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L’explosion à Lyon : un attentat. François Hollande appelle à ne pas céder à la peur

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(BRUXELLES2) Pour François Hollande, l’explosion survenue ce matin (10h), dans une usine de gaz industriels (Air Products) de la banlieue industrielle du sud de Lyon, à Saint-Quentin-Fallavier, est un attentat. Et cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Le président français a, aussitôt la nouvelle connue, choisi de quitter le sommet européen qui n’avait d’ailleurs plus grand sujet de débat sur la table. Mais avant de quitter Bruxelles de façon anticipée, il a tenu à faire une courte déclaration devant les journalistes pour donner des précisions sur les circonstances de l’attentat.

Un véhicule qui fonce vers une usine Seveso, 1 ou 2 auteurs.

« Cet attentat, c’est un véhicule conduit par une personne, peut-être accompagnée d’une autre, (qui) à vive allure se projette contre un établissement classé Seveso. L’intention ne fait pas de doute, c’est de provoquer une explosion. L’attaque est de nature terroriste, dès lors qu’il a été retrouvé un cadavre avec des inscriptions. » Au final, il y « aurait au moment où je vous parle », souligne le Président, « un mort et 2 blessés » (*). « L’individu suspecté d’avoir commis cet attentat a été arrêté et identifié ». Et le président d’annoncer des premières mesures. « Des moyens de gendarmerie considérables ont été déployés. Les sites Seveso ont été protégés davantage. Et toutes les dispositions sont prises pour éviter tout drame supplémentaire. » Un Conseil restreint se tiendra à l’Elysée à 15h30.

La solidarité européenne

« Dans ces moments, il faut avoir une expression de solidarité à l’égard de la victime » a ajouté le président français.  « La solidarité s’est aussi exprimée ce matin au Conseil européen ». Mais François Hollande a aussi abjuré chacun de ne pas céder à l’émotion et à la peur.

Ne pas céder à l’émotion et à la peur

« Il y a une émotion. Mais l’émotion ne peut pas être la seule réponse. Il y a l’action, la dissuasion, la prévention, et donc la nécessité de porter des valeurs et de ne pas céder à la peur. Jamais ! ». Et d’ajouter « Il faut être à la hauteur de toutes les circonstances, ne pas créer de divisons inutiles, de suspicions qui seraient intolérables, faire le travail que les Français attendent de nous: les protéger, et en même temps établir la vérité, éradiquer les groupes ou individus responsables de tels actes. »

(NGV au Conseil européen)

NB : Le bilan a été revu ensuite. Il n’y a pas de blessés au sens strict du terme, estime-t-on du côté des autorités. Les circonstances aussi ont été précisées. La personne décédée est le patron de l’assaillant. Lire aussi : Un conflit de travail autant qu’un attentat ?

Boues rouges : 5 experts européens à pied d’oeuvre en Hongrie lundi

(BRUXELLES2) Cinq experts venus de Belgique, France, Autriche, Suède et Allemagne seront à pied d’oeuvre en Hongrie, dès ce lundi, aux cotés des spécialistes hongrois pour combattre la pollution causée par la rupture d’un barrage de boues toxiques d’une usine d’aluminium à Ajka.

Ils bénéficieront du concours de l’officier de liaison de la Commission européenne, Laurent de Pierrefeu, arrivé sur place samedi. Celui-ci a pu se rendre sur place dès l’après-midi (photo). Laurent de Pierrefeu, issu de la BSPP (Brigade des sapeurs pompiers de Paris) et du COGIC (le centre français de gestion interministériel des crises), sert comme expert national détaché à l’unité protection civile de la Commission européenne.

Après l’appel à contribution de vendredi, la Commission a reçu de nombreuses offres des Etats membres : pas moins de 40 candidatures venant de 10 Etats membres, précise-t-on à la Commission.

Crédit : Ministère hongrois de l’Intérieur – service de gestion des catastrophes

La mission de ces experts européens sera de quatre ordres :

  • Contribuer à l’évaluation de l’impact des boues alcalines sur l’environnement, en particulier sur les terres agricoles, l’eau – y compris les eaux souterraines -, la flore et la faune;
  • Donner des conseils sur les possibilités de prévention, d’atténuation et de réduction des impacts environnementaux négatifs causés par les boues alcalines ;
  • Fournir des avis sur la solution optimale de la décontamination des boues en zone urbaine comme agricole ;
  • Évaluer d’autres besoins, anticiper les risques et proposer des solutions en ce qui concerne la réhabilitation de la nature, les terres agricoles et urbaines touchées.

Selon le dernier bilan fourni par les autorités hongroises, 7 personnes sont décédées et 1 est toujours disparue. Entre 800 et 1016 hectares ont été touchées. 1166 personnes et 186 véhicules ont été engagées sur les opérations de secours.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Boues rouges en Hongrie : l’armée convoquée, la MIC en alerte

Crédit : ministère hongrois de la Défense

(BRUXELLES2) Dans l’ouest de la Hongrie, l’armée a été appelée à la rescousse, après la rupture d’un réservoir dans une usine d’aluminium à Kolontáron (dans le canton de Veszprém, à l’ouest de la Hongrie). Avec ses tenues NBC et ses engins lourds, aux cotés des pompiers, ils tentent de bloquer les tonnes de boues qui se sont déversées. Les moyens logistiques – générateur, véhicules de ravitaillement, camions bennes – ont été également mobilisés. Les recherches continuent pour rechercher les 3 personnes restant disparues. Mais l’espoir reste maintenant très tenu. La catastrophe a fait 7 morts, 1 disparu et 120 133 blessés…

Le gouvernement atteint du syndrome russe

Les dirigeants de l’usine d’où sont parties les boues se veulent rassurants, estimant que le Danube ne sera pas atteint. Même optimisme du coté gouvernemental, qui semble atteint du syndrome typiquement russe, que l’on a vu à Tchernobyl en 1986 ou encore récemment lors des incendies de forêts de l’été 2010 : tout est sous contrôle, refus de l’aide extérieure… Le Premier ministre Viktor Orban en visite hier sur place a ainsi tenu surtout à pointer du doigt une erreur humaine et préféré parler de l’avenir, l’installation d’un autre village avec le redémarrage de l ‘usine.

Mais la teneur sur place est plus inquiétante. Car rien, sur place, n’est pas encore maîtrisé (situation confirmée à la Commission européenne). Et la seule solution trouvée pour diminuer la pollution est de déverser du plâtre dans le fleuve, le Marcal, pour faire baisser l’alcalinité de l’eau. Le PH qui était ainsi de 13,5 au jour du déversement des boues, est d’un peu plus de 11 aujourd’hui ; et les autorités espèrent atteindre assez rapidement le seuil de 10. Les différents cours d’eau à proximité pourraient être atteints, et par ricochet, le Danube (qui passe ensuite en Croatie, Serbie et Roumanie), au nord. La catastrophe s’est produite, également, tout proche d’une des régions les plus touristiques de l’est européen, le Lac Balaton, forte de plusieurs zones naturelles protégées.

La MIC en état d’alerte

Coté européen, la cellule de crise (MIC) n’a pas encore été activée. Ainsi que l’explique un responsable européen à Bruxelles2 : « Le MIC a été en contact avec les autorités hongroises depuis l’accident et est prêt a coordonner l’aide nécessaire à partir du moment où la Hongrie la demande. (Mais) pour l’instant, l’information reçue des responsables de gestion de crise sur le terrain est qu’avec les capacités nationales ils peuvent gérer la situation. S’ils ont besoin de davantage d’aide le Mécanisme Européen de Protection Civile peut être activé en quelques secondes. » (1).

(1) Un Mécanisme finalement activé, lire ici

Voir Le site du gouvernement hongrois sur la catastrophe

(mis à jour 9 octobre).

(Nicolas Gros-Verheyde)