Police

La formation des gendarmes au Niger, enjeu de la future mission “Sahel” de l’UE

(BRUXELLES2) Les préparatifs pour une mission européenne au Sahel avancent… lentement. Les ambassadeurs du COPS – le comité politique et de sécurité – se penchaient aujourd’hui sur le Concept de gestion de crises (CMC), première étape formelle du processus politique et militaire visant à lancer une mission de la Politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC). Et les ministres des Affaires étrangères pourraient en approuver le principe à la prochaine réunion, le 23 mars… si tout va bien. Cette mission ne sera pas unique. Elle comprendra plusieurs volets adaptés aux différents problèmes rencontrés dans les 2-3 pays concernés de la région (Niger, Mali, Mauritanie) par l’augmentation du risque terroriste et sécuritaire. Un des premiers éléments approuvés pourrait être, selon les informations de B2, pour assurer une assistance et la formation de la Gendarmerie et de la Garde nationale du Niger.

NB : La récente intervention pour libérer deux otages – italien et britannique – dans l’extrême nord du Nigeria, dans cette zone jouxtant le Sahel et le Niger pourraient accélérer les préparatifs de cette mission qui devrait normalement démarrer d’ici l’été.

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Extension d’Atalanta : décision approuvée vendredi. A l’attaque…

(B2, exclusif) Les ministres de l’Environnement des “27″ (*) devraient approuver, vendredi, l’extension jusqu’à décembre 2014 de l’opération anti-piraterie de l’UE (Eunavfor Atalanta) ainsi que son extension géographique aux « eaux territoriales » ainsi que sur les « côtes de Somalie ».

Le texte a été mis au point en groupe des experts “relations extérieures”. Il a été avalisé à l’issue d’une “procédure de silence” par les ambassadeurs de l’UE aujourd’hui. Il devrait passer aux ambassadeurs du Coreper ce mercredi (7 mars), avant d’arriver sur la table des Ministres, en point A. Les navires européens pourront alors s’attaquer directement aux bases logistiques des pirates à terre (destruction des stocks d’essence, des bateaux posés sur plage, des véhicules…) ou aux bateaux à l’ancre (destruction des skiffs pirates inoccupés). Ils pourront également bloquer les skiffs pirates ou bateaux mères à leur départ de la plage ou dans les eaux territoriales, voire opérer des interventions de libération sur les navires à l’ancre, si la sécurité le permet. Cela risque de désorganiser quelque peu les pirates qui vont être ainsi pris entre “deux feux”.

Les pirates ne seront plus nulle part en sécurité. Entre les raids à terre effectués par les forces locales (Puntland, …) et les forces européennes en mer, il pourra y avoir ainsi une conjonction d’action plus visible. Il ne semble pas exclu non plus que les forces européennes prêtent leur concours logistique (bateaux) aux forces somaliennes de police pour les acheminer et permettre un débarquement par la mer. Le simple passage d’un navire, proche des côtes, pourrait permettre aussi de montrer aux apprentis pirates qu’il y a un risque, et dissuader certains départs. Une notion de risque qui ne semble pas encore bien présente dans certains groupes pirates.

(*) Certains pourraient s’étonner que des ministres de l’Environnement se prononcent sur un point de défense. C’est la mécanique même de l’Union européenne qui permet ce dispositif. Le Conseil des ministres de l’UE est un seul organe, quelle que soit sa composition. Les points qui ont déjà été discutés et font l’objet d’un consensus peuvent être inscrits à l’ordre du jour de n’importe conseil des Ministres. Inutile donc d’attendre le prochain Conseil des Affaires étrangères.

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L’accès au nord du Kosovo, un gros problème pour la mission EULEX

(crédit : Eulex)

(BRUXELLES2) Que ce soit en matière de police, de justice ou de surveillance des frontières, la mise en place des barrages sur les routes au nord du Kosovo a considérablement gêné les activités de la mission européenne “Etat de droit” (Eulex) au nord du Kosovo et tout espoir de normalisation rapide. « Les barrages routiers e?rige?s dans l’ensemble du nord du Kosovo depuis juillet 2011 continuent a? empe?cher les membres d’EULEX de se rendre par la route dans le nord du territoire, ce qui compromet la capacite? de la Mission de faire appliquer la loi au nord de l’Ibe?r/Ibar » écrit Xavier Bout de Marnhac, le chef de la mission Eulex, dans un rapport remis au Secrétaire général de l’ONU fin janvier. Un constat également partagé par le chef de la MINUK et Ban Ki Moon lui-même dans son rapport au Conseil de sécurité.

Barrages sur les routes, frontières inutilisées et routes de contournement

A la fin de l’année 2010, « les Serbes du nord du Kosovo ont maintenu et renforce? les barrie?res qu’ils avaient dispose?es aux postes frontie?re 1 et 31, et mis en place de nouvelles barrie?res le long d’autres routes afin de protester contre la pre?sence d’agents des douanes et de membres de la police des frontie?res du Kosovo ». Ils ont e?galement « ame?liore? les routes de contournement qui sont de plus en plus fre?quemment utilise?es par les ve?hicules ». La KFOR en a ferme? certaines et en surveille d’autres destine?es aux ve?hicules de moins de 3,5 tonnes. Mais, « en raison de la nature montagneuse du terrain, elle n’est pas en mesure de surveiller toutes les routes et tous les points de passage non autorise?s. »

Diminution des activités de police et de justice

Ces barrages ont un effet très concret sur les activités européennes de rétablissement de l’Etat de droit. « Les activite?s de supervision, d’encadrement et de conseil de la Mission (EULEX) a? l’endroit de la police du Kosovo au nord de l’Ibe?r/Ibar ont notablement diminue?, car la police d’EULEX n’a pas pu se rendre aupre?s de ses homologues locaux du fait des restrictions mises a? sa liberte? de mouvement. Cette diminution des relations entre EULEX et les responsables policiers du Kosovo compromet des relations professionnelles pourtant essentielles. »

Face a? la « difficulte? de se de?placer de la Mission dans le nord du Kosovo, il a fallu diminuer conside?rablement le nombre de proce?s se de?roulant au tribunal de district de Mitrovica. La Mission a finalement e?puise? toutes les possibilite?s d’acheminer le personnel judiciaire jusqu’au tribunal, ce qui a amene? a? retarder plusieurs proce?s inscrits au ro?le. » Dans ces conditions, l’acce?s a? la justice, dans le nord du Kosovo, est « pratiquement re?duit a? rien ».

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La mission européenne en Libye d’assistance à la sécurité. Il faut aller vite (Ana Gomes)

un check point en Libye lors de la visite de la délégation du parlement européen (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Ana Gomes, qui a participé à la visite des “Cinq” en Libye, que j’ai rencontrée dans les couloirs du Parlement européen abonde dans le sens d’Arnaud Danjean sur la nécessité d’aider « très vite » les Libyens à restructurer leur force de sécurité (lire : De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?).

Les milices, un facteur de sécurité

Il existe des plans pour avoir une police de 25.000 hommes et une armée de 25.000 hommes également. « c‘est bien ». Mais cela prendra du temps. Il faut agir maintenant » explique-t-elle. Quant à supprimer les milices, ce n’est tout simplement pas possible. « Les milices armées sont aujourd’hui le seul facteur de sécurité. Cela peut apparaître paradoxal. Mais c’est la réalité. En même temps, ces mêmes milices peuvent aussi être sources d’insécurité, tout simplement car elles sont elles-mêmes insécurisées sur leur avenir ; elles ne sont pas toutes payées. Etc »

Les Libyens demandeurs

Pour l’eurodéputée portugaise socialiste, il est donc plus qu’urgent d’aider les Libyens à construire leur propre force de sécurité. « Ils ont besoin de nous. Ce n’est pas comme les Egyptiens, les Libyens nous le demandent. Nous ne pouvons avoir des missions qui se rendent sur le terrain puis rentrent. Je viens de l’expliquer à Pierre Vimont (Nb : le responsable du service diplomatique européen). Il faut avoir des gens sur place. Des spécialistes qui, dans chaque administration – là où le veulent les Libyens -, constituent des “task forces” pour structurer ces forces de sécurité, entraîner les hommes. Il faut le faire de façon rapide. » Catherine Ashton, la Haute représentante, doit prendre une initiative forte sur le sujet, et rapidement.

Non à la fermeture du bureau de Benghazi

L’eurodéputée souligne enfin combien ce serait une « bêtise de fermer le bureau de liaison technique à Benghazi. » L’homme qui le dirige a acquis une véritable expertise. « Il a tissé des liens, connait tout le monde » dans cette Libye nouvelle.

Lire également : Le chef de bureau de liaison à Benghazi nommé

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De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?

De retour de Libye, les eurodéputés appellent l’Europe à accélerer le mouvement. Une mission DDR/SSR ?

visite en Libye, 13 février 2012 (crédit : PE / Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) A quelques jours de la célébration du premier anniversaire de la “révolution libyenne” (le 17 février), une mission du Parlement européen était en Libye durant plusieurs jours.

Une visite très instructive pour les cinq eurodéputés de la sous-commission Défense (*) qui ont pu rencontré les principaux responsables politiques du pays : le Président du Conseil National de Transition, Abdul Jalil, puis le Premier Ministre et les principaux membres du gouvernement libyen, ainsi que le chef d’Etat major de la nouvelle armée libyenne. La mission ne s’est pas contentée d’aller à Tripoli. La délégation s’est également rendue à Benghazi, lieu d’origine de la rébellion, pour rencontrer les chefs tribaux & membres du CNT. Et, en début de mission, des entretiens ont eu lieu avec les acteurs internationaux ainsi que les « brigades » de Zintan & Misrata.

A son retour de mission, B2 a pu s’entretenir – d’abord par téléphone puis de visu – avec Arnaud Danjean, le président de la sous-commission Défense, qui a bien voulu nous confier ses impressions, sur ce qu’il a vu sur place, « impressions globalement partagées par les autres membres de la délégation », précise-t-il.  L’eurodéputé soutient également pour une présence plus développée de l’Union européenne dans le pays, notamment au plan de l’assistance aux réformes de sécurité, à la démocratie et à la santé.

La situation sécuritaire, maitrisable – la démocratie, un défi culturel

Pas de chaos, mais un risque futur

Concernant la sécurité, « Je n’ai pas trouvé le chaos décrit parfois. On n’est pas réveillé toutes les nuits par des tirs de katiouchas ou de kalachnikovs » a expliqué l’eurodéputé à B2. Certes « Les Katibas quadrillent le terrain. Et aucune ne veut désarmer avant l’autre, sans d’avoir des garanties de transition politique. On se retrouve donc plutôt avec une juxtaposition de milices armées qui tirent leur légitimité des combats et se partagent le terrain. Mais on assiste peu de clashs entre elles, peu d’affrontements. Il y a beaucoup de sensationnalisme. » « Cela peut arriver bien sûr. La situation n’est pas satisfaisante sur la sécurité intégrée, l’armée et la police partent de zéro. C’est tout le défi de réintégrer ces ‘katibas’ dans les structures régulières. »

Pour une situation post-conflit, c’est raisonnable

L’eurodéputé – qui en a vu d’autres -, relativise d’ailleurs l’effet de désordre parfois décrit. « Par rapport à d’autres situations post-conflit, au chaos qu’on a trouvé en 2001 et qu’on trouve toujours en Afghanistan, ou au Kosovo, en 1999, après le retrait des Serbes, on est en Libye dans le domaine du raisonnable. »

Son atout, sa richesse

Et, puis, la Libye a un énorme atout. « C’est un pays riche. Et çà se sent. Même si cette richesse est mal répartie, surtout en matière d’infrastructures. Ainsi si Tripoli et sa région sont assez bien dotées en eau et électricité, l’Est du pays avec Benghazi, l’est moins. (…) C’est un grand pays géographiquement avec peu d’habitants. »

Le déficit de culture démocratique

En revanche, sur le plan démocratique, nous sommes face à un problème vraiment culturel. « Il n’y a jamais eu en Libye d’élections, même factices. Il y a un manque ce qu’est un débat démocratique, une campagne électorale. Deux générations de Libyens ne savent même pas ce que c’est que mettre un bulletin dans une urne. » Malgré, tout, il y a une société civile vivante. Beaucoup de gens sont engagés, il y a des médias. On sent une effervescence mais aussi une absence de savoir faire qui reste criant. Il y a une grande soif de liberté. Mais ils ne sont pas habitués humainement à cela » « Comment faire fructifier cette liberté retrouvée, ce besoin démocratique, c’est toute l’ampleur de ce défi. »

L’influence islamiste, réelle mais difficile à saisir

C’est un défi, reconnait Arnaud Danjean. « Saisir la réelle influence islamiste » est une difficulté. Car « Beaucoup avancent masqués » Cette influence existe sans nul doute ; mais peut-être pas là où on le pense. « Il faut relativiser la puissance des Islamistes et leur influence. Ainsi l’influence de Abdelhakim Belhadj à Tripoli est sans doute surestimée. Toutes les autres milices nous disent que ce n’est pas un problème. Et qu’on peut “en finir” avec lui rapidement si nécessaire. »

En revanche, il est plus inquiet sur l’est du pays. « Benghazi est, sans doute, plus islamiste (NB : par tradition). C’est d’ailleurs un paradoxe. Car c’est de là où tout est parti. Et on y sent un bouillonnement libéral ». Attention cependant « Il y a un ressentiment à Benghazi, qui voient les Européens quitter la ville pour Tripoli, et redoutent d’être marginalisés dans l’avenir comme ils l’avaient déjà été dans le passé sous Kadhafi. Il faut faire attention à ne pas laisser développer une amertume. (Sinon) les islamistes pourraient rafler la mise ».

Ce que peut faire l’UE : les cinq recommandations des eurodéputés

(crédit : PE / Arnaud Danjean)

Les eurodéputés comptent écrire à la Haute représentante, Catherine Ashton, pour lui demander d’agir de façon plus déterminée et d’accélérer la réflexion sur ce qui peut être fait aujourd’hui en Libye. La plus urgente des tâches est la mise en place d’une mission légère de démobilisation et réintégration pour la police et l’armée (DDR) comme de structuration des administrations de sécurité (SSR). « C’est maintenant qu’il faut accompagner la transition en Libye, au niveau démocratique et de la sécurité. On a été très présent lors de la crise ouverte. Maintenant que cette crise étant moins présente, il serait abberrant de ne pas être présent ». Mais il y a d’autres tâches également à effectuer, notamment au plan démocratique et de la société civile

1. Mission d’assistance à la démobilisation et à la structuration administrative (DDR/SSR).

« La juxtaposition de katibas peut dégénérer. Même si elle n’est que potentielle, la menace demeure. Il nous semble urgent, d’aider les Libyens dans la transition. » Une mission européenne devrait assister les Libyens dans le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) – « même si c’est une DDR atypique » - de réforme des structures de sécurité (SSR), et « surtout les aide à structurer leur administration ». Le tout pour répondre à l’hiatus libyen « On a des gens plutôt bien qualifiés au niveau politique supérieur — le chef d’Eat major sait de quoi il parle, le Vice Premier ministre est très bon — des gars sur le terrain motivés. Mais il n’y a pas d’administration, pas d’échelon intermédiaire. Jusqu’à présent, tout était centré autour de la personne de Kadhafi, il n’y avait pas d’administration. C’est çà qu’il faut reconstruire. C’est un défi. (…) Il y a un véritable besoin d’une force de police, cohérente, structurée, loyale, étatisée. » 

Cette mission européenne pourrait être légère : « une quarantaine de personnes au plus, des civils de bon niveau, des experts en matière de police ou d’administration (des préfets par exemple). Il n’y a pas besoin de beaucoup de personnel. » Et d’ailleurs, une bonne partie de l’assistance pourrait se dérouler hors de Libye. « Certains Etats pourraient contribuer en accueillant dans leur académie policière et militaire de quelques cadres libyens ou en envoyant des formateurs ». Mais pour les eurodéputés, cela doit être une « mission de la PSDC » (la politique européenne commune de sécurité et de défense commune). « Il faut avoir un pilotage politique fort et une certaine cohésion que seule apporte une mission PSDC ».

L’eurodéputé avertit. « Il n’y aura pas de boots on the ground. » C’est un point fondamental pour les Libyens, il importe de « veiller à bien préserver la souveraineté des Libyens. Les Libyens sont très soucieux (sur ce point). Il y a une grande susceptibilité dans l’appropriation du processus. On ne peut rien faire sans qu’ils ne nous le demandent expressément. Il faut être très attentif à cela. »

2. La gestion des frontières

Décidée à la conférence de Paris – où les Européens se sont vus confier par la communauté internationale et l’ONU cette fonction – la mission avance « lentement ». « Un processus « très lent », à la fois du fait des Européens et des Libyens. Des premières missions d’évaluation et d’expertise « sont sur le terrain actuellement ». Mais le résultat ne sera pas connu « avant mai ». Et on ne peut espérer un démarrage de la mission « avant juillet » (NB : en étant très optimistes). « C’est un enjeu très lourd. » Il faut « accélérer le mouvement » soulignent les eurodéputés.

3. Un consulat européen à Benghazi.

« Au niveau des Etats membres et du service diplomatique, il faut réfléchir à maintenir une présence européenne, que ce soit par quelques Etats ou de manière multilatérale. Le bureau technique de l’Union européenne a fait un excellent travail. Pourquoi ne pas transformer cet essai en créant une structure regroupant les diplomates européens et des Etats membres, dans un consulat européen à Benghazi pour la zone Schengen. » C’est un geste politique mais répond aussi à un besoin très concret. « Pour les habitants de Benghazi, c’est compliqué et couteux d’aller à Tripoli pour obtenir un visa vers les pays européens. »

4. Assistance démocratique et électorale

Il faut assister et encourager la société civile vers la démocratie Les élections sont prévues pour juin. « Quatre mois cela peut paraître court. Mais on est actuellement dans un vacuum démocratique. Peut-on tenir longtemps sans une légitimité démocratique. Il faut un processus de légitimation démocratique rapidement. » Les Libyens sont « d’accord sur cette mission. Ils veulent même qu’elle soit installée très tôt, très en amont, pour assister le débat démocratique et aider à la culture démocratique ».

5. La santé

Il y a eu « énormément de blessés. Et des villes comme Misrata ont juste 30 lits d’hôpitaux. » Du coup, se développe en Libye, « une contrebande d’exportation médicale » « Beaucoup de Libyens nouent avec des pays européens des accords. Tout çà n’est pas centralisé et donne lieu à un certain trafic. » Il faut donc mettre un peu d’ordre. Il y a sans doute aussi « une aide d’urgence à accorder. Et des infrastructures dans le secteur hospitalier à développer. »

(*) La délégation était composée de A. Danjean (PPE, France, président de la sous-commission défense), A. Gomes (S&D, Portugal, rapporteur “Libye”), Jelko Kacin (ALDE, Slovénie), Pier Antonio Panzeri (S&D, Délégation UE-Magreb),  José Ignacio Salafranca (PPE, Espagne, coordinateur PPE aux Affaires étrangères).

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La mission Eujust Lex déployée dans tout l’Irak. Mais toujours pas d’accord Soma

(BRUXELLES2) La mission de formation judiciaire de l’UE “EUJUST Lex” est désormais déployée dans tout l’Irak. Mais les Européens n’ont toujours pas réussi à signer un accord général fixant le statut de la mission (SOMA) avec le gouvernement. « Cet accord sur l’immunité n’a pas été approuvé actuellement », a confirmé Hans-Jörg Haber, le commandant civil des opérations de l’UE lors d’une séance au Parlement européen à la sous-commission Défense jeudi dernier (9 février), expliquant que « Les Irakiens sont  tiennent à marquer leur souveraineté » comme ils l’ont fait avec la mission de l’OTAN en refusant de signer un accord SOMA. Mais, contrairement à l’OTAN, l’Union européenne n’a pas retiré sa mission. Au contraire, elle poursuit ses missions de formation ainsi que l’a expliqué Laszlo Huszar, le nouveau chef de mission aux eurodéputés.

La mission continue sans accord

Si les responsables de l’administration semblent enclins à conforter la présence européenne, il faut néanmoins en passer par l’accord des députés. Et ceux-ci sont « méfiants » par rapport à tout ce qui peut représenter une “Capitulation”, héritage de l’empire ottoman, comme l’a expliqué à B2 un diplomate européen. Résultat, cela traîne. Coté européen, on avoue n’avoir aucune « date de prévue pour signer cet accord ». En attendant, c’est la débrouille. « Chacun fonctionne avec un passeport diplomatique national ou un passeport de service ». EUJUST Lex étant une mission non exécutive, c’est possible de fonctionner pendant quelques semaines sans Soma. Mais cela laisse un vide juridique en cas de problème. Et avoir un tel accord a des conséquences pratiques. « Cela facilite la vie, par exemple pour le passage de la zone verte vers le reste du pays, par exemple. Cela évite des complications et perdre du temps au point de passage notamment ».

Une Europe pas encore très visible mais mieux perçue que les Américains

Interrogé par les eurodéputés sur la perception par le peuple irakien, Haber a aussi expliqué que « nous devons rester modestes. C’est encore trop tôt pour parler d’une visibilité ». Ajoutant « Quand de vos chars blindés ou jeeps blindés vous faites une incursion hors zone verte, vous n’êtes pas perçus spécifiquement. Cela fait 8 ans que des les Irakiens, voient des gens derrière leurs vitres blindés. Nous ne sommes pas visibles en tant qu’Européens mais visibles en tant que visiteurs étrangers. » Ce qui semble sûr en revanche c’est que les Européens sont mieux perçus que d’autres. « Les fonctionnaires irakiens sont plus réceptifs (à la présence européenne). Nous sommes perçus différemment des Américains. » « Ce n’est pas de l’américanisme, mais simplement parce que (ceux-ci) sont là depuis trop longtemps. » tient cependant à préciser H. Haber qui n’a pas oublié les bases de son métier de diplomate… Les Européens ont cependant un « gros avantage » sur les Américains, précise-t-il, « nous sommes meilleurs pour entraîner la police spécialisée, sur les questions financières par exemple ».

Assurer le lien avec le judiciaire

C’est une des question qui « taraude » les Européens dans cette mission : « comment assurer le lien avec le judiciaire ». « Il faut améliorer l’interface entre forces ordre et magistrature, conscientiser la police sur place au besoin de laisser les juges faire le travail un moment donné. Et cela est particulièrement difficile. (…) Si on ne passe pas la main aux juges à un moment donné, la force est trop présente. Et c’est un défaut visible. » Une tâche donc nécessaire mais où les Européens, eux-mêmes, sont à la peine… faute de personnel. « Malheureusement, cela coûte très cher aux Etats membres de détacher sur place des magistrats de haut niveau qui pourraient assurer ce travail. (Ils) ne peuvent pas se défaire de personnel suffisant pour assurer la formation. » Quant à parler d’une stratégie de sortie, il est vraiment trop tôt, étant donné la courte existence de cette mission. Ce n’est très récemment que la décision de la déployer effectivement sur le terrain a été prise. Auparavant, la formation des policiers ou des juges était effectuée “off shore”.

La mission EUJust Lex est un des missions “discrètes” de l’Union européenne. Dirigée par le Hongroies Laszlo Huszar, elle a pour objectif de développer la justice pénale dans le cadre de l’Etat de droit. Elle emploie une cinquantaine de personnes et dispose d’un budget de 27,2 millions d’euros (de juillet 2011 à juin 2012). Elle est établie à Bagdad avec un bureau à Erbil (Kurdistan) et à Basra (sud de l’Irak).

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Arrestation d’un suspect dans le nord du Kosovo

(B2) Les forces de police européennes déployées au sein d’EULEX ont arrêté jeudi (26 janvier), à Cabra, dans le nord du Kosovo, un homme soupçonné d’avoir participé à l’assassinat d’un officier de police kosovar, le 26 juillet dernier. L’enquête sur la mort de Enver Zymberi est mené conjointement par les policiers et procureurs d’EULEX (la mission “Etat de droit” de l’Union européenne) et leurs homologues du Kosovo. NB : Cette arrestation entre dans le cadre d’une “normalisation” de la situation au nord du Kosovo, avec une présence accrue des forces européennes.

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La police palestinienne en formation à la gestion des incidents

(BRUXELLES2) La collecte et la gestion des incidents, lors d’accidents ou de délits, est un point fondamental de tout départ d’enquête policière ou criminelle. La mission européenne de soutien à la police palestinienne (EUPOL COPPS) a lors d’une première séance de formation donné un cours à 20 agents de “première intervention” au Collège police de Jericho cette semaine. « Quand la police arrive pour faire face à tout incident, la première chose qu’ils doivent faire est d’évaluer rapidement ce type d’incident, ils sont confrontés et quelles sont leurs priorités urgentes », explique Andrew Udall, inspecteur en chef du Royaume-Uni, actuellement détaché à la mission EUPOL COPPS. « L’obtention de cette information est vitale dans la détermination de la réponse correcte à la fois pour les policiers sur place et au commandant de la salle des opérations à prendre d’importantes décisions tactiques qui facilitent la gestion efficace et la résolution de l’incident ».

Cette formation récente est la première d’une série de conférences et d’ateliers que le chef inspecteur Udall et son homologue de la police palestinienne, le major Nael OMAR, vont donner aux agents de première intervention et au personnel de la salle des opérations dans les six prochains mois, pour améliorer les opérations de police et les gestion des incidents, indique-t-on du coté d’Eupol Copps.

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