réfugiés

La « folie » syrienne

(Crédit: Commission européenne)

(BRUXELLES2) « 66% des réfugiés sont des enfants. On ne peut pas tourner le dos à cette tragédie, il faut agir maintenant pour éviter la perte d’une génération entière de jeunes enfants syriens ». Kristalina Georgieva, la commissaire européenne en charge de l’aide humanitaire est venue devant la presse, ce mardi (14 mai), après un voyage de 3 jours (samedi 11 à lundi 13) au Liban et en Jordanie. Ce n’est pas la première fois que la commissaire pousse un cri d’alarme. Et on craint bien que ne soit pas la dernière! Lors de son intervention, la commissaire a rappelé que le nombre des réfugiés explose et que le règlement de la crise est encore bien loin. Elle a annoncé un soutien supplémentaire financier, notamment aux pays qui accueillent les réfugiés. Même si…

Une goutte d’eau dans la mer

« Je savais, en les annonçant, que ces 65 millions d’euros ne seraient qu’une goutte d’eau dans la mer » a déclaré Georgieva à propos des fonds supplémentaires qui vont être alloués à la situation en Syrie faisant grimper le montant total Commission et Etats-membres « à plus de 800 millions d’euros, ce qui fait de l’UE le principal donateur ». Elle note que depuis son dernier voyage il y a 4 mois, « les réponses sont plus importantes mais que les besoins sont sans cesse plus importants (que ce soit) en éducation, services sanitaires, eau ».

Des réfugiés toujours plus nombreux au Liban et en Jordanie, la communauté internationale doit se réveiller

La commissaire a dénoncé « la souffrance des millions de Syriens dont la plupart sont des enfants et la pression sans cesse plus importante sur les communautés locales ». Il est « crucial » que la « communauté internationale se réveille ». La situation dans les pays d’accueil, Liban et Jordanie « s’est encore détériorée ». Les chiffres sont « extrêmement alarmants : 2000 nouveaux réfugiés chaque jour en Jordanie !». Le camp le plus important du pays Zaatari « est devenu la 5ème ville du pays » alors même que « seulement 25% des réfugiés sont dans des camps ». Le total pour les deux pays serait d’un million et demi de réfugiés, « ce qui représente 10% des populations libanaises et jordanienne ». Si le flux se poursuit, ils pourraient représenter « 20 à 30 % des populations du Liban et de la Jordanie. Je vous le demande, quel pays membre de l’UE pourrait accueillir une telle vague de réfugiés ». À cela s’ajoutent les 5 millions de déplacés internes.

Une pression dangereuse pour les pays d’accueil

« On observe une concurrence accrue pour les logements, les emplois, les prix des denrées alimentaires, les Libanais et les Jordaniens sont encore accueillants. Mais il y a déjà des conflits à certains endroits » explique la commissaire. Le processus semble impossible à circonscrire. « Il est extrêmement difficile d’arrêter cette vague d’immigration et de demander aux populations de retourner dans leur pays ». La situation est particulièrement compliquée au Liban « c’est encore pire, car il y a déjà les réfugiés palestiniens. Il y a aussi les Palestiniens qui étaient en Syrie et qui sont maintenant dans des camps insalubres où les conditions de vie sont extrêmement difficiles. (parfois) jusqu’à 9 personnes sur 2 m2 ».

Pour faire face à cette situation, « il faut aller plus loin, et financer encore plus. Je vais parler avec mes collègues à la Commission pour voir comment augmenter l’aide humanitaire mais aussi comment soutenir les communautés locales ». Sur les 1,5 milliards d’engagements de dons récoltés lors de la conférence organisée par le Koweit « bien peu ont été véritablement investis ».

Des sanctions plus ciblées

La Commissaire s’est aussi prononcée en faveur des mesures visant « à affiner le régime des sanctions pour permettre à plus d’aide humanitaire de pénétrer en Syrie » ce que réclame le Liban, « nos interlocuteurs nous disent qu’il faut continuer à aider à l’intérieur du pays pour éviter que les Syriens quittent leur pays ». « Il est clair que l’économie de la Syrie s’est écroulée » affirme-t-elle mais « il faut d’autres moyens pour soulager » faisant référence aux décisions prises sur le pétrole en avril par le Conseil des ministres des Affaires étrangères.

Un Genève 2 pour mettre fin à la “folie”

En ce qui concerne le règlement de la crise à long terme, Georgieva a plaidé pour un Genève 2, « il ne faut pas abandonner l’idée d’une solution politique, Lavrov et Kerry ont discuté du besoin de mettre en place un Genève 2, c’est tout ce qu’on a l’accord Genève ». « On se réjouit de tout effort pour mettre fin à cette folie, je dis bien cette folie ». Cette vision pessimiste est sûrement alimentée par les rencontres de la Commissaire sur le terrain, « les gens avec qui je parle, ne s’attendent pas à une solution rapide, il y a tellement de sang qui a coulé qu’amener toutes les parties à la table des négociations ne sera pas facile. J’ai rencontré un groupe de femmes qui ont, toutes, perdu des frères, des maris. Et cette question de la solution politique pour elles, est très difficile car il est difficile d’oublier »

La « folie » syrienne fossoyeuse du droit humanitaire

Georgieva a aussi appelé à « faire pression sur les deux cotés pour faire respecter les droits de la guerre. Les gens qui travaillent dans les organisations humanitaires parlent d’impunité et d’atrocités et cela mine les efforts de construction d’un droit international humanitaire. On fête les 150 ans de la Croix Rouge et en même temps cet acquis, bâti sur des morts européens, est détruit par ce qui se passe devant nos yeux et c’est sûrement la première priorité à l’intérieur du pays ».

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Que les Syriens restent chez eux !

(crédit : UNHCR)

(BRUXELLES2) L’Europe ne fait pas dans la générosité. Alors que plus d’un million de Syriens ont déjà quitté le pays — surtout vers le Liban, la Jordanie et la Turquie —, ils ne sont que très peu à avoir franchi la Méditerranée. Moins de 30.000 selon les dernières statistiques publiées par Eurostat. L’Europe n’est pas à une contradiction près. Elle condamne le régime de Bachar, s’inquiète du nombre des réfugiés… comme le rappelaient encore récemment (lors du gymnich de Dublin) Laurent Fabius et son homologue britannique William Hague, dans une lettre commune pour justifier la levée de l’embargo sur les armes. Mais les accueillir, il n’y a personne ou presque parmi les Etats européens qui se mouillent !

Les visas sont donnés au compte-gouttes par les ambassades européennes. Seules la Suède et l’Allemagne ont fait un (petit) effort accueillant pas loin de 8.000 Syriens chacune. L’Allemagne a mis en place un mini-pont aérien pour accueillir quelques blessés graves dans ses hôpitaux. Pour les autres, le mot d’ordre semble être : “que les Syriens restent chez eux!”. La la France, selon les statistiques du Haut commissariat aux réfugiés, a ainsi accueilli peu de réfugiés venant de Syrie : autant à peu près (627) que Chypre (564) !

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La situation en Syrie : un scandale humanitaire

La situation en Syrie : un scandale humanitaire

(BRUXELLES2) Au rythme où cela va, la région va imploser non sous le poids des réfugiés… L’augmentation du nombre de personnes qui quittent la Syrie est rapide et s’accélère. « Il y a plus de 2000 personnes qui arrivent chaque jour au moins » s’alarme Johannes Luchner, le chef d’unité “Moyen-Orient” à l’Office européen d’aide humanitaire (ECHO) que B2 a pu interviewé. A ce train-là, le scénario catastrophe des 1,8 de personnes réfugiées risque d’être atteint à la fin de l’année. Et effectivement quand on regarde le graphique, on note une accélération très nette depuis quelques semaines.

Accueillir les réfugiés. La question est où

« Sera-t-il possible d’accueillir tout le monde ? » Rien n’est moins sûr… Officiellement, le Liban accueille ainsi déjà 225.000 réfugiés, la Jordanie 220.000 réfugiés, la Turquie près de 165.000 réfugiés et l’Irak 77.000 réfugiés. Environ 20.000 ont également trouvé asile soit en Egypte, soit en Afrique du Nord (*). A cela il faut ajouter les quelque 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Les organisations internationales apportent une aide à 1,5 millions d’habitants. Mais il faut se préparer à en aider 2,5 millions.

Les frontières des pays voisins se ferment

Cet accroissement des réfugiés cause une « fermeture progressive des frontières des pays voisins » précise l’expert d’ECHO. Coté jordanien, les accès sont déjà fermées aux Palestiniens. Coté turc, la situation varie. Mais la frontière est déjà à moitié fermée (les blessés sont encore accueillis mais pas les déplacés). Au Liban, elle reste ouverte. Mais jusqu’à quand.

Le problème d’accès à l’intérieur du pays : 560 lieux d’hostilités !

Actuellement, il est possible d’accéder aux zones rebelles en Syrie mais uniquement « via les zones contrôlées par le gouvernement », explique le responsable d’ECHO. En fait, par Damas. Ce qui pose d’importants problèmes, tant politiques qu’opérationnels aux organisations de secours. La sécurité n’est pas garantie sur le trajet. Il y a des hostilités recensées dans 560 endroits en Syrie. « Et cela bouge toute les semaines. (Dans ces conditions), trouver des chauffeurs qui acceptent de risquer leur peau, d’aller de Damas à Alep, n’est pas évident. » Côté rebelles, ces camions qui arrivent du côté gouvernemental sont considérés avec suspicion.

La ligne rouge de Damas : l’accès direct aux zones rebelles

Les ONG et les organismes dépendant de l’ONU demandent donc au gouvernement la possibilité d’accéder directement aux zones rebelles, contigues des frontières, par exemple en allant directement de la Turquie vers Alep (*). Mais pour l’instant, c’est une « ligne rouge » de Damas qui refuse. La pression internationale est donc nécessaire. Et au niveau européen, on compte sur une intervention des Russes ou des Chinois, et du Conseil de sécurité pour pouvoir obtenir ce laissez-passer.

Les grandes ONG et organisations de l’ONU ne veulent pas, en effet, entrer sur le territoire syrien sans un accord du gouvernement. Certaines ONG, plus petites, ou qui ont choisi leur camp le font directement. Mais « cela ne suffit pas ». Dans ce type de conflit, « il faut la grosse machinerie du PAM (le programme alimentaire mondial) et du CICR ».

L’aide européenne

L’Union européenne dans son intégralité a déjà fourni plus de 417 millions d’euros d’aide (partagé environ à part égale entre le budget communautaire (200 millions d’euros) et les Etats membres (217 millions d’euros). On se rapproche ainsi du demi milliard d’euros.

(*) L’Europe en accueille très peu et ne semble pas avoir l’intention de le faire. J’avais posé la question à la Commission européenne de savoir si la clause d’accueil humanitaire serait ouverte. La réponse avait été évasive… Les Etats membres ne sont pas chauds.

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Les réfugiés syriens sont bien… ailleurs

(BRUXELLES2 à Luxembourg) L’appel turc à l’Europe pour plus de solidarité avec les réfugiés syriens a sonné un peu dans le vide. Aucun pays ne s’est précipité. La Haute représentante, Catherine Ashton a d’ailleurs botté en touche à la question d’un confrère sur ce sujet, soulignant n’avoir pas reçu d’appel turc de cette nature. Guido Westerwelle, le ministre allemand des Affaires étrangères semble bien l’avoir entendu. Mais ne compte pas vraiment y donner suite, sauf urgence. « L’Allemagne est fondamentalement prête à recevoir les réfugiés, pour des traitements médicaux. Cela doit, cependant, se faire « dans un contexte européen » et « en consultation avec l’Organisation des Nations Unies. » L’accent doit être clairement mis sur la fourniture de secours aux réfugiés sur le terrain. souligne-t-on coté allemand. Un plaidoyer largement repris par ses homologues européens. D’ailleurs les conclusions ne font aucune mention d’un quelconque accueil de réfugiés en Europe. Certes l’Union européenne a officiellement « exprim(é) sa solidarité avec les populations affectées et les pays voisins qui ont accueilli les réfugiés ». Et l’UE continuera de « fournir une assistance et demande à tous les donateurs d’accroître leurs contributions » aux appels de l’ ONU pour le financement de l’aide humanitaire et l’aide aux réfugiés. Mais rien d’autre… Simplement « Compte tenu de la détérioration de la situation humanitaire et de l’approche de l’hiver, l’UE rappelle l’impératif moral d’intensifier l’aide à toutes les populations touchées à travers la Syrie et les pays voisins. » …

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Entre Syrie et Gaza, la situation des réfugiés palestiniens encore plus coincée

Entre Syrie et Gaza, la situation des réfugiés palestiniens encore plus coincée

(BRUXELLES2) «Malheureusement, ce que j’ai à vous dire ne va pas réchauffer l’ambiance de cette assemblée». C’est par ces mots que Filippo Grandi, le directeur de l’Agence de secours et de travail des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a entamé son intervention, devant les eurodéputés, jeudi (6 septembre). Il était venu la dernière fois, il y a un an, présenter sa vision de la situation aux membres de la commission parlementaire des affaires étrangères. «L’habitude des commissaires de l’UNWRA est de parler des causes oubliées» avoue t-il. Et pourtant, aujourd’hui, il pense que la cause palestinienne est encore plus marginalisée qu’elle ne l’était il y a un an. «Les réfugiés palestiniens sont coincés à Gaza et maintenant coincés en Syrie, coincés physiquement et coincés par la situation politique»

Pour les réfugiés palestiniens, «c’est le moment de l’histoire récente où leur situation est la plus stagnante». F. Grandi ne voit rien bouger pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, rien bouger au niveau de la politique interne. Et ce qu’il pense du statut quo ? «Le statut quo : si vous êtes Palestinien, il n’y a pas de statut quo» déclare-t-il devant les eurodéputés.

Son constat est d’autant plus malheureux quand il le contextualise. La région est extrêmement dynamique «de plusieurs manières, positive et tragique ». Il y a un an, il y avait beaucoup d’espoir dû au dynamisme de cette région. Aujourd’hui, la tendance est à l’inquiétude, et notamment avec la Syrie. 

Les Palestiniens toujours coincés à Gaza

« Gaza est déjà une crise oubliée. Le symbole qui montre combien les Palestiniens ne captent plus l’attention internationale ». Aujourd’hui, l’UNWRA a du mal à trouver de quoi financer les produits de premières nécessités alors que «il n’y a pas longtemps, tout le monde voulait nous aider». Selon le directeur de l’agence, les programmes socio-culturels,  ont dû être drastiquement diminuer pour financer l’alimentation notamment. Le rapport «Gaza in 2020», écrit en partie par les experts de l’ONU et donnant des prédictions de la situation à Gaza en 2020, « n’est pas une lecture très joyeuse ». Filippo Grandi fait remarquer aux eurodéputés qu’un jeune Palestinien s’est immolé, il y a quelques jours, et deux autres l’ont suivi. Un acte devenu symbolique dans le monde arabe…

Le blocus de Gaza illégale et contre-productif

Malgré tout, le Printemps Arabe a ouvert de nouveaux horizons. « C’est peut-être maintenant vers l’Egypte qu’il faut regarder pour arriver à des améliorations et à une stabilisation politique» à Gaza. « Mais les deux groupes (le Fatah et le Hamas) qui tirent avantage de la frustration des gens sont de plus en plus influents ». Au demeurant, il faudra, selon lui, faire tomber le blocus avant de pourvoir arriver à une réelle stabilisation. « Le blocus ne va pas assurer la sécurité des pays dans la région, que ce soit Israel ou l’Egypte ». Pour cela, il faudrait que les européens demandent «à ce que le blocus soit levé», conscient qu’il y a bien sûr la question de la sécurité d’Israel qui est également à prendre en compte. « Le blocus est illégal et contre productif » avant d’ajouter «Si le droit international n’est pas respecté, il faut le dire ! » Il faut, selon lui, lever l’embargo petit à petit et augmenter l’aide envers Gaza. Ces deux dernières années, l’UNWRA a entretenu des relations constructives avec Israel en vue de développer quelques projets, notamment pour développer le secteur privé. Economiquement, son discours n’est pas plus jovial. «Il ne faut pas oublier que l’économie de Gaza repose sur le marché noir et les subventions internationales. Ca ne peut continuer très longtemps» explique-il, avant de s’exclamer «Nous aidons 2 millions de personnes !»

Concernant la situation dans le reste des territoires palestiniens, les colonies illégales y compris à Jérusalem Est continuent de s’étendre alors que leur démantèlement ailleurs avance à très petits pas. «Les colons sont de plus en plus agressifs». «Il faut demander à ce que l’Etat de droit soit appliqué » a fermement estimé Grandi. «Il est important d’investir dans des projets dans la Région C (*) et à Jérusalem Est là où les Palestiniens subissent le plus de pression

 La Syrie, dernier enfer en date des Palestiniens

«La Syrie symbolise la vulnérabilité qui touche les Palestiniens depuis des dizaines d’années, vulnérabilité qu’ils partagent bien-sûr avec les Syriens et autres réfugiés aujourd’hui. Les gens ont très très peur. On ne sait pas qui on va rencontrer au coin de la rue». Filippo Grandi explique en effet que la population subit des menaces terribles de la part de tous les groupes, les troupes gouvernementales, les milices pro-gouvernement et les milices anti-gouvernement. «C’est une situation qui n’a pas d’avenir». admet-il. On compte 500.000 Palestiniens en Syrie, particulièrement autour des centres urbains, à Damas et dans les autres grandes villes. «On le sait, ces centres urbains sont au coeur du conflit».

«Avant la guerre civile, la Syrie était l’un des endroits les plus stables pour les Palestiniens.» explique t-il.  Dans la première phase du conflit, ils ont pu rester en dehors de ce dernier, «mais malheureusement le conflit est en train de les rattraper. Nous pensons qu’aujourd’hui la moitié des Palestiniens (250.000) est touchée par le conflit». Touchés par le conflit, c’est à dire par des problèmes de sécurité qui très souvent les obligent à se déplacer. De plus en plus de personnes sont déplacées au sein du pays, dans des endroits plus sûrs, chez des familles dans d’autres régions, dans des bâtiments publics …etc Qui plus est, ce sont souvent ces personnes qui ont le plus besoin d’aide médicale.

En plus de cela, il y a la crise économique en Syrie. La plupart de l’économie syrienne est constituée par ses PME. Et la majorité de celles-ci ferme. A Alep, 75% des PME ferment leurs portes et l’UNWRA ne peut remédier à cette crise qu’en distribuant des biens de premières nécessités.

Irak, Liban, Jordanie, pas beaucoup mieux

Jusqu’à il n’y a pas encore très longtemps, les Palestiniens d’Irak fuyaient vers la Jordanie ou vers la Syrie car la situation là-bas était pour eux particulièrement difficile. Aujourd’hui ils semblent revenir en Irak. Un fait qui donne une idée de la pérennité de la situation des réfugiés palestiniens.

Au Liban et en Jordanie, Grandi ne veut pas se risquer à donner des chiffres sur le nombre de réfugiés. Cependant les Palestiniens, dans les deux pays, constituent un élément très complexe de la situation nationale. C’est pour cette raison que pour l’UNWRA, s’il est nécessaire de soutenir la situation en Syrie, «je vous demande également de soutenir les pays voisins pour qu’ils acceptent le fardeau humanitaire» et que ceux-ci laissent entrer les réfugiés malgré la complexité engrangée.

Le programme de l’UNWRA, plus loin que le conflit syrien

Malgré la crise syrienne, l’UNWRA doit continuer avec son programme «normal» . «Nous sommes sous-financé. Il nous manque 40 milliards d’euros. Une somme très limitée par rapport à ce à quoi vous êtes habitués ici. J’en ai parlé à la Commission. Je sais qu’elle essaye de débloquer des fonds.» Alors que les parlementaires s’apprêtent à voter le nouveau budget, il appelle «les hommes et les femmes politiques», à «vraiment regarder là où il faut agir».

L’aide européenne toujours majoritaire

« Les bailleurs de fonds sont surtout européens ». Sur le milliard disponible par an, l’Union européenne (Etats membres et Commission) fournit plus ou moins 40% et les Etats-Unis entre 20 et 25% de l’aide humanitaire pour les réfugiés palestiniens. Les pays arabes sont eux-aussi présents. L’Arabie Saoudite particulièrement, qui était l’année dernière le troisième plus grand bailleur de fonds. «Ca augmente, mais c’est très imprévisible». Le Brésil aussi, les pays émergents s’impliquent aussi de plus en plus…

Le directeur de l’agence finira sa présentation sur son plus grand regret, celui de constater un tel déficit politique sur la question. «Le Conseil de Sécurité n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des personnes. Ca c’est un déficit politique».

(*) La zone C correspond à une des trois divisions administratives nées des Accords d’Oslo et correspond à 60% du territoire cisjordanien bien qu’elle ne comprenne maintenant que 4%  de la population palestinienne de Cisjordanie.

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Ashton met en garde le Liban sur les expulsions. Le rythme des réfugiés s’accélère

réfugiés syriens au Liban (crédit : UNHCR)

(BRUXELLES2) Catherine Ashton a condamné samedi (4 août) les récentes expulsions de citoyens syriens par les autorités libanaises. “Inquiète“, la Haute représentante pour les Affaires étrangères a  mis en avant le fait que le Liban est un pays signataire de la Convention des Nations-Unies contre la torture, l’interdisant formellement d’extrader toute personne qui pourrait être victime de torture dans son pays d’origine.

«Le Liban doit s’assurer qu’aucune expulsion n’ai lieu en dehors du cadre juridique international, et que des procédures valides et transparentes soient mises en place, en coopération avec toutes les organisations domestiques et internationales compétentes, notamment l’UNHCR » souligne la chef de la diplomatie européenne. L’Union Européenne a d’ailleurs réitéré l’assurance de son aide matérielle et technique dans la gestion de cette crise humanitaire.
500 réfugiés par heure au Liban !

Selon l’Agence des Nations-Unis pour les Réfugiés, le Liban accueillerait en moyenne 500 réfugiés toutes les heures. Venus de Homs, Damas, Dara’a ou Alep, les civils fuient les combats. «La majeure partie sont des femmes et des enfants avec une myriade de besoins et dépendants de de l’aide extérieure.» a fait savoir la porte parole de l’agence des Nations-Unies, Melissa Fleming. Officiellement, au Liban, 33,000 personnes se sont enregistrés et 1700 sont en attente d’enregistrement. Mais la plupart des réfugiés – reconnait-on au niveau international – ne s’enregistre pas à la frontière, poursuivant vers la route de Beyrouth, Saida ou Tripoli sans s’enregistrer auprès des Nations Unis.

La même situation est observée en Turquie où 44.000 Syriens, dont la moitié constituée d’enfants, ont trouvé refuge dans les huit campements construits par Ankara. En Irak, l’UNHCR travaille à le mise en place d’un nouveau camp de réfugiés dans la région d’Al-Qa’im alors que l’agence compte déjà 12,049 réfugiés syriens sur le sol irakien.

En Jordanie , enfin, le tout nouveau campement de Za’atri a accueilli 9.500 personnes pour le seul mois de juillet, dont une très large partie venant des villes de Homs et Dara’a. Le gouvernement jordanien estime à environ 150.000 réfugiés syriens sur son territoire depuis mars 2011. Une antenne chirurgicale française devrait se déployer prochainement à la frontière (lire : Une antenne médico-chirurgicale française déployée à la frontière de la Jordanie).

La communauté humanitaire inquiète

Une initiative saluée par la Commission européenne qui a récemment augmenté son aide, passant à 40 millions d’euros (lire L’Europe double son aide humanitaire en Syrie. Situation critique). “Toute initiative est bienvenue” précise le porte-parole de la commissaire à l’Aide humanitaire, K. Georgieva. “Mais bien sûr pour nous, la question essentielle reste l’accès aux populations civiles à l’intérieur de la Syrie. Nous continuons de demander instamment à toutes les parties de ne pas entraver ou mettre des obstacles à  l’action des travailleurs humanitaires et de respecter le droit international humanitaire.”

Avec les combats qui continuent de s’intensifier autour d’Alep, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays avoisinerait en effet les 1,5 millions à l’heure d’aujourd’hui selon l’UNHCR. Et la secrétaire général adjointe des Nations-Unis aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a, elle aussi, lancé un appel au respect des organisations humanitaires tout en exprimant ses inquiétudes. De «nombreuses personnes ont trouvé refuge dans des écoles ou d’autres bâtiments publics en zone plus sûre. Ils ont immédiatement besoin de nourriture, de matelas et de couverture, de matériel médical et d’eau potable

La dernière carte diffusée par le Département d’Etat US et le UNHCR, télécharger ici

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Une antenne médico-chirurgicale française déployée à la frontière de la Jordanie

(B2) La France va déployer une antenne chirurgicale aérotransportable près de la frontière syro-jordanienne dans les prochains jours pour venir en aide aux victimes des combats en Syrie qui ont passé la frontière – notamment les personnes blessées par balle – ainsi qu’aux réfugiés syriens en Jordanie. « Une mission interministérielle de précurseurs, composée de représentants des ministères de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères », est partie ce matin 7 août – annonce le quai d’Orsay, « afin de procéder à une évaluation des besoins qui permettra d’affiner les modalités de cette aide médicale d’urgence ». Des contacts ont été pris avec les autorités jordaniennes, les représentants du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et les ONG humanitaires intervenant localement pour cela.

(mis à jour 8 août) L’effectif total déployé coté français pour cet hopital de campagne pourrait être de 60 à 80 personnes. Le groupement médico-chirurgical du service de santé des armées comptera « plus d’une vingtaine de professionnels de santé des armées, parmi lesquels des experts en traumatologie afin d’assurer aux victimes des combats un haut niveau de qualité de soins », confirme-t-on du coté de la Défense. « Une trentaine de militaires français interviendra à leurs côtés pour soutenir le dispositif ». Cette aide médicale militaire pourra être complétée et relayée par des moyens civils du ministère de l’Intérieur (sécurité civile…), notamment pour des spécialités permettant de prendre en charge les femmes et les enfants. Une intervention médicale nécessaire selon Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. « Il est de la responsabilité de notre pays d’apporter une assistance concrète et urgente aux victimes des combats et aux réfugiés syriens, au plus près des zones de conflit. »

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23 millions d’Euros pour la Syrie. L’Europe débloque une aide humanitaire d’urgence

Convoi du CICR en route vers Homs, février 2012 (crédit : CICR / SARC / I. Malla)

(BRUXELLES2) La Commission Européenne a en effet adopté, aujourd’hui (vendredi 8 juin), une décision permettant de débloquer une aide humanitaire de 23 millions d’euros “spéciale” pour venir en aide à la population syrienne. Objectif : assurer « une réponse simple et rapide aux besoins les plus urgents de la population syrienne et des réfugiés syriens », comme l’a détaillé à la presse la commissaire en charge de l’aide humanitaire, Kristalina Georgieva.

Répondre aux besoins les plus urgents

« Les produits de base sont chers et l’accès aux services fondamentaux comme l’éducation et la santé devient de plus en plus difficile » commente-t-elle. Les fonds concernés par cette « mesure spéciale » devront donc concerner ces produits et services. Le soutien aux médias, aux activités culturelles et à la société civiles figure également parmi les domaines ciblés.

Le problème de l’accès au terrain

Les fonds seront dirigés vers les organisations déjà sur le terrain et qui « ont accès aux populations les plus vulnérables », comme le Comité International de la Croix Rouge (CICR) en Syrie, ou le Haut Commissariat de l’ONU (UNHCR) pour les réfugiés dans les pays voisins. Selon les dernières estimations de l’ONU, environ 1 million de personnes auraient été déplacées par ce qu’il faut bien appeler un conflit armé, dont plus de 40 000 réfugiés. Si plus de 2000 acteurs humanitaires sont présents en Syrie, ils sont la plupart du temps, à l’exception de la Croix-Rouge, empêchés d’accéder aux régions les populations les plus vulnérables. Il faut donc verser les fonds à des organisations considérées comme neutres par le régime de Bachir El Assad.

Qu’en est-il de l’option militaire pour assurer la sécurité de l’approvisionnement ?

La communauté humanitaire voit cela comme une solution « en dernier recours », « seulement lorsqu’il n’y a pas d’autre accès possible » a expliqué Kristalina Georgieva. Elle évoque les exemples de la Libye ou d’Haïti où c’était nécessaire et où « il a fallu en venir là. »

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