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Le Golan chauffe. Les Autrichiens décampent…

(crédit : armée autrichienne)

(BRUXELLES2) C’est une désertion en rase campagne. Il n’y a pas d’autre mot. Après quelques incidents à la frontière entre la Syrie et Israël, le gouvernement autrichien a décidé, sans coup férir, de rapatrier ses 376 soldats.

Le contingent autrichien de la mission des Nations-Unies (UNDOF) va en effet, être retiré du plateau du Golan. Décision annoncée par le chancelier Werner Faymann et le vice-chancelier Michael Spindelegger lors d’une déclaration commune jeudi (6 juin). Motif : la sécurité du personnel concerné « ne peut être garantie en raison de la situation actuelle ».  « Un maintien des soldats autrichiens plus longtemps n’est pas justifiable » a ajouté le ministre de la Défense Gerald Klug, selon le communiqué parvenu à B2.

Une menace inacceptable contre les soldats

Cette décision fait suite  à des combats qui ont opposé les forces rebelles et les forces gouvernementales ont cherché tour à tour à prendre contrôle d’un poste frontière. Des impacts d’obus ont été observés dans un camp de l’ONU à proximité, où logeaient les Autrichiens. Un soldat indien et un philippin ont été blessés. « La réputation de la mission de maintien de la paix n’est apparemment plus respectée par toutes les parties au conflit et la menace pour nos hommes et femmes atteint un niveau inacceptable » a précisé le ministre de la Défense. Les incidents récents montrent clairement quele ravitaillement de la mission de l’UNDOF « peut être interrompu à tout moment ». En outre, « la restriction permanente de circulation et la menace croissante pour les soldats rend la mise en œuvre du mandat de l’ONU pratiquement impossible ». Ce n’est pas le premier incident. Puisque des soldats autrichiens avaient été blessés lorsqu’ils roulaient en convoi, en février dernier.

Retrait progressif

Le retrait du contingent de l’armée de la zone d’opérations sera « effectué de façon ordonnée » précise-t-on à Vienne. Les contraintes de temps font actuellement l’objet de négociations spécifiques avec les Nations Unies. Comme l’a précisé le ministre Klug : « Nous n’allons pas retirer nos hommes et femmes tout de suite pour laisser à l’ONU, les autres pays contributeurs et Israël la possibilité de s’adapter aux nouvelles conditions. »

Est-ce la bonne décision ?

Mais est-ce la bonne décision, on peut en douter…   Que la situation soit instable, c’est un fait. Qu’il y ait des risques, c’est évident (sinon pourquoi employer des militaires). Que le mandat des forces de Nations-Unies fondé sur l’observation ne soit plus tout à fait adapté à la situation, c’est sans doute vrai. Mais l’intérêt d’une présence des Nations-Unies sur le plateau du Golan – une des plus anciennes missions de l’organisation – est plus que jamais justifié aujourd’hui. Et une force neutre d’observation et d’interposition est primordiale, aujourd’hui, dans la zone si on veut éviter que le conflit civil syrien ne se transforme, demain, dans un conflit régional aux conséquences imprévisibles. Alors… la bonne méthode est-elle de partir au premier coup de feu ?

Une décision totalement incompréhensible

Aux yeux d’observateurs extérieurs, comme je le suis, la décision du gouvernement autrichien est donc totalement incompréhensible, voire inconséquente. Les Autrichiens étaient présents dans la région depuis 1974. Le statut de neutralité de l’Autriche, sa proximité du monde arabe mais aussi d’Israël, son positionnement « très dur » contre la levée de l’embargo des armes en Syrie, la prédisposait à être plus que jamais une force d’interposition. Bref… tout les prédisposait plutôt à renforcer les positions.

A quoi sert l’armée ?

Le gouvernement de Vienne peut aujourd’hui légitimement se poser trois questions. Est-il prêt à assumer demain un dérapage dans la région dont il ne sera pas la cause mais un accélérateur ? Sa doctrine permanente d’un soutien aux Nations-Unies est-elle vraiment crédible aujourd’hui ? Le maintien d’une armée, d’équipements couteux comme les Eurofighter et autres outils blindés, est-il nécessaire si ses responsables ne sont pas prêts à accepter la moindre prise de risque ?

(*) Si un pays entretient une armée et des militaires, avec une discipline, des entrainements et des équipements, ce n’est pas juste pour faire « joli », planifier le possible et l’impossible, c’est pour assurer une prise de risque supérieure à celle que pourraient assumer des civils.

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Afghanistan : On change de tonalité au haut commandement de l’OTAN (maj)

(crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) Anders F. Rasmussen semble avoir changé de vocabulaire lorsqu’il évoque le retrait d’Afghanistan. Dans une interview accordée au quotidien britannique,  The Guardian, aujourd’hui le secrétaire général de l’Alliance atlantique précise ainsi que «si la situation le permet», il «n’exclut pas la possibilité d’une accélération du processus (de retrait) dans certaines zones». La nuance est peut-être faible mais elle est bien présente. Face au discours de Chicago en mai dernier, Rasmussen annonce qu’à «partir de maintenant et jusqu’en 2014, nous assisterons à des déclarations de redéploiements, de retraits ou de baisses des effectifs militaires…». On pourrait donc changer le calendrier de Chicago qui avait fixé sans équivoque, à la fin de l’année 2014, le retrait de la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité (ISAF). Lorsque Rasmussen déclarait que l’alliance allait « abaisser le nombre de ses soldats graduellement et de manière responsable, pour achever sa mission d’ici au 31 décembre 2014».

De l’annonce du retrait des troupes françaises pour la fin de l’année 2012 avec l’élection de François Hollande à Chicago à l’annonce il y a quelques jours de la possible accélération du retrait des troupes britanniques par le ministre des affaires étrangères lui-même, Philip Hammond (Lire : Philip Hammond évoque une accélération du retrait d’Afghanistan), on sent ainsi une nette accélération des sorties. Accélération dictée davantage par des considérations internes, et d’économie, que par les avancées sécuritaires sur place. Récemment, la Nouvelle-Zélande annonçait un retrait de ses troupes, également plus tôt que prévu (à l’origine en Avril 2013) ; décision calquée sur celle de son voisin australien qui l’avait déjà annoncé en avril dernier. D’autres retraits ont déjà été programmés : Les Néerlandais ont déjà quitté le sol afghan fin juillet et les Canadiens s’en vont l’année prochaine (sans escompter mettre de troupes pour l’après 2014). Il ne manquerait plus que l’Italie décide d’accélérer son propre calendrier (prévu pour l’instant pour fin 2014) afin de répondre aux exigences financières, pour que le Commandement de l’OTAN puisse s’affoler.

Pour l’instant M. Rasmussen déclare que le calendrier de retrait «dépendra du niveau de sécurité sur le terrain» et qu’aucun «retrait accéléré ne devrait être perçu comme une course vers la sortie». Mais on peut avoir des doutes. Des doutes concernant ces soudaines améliorations de la sécurité sur le terrain. D’ailleurs, le secrétaire général de l’OTAN le laisse entendre. «Bien-sûr que les attaques internes (« green on blue ») ont sapé la confiance, absolument». Avant d’ajouter, «les leaders politiques des capitales engagées (en Afghanistan) savent très bien que ceci fait partie d’une stratégie visant à ébranler l’appui de l’opinion publique nationale … la véritable cible, ce sont les politiques, les médias, les «faiseurs» d’opinion des pays partenaires et des nations alliées». Différentes options seraient en étude selon The Guardian et une décision claire devrait apparaître dans les trois mois. «Des décisions politiques seront prises en se basant sur les recommandations (du Général John Allen, le commandant américain des opérations de l’alliance en Afghanistan), et nous verrons comment nous nous adapterons au transfert de responsabilité vers les Afghans» admet Anders Rasmussen. Le Général Allen rendra son rapport avant la fin de l’année.

PS : suite à la publication de l’interview dans The Guardian, le secrétaire général de l’OTAN a tenu à rectifier certains propos, télécharger ici

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Le retrait français d’Afghanistan en quelques questions et explications

(crédit : ministère français de la Défense / DICOD)

(BRUXELLES2) Alors que le nouveau président français, François Hollande (*), effectue une visite surprise en Afghanistan, avec ses ministres des Affaires étrangères et de la défense, on peut reprendre et résumer le retrait français en quelques questions et explications.

Qui part et quand ?

Devraient surtout partir avant fin 2012 les unités combattantes de Kapisa (province entrant en transition sous responsabilité afghane) et celles qui restent encore en Surobi (très peu, la transition étant déjà effective). Resteront ainsi sur place : les formateurs pour les forces de police et les cadres de l’armée afghane (dans le cadre de l’ISAF) ; les unités logistiques chargés du démontage et transport du matériel (qui se déroulera en 2013) ; les unités de protection ;  et sans doute également l’hôpital à Kaboul et quelques hélicoptères. Soit plus d’un millier d’hommes selon les premières estimations. Côté officiel français, on estime les « forces combattantes à un peu près 2000 hommes environ ». NB : Selon le dernier décompte de l’OTAN, publié le 15 mai, il y a un peu moins de 3300 Français au sein de l’ISAF (3279 exactement). A cela il faut ajouter, les militaires travaillant hors ISAF. Sur la complexité d’évaluer les effectifs en Afghanistan, on peut se référer à un article récent de mon collègue JM Tanguy (LeMamouth).

Qui prendra le relais ?

Les Français seront normalement relayés par des Afghans mais pas automatiquement. Si ce n’est pas possible, d’autres nations pourraient prendre le relais. En l’état des forces, ce ne pourront être que des Américains a priori (sauf si d’autres volontaires se présentent, ce qui serait étonnant).

Comment va se passer le retour du matériel ?

C’est encore en négociation. Et c’est un des points qui va sûrement occuper les Etats-majors dans les semaines à venir. Rail, route, air, route+rail, air+rail, air+mer… tous les moyens et toutes les combinaisons sont étudiés. Ce qui semble possible, c’est qu’une partie du matériel reste sur place, à l’instar de ce que pratiquent les autres nations (cf. Le calendrier du retrait polonais d’Afghanistan. Après 2014, l’inconnue ?). Il faudra aussi examiner de près comment ce matériel sera évalué et décompté dans l’aide financière versée par la France.

Quelle sera la contribution financière au renforcement de l’Afghanistan après 2014 ?

C’est encore une inconnue. Selon les informations qui circulent, les Etats-Unis ont demandé 200-250 millions $ aux Français. Une somme identique a été demandé au Royaume-Uni qui a répondu par une offre de moitié : 110 millions $ par an. Ce pourrait être un des facteurs de compensation du départ. Et un gage donné aux Américains que les Français veulent s’engager pour l’après 2014 en Afghanistan. Simplement, les Français pourraient aussi être tentés de donner cet argent en « bilatéral », ce qui aurait un poids supplémentaire vis-à-vis du pays.

De quand date la notion de retrait des forces combattantes ?

La notion de retrait des forces combattantes est apparue clairement au discours de mars de François Hollande à Paris sur la défense (Hollande : une position gaullienne sur la défense… et quelques fléchettes à Sarkozy). Pendant longtemps, le PS est resté plutôt silencieux sur le retrait des troupes d’Afghanistan, mis à part certaines voix qui s’exprimaient, souvent à titre personnel. Ce n’est qu’à l’été 2011 que les candidats aux primaires socialistes se prononcent officiellement : d’abord F. Hollande, en juillet, parlant « d’un retrait en 2012 et de plus un seul soldat français en mai 2013 » puis Martine Aubry en août. Les 60 propositions du PS pour la campagne reprennent une seule de ces dates : « il n’y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l’année 2012« . Certains au PS – notamment le coordonnateur des questions de défense, J.Y. Le Drian – plaident alors pour une approche plus réaliste ; le retrait total avant 2012 « pas possible ». Apparaît ainsi, dans le discours prononcé en mars dans le XVe à Paris par le candidat Hollande la notion de « retrait avant 2012 des forces combattantes ».

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(*) que j’ai osé qualifié de Premier ministre dans une première version sans doute trop vite mise sur la toile. Egarement, qui j’espère, ne me vaudra pas le bagne ;-)
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Le calendrier du retrait polonais d’Afghanistan. Après 2014, l’inconnue ?

(BRUXELLES2) Suivant en cela le plan général de réduction des troupes de l’OTAN, les Polonais diminueront progressivement leurs troupes jusqu’en 2014. Le ministre polonais de la Défense, Tomasz Siemoniak, l’a confirmé, jeudi (24 mai), devant la Diète polonaise à Varsovie, dressant le compte-rendu des réunions de Chicago.

Diminution progressive des effectifs à partir d’octobre 2012

D’octobre 2012 à octobre 2013, la mission polonaise dans le pays va ainsi « changer de nature évoluant vers la formation et la stabilisation ». Les 12e et 13e rotations du contingent polonais ne compteront plus que « 1800 militaires et 400 autres en réserve en Pologne » (contre 2420 sur place selon le dernier comptage de l’OTAN effectué en mai). Les deux rotations suivantes, jusqu’à la fin de l’année 2014, les militaires ne feront plus que « des tâches de conseil et formation, avec 1000 personnes sur place et 400 en réserve sur le territoire polonais ».

Selon une dernière évaluation de l’Etat-Major polonais, les coûts de la mission en 2011 s’élevaient à 747,6 millions de zlotys » (environ 176 millions d’euros).

Les 4 options pour le retour du matériel

Concernant le retour des matériels, les plans de retrait sont à l’étude. « À la fin de cette année, nous aurons un cadre complet pour le transport des équipements » a expliqué le ministre de la Défense. Plusieurs options sont possibles. 1° le rail (à travers le territoire de l’ex-URSS, via les frontières de l’Afghanistan avec l’Ouzbékistan), 2° la route (par le Pakistan), 3° le transport aérien (dans des configurations différentes), et 4° la mer (par exemple à partir de bases US dans la région du Golfe).

Mais tous les matériels ne rentreront pas en Pologne. Les équipements sont répartis en trois groupes : le matériel qui doit « absolument rentrer ». Le second groupe, du matériel utilisé en Afghanistan, « sera transféré aux autorités afghanes ou comme une forme de soutien aux organisations humanitaires ». Le troisième groupe est un équipement « déficient » (ou obsolète), qui restera en Afghanistan parce que leur transport serait trop coûteux ».

Après 2014, l’inconnue

Quant à l’après 2014, « il n’y a pas encore de décision » a confirmé Siemoniak. « Le sommet de l’OTAN à Chicago a adopté un document de politique générale qui confirme l’intérêt de l’OTAN et les pays participants et partenaires de l’opération. (Mais) aucune des dispositions spécifiques et des engagements n’ont pas été prises. »

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A l’école de Chicago, comment Hollande et Le Drian ont réussi leur examen de passage

Panetta reçoit son homologue français, J.Y. Le Drian au Pentagone, samedi 19 mai. Ici réunion de travail avec les staffs des deux ministres (crédit: Ministère US de la Défense / Eric A. Kirk-Cuomo)

(BRUXELLES2) Incontestablement le sommet de l’OTAN qui vient de se terminer à Chicago aura été pour le « petit nouveau », François Hollande et son équipe de ministres (Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian), une première mise en jambes plutôt réussie. L’objectif pour la nouvelle équipe dirigeante française était à la fois de déminer de potentiels conflits avec les alliés. Mais aussi de démentir certaines critiques entendues en France sur le manque d’expérience ou d’envergure internationale du nouveau président de la République comme de certaines de ses options militaires (retrait anticipé d’Afghanistan, analyse critique de la réintégration dans l’OTAN).

Une préparation intensive

Durant ces deux jours de sommet, le président français a ainsi multiplié les bilatérales : USA, Allemagne, Turquie, Danemark, Australie, Belgique, Afghanistan… Personne n’a été vraiment laissé au hasard. Une bonne partie de la table des hôtes du sommet sont ainsi passés dans la « tente » française. Idem pour le ministre français de la Défense qui « bilatéralise » un maximum, avec ses homologues canadien, australien, britannique, allemand… voire ouzbek (la question du passage par l’Ouzbékistan est primordiale pour le retrait des troupes) et assiste aux entretiens présidentiels avec l’Afghan Karzai et le Turc Gül. Un ministre, J.Y. Le Drian, pour qui ce sommet est un peu la consécration, le passage de l’ombre à la lumière.

Depuis plusieurs mois, il a en effet assuré, parfois très discrètement deux rôles : celui de « conseiller programme » du candidat-président – rôle qui trouve son expresssion publique  le 11 mars à Paris dans le discours de F. Hollande consacré à la Défense – et celui de « représentant spécial« . J.Y. Le Drian a assuré ainsi une fonction de missi dominici chargé d’aller « expliquer la position de la France sur l’OTAN, l’Afghanistan et l’Europe de défense » aux principaux partenaires, avec un objectif pratique : « éviter que le sommet de Chicago soit celui de la crispation ou de la surprise », comme nous le confie un de ses proches. Durant les dernières semaines, les équipes socialistes ont, en effet, travaillé en étroit contact avec leurs homologues américains ou européens pour «préparer (les dossiers), décrisper (les interlocuteurs), déminer (les incompréhensions) ». Retour sur ces quelques mois de préparation…

Washington, Londres, Bruxelles

Les choses s’accélèrent en mars. Jean-Yves Le Drian sort alors son carnet de voyage : Washington, les 6 et 7 mars, avec rencontre des collaborateurs du Secrétaire à la Défense, Leon Panetta, ou de la Secrétaire d’Etat, H. Clinton. Puis Londres, le 2 avril, avec réunion au niveau ministériel cette fois : le ministre délégué aux Forces armées Nick Harvey, son homologue aux Affaires européennes David Lidington et quelques membres du Conseil national de sécurité sont au programme sans oublier le « Shadow cabinet » travailliste. Et, enfin, Bruxelles, le 10 avril, avec déplacement à l’OTAN et discussion avec l’entourage du secrétaire général A.F. Rasmussen et à l’Etat-Major européen. Différents « briefings » sont également organisés, très discrètement, avec les diplomates français en poste à Bruxelles qui prêtent leurs connaissances et leur savoir-faire à la future équipe.

Les chancelleries…

Avec les autres pays, J.Y. Le Drian maintient un lien étroit par le truchement de leurs représentants en poste à Paris. Il rencontre ainsi les diplomates de plusieurs pays : ceux du Conseil de sécurité, quelques uns de l’Union européenne (Allemagne, Italie, Autriche, Irlande…) et d’autres principaux partenaires de la France (Brésil, Inde, …). « Les différentes chancelleries ont joué le jeu… à partir de mars surtout ». Des rencontres qui « s’accélèrent à mesure que la victoire de Hollande se précise » – précise un proche du Ministre. « A la fin, nous avons reçu davantage de demandes de leur part. (…) Un travail important pour préparer les différentes bilatérales à Chicago, et assurer l’explication de texte du programme du parti socialiste. » Ce qui a permis aussi aux différentes chancelleries en poste à Paris de mieux connaître l’homme. Le Drian était, jusqu’ici peu exposé aux médias, et donc peu connu hors des frontières nationales. Assurément ainsi plusieurs télégrammes diplomatiques partent alors vers les différentes capitales européennes, pour retracer, expliquer le programme de l’opposition d’alors, gouvernement d’aujourd’hui.

Interrogations : décrisper, déminer

Les principales interrogations des alliés – particulièrement américains – portent, alors, sur la possibilité de remise en cause de la réintégration française dans le commandement intégré de l’Otan, le retrait d’Afghanistan, le budget de la défense (les Américains craignent comme la peste une réduction drastique du budget français comme l’ont fait d’autres pays) et le besoin de développer une identité européenne de défense.  D’autres sujets viennent aussi la table, selon les interlocuteurs, comme les développements industriels ou la coopération bilatérale. Chacun a pu être alors rassuré.

Une transition en douceur entre les deux ministres

Après le résultat des élections, le travail discret continue. Au niveau franco-français, J.Y. Le Drian assure aussi la transition avec son prédécesseur, Gérard Longuet. Une transition qui a été assurée de façon « chaleureuse et républicaine», assure son entourage. Durant cette période qui court, entre le résultat des élections, le 6 mai, jusqu’à la prise de fonction effective, le 15 mai, G. Longuet a ainsi tenu à que les dirigeants nouvellement élus puissent être mis au courant de tous les dossiers stratégiques. Cela concerne, bien sûr, tous les points à l’ordre du jour du sommet de l’OTAN, comme le dossier anti-missiles, pour lesquels, il faut le souligner, il y a peu de différences entre Sarkozy et Hollande (voire « aucune » ainsi qu’on nous l’a confirmé dans l’entourage du ministre). Mais plus généralement, l’ensemble des dossiers, plus discrets « que normalement une opposition ne connait pas automatiquement » comme les opérations en préparation ou les questions industrielles. Cela nous a fait gagner une « précieuse semaine et une bonne passation des principaux dossiers », assure notre interlocuteur.

La préparation américaine

Avec les Etats-Unis, il s’agit aussi de passer à la vitesse supérieur. L’heure n’est plus à l’explication mais à la mise en oeuvre. Le 11 mai, le vendredi précédent l’investiture du gouvernement, une délégation américaine conduite par Phil Gordon, le secrétaire d’Etat de H. Clinton pour les affaires européennes et d’Euroasie, arrive ainsi à Paris pour une réunion de travail. « On n’est plus alors dans l’explication, mais dans la phase préparation / proposition ». Autrement dit, « passé l’effet de surprise, les Américains ont réagi de façon pragmatique. Comment fait-on ? Qu’est-ce que vous proposez ? … » Pour parachever cette préparation, Le Drian et une petite équipe (Jean-Claude Mallet, son conseiller stratégique, l’amiral Guillaud, le chef d’Etat-Major…) partent un jour à l’avance pour rencontrer à nouveau leurs homologues. Cette fois-ci, les « Frenchies » rentrent par la grande porte. Rencontre avec le général Allen, le chef d’Etat-Major et le Secrétaire d’Etat à la Défense américain, Leon Panetta…

Les rôles sont alors bien répartis. Au tonton américain, le soin de gronder le neveu français un peu turbulent. Au Français de faire preuve de sérieux et de répondant. Obama qui est aussi en campagne électorale soigne ainsi son image de ne pas céder aux caprices français et rappelle la règle : pas de rush exit sans l’accord et l’aval des Américains + contribution de chacun à l’après 2014. Idem pour les Français qui peuvent se targuer d’avoir imposer leur calendrier aux Américains… Et tout le monde sort ainsi gagnant.Le sommet de Chicago n’aura pas souffert de fausse note, du moins entre la France et les USA.

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Retrait français d’Afghanistan, les « précisions » de F. Hollande: toujours un peu floues

Retrait français d’Afghanistan, les « précisions » de F. Hollande: toujours un peu floues

(BRUXELLES2 à Chicago) Le retrait des forces combattantes françaises d’Afghanistan avant la fin 2012 a été au centre de certains débats en marge de la réunion de l’OTAN. « Lors d’une discussion avec (le président) Obama, j’ai expliqué – a détaillé François Hollande lors d’une conférence de presse (dimanche) -, que cet « engagement pris devant les Français » n’était « pas négociable ». Cela ressort « de la souveraineté française. Et chacun l’a bien compris ». Et d’ajouter : « Le Secrétaire général de l’Otan (avec qui F. Hollande s’était entretenu juste avant), lui-même, a considéré que c’était notre choix et que ça ne remettait pas en cause l’opération elle-même, dès lors que certaines confirmations étaient apportées ».

Retrait des forces en Kapisa d’ici fin 2012

Voilà pour le principe. François Hollande a ensuite apporté quelques détails sur le dispositif de retrait. Celui-ci concernera « les troupes combattantes (*) (qui) seront retirées d’ici la fin de l’année. » Resteront cependant des troupes. Lesquelles, combien ? Par petites touches, François Hollande a précisé. Le retrait concernera (uniquement) les forces « combattantes situées en Kapisa ». « L’armée afghane se substituera à nos troupes en Kapisa dans les prochains mois et d’ici fin 2012 »

Après 2013, un calendrier à préciser

« En 2013 demeureront uniquement des formateurs pour les forces de police et les cadres de l’armée afghane. Cela se fera dans le cadre de l’opération elle-même de l’ISAF. » Puis il a précisé, répondant à une autre question : « Il y aura un retrait des autres unités dans un calendrier que je ne peux préciser. (Mais) rien ne doit être fait pour menacer la sécurité de nos personnels. (Et ensuite nous aurons du matériel à retirer. Et, çà, cela prendra du temps, au-delà de 2012. Cela suppose d’avoir du personnel pour en assurer la bonne exécution. » En fait, selon les informations qui circulent, devraient rester sur place différentes troupes : celles chargées de la formation et de la logistique notamment, accompagnées de forces de protection également, et sans doute également aussi l’hôpital à Kaboul. Soit plusieurs centaines d’hommes, presqu’un millier. Seule interrogation : les moyens aériens après 2012 et surtout après 2014.

Une mission anti-terroriste résiduelle ?

On sait que ces moyens ont été mis dans le passé à disposition de l’ISAF comme de certaines missions de repérage anti-terroristes (champ de l’ancienne mission Enduring Freedom). J’ai posé la question à François Hollande et le ministre de la Défense, Le Drian. Ceux-ci ont avoué ne « pas connaitre » ce sujet, ou plutôt, ils ont botté en touche… Des équipes anti-terroristes, aériennes ou non, pourraient ainsi demeurer, ou revenir en Afghanistan, après 2013. De façon assez floue, François Hollande l’a confirmé, indiquant : « J’ai fait en sorte qu’il y a des actions qui demeurent dans le cadre de l’IFAS ». Comme me l’a indiqué, un peu auparavant, un diplomate de l’OTAN, « Il y aura sans doute une autre mission en coalition, séparée de ISAF, pour mener des opérations anti-terroristes » succédant ainsi à Enduring Freedom.

Après 2014, la coopération avec les Afghans continuera

François Hollande a aussi affirmé que le traité signé par Nicolas Sarkozy avec l’Afghanistan sera respecté. « Ce traité prévoit une coopération qui va bien au-delà de 2014. Nous nous inscrirons parmi nos alliés dans le cadre des obligations que nous nous sommes données : la santé, la formation, l’éducation, le renforcement de l’administration afghane. Et ce sera dans cette perspective-là que nous travaillerons. »

(*) Le terme « forces combattantes » fait abondamment débat. Sur ce point, François Hollande n’a pas varié d’un iota. Il en faisait déjà mention lors de son discours « Défense » lors de la campagne électorale à Paris en mars. Certains médias viennent apparemment de découvrir le sens de l’adjectif…

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Pour les Américains, le retrait d’Afghanistan est une décision nationale mais…

(BRUXELLES2) La décision française de retrait des troupes combattantes avant la fin 2012 d’Afghanistan n’inquiète pas outre-mesure à Washington. Mais ne suscite pas vraiment l’enthousiasme non plus. Chacun espère un léger assouplissement de la position française. Comme me l’a expliqué Ivo Daalder, l’ambassadeur américain, dans un échange « tweet », c’est « aux nations de se déterminer elles-mêmes ». (Mais) l’opération ISAF est basé sur « le principe « in together, out together » », soit tous ensemble pour entrer, tous ensemble pour sortir. Et les Alliés ont décidé de « terminer l’opération en 2014 ».

NB : le principe « in together et out together », doit être nuancé. Car tout le monde n’est pas « entré ensemble en Afghanistan ». Et les Français ont été parmi les premiers à y participer, bien avant d’autres nations participant aujourd’hui à l’opération : en octobre 2001 pour les forces aériennes et en novembre 2001 pour les forces navales avec le Charles de Gaulle (opération Herakles) et dès janvier 2002 pour les forces terrestres, certaines incorporées à l’opération Enduring Freedom, d’autres à l’Isaf. De plus, on se situe aujourd’hui en pleine période de transition, où la Kapisa va passer, entièrement, sous contrôle des forces afghanes, comme l’a précisé le président Karzai il y a quelques jours en présentant la 3e phase de transition. Il n’y a donc pas totalement rupture de la coalition, mais simplement une accélération du calendrier, qui n’est pas impromptue. Elle a largement été annoncée aux alliés lors de la campagne et aujourd’hui officiellement.

Ecoutez ici la réponse

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Pas de retrait accéléré pour les Britanniques sauf si…

Des soldats de la brigade de reconnaissance (BRF) embarquent dans un hélicoptère Chinook (Crédit: Ministère de la Défense britannique, 2012)

(B2) 500 soldats britanniques devraient rentrer cette année à la maison, selon le calendrier prévisionnel du ministère de la Défense. Et 1500 rentreront à la maison l’année prochaine (2013). Il n’y a donc pas de retrait accéléré des troupes britanniques avant 2014. Début 2013, il devrait y avoir encore 9000 militaires de sa Royale Majesté sur place, essentiellement dans la province de Helmand. Ce n’est qu’à la fin 2014, que les effectifs décroitront de façon importante, ne laissant « que » 1500 hommes, pour encadrer, former et soutenir l’armée afghane.

La date exacte décidée à Chicago … ou Washington

Selon le commandement britannique en Afghanistan, qui ont tenu un « briefing » à l’intention de nos collègues à Londres, ce serait d’ailleurs « de la folie » de partir avant que les troupes afghanes soient en position de prendre le relais. Les ministres, qui se prononcent à l’occasion d’une session de leur National Security Council semblent a priori sur la même ligne, malgré une opinion publique de plus en plus sceptique.

La grande phase de retrait devrait avoir lieu, a priori, en septembre 2014. Mais cela peut encore changer: « l’option que nous prendrons dépendra des Etats-Unis » avoue une source du ministère de la Défense au quotidien « The Guardian ». Tout dépend donc d’Obama. Si les USA décident de réduire leurs effectifs plus rapidement que prévu, le départ des Britanniques serait également envisageable pour avril 2014.

La Sandhurst afghane

Qui dit retrait… ne dit pas retrait total mais retrait uniquement des unités combattantes. Le rôle de combat direct sera transféré aux afghans, en partie, en 2013 ; totalement à partir de mi-2014. Les 1500 membres de l’armée britannique ne seront plus normalement là que pour former et soutenir l’armée afghane. Le ministre de la Défense, Philip Hammond, était d’ailleurs en visite à Kaboul, fin mars, notamment pour signer un accord de coopération avec le général Mohammad Karimi, chef du personnel de l’armée afghane. Un accord qui vise à soutenir la nouvelle académie de formation des officiers afghans, surnommée « Sandhurst in the sand » en référence à la célèbre Académie Royale britannique de Sandhurst, cette école qui a formé le général Karimi… C’était dans les années 1960. Encore en construction, à Quarga, à l’ouest de Kaboul, trois quart des instructeurs étrangers devraient y être britanniques.

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