Russie

Coincidences troublantes

(B2) Il y des coïncidences troublantes. Ce cameraman ukrainien a reconnu dans les « forces d’auto-défense » présents à Sloviansk et Kramatorsk, une « connaissance » croisée en Crimée quelques semaines auparavant. Un militaire vêtu du treillis militaire, avec cagoule et armé. Avouons que cela fait beaucoup …

SoldatHelicoCrimée@TCH1403

En Crimée…

SoldatSlovansk@TCH1404

Le même à l’Est de l’Ukraine

 

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À Odessa, nationalistes, soviétiques et fédéralistes se font face

À Odessa, nationalistes, soviétiques et fédéralistes se font face

Viktor et son détachement de jeunes manifestants dans le camp pro-Russe Loreline Merelle@B2

Viktor et son détachement de jeunes manifestants pro-Russes Loreline Merelle@B2

(BRUXELLES2 à Odessa) 2 à 3000 pro-Russes ont défilé dimanche (13 avril) de leur place-forte de Kulikovo au sud de la ville portuaire d’Odessa aux marches de Potemkine, bastion des partisans pro-Ukrainiens d’Euromaïdan. La situation pourrait rapidement dégénérer. Depuis deux mois, la cité d’Odessa vit sur le pied de guerre entre deux camps qui se font face.

Les Pro-Russes ont construit leurs propres campements quasi-militaires autour de la place Kulikovo. Certains souhaitent le rattachement à la Russie, d’autres une fédéralisation de l’Ukraine. Qui leur fournit l’équipement et les vivres ? Des voitures noires aux vitres teintées circulent sur la place Kulikovo, parfois en pleine manifestation, alors que l’accès est barré par des policiers. Elles laissent ouvertes la voie à toutes les hypothèses.

Les partisans d’Euromaïdan, eux, affichent l’unité ukrainienne et appellent à la « résistance nationale » lors de manifestations autour du duc de Richelieu et des marches Potemkine. L’un et l’autre camp se traitent respectivement de « traitres ». Dans la rue, les drapeaux sont brandis, symboles de l’appartenance. Le bleu et le jaune ukrainien au nord de la ville fait face aux deux tendances pro-Russes au sud de la cité, divisé entre le drapeau rouge stalinien de l’ex-Union soviétique et le drapeau noir, blanc et jaune de l’impérialisme russe. Quant aux étoiles du drapeau européen, autrefois fièrement brandi, elles brillent aujourd’hui par leur absence.

Sur la place de Kulikovo : le camp pro-Russe et ses deux tendances 

La place Koulikovo avec ses campements et ses barricades Loreline Merelle@B2

La place Koulikovo avec ses campements et ses barricades Loreline Merelle@B2

Sur la grande place pavée de Kulikovo, en plein milieu du parc, à côté de la gare centrale, deux camps de manifestants Pro-Russes sont installés entourés de barricades.

Sur le premier campement, mis en place le 23 février dernier, le drapeau rouge est bien visible et la référence à l’Union soviétique omniprésente. Dans le deuxième qui lui fait face, installé il y a moins d’un mois et gardés par des jeunes hommes à la discipline militaire, les drapeaux noir blanc et jaune du tsar Paul 1er (1796-1801) sont affichés ostensiblement à l’entrée. Les deux camps se rejoignent lors des manifestations, formant les deux mêmes faces d’un même visage.

Pour un rattachement à la Russie

Jeep avec un drapeau stalinien sur la place Kulikovo Loreline Merelle@B2

Jeep avec un drapeau stalinien sur la place Kulikovo Loreline Merelle@B2

Dans le premier camp, au pied des colonnes du bâtiment Koulikovo, une cinquantaine de manifestants sont installés depuis deux mois dans des tentes en toile ou en plastique. L’ambiance est au camping. On sortirait presque le barbecue si le temps le permettait.

Une soixantaine d’hommes, de femmes entre quarante et quatre-vingt ans prennent le café, le thé et discutent avec entrain autour des drapeaux rouges de l’Union soviétique. Certains portent des uniformes kakis et des casques semblant sortir tout droit de leurs greniers et d’anciennes reliques de guerre. Une jeep avec un drapeau stalinien stationne d’ailleurs devant le campement. « Elle appartenait à l’armée soviétique lors de la seconde guerre mondiale » m’affirme fièrement Pavel, un Ukrainien et activiste pro-Russe venu tout droit de Los Angeles supporter le mouvement.

Juste à côté, des autels sont installés en l’honneur des morts des forces de l’ordre Berkout, tués lors des manifestations de Kiev. « Ils ne le méritaient pas » lâche une vielle femme en sortant son mouchoir.  Elle va ensuite se recueillir dans une tente à l’effigie chrétienne, l’église orthodoxe du camp. « Nous sommes pour un référendum et un rattachement économique à la Russie, à la Biélorussie et au Kazakhstan » déclare Natacha, une femme de cinquante ans, pour qui c’est le seul moyen de « s’en sortir ». Elle regrette ainsi le temps où l’ « éducation des jeunes était assurée par l’Union soviétique ».

Pour une fédéralisation de l’Ukraine 

Entrée du campement pro-Russe à Odessa, Loreline Merelle@B2

Entrée du campement pro-Russe à Odessa, Loreline Merelle@B2

L’ambiance est radicalement différente dans l’autre camp installé sur la place depuis un mois. Autour des tentes, une quarantaines de jeunes hommes de 16 à 25 ans, cagoulés, munis de battes, de boucliers et de matraques font la ronde avec une discipline toute militaire. Ils forment la « garde de protection des droits des citoyens », comme l’affirme fièrement leur « commandant » Viktor, ancien garde de sécurité à Odessa.

Il est à la tête d’une véritable petite armée avec des hommes mais aussi des femmes. Elles sont quatre à partager les dortoirs des jeunes sur des lits de fortunes, des planches en bois et des oreillers, dans des tentes chauffées à l’aide de vieux poêles. « Car la ville et le nouveau gouvernement ne nous fournissent pas l’électricité » déplore le commandant.

Leur objectif : « une fédéralisation de l’Ukraine, un peu à la manière de la fédération de Russie ». A l’intérieur d’une des tentes est d’ailleurs affiché fièrement le drapeau de la ville portuaire de Mykolaïv, capitale administrative de l’oblast (région) de Mykolaïv, fondée par le général russe Grigori Potemkine à l’embouchure de la mer noire et spécialisée dans la construction navale. « La ville est dans la même situation qu’Odessa et on est ensemble pour la fédéralisation » déclare Viktor avec fierté.

Au duc de Richelieu : les Euromaïdans affichent l’unité ukrainienne 

Des manifestants Euromaïdan devant le jardin de la ville, à Odessa  Loreline Merelle@B2

Des manifestants Euromaïdan devant le jardin de la ville, à Odessa Loreline Merelle@B2

Les partisans, pro-Ukrainiens, Euromaïdans se retrouvent au nord de la ville, devant le duc de Richelieu et les marches Potemkine. Ils affichent le drapeau ukrainien en signe d’unité. L’étendard européen, autrefois très présent dans les manifestations, a disparu des cortèges. D’ailleurs, on ne fait plus vraiment appel à l’Europe, mais plutôt à la «  résistance nationale » contre l’envahisseur russe. Les manifestations les plus importantes sont organisées le samedi soir à 18h avec quelques milliers de personnes. A l’aide des réseaux sociaux, les organisateurs mettent en place des points de ralliement et de « collectes ».

Une chaîne de solidarité s’est ainsi formée devant le « jardin de la ville » le long de la rue Mayakosvogo samedi (12 avril) à 13h. On aperçoit  à peine le drapeau ukrainien, symbole du ralliement. Petit à petit, les manifestants se réunissent en ordre dispersé, bravant le mauvais temps. Une cinquantaine puis une centaine de manifestants forment bientôt une ligne jaune et bleue. Agés de 20 à 40 ans,  ils ont le sourire et portent fièrement les couleurs de l’Ukraine. A 14h, ils se mettent à chanter l’hymne, brandissant leurs étendards. Dans les rues, on voit régulièrement passer des voitures de particuliers avec des portes-drapeaux aux couleurs de l’Ukraine. Et le discours se radicalise contre « les traitres qui vendent leur pays ».

(Loreline Merelle)

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L’Ukraine, objet d’une OPA « hostile » russe ? Observations

Hommes armés dans l'est de  l'Ukraine - via @adagamov

Hommes armés dans l’est de l’Ukraine – via @adagamov

(BRUXELLES2) La volonté de Moscou, le gouvernement de Kiev, et les Occidentaux…

Une volonté russe délibérée. Ces escarmouches de ce week-end (lire : Escarmouches dans l’est de l’Ukraine. Kiev réagit) n’étonneront pas ceux qui suivent la situation en Ukraine. Moscou n’a jamais fait mystère de ses intentions. L’objectif stratégique est clair : ne pas laisser l’Ukraine voguer de façon trop indépendante et surtout se rattacher trop clairement au camp occidental. Peu importe les moyens, les menaces et les sanctions. C’est pour la Russie – du moins c’est le ressenti – une question vitale. Et c’est la grande différence avec les Occidentaux (Américains et Européens) pour qui l’Ukraine est, avant tout, une affaire de principe (la démocratie ne discute pas) et de posture (ne pas laisser faire Moscou).

Un dilemme pour Kiev. Le nouveau gouvernement de Kiev se trouve, en effet, placé face à un dilemme : ne pas réagir (par la force) c’est alimenter les commentaires sur son incapacité – à vrai dire assez réelle (on l’a vu en Crimée) – de faire face à la situation. Réagir, c’est prendre le risque de l’aggravation et de l’escalade. Dans les faits, l’Ukraine est l’objet d’une attaque en règle de Moscou, non pas frontale, mais biaisée, à la manière d’une offre publique d’achat (OPA) hostile, d’une société par une autre sur le marché en bourse.

Une tactique qui évolue. La tactique évolue ainsi au fur et à mesure des évènements. On peut avoir l’impression d’être ballotté au gré des évènements. C’est la réalité. Nous sommes sur un champ de bataille où le stratège décide, au vu de la situation sur le terrain d’avancer tel ou tel pion. Après la Crimée, annexée dans une opération éclair, le temps est venu de la déstabilisation de l’Ukraine. A commencer par les villes situées le plus à l’Est. Puis normalement cela devrait gagner la bordure sud. Notre reporter Loreline Merelle rentre d’Odessa. Et on voit déjà des premières amorces d’un durcissement de la situation sur place, avec un camp retranché de prorusses dans la ville.

Tous les moyens sont permis. On pourrait penser à la manière forte. D’autres moyens, plus insidieux, sont possibles. Les actions démonstratives – une manifestation qui dérape, la prise des bâtiments de la ville, etc. – sont autant de tentatives de déstabilisation, pour l’instant assez pacifiques. Mais d’autres moyens peuvent être employés. Non pas l’intervention de l’armée russe (ceci est le dernier recours si tous les autres moyens ont échoué). Mais on peut penser à quelques petites explosions « terroristes » de ci de là, qui pourraient ne pas viser que des cibles ukrainiennes mais des cibles russes ou étrangères. A la manière d’une provocation bien organisée. Voire des actes faisant penser à des néo-nazis, relayés par des organisations type « Pravy Sektor » ou d’autres qui pourraient naître (il faudra s’interroger un jour sur leur rôle, leur liens et leur financement… pour qui roulent-ils ?). Le jeu de la propagande, intense, est aussi important.

Des Occidentaux dans les choux. Face à cela les Européens et Américains semblent à chaque fois désarçonnés, surpris.  La réponse européenne est, pour le moins brouillonne. On s’active, on parle beaucoup. On sanctionne un petit peu, à titre symbolique. L’OTAN crie comme une vierge effarouchée. Washington fait les gros yeux. L’OSCE déploie quelques observateurs au rôle confus et quasiment inutile. Chacun est dans son rôle. Et on repart cahin cahan pour 1 ou 2 semaines de crise supplémentaires.

Des nuages de fumée. Le jeu russe semble confus, alors qu’en réalité il est assez simple. Le « méchant » Poutine défend la Russie éternelle, l’Ukraine arrimée à Moscou, menace de couper le gaz, etc. En cela, il flatte l’ego russe. Et croire qu’il est isolé est un autre leurre. Les décisions de « Poutine » sont des décisions d’un collectif, d’une sorte de Russie éternelle. En façade, le « gentil » Serguei Lavrov, le chef de la diplomatie russe, est chargé d’amadouer, d’arrondir les angles, passer du baume sur les plaies, pour rassurer ses interlocuteurs… et gagner du temps. La date est fixée : celle du 25 mai. A cette date-là, avant (si possible) ou après (sinon), l’Ukraine doit devenir ingouvernable.

Le meilleur allié des Russes : le contexte politique et économique. Le désordre ambiant est complété par une crise économique paroxystique. L’inflation galope déjà.  Et elle pourrait s’aggraver encore. L’embargo sur le gaz ou l’augmentation de son prix ne devrait pas jouer favorablement. Autant de facteurs qui peuvent accélérer le sentiment dans la population que, décidément, ce gouvernement « démocratique » ne vaut « pas mieux que les précédents ». Ce qui devrait ajouter aux tensions …

Pour les Européens, l’enjeu aussi est important. Il s’agit de ne pas se laisser prendre dans un jeu d’escalade de part et d’autre, entre Moscou, d’un côté, Kiev et Washington de l’autre, qui pourrait entraîner une nouvelle coupure du continent européen. Et causer aussi par contrecoups des secousses économiques supplémentaires à l’heure où le continent est encore convalescent de la dernière crise économique et financière.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) La partie « faits d’actualité » – qui figurait dans l’article d’origine en tête de cet article – a été reportée dans un article séparé – Escarmouches dans l’est de l’Ukraine. Kiev réagit

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A Odessa, ville ukrainienne, on parle russe… la tradition et l’instrumentalisation

Statue de Catherine La Grande, érigée en 2007 @Loreline Merelle/B2

Statue de Catherine La Grande, érigée en 2007 en plein centre d’Odessa @Loreline Merelle/B2

(BRUXELLES2 à Odessa) Il est 23h. La ville portuaire d’Odessa, au bord de la mer noire, s’enfonce dans la nuit. L’écharpe est de mise dans les quartiers huppés du centre de la « Saint Pétersbourg du sud » rêvée par sa fondatrice, Catherine II, aujourd’hui aux mains de la jeunesse jet-set et de ses katkats teintés. Les rues  sont éclairées par les lumières et décorations incandescentes des multiples discothèques qui animent la vie nocturne. Au delà, peu de badauds et des lampadaires majoritairement éteints. Dans les quelques bars encore ouverts, on parle russe.

Quand on arrive sur la place Yekaterynynska / Yekaterininskaya (version russe ou ukrainienne au choix), point central de la cité, Catherine La Grande trône fièrement la main tendue en direction du port et de la statue du Duc de Richelieu, noble français qu’elle a recueilli et qui fut… le premier gouverneur d’Odessa de 1803 à 1814. Des manifestations pro-Russes et pro-Maidans agitent depuis mars, à un rythme régulier – tous les week-ends – les rues de la capitale régionale. Les symboles sont ainsi pris d’assaut par les mouvements politiques. La division est pourtant trompeuse. Parler russe à Odessa ne signifie pas vouloir quitter l’Ukraine. Ou du moins pas encore…

La langue russe est partout

« La langue est en train d’être instrumentalisée en Ukraine pour servir les intérêts russes » me prévient un fin connaisseur de la région. A Odessa, on rencontre le russe partout : dans la rue, sur les publicités et dans les discussions entre les gens autour des cafés ; à la télévision, les films sont sous-titrés en russe, les interviews dans les débats menés dans la langue des tsars. Même à la frontière ouest-ukrainienne, la langue russe est utilisée par les douaniers pour parler à leurs homologues moldaves. Pourquoi payer des interprètes, alors que le russe permet de se faire comprendre?  C’est une langue vernaculaire que la majorité utilise…. Alors l’ukrainien, où est-il? On le voit sur les affiches de publicité nationale et dans les cinémas. C’est à peu près tout. D’ailleurs, on s’y tromperait. La différence entre les deux langues est difficilement perceptible pour les non-initiés, l’ukrainien et le russe ayant bien des racines communes.

Un Etat, plusieurs langues

« Dans les faits, l’ukrainien est une langue que la plupart des gens apprennent en cours, au lycée, mais ne s’en servent plus après ». Pourtant, s’il y a une forte culture russe, jusqu’ici elle n’était pas liée au sentiment d’appartenance à l’Ukraine. Bien au contraire ! « Ce n’est pas parce qu’on parle russe qu’on est pro-russe ». Etre Ukrainien, cela veut dire aussi être russophone et avoir depuis des générations parler russe. « C’était vrai à Odessa, en Crimée et c’est vrai dans la majeure partie de l’Ukraine ». On est loin ici de la conception bien française de la Nation avec un territoire, une langue, une culture. C’est donc avec d’autres yeux qu’il faut aborder l’histoire du pays. Mais les temps changent. « Aujourd’hui, si certaines personnes discutent en ukrainien dans la rue, c’est parce qu’ils veulent le montrer ».

L’instrumentalisation politique 

La langue tend peu à peu à devenir un facteur séparateur. « On appartient aujourd’hui à tel ou tel mouvement politique, parce qu’on parle russe ou ukrainien » explique notre guide. Il y a une revendication de l’appartenance, par la langue, qui est en train de se faire. Les premières manifestations pro-russes ont ainsi commencé avec la décision du parlement ukrainien d’interdire le statut de la langue russe comme langue régionale. « Ici, on n’a pas compris cette mesure. Il fallait  oublier une langue que l’on utilise tous les jours et qu’on apprend de génération en génération. Ce n’est pas simple ». 

(Loreline Merelle)

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En février, une bonne équipe du FSB et des renseignements russes en « ballade » à Kiev

(BRUXELLES2) Selon la commission d’enquête et nos collègues ukrainiens, les Russes ont dépêché en Ukraine plusieurs équipes d’experts de haut vol des différents services de renseignements russes (FSB, GRU, SVR). Une équipe est ainsi arrivée discrètement à l’aéroport Boryspil de Kiev par le vol Aeroflot 1818 (venant de Moscou – Sheremetyevo) le 20 février, le jour où les manifestants étaient tués par des snipers. L’accueil était limité : pas de personnel de l’ambassade russe pour accueillir les « touristes » mais au contraire un de leurs homologues ukrainiens, Volodymyr Valentynovych Bik, le chef du SBU ukrainien, responsable de l’ordre sur la place Maidan.

La délégation russe était dirigée par le général Sergei Orestovoch Beseda, né en 1954, chef du 5e bureau chargé des relations internationales. (5ème service a sous sa coupe l’Ukraine). Il était accompagné de 6 autres spécialistes du FSB :

  • le colonel Vyatcheslav Kozlov, né en 1952, qui était déjà venu avec la task force du FSB entre le 26 et le 29 janvier et s’était basé au sein de l’unité anti-terroriste du SBU, dénomée Alfa, basé à Koncha Zaspa, non loin de l’ambassade de Russie ;
  • Anatoly Bolyukh né en 1956, membre du FSB, un spécialiste de la Transnistrie ;
  • Aleksandr Pavlov, né en 1984 ;
  • Dmitry Revzin, né en 1974 ;
  • Oleg Tkachuk, né en 1964 ;
  • Vladislav Surkov, né en 1964, assistant du président Vladimir Poutine.

Sur place était déjà là au moins 10 officiers des gardes-frontières russes (*), 3 hauts gradés des services de renseignement ainsi que 5 autres des directions et 2 officiers de haut rang du FSB, dont les noms sont donnés par le quotidien Voice of Ukraine

Service de gardes frontières du FSB
1.    Usanov, Vladimir Alekseyevich, Colonel
2.    Groshev, Konstantin Georgiyevich
3.    Malov, Sergei Nikolayevich
4.    Mirolov, Yevgeniy Vladimirovich
5.    Chelishev, Andrey Yevgenyevich
6.    Antipin, Sergei Nikolayevich
7.    Belan, Vitaliy Aleksdandrovich
8.    Kalitka, Aleksandr Anatolyevich
9.    Chervyakov, Ilya Viktorovich
10.    Nikolayev, Aleksandr Ivanovich

Service du renseignement extérieur (SVR ex Première direction du KGB)
1.    Ionov, Mikhail Arsenyevich, Lt.-General
2.    Golubev, Andrey Sergeyevich, Colonel
3.    Minayev, Sergei Yuryevich, Lt.-Colonel

Direction générale du Renseignement de l’Etat-Major des forces armées (GRU)
1.    Naumov, Aleksandr Anatolyevich, Colonel
2.    Samul, Aleksandr Vladimirovich, Lt.-Colonel
3.    Kolyuchkin, Kirill Sergeyevich, Lt.-Colonel
4.    Belashev, Eduard Kirillovich, 2nd Captain
5.    Popov, Pavel Vladimirovich, Lt.-Colonel

The Federal Security Service of Russia:
1.    Sviridov, Gennadiy Aleksandrovich, Maj.-Gen.
2.    Chashchin, Viktor Vladimirovich, Colonel

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Rappelons que l’unité des gardes-frontières a longtemps été considérée comme une des branches de la police politique.

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Angela : « jamais sans mon Antonov » !

MerkelHollande@DE140403(BRUXELLES2) Angela Merkel ne l’a pas clamé sur les toits, ni François Hollande (lors de leur conférence commune hier sur l’Afrique), ni Catherine Ashton, ni aucun membre de l’Union européenne, ni aucun allié de l’OTAN d’ailleurs. Mais ils peuvent dire en coeur : « Spasiba, спасибо Volga-Dnepr ». Les deux « avions » allemands qui vont permettre de transporter les militaires européens et leur matériel vers la république Centrafricaine, pour EUFOR RCA, ne sont allemands que …. par leur financement.

Des Antonov dans la Luftwaffe ??

Les deux Antonov 124 ne ressortent pas vraiment, en effet, de l’équipement standard de la Luftwaffe ni d’aucune force européenne d’ailleurs. Ils appartiennent à une société russe, Volga-Dniepr, qui a passé un contrat d’affrètement avec l’OTAN et ses membres. Les Etats participant à ce contrat « Salis » disposent ainsi d’un crédit d’heures qu’ils peuvent utiliser ou échanger entre eux, mais doivent au final payer. Il est vrai que Volga-Dniepr est un peu… allemande avec une filiale basée à Leipzig et qu’elle emploie 3000 personnes de diverses nationalités. Elle a également de nombreux contrats avec toute sorte de sociétés comme Airbus ou Boeing qui recourent à ses services pour pouvoir transporter les pièces d’avions ou de satellites et opère sur plusieurs aéroports internationaux, notamment à Londres, à Paris Vatry ou aux Etats-Unis. Mais sa véritable base est à Ulyanovsk, aux confluents de la Volga. Et son attachement russe ne fait aucun doute. La nette majorité de son top management est d’ailleurs russe.

Suspendre : mais vous n’y pensez pas !

Alors que la suspension de la coopération militaire avec la Russie est la règle au Bd Leopold, le siège de l’OTAN, il n’est nullement question de suspendre le contrat Salis signé avec la société Volga-Dniepr. Au contraire. Il s’agit d’un « contrat commercial et qui n’est pas touché par les décisions de l’OTAN en coopération avec la Russie » a assuré un responsable de l’OTAN en réponse à notre question. Et, effectivement, l’actuel contrat Salis, qui devait se terminer fin 2014, devrait être prolongé. Selon nos informations, une option est actuellement étudiée jusqu’à fin 2017.

Un contrat très utile, un matériel irremplaçable

Cet apport est, en effet, très utile aux Etats membres de l’UE comme de l’OTAN, notamment pour assurer les relèves de troupes et les rapatriements de son opération en Afghanistan (ISAF). La compagnie dispose, en effet, d’avions — les Antonov 124-100 — qui ont une capacité d’emport (entre 100 et 150 tonnes selon la distance) nettement supérieure à la plupart des autres avions (cela représente 6 C-130 ou 3-4 A400M) et qui n’a pas vraiment d’équivalent (*). Outre leur capacité d’emport, ces avions permettent surtout de transférer des matériels trop gros pour entrer dans d’autres avions.

Commentaire. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts que l’inspection aérienne russe ne s’avise de vérifier de près toutes les conditions de vol de ces avions, une petite inspection de routine en quelque sorte, histoire de voir…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Seuls peuvent rivaliser l’avion Galaxy C5 qui est un peu vieux puisqu’il a été introduit en 1970, à l’époque du Vietnam et du Kippour (ca date !), dont le coût de vol apparait largement supérieur d’après les sources aéronautiques et qui est opéré par la seule US Air Force et l’Airbus A380… dont la version Cargo n’est pas encore sortie (2015 ?).

Un antonov 124 photographié par Stefanov gagnant du grand prix de Volga-Dnepr

Un antonov 124 photographié par Stefanov gagnant du grand prix de Volga-Dnepr

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Les Russes épuisent la chasse bulgare

la chasse bulgare en exercice (crédit : Armée bulgare)

la chasse bulgare en exercice (crédit : Armée bulgare)

(BRUXELLES2) Il n’y a pas une semaine aujourd’hui où les Mig 29 bulgares ne décollent pour aller « rectifier » la trajectoire d’un avion militaire russe. C’est une réalité constatée par les autorités bulgares. C’est bien simple. « Dans les derniers mois, la chasse bulgare a fait davantage de vols que dans les 20 dernières années » précise ainsi le président bulgare, Rosen Plevneliev, selon notre collègue de Sofia News Agency. « D’ordinaire, ils sortaient environ 2-3 fois par an, aujourd’hui c’est deux fois par semaine !  ». Et de s’interroger : « Qui a intérêt à ces vols extraordinaires des avions de chasse bulgares, peut-être davantage destinés à épuiser nos capacités techniques, peut-être à demander une maintenance plus rapide (*), peut-être pour épuiser les ressources de l’armée bulgare ? ». Effectivement « à chaque fois que l’espace aérien au-dessus de la mer noire est violé, ce sont deux avions turcs, deux avions roumains … et deux avions bulgares ». Tout cela « à cause d’un seul avion russe, Ce n’est pas efficace » tonne le président bulgare qui semble appeler ainsi à réformer la surveillance aérienne dans les pays de l’OTAN. Selon le ministre de la Défense, Angel Naidenov, ces vols sont causés « par des avions de transport et de combat russes qui volent tout près de l’espace aérien de l’OTAN sur la mer noire ». Même si du côté bulgare, on se refuse à accuser davantage Moscou de jouer la stratégie de tension, comme il le fait en Ukraine, chacun sera libre de l’apprécier.

(*) Cette « sortie » appelle trois remarques :

1) Qui dit Mig 29, dit Russie. La maintenance technique de ces avions de conception russe, comme les pièces détachées dépend de RSK Mig, une société russe dépendant étroitement du pouvoir russe ne serait-ce que par les commandes. Si un jour Moscou décidait par mesure de rétorsion de suspendre également la livraison des pièces et la maintenance des avions Mig, la chasse bulgare se retrouve clouée au sol. Idem pour les hélicoptères Mi. C’est ce point qui exige une certaine prudence quand on parle d’embargo ou de suspension sur les armes, la réplique russe qui pourrait ne pas tarder serait critique pour certains pays.

2) Au passage, ceci est un excellent argument, au passage, pour renouveler la flotte bulgare (comme roumaine d’ailleurs, les deux pays cherchant à moderniser leur flotte. L’acquisition de F-16 d’occasion étant envisagé. Il ne faut pas nier cet aspect « communication » dans l’expression des officiels bulgare.

3) De façon plus générale, on peut estimer que le dispositif militaire européen est obsolète. Ce n’est pas uniquement une question financière et matérielle, c’est une question d’essence politique. Il y a un défaut de réflexion stratégique, militaire européenne encore plus que d’équipements. Cette pensée date du XIXe siècle et non pas du XXIe. Certains Etats européens – qui prétendent avoir une armée – mais ne sont plus capables de l’entretenir tandis que les autres (France et Royaume-Uni inclus) ont une armée – en ordre de marche – mais seront incapables dans les 10 ans à venir d’assurer tous les segments militaires comme ils l’ont fait jusqu’ici. C’est la réalité. Il y a des Etats nations qui agissent encore – malgré tous les efforts des organisations multinationales de type OTAN et UE – de manière divisée et morcelée face à des voisins (russes) ou des partenaires (américains, chinois) qui travaillent sur un espace unique, avec une chaine de commandement unique. Ce morcellement est nuisible. Pour reprendre ce que disait Dany Cohn Bendit, il est temps de mettre fin à une vision de la sécurité européenne qui ne repose que sur des visions nationales.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Au voisinage de l’Europe, le calme plat ?

Au voisinage de l’Europe, le calme plat ?

(BRUXELLES2) Prenez une carte du voisinage européen, banale, celle diffusée par exemple par la Commission européenne. Et commencez à mettre sur la carte trois quatre sujets de conflit.

10 zones de conflit

Tout d’abord, les zones de conflit ouvert = véritable guerre (Syrie), puis les instabilités fortement conflictuelles (Libye, Irak, Gaza) et les instabilités politiques (Egypte, Palestine et peut-être demain Algérie). Vous verrez que la frontière « sud » n’est pas des plus rassurantes. D’autant que l’on n’a pas mentionné la Tunisie (avec un risque de terrorisme avéré), le Liban (secoué de temps à autre par un attentat, et affecté par le conflit proche de Syrie). Rajoutez-y les conflits gelés – où la Russie est un acteur chevronné : Transnistrie, Abkhazie, Ossétie du Sud, Haut Karabagh et Crimée aujourd’hui… Et on pourrait aussi mentionner « notre » conflit gelé européen avec Chypre et la Turquie.

CarteVoisinageUe2

Europe = havre de paix 

Et l’on pourra comprendre que l’Europe apparait aujourd’hui comme un havre de paix avec des voisins menaçants ou menacés. La « ceinture » d’instabilité qui partait d’Afghanistan et allait jusqu’au Golfe de Guinée en passant par le Yemen, la Somalie, le Soudan, le Mali etc. – dans le début des années 2010 ! – s’est aujourd’hui doublée, d’une autre ceinture beaucoup plus proche, beaucoup plus soudaine et tout aussi risquée. On ne peut être qu’assez étonné d’une certaine inconscience européenne à débattre de certains sujets (pooling and sharing, nominations des commissaires…), comme si le temps et la politique s’était arrêtés en dehors des frontières, alors qu’on assiste à une accélération forcenée. Ce n’est pas en janvier 2015 que l’Europe devra se mettre en marche …

Un débat totalement dépassé en quelques jours

Les résultats même du débat du dernier sommet « Défense » de décembre (il y a 3 mois !) sont aujourd’hui totalement dépassés. Son calendrier, jugé intéressant, comme son ambition, qu’on peut qualifier de « pragmatique », doivent être révisés, du moins rehaussés. Aujourd’hui on ne peut plus penser la sécurité et la défense européenne comme des matières de réflexion, d’agglutination lente. Il doit y avoir un aggiornamento des structures de défense européenne et accélérer. Nombre de pays y sont prêts – sans doute les plus petits et même les moyens. La France doit prendre la mesure de cette évolution et proposer des solutions, c’est-à-dire faire des concessions (qu’elle devra de toute façon faire dans 2 ou 3 ans). Une fois la tornade municipale passée, les principaux partis devront s’y pencher. Car une solution ne pourra pas être partisane. Elle devra être partagée, au moins, par une large majorité.

Un aggiornamento nécessaire

Ce qu’on aurait pu penser faire en 10 ou 20 ans, il faut l’accomplir en 2 ou 3 ans, voire moins. C’est-à-dire des réformes drastiques : revoir le fonctionnement de « nos » armées européennes, de manière planifiée, organisée, qui ne doublonnent pas l’une et l’autre ; réexaminer le fonctionnement de nos structures de défense. Il ne s’agit pas de créer « une » armée européenne mais « des armées européennes ». Le temps où chacun avait sa marine, son aviation, ses brigades d’artillerie et de tanks est aujourd’hui révolu. Il faut répartir les tâches en fonction des contingences politiques de chaque pays, de leur positionnement géographique, de leur particularisme d’intervention. Clairement de passer d’une souveraineté « isolante » à une souveraineté « partagée ». Les ministres de la Défense belge Pieter de Crem ou son homologue italien, vice-ministre de la Défense, Dominico Rossi l’ont dit chacun à leur façon aujourd’hui aux rencontres « European Defense matters » organisées par l’Agence européenne de la Défense.

Une saine répartition des tâches

Entre l’OTAN et l’Union européenne, la guerre des chefs et la course à la culotte doit aussi cesser. Il faut arriver, de gré ou de force, de jure ou de facto, à un partage des tâches. Les deux organisations ne peuvent aujourd’hui chercher à faire tout le temps la même chose. Il apparait ainsi urgent et nécessaire que l’OTAN revienne à sa fonction première : la défense territoriale. L’heure des corps expéditionnaires installées pour dix ans dans un pays (ISAF en Afghanistan) est aujourd’hui révolue. Et on ne va pas tarder à en constater le prix sur nos structures de défense… A l’UE, de faire ce qu’elle est plus disposée à faire : l’envoi de missions ou d’opérations de maintien de la paix. A l’OTAN, de revoir très rapidement le fonctionnement de ces armées européennes dont les 3/4 ne servent à rien ! A l’UE de renforcer l’espace commun, de créer un marché et une industrie de la défense digne de ce nom, capable de produire les outils modernes de défense, comme les drones (le gros loupé industriel européen de ces 20 dernières années), mais aussi de fixer le cadre législatif et réglementaire nécessaire (pour les drones, mais aussi pour les sociétés privées d’armement, etc.).

Un singulier retour en arrière

Il est ainsi étonnant aujourd’hui que l’Europe se retrouve dans la position non des années 1980 comme le disent certains mais des années 1950 quand les Européens étaient incapables d’assumer eux-mêmes leur défense. Réduits à quémander une dizaines d’avions de chasse aux Américains pour surveiller les frontières en Pologne ou dans les Pays baltes et soudain soulagés quand 300 GI débarquent ! Si l’Ukraine a été sévèrement humiliée par la Russie en devant céder la Crimée (défaite politique mais aussi militaire puisque son appareil de défense s’est totalement écroulé et qu’une partie de ses soldats a préféré rester que partir !), l’Europe comme l’OTAN ont aussi été humiliées, réduites à attendre les Etats-Unis pour assurer la propre défense du continent comme 1944-45 !

Une humiliation collective

La visite d’Obama, mercredi, à Bruxelles était on ne peut plus symbolique. Le leader américain était excellent, un beau baratineur et un bel harangueur. Mais cette espèce de ferveur lascive des Européens (responsables politiques, journalistes, lobbyistes) attendant le Messie était plus qu’irritante, confondante. En laissant, comme dans un temps qu’on croyait révolu, Washington et Moscou fixer le timing et les conditions d’un conflit (avant tout économique),  l’Europe a tout à perdre…

Changer de braquet, et vite !

Il faut jeter par-dessus bord les précautions d’hier et d’avant-hier, rénover notre mode de pensée et de décision. Il n’y a pas besoin de réfléchir à de grands changements institutionnels ou de Traité. Juste décider et appliquer. Et vite… Pour prendre une image cycliste, il faut changer de braquet, changer de pignon, et pédaler !

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : cette carte a été éditée par la Commission européenne sur son voisinage immédiat. J’y ai rajouté quelques petites annotations. Je laisse toute la rsponsabilité du positionnement du titre « Ukraine », placé uniquement sur la partie ouest du pays, et laissant apparaître (géographie impose) une partie Est, aux instances européennes. Erreur cartographique ou lapsus révélateur ? ;-)
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La flotte ukrainienne en Crimée, c’est fini

Le Cherkasy attaqué

Un autre navire sous attaque de grenades assourdissantes

(BRUXELLES2) Le dernier navire de la flotte ukrainienne en Crimée a baissé pavillon. Attaqué d’abord par des hélicoptères Mi-35 qui ont lancé des grenades assourdissantes, puis par des canots à moteur, le Cherkassy (U-311), un dragueur de mines a été capturé par les forces russes en fin de journée. Il a ensuite remorqué à quai par le Kovel, note le journal Ukrainska Pravda. La veille, lundi, le navire de débarquement Kostiantyn Olshansky (U-402), fabriqué en Pologne aux ateliers navals de Gdansk en 1985, avait été également capturé. Les menaces et autres déclarations n’ont pas modéré la détermination russe qui a décidé d’en finir le plus rapidement possible avec les « emprises » ukrainiennes en Crimée. Il faut maintenant déterminer ce qu’il advient de ses bateaux. Seront-ils rendus à l’Ukraine, ou conservés dans la flotte de la mer noire. Une sorte de retour à la case départ pour la plupart de ces navires, sauf le Ternopil qui est le plus récent de la flotte ukrainienne puisque construit en 2006. Lire aussi : Devenir russe ou quitter le navire, le dilemme des marins ukrainiens…

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