En juin à Luxembourg, Jean Asselborn, a trouvé un coin de table, pour rédiger ses dernières notes... (© NGV / B2)

Si l’Autriche ferme ses frontières, la cata ! (Jean Asselborn)

En juin à Luxembourg, Jean Asselborn, a trouvé un coin de table, pour rédiger ses dernières notes... (© NGV / B2)

En juin à Luxembourg, Jean Asselborn, a trouvé un coin de table, pour rédiger ses dernières notes… (© NGV / B2)

(BRUXELLES2) Lundi dernier, le conseil des Affaires étrangères traine sur la fin, nous sommes quelques journalistes autour de Jean (Asselborn), le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. Un des plus fins observateurs de la scène européenne. Et un des vétérans aussi des combats européens. Ca fait assez longtemps qu’il pratique l’Europe sous toutes les coutures. Il en connait nombre de ressorts, de avatars, de trahisons… ou de succès également. Après coup, il raconte à B2 et aux journalistes présents ce qu’il retient de cette présidence européenne que le Luxembourg a assumé (pas trop mal il faut le reconnaitre vu les circonstances).

Une seule chose à retenir de la présidence ?

« La réunion où on a décidé relocalisation à la majorité qualifiée. Heureusement la Pologne n’avait pas le gouvernement actuel. On tremblait, ce n’était pas évident. Si la Pologne avait hésité, cela aurait eu un effet domino. »

Ce qui vous a marqué ?

« Durant cette période, j’ai vu aussi énormément de misères, de souffrances en Grèce, à Lesbos, en Italie à Lampedusa. Je vois toujours une quarantaine de Soudanais ou d’Erythréens, qui s’étaient brûlés les doigts pour éviter qu’on leur prenne leurs empreintes digitales. Et ces fils de fers, où derrière il y avait les hommes, les enfants, les familles. C’étaient des images impressionnantes.  »

Comment vous voyez la crise actuelle des migrations et des réfugiés ?

« Si cette pression n’est pas maitrisée, ce sera la catastrophe. Les Autrichiens nous disent : on va fermer. S’ils ferment, c’est grave, en amont » (NB : coté allemand ou hongrois) comme en aval (Croatie, Slovénie, Balkans).

Pas rassurant. C’est la zone Schengen qui peut exploser …

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde)