(B2 Pro) Carnet (09.06.2016). EUNAVFOR Atalanta (chef). QG Naples (chef) Renforcer la PESC (Plevneliev). Diplomatie culturelle (UE). Etude d’impact (EDA). Pays-Bas (budget). Substances chimiques (EDA). Capacités spatiales. Libye (stabilisation). Tunisie (aide macro-financière). Voisinage (200 millions). Géorgie (« pays occupé »). Turquie (attentat). Kazasthan (attaque). Kirghizistan (droit de l’Homme). RDC (enquête). Opérations de paix (abus sexuels). Parlement européen (Brexit). Cour de Justice (Application « directive retour »).

(B2) Parus récemment : La plate-forme de soutien aux missions se met en place. Un pis-aller ? Détails… La Commission propose un nouveau pacte sur l’immigration aux pays tiers On recrute dans les missions PSDC Et sur le blog : Anakonda 16. Les « Grosses » manoeuvres sont de retour. Dissuasion ou gesticulation ? © Confidentiels PESC […]

(Crédits: MONUSCO)

Regain de tensions en RDC, l’UE condamne et désigne le M23

(Crédits: MONUSCO)

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(BRUXELLES2) Alors que tous les yeux sont tournés vers la Syrie, les combats reprennent à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Ils opposent les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, aux Forces armées de RDC (FARDC) appuyées par la force d’intervention de l’ONU (MONUSCO). Mercredi 21 et Jeudi 22 août, les combats ont repris à une quinzaine de kilomètre de Goma (Nord-Kivu) entre les Forces armées congolaises et les rebelles du M23. Comme c’est toujours le cas, les acteurs se renvoient la responsabilité.

Des casques bleus inutiles?

Samedi 24, la situation a dégénéré. Des obus, tirés par le M23 se sont abattus sur Goma, faisant 3 morts et déclenchant des émeutes qui ont pris pour cible les casques bleus de la force de l’ONU (MONUSCO). La population les accusent d’être inefficaces pour les protéger des attaques rebelles. Les troupes de l’ONU ont essuyé des jets de pierres et de cocktails Molotov. Ces manifestations ont fait trois morts du coté congolais et sur places certains accusent les casques bleus uruguayens d’avoir ouvert le feu à balles réelles sur la foule. Montevideo s’est empressé dimanche 25 de nier. « Les soldats uruguayens membres des Casques bleus de l’ONU dans l’est de la RDC n’ont pas tiré à balles réelles sur les manifestants » a expliqué un porte-parole militaire uruguayen. Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en RDC a déclaré aujourd’hui, « La Monusco n’est pas responsable de tout ce qui se passe en RDC ».

Vive condamnation de l’UE qui désigne un responsable : le M23

Interrogé par B2 au briefing de la mi-journée, l’un des porte-paroles de la Haute représentante, a , «  condamné avec force la reprise des combats qui ont éclaté le 21 août près de Goma suite à des tirs à l’arme lourde du mouvement M23 sur différents quartiers de Goma […] Ces attaques contre des populations civiles et des troupes de la MONUSCO ne peuvent être tolérées ». Et de rappeler « le besoin urgent pour le M23 et les groupes armés de déposer les armes ». Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères « a pris connaissance avec inquiétude des dernières informations » blâmant aussi « les rebelles du M23 (qui) ont relancé l’offensive ». Il « espère dès lors que la MONUSCO réagira rapidement, afin de neutraliser au plus vite la capacité de nuisance et d’attaque du M23 sur une ville aussi densément peuplée que Goma. »

L’UE campe sur ses positions

L’UE rappelle « l’importance de favoriser une solution politique » et réaffirme son soutien à la force des Nations-Unis. « L’Union européenne continue d’appuyer activement la mise en œuvre des engagements de l’Accord de paix, sécurité et de coopération pour la RDC et la région conclu à Addis en février 2013 sous l’égide du Secrétaire général des Nations Unies. »

Congo : Les experts sont de l’autre coté du fleuve

Dépot d'armes au Camp Kokolo de Kinshasa (crédit: EUSEC/Union européenne)

(BRUXELLES2) Face à l’explosion d’un dépôt de munitions au Congo (Brazzaville), l’Europe a une certaine expérience de la sécurisation d’armements. Inutile de chercher loin… Il suffit de traverser le fleuve, à Kinshasa, en République démocratique du Congo. La mission déployée par l’Union européenne, d’assistance à la sécurité (EUSEC) a entamé un travail en 2011-2012 de sécurisation des armements. « Nous avons cerné deux problématiques : la circulation d’armes. Mais aussi un problème très concret de stockage des armements. Nous avons un réel risque d’explosion » me confiait il y a peu un expert du dossier.à la mission Eusec.

NB : si un tel programme avait été mené au Congo Brazzaville, de l’autre coté du fleuve, peut-être aurait-on pu éviter le pire… Il est remarquable de voir qu’au niveau européen, un cloisonnement continue d’exister entre les missions de défense PeSDC et les autres pans de l’action européenne (développement, protection civile…) malgré l’existence des nouvelles structures mises en place par le Traité de Lisbonne.

Une sécurisation peu couteuse

Ainsi un dispositif de stockage des armements a été mis en place au camp de Kokolo, avec la création de salles de stockage bien séparées, aux accès limitées (avec des portes blindées) et temperées. Coût pour les deux dépôts : 10.000 euros. Ce qui est somme toute minime. Un tel équipement se veut un modèle. « Il ne s’agit pas de faire de la haute technologie. Mais d’avoir des dispositifs facilement reproduisibles ailleurs. » L’accent logistique est d’ailleurs une des priorités définies par les forces armées congolaises, pour l’année 2012, avec l’appui de la mission européenne.

La formation, clé de voûte de la mission EUSEC

Un petit mot supplémentaire sur cette mission qui effectue un travail discret dans un contexte difficile. Le travail important consiste à remettre sur pied les institutions de formation des armées, à tous les niveaux. le projet a démarré en janvier 2010. L’Ecole d’Administration de Kananga a été réhabilitée, comme les locaux destinés à accueillir les stagiaires, les formateurs et leurs familles.

L’Académie Militaire a recommencé à fonctionner, après une fermeture de plus de 15 ans…. Elle devrait former simultanément jusqu’à environ 400 élèves, une situation qui sera normalement atteinte en 2013 quand l’Académie Militaire aura terminé la formation de la 26e promotion et recruté trois contingents de stagiaires. Une partie de l’aide a consisté à assurer la réhabilitation des bâtiments et infrastructures, ainsi que la mise en place de matériel, financées par la Commission Européenne. Mais le gros du travail des Européens a été d’aider à établir le contenu des cursus de formation des élèves officiers, de déterminer le processus de sélection des stagiaires … et des enseignants et de préparer les manuels d’instruction (une mission opérée également avec l’aide d’un programme de partenariat militaire belge pour former les formateurs). Il a fallut démarrer de 0 : du matériel scolaire de base (cahiers, stylos) jusqu’aux manuels.

La formation s’adresse à des sous officiers (sous lieutenant, lieutenant…) qui ont parfois déjà le grade dans l’armée mais n’ont jamais reçu de formation. La moindre des difficultés n’a pas été de parvenir à mêler les différentes origines des stagiaires, a raconté un officier européen à B2 : « Il a fallu trouver un équilibre entre les différentes régions », notamment des provinces de Kasai, de Bandundu et Maniema.

Lire aussi : La MIC déclenchée après les explosions à Brazzaville

Congo : l’avertissement, un peu tardif, de l’UE

(BRUXELLES2) L’Europe va « réévaluer son soutien aux prochaines étapes du processus démocratique congolais ». C’est le sens du communiqué que vient de faire diffuser la Haute représentante au nom de l’Union européenne après la publication (le 16 décembre) par la Cour Suprême de Justice des résultats définitifs des élections présidentielles en RD Congo. Un communiqué un peu tardif puisque c’est aujourd’hui que le président reconnu vainqueur des élections Joseph Kabila a été investi dans ses fonctions ; une cérémonie boudée par les principaux pays européens qui n’étaient représentés que par leur ambassadeur et qui s’est déroulée sous haute protection de la police et de l’armée, comme le rapporte radio Okapi.

Sérieuses préoccupations

L’UE « réitère (en effet) sa préoccupation quant aux déficiences sérieuses et l’absence de transparence dans la compilation et la publication des résultats », rapportées entre autres par la Mission d’observation électorale de l’UE, et qui « affect(e)nt la confiance dans le processus électoral ».

Les recommandations de l’UE

Des leçons doivent être « tirées sans attendre » pour que la compilation des résultats pour les élections législatives « soit faite dans des conditions garantissant transparence et crédibilité ». L’UE encourage ainsi « résolument » la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les autorités congolaises à 1) tenir compte des préoccupations des missions d’observation, 2) à mettre en œuvre leurs recommandations et 3) à s’ouvrir à la coopération avec l’opposition.

La nécessité de justice

L’UE demande aussi que « lumière soit faite sur les violations alléguées des droits de l’homme rapportées dans le contexte électoral » et, « s’il y a lieu, que les responsables soient traduits en justice ». Elle réitère la « première responsabilité des autorités congolaises d’assurer la sécurité des citoyens ».

L’arrêt de la violence

Elle demande à « toutes » les forces politiques de « préserver la paix. Toute action de violence doit être proscrite en même temps que le droit légitime de s’exprimer doit être préservé. » Une position qui peut être aussi entendu comme un message au pouvoir mais aussi à l’opposition, pas inutile alors que l’opposant officiellement battu, Etienne Tshisekedi refuse la sentence de la commission électorale. Il a appelé l’armée à lui obéir et arrêter Joseph Kabila. Des manifestations ont lieu encore à Kinshasa. Et à Bruxelles, le quartier « congolais » de Matongue (à Ixelles), à deux pas du Parlement européen, est le théâtre depuis plusieurs jours à des manifestations à l’appel de partisans de l’opposant Tshisekedi qui dégénèrent assez régulièrement en échaufourées avec la police (*).

Commentaire : on peut se demander comment les Européens vont réagir si la situation dérape dans une situation à l’ivoirienne. Il serait sans doute nécessaire de faire une « planification prudente » des moyens possibles d’intervention plus robustes à la fois en terme diplomatique et d’assistance électorale, voire de nature économique (sanctions), ou militaire, si la situation le nécessitait. On ne pourra pas prétexter pour le Congo la « surprise stratégique » comme cela a été le cas pour le « printemps arabe ». Et il ne serait pas « normal » que l’UE n’y soit pas dûment préparée. Les hésitations et louvoiements que l’on a connus lors de la crise libyenne ne devront plus être de mise.

(*) Au point que le bourgmestre d’Ixelles comme son voisin d’Etterbeek (commune où se trouvent la plupart des institutions européennes) a interdit tout rassemblement de plus de 10 personnes.