Pologne

Wanted : 2 sections de protection pour EUTM Mali (Maj2)

(BRUXELLES2 exclusif) L’apparente satisfaction au sein de la mission EUTM Mali cache mal une certaine inquiétude dans les milieux européens : il manque encore 2 sections (ou pelotons *) de protection (soit entre 60 militaires !) pour la mission européenne qui va assurer la formation de l’armée malienne. Si la protection est assurée sur Bamako, avec une section tchèque d’une trentaine d’hommes ; sur Koulikoro il n’y a pour l’instant qu’une seule section de fournie (par les Espagnols) sur les quatre nécessaires. Mais ceux-ci réfléchissent à l’hypothèse d’en fournir une seconde.  4 – 1 – 1 = 2. C’est mathématique. Parmi les Etats membres, il y a une certitude : la France comblera ce manque. Elle a déjà des hommes sur place. C’est « Non » répond-t-on côté français. Un diplomate l’a encore confirmé aujourd’hui. « On a pu trop attentivement déduire que la France fournirait les manques ». Mais la situation n’est pas la même qu’il y a 15 jours. « Nous sommes très lourdement engagés sur le terrain, les combats s’intensifient. Et toutes les forces sont nécessaires ».

Des combats rudes sur place, les forces françaises nécessaires, un ordre venu de l’Elysée

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian l’a confirmé ce matin dans une interview à nos confrères d’Europe1. « Nous avons fait une grande partie du travail (NB : 70% du travail selon le chef d’Etat-Major malien). Il n’est pas complètement fini. Et c’est la dernière partie qui est la plus dure » « Les combattants sont pratiquement face-à-face, ils se voient, et donc c’est à portée d’hommes, ça se passe au sol dans des conditions extrêmement dures ». Les pertes sont rudes : 4 morts français, une trentaine de Tchadiens et plusieurs dizaines de blessés, dont plusieurs gravement ont été rapatriés en France. Le message français aux Européens est donc clair : « il faut un partage de charges ». Et, selon nos informations, l’ordre viendrait du plus haut niveau de l’Etat. Aux Européens de fournir, estime-t-on à l’Elysée…

Travaux à effectuer sur place

Tous les regards se tournent vers la Belgique qui est déjà très engagée dans la mission EUTM Mali en fournissant deux hélicoptères. Sur le principe la décision est acquise. « Le gouvernement a décidé de participer à la mission de protection » a ainsi affirmé le ministre de la Défense, Pieter de Crem, devant la chambre des députés mercredi (6 mars). Mais il y a mis une condition. « Nous sommes allés sur place pour évaluer la sécurité du camp où nos hommes seraient en poste et avons immédiatement décidé que les garanties de sécurité étaient insuffisantes pour permettre à nos militaires de réaliser leur travail dans les meilleures conditions. « Le camp où les cours devraient être dispensés est un endroit semi-ouvert encaissé entre des parois rocheuses, ce qui n’est pas propice à sa sécurisation. (…) Si nous déployons des militaires pour protéger des troupes, ils doivent également être suffisamment protégés. » La mission EUTM Mali doit effectuer certains aménagements. Ce n’est qu’une fois « la Mission de formation de l’Union européenne (aura) déclaré que les conditions de sécurité sont remplies pour envoyer un détachement de protection » que la Belgique pourra se prononcer. « Une nouvelle proposition sera alors soumise au conseil des ministres. » NB : cette condition est également nécessaire pour le déploiement des hélicoptères belges au soutien médical. Le transfert de commandement devant se faire à la mi-mars.

D’autres pays

Les discussions ont donc lieu avec d’autres pays. L’Espagne a été sollicitée afin d’augmenter son contingent. Ce qui aurait l’avantage d’une certaine cohésion de la force protection. L’objectif des responsables de la mission était de n’avoir qu’un pays pour la “force protection” afin de garder une certaine cohésion, et d’éviter une dispersion ou tout problème de commandement. Ce principe pourrait ne pas être tenu

Commentaire : un peu de constance messieurs, dames !

On peut être tout de même consterné du manque de volontarisme des Européens pour cette mission. La plupart des pays sont prêts à envoyer des centaines voire des milliers d’hommes en Afghanistan, pour une mission parfois inutile. Mais pour trouver 60 à 90 hommes au Mali, destinés à garder une structure, dans une mission de formation décidée en commun et dont tout le monde loue l’utilité et la nécessité, il n’y a personne ou presque… Il y a tout de même un léger problème !

Cela n’empêche nullement certains pays d’être très demandeurs de postes. La Finlande et la Pologne ont ainsi soutenu la candidature d’un des leurs au poste de représentant spécial de l’UE pour le Sahel. Il est vrai que la position est plus enviable, plus calme, très stratégique sans oublier le salaire (suffisant ;-) qui est, du reste, payé sur le budget de l’Union européenne. Où est la logique ? Il y a une certaine contradiction à vouloir assumer des postes de premier plan, dans une région au niveau européen, tout en n’assumant pas sur place le minimum des engagements européens pris à 27.

Serait-ce le risque potentiel (limité tout de même à Koulikouro) ou les difficultés rencontrées dans le nord Mali actuellement qui rend prudent ? Je citerai le général Lecointre, qui commande la mission EUTM Mali : « Je serai horrifié que les Etats membres soutiennent moins l’action de l’Union européenne au prétexte qu’il y a des morts français. Le sacrifice français et tchadien doit être un aiguillon pour s’investir. Ce d’autant que la mission n’aura aucun rôle de combat direct » et qu’elle se situe loin de ceux-ci…

(*) La terminologie varie selon les armées et les pays

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Participation polonaise confirmée à EUTM Mali

(BRUXELLES2) Le Président polonais, Bronislaw Komorowski, a signé jeudi (7 Février) le “décret” approuvant l’envoi d’un contingent militaire polonais pour la mission de formation européenne de l’armée malienne (EUTM Mali). Jusqu’à 20 militaires polonais pourront ainsi être engagés pour la formation “logistique et génie” des forces armées maliennes, ce jusqu’au 31 décembre (le renouvellement de l’autorisation d’emploi devra être sollicité avant la fin de l’année).

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EUTM Mali. Les volontaires et les planqués !

EUTM Mali. Les volontaires et les planqués !

(BRUXELLES2, exclusif) La première conférence de génération de forces pour le déploiement de la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) n’a pas été un échec. Loin de là. De nombreux Etats membres ont fait des propositions intéressantes. Et pas seulement les “habitués” des missions européennes…

Tous… ou presque : l’est, le sud, le nord ont répondu présent !

Les pays d’Europe de l’Est ont ainsi quasiment tous fait une proposition. La république Tchèque, la Hongrie, la Roumanie comme la Pologne ou la Slovénie étaient du nombre. Les Roumains ont d’ailleurs averti qu’ils avaient commencé à sélectionner des officiers francophones. Les “petits” pays (Luxembourg, Chypre, Lituanie, Lettonie, Estonie) ont aussi répondu présent, proposant qui un, qui deux officiers, voire plusieurs (l’Estonie). Les pays nordiques – Finlande, Suède + Norvège (qui n’est pas membre de l’UE) – ont fait une proposition groupée. Ce qui est intelligent. L’Irlande, pays neutre, déjà bien engagée dans la mission EUTM Somalie, a tenu à proposer une équipe (présidence de l’UE oblige). Idem pour la Grèce et le Portugal, aux prises avec des coupes budgétaires drastiques. Plusieurs pays (Espagne, Pologne, Royaume-Uni) ont augmenté leur effectif par rapport à leur première proposition et l’Allemagne malgré la réserve constitutionnelle a fait une première proposition. Il n’y avait ainsi que très peu d’absents dans ce premier tour…

La Belgique “absente” : un pataquès gouvernemental ?

Quelques pays cependant n’ont fait pour l’instant aucune proposition officielle notamment la Belgique. Ce qui est étonnant quand on connait la propension belge à participer à ce type de missions. Apparemment il s’agirait plutôt d’un petit problème de “tuyauterie gouvernementale”. Le soutien logistique à l’opération Serval a été fait très rapidement, par Pieter de Crem, le ministre de la Défense. Trop rapidement apparemment même. Car certains ministères n’ont pas été mis dans la boucle. Il se murmure que Reynders serait un peu fâché de l’impétuosité de De Crem. Mais le coup de “calcaire” digéré,  cela devrait rentrer dans l’ordre…

Les Pays-Bas : beaux parleurs mais radins

Autre absent : les Pays-Bas. Un pays qui « pinaille sur tous les détails mais ne propose pas grand chose » précise un expert du dossier. Apparemment la Haye ne se sent pas très concerné par le Sahel. Le directeur de Centre for Strategic Studies néerlandais, Rob de Wijk s’en inquiétait d’ailleurs, vendredi. « Plus que l’Irak et l’Afghanistan, le Mali représentait un « testcase » pour l’Europe, écrit-il dans le quotidien Trouw vendredi. « Dans le Sahel, la situation est grave et déstabilise réellement l’ensemble de l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Ce qui a des implications majeures pour la sécurité de l’Europe. Les Français l’ont bien compris. »

Les “slots” formation et Etat Major en passe d’être remplis

Au résultat, selon une première évaluation, la plupart des fonctions à l’Etat-Major semblent remplies. Et nombre de “slots” d’équipes de formation ont, face à eux, une proposition voire plusieurs. Le problème est d’ajuster maintenant les propositions aux besoins… Le problème reste dans deux domaines essentiellement : la “force protection”, le soutien médical (role 2) et l’évacuation médicale. On frise là le ridicule.

La Force une question d’essence de la mission

La “force protection” c’est environ 165 hommes, selon mes informations. Et aucun Etat n’a osé encore faire des propositions (mis à part une petite proposition polonaise de détection des explosifs improvisés IED). Chacun se réfugiant derrière la France. Or si l’hexagone a fait une proposition de 90 hommes (formateurs et Etat-Major), il n’entend pas assumer la “force protection”, estimant être déjà bien engagé sur place. C’est aussi une question de visibilité. S’il y a mission européenne, elle doit être protégée par des Européens et pas par des Français qui auront juste ajouté un badge bleu à leurs tenues kakis. Les Européens doivent être visibles. C’est une question d’essence même de la mission, de solidarité opérationnelle et de politique. Sinon on aura beau jeu de dénoncer une “opération française”.

Les Weimar + jouent les vierges effarouchées

Aucun des Weimar (Allemagne, Pologne, Espagne, Italie…) n’a fait de proposition vraiment ambitieuse. Il y a des (bonnes) raisons politiques pour cela : les élections en Italie et bientôt en Allemagne, la crise en Italie et en Espagne, la restructuration des armées en cours en Pologne et en Allemagne, l’obligation d’obtenir au préalable l’autorisation du Parlement en Allemagne, et les restrictions budgétaires partout. C’est sur. Les Espagnols ont été sollicités, selon mes informations, les Polonais également. Mais ce pourraient être également les Italiens. L’Espagne comme l’Italie ont en effet posé candidature pour le poste de numéro 2 de la mission. Et il est de tradition – comme l’a rappelé à B2 un officier impliqué dans le dispositif – que « le poste de numéro deux de la mission aille à celui qui fait une proposition décisive ».

L’Allemagne en mode mineur

On est surtout frappé par le très faible engagement de Berlin en hommes : 40 selon la première proposition. Soit pas plus que Madrid ! C’est bien bien faible pour une Nation qui prétend jouer une rôle de premier plan en Europe, qui a engagé en Afghanistan près de 4000 hommes, était déjà présent au Mali pour entraîner les forces maliennes (avant le coup d’Etat) et n’a pas vraiment de difficultés budgétaires (du moins largement moins que l’Espagne ou l’Italie). Déjà pour le soutien à l’opération Serval, les Allemands avaient fait le “service minimum”, proposant juste 2 Transall C160 (*), soit moins que les Belges ! qui ont proposé en plus des hélicoptères. Un spécialiste européen que j’ai consulté n’est pas très étonné par cette timidité allemande. « Déjà quand on discutait des risques au Sahel, il y a quelques années, un spécialiste du BND (les services de renseignement allemands) était venu nous expliquer que, après tout, dans le Sahel, ce n’était pas une question de terrorisme, mais juste du grand banditisme ». Pour un gouvernement qui prétend jouer un rôle de premier plan en Europe (prônant l’Union politique) et même en Afrique (2e exportateur de l’UE après la France à laquelle elle pourrait ravir la première place), il y a plus qu’un problème…

Un faible engagement incompréhensible et illisible

Cette timidité est d’autant plus incompréhensible… que le soutien politique à l’opération française Serval et à la mission EUTM est affirmé et maintes fois répété. Il n’y a pas sur ce sujet de grandes dissensions politiques contrairement à d’autres (Libye, Syrie, Palestine…). Et que le risque opérationnel est tout de même “mesuré”. Le risque de cette “force protection” est ainsi largement atténué depuis l’intervention française. Car il y a nombre de soldats disponibles, de forces de réserves opérationnelles le cas échéant s’il y a un problème. De plus, le camp concerné n’est plus en première ligne, à Markala, mais à Koulikoro, beaucoup plus proche de Bamako, et plus facilement sécurisable. Quant à l’absence de proposition sur le rôle 2, elle est encore plus incompréhensible. Apporter du soutien médical est quand même on ne peut plus “soft”. De plus certains pays, comme l’Allemagne ou l’Italie se sont fait une spécialité de ce type de capacité. L’Italie particulièrement, a développé un projet au sein de l’Agence européenne de défense et a un candidat pour le numéro 2 de la mission, aurait dû se positionner sur ce poste.

Une question de logique

Cette absence d’engagement déterminé n’est pas anormale. Mais à mettre en résonance avec les précédentes déclarations des uns et des autres, on se demandera vraiment où est l’Europe ? Et si l’engagement européen des Weimar + n’est pas juste du vent, destiné à amuser la galerie ? Si, mardi prochain, lors de la génération de force, les “Weimar +” n’arrivent pas avec une proposition structurée, voire commune comme l’ont fait les Nordiques, pour le soutien médical et la force protection, effectivement on pourra se poser une question de à quoi servent les armées européennes et les grandes déclarations politiques….

A suivre sur Le Club de B2 : davantage de détails sur les propositions des Etats membres

(*) C’est la proposition officielle. L’aviation de transport allemande est, en effet, en pool avec l’aviation française. Et certains mouvements, par exemple, sur le sol européen ou même africain ne requièrent normalement pas d’autorisation du niveau politique tant qu’elle entre dans les règles prédéfinies – pas d’engagement dans une zone de combat notamment.
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1914-1918 une vieille histoire pas encore tout à fait commune

1914-1918 une vieille histoire pas encore tout à fait commune

Les deux guerres 1914-18 et 1939-1945 recèlent d’histoires méconnues. Ici les soldats russes arrivent à Marseille en 1914 (Crédit : ECPAD, ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) Le ministre délégué à la Défense et des anciens combattants, Kader Arif, était donc hier à Bruxelles pour rencontrer son homologue belge et diverses personnalités, comme l’ancien ministre (socialiste) de la Défense, A. Flahaut, européen convaincu et aujourd’hui président de la Chambre des députés.

Le ministre français est chargé notamment de préparer l’anniversaire du centenaire de la guerre 1914-1918 comme des 70 ans de la fin de la 2e guerre mondiale. Il a entamé des discussions avec nombre de partenaires européens. Inutile de dire que la tâche pour fédérer les histoires si diverses et contradictoires, même des dizaines d’années après, ne va pas de soi. Certaines dates n’ont pas la même signification partout. La fin de la guerre de 1918 signifie partout la fin de la guerre, la défaite et la victoire, mais aussi parfois le démantèlement d’un Etat, voire la fin d’une ère (pour l’Autriche), ou la création d’autres. Les évènements restent douloureux dans les mémoires des peuples.

Les deux célébrations n’ont pas la même signification. La guerre 14-18 serait plutôt l’occasion de sceller un continent, aux histoires différentes, réconcilié. « On ne va célébrer la déclaration de la guerre. Mais je pense que le 1er août on pourrait rendre hommage aux premiers soldats tombés, le caporal Peugeot (français) et le lieutenant Meyer (allemand) ». La célébration de 1945 est aussi un des derniers moments de recueillir des témoignages vivants. « Nous avons encore une mémoire de chair ». Il s’agit aussi au niveau français de célébrer la « notion d’appartenance à la nation » et de rendre hommage à ceux qui sont venus donner un coup de main et sont morts sur le continent : les néozélandais, les australiens, les africains… Le ministre voudrait ainsi célébrer la libération de la Corse (entre septembre et octobre 1943) à la fois par les « résistants corses mais aussi par les goumiers marocains ».

Et pourquoi pas un sommet européen à Sarajevo…

Pour l’instant on ne peut pas dire qu’une idée forte se dégage. Et pourtant il y aurait de quoi. Un sommet européen le 28 juin 2014, à Sarajevo par exemple, 100 ans après l’assassinat de l’archiduc qui plongea le continent dans plusieurs guerres (car il n’y eu pas une) sans merci, aurait une signification hautement symbolique, d’autant qu’elle surviendrait au terme d’une campagne électorale européenne, et à la veille d’un renouvellement de toutes les institutions.

Les histoires croisées

Il serait aussi intéressant de se remémorer ces histoires croisées, souvent oubliées coté français. Français et Britanniques organisèrent alors l’exfiltration de plusieurs milliers de soldats polonais – soit par les pays Baltes, soit par les Balkans -. Ils furent très vite réincoporés, servant en unités constituées, dès 1940. Certaines combattirent en Scandinavie, d’autres en France, voire au Moyen-Orient (la brigade des Carpates). Le 17 juin 1940 alors que Pétain a signé l’armistice, le général Sikorski refuse les ordres, de son mentor français, le général Denain, de replier ses unités sur Libourne et donne l’ordre aux troupes polonaises présentes sur l’hexagone, de tenter de passer en Angleterre pour continuer le combat. Idem au Moyen-Orient où le général Kopanski refuse l’ordre de désarmement du général Weygand et passe en Palestine… britannique avec armes et bagages.

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La Pologne s’engage concrètement dans l’opération au Mali

François Hollande et Donald Tusk (le PM polonais) pour la traditionnelle photo sur le perron l’Elysée (Crédit : Présidence de la République)

(BRUXELLES2) Reçu à l’Elysée, ce lundi (28 janvier), le Premier ministre polonais Donald Tusk a tenu à souligner combien la Pologne soutient clairement la mission de la France au Mali « depuis le début ». « Ce n’est pas uniquement un geste de solidarité par rapport à notre allié, ceci vient de notre conviction profonde après analyse de la situation sur le continent africain en entier, en particulier en ce qui concerne l’Afrique du nord. La stabilité de cette région est dans l’intérêt de l’Europe et de tout le monde. »

Participation de 20 instructeurs

Le cabinet (gouvernement) doit se réunir demain (mardi 29 janvier) à Varsovie pour décider de la participation d’instructeurs polonais à la mission de l’UE de formation de l’armée malienne. La Pologne devrait ainsi annoncer la participation d’une vingtaine d’instructeurs pour EUTM Mali. Soit plus que ce qui avait été annoncé dans un premier temps (une dizaine). Une décision devrait aussi être prise pour assurer un « soutien organisationnel et logistique » aux opérations en cours, comme l’opération Serval, assure-t-on à Varsovie.

Possibilité de livraison d’armes

Le Premier ministre polonais a ainsi évoqué clairement lors de la conférence de presse, la possibilité de livraison d’armes ou d’équipements. « Si le besoin se présente en ce qui concerne l’armement, si la Pologne peut aider au niveau du matériel, nous sommes à disposition. C’est le Ministre de la Défense qui va discuter des détails. » « Nous sommes en mesure de réagir rapidement pour certains détails de notre côté, il n’y aura pas de retard en ce qui concerne cette aide » a-t-il assuré.

Sommet Weimar-Visegrad à Varsovie

Plus généralement évoqué les questions de défense, un « sujet important sujet principal de la conversation avec le président français » ainsi que la réunion commune du groupe de Visegrad et de Weimar qui aura lieu le 6 mars prochain, à Varsovie. Thème de cette réunion au sommet – à laquelle devraient participer le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel – : “l’avenir de l’Europe, et travaille à la défense de l’Europe.”

Mais il n’y avait pas que la défense au menu de cette rencontre

Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de soutenir la politique agricole commune et les mécanismes de la politique de cohésion comme « nécessaires pour prévenir la crise » ainsi que l’a expliqué D. Tusk. Ils affichent également pour la réunion du Conseil européen à Bruxelles, en février, une volonté commune de maintenir le niveau le plus élevé possible de ces politiques. « Toute modification ne doit pas se faire au détriment de la politique de cohésion ou la politique agricole commune » ont-ils souligné de concert.

Lire aussi :

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Les Polonais participeront… finalement !

(BRUXELLES2) C’est dans l’intérêt de la Pologne et il s’agit de renforcer la politique européenne de sécurité et de défense commune. C’est en ces termes que R. Sikorski, le ministre polonais des Affaires étrangères, vient de confirmer à Varsovie que la Pologne participerait à la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali). Selon nos informations, la Pologne pourrait ainsi fournir en plus de sa contribution financière (via le budget Athena), une dizaine d’officiers et de soldats. La Pologne était un des seuls pays membres de “Weimar” à ne pas avoir confirmer, de façon expressive ou intuitive, sa participation à EUTM Mali. Même d’un point de vue symbolique. Apparemment, la voix de la raison politique a parlé plus que de la passion militaire…

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La Pologne apporte un soutien du bout d’une lèvre à l’action de la France au Mali

La carte des implantations des instituts polonais dans le monde – lors de la journée portes ouvertes au ministère des Affaires étrangères à Varsovie – montre la limite de la vision mondiale de la Pologne (crédit : MSZ Ministère polonais des Affaires étrangères)

(BRUXELLES2) Première fausse note européenne, venue de Varsovie. Dans un communiqué publié samedi (12 janvier), Marcin Bosacki, le porte-parole du ministère des affaires étrangères a exprimé sa « profonde préoccupation par rapport à l’escalade des opérations militaires, commencés par les groupes radicaux rebelles dans le nord Mali. Ces développements comportent le risque de continuer à déstabiliser la région toute entière » précise-t-il avant d’ajouter la position polonaise.

Coopération internationale plutôt qu’action militaire ?

« La Pologne défend une coopération internationale active pour restaurer la stabilité du Mali, en ligne avec la position exprimée par l’Union européenne et dans l’esprit des décisions prises par les Nations-Unies et l’Union africaine. » Il juge que « l’aide bilatérale de la France pour les autorités de Bamako aussi compréhensible ». Comprendre… Le soutien est bien faible !

Afin de faire bonne mesure, le porte-parole condamne ensuite « fermement les mesures prises par les groupes terroristes internationaux guidés par l’extrémisme religieux qui déstabilisent la région. » Et de conclure par un « appel aux autorités maliennes d’accélérer les travaux sur la feuille de route décrivant les étapes menant à la restauration de l’ordre constitutionnel dans ce pays ».

Première analyse : réserve conjoncturelle (le week-end) ou plus profonde

La Pologne marque ainsi une certaine réserve par rapport à l’action militaire de la France qui n’est pas sans rappeler la réserve allemande (mais aussi polonaise) lors de l’intervention de l’OTAN en Libye. Réserve qui n’est pas inopinée. On remarquera que la Pologne reste très floue depuis plusieurs mois sur son engagement concret dans l’opération européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

Maintenant il faudra voir si cette position passera le week-end. Et si elle ne suscitera pas une correction du côté notamment du Premier ministre Donald Tusk. Il ne faut pas oublier que la Pologne est non seulement membre du triangle (à 5) de Weimar (ca détonne !) mais que d’autres négociations sont en jeu (cadre financier notamment, nominations futurs). Un couac “répété” pourrait ternir les bonnes relations entre Paris et Varsovie et se retourner à terme contre cette dernière. Paris étant dans cette opération soutenue par la plupart des “grands” pays européens (et les USA).

Il ne faut cependant pas nier une certaine méfiance, voire une certaine irritation, depuis plusieurs mois, des diplomaties de plusieurs pays européens envers l’avant-gardisme (pour ne pas dire l’aventurisme) de la France sur le Mali. Varsovie n’est pas, en l’occurrence, isolé. Certains diplomates estiment que l’engagement européen dans EUTM Mali ressort davantage d’une position due au passé de la France qu’à une réelle menace et s’y engagent à reculons…

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Fabius défend la relance de la défense européenne. Une priorité pour la France

(BRUXELLES2) Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, n’y est pas allé par quatre chemins, à Varsovie. Planchant devant les ambassadeurs polonais, jeudi (26 juillet), il a consacré son speech à la politique européenne de sécurité et défense commune (PeSDC). Enonçant ce qui fonctionnait, ce qui ne fonctionnait pas, les frustrations et les espoirs, le rôle spécifique de l’UE par rapport à l’OTAN, il a tracé le cadre stratégique de cette”défense européenne”. C’est une « condition de notre autonomie stratégique, indispensable pour que l’Union européenne continue d’influer positivement, sur les affaires du monde » et un « défi majeur dans la compétition industrielle et économique globale », a-t-il énoncé.

Objectif : recoller les morceaux

Après le passage de son collègue de la Défense à Varsovie, c’est ainsi en quelques jours, le ministre des Affaires étrangères enfonce ainsi le clou. La France est de retour sur la défense européenne. On se rappelle, en effet, combien les Polonais avaient été déçus de ne pas voir vraiment repris et soutenu par leurs autres partenaires, leur volonté de relance de la défense européenne, sous leur présidence (au 2e semestre 2011). Ils prévoyaient d’en faire une des priorités de leur présidence mais avaient alors dû y renoncer pour différentes raisons. Le tropisme franco-britannique de l’époque n’y était pas pour rien… Et les Polonais en gardaient une certaine amertume. Il était donc urgent de recoller les morceaux entre Paris et Varsovie sur ce sujet.

La politique européenne de défense : des avancées contrastées

En dix ans d’existence (et d’absence du pouvoir pour Laurent Fabius) la politique européenne de défense a « beaucoup évolué ». Elle s’est « profondément transformée et de façon assez contrastée ». Il y a eu des « avancées », note le ministre mentionnant le déploiement de plus de vingt missions civiles et militaires qui ont « démontré la pertinence de cette ambition et la capacité diplomatique et militaire des Européens, et notre capacité collective à nous mobiliser pour la paix et la sécurité dans le monde ». Cependant il y a eu « pas mal de frustrations ».

Ne pas céder à la résignation du tout – Otan

Le traité de Lisbonne reste « largement inexploité dans le domaine de la Politique de sécurité et de défense commune ». Ce n’est pas tellement une question de manque de leadership, mais il y a une « sorte de résignation » constate le Ministre. « Dans plusieurs capitales, l’OTAN à laquelle nous appartenons, apparaît comme la seule en mesure d’apporter une réponse militaire à la gestion des crises, alors que l’Union européenne, elle, devrait se contenter uniquement de la gestion civile ». Un point de vue que réfute le ministre et l’ensemble du gouvernement. « Cet état d’esprit n’est pas celui du gouvernement français actuel. Nous souhaitons, nous, Français, (…) une relance de la défense européenne. » Si « l’OTAN continuera bien sûr d’être un pilier majeur de la sécurité et de la défense de l’Europe » affirme-t-il, « la sécurité et la défense de l’Europe « ne peuvent se résumer (à l’OTAN) »

L’objectif est tracé : l’autonomie stratégique

les Européens doivent se fixer comme « objectif d’assumer pleinement leurs responsabilités en matière de sécurité internationale, sur l’ensemble du spectre. nous devons pouvoir agir de manière autonome dans des situations où nos intérêts propres sont en jeu, et notamment dans des situations où les Américains, qui sont nos amis et nos alliés, ne souhaiteront pas intervenir ». Une nécessité d’autant plus actuelle à l’heure où les Américains réorientent leurs priorités vers l’Asie-Pacifique. La conséquence est immédiate. « Les Européens doivent prendre des responsabilités plus grandes dans le domaine de leur propre sécurité ».

Un enjeu économique

L’enjeu n’est pas que stratégique. Il est aussi industriel et économique. Un débat qui Se « limiter à renforcer l’Alliance atlantique aspirera l’essentiel des dépenses des Européens dans le domaine de la sécurité et de la défense. (…) cela se ferait en outre au bénéfice des seules chaînes de production américaines. » Il y a donc « clairement, pour nous, Européens, un enjeu de préservation, non seulement de notre autonomie stratégique et militaire, mais aussi de notre industrie et de nos emplois ».

Une feuille de route…

Laurent Fabius établit une sorte de feuille de route. Le renforcement des capacités européennes pour mener ces opérations est « essentiel » et il doit se faire « d’abord » dans un cadre proprement européen, explique-t-il. La coopération est « la seule solution viable » si l’on veut limiter la réduction des budgets de défense. La dynamique de mutualisation et de partage capacitaire (pooling and sharing) engagée au sein de l’Union européenne n’a eu pour l’instant que « des résultats limités » et doit être « amplifiée et porter sur des projets structurants ». Le « renforcement de nos industries de défense » est essentiel ajoute-t-il citant deux industriels l’Européen EADS et le Polonais Bumar. Et l’Agence européenne de défense doit « davantage » être utilisée.

Dans ce contexte les autres initiatives comme la « défense intelligente » – Smart Defence – menée à l’OTAN « peuvent apporter des solutions intéressantes ». Mais avertit-il, le « développement des capacités de l’OTAN ne doit pas aspirer la totalité des moyens qui sont limités ». (*).

Le quartier-général européen : une perspective et non plus une condition

Il faudra ensuite passer à la « création d’un quartier-général ». Mais dans un second temps. Le ministre parle davantage d’une « perspective légitime », précisant que les Français n’y sont « pas fermés » « Dès que nous aurons progressé sur les opérations et les capacités, il apparaîtra nécessaire de renforcer nos outils de planification et de conduite de ces opérations ». NB : ce qui est la révélation d’un certain blocage précédent au nom de l’amitié franco-britannique que nous avions évoqué précédemment sur ce blog sans que cela soit confirmé officiellement). 

La coopération structurée permanente : pourquoi pas

Quant à la coopération structurée permanente, souhaitée par les Polonais, « c’est une piste que nous étudierons avec beaucoup d’intérêt dans le cadre de la réflexion que nous avons engagée sur les questions de défense » reconnait le ministre. NB : on remarque la prudence du Ministre, bien compréhensible, tant les réticences à Paris ont été nombreuses sur cette coopération structurée permanente.

Des initiatives à venir…

A l’image de l’hymne polonais qui mentionne “Bonaparte nous a montré comment se battre et vaincre”, le ministre souligne que La France et la Pologne doivent « montrer ensemble le chemin à l’Europe pour nous unir et pour renforcer la défense européenne ». Et il a promis, pour conclure. « La France prendra dans les mois qui viennent des initiatives pour relancer le travail autour de la défense et de la sécurité européennes. » On attend…

(*) NB : Un point qui a suscité un débat, discret mais intense entre les Alliés avant le sommet de Chicago, opposant les Français à la plupart de leurs autres alliés sur le renforcement des capacités de l’Alliance et le financement commun

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