Russie

Face à la Russie, et la livraison d’armes en Syrie, l’UE mezzo vocce

(BRUXELLES2) A la veille du Sommet UE-Russie, l’Union européenne joue mezzo vocce sur la question de la livraison des armes à la Syrie. C’est du moins le sentiment qu’on peut avoir à écouter les réponses de la Commission européenne que j’ai interrogée lors de la « messe de midi », la traditionnelle séance de questions-réponses face à la presse.

La Commission ne veut pas faire de la question un sujet

La porte-parole de J.M. Barroso, le président la Commission, Pia Ahrenkilde a d’abord cherché à éluder la question, prétextant que tout avait déjà été dit… vendredi. En fait, elle faisait référence à un briefing « off » (qui n’est pas une réponse officielle puisqu’on ne peut pas le citer). La Commission n’entend pas vraiment insister sur ce sujet alors qu’il y tant d’autres points à discuter : les relations commerciales, et aussi la protection des données. Les Russes (comme les Américains auparavant) exigent la communication des données personnelles des passagers des compagnies aériennes européennes. Un moyen de préserver la sécurité, prétendent-ils. Un fer dans la position européenne, peut-on préciser. Les Russes excellant dans l’art de toujours trouver à la veille d’un sommet Ue-Russie, un point embarrassant qui bouscule les conditions de la négociation.

Ne pas aggraver la situation

Du coté de la Haute représentante de l’UE, le ton est plus net. « Cette question sera effectivement abordée ce soir et demain. Je ne peux pas préjuger de ce qui sera dit » a précisé son porte-parole, Michael Mann. « Notre priorité est le processus politique ; nous soutenons l’initiative Russo-Américaine pour Genève 2 » a-t-il ajouté. « Nous demandons à toutes les parties prenantes de ne rien faire pour rendre cette situation qui est déjà très grave encore plus grave, et d’éviter l’augmentation de la violence.» Mais on reste dans la parole politique. La possibilité de mesures de rétorsion si la Russie continue de livrer des armes à la Syrie n’est donc pas évoquée, à ce stade.

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Lever l’embargo des armes en Syrie ? Un signal à Moscou

Fr. Hollande signe le livre d’or de l’IHEDN après son passage

(BRUXELLES2 à Paris, exclusif) Après son passage à l’IHEDN, François Hollande a répondu à quelques questions de façon improvisée. Ce qui a été l’occasion de recueillir son explication sur l’embargo sur les armes en Syrie. On peut effectivement se poser la question de savoir si on ne doit pas choisir entre la peste et le choléra. Effectivement, il reste peu de marge entre le mouvement Al Nosra et consorts — qui combattent le régime de Bachar mais dont l’inscription sur une liste anti-terroriste est demandée par les USA, la France, et la Syrie (Damas) —, et le Hezbollah branche militaire — qui soutient le régime et dont l’inscription sur la liste est demandée par le Royaume-Uni… A cette question, il n’a pas dénié la difficulté. « Nous devons faire évoluer la situation » m’a-t-il répondu. Eventuellement même de façon « militaire » pour faire avancer la « solution politique ». « La Russie continue de fournir des armements. Il faut lui adresser un signe. (…) Oui, un signe, que nous aussi nous pouvons armer ». Autrement dit, alors que se prépare la conférence de Genève 2, il ne faut pas faire baisser la pression. La discussion, lundi, entre les ministres des Affaires étrangères de l’UE, s’avère donc difficile ; les « 27″ sont divisés… (lire notre analyse détaillée sur le club – abonnés).

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Les « jonjoli » empêchés de travailler près de l’Ossétie. L’Abkhazie devient une vraie frontière

Réunion du mécanisme de prévention des incidents avec les Sud-Ossètes. A gauche, le chef de mission de EUMM Georgia (crédit : EUMM)

(BRUXELLES2) On pourrait croire que la situation en Géorgie s’est calmée, près de 5 ans, après l’intervention russe en Ossétie du sud. C’est un leurre. La Géorgie a certes disparu de nos écrans médiatiques. Mais, à proximité de la ligne administrative avec l’Ossétie du Sud, comme de l’Abkhazie, les observateurs européens d’EUMM Georgia sont toujours là. Et la situation ne s’améliore pas vraiment. Des récents incidents  le rappellent.

Les « Jonjoli » empêchés de faire leur travail

Le franchissement de la « ligne administrative » de l’Ossétie du Sud est toujours aussi difficile, empêchant les agriculteurs ou habitants de vivre normalement des deux côtés. Les médias locaux ont ainsi révélé que, début mai, plus de 20 citoyens géorgiens étaient détenus coté sud-ossètes, la majorité d’entre eux étaient des personnes allant chercher du « jonjoli », un ingrédient utilisé pour faire la marinade. 11 personnes détenues en Ossétie viennent d’être libérées, mercredi (8 mai), grâce aux contacts développés entre Tbilissi et Tskhinvali.

Arrestations, détentions, libérations rythment la vie du côté de l’Ossétie

Du coté des observateurs européens, on fait part très officiellement, dans un communiqué, de « l’inquiétude sur l’augmentation des détentions ». Certes la mission EUMM s’est réjouie de la « libération conséquente de détenus par Tskhinvali » (Ossétie du Sud). Mais elle a aussi rappelé que « restreindre la liberté de mouvement affecte directement les moyens de subsistance de la population locale ». La mission promet ainsi de continuer à « suivre étroitement (cette) question dans le cadre de son mandat ». Un sujet qui est à l’ordre du jour, de façon permanente, lors des réunions mensuelles à Ergneti du Mécanisme de prévention et de réponse aux incidents (IRPM), dispositif co-animé par l’EUMM et de l’OSCE.

Situation tendue près de l’Abkhazie

Avec l’Abkhazie, les relations sont difficiles. Elle sont même gelées. Le dispositif de prévention des incidents (IRPM) comme les réunions et missions conjointes ne fonctionnent plus vraiment. Le chef de la mission d’EUMM, le Polonais Andrzej Tyszkiewicz, a été déclaré « persona non grata » par les autorités de Sokhumi depuis le printemps 2012. Et le temps des visites discrètes à Sokhoumi semble révolu. La ligne devient de plus en plus une frontière, tenue par des gardes-frontières et forces spéciales russes. L’organisation en 2014 des JO d’hiver à Sotchi (qui se situe sur la mer noire à quelques kms de l’Abkhazie) n’est sans doute pas étrangère à ce durcissement. Mais, au-delà de cet évènement, les Russes qui soutiennent financièrement le gouvernement abkhaze entendent consolider leur présence dans une zone qu’ils considèrent comme stratégique, à la fois au plan économique comme militaire (base navale et terrestre).

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Poutine, criminel finlandais ?

(BRUXELLES2) C’est en Finlande. La police judiciaire vient de découvrir que le nom du président russe figure dans son fichier de personnes soupçonnées de crimes. Information révélée par MTV3 une des chaînes finlandaises de télévision. Bavure ou lapsus, une enquête est en cours. « Une telle inscription est contraire à la loi » a relevé placidement le chef de la police, Mikko Paatero, comme le rapporte le quotidien Helsingin Sanomat, le 13 avril. Pour savoir ce que Poutine a fait ? Non. Il faut absolument découvrir celui qui a incorporé ce nom dans ce fichier infamant. Et l’autre qui a fait fuiter l’information dans la presse. Deux dangereux criminels. En attendant la diplomatie finlandaise est dans ses petits souliers. Et le ministre des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja a été obligé de s’excuser platement auprès de son homologue russe, Dimitri Lavrov.

 

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Le régime ou un rôle en Syrie ? le message de F. Hollande à Poutine

(BRUXELLES2) Pour le président français, François Hollande, qui vient de s’exprimer à l’issue du Conseil européen, le message de la France aux Russes, « au président Poutine » sur la Syrie est clair : « Nous respectons la position qu’a la Russie dans cette région et les intérêts qu’elle peut encore détenir ou préserver. C’est légitime. La Russie fait partie de ces puissances qui peuvent contribuer à l’équilibre, à la stabilité. J’ai plusieurs fois garanti au président Poutine que l’après-Assad ne signifierait pas la fin des relations que ce grand pays a en Syrie. Et d’ajouter : « La levée de l’embargo sur les armes ne signifie pas couper la relation avec la Russie. (…) Il faut tout faire pour associer la Russie à cette solution politique. » Mais les initiatives prises jusqu’à présent n’ont montré aucun résultat. La volonté affirmée par Bachar d’organiser des élections en 2014 et de s’y représenter le prouve. « Ce n’est pas l’ouverture attendue ». Pour le président français, i La pression militaire fait partie de la solution politique ». Message sous-entendu : avez-vous intérêt à la déstabilisation de la région ou à une victoire des fondamentalistes qui sont mieux armés aujourd’hui ?

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Mamma Mia, les Russes reviennent !

Mamma Mia, les Russes reviennent !

(BRUXELLES2) C’est une video du programme satirique de la 1ère chaine de la télévision russe « Yesterday Live » qui raille la défense suédoise et son esprit anti-russe. Elle met en scène un homme ressemblant étrangement au chef d’Etat-Major suédois, Sverker Göransson, comme l’explique le site The Local. Göransson avait lancé début février, un cri d’alerte, estimant ne plus avoir les moyens de protéger la Suède contre les menaces et que les Russes pouvaient envahir le pays en moins d’une semaine.

Utilisant la musique de Abba, le groupe suédois, sur l’air bien connu de Mamma Mia, avec des hommes et femmes habillés de bleu et jaune, la couleur nationale, les humouristes russes passe en revue tous les symboles de la Suède. « Ils vont nous déchirer! 7-3! Tout comme au hockey l’an dernier ». « Notre potentiel est faible. Et notre ministre de la Défense porte une jupe ». « Que faire pour résister aux Russes ? » « Nous devrions peut-être caler un canon dans une Saab ». Les Russes ont à tout moment une « carte de la Suède ouverte à portée de main… sur une table Ikea » ! Et la menace paraît imminente. « Ils sont forts comme des Hercule et en plus ils ont une boutique Duty Free sur le trajet » « Ils vont conquérir le pays en une seule semaine avant le vendredi, pour avoir le week-end ». Etc.

Avant de se terminer par un happy end du genre « Welcome Russia ». « J’ai fait tout ce bruit pour rien. J’ai imaginé cela pour rien » Et si tout ces craintes n’étaient pas fondées « Si la Russie était là pour protéger (la Suède) … de l’OTAN »…

Même satyrique, cette émission n’illustre pas moins certains esprits à Moscou que l’anti-russe de Stockholm irrite. Le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, ayant notamment pris la tête des pays plus que réticents à une alliance avec la Russie. La marine suédoise veille à la présence de navires russes qui ne cessent de croiser en Baltique.

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Les Russes libèrent des Italiens dans le Golfe d’Aden. Exercice…

Les équipes d’assaut russes débarquées d’un hélicoptère vont libérer le SanMarco (crédit : OTAN / Ocean Shield)

(BRUXELLES2) C’est un exercice anti-piraterie comme on les aime à l’OTAN, pour montrer que l’organisation n’a pas de frontières et peut englober au-delà de ses alliés traditionnels. Ainsi une équipe d’abordage italien du navire amiral de Ocean Shield, l’ITS SAN MARCO, se sont livré à un exercice comparé de leurs performances avec les forces d’assaut du SEVEROMORSK, mardi (26 février) dans le Golfe d’Aden.

Deux scènes

L’exercice s’est déroulé en deux actes. Premier temps, le SAN MARCO joue le rôle d’un navire détourné et l’équipe d’assaut du Severomorsk doit le libérer. Deuxième temps, les rôles sont inversés. Le Severomorsk joue le rôle d’un navire impliqué dans le trafic d’armes illégal (toute ressemblance avec une situation pouvant se jouer au large de la Syrie est bien sûr exclue :-) . Et le SAN MARCO prenant le rôle du chasseur, à la recherche de preuves d’activités illégales, envoie une équipe d’arraisonnement pour inspecter le navire…

Un exercice planifié dans le cadre Otan Russie

Cet exercice n’est pas inopiné. Mais se place dans le contexte d’une coopération anti-piraterie agréé par le Conseil Russie-OTAN et qui a été planifié lors de deux réunions consécutives, en mer, des forces navales.  « Un pas significatif dans l’interopérabilité OTAN-Russie dans les activités de contre-piraterie dans l’Océan indien » affirme-t-on à l’Alliance. « C’est une étape dans la coopération entre la Russie et l’OTAN. Et j’en sûr, ses effets ne seront pas limités aux activités anti-piraterie mais offriront des perspectives d’autres type d’engagement constructif dans le futur » a ainsi expliqué le Rear Admiral Antonio Natale à la fin de l’exercice.

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(Djibouti) Une base, deux bases, des bases (maj)

(BRUXELLES2) A Djibouti, il y a bien sûr la base française, ancestrale, et la base américaine, plus récente, sur le camp Lemonnier. Des Américains qui renforcent leur présence, peu à peu. Djibouti servant pour les Etats-Unis de « porte-avions continental » pour leurs drones. Mais ce ne sont pas les seules implantations militaires. Djibouti attire comme un aimant les pays qui souhaitent implanter un effectif militaire dans ce « paradis » stratégique.

Américains en développement

La base américaine compte environ 2700 hommes auxquels il faut ajouter 1000 contractants et 1000 employés locaux. La Combined Joint Task Force Horn of Africa (CJTF-HOA) oeuvre sur trois zones distinctes. Une dizaine de pays constituent sa « zone d’opération » : outre les pays environnants (Somalie, Kenya, Erythrée, Ouganda), on trouve le Burundi, le Rwanda, les Seychelles et la Tanzanie. Une dizaine d’autres figurent dans sa « zone d’intérêt » : de l’Egypte à Madagascar, en passant par les deux Soudan (Soudan et Sud Soudan), le Tchad, Centrafrique, le Congo et le Mozambique. Enfin, toute l’Afrique figurant dans sa « zone de responsabilité« .

Une présence allemande depuis dix ans

Outre les deux pays déjà cités, le premier à le faire a été l’Allemagne. Depuis 2002, et l’opération Enduring freedom, elle entretient ainsi un petit contingent de 30 à 80 personnes selon les moments, destiné à assurer la liaison avec les navires qui accostent au port. Ils n’ont pas de site propre mais quelques bungalows sur l’aéroport et sont logés à l’hotel Sheraton.

La lutte anti-piraterie bon motif d’implantation pour les Japonais

A la faveur de la lutte anti-piraterie sont arrivés également les Espagnols et, surtout, les Japonais. Ces derniers sont arrivés avec armes et bagages et sont bien disposés à s’investir dans une zone où les Chinois sont très présents. La base japonaise a été ouverte en juillet 2011 et compte environ 180 personnels et 2 avions de patrouille maritime P3 Orion. Cette présence est un changement de stratégie notable pour le pays. C’est la première implantation outre-mer depuis la seconde guerre mondiale ; ce qui a nécessité la modification de la loi. Mais cette présence nipponne n’est donc pas que militaire. L’agence japonaise du développement finance plusieurs projets dans le pays, notamment un projet couvrant une partie de l’assainissement de la capitale.

Derniers arrivés : les Italiens

Les Italiens ont décidé de s’installer en dur (comme les Français et les Allemands). Ils s’apprêtent ainsi à construire une base tout près de l’aéroport international. Cette base n’est pas vraiment reliée à l’aéroport mais il suffira alors de construire un bout de piste (taxiway) qui lui manque. Le gouvernement italien devrait payer un loyer de 30 millions d’euros (le même que les Français et les Américains) au gouvernement djiboutien. Seul hic, la nouvelle base sera très proche du dépôt de munitions des Français des FFDJ, ce qui pourrait poser quelques problèmes de sécurité. Pour l’Italie, on peut parier que cette présence ne tient pas à la lutte contre les pirates mais surtout à la stabilisation de la Somalie toute proche.

Les Russes ?

Les Russes veulent aussi s’implanter à Djibouti. Ils ne disposent plus de base navale en mer rouge et dans l’Océan indien depuis l’indépendance de l’Erythrée et la réunification du Yemen. Et ils ont récemment exprimé leur désir de s’implanter dans le pays. Une demande confirmée à mi-mots par les officiels djiboutiens qui n’ont cependant pas voulu confirmé l’état des négociations. « Il y a une demande » a expliqué à B2 un haut diplomate djiboutien

Lire également :

(Maj) papier détaillé avec quelques chiffres et dates pour les Américains, Japonais et Russes.

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