd’hui simplification et clarification (ministres des Etats membres, députés, experts…) sont ceux qui ont posé de multiples conditions, rendant l’édifice à bâtir, plus complexe et plus fragile, aujourd’hui. Certains pourraient avoir l’honnêteté de dire “nous nous sommes trompés”.

D’une certaine façon, cela me rappelle la conception de l’A400M où l’un veut un appareil qui permette le chargement avec une seule personne, l’autre un avion qui permet l’embarquement de forces spéciales, le troisième veut aller le plus loin possible et tous veulent que ce soit le moins cher possible et livré le plus rapidement possible. Pour le Service diplomatique européen, c’est un peu pareil.

Pour autant, il ne faut pas non plus se le cacher, il y a quelques problèmes, j’en évoquerai seulement quelques uns… Mais je me garderai également de ne pas rappeler – il faut le souligner – le service diplomatique européen reste une superbe machine, un moteur qui ne demande qu’à être performant pour peu qu’on le libère de certaines contraintes, un bébé qui ne demande qu’à grandir. Ne jetons donc pas le bébé de deux ans avec l’eau du bain !

Quelques propositions / retours d’expérience

Réorganiser le bazar

La structure du SEAE tient un peu du grand bazar qui résulte davantage d’un empilement de conditions posées par les uns et les autres (le Parlement européen, la Commission européenne, les Etats membres) auxquelles la Haute représentante n’a pas pu/pas su résistées. A cela se sont ajoutées des affinités, des recrutements personnels qui ont bousculé la structure du SEAE. La structure en haut de l’édifice doit donc être épurée et simplifiée.

• Le Haut représentant : des tâches à déléguer

De la même façon a beaucoup glosé sur la personnalité de C. Ashton. Inutile d’y revenir. Mais il y a un point qui doit faire l’objet d’une introspection. Le Haut représentant ne peut pas tout faire. Il/Elle doit déléguer. Est-ce à un haut représentant adjoint (comme l’envisage la Haute représentante elle-même) à un commissaire délégué à certaines politiques (par exemple pour le voisinage ou pour les questions de défense) ? Ou est-ce au niveau du secrétaire général et de ses adjoints qui doit exercer ce rôle ? Ou aux deux ? Peu importe. La Haute représentante n’a pas, par exemple, à intervenir sans cesse dans le recrutement de tous les diplomates. De même, elle ne peut pas, elle ne doit pas voir tous les courriers qui partent. Il y a du travail pour plusieurs personnes, à condition que la répartition des tâches soit fixée, de façon claire et précise. Et que la responsabilité soit pleine et entière.

• Les structures de la politique européenne de Défense : à ciseler

L’organisation des structures de gestion de crises – qui gèrent les opérations de défense commune – peut facilement être revue et doit être revue. Avec un responsable clairement identifié à sa tête, de niveau politique, apte à assurer une représentation au plus haut niveau, devant le Parlement européen voire au niveau ministériel. Et les structures ensuite doivent s’organiser de façon logique : planification stratégique, puis planification opérationnelle et commandement de l’opération. La notion de “prévention de crises” comme les instruments financiers – l’instrument de stabilité – doivent faire partie de cet ensemble.

• Des effectifs ou des gros salaires : il faut choisir

Le nombre de diplomates gagnant un salaire plus que 10.000 euros doit diminuer. Je sais : je ne vais pas me faire des amis. Mais il est impossible en ces temps de crise budgétaire de continuer à avoir une structure qui comprend un nombre important de personnels à des niveaux autour de 10.000 euros voire plus, alors qu’il manque cruellement de personnels à des niveaux intermédiaires ou subalternes. Ce personnel est tout aussi nécessaire. A enveloppe constante, le SEAE pourrait ainsi ouvrir de nouvelles délégations, combler ses manques de postes (qui ne sont pas dus à un défaut de candidatures mais à un défaut de recrutement) et être ainsi plus efficace pour un coût identique. Je ne crois pas que la valeur des personnalités se mesure au nombre de 000 qui figure sur leur fiche de paie.

• Le combat Commission/SEAE est dépassé : redéfinir les compétences

Là encore l’enchevêtrement des compétences nuit. La volonté de la Commission de ne pas se faire déposséder a joué. La réaction institutionnelle – presque physiologique – est assez normale. Mais la logique du Traité de Lisbonne était tout autre. On doit maintenant revenir aux prémices : réunion de l’ensemble des instruments extérieurs sous une seule autorité. Il ne peut pas y avoir d’un coté une personne qui définit une politique et de l’autre une personne qui dispose de l’instrument financier avec ses propres règles. Imaginez en France, Bercy décidant au jour le jour des attributions du budget de la Défense ou des Affaires étrangères.

Un formidable moteur sous le capot

Ce travail de révision va nécessairement pointer ce qui ne fonctionne pas. Il ne faut cependant pas oublier que l’UE dispose avec le SEAE d’un formidable moteur sous le capot. Celui-ci peut parfois avoir du mal à démarrer ou toussoter (comme un moteur quand il fait très froid) mais lancé à pleine puissance, il peut fonctionner avec efficacité.

Avec ses 140 délégations dans le monde, l’Europe dispose là d’un réseau d’autant plus irremplaçable que chaque Etat membre va être tenté de resserrer les rangs dans son réseau diplomatique. Qui aujourd’hui a une ambassade dans quasiment tous les pays africains, d’Amérique et d’Asie ? Qui dispose au sein de la même administration de militaires de haut niveau, de spécialistes de la logistique aéronautique comme de la connaissance la plus fine des mouvements djihadistes, des Balkans ou du nucléaire iranien… et des marchés publics ? Où croiser sous le même chapeau, dans le même bâtiment même, des mili(raire)s, des diplo(mate)s, des gestionnaires de projet.

Depuis quelques années, j’ai rencontré nombre d’entre eux, j’ai souvent été réjoui par leur talent, leurs connaissances dossiers, leur finesse d’approche. Ce moteur ne demande aujourd’hui à ce que l’on lui fasse passer une vitesse de plus, à être débridé. Mais ceci doit être fait en douceur. Le service diplomatique européen a besoin – comme pour toute structure humaine – d’un minimum de stabilité et de prévisibilité.

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Un agent de l’ambassade européenne en Syrie tué (maj)

(BRUXELLES2) Ahmad Shihadeh était employé à la délégation de l’Union européenne à Damas, en Syrie, à la section politique et à la section économique, depuis 2007. Il a été tué mardi (12 mars) durant une attaque de roquettes dans le quartier de Deraya, où il vivait alors « qu’il procurait une aide humanitaire à la population du quartier ». La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a adressé ses « plus sincères condoléances à sa famille, ses amis et ses collègues de la délégation », ajoutant « Ahmad était courage pour son courage et son altruisme». C’est le premier employé d’une délégation de l’Union européenne tué dans un conflit depuis la création du service diplomatique européen. Mais pas le premier des personnels européens tués en mission (lire aussi : *In Memoriam. Diplomates et militaires morts en mission CE / UE).

Un pacifiste actif, arrêté deux fois

Durant la fermeture temporaire de la Délégation en décembre 2012, Ahmad avait mis toute son énergie dans des causes humanitaires et pacifiques. Il s’était notamment impliqué dans l’aide humanitaire travaillant avec le conseil local de Deraya, dont il était un des membres fondateurs, selon les informations communiquées à B2 par ses proches. Il aidait également à concevoir et écrire pour un journal d’opposition de Deraya et avait une réputation de pacifisme actif durant la guerre de Syrie. Agé de 32 ans, il était « malgré son jeune âge déjà un grand homme », écrit un de ses collègues. « Pour moi, Ahmad était le type même de personnes qui représente la Nouvelle Syrie, prêt à aider les autres à apporter des changements sociaux et politiques pour une vie meilleure pour tous les Syriens ». Il avait été arrêté deux fois et avait passé sept mois en détention, sans aucune charge à son encontre.

Appel à cesser les violences

La Haute représentante en a profité pour lancer un appel « à toutes les parties pour prendre de façon urgente des mesures pour faire fin à la violence qui a causé la mort de 100.000 citoyens innocents et (pousser) plus d’un million de réfugiés à chercher asile dans les pays voisins »

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La mission de police en Afghanistan à la veille d’un redéploiement

(BRUXELLES2) La mission de police de l’Union européenne en Afghanistan (EUPOL Afghanistan) se prépare à un redéploiement qui ressemble à un rétrécissement. Du fait du retrait des forces de la coalition, et de la suppression de certains PRT dès maintenant et jusqu’à 2014, certains points de formation pourraient être abandonnés, particulièrement dans le sud du pays. C’est du moins une des premières recommandations de la revue stratégique (review) actuellement engagée au niveau européen.

Rappelons que la mission de police de l’Union européenne n’a pas vraiment pour objectif de former des policiers de terrain ou de maintien de l’ordre mais privilégie davantage la mission de maintien de l’Etat de droit, d’enquête et de police judiciaire, notamment. Kaboul restera donc le point central pour les formations, avec différentes villes (Mazar, Kunduz…) qui obéiront davantage à la volonté de certains pays de rester, ou de ne pas rester, qu’à une réelle planification stratégique.

Certes la mission européenne est moins friable aux attaques “green on blue”. « Une mission civile est sans doute moins exposée car ces méthodes sont moins hiérarchisées » explique H. Haber, le commandant des missions civiles de maintien de la paix l’Union européenne (CPCC). En clair « Si je peux exprimer comme çà. Il y a moins de risque de briser certaines normes ou blesser certaines susceptibilités. »  Mais, sur le terrain, les “Européens” ne sont pas en position de se protéger eux-mêmes. Ils reposent intrinsèquement sur les forces de l’OTAN pour cela. Et la situation sur place impose donc des décisions qui ont peu à voir avec l’objectif de la mission et davantage avec la réalité.

De fait, on peut s’interroger de savoir comment les Etats membres vont pouvoir maintenir une mission au-delà de 2014 (*), mission qui a toujours eu du mal à trouver son personnel. Elle est toujours restée en dessous des effectifs budgétés. Et encore aujourd’hui on est à environ 350 personnes pour 400 personnes prévues.

(*) Les 27 s’étaient entendus,  il y a un an, sur la prolongation de la mission, après 2014, qui fixait un message davantage politique qu’opérationnel

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Le service diplomatique européen recale de façon très ouverte

(BRUXELLES2, exclusif) Le service diplomatique européen joue la transparence totale… y compris pour les recrutements. :-)

Plusieurs dizaines de candidats recalés aux derniers postes ouverts par le service diplomatique européen viennent en effet de recevoir par mail une missive, pour le moins étrange. Le message – signé au nom de Patrick Child, le chargé du recrutement au SEAE – débute classiquement « Thank you for your applications for the abovementioned posts. The selection procedures for these posts have now been finalised, and I regret to inform you that you were not successful on this occasion. We appreciated the time you invested in your applications and encourage you to apply in the future for EEAS posts for which you qualify. » Et cette fois on ne pourra pas lui reprocher d’avoir jouer “secret”. Tout le monde a pu être informé (*).

En effet, chacun des candidats a reçu copie de tous les courriers adressés à tous les recalés. Chacun a ainsi pu découvrir non seulement que le message était bien standard, avec aucun mot d’accompagnement un peu personnalisé — ce qui n’est pas très “fair play” — mais aussi découvrir qui avait candidaté pour les autres postes. On retrouve ainsi – dans ce mail qu’a pu consulté B2 – des noms connus de diplomates venus de la plupart des Etats membres (Allemagne, Belgique Espagne, France, Italie, Roumanie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Slovénie…) comme de l’interne (SEAE ou Commission européenne, Conseil). Ce qui est logique puisque ce sont les trois voies de recrutement actuellement autorisés.

Sans juger de la légalité du procédé – avec toutes les questions notamment sur la protection des données – on peut se demander comment on en arrive à une telle perte de confidentialité d’habitude de règle pour de tels recrutements. L’automaticité a été telle que certains diplomates qui ont été finalement nommés ont tout de même reçu une même missive négative (car ils avaient postulé pour d’autres postes).

Avec un tel dispositif, inutile de recourir à de dispositif d’espionnage… le SEAE le fait tout seul !

(*) certains candidats ne reçoivent jamais de réponse…

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Le rapport de la Cour des comptes sur le Kosovo : un peu dépassé aujourd’hui ?

(BRUXELLES2) Les représentants du service diplomatique européen ont peu vraiment apprécié le dernier rapport de la Cour de comptes sur la mission d’Etat de droit EULEX Kosovo (lire : La mission Eulex Kosovo : pas assez efficace ! L’Etat kosovar « limité » (Cour des comptes). Selon eux, le rapport pointe certes une série de faits avérés, mais de manière générale le rapport date de 2011 et plusieurs améliorations ont été effectués depuis et cela dans un contexte particulièrement compliqué. Comme l’a expliqué à B2, un expert du dossier, le rapport de la Cour des comptes est certes “intéressant”. Mais il oublie un fait : “le reprofilage de la mission sur certains objectifs”.

Le rapport ne tient pas compte des améliorations récentes

«Si le SEAE accepte les conclusions de la Cour et reconnaît des défauts sur certains aspects, nous ne sommes pas d’accord avec plusieurs des déclarations de la Cour» a répondu Maja Kocijancic, porte parole de la Haute représentante, suite à la publication. «La plupart des efforts vitaux de renforcement et d’exécution ne sont pas couverts par la période chronologique du rapport (2007-2011) et en effet, plusieurs des recommandations de la Cour ont déjà été adressées.» Et si la mission a été renouvelée jusqu’en 2014, c’est bien parce que «les institutions kosovares ont amélioré leurs performances et la mission EULEX a été reconfigurée afin d’améliorer l’allocation des ressources et la coordination». Peter Stano, porte parole de Stefan Füle, Commissaire à l’élargissement, tire les mêmes conclusions. «En fait, certaines (recommandations de la Cour) ont déjà été mises en place, notamment l’utilisation du dialogue politique (Dialogue Structurel sur l’Etat de droit, dialogue sur les visas, étude de faisabilité) ainsi que la révision des acquisitions et de la programmation afin d’assurer la synergie entre EULEX et l’Instrument d’aide de préadhésion». NB : C’était d’ailleurs tout l’objectif de la “review” (révision stratégique) entamée pour la mission EULEX Kosovo, qui a commencé d’être mise en place en juin dernier et devrait l’être d’ici la fin de l’année ou l’année prochaine.

Ça n’est pas si facile que cela

Qui plus est, la porte parole du service extérieur tient à insister sur la complexité de la mission EULEX et du contexte politique général dans la région. «Considérant l’état fragile des institutions d’Etat de droit du Kosovo au moment de la mise en place de la mission, la stabilité relative mérite d’être prise en compte lors de l’évaluation de l’efficacité de l’investissement européen». Avant d’ajouter qu’en plus «EULEX continue de faire face à une culture d’impunité». Mêmes réactions du côté de la Commission et la Dg elargissement. «Nous partageons pleinement les conclusions de la Cour comme quoi l’établissement de l’Etat de droit au Kosovo est un processus lent et exigeant» explique le porte parole du Commissaire.

Il faudrait aussi parler des résultats

Au service diplomatique on se défend aussi d’avoir quand même accompli toute une série de résultats, ignorés par le rapport. «Des centaines d’investigations sont en cours, plus de 300 verdicts dans des cas militaires et civils, 23.000 conflits de propriété résolus et plus de 300 dépouilles de personnes disparues restituées au familles attestent aussi de l’impact de la mission» précise ainsi Maja Kocijancic. Au delà des données statistiques, le SEAE souligne que «dans plusieurs cas, (EULEX) a agit en tant qu’acteur dissuasif et préventif, désamorçant des situations qui auraient autrement éclaté en conflit».

Et pour le coordination, nous continuons les efforts

«La coordination est renforcée tous les jours, particulièrement entre le bureau de l’Union Européenne et EULEX. La Commission continuera également de faire tous les efforts possibles afin de se coordonner avec les Etats-Unis» a précisé Peter Stano.

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