Royaume-Uni

Le battlegroup 2013-2 opérationnel. La Lituanie plaide pour son utilisation

Les forces lituaniennes lors de l’exercice commun (crédit: ministère de la défense lituanien / Alfredas Pliadis)

(BRUXELLES2) Le battlegroup britannique Royaume-Uni – de permanence européenne à partir du 1er juillet – est bon pour le service. Il  a reçu sa certification, le 16 mai, après un dernier exercice commun sur la zone d’entraînement des forces armées britanniques à Salisbury. Ce battlegroup, dirigé par le Royaume-Uni sera composé, de 2200 militaires britanniques, lituaniens, lettons, néerlandais, suédois.

Pour la Lituanie, qui présidera  l’Union européenne au 2e semestre, c’est l’occasion de montrer son savoir-faire. Ce n’est pas la première fois que la Lituanie participe à des battlegroups ; elle l’a déjà fait en 2010 et 2011 et devrait être engagée dans le battlegroup nordique, emmené par la Suède, en 2015.

Plus souple et plus longtemps

 Le développement de la force de réaction rapide figure parmi les priorités “Défense” de la présidence lituanienne. Il devrait être ainsi abordé au Conseil européen de décembre. Notre priorité est de « renforcer les capacités de réaction aux crises multinationales de l’UE à travers les battlegroups » explique-t-on à Vilnius. La Lituanie promeut ainsi « une utilisation plus souple et sur une plus longue période d’astreinte (…) en vue d’accroître leur ratio coût efficacité ». Elle défend également une « répartition plus équitable des charges liée à l’activation des Battlegroups entre les Etats-membres ». Mais surtout le vice-ministre de la défense lituanien, Marijus Velička, a plaidé pour l’utilisation de ces unités, « nous ne devrions pas hésiter et déployer les battlegroups en cas de menaces ».

Soyez rassurés, vous ne serez pas utilisés !

Cette non-utilisation des battlegroups européens, le ministre britannique en charge de la sécurité internationale, Andrew Murrison, lors d’un discours devant les soldats du bataillon, l’a relevée, de manière un peu ironique. S’adressant aux militaires qui venaient de clore leur exercice, il leur a déclaré : «  You are our real capability and we have no illusion that you might not be called upon to carry out the tasks you have demonstrated so well today. And if member states decide to use you for real you would do extraordinary good job for us and for security  »…

A noter : un séminaire international sur l’efficacité des battlegroups sera organisé à Londres en octobre 2013.

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Exercice Joint Warrior 2013: c’est parti

Le commando 42 de la Marine Royale durant l’exercice d’assaut (Crédits: Ministère de la défense du Royaume-Uni)

(BRUXELLES2) Le premier exercice Joint Warrior de l’année (deux par an) a débuté lundi 15 mars en Ecosse et se déroulera jusqu’au 4 mai. Cet exercice opérationnel regroupe 10 pays (Royaume-Uni, Pays-Bas, Canada, Danemark, Norvège, Pologne, Suède, Allemagne et France) afin d’améliorer la capacité des forces armées à opérer conjointement. Au total,  ce sont 12.000 personnes, 40 vaisseaux de guerre, 40 avions et 30 hélicoptères qui participent à cet exercice de 10 jours.

Un exercice d’ampleur 

La France a envoyé d’important moyens aériens notamment de la Marine Nationale: deux avions de patrouille maritime Atlantique II, le groupe aérien (un Hawkeye, huit Super-Étendard Modernisé, sept Rafale Marine). Ces appareils sont déployés sur les bases de la Royal Air FOrce de Lossiemouth et de Leuchars en Ecosse. Des moyens maritimes sont aussi déployés : le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne et son hélicoptère Alouette III et sous-marin nucléaire d’attaque.

Les Britanniques ont déployé le commando 42 de la Marine Royale, des véhicules Viking, le HMS Bulwark le HMS Illustrious, le HMS Montrose, le navire de surveillance HMS Echo et le sous-marin HMS Talent. Navires chasseurs de mines (HM Ships Brocklesby, Hurworth, Pembroke et Grimsby). Coté aérien, on trouvera : des hélicoptères Chinooks de la RAF, des Sea Kings ‘Junglie’ de la force hélicoptères, et des Sea King du centre de coordination et du contrôle de Culdrose (Cornouaille).

Des scénarios diverses et complexes

Durant ces deux semaines, différents scénarios vont être mis en place afin de suivre une crise ou un conflit qui évolue. Les exercices traiteront des menaces comme la piraterie, les activités terroristes maritime ou sous-marine mais aussi la possibilité d’un conflit plus traditionnel comme un contentieux territorial (ce qui rappelle les menaces en mer de Chine par exemple).

Cette semaine, certaines unité britanniques (le commando 42, des Chinooks et des véhicules Viking entre autre) ont participé à un exercice d’assaut aérien et maritime sur la plage de Barry Buddon. Des navires britanniques, hollandais et allemands ont aussi navigués en formation pour rejoindre les autres unités lundi 15 avril.

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EUTM Mali. Les “Irlandais” du nord et du sud sont arrivés…

Arrivée à Bamako de l’équipe mixte britannique et irlandaise (crédit : Ministère britannique de la Défense – Caporal Tim Hammond)

(BRUXELLES2) L’équipe conjointe de formation formée des britanniques d’Irlande du nord et de quelques militaires de la république d’Irlande (Sud) est arrivée mercredi (27 mars) au Mali pour participer à la mission de l’Union européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

Une menace aux intérêts britanniques

Cette mission consiste « à appuyer le gouvernement malien pour contrer l’insurrection violente qui n’a pas seulement bouleversé leur pays mais constitue également une menace claire à nos intérêts nationaux au Royaume-Uni » a tenu à souligner le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, avant le départ des formateurs.

Irish regiment britannique et forces irlandaises

L’équipe est composée de 21 militaires du 1 R Irish (le 1er Bataillon du Royal Irish Regiment) et de 6 militaires irlandais. Ils seront rejoints par les troupes du 45e commandos de Royal Marines et du 29e Commando du Regiment Royal Artillery afin d’arriver au total de 40 personnels.

Une opportunité « historique » comme l’a souligné le Major Simon Holden qui dirige l’équipe mixte de formation.« Nous avons suivi ensemble, avant de partir, plusieurs semaines de formation à la caserne Ternhill ».

Lire aussi :

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Les soldats maliens logés à la belle étoile à Koulikoro ? Londres préfère…

(BRUXELLES2) Les 650 soldats maliens qui vont arriver en formation début avril au camp de Koulikoro n’ont, pour l’instant, pas encore de logement sur place. Une dotation en tentes, climatiseurs, matériel de couchage, tables etc. devait bien être achetée au niveau européen, financée sur les coûts communs sous le mécanisme Athena. Mais, apparemment, la question est pour l’instant suspendu au veto d’un Etat membre.

Lors de la dernière réunion du comité Athena, un grand pays qui se trouve au nord de l’Europe — le Royaume-Uni pour ne pas le nommer — a décidé de temporiser, soulignant qu’il fallait encore réfléchir, voir s’il n’y avait pas d’autres solutions possibles. Une interrogation soudaine apparemment qui n’avait pas été posée auparavant, selon nos informations. Le budget à dégager n’est cependant pas monstrueux. On parle d’environ 600.000 euros tout compris (transport inclus, moitié fournitures, moitié transport). Pour une mission qui va durer plusieurs années, ce n’est pas énorme. Mais, apparemment, Londres a exprimé ses réticences.

Résultat, pour l’instant, c’est la belle étoile et “à la dure” pour les militaires maliens. Mais rassurez-vous ! Les militaires britanniques, présents sur place, seront, eux, bien logés, dans des bâtiments en dur ! Il y a des limites tout de même aux interrogations…

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Pour Paris et Londres, en Syrie : lever l’embargo sur les armes ou le chaos !

Pour Paris et Londres, en Syrie : lever l’embargo sur les armes ou le chaos !

rencontre bilatérale entre D. Cameron et F. Hollande en marge du sommet européen (crédit : Présidence de la république)

(BRUXELLES2 au Conseil européen) La décision n’est pas prise. Mais c’est tout comme. Quand un dirigeant français et un dirigeant britannique expriment, haut et fort, en long et en large, avec quelques détails qu’ils sont pour la livraison d’armes à l’opposition syrienne, que toutes les autres solutions, politiques notamment, ont échoué, que la situation sur place est grave et que la déstabilisation de toute une région est proche, il ne s’agit pas d’un coup de bluff ou d’un “truc” pour remonter dans les sondages.

Nous sommes ici en face d’une vraie prise de décision, et une possible inflexion dans le conflit syrien qui dure déjà depuis 2 ans. L’offensive franco-britannique est, cette fois-ci, bien préparée. Paris comme Londres (les deux anciennes puissances mandataires de la Syrie…) disposent de munitions dans leur sacoche. Et devant la presse – comme devant ses homologues – F. Hollande a déroulé une panoplie d’arguments pour convaincre (notamment sur le contrôle des armes, voir point 4). La majorité n’est pas acquise… mais l’ébranlement est en route. Explications… La discussion va maintenant se poursuivre dans une autre enceinte.

L’objectif de la manoeuvre franco-britannique : convaincre les partenaires.

Contrairement à ce qu’affirme le président Hollande, les Européens sont pour l’instant majoritairement opposés à une levée de l’embargo. Mais les “esprits bougent”. Même l’Allemagne souvent mise en avant – à tort – comme étant le chef de file des opposants se tâte. La chancelière Merkel n’a d’ailleurs pas voulu indiquer clairement indiquer sa position, renvoyant sur son ministre des Affaires étrangères. Et au sein de la CDU, l’affaire libyenne, et l’isolement de l’Allemagne, ont été vécu comme un vrai “traumatisme” que tout sera fait à Berlin pour éviter une pareille bérézina. L’Italie comme la Belgique sont en train d’évoluer, demandant des garanties sur les livraisons d’armes. En revanche, les pays neutres ou non membres de l’OTAN (Autriche, Suède…), les Pays-Bas ou la république Tchèque restent farouchement opposés à toute levée de l’embargo sur les armes. « Nous devons convaincre, faire valoir nos arguments, montrer qu’il y a une étape à franchir » explique François Hollande. La décision peut-être prise au plus tard « avant mai », voire avant. « J’estime que l’Europe doit décider dans les prochaines semaines ».  Et si il n’y a pas d’accord entre Européens ?, le président français refuse d’employer le mot de “veto”. Mais c’est tout comme : « Nous prendrons nos responsabilités ».

Les munitions de Paris et Londres

La première est d’ordre juridique. La décision d’embargo, sur les armes comme les autres sanctions, est valable juste pour trois mois, jusqu’à fin mai. Faute de renouvellement, toutes les sanctions tombent (les armes comme les autres). Ce n’est plus aux anti-embargo de soutenir qu’il faut le lever, c’est aux pro-embargo de justifier qu’ils ont raison. Ce sera difficile…

La seconde est d’ordre politique, les deux pays ne sont pas seuls. A l’intérieur de l’Union, ceux qui. A l’extérieur, les Etats-Unis, la Turquie et la Ligue Arabe, voire même des personnalités comme le président israélien Shimon Peres estiment nécessaire la livraison d’armes. Cela pèse…

Le troisième argument est d’ordre médiatique. Les massacres continuent, les reportages s’accumulent. Il sera très difficile à certains dirigeants européens de justifier leur inaction face à leur propre opinion publique. La réalité sanglante en Syrie pourrait bien balayer les dernières hésitations. Les gouvernements qui sont contre « devront venir s’expliquer devant leur opinion publique » lâche un diplomate.

Les arguments pour convaincre

  1. La situation s’aggrave sur place, le régime syrien est armé, la voie politique est condamnée. « Le nombre de victimes s’allonge de jour en jour » explique François Hollande. Nous nous retrouvons face à une « volonté claire d’utiliser tous les moyens, militaires, pour frapper son propre peuple. (Le conflit a causé) 100.000 victimes depuis 2 ans ». « Toutes les initiatives pour ouvrir les discussions politiques, une transition politique ont été ruinées (…) Rien n’a pu être obtenu du régime de Bachar el Assad. » François Hollande reconnait, lui-même, que sa position a évolué. « J’ai longtemps pensé que la livraison d’armement non léthal suffirait. On est dans une asymétrie, avec un régime qui obtient des armes, des matériels, les utilise, a des armes chimiques et menace de les employer ».
  2. La déstabilisation des pays voisins est proche. « Il y a des conséquences directes au Liban » souligne le président. Rappelons que les réfugiés forment aujourd’hui entre 10 et 20% de la population au Liban et en Jordanie. Et comme l’explique un diplomate, le « Hezbollah soutient de façon de plus en plus ouverte le régime d’Assad ». (…) «Le plus grand risque serait de ne rien faire de laisser le régime de Bachar (massacrer la population), que des groupes désespérés se réfugient dans terrorisme, le plus plus grand risque est le chaos… »
  3. La présence d’armes chimiques ? « Il y a des craintes, des menaces quant à l’utilisation des armes chimiques » énonçait le président Hollande lors de sa conférence de presse hier soir. Propos repris, un cran au-dessous cependant aujourd’hui. « Nous n’avons pas d’information. Le régime prendrait un risque extrêmement élevé s’il les utilisait. » Selon certaines informations diplomatiques, « il y a de fortes présomptions d’utilisation d’une arme chimique à petite échelle », autrement dit de façon tactique à l’échelle inférieure à la taille d’un village.
  4. Le contrôle des armes sera assuré par la CNS, les pays de la Ligue arabe et l’assistance technique. « La France a toutes les garanties que les fournitures de matériels seraient dans des mains qui ne seraient pas celles des fondamentalistes. (…) La Coalition donne toutes les garanties. Et c’est parce qu’elle les fournit que nous pouvons envisager la levée de l’ embargo. Il y aura un accompagnement, une aide technique, une assistance qui sera fournie et évitera un certain nombre de déperditions. (…) Des pays nous assurent qu’ils pourront assurer le contrôle, des pays de la Ligue arabe. »
    Nb : concrètement cela pourrait vouloir dire qu’il y aura une ou plusieurs unités spécialement dédiées à ces types d’armes (surtout sol-air), qu’il y aura des “personnes de confiance” (anciens militaires sur place, doubles nationaux, contractuels arabes…) insérées dans ces unités, à charge de vérifier que les armes.

Au passage, répondant à une question de B2, le président Hollande a reconnu que des « armes livrées à insurrection en Libye se sont retrouvées dans d’autres champs et d’autres lieux, au Mali et aussi en Syrie » (Nb : aux groupes fondamentalistes et djihadistes). Mais a-t-il ajouté aussitôt c’est une preuve de plus que « pour les armes mieux vaut les contrôler, que de les laisser circuler sans contrôle ».

Sur le Club, les positions détaillées de plusieurs pays à l’issue du Conseil européen

Lire également :

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Paris et Londres forcent le trait sur l’embargo pour les armes. Pourquoi ?

(BRUXELLES2) Mais quelle mouche a donc piqué tout d’un coup la France et le Royaume-Uni pour exiger de leurs partenaires européens la levée de l’embargo des armes vers la Syrie. Et unis comme les doigts de la main affirmer que si leurs partenaires ne l’accepteraient pas, ils envisageraient l’un comme l’autre, des mesures unilatérales. La détérioration de la situation en Syrie pèse certainement. Les forces “modérées”, prises en étau entre d’une part des extrémistes, mieux armés, plus entraînés et déterminés, et un régime qui ne faiblit pas depuis les deux années de guerre, risquent d’être laminées dans la Syrie nouvelle qui s’esquisse, de gré comme de force. Et il importe d’intervenir d’une manière ou d’une autre. Mais le message a une portée multiple tel un coup de billard qui va heurter plusieurs boules avant de pousser la dernière dans le trou.

Premier visé… les Européens. On croyait la discussion close au moins pour quelques semaines (jusqu’à fin mai). Paris et Londres entendent bien la reprendre tout de suite. Le travail entamé sur l’assouplissement des sanctions civiles ne peut être ainsi, selon cantonné, à ce terrain. Il faut entamer dès maintenant l’élargissement de l’embargo sur les armes. Et ne pas attendre mai comme l’espéraient certains pays.

Second visé… La Russie. La menace est désormais claire. Vous continuez d’armer et d’envoyer une assistance technique au régime de Bachar. Les Occidentaux feront de même. Rappelez-vous l’Afghanistan semblent leur dire Paris et Londres où les missiles anti-aériens avaient contribué à rééquilibrer les forces militaires sur place. Il s’agit donc d’amener Moscou à davantage de mansuétude au Conseil de sécurité de l’ONU comme d’une pression supplémentaire sur le régime. Jeu dangereux.

Troisième destinataire… les Syriens. Même si le régime de Bachar ne plie pas, il faut montrer à ses plus fidèles soutiens que la situation peut se retourner très vite. Et qu’il est encore temps de quitter le navire et lâcher le régime.

Quatrième destinataire… ceux qui arment les groupes fondamentalistes. Ils ne seront plus seuls à disposer d’armes performantes. Sur le terrain, la deuxième bataille entre les groupes fondamentalistes et les groupes modérés pourrait se rééquilibrer. Et ceux qui hésitent vont devoir choisir leur camp.

Cinquième visée… l’opinion publique européenne et mondiale. Si par hasard, on venait à apprendre que des agents français, britanniques ou autres… se trouvaient déjà en Syrie, ou à proximité (Turquie…), que des armes étaient en cours de livraison, cette parole donne une certaine conformité politique à la présence “technique”.

Lire aussi (pour les abonnés du Club) : L’idée d’une levée de l’embargo sur les armes hante les esprits des Européens

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L’Atlas A400M enthousiasme la BBC. Contrat pour une école de formation à Brize Norton (UK)

L’A400M en vol porte ouverte (crédit : BBC / B2)

(BRUXELLES2) Le ministère britannique de la Défense a conclu aujourd’hui (4 mars) un contrat avec Airbus Military et Thales UK avec pour objectif de préparer l’arrivée de l’A400M Atlas dans la Royal Air Force. Signé pour 18 ans, le contrat vise à fournir les services d’entraînement et de formation à l’A400M Atlas. Un montant de 300 millions de £ a été prévu pour cet investissement qui sera assuré essentiellement par A400M Training Services Ltd, société créée conjointement (joint venture) entre Airbus Military et Thales UK.

L’école d’entraînement sera construite sur la base de la RAF à Brize Norton, dans le Oxfordshire, où seront aussi basés les A400M. Elle devrait être terminée au printemps 2014. Elle permettra de former les équipages et personnels au sol au nouvel avion de transport de la RAF. Le contrat inclut ainsi la conception, la construction et la gestion d’une école d’entraînement pour l’A400M, comme l’installation et la maintenance de simulateurs de vol complet ainsi que l’équipement  de formation (Coût : 226 millions de £). Un autre contrat prévoit le développement, la fabrication et l’installation de systèmes de protection dans les environnements hostiles (Coût : 80 millions £).

Le Royaume-Uni a acheté 22 avions de transport A400M destinés à remplacer leur flotte de C130 Hercules. Le premier A400M britannique entrera en service dans le courant 2014. Un reporter de la BBC a pu monter dans l’avion en vol. Il en ressort plutôt enthousiaste. Comme le montre son interview avec le chef des pilotes d’essais, Ed Strongman. Jugez-en par son reportage ici

 

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Les alliés au Mali : encombrants, inutiles, utiles ? Le vrai, le faux …

Arrivée des équipes à Sévaré (crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2) Il est de bon ton souvent de railler le faible apport des alliés européens ou nord-américains au Mali. Et effectivement la timidité européenne (et américaine) à s’engager de façon frontale dans l’opération au Mali – que ce soit pour soutenir l’opération française (Serval) ou la mission européenne de formation (EUTM Mali) – n’est pas feinte. Sans compter les difficultés d’ordre politique, technique ou financière, qui sont plus triviales voire cocasses. Mais on oublie souvent de dire combien cette aide est utile, précieuse et couteuse pour ceux qui prêtent leurs concours. Dire cela ne signifie pas enlever à la prouesse ou à l’engagement des soldats français qui ont été à l’oeuvre en premier (pilotes des Transall, hélicoptères…  personnels techniques, marsouins, parachutistes et troupes au sol parties à la reconquête du nord mali). Mais, à l’heure où la France a les pieds dans le déficit, pousser un “cocorico” de satisfaction ne dure même pas le souffle d’un posé de Transall sur une piste de Bamako. C’est la dure réalité. Sans l’apport précieux et couteux des Alliés, c’est bien simple, l’opération “Serval” n’aurait pas duré plus de 72 heures… et aurait couté beaucoup plus cher sans compter le risque supplémentaire d’un acheminement trop lent sur place.

La timidité européenne est bien réelle

Il ne faut pas le nier et pas le cacher. Il n’est que de voir la difficulté pour rassembler quelques dizaines de soldats destinés à assurer la protection “statique” des effectifs européens de EUTM Mali et l’impossibilité jusqu’à présent de trouver deux hélicoptères d’évacuation médicale (ce devrait être réglé d’ici ce week-end). Ce qui est tout de même un comble ! Les pays de l’Union européenne se retrouvent – malgré tous les effectifs et matériels figurant sur les listings des budgets de la défense respectifs – incapable de fournir rapidement deux engins, les équipages et les équipes de soutien, pour une action somme toute classique des armées. A priori, le risque est assez limité et a une grande visibilité. L’évacuation médicale a une très bonne image dans les populations. Et, pour peu qu’elle serve au profit de civils en difficulté, elle représente un gage politique comme médiatique certain… C’est proprement incompréhensible et ne peut que susciter railleries et commentaires désobligeants. Quant au très faible engagement de la Haute représentante de l’UE, C. Ashton, dans cette affaire, il est tout aussi affligeant. Se réfugier derrière un : « C’est un problème des Etats membres » n’enlève rien à l’absence politique.

Les difficultés du “multinational” sont nombreuses et variées

Et quand les matériels sont là, les problèmes ne s’arrêtent pas. Il y a les “caveats” (restrictions d’emploi). Les Néerlandais ne posent pas ainsi leur KC-10 à Bamako, pour “raisons de sécurité”… Apparemment ces raisons de sécurité n’empêchent ni d’autres avions militaires (belges, italiens, canadiens, espagnols…) ni même les avions des compagnies civiles (Air France, Air Algérie…) de se poser sans encombre sur l’aéroport de la capitale malienne. Mais à la La Haye, on reste ferme. En fait, un avion de la KLM a moins de limites qu’un avion de la Royal air force néerlandaise. Un comble !

Les normes aussi sont différentes. L’avion britannique C-17 qui s’est posé à Evreux a refusé d’embarquer les rations des soldats. Un responsable de vol, tatillon, a en effet trouvé qu’il y avait des … allumettes dans les rations de combat sur les palettes à transporter. Impossible ! On ne mélange pas munitions et dispositif d’allumage dans le même appareil. Règle de la RAF. Il a fallu quelques heures de patience et un coup de fil entre les deux chefs d’Etat-Major pour régler la question.

Enfin, il y a les prétentions financières. Les Américains ont ainsi voulu par faire payer la facture rubis sur l’ongle aux Français. Coût de la facture annoncée : 50.000 $ l’heure (soit du tout compris). L’information ayant fuité dans la presse US, le Pentagone a vite remballé ses prétentions et est revenu à une habitude plus usuelle (le remboursement des frais supplémentaires engagés : kérosène…). Etc.

L’apport des Belges, Canadiens, Britanniques…  : précieux !

Quand on analyse la situation, il ne faut pas s’arrêter au verre à moitié vide comme se complaisent souvent ceux qui raillent l’absence d’Europe et se pencher sur le verso de la médaille (le verre à moitié plein). L’apport des moyens européens et alliés à l’opération Serval n’est pas négligeable. Si bien souvent, on vante l’apport britannique – réel – il ne faut pas oublier d’autres contributions, plus discrètes sans doute mais tout aussi efficaces. L’apport des deux C-130 Belges « disponibles, qui peuvent aller partout » a été « précieux et utile » rappelait ainsi récemment à B2 un haut responsable français du ministère de la Défense. Tout comme « l’apport des C-17 Canadiens ». Ces pays ont, en effet, répondu tout de suite présents à la demande française. Et les avions ont décollé dans les jours suivants : le 14 janvier (lundi) pour les Britanniques et Canadiens, le 15 (mardi) pour les Belges, le 17 (jeudi) pour les Allemands.

Les C130 Hercules belges ont ainsi transporté 280 T de matériel et 399 passagers (selon un bilan dressé le 12 février). Et ils ne se contentent pas de faire la navette Abidjan Bamako mais vont se poser directement au plus près des besoins, à Gao ou Tombouctou au besoin. Les C17 canadiens ont déjà mené, selon Ottawa, 26 vols et transporté environ 730 T de matériel (à la date du 13 février). Le C-130 Hercules espagnol basé à Dakar (Sénégal) a déjà effectué, depuis le 26 janvier, 18 missions, totalisant 60 heures de vol, emportant vers le Mali 185 passagers et 40 tonnes de fret pour les besoins de la Misma (africaine) comme de l’opération Serval (française), selon le bilan dressé par le secrétaire général pour la politique de la Défense espagnol à Dublin (au 12 février). Les C160 (Transall) allemands ont effectué 48 vols transportant 337 personnes et 92 T matériel (selon la Bundeswehr au 8 février). Rien que pour ces 4 nations, on est déjà à plus de 1000 tonnes transportés et près de 1000 personnels…

Sans oublier ceux qui viennent en renfort… en France

Dans cette liste, il ne faut pas oublier l’aide discrète mais essentielle des partenaires de l’EATC – le commandement européen de l’aviation de transport. Notamment les avions allemands qui ont pris le relais des avions français pour toutes les opérations de transport de “routine” en France. « A votre avis, qui transporte nos parachutistes pour s’entraîner ? » m’indiquait donc cette source avertie.  Et tout cela a un coût sonnant et trébuchant : environ 10 millions d’euros pour le C130 espagnol (sur trois mois selon Madrid), 18,6 millions $ (environ 13,3 millions d’euros) pour le C17 canadien (sur un mois selon Ottawa),  7 millions d’euros pour les 2 hélicoptères Medevac belges (sur un mois selon Pieter de Crem), etc…

Sortez votre calculette.

Additionnez, multipliez ! Et voyez si l’apport européen a été négligeable. Pour ma part, je le chiffre entre 60 et 100 millions d’euros dans le premier mois ! Soit tout autant que l’engagement français annoncé par le ministre Jean-Yves Le Drian (70 millions d’euros).

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