Russie

La Syrie utilise des bombes gigognes selon Human Right Watch

La Syrie utilise des bombes gigognes selon Human Right Watch

(B2) L’ONG Human Right Watch (HRW) a accuseé le régime syrien d’utiliser des bombes gigognes soviétiques dans la région montagneuse près de Hama. Deux vidéos parues sur You Tube par un utilisateur présumé être un rebelle syrien, montrent les restes d’une bombe gigogne RBK250 ainsi que des sous-munitions AO-1Sch inexplosées. Un activiste local a confirmé à HRW que la région supposée où ont été tournées ces images, est sous bombardement continu de l’armée depuis deux semaines, suite au repli de groupes rebelles dans cette topographie difficile. NB : Une centaine d’Etats ont signé en 2010 une convention prohibant l’utilisation ou la fabrication de bombes gigognes. Ni la Syrie, ni la Russie ne font parties des signataires.

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La menace turque…

Demetris Christofias - président chypriote - et Martin Schulz - président du Parlement européen (crédit : Parlement européen)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Le président chypriote Demetris Christofias a été clair lors de son intervention devant la presse au Parlement européen mercredi (4 juillet). Chypre doit faire face à un voisin « mençant, la Turquie ». Un mot qui est revenu Chypre est « un pays occupé à moitié – 37% de notre territoire est occupé. C’est un anachronisme au XXIe siècle. Chypre doit dépenser des millions pour sa défense pour faire face à la politique de la Turquie. Alors que nous voulons démilitariser Chypre ».

Cette visite habituelle en début de présidence (chaque présidence tournante vient devant le Parlement européen expliquer ses priorités) avait aussi un objectif, tout aussi rituel pour le pays cette fois, attirer l’attention sur l’occupation turque du nord de l’Ile et obtenir des soutiens. Celui-ci n’a pas manqué.

« Ce n’est pas l’UE qui adhère à la Turquie, c’est l’inverse »

Martin Schulz (PSE, Allemagne), président du Parlement européen, lui a apporté un soutien marqué. « L’Union européenne a des règles et la Turquie doit le respecter. Une des règles de l’Union européenne est la présidence tournante. C’est un droit et un devoir pour Chypre d’assurer la présidence. Je l’ai dit récemment lors d’une visite à Abdullah Gül (le président turc) et aux dirigeants turcs lors de ma visite récente à Istanbul. Ce n’est pas l’Union européenne qui va adhérer à la Turquie, c’est l’inverse, la Turquie doit respecter les règles de l’Union européenne. » « Je ne peux accepter qu’on accepte un Allemand et pas un Chypriote. » a-t-il ajouté. A la fin du rituel des questions réponses, le président a d’ailleurs repris la parole (ce qui est plutôt inhabituel) pour remercier chaleureusement l’Europe et le Parlement européen « du soutien face à la menace que représente la Turquie ».

Chypre confirme sa demande d’aide à la Russie

Le président chypriote a aussi expliqué sa position sur la demande d’aide financière de l’ile à la Russie. Une demande qui est toujours d’actualité. Les raisons de cette demande sont fort simples et prosaïques pour Demetris Christofias. Tout simplement ! « Les conditions offertes par Russie sont meilleures que le mécanisme européen. Et (la Russie) ne pose aucune condition, elle ne nous demande rien. Les taux d’intérêts sont bas. » Ce n’est pas sa qualité de communiste qui le pousse vers la Russie a-t-il tenu à avertir les profanes. « Laissez tomber l’histoire que les communistes sont à la tête de Chypre aujourd’hui. » a-t-il expliqué aux journalistes. « Chypre en tant que pays de la Méditerranée, habité par des orthodoxes chrétiens, a des liens traditionnels et culturels avec la fédération russe qui remontent à très loin. Il y a toute une histoire derrière. (Et d’ailleurs) La Russie est un partenaire de l’Union européenne, ce n’est pas un ennemi. » A noter que cette aide et viendra compléter celle demandée à l’Union européenne (et non la remplacer) a précisé un diplomate chypriote à B2. NB : c’est aussi un bon moyen de pression et de négociation…

NB : je suis à Chypre pour quelques jours. Et nous aurons donc certains détails ou informations sur cette nouvelle présidence qui s’annonce.

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Un ambassadeur chargé de suivre le retrait des soldats français d’Afghanistan

(B2) Stanislas Lefebvre de Laboulaye a été chargé d’une tâche délicate dans le cadre du retrait des soldats français d’Afghanistan : « assurer le suivi des accords de transit en cours de négociation ou restant à négocier avec des pays de la région pour permettre de disposer de différentes voies de sortie pour le désengagement logistique » comme l’ont confirmé aujourd’hui de façon conjointe les ministres des Affaires étrangères et de la Défense. Né à Beyrouth en 1946, il a fait des études de lettre à la Sorbonne et l’université de Vincennes et a travaillé comme assistant à l’université de Manchester. Diplomate de carrière, où il est entré à 32 ans, Lefebvre de Laboulaye a fait l’Ena (promotion Voltaire… ca vous dit quelque chose, la fameuse promotion De Villepin – Hollande – Royal…). Il a fait le rituel séjour à Bruxelles que tout diplomate sensé doit faire (:-)) de 1984 à 1987 à la Représentation permanente auprès des Communautés européennes chargé des questions institutionnelles, de l’Environnement et de la Recherche. Il a également été ambassadeur de Russie, récemment, de 2006 à 2008, notamment lors l’intervention russe en Géorgie et la négociation du plan en six points par la France. Ce qui est plutôt utile…

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Une guerre ouverte (très) à l’Est de l’Europe ? De plus en plus probable à moyen terme

Les montagnes du Nagorno-Karabakh (Crédit: wikipédia)

(BRUXELLES2) La « guerre des snipers » dans la région du Nagorno-Karabakh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, si elle est peu évoquée (notamment dans les médias), inquiète (discrètement) l’Union européenne.

Lors d’un atelier de la sous-commission Sécurité et Défense, le Représentant Spécial de l’UE pour le Caucase, Philippe Lefort, ainsi que plusieurs experts*, ont tiré la sonnette d’alarme : il y a là un conflit qui n’est certainement pas gelé, mais « dont la solution  est gelée » tandis qu’une escalade de la violence sur la « ligne de contact »** risque fort de se transformer en guerre ouverte aux portes de l’UE, à moyen terme comme s’accordent à le dire les différents invités. Une discussion intense devant une salle pleine.

Rapport de force déséquilibré : vers une guerre ouverte

Si pour l’instant, le risque d’une explosion et d’une transformation en guerre ouverte semble « contrôlé », selon Philippe Lefort, il est bel est bien probable qu’à moyen terme, les choses changent. En effet, il y a des préparatifs à la guerre des deux côtés, comme l’expliquent les experts. Mais le rapport de force est totalement déséquilibré. D’un côté, l’Azerbaïdjan est le pays du monde qui a le plus augmenté son budget défense en 2011. Il est en effet passé de 130 millions de dollars en 2003 à plus de 3 milliards en 2011 et semble continuer dans ce sens. Ce budget représente dix fois celui de l’Arménie, avec ses 387 millions en 2011. Lorsque l’Azerbaïdjan aura « digéré » tout ce nouvel armement, lorsqu’il sera opérationnel, d’ici quelques années, une intervention armée de grande ampleur semble très probable. D’autant qu’il y a une sorte de « fatigue du status quo » : les négociations n’ont mené à rien et les arméniens dominent toujours le Karabakh. De son côté l’Arménie opte justement pour le maintien du statu quo, sans montrer aucune volonté de compromis. Si son armée semble bien plus réduite que celle du voisin oriental, elle a la réputation d’être bien préparée, en particulier à une guerre défensive. Mais surtout, l’Arménie peut compter sur son allié russe…

La Russie en embuscade

Le rôle de la Russie est déterminant, voire prépondérant, dans ce conflit. Il est cependant trouble. Si la Russie est un allié politique et militaire de l’Arménie, elle fournit des armes aux deux parties. On peut craindre qu’elle ait comme intérêt de maintenir un état de conflit de basse intensité comme elle le faisait sous l’URSS afin de rester la seule puissance régionale. Et on peut craindre qu’en cas de conflit ouvert, elle interviendrait comme « grand pacificateur » de la région, aux côtés de l’Arménie, imposant ainsi sa zone d’influence face aux occidentaux. D’autres acteurs internationaux sont « incontournables » dans la région: l’Iran (allié stratégique de l’Arménie), Israel (qui exporte ses armes à l’Azerbaïdjan), les Etats-Unis (qui ont un intérêt stratégique en Azerbaïdjan mais qui doivent aussi écouter une forte diaspora arménienne) et bien sûr l’UE.

Une guerre ouverte aurait des conséquences dévastatrices pour la région et pour l’UE

Les deux parties n’ont pas l’air de bien comprendre les conséquences d’un conflit de grande ampleur selon les experts. Les responsables politiques et militaires locaux sont encore marqués par la guerre des années 1990 et ne prennent pas réellement en considération la capacité destructrice des nouveaux armements, explique Philippe Lefort. Mais un conflit ouvert aurait des conséquences dévastatrices pour la région, qui serait totalement déstabilisée, là où il n’y a pratiquement personne pour « surveiller » un cessez-le-feu qui n’est déjà pas appliqué. Enfin, si, il y a tout de même six observateurs du Groupe de Minsk (OSCE)… Pour l’UE, la première conséquence serait évidemment énergétique, avec au mieux, une montée des prix du brut liée au risque pris par les compagnies. Et au pire, un blocage des exportations de l’Azerbaïdjan : une frappe aérienne (russe?) aurait en effet vite fait de détruire les pipelines, coupant ainsi les ressources du pays (pour qui les revenus pétroliers représentent 90% de ses exportations).

Perpectives et marge de manœuvre de l’UE : limitées.

Que fait, ou plutôt, que peut faire l’UE ? S’il faut absolument éviter le « film d’horreur » que représenterait une guerre ouverte. Mais « on ne peut pas faire de miracles » dit Philippe Lefort, qui s’avoue pessimiste. « On peut être une plateforme, une ressource [mais] on ne peut pas faire la paix à leur place ». Encore faut-il que les deux parties souhaitent la paix, ce qui semble de moins en moins le cas. Il ne faut pas désespérer pour autant, car « une négociation de paix n’est pas une négociation commerciale », elle est « violente », il y a « des hauts et des bas », et aussi beaucoup d’émotionnel. L’instrument principal dont dispose l’UE reste les principes de Madrid établis par la médiation du Groupe de Minsk en 2007. Mais s’ils fixent des objectifs de normalisation (corridor de sécurité, droit au retour des réfugiés, référendum sur l’autogouvernance, etc), leur mise en œuvre n’a jamais pu être précisée, faute d’accord des deux parties concernées. Il reste à miser sur les « mesures de confiance » en (re)créant des liens entre les deux sociétés, au niveau des populations, et en démontrant aux gouvernements tous les bénéfices d’une paix durable. Il s’agit d’une étude sur le long terme, permettant d’établir une sorte de « maquette de la reconstruction du Caucase ».

* Tracey German (Defence Studies Department au King’s College de Londres), Adam Eberhardt (Centre des Etudes Orientales en Pologne) et Dennis Sammut (London Information Network on Conflicts and State-building).

** Cette « ligne de contact » est en fait une ligne de front. Le vocabulaire utilisé pour décrire ce conflit est tout à fait inadapté, comme l’a fait remarqué l’eurodéputé hollandais Bastiaan Belder.

A lire : Nagorno-Karabakh: Oui, l’Europe peut s’investir un peu plus (expert du LINKS)

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La livraison d’hélicoptères russes à la Syrie bloquée au Nord de l’Ecosse

Le MV Alaed fait partie de la flotte de l'armateur russe FEMCO (Crédit: FEMCO)

(B2) Les Etats-Unis, qui ont accusé la semaine dernière les russes de fournir le régime syrien en armes, ont demandé la semaine dernière aux britanniques de stopper un bateau russe (le MV Alaed) alors qu’il naviguait en mer du Nord, à 50km au Nord Est des côtes de l’Ecosse, comme l’a révélé le Sunday Telegraph ce week-end. Se dirigeant vers le Sud, ce bateau russe transporterait des hélicoptères Mi25 à destination de la Syrie, selon les renseignements américains. Or, le MV Alaed vogue sous une assurance britannique. Le gouvernement britannique a donc informé la compagnie d’assurance Standard Club qu’assurer un tel convoi allait à l’encontre des sanctions décidées par l’UE contre la Syrie, puisqu’elles interdisent non seulement l’exportation d’armes vers le pays mais aussi la fourniture de « services » liés à l’exportation. L’assureur a alors immédiatement rompu le contrat d’assurance. Le bateau, désormais non assuré, a été vu la nuit dernière (18 juin) au large de l’Ecosse.

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Russie et Finlande : la guerre des mots, sur fond arctique

Russie et Finlande : la guerre des mots, sur fond arctique

Exercice de tir de missile sol air, entre Finlandais et Norvégiens (crédit : Nordefco)

(BRUXELLES2) Alors que le gouvernement finlandais n’a toujours pas opté sur une adhésion à l’OTAN, la Russie vient de dire, de façon claire et nette, « Niet » à cette possibilité, si d’avance elle se concrétisait. Pour le général Nikolai Makarov, le commandant des forces de défense russe, une telle adhésion représenterait une « menace pour la Russie ».

Un danger pour la Russie, la Finlande ?

« La participation de la Finlande aux exercices de l’OTAN prouve que la Finlande s’implique de plus en plus dans le cercle des activités de l’OTAN. Dans certaines conditions, cela pourrait même causer un danger militaire pour la sécurité de la Russie », a affirmé le général dans son allocation devant l’Association des stagiaires de défense nationale à l’Université… d’Helsinki début juin, rapporte la presse finlandaise. Il pointe notamment du doigt les exercices de la défense nationale finlandaise à proximité de la Russie.« On peut se demander contre qui on s’apprête à combattre », s’interroge-t-il. Makarov n’est pas avare de déclarations tonitruantes. Ainsi début mai, lors d’une conférence sur la défense anti-missile à Moscou, il n’avait pas hésité à estimer que « Compte tenu du caractère déstabilisant du bouclier antimissile européen (…) la décision de porter une frappe préventive (…) pourrait être prise (par l’État-major russe) si la situation devait s’aggraver ».

La crainte de voir la Finlande se rapprocher de l’OTAN

Selon Charly Salonius-Pasternak, le chercheur de l’Institut finlandais des relations internationales, spécialisé dans les questions de sécurité, ces propos du général Makarov ne sont pas totalement inopinés. « Sa proximité avec le coeur du Kremlin laisse à penser que ce qu’il dit n’est pas contre ce que le Kremlin pense, même s’il a utilisé ses propres mots » a-t-il confié dans un échange avec B2. Et le chercheur de lire ainsi le message russe. Au-delà des exercices, « c’est le niveau actuel de la coopération avec l’OTAN, sur l’Arctique notamment, (qui) est problématique pour la Russie. Bien que Makarov ne le mentionne pas explicitement, on peut considérer qu’il fait référence à des discussions sur la Finlande et la Suède pour participer à la surveillance de l’espace aérien islandais. »

Un avertissement qui vise la neutralité de l’Arctique et au-delà les Etats-Unis

Si pour les Finlandais (et les Suédois), cette participation ressort plutôt de la coopération nordique, « parfaitement en ligne avec des efforts plus larges des pays nordiques en matière de défense (NORDEFCO), et comme un forum de coopération bénéfique pour leur propre sécurité », pour les Russes il parait en aller autrement. « Makarov a également déclaré que la coopération nordique (surtout dans les régions arctiques) était problématique. » La Russie considère ainsi plutôt « l’espace aérien islandais de surveillance comme un projet de l’OTAN. Et la Russie s’inquiète ainsi de ce que « NORDEFCO amènera la Suède et la Finlande à coopérer encore plus intensément avec l’OTAN ». de fait ce n’est pas la Finlande en soi qui est « une menace pour la Russie », mais sa « coopération accrue avec l’OTAN » qui pourrait rendre la situation plus difficile pour la Russie. De façon générale, on assiste là à la réitération d’une position russe classique, visant plus largement l’OTAN et les États-Unis, et leur « désir de ne pas militariser l’Arctique, et que l’approche ‘phasée’ de l’OTAN dans la défense antimissile balistique n’est pas acceptable pour la Russie. »

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Le chemin de Saint Petersbourg. Saint Poutine, aidez-nous

(crédit : Commission européenne)

(BRUXELLES2) Près de St Petersbourg, lors du Sommet UE-Russie, Herman Van Rompuy en a profité pour dénoncer une situation en Syrie « épouvantable » et appeler le régime syrien à « cesser immédiatement toutes formes de violence et de donner son plein appui à la Mission des Nations Unies de surveillance (MisNus) ».

Evaluations divergentes

Cependant, lors des discussions avec les Russes, le président du Conseil européen n’a pu que reconnaître que l’Union européenne et la Russie avaient sur la situation en Syrie « des évaluations divergentes ». En fait, ils ne sont d’accord que sur un seul point : « le plan Annan dans son ensemble fournit la meilleure occasion de briser le cycle de la violence en Syrie, en évitant une guerre civile, et pour trouver une solution pacifique durable. ». Un point relativement faible au moment où le consensus semble se faire que la plan Annan a, pour l’instant, connu un certain échec, pour ne pas dire un échec certain. Tout l’effort des Européens reste d’essayer convaincre les Russes de faire pression sur leur allié syrien dans ce but. « Nous devons conjuguer nos efforts en vue de cela, et trouver des messages communs sur lesquels nous sommes d’accord. Nous avons besoin de travailler à un arrêt immédiat de toutes les formes de violence en Syrie, et vers un processus de transition politique » a précisé ainsi H. Van Rompuy.

Comment convaincre la Russie ?

Commentaire : Le problème est aujourd’hui de convaincre la Russie qui campe pour l’instant sur une position inflexible au Conseil de sécurité, soutient sans état d’âme son allié syrien, d’évoluer. Mais la notion de respect des droits de l’homme, d’arrêt des violences n’est sans doute pas vraiment pour percuter l’esprit du président russe qui n’a pas lésiné en Tchétchénie. Poutine souhaite redonner à son pays tout l’éclat et le poids sur la scène internationale qu’il estime perdu par des années d’affaiblissement (notamment sous la présidence d’Elstine). Et il semble plutôt concevoir les pays du monde selon une analyse classique, réaliste du découpage en zones d’influence : russe, américaine, chinoise, mixte… Le coup de force de l’OTAN au Kosovo, puis en Libye, ne sera pas répété en Syrie qui est un de ses alliés, qu’il inscrit dans sa zone d’influence, sur fond de contexte de guerre larvée entre chiites et sunnites, où la Russie a plutôt choisi le camp des premiers (Iran, Syrie, Hezbollah) contre les seconds. On pourrait se croire ainsi revenu aux meilleurs moments de la guerre froide. L’Europe n’est cependant pas dépourvue d’arguments : le président russe veut la libéralisation des visas, prépare son entrée dans l’Organisation mondiale du Commerce. Il doit conserver une certaine aura dans le camp arabe. Il aspire à une certaine légitimité. Encore faut-il être prêt au coup de force. Je ne suis pas sûr qu’une gentille aubade à St Petersbourg suffira à le faire changer d’avis…

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Entre l’OTAN et la Russie, un jeu apaisé ?

(BRUXELLES2) Ce n’est pas encore l’amour fou ni l’amitié solide. Mais entre la Russie et l’Alliance Atlantique, le temps des apostrophes publiques et des mots durs semble derrière… jusqu’à la prochaine fois. Avant la réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères de l’Alliance (jeudi 19 avril), plusieurs échanges téléphoniques ont eu lieu, notamment entre Rasmussen et Lavrov. Ce qui « donne à croire - selon un diplomate occidental - que les Russes veulent gérer de façon (plus) pragmatique leur relation avec l’OTAN ». Le temps des invectives, des grandes sorties médiatiques semble terminé, du moins pour le moment. Le ton semble différent de ce qu’on a entendu « pendant la campagne » confirme notre interlocuteur.

Le fait qu’il n’y ait pas de sommet Otan-Russie à Chicago est même plutôt un bon signe, selon notre interlocuteur. Tout le monde (les 29 – 28 de l’Otan + Russie) ont jugé que ce n’était pas opportun d’avoir un sommet Otan-Russie à Chicago ; la Russie ne l’a pas demandé ou n’a pas commenté publiquement qu’il ne se tenait pas. Bref, c’est profil bas dans les dissensions. On ne semble plus ainsi au temps où Elstine faisait faire demi-tour à l’avion de Primakov, le Premier ministre se dirigeant vers Washington, pour protester publiquement contre l’intervention au Kosovo.

Projets de coopération avec les Russes

Les différences continuent certes d’exister entre les deux parties : sur le bouclier anti-missiles notamment. « Elles ne vont pas se réduire du jour au lendemain. (Mais) cela n’empêche pas d’avancer sur d’autres sujets ».

Sont ainsi au programme : la lutte contre le terrorisme, contre la piraterie, des projets de coopération technique comme la lutte contre les engins explosifs en milieu ouverts, l’initiative sur les avions renégats (pris en otage). Et surtout le transit en Afghanistan, point vital pour les Alliés dans la phase de retrait, avec la mise en place d’un hub multimodal à Oulianovsk. Sur ce sujet, on semble bien avancer. Et le projet, malgré les critiques émises en Russie par les nationalistes ou communistes, semble bien parti. Il est d’ailleurs défendu par Poutine lui-même, selon l’AFP, comme il l’a expliqué devant les députés de la Douma. « Nous comprenons ce qui se passe en Afghanistan, n’est-ce pas ? Nous voulons que la situation y soit sous contrôle. (…) Nous ne voulons pas que nos soldats combattent sur la frontière tadjiko-afghane » (le  Tadjikistan est lié à la Russie par un accord de coopération). En Afghanistan, « L’Otan et la communauté internationale y sont présentes. Que Dieu les garde ! Qu’elles travaillent !. »

Proposition sur le bouclier anti-missiles

Des propositions ont été faites aux Russes pour tenter de réduire les divergences sur le bouclier anti-missiles. Les Etats-Unis ont proposé que les Russes participent à tous les essais anti missiles – en déployant leur matériel qu’ils veulent. Ils ont proposé également qu’un centre conjoint d’alerte avancé, « géré à 29 » (otan + Russie), soit installé en Russie et nourri par les Russes — ce qui serait un « gain pour les Russes en termes de transparence et pour les alliés en termes d’information » — et la mise en place d’un centre de coordination d’interception pour les vols de missile. Ce ne serait pas un centre commun (comme proposé par Medvedev à Lisbonne) ; il s’agit bien d’une coordination de « deux systèmes indépendants » : les Alliés interceptant les missiles sur leur territoire Otan ; les Russes sur leur territoire — . « Pour l’instant, les Russes l’ont refusé, ils continuent de prôner leur solution ». Mais, du côté Otan, on espère, on « attend une évolution des Russes » sur ce point.

Lire aussi : L’Otan en pourparlers avec les Russes pour augmenter les capacités de transit

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