Dark Blade 2019. 25 hélicoptères européens en exercice en Tchéquie

(B2) 25 hélicoptères et avions de six pays sont mobilisés jusqu’au 1er sur la base aérienne de Náměšť nad Oslavou (République Tchèque)

Un hélicoptère belge NH 90 Caiman (crédit : MOD Belgique)

Environ 600 militaires de six pays – Allemagne, Belgique, République tchèque, Hongrie, Pologne et Slovénie – participent à ‘Dark Blade 2019‘, Exercice qui s’intègre dans le programme de l’agence européenne de la défense (EDA) dédié au renforcement de la composante ‘hélico’, cumulant formations et mises à jour techniques.

25 hélicos de différentes sortes

Coté matériel, cela va être diversifié. On retrouve naturellement quelques appareils de fabrication russe : 4 hélicos Mi-24/35 et 4 Mi-171Š tchèques, ainsi que 3 hélicos Mi-24 et 2 Mi-17 hongrois. On trouve également 1 W-3 AE Sokol polonais, 3 hélicoptères lourds Sikorsky CH-53 Stallion allemands, 1 Eurocopter AS532 Cougar et 1 Bell 412 slovènes. Les hélicoptères de fabrication russe sont particulièrement fournis dans les armées du groupe de Visegrad. Les Belges participent avec six hélicoptères : trois appareils Agusta A109 de la 17e Escadrille et trois hélicoptères Caiman de la 18e Escadrille NH90 TTH.

Au coeur du dispositif : le concept COMAO

L’objectif de l’exercice reste simple : améliorer l’interopérabilité tactique entre les unités d’hélicoptères en utilisant le concept COMAO (Composite Air Operations) et permettre aux équipages de pratiquer des opérations dans divers environnements, en essayant de reproduire au mieux « les conditions difficiles » auxquelles les forces participantes peuvent être confrontées lors du déploiement sur un théâtre d’opérations. Au menu, vols à basse altitude ou en formation, tirs réels et participation des forces spéciales des troupes, tir au canon, recours aux moyens de guerre électronique au sol, …

Des missions de jour et de nuit

Les équipages vont effectuer des missions COMAO de jour et de nuit de natures très diverses : des missions d’assaut aérien (AA) à de la récupération du personnel (PR), en passant par des missions d’interdiction aérienne (AI), de transport aérien (AT), de soutien aérien rapproché (CAS), de vols de nuit (avec ou sans NVG) et d’autres missions au niveau tactique. Des forces d’opérations spéciales participeront à l’exercice permettant de s’exercer à des opérations d’infiltration, en territoire ennemi, ou d’exfiltration.

Un corps d’instructeurs

Six instructeurs d’Autriche, de Suède et du Royaume-Uni formés au cours HTIC (Helicopter Tactics Instructors Course) de l’Agence européenne de défense, accompagnés de certains instructeurs des Pays-Bas formés au cours néerlandais d’instructeurs d’armes par hélicoptère, assureront l’équipe de ‘mentors’, chargée de soutenir les équipages multinationaux. Une équipe d’instructeurs en chef de l’Agence européenne de défense gérera et supervisera l’équipe de mentors afin de tirer le meilleur profit des techniques et exercices précédents (CTH, CTIC, planification COMAO et cours GE).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(crédit : MoD Tchèque)

Tchèques et Slovaques en exercice commun de contrôle des frontières

(crédit : MoD Tchèque)

(crédit : MoD Tchèque)

(B2) Les forces tchèques et slovaques ont effectué mardi (27 septembre), un exercice commun de contrôle des frontières.

L’objectif était de vérifier si les différentes forces, tchèques et slovaques, policiers et militaires, pouvaient faire face à un « afflux de migrants ». Il reposait sur une décision fictive du gouvernement slovaque de passer au plus haut niveau de contrôle. 500 policiers, douaniers et soldats ont ainsi été mobilisés sur cet exercice qui s’est déroulé sur 250 kilomètres de la ligne frontière et 16 postes-frontaliers, avec  contrôles de véhicules réalisés de façon aléatoire.

Tester la coopération police – armée aux frontières

« Pour les hommes, cet exercice était une excellente occasion d’améliorer la coopération sur le terrain avec la police pour [prévoir] toutes les procédures face à une situation d’urgence d’afflux de migrants illégaux », a souligné le ministre tchèque de la Défense, Martin Stropnický en visite dans un des postes frontaliers à Lanžhot Břeclav, mardi (27 septembre), ville frontière des trois pays (Autriche, Slovaquie, Rép. Tchèque). « C’est également un message important pour nos populations que nous sommes prêts face à ces événements extraordinaires. En ce moment, nous ne sommes pas confrontés à un tel afflux (…) mais nous suivons de très près l’évolution » (*).

Une menace ressentie

L’arrivée de réfugiés et migrants en masse est une des hantises des forces de sécurité tchèques, slovaques (et de la plupart des pays d’Europe de l’Est d’ailleurs). Le précédent de l’été 2015 avec l’arrivée de nombreux réfugiés et migrants, via la Grèce et les Balkans résonnant dans toutes les têtes. « Même si nous observons une baisse de 40% des migrations illégales, nous devons nous préparer à toute situation à risques », a justifié Tomáš Tuhý, le chef de la police tchèque, selon l’agence CTK. Un premier exercice a ainsi eu lieu à la fin septembre 2015, avec 800 soldats et policiers engagés dans un exercice à la frontière tchèque avec l’Autriche. Un second exercice a eu lieu sur la même frontière, en mars 2016. Un test grandeur nature a été réalisé, en avril 2016, pour tester les temps de réponse à la frontière en cas de crise soudaine en Moravie. Un test similaire devrait être réalisé le long de la frontière allemande cette année. Et un autre exercice est prévu le long de la frontière polonaise en 2017.

(NGV)

(*) Version originale en tchèque, traduite par nos soins

Les cinq otages tchèques retenus au Liban sont libres

(B2) Le Libano-Ukrainien Ali Taan Fayyad détenu en république Tchèque ne sera pas extradé vers USA. Il reviendra au Liban. C’est la contrepartie semble-t-il, à la libération des cinq otages tchèques, retenus au Liban depuis près de six mois.

« Les cinq Tchèques, enlevés en juillet l’année dernière au Liban, ont été retrouvés sains et sauf, lundi soir (1er février) », a en effet annoncé le ministère tchèque des Affaires étrangères dans un communiqué. Ils « se trouvent actuellement sous la protection des forces de sécurité libanaises. Et leur état de santé est satisfaisant ». Le ministre Lubomir Zaoralek a chargé l’ambassade de Beyrouth de prendre toutes les dispositions pour assurer « le retour le plus rapide possible des citoyens tchèques. Un avion spécial de la république Tchèque devrait les rapatrier ».

Le ministère s’est cependant refusé à donner de « plus amples informations en raison de l’enquête en cours menée par le ÚOOZ » l’unité de lutte contre le crime organisé, ni à confirmer les termes de l’échange.

Les cinq Tchèques (journalistes, avocat et officier) et leur chauffeur avaient disparus, samedi (18 juillet), dans le village de Kefraya, dans la vallée de la Békaa, enlevés par des personnes non identifiées (Lire aussi : Enlèvement de 5 Tchèques au Liban : un rapt criminel ?).

(NGV)

 

    « These Czechs "worked" in the UK for less than four years. No benefits for them? » T. Prouza (crédit : T. Prouza / CS)

Une ingratitude signée Cameron

    « These Czechs "worked" in the UK for less than four years. No benefits for them? » T. Prouza (crédit : T. Prouza / CS)

« These Czechs « worked » in the UK for less than four years. No benefits for them ? » T. Prouza (crédit : T. Prouza / CS)

(BRUXELLES2) La dernière proposition du Premier ministre britannique, David Cameron, de limiter les droits des migrants européens a commencé à susciter quelques répliques cinglantes de la part de gouvernements d’Europe de l’Est, dont les ressortissants sont particulièrement concernés, et visés, par ces mesures.

Londres provoque l’amertume en Europe de l’Est

La plus cinglante, est venue du secrétaire d’Etat tchèque aux Affaires européennes.  Tomáš Prouza s’interroge, photo à l’appui, sur le sort des pilotes tchèques engagés dans la bataille d’Angleterre, lors de la Seconde guerre mondiale : « These Czechs « worked » in the UK for less than four years. No benefits for them?» ! Question très ironique qui montre à quel point David Cameron et la Grande-Bretagne se trompent de voix dans leur combat pour changer certaines règles européennes.

Limiter les droits avant 4 ans de présence

Le ton employé — « soit vous acceptez ma proposition, soit je me casse » (*) — est avant tout destiné à la scène interne. Comme les propositions : limitation des prestations sociales avant une durée de 4 ans, mise en place de quotas, expulsion des chômeurs au bout de 6 mois sans travail… Celles-ci ne sont pas si révolutionnaires que cela. Les dispositions internes à l’Union européenne permettent déjà de limiter certains droits à la libre circulation et à l’aide sociale, comme d’expulser des personnes sans ressources, avant 5 ans de résidence.

Casser une dynamique européenne

Mais ce discours heurte frontalement certains principes européens — la libre circulation des travailleurs et des personnes. Et, une dynamique. L’objectif européen est justement de supprimer les frontières, d’enlever petit à petit tous les obstacles qui peuvent exister, pour créer un vaste espace commun, un « marché commun ». Des principes auxquels les pays venant du communisme sont attachés, certes au niveau économique mais encore plus au niveau politique et symbolique. L’Union européenne dans sa conception est un espace de « liberté ». Le réduire et limiter à un espace de non-liberté est contraire avec son histoire.

Une position à rebours de l’âme britannique

Ces propositions sont également à rebours de toute la position britannique en Europe qui a toujours prôné une libre ouverture des marchés, et au-delà a toujours été une référence en matière de libertés. On se rappelle tous de l’ironie avec laquelle Tony Blair, à l’époque, avait accueilli les limites, temporaires, mises en place par quasiment tous les autres pays (France, Belgique, Allemagne…) pour ne pas accueillir les « nouveaux » arrivants. Dix ans après, Londres non seulement veut détricoter certains principes européens mais fait marche arrière et renie sa propre politique, sa raison d’être… Cela ne va certainement pas faciliter la tâche des diplomates britanniques pour trouver des alliés quand il faudra batailler sur ce terrain, sur ce sujet … ou d’autres.

(NGV)

(*) « Si j’y parviens, je ferai campagne pour maintenir ce pays au sein d’une UE réformée. Si nos inquiétudes  ne trouvent aucun écho et que nous ne parvenons pas à modifier  de manière plus avantageuse les termes de notre relation avec l’UE, alors bien sûr je n’exclurai rien ».

10 ukrainiens soignés dans les hôpitaux tchèques

(B2) Une dizaine d’Ukrainiens, en majorité des enfants, des femmes et des personnes âgées, vont être transportées vers des hôpitaux de la République tchèque pour y recevoir des soins complémentaires. Une décision annoncée par le ministère de l’intérieur, comme le précise Radio Prague. 365 000 euros supplémentaires vont être dégagés. Depuis le début de la crise, les Tchèques ont déjà accueilli 39 Ukrainiens blessés lors des affrontements à Kiev en février. Des initiatives analogues ont été prises en Pologne et en Lituanie notamment. Lire : Mission Medevac pour les Casa polonais et tchèque à Kiev (Maj)

Frappes en Syrie. Des Européens perplexes (Maj)

(BRUXELLES2) Si à Londres et Paris, l’engagement gouvernemental vers une intervention militaire ne fait aucun doute, dans les différentes capitales européennes, le propos est plus contrasté. On retrouve, de façon moins heurtée, mais toute aussi présente, certaines des divisions remarquées lors de l’opération en Libye. De fait, si tout le monde condamne l’usage des armes chimiques, la plupart des alliés de l’OTAN et des membres de l’Union européenne sont pour tout dire très circonspects vis-à-vis d’une opération militaire, voire hostiles. On perçoit une ligne très claire allant de l’Ouest très engagé à l’Est et du Nord de l’Europe, les plus réticents, en passant par le sud de l’Europe inquiet par sa proximité avec le conflit.

Tirer toutes les conséquences

C’est l’Allemagne, qui semble la plus déterminée dans un soutien affirmé à l’intervention. Même si ce soutien est sans participation. Devant les ambassadeurs, le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle a affirmé mardi (27 août) que « l’utilisation d’armes chimiques de destruction massive serait un crime contre la civilisation. Si un tel acte a bien eu lieu, la communauté internationale doit agir. L’Allemagne sera alors de ceux qui considèrent légitime d’en tirer des conséquences » ajoutant « nous sommes en étroite concertation avec l’ONU et avec nos alliés. » Le lendemain, mercredi, il a salué la tentative britannique d’obtenir une résolution du Conseil de sécurité.

Attendre le rapport, des preuves… un mandat de l’ONU

Aux Pays-Bas, c’est l’attente. Dans une lettre adressée aux députés, le ministre des Affaires étrangères, Timmermans, a indiqué vouloir « attendre » les résultats de l’examen par les inspecteurs de l’ONU avant de pouvoir se décider « sur les prochaines étapes ». Ensuite ce sera à « l’ONU (de déterminer) les étapes ultérieures de l’importance ».

De façon précise, la Belgique demande un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU avant toute intervention, comme l’a rappelé le ministre de la Défense Pieter de Crem ainsi que son homologue des Affaires étrangères, Didier Reynders. Celui-ci a aussi exigé avant toute réaction « d’abord un échange de renseignements. (…) Nous allons d’abord demander aux Américains de donner davantage d’informations à propos de l’origine de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ».

Maintenir une distance de sécurité

En Grèce, le gouvernement souhaite maintenir une certaine « distance de sécurité » pour garantir son rôle stabilisateur dans la région, comme l’a expliqué une source gouvernementale à nos confrères du quotidien Ta Nea. Si Athènes pourrait ainsi soutenir les décisions de ses alliés, ce sera « sans participation », du moins active. Mais la possibilité d’utiliser la base de la Sude comme escale ou base de ravitaillement (comme c’est souvent le cas actuellement), pourrait être maintenue, selon les éléments qui filtrent dans la capitale grecque.

Pas de solution militaire

Le gouvernement italien est clair. L’Italie « ne prendra part à aucune solution militaire sans mandat du Conseil de Sécurité de l’ONU » a précisé Emma Bonino, la ministre des Affaires étrangères, devant le Parlement. « Même l’option d’une intervention limitée risque de devenir illimitée » a-t-elle ajouté. « La seule solution est une solution politique négociée ». Quant à l’utilisation des bases militaires italiennes, aucune réponse précise n’a été apporté. Mais selon une source gouvernementale, citée par la presse italienne, le gouvernement y serait opposé s’il n’y a pas de mandat de l’ONU. Faut-il préciser que les Américains disposent également d’une base en Sicile, garantie par un accord bilatéral.

Pas de solution militaire

Même sentiment en Finlande. Il est important de « ne pas recourir à des interventions sur la base d’affirmations fausses ou inexactes » explique le ministre des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, qui regrette le fait que le conseil de sécurité de l’ONU n’ait « pu jusqu’à présent assumer la responsabilité qui lui incombe ». Il « n’y a pas de solution militaire à ce conflit » ajoute-t-il.

C’est à Prague comme dans plusieurs capitales de l’est de l’Europe que se sont exprimées, de la façon la plus claire, les plus fortes réticences sur une intervention militaire. Dans un communiqué publié ce mercredi (en tchèque), le ministère des Affaires étrangères tchèque a détaillé de façon très claire cette réticence. La République tchèque affirme être plutôt en faveur d’une résolution diplomatique du conflit, dans l’objectif d’obtenir « un cessez-le-feu et des négociations sur la transformation politique » du pays.

L’OTAN condamne sans plus

Il n’est donc pas étonnant que les positions des organes collectifs comme l’OTAN ou l’Union européenne restent très imprécis. Réunis mercredi au siège de l’OTAN, les ambassadeurs du NAC (le conseil de l’alliance atlantique) se sont contentés de condamner l’attaque chimique et de réfléter la diversité des points de vues. « Une violation flagrante des normes et pratiques internationales de longue date. Toute utilisation de ces armes est inacceptable et ne peut pas rester sans réponse. Les auteurs doivent être tenus pour responsables. » Mais ils n’indiquent pas les moyens de cette responsabilité. « Nous allons continuer à nous consulter et à suivre la situation en Syrie de très près. L’OTAN continuera à aider la Turquie et de protéger la frontière sud-est de l’Alliance. »

Rien avant le rapport des inspecteurs

Le consensus sur la nécessité d’attendre le rapport des inspecteurs de l’ONU dépêchés en Syrie, pour faire toute la lumière sur la possible utilisation d’armes chimiques, leur origine et leur nature, l’emporte ainsi. C’est dans ce sens que le porte-parole de Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, a répondu aux questions des journalistes. Cette « investigation très importante. Il est essentiel que cette équipe puisse travailler dans des conditions acceptables afin qu’elle puisse mener une enquête complète sur ce qui s’est passé mercredi dernier. »

Inondations en république Tchèque : l’armée mobilisée

(crédit: ministère tchèque de la Défense / CTK)

(BRUXELLES2) Une bonne partie de la république Tchèque est sous les eaux. Le gouvernement a décrété, dimanche soir, l’état d’urgence dans toutes les régions de Bohême (sauf à la région de Pardubicky à l’est).

Plus de 2 000 militaires ont été mobilisés au titre du plan de secours, indique le ministre de la Défense, Vlastimil Picek. Des éléments en alerte sont « prêts à l’évacuation et au secours de la population, la construction éventuelle d’abris, la protection des routes et des travaux de terrassement » indique le ministère. Un hélicoptère militaire W-3A Sokol de la 24e base de la force aérienne de transport de Prague-Kbely a été mobilisé pour évacuer un homme dans la région Na Chalupách. Les autres hélicoptères de l’armée sont en alerte. 2 personnes sont décédées et plusieurs autres sont portées disparues.

A Prague, l’état d’alerte maximal a été décrété, certains stations de métro fermées et la circulation automobile restreinte dans certaines zones. L’hôpital Na Františku, situé à proximité de la Vltava, a commencé d’être évacué, de même que certains animaux du zoo, selon l’agence CTK. Plus de 300 soldats sont à l’oeuvre. 200 soldats de la 4e brigade de déploiement rapide de Zatec et Chrudim, ont été déployés pour aider à la construction de digues dans le centre historique ; 100 autres soldats de la 4e Brigade d’intervention rapide avaient déjà été déployés dans l’après-midi à la demande de la Mairie de Prague.

Première mission en Afrique pour les paras de Chrudim

Les paras de Chrudim avant leur départ (Crédit : armée tchèque)

(BRUXELLES2) Les militaires tchèques sont fin prêts à partir pour le Mali. Ils devraient être sur place dans la semaine, à la mi-mars. Les derniers paquetages ont été faits vendredi 8 mars. Et le verdict de l’inspection générale de l’armée est tombé : « c’est bon ».

34 militaires chargés de la protection

Le détachement comprendra 34 militaires, dont 32 hommes du 43e bataillon parachutiste de Chrudim, une unité d’élite déployée sur nombre de terrains extérieurs (Balkans, Afghanistan pour Enduring Freedom et IFAS, Kosovo). Il sera chargé d’assurer la protection du siège de la mission de formation de l’armée malienne (EUTM) à Bamako.

« Ce sera la première mission en Afrique, C’est tout à fait une nouvelle expériencequelque chose d’autre pour nous », a expliqué le chef de l’unité, le Lieutenant Stepanek. « La plupart de l’équipe a travaillé en Afghanistan et nous sommes prêts pour un large éventail de tâches ». Les militaires ont subi une formation courte, tactique (maniement armes à feu, formation des escortes et escorte de personnalité) et également d’appréhension de la région. « Nous avons eu des cours intensifs avec des experts du continent africain pour connaître l’histoire du pays, les pratiques culturelles et la population ».

Les militaires disposeront de trois véhicules LRD 130 Kajman ainsi que trois véhicules blindés Iveco, armés par les nouveaux fusils automatiques BREN, précise-t-on à l’Etat-Major tchèque. Matériel qui va être acheminé sur place par les avions ukrainiens An-124 ou Illyouchine-76 du contrat SALIS.

« Force protection » pour EUTM Mali : les Français ne seront pas seuls (Maj3)

Le soutien médical n’est pas totalement réglé, notamment concernant le Medevac (évacuation médicale). Sur la photo débarquement à Sévaré du matériel médical pour les hélicoptères belges de soutien à l’opération Serval (crédit : ministère belge de la Défense)

(BRUXELLES2 à Dublin – exclusif) Les Français ne seront pas seuls à assurer la « force protection » des formateurs européens déployés au Mali (EUTM Mali). Rien n’est encore officiel. Mais…

Deux pays (république Tchèque et Espagne) ont indiqué qu’ils pourraient, sous réserve de certaines adaptations, assurer cette protection de la force. Un point essentiel, comme l’a rappelé le Ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Il est important que « les Français ne soient pas seuls à assurer cette fonction » (qui est une des plus visibles de la mission) a-t-il expliqué à ses homologues lors de son intervention mardi soir (*).

Pas de nouvelle réunion de génération de force

Un participant à la réunion a confirmé à B2 cette piste, indiquant qu’il ne serait sans doute pas nécessaire de convoquer une nouvelle conférence de génération de forces. Les « derniers problèmes pouvant être réglés dans la semaine ». Et la décision de lancement prise alors le 18 février (comme prévu). Coté européen, on semble plus réservé cependant… Et on attend une confirmation pour la partie « Medevac » (évacuation médicale).

Dispositif de « force protection »

Les Tchèques qui ont annoncé disposer de capacités à disposition du chef de mission, le général Lecointre, pourraient mettre environ 30 militaires. Ils devraient faire les premiers six mois a confirmé Vlastimil Picek, le vice-ministre tchèque de la Défense, avant d’être remplacés par des formateurs pour la seconde période des six mois suivants. « La mission au Mali reste une mission d’entraînement et nos soldats ne participeront pas activement à des hostilités » a-t-il déclaré. Un engagement qui suscité les remerciements appuyés du général Lecointre.

Les Espagnols seraient aussi prêts à bouger, quitte à redéployer certains militaires au sein de la limite de 50 personnels autorisés par le Congrès (espagnol). Le Secrétaire général à la Défense, Alejandro Alvargonzález, qui représentait le ministre (en déplacement officiel en Indonésie) a confirmé, à mes collègues espagnols d’EFE, qu’une trentaine de militaires assureraient la « force protection ».

La Force protection est divisée en deux secteurs géographiques où seront localisés les formateurs et experts européens. Certains pourraient être basés à Bamako, la capitale malienne (Tchèques notamment). Et d’autres (Français essentiellement) au camp de Koulikoro, à environ 60 km au nord-est de Bamako, près du fleuve Niger. Selon les règles d’engagement, cette « force protection » disposera d’armes ainsi que de véhicules légers blindés. Mais ne pourra faire usage de ces armes qu’en cas de « légitime défense » ou de risque avéré. Elle n’aura aussi comme fonction que de protéger les implantations européennes (à Bamako ou Koulikoro), les formateurs lors de leur travail d’entraînement (afin d’éviter d’éventuelles attaques « green on blue ») ou leurs déplacements. Et ne participera pas aux combats actuellement menés dans le nord. Il n’y a ainsi pas d’activité de « mentoring » prévue.

Soutien médical

Le soutien médical à la mission (équipe médicale et hopital de campagne – Role 1 / 2) devrait être assuré par des militaires allemands (au moins 20 personnes), qui assureront le Rôle 2 à Koulikoro, avec des éléments autrichiens, hongrois et bulgares (qui assureront le Role 1 à Bamako).

(*) Le ministre français a dû quitter Dublin un peu plus tôt que prévu pour se rendre en Asie (Inde). Et le sujet « Mali » a donc été abordé en précurseur lors de la session « capacités » du soir.

(Maj) Précisions sur les effectifs tchèques et espagnols. Et confirmation des deux capitales des informations données en primeur sur B2

Les Tchèques s’engagent, de façon décisive, dans EUTM Mali

Commandos tchèques au Kosovo (crédit : Ministère tchèque de la Défense)

(BRUXELLES2) La participation tchèque à la mission européenne de formation de l’armée malienne ne sera pas négligeable. Le gouvernement tchèque a autorisé, ce mercredi (6 Février) l’engagement de 50 militaires pour EUTM Mali.

« La République tchèque est prête à participer activement à la stabilisation de la situation au Mali en envoyant un contingent d’un maximum de 50 soldats pour 15 mois » a déclaré le Premier ministre, Petr Necas, qui fait aussi office de ministre de la Défense ad interim. Les soldats tchèques ont une « riche expérience dans la formation des forces armées d’autres États. Ils l’ont démontré à plusieurs reprises dans les Balkans et en Irak, et jouent encore aujourd’hui un rôle important dans la formation des forces de sécurité afghanes », a précisé, de son côté le vice-ministre de la Défense, Vlastimil Picek.

30 instructeurs seront disponibles à partir d’avril. Ils seront chargés de la formation des unités mécanisées de l’armée malienne, pour une durée 15 mois (jusqu’à mi-2014). (Cette durée pouvant, au besoin, être prolongée). 20 autres personnels pourraient aussi être disponibles – « en fonction de l’évolution de la mission et des exigences du commandant de la mission » pour la formation des forces spéciales (forces commandos) ou des unités anti-IED (engins explosifs improvisés, selon le communiqué du ministère tchèque de la Défense. Le coût, pour la république Tchèque, est estimé à 220 millions de couronnes (soit environ 8 millions d’euros) financé par le ministère de la Défense.

Cette décision doit encore être avalisée par le Parlement. Ce qui ne devrait pas susciter de problème, normalement. L’opposition sociale-démocrate a déjà marqué son accord à cet envoi, selon l’agence de presse CTK.

Commentaire : un tournant tchèque

Cette nouvelle ne surprendra pas vraiment les lecteurs fidèles de ce blog. Il y a quelques mois déjà, le chef d’Etat-major tchèque avait laissé entendre la volonté de s’engager de façon décisive dans les missions de l’Union européenne. Le départ de Vaclav Klaus du Chateau (la résidence du président Tchèque) et son remplacement par Milos Zeman, plus europhile, rendait possible ce tournant dans la politique tchèque. Le premier geste du nouveau président avait été de hisser le drapeau européen sur sa résidence. Voici un autre geste qui n’est pas que symbolique ! On retrouve ainsi une république Tchèque plus proche de son histoire traditionnelle. Prague pourrait bientôt nous surprendre par d’autres mesures. S’il est confirmé, cela conduira à un tournant majeur à l’est de l’Europe.

Lire aussi : Pour les Tchèques après l’Afghanistan et l’OTAN, l’UE ?

Pour les Tchèques après l’Afghanistan et l’OTAN, l’UE ?

(BRUXELLES2) La présentation aujourd’hui (8 novembre) de la nouvelle politique de défense tchèque a donné lieu à des discours « constrastés » entre le chef d’Etat major de l’Armée, Petr Pavel, et le président de la République Vaclav Klaus. Pour ce dernier, l’Afghanistan signe un retour à la maison pour les militaires tchèques, la fin des engagements extérieurs (expéditionnaires) de grande envergure, et des activités menées dans le cadre de l’Alliance. « Les unités de l’armée auront besoin de mettre l’accent sur les activités des missions de formation, tant au niveau national ainsi qu’au sein de l’Alliance ». Le tempo de l’armée tchèque a, en effet, été « élevé ces quinze dernières années avec les Balkans, l’Irak et l’Afghanistan » a complété le ministre de la Défense, Alexandr Vondra, prônant un retour à des missions plus classiques, la défense du territoire. Une évolution de stratégie qui cache mal des raisons très économiques. L’armée tchèque est engagée dans une profonde restructuration avec un Livre blanc sur la défense (elle aussi !) et la perte de 1600 postes à l’horizon 2014 !

Le chef d’Etat Major Petr Pavel a donc apporté quelques « nuances » – disons-le comme çà – à ses autorités politiques. Pour lui, la réduction des engagements signifie une intensification des missions de formation qui devraient avoir lieu « non seulement dans le pays mais aussi à l’extérieur de celui-ci ». Et après l’Afghanistan, « nous allons chercher une compensation partielle à travers notre implication dans les opérations sous l’égide de l’UE » explique-t-il. On pense à Prague à une implication dans la mission EUTM Somalia – pour former les militaires somaliens – voire dans l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalanta mais peut-être également (le chef d’Etat major ne l’a pas cité expressément) à la future mission EUTM Mali qui devrait recevoir le premier feu vert officiel le 19 novembre à la réunion des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, le 19 novembre à Bruxelles (avec un inconvénient, il y a peu de francophones dans l’armée tchèque).