Police

Interpol aux Seychelles pour former la police à de nouvelles techniques anti-pirates

Pour les différentes polices des pays d’Afrique de l’Est, la piraterie maritime moderne est un phénomène nouveau qu’elles ne sont pas prêtes à combattre. Interpol va donc mener un programme, essentiellement aux Seychelles, destiné à doter les forces de police locales de moyens d’identification, de capacités d’analyse et d’investigation criminelle. Ce programme d’une durée de 20 mois est financé par la Commission européenne qui a mis sur la table 1,6 millions d’euros.

Les officiers d’Interpol vont ainsi tout d’abord assurer la fourniture et la mise en place, dans l’archipel de l’Océan indien, d’un système automatique d’identification d’empreintes digitales (AFIS) au bureau de soutien scientifique de la police seychelloise, donnant ainsi la possibilité de pouvoir partager les ressources au niveau international. Autre projet concret: une formation pour les enquêteurs de police d’une durée de 12 mois, avec les compétences clés pour l’investigation, et des spécialités telles les drogues et la fraude.

A noter qu’Interpol vient de terminer une formation courte d’une semaine en matière d’analyse de renseignements pour 25 officiers des Seychelles et de Maurice, financé par l’UNODC (l’organisation des Nations-Unies pour la lutte contre la criminalité).

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La nouvelle mission néerlandaise en Afghanistan approuvée

Le gouvernement néerlandais a finalement trouvé l’appui des petits partis D666, GroenLinks et Union chrétienne nécessaire à l’envoi d’une nouvelle mission en Afghanistan, plus centrée sur la formation des policiers. La mission a été approuvée à quelques voix par cette majorité de circonstance (76 pour, 69 contre).

Il a donné plusieurs garanties, qui sont plus politiques qu’opérationnelles, pour faire taire les critiques : 1° selon une lettre envoyée au Parlement, il a ainsi assuré que la mission aura un caractère « purement civile » ; 2° les agents formés en Afghanistan ne seront pas déployés par l’armée afghane dans la lutte contre les talibans. Le Premier ministre Rutte en a obtenu « l’assurance absolue » du gouvernement afghan ; 3° La formation dispensée par les Néerlandais au sein de l’OTAN sera plus longue (18 semaines) que la formation « standard » de l’OTAN (6 semaines). Et un accent spécifique sera mis sur des questions comme les droits de l’homme et la dignité humaine. 4° Plus concrètement, une vingtaine d’experts civils supplémentaires pourrait participer à la mission.

Cette décision n’en finit cependant pas d’agiter la scène politique néerlandaise. Elle pourrait couter son poste à la chef du parti vert, Me Sap, qui fait l’objet d’une motion de censure de son parti (débat le 5 février).

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La future mission néerlandaise dans le nord de l’Afghanistan ne tient plus qu’à un fil

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, qui était en visite aujourd’hui (mardi) à Bruxelles, pour voir le président de la Commission européenne veut afficher son optimisme sur sa proposition d’une nouvelle mission néerlandaise de police (militaire) dans le nord de l’Afghanistan. Mais la situation aux Pays-Bas est particulièrement confuse, alors que le Parlement national va débattre de la question mercredi et jeudi.

Le vote du Parlement est, en effet, nécessaire politiquement. Et la majorité requise tient à un fil : le vote de GroenLinks (Verts) et de l’Union chrétienne – et dans une moindre mesure du parti libéral alternatif D66 – surtout ne semblent pas acquis. Les sociaux-démocrates du PvDA, les populistes du PVV et la gauche SP ayant déjà affirmé qu’ils ne voteraient le projet.

Verts et Chrétiens sociaux dans le doute

C’est à la Gauche verte que le débat a été le plus intense. Alors que les responsables du parti avaient acquiescé au projet de nouvelle mission de police, qui comprenait une bonne partie de militaires, sous couvert de l’OTAN, la base a rué dans les brancards. Et aujourd’hui, il n’est plus acquis que le parti écologiste votera le texte en l’état. La chef du parti, Jolande Sap, a fait part de ses doutes, hier. « Nous sommes un parti ouvert à l’international » a-t-elle expliqué. « Mais nous refusons toute mission de combat ». Trois points en particulier suscitent des interrogations chez les Verts : la situation sécuritaire sur place à Kunduz – le rapport secret de la sécurité militaire (MIVD) dont les députés ont pu prendre connaissance n’incite pas à l’optimisme – la nature de la formation et le risque que les agents formés soient employés comme des forces supplétives de militaires. Les Verts ont également de gros doutes sur le fait que la majorité des formateurs soient incorporés aux forces de l’OTAN. Mêmes « gros doutes » à l’Union chrétienne, où son leader André Rouvoet s’interrogeait sur le fait que cette mission soit contre productive et pas très civile.

Renforcer la mission civile Eupol

En revanche, ces deux partis, comme le PvDA d’ailleurs, pourraient être prêts à accepter une mission plus civile sous couvert de l’Union européenne. Si la situation ne se débloque pas, et pour ne pas perdre la face, le gouvernement pourrait donc négocier un renforcement supplémentaire d’Eupol. Cela l’obligerait cependant à devoir avouer à ses alliés de l’OTAN un nouveau recul. Les révélations des télégrammes américains par Wikileaks donnant la preuve des pressions pour empêcher le précédent retrait de la mission militaire ne lui faciliteront certainement pas la tâche au niveau national.

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Les 25 solutions de Jack Lang contre la piraterie

Jack Lang a remis hier à 16h (heure de New-York, 22 h ici) son rapport sur les « questions juridiques liées à la piraterie » au secrétaire général de l’ONU. Rapport – dont « Bruxelles2″ a pris connaissance – et qui sera discuté aujourd’hui (mardi) au Conseil de sécurité.

L’ancien ministre de la Culture de François Mitterrand, qui est également un juriste reconnu en droit international, préconise ainsi la création rapide de deux tribunaux spécialisés sur la piraterie : l’un au Puntland, l’un à Arusha (Tanzanie) qui serait une juridiction décentralisée somalienne. Jack Lang a cependant débordé du cadre strict qui lui était donné pour aborder l’ensemble de la problématique et proposer un ensemble de mesures visant tant l’aspect juridique que l’économie ou la sécurité. Son rapport comprend ainsi un ensemble de 25 propositions, dont « un plan global et mutidimensionnel« , pour le Puntland et le Somaliland, composé de « trois volets engagés simultanément : économique, sécuritaire et juridictionnel/pénitentiaire« .

La situation est grave

Pour Jack Lang, la situation est effectivement « grave » et appelle à une « batterie de mesures convergentes ». « La piraterie ne connaît aucun reflux depuis sa recrudescence au large des côtes somaliennes en 2007. L’année 2010 a été marquée par une intensification de la violence et un allongement de la durée de détention, une sophistication du mode opératoire et une extension de la zone des attaques au Sud (jusqu’au Mozambique) et à l’Est de l’océan Indien. »

L’économie de la région est touchée. La piraterie, « dont l’épicentre est au Puntland, a un impact déstabilisateur sur la Somalie et sur toute la région (augmentation des prix, insécurité des approvisionnements énergétiques, pertes de revenus). Si le trafic maritime mondial paraît mieux maîtrisé grâce aux opérations navales qui jouent un rôle indispensable de sécurisation, le nombre de victimes continue néanmoins à augmenter (1900 personnes depuis fin 2008 ont été prises en otage). A terme, c’est l’ensemble de l’économie mondiale qui risque d’être affectée. »

Le volet juridique

Deux tribunaux : un au Puntland, l’autre à Arusha

Parmi les solutions, sa préférence va à la création d’un « dispositif juridictionnel comprenant deux juridictions spécialisées au Puntland et au Somaliland et une cour spécialisée somalienne extraterritoriale qui pourrait être localisée à Arusha. » La juridiction spécialisée au Puntland et la cour somalienne extraterritoriale sont « prioritaires compte tenu de la possibilité de prévoir leur compétence juridictionnelle universelle. »

Des prisons au Puntland et au Somaliland

Les capacités pénitentiaires du Puntland et du Somaliland seraient également renforcées par la « création immédiate de deux prisons, sous un statut protecteur permettant un contrôle international, respectivement au Somaliland (500 places) et au Puntland (500 places). Les premières places seraient disponibles dans un délai de 8 mois. Dans un deuxième temps rapproché, une troisième prison devrait être créée au Puntland. Coût total de ce volet pour trois ans : moins de 25 millions de dollars US. Ce qui est, somme toute, relativement faible par rapport au coût de la piraterie.

Utiliser la compétence universelle

Le rapport propose également de consolider le socle juridique dans les Etats membres . Ainsi, les Etats doivent « incriminer la piraterie telle que définie par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, se doter d’une compétence universelle pour connaître des actes de piraterie ».

Harmoniser les poursuites

Il faut « élaborer un modèle de procès-verbal international; faciliter la poursuite de l’intention de commettre un acte de piraterie ; favoriser le témoignage des victimes ».

Et, les accords de transfèrement, d’abord aux fins de jugement, puis, aux fins d’incarcération, doivent être « multipliés« . Tandis qu’un « soutien approprié » sera apporté aux Etats de la région.

Le volet maritime et opérationnel

Un certificat de bonne conduite pour les bateaux

Le rapport préconise de créer une « certification internationale » du respect de certaines règles de bonne pratique et de prévoir une information de l’Etat du pavillon en cas de non respect de ces dernières, ce afin « d’étendre l’application des mesures d’autoprotection (les bonnes pratiques) par la communauté marchande« .

Surveillance des côtes somaliennes

Jack Lang estime aussi nécessaire d’exercer « une surveillance rapprochée des côtes et à l’échange d’informations avec les autorités régionales du Somaliland et du Puntland« . Une solution qui va dans le sens des solutions proposées par l’Espagne il y a plus d’un an.

Un volet économique et sécuritaire

Développement économique

« La création d’un volet économique est essentiel pour développer des activités qui ne peuvent prospérer dans un environnement de piraterie, à assurer la souveraineté des autorités somaliennes sur leur territoire et à réguler les activités des services pour que leur développement ne participe pas à l’essor de la piraterie » souligne le rapport. Plusieurs secteurs d’activité sont prioritaires, selon le rapport : « les activités portuaires et de pêche, l’exportation de bétail, le développement régulé des services de télécommunication« .

Traquer les commanditaires et financiers de la piraterie

Il estime aussi nécessaire de remonter les filières. Il faut « frapper les réseaux de piraterie à leurs têtes, en s’attaquant aux commanditaires, parfaitement identifiés, mais qui s’abritent dans des territoires où ils sont protégés« . Il est donc « indispensable » de renforcer les « capacités d’enquête de police scientifique des Etats de la région, de faciliter la recevabilité des preuves devant les tribunaux et d’appliquer des sanctions individuelles contre les commanditaires« .

Un corps de gardes-côtes

Jack Lang veut aussi « renforcer les capacités des autorités somaliennes à assurer, par leurs forces régaliennes, la sécurité de leur territoire« . Il propose de « rétablir des
unités de police dans les zones de non-droit
 » et de « former la fonction garde-côtes dans sa dimension terrestre ».

Une structure de lutte contre la piraterie

Une conférence des donateurs à haut niveau devrait permettre de lever les fonds nécessaires au financement du plan. Tandis qu’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité pourrait reprendre les principaux points (d’ordre juridique et politique) contenus dans le rapport. Jack Lang préconise surtout la mise en place d’une « structure institutionnelle » afin de faciliter la mise en oeuvre de cette résolution, sous « l’égide d’une personnalité de haut niveau et dotée d’une grande expérience au sein des Nations Unies« .

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Eupol Congo recrute une douzaine d’experts

La mission de police de l’Union européenne au Congo recrute une douzaine d’experts. Deux postes sont ouverts aux « contractuels » : expert en justice militaire et agent pour les marchés publics. La plupart des postes sont ouverts par détachement d’agents des Etats membres : expert interpilier, expert en formation, en organisation, en ressources humaines, en justice civile, en protection de l’enfance, conseiller et formateur de police judiciaire, formateur en maintien de l’ordre, etc. Date limite pour poser candidature : 1er février. Mais les postes sont à pourvoir aussi rapidement que possible (ASAP).

Télécharger le formulaire de candidatures

Mission Descriptif des jobs Date limite
Formulaire de candidature Contact email
EUPOL RD CONGO PDF (5) 1 February 2011 doc_logo cpcc.eupolrdcongo@consilium.europa.eu
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Loi anti-piraterie maritime (France, novembre 2010)

(BRUXELLES2) – TEXTE PROVISOIRE -

Voici le texte tel que j’ai pu le reconstitué qui pourrait devenir la « petite loi » et publié tel quel au Journal officiel si le Sénat donne un « conforme » (c’est-à-dire s’il ne vote pas d’amendement supplémentaire en 2e lecture). Le vote en première lecture a eu lieu le 6 mai au Sénat et le 25 novembre à l’Assemblée nationale. En grisé, le texte voté dans les mêmes termes par les deux assemblées. Les articles ont été renumérotés.

PROJET DE LOI

relatif à la lutte contre la piraterie et à l’exercice des pouvoirs de police de l’État en mer,

CHAPITRE IER

Dispositions modifiant la loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 relative aux modalités de l’exercice par l’État de ses pouvoirs de police en mer

ancien Article 1er (supprimé)

Article 1 (ancien article 2)

Le titre Ier de la loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 relative aux modalités de l’exercice par l’État de ses pouvoirs de police en mer est ainsi rétabli :

« TITRE IER

« DE LA LUTTE CONTRE LA PIRATERIE MARITIME

« Art. 1er. – I. – Le présent titre s’applique aux actes de piraterie au sens de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer signée à Montego Bay le 10 décembre 1982, commis :

« 1° En haute mer ;

« 2° Dans les espaces maritimes ne relevant de la juridiction d’aucun État ;

« 3° Lorsque le droit international l’autorise, dans les eaux territoriales d’un État.

« II. – Lorsqu’elles constituent des actes de piraterie mentionnés au I, les infractions susceptibles d’être recherchées, constatées et poursuivies dans les conditions du présent titre sont :

« 1° Les infractions définies aux articles 224-6 à 224-7 et 224-8-1 du code pénal et impliquant au moins un navire ou un aéronef dirigé contre un navire ou un aéronef ;

« 2° Les infractions définies aux articles 224-1 à 224-5-2 ainsi qu’à l’article 224-8 du même code lorsqu’elles précèdent, accompagnent ou suivent les infractions mentionnées au 1° ;

« 3° Les infractions définies aux articles 450-1 et 450-5 du même code lorsqu’elles sont commises en vue de préparer les infractions mentionnées aux 1° et 2°.

« Art. 2. – Lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’une ou plusieurs des infractions mentionnées au II de l’article 1er ont été commises, se commettent, se préparent à être commises à bord ou à l’encontre des navires mentionnés à l’article L. 1521-1 du code de la défense, les commandants des bâtiments de l’État et les commandants des aéronefs de l’État, chargés de la surveillance en mer, sont habilités à exécuter ou à faire exécuter les mesures de contrôle et de coercition prévues par le droit international, le titre II du livre V de la première partie du même code et la présente loi soit sous l’autorité du préfet maritime ou, outre-mer, du délégué du Gouvernement pour l’action de l’État en mer, soit sous l’autorité d’un commandement civil ou militaire désigné dans un cadre international.

« À l’égard des personnes à bord peuvent être mises en œuvre les mesures de coercition prévues par les dispositions du chapitre unique du titre II du livre V de la première partie du même code relatives au régime de rétention à bord.

« Art. 3. – À l’occasion de la visite du navire, les agents mentionnés à l’article 2 peuvent prendre ou faire prendre toute mesure conservatoire à l’égard des objets ou documents qui paraissent liés à la commission des infractions mentionnées au II de l’article 1er pour éviter qu’elles ne se produisent ou se renouvellent.

« Ils peuvent également ordonner le déroutement du navire vers une position ou un port appropriés pour procéder le cas échéant à des constatations approfondies ou pour remettre les personnes appréhendées ainsi que les objets et documents ayant fait l’objet de mesures conservatoires.

« Art. 4. – Les officiers de police judiciaire et, lorsqu’ils sont spécialement habilités dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État, les commandants des bâtiments de l’État, les officiers de la marine nationale embarqués sur ces bâtiments et les commandants des aéronefs de l’État, chargés de la surveillance en mer, procèdent à la constatation des infractions mentionnées au II de l’article 1er, à la recherche et l’appréhension de leurs auteurs ou complices.

« Ils peuvent procéder à la saisie des objets ou documents liés à la commission des faits sur autorisation, sauf extrême urgence, du procureur de la République.

« Après la saisie autorisée à l’alinéa précédent, ils peuvent également procéder sur autorisation du procureur de la République à la destruction des seules embarcations dépourvues de pavillon qui ont servi à commettre les infractions mentionnées au II de l’article 1er, lorsqu’il n’existe pas de mesures techniques envisageables pour empêcher définitivement le renouvellement de ces infractions, dans le respect des traités et accords internationaux en vigueur.

« Les mesures prises à l’encontre des personnes à bord sont régies par la section 3 du chapitre unique du titre II du livre V de la première partie du code de la défense.

« Art. 5. – À défaut d’entente avec les autorités d’un autre État pour l’exercice par celui-ci de sa compétence juridictionnelle, les auteurs et complices des infractions mentionnées au II de l’article 1er et commises hors du territoire de la République peuvent être poursuivis et jugés par les juridictions françaises lorsqu’ils ont été appréhendés par les agents mentionnés à l’article 4.

« Art. 6. – La poursuite, l’instruction et le jugement des infractions mentionnées au présent titre relèvent de la compétence des juridictions suivantes :

« 1° Sur le territoire métropolitain, le tribunal de grande instance du siège de la préfecture maritime ou le tribunal de grande instance dans le ressort duquel se trouve le port vers lequel le navire a été dérouté ;

« 2° Dans les départements d’outre-mer, à Mayotte, à Saint-Pierre-et-Miquelon, dans les îles Wallis et Futuna, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et dans les Terres australes et antarctiques françaises, soit la juridiction de première instance compétente située au siège du délégué du Gouvernement pour l’action de l’État en mer, soit celle dans le ressort de laquelle se trouve le port vers lequel le navire a été dérouté ;

« 3° Toutes les juridictions compétentes en application du code de procédure pénale ou d’une loi spéciale, en particulier celles mentionnées à l’article 706-75 du code de procédure pénale.

« Ces juridictions sont également compétentes pour les infractions connexes à celles mentionnées au présent titre. »

Article 2 (ancien article 2 bis)

Dans l’intitulé de la loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 précitée, après le mot : « relative », sont insérés les mots : « à la lutte contre la piraterie et ».

Article 3

Les articles 12 et 19 de la loi n° 94-589 du 15 juillet 1994 précitée sont ainsi modifiés :

1° Au premier alinéa, le mot : « , outre » est supprimé ;

2° Les deux derniers alinéas sont supprimés.

CHAPITRE II

Dispositions modifiant le code pénal et le code de procédure pénale

Article 4

Après l’article 224-6 du code pénal, il est inséré un article 224-6-1 ainsi rédigé :

« Art. 224-6-1. – Lorsque l’infraction prévue à l’article 224-6 est commise en bande organisée, la peine est portée à trente ans de réclusion criminelle.

« Les deux premiers alinéas de l’article 132-23 sont applicables à cette infraction. »

Article 5

L’article 706-73 du code de procédure pénale est ainsi modifié :

1° Les 15° et 16° sont complétés par la référence : « et 17° » ;

2° Après le 16°, il est inséré un 17° ainsi rédigé :

« 17° Crime de détournement d’aéronef, de navire ou de tout autre moyen de transport commis en bande organisée prévu par l’article 224-6-1 du code pénal. »

CHAPITRE III

Dispositions modifiant le code de la défense

Article 6

Le code de la défense est ainsi modifié :

1° L’article L. 1521-1 est ainsi modifié :

a) Au premier alinéa du 2°, après les mots : « navires étrangers », sont insérés les mots : « et aux navires n’arborant aucun pavillon ou sans nationalité, » ;

b) Il est ajouté un 4° ainsi rédigé :

« 4° Aux navires battant pavillon d’un État qui a sollicité l’intervention de la France ou agréé sa demande d’intervention. » ;

2° Le chapitre unique du titre II du livre V de la première partie est complété par une section 3 ainsi rédigée :

« Section 3

« Mesures prises à l’encontre des personnes à bord des navires

« Art. L. 1521-11. – À compter de l’embarquement de l’équipe de visite prévue à l’article L. 1521-4 sur le navire contrôlé, les agents mentionnés à l’article L. 1521-2 peuvent prendre les mesures de coercition nécessaires et adaptées à l’encontre des personnes à bord en vue d’assurer leur maintien à disposition, la préservation du navire et de sa cargaison ainsi que la sécurité des personnes.

« Art. L. 1521-12. – Lorsque des mesures de restriction ou de privation de liberté doivent être mises en œuvre, les agents mentionnés à l’article L. 1521-2 en avisent le préfet maritime ou, outre-mer, le délégué du Gouvernement pour l’action de l’État en mer, qui en informe dans les plus brefs délais le procureur de la République territorialement compétent.

« Art. L. 1521-13. – Chaque personne à bord faisant l’objet d’une mesure de restriction ou de privation de liberté bénéficie d’un examen de santé par une personne qualifiée dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la mise en œuvre de celle-ci. Un examen médical intervient au plus tard à l’expiration d’un délai de dix jours à compter du premier examen de santé effectué.

« Un compte rendu de l’exécution de ces examens se prononçant, notamment, sur l’aptitude au maintien de la mesure de restriction ou de privation de liberté est transmis dans les plus brefs délais au procureur de la République.

« Art. L. 1521-14. – Avant l’expiration du délai de quarante-huit heures à compter de la mise en œuvre des mesures de restriction ou de privation de liberté mentionnées à l’article L. 1521-12 et à la demande des agents mentionnés à l’article L. 1521-2, le juge des libertés et de la détention saisi par le procureur de la République statue sur leur prolongation éventuelle pour une durée maximale de cent vingt heures à compter de l’expiration du délai précédent.

« Ces mesures sont renouvelables dans les mêmes conditions de fond et de forme durant le temps nécessaire pour que les personnes en faisant l’objet soient remises à l’autorité compétente.

« Art. L. 1521-15. – Pour l’application de l’article L. 1521-14, le juge des libertés et de la détention peut solliciter du procureur de la République tous éléments de nature à apprécier la situation matérielle et l’état de santé de la personne qui fait l’objet d’une mesure de restriction ou de privation de liberté.

« Il peut ordonner un nouvel examen de santé.

« Sauf impossibilité technique, le juge des libertés et de la détention communique s’il le juge utile avec la personne faisant l’objet des mesures de restriction ou de privation de liberté.

« Art. L. 1521-16. – Le juge des libertés et de la détention statue par ordonnance motivée insusceptible de recours. Copie de cette ordonnance est transmise dans les plus brefs délais par le procureur de la République au préfet maritime ou, outre-mer, au délégué du Gouvernement pour l’action de l’État en mer, à charge pour celui-ci de la faire porter à la connaissance de la personne intéressée dans une langue qu’elle comprend.

« Art. L. 1521-17. – Les mesures prises à l’encontre des personnes à bord des navires peuvent être poursuivies, le temps strictement nécessaire, au sol ou à bord d’un aéronef, sous l’autorité des agents de l’État chargés du transfert, sous le contrôle de l’autorité judiciaire tel que défini par la présente section.

« Art. L. 1521-18. – Dès leur arrivée sur le sol français, les personnes faisant l’objet de mesures de coercition sont mises à la disposition de l’autorité judiciaire. »

Chapitre III bis

Dispositions relatives aux enfants des victimes
d’actes de piraterie maritime

Article 7 (ancien Article 6 bis)

Les enfants dont le père, la mère ou le soutien de famille, de nationalité française, a été victime d’actes de piraterie maritime, peuvent se voir reconnaître la qualité de pupille de la Nation dans les conditions fixées au titre IV du livre III du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre.

Les présentes dispositions bénéficient aux victimes d’actes de piraterie maritime commis depuis le 10 novembre 2008.

CHAPITRE IV

Dispositions finales

Article 8 (ancien Article 7)

La présente loi est applicable sur l’ensemble du territoire de la République.

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Une nouvelle, petite, mission néerlandaise en Afghanistan. Dur…

Comment rester en Afghanistan en se retirant ? Telle est la quadrature du cercle à laquelle essaie de répondre le Premier ministre néerlandais, le Libéral Mark Rutte. Dernière formule trouvée : mettre en place une mission de formation des policiers (sur laquelle la plupart des partis sont d’accord) avec un environnement robuste. Très robuste même puisque certains plans néerlandais faisaient état du déploiement de plusieurs F-16 et d’au moins 250 soldats pour protéger 50 formateurs. Tout à fait justifié pour l’ambassadeur américain à l’OTAN, Ivo Daalder (un peu néerlandais également puisqu’il est né à la Haye) qui considère que c’est à chaque pays d’assurer sa protection et multiplie les contacts ces derniers jours pour convaincre les responsables politiques néerlandais. Idem pour l’ancien secrétaire général de l’OTAN, le Néerlandais Jaap de Hoop Scheffer (CDA) qui estime qu’il s’agit, aussi, d’une question de prestige international pour les Pays-Bas.

En fait, tout reste flou. Et sur le projet adopté au Cabinet, vendredi, et qui doit être présenté à la Chambre, le gouvernement néerlandais reste très évasif sur le format. La chute du précédent gouvernement, justement sur la mission en Afghanistan (1), est encore fraiche dans tous les esprits. La mission de police ne se déroulerait pas dans l’Uruzgan (région qu’ont quittée les militaires néerlandais) – comme envisagée un moment – mais à Kaboul et dans trois autres provinces (on parle du nord du pays où officient déjà, de concert, les Allemands et les Belges). Un projet qui permet surtout, citent plusieurs confrères néerlandais, au Premier ministre néerlandais de ne pas arriver « les mains vides » au sommet de l’OTAN à Lisbonne, ces 19 et 20 novembre.

Politiquement, la question est effectivement délicate. Même si rien n’est obligatoire, il est de tradition aux Pays-Bas que les soldats ne sont engagés à l’extérieur des frontières que si cette mission recueille un assentiment nettement majoritaire des partis politiques. Mais, c’est loin d’être le cas. Le gouvernement joue serré. Or, si la mission de police recueillait l’assentiment de la plupart des partis, une mission un peu plus « extensive » serait difficile à faire passer. En l’espèce, chacun fait ses comptes. Le gouvernement peut compter sur l’appui de les libéraux du VVD et chrétiens démocrates du CDA, de CU et de la SGP (62 voix) et éventuellement sur celles du D66 et des Verts (10 voix chacun, partisans d’une mission de police sous l’égide de l’UE mais hostiles à une mission de combat surtout sous le drapeau de l’OTAN pour les Verts). Et il a à faire à une opposition déterminée composée de la droite populiste PVV, du parti de gauche SP et des défenseurs des animaux PvD (41 voix). De fait, ce sont les socio-démocrates avec leurs 30 voix qui peuvent faire la balance sur le sujet. Avec, comme le rappelle le quotidien Volkskrant, de fortes réticences de la base. Le président des jeunes socio-démocrates, Jelle Menges, vient ainsi de publier une tribune estimant que « nous n’avons rien à faire en Afghanistan » (2).

(1) Lire sur Bruxelles2:

(2) Lire ici en néerlandais : Jelle Menges; ‘We zijn uitgediend in Afghanistan

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Entretien avec le nouveau chef d’EUPOL Rdc (Congo)

Crédit : Conseil de l'Union européenne

J’ai pu rencontrer Jean–Paul Rikir le nouveau chef de la mission de police EUPOL Congo (1), avec un collègue du quotidien belge Le Soir, dans les couloirs du Conseil de l’Union européenne. Un échange de vues qui complète celui que j’avais pu avoir avec son prédécesseur, le superintendant Custidio, l’année dernière (2) et permet de découvrir sans doute une des missions les moins connues de l’UE. La situation au Congo reste toujours contrastée. Et réformer la police une longue histoire.

La mission EUPOL Congo a été prolongée et vous en prenez la direction, quel en est l’objectif maintenant ?

Le mandat précédent portait sur l’aide à la conception de la réforme. Notre mandat sera surtout de mettre en œuvre cette réforme, de suivre tous les projets décidés lors de la précédente phase, et également apporter un appui à la formation des cadres de la police congolaise. Nous formons des formateurs, pas directement les policiers congolais.

Les ambassadeurs du COPS viennent de vous rendre visite, que vous ont–ils demandé ?

Ils nous ont demandé des résultats concrets, des actions concrètes lors de ce mandat d’un an de « mise en œuvre ».

Comment est dirigée la réforme de la police congolaise, EUPOL y participe ?

A Kinshasa, le comité de suivi de la réforme de la police, le CSRP réunit tous les acteurs concernés par la réforme : Congolais, EUPOL, Monusco, et ceux des autres pays qui font de l’aide. Il y a deux niveaux à ce CSRP. Le comité politique, dirigé par le ministre de l’intérieur avec les 7 ministres, le commandant police, les représentants de la société civile, les chefs de mission de l’UE et mission internationales… Et un comité technique, dirigé par un ancien membre de la police congolaise et ayant comme adjoint l’adjoint d’EUPOL autour de 7 projets (ressources humaines, infrastructure logistique, violences sexuelles…). NB : détails sur le CSRP

Pourquoi la réforme de la police semble si difficile à entrer en pratique?

Le Congo est un État qui a besoin de réformes dans beaucoup de secteurs : l’armée, la fiscalité, les ressources minières, la santé. Tout est à refaire. La réforme de la police n’est qu’une parmi d’autres. Et quand vous regardez comment dans nos sociétés occidentales où tout est cadré, une réforme, pourtant préparée de la fusion police gendarmerie (en Belgique) a mis du temps à entrer en vigueur, on ne peut pas demander à nos collègues congolais d’aller plus vite.

Votre prédécesseur parlait d’un changement de culture nécessaire au sein de la police congolaise…

J’en suis convaincu. Le problème dans la police ce ne sont pas seulement les institutions mais le changement de valeur. C’est le plus difficile, ce changement de mentalités.

Etre un ancien gendarme vous aide ?

Oui énormément. Le fait d’être un ancien gendarme, me permet de mettre dans leur peau. Ce qu’ils vivent — le passage d’une police militaire (même si elle ne l’était plus tout à fait) à une police civile — je l’ai vécu il y a 10 ans. Et nous avons été quelques uns à fréquenter les mêmes écoles. Je retrouve ainsi certains collègues qui ont été sur les mêmes bancs, à Liège par exemple. Cela aide. Et puis, il y a aussi des valeurs communes, entre collègues. Un policier parlera et comprendra toujours plus facilement un autre policier.

Comment se passe la collaboration avec l’autre mission de l’UE, déployée dans le pays EUSEC ?

Nous avons certaines fonctions qui sont mutualisées. On se réunit aussi souvent ensemble pour évaluer en commun la situation. Certains postes d’expertises sur le terrain sont aussi communs(paramédics, chargés de missions sur les violences sexuelles ou les droits de l’homme).

Et l’existence de partenariats bilatéraux ne vous gêne pas ?

Nous n’avons sans doute pas X millions à mettre sur table comme la coopération britannique. Mais nous avons du personnel. Il y a une certaine complémentarité entre toutes ces missions. Pour vous donner une image, on tire tous sur des ficelles. Mais ce qui prime, c’est de tirer dans le même sens. Pour ma part, j’entretiens les meilleures relations avec Program governance, la société privée chargée par les Britanniques de mener le programme.

On sait que c’est souvent un problème, avez–vous l’effectif nécessaire ?

Nous sommes actuellement 35 sur 49 postes budgétés. Il reste 14 à pourvoir. C’est une mission moyenne, bien dimensionnée pour son objectif, présente à Kinshasa et Goma. Une équipe pluridisciplinaire qui va sur le terrain, escortée par la MONUSCO.

Vous n’avez pas mentionné Bukavu. Il n’y a plus de poste ?

L’antenne de Bukavu disparaît, effectivement. Mais nous restons à proximité, de l’autre côté du lac à Goma. Cela ne va pas entrainer de diminution des activités dans le Sud Kivu. Il faut 40 minutes par hélico de la MONUC et 4 heures par le bateau plus lent pour aller d’un bord à l’autre. Mais on n’a pas suffisamment d’effectif, et maintenir une présence permanente à Bukavu nous obligeait à jongler en permanence (quand un était en congé ou déplacement, il fallait envoyer un autre en renfort pour toujours avoir 2 personnes sur place).

Toujours aussi difficile de combler les postes donc. Pourquoi selon vous ?

On a toujours des difficultés à attirer du personnel pour ces missions. C’est vrai qu’il est plus difficile de convaincre de partir au Congo qu’en Géorgie ou en Palestine. Mais il y a aussi des questions plus concrètes dans nos pays. Il y a des candidats. Ce n’est pas vraiment le problème. Ce sont les chefs qu’il faut convaincre. Il faut publier les emplois, laisser partir les candidats, et valoriser l’expérience au retour. Si les militaires sont habitués à la projection, à travailler hors des frontières, ce phénomène est plutôt nouveau pour la police qui ont vocation à davantage travailler à l’intérieur des frontières et peu l’habitude de la projection. C’est assez récent somme toute, moins de dix ans, en fait, depuis que la politique européenne de sécurité et de défense existe…

Les violences sexuelles perpétrées restent un problème au Congo : que peut faire la police ?

C’est une technique de guerre pour déstabiliser l’ennemi ; une atrocité commise par les troupes en campagne, quel que soit le bord, c’est la guerre. Et le policier n’y peut rien. On est sur un autre terrain. Pour la violence sexuelle domestique, il faut faire entrer dans le système congolais, la femme comme égale de l’homme, une question culturelle, seule la formation et discussion pourra amener.

Le Congo semble encore le théâtre de violations des droits de l’homme de la part du pouvoir comme cet opposant (Armand Tungulu) mort en prison ? Quelle est la possibilité d’EUPOL d’agir sur de tels actes ?

Je ne veux pas parler de bévue ou de bavure mais ce qui s’est passé là est absolument regrettable. Tout le monde le regrette : c’est l’Afrique, c’est le Congo…. Mais concernant EUPOL, il faut bien voir que nous nous avons un mandat non exécutif. Nous ne participons pas directement aux interrogatoires.

Mais en tant que policier n’est-il pas gêné ?

Comment pourrait-il en être autrement. Evidemment qu’un homme décédé en prison, après un suicide dit-on, cela me gêne. Pas seulement en tant que policier. Tout simplement en tant qu’être humain. Maintenant je suis persuadé qu’une police réformée devrait avoir de meilleurs résultats. La transformation d’une police militaire en une police civile, un meilleur contact entre la police et le citoyen permettra d’éviter ce genre de choses à l’avenir.

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(2) Entretien avec Adilio Custidio, chef de la mission Eupol Congo

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