Un patrouilleur espagnol délivre l’équipage d’un navire attaqué par les pirates dans le Golfe de Guinée

(B2) Le patrouilleur espagnol Serviola (P-71) a libéré ce lundi (6 mai) l’équipage d’un navire battant pavillon maltais détourné par des pirates dans le Golfe de Guinée, annonce l’état-major de la marine espagnole

Une attaque pirate au large de la Guinée équatoriale

Alors qu’il était en patrouille, le ‘Serviola’ a reçu une communication du Centre des opérations et de la surveillance de la marine (COVAM), signalant qu’une attaque de pirates avait eu lieu sur un navire marchand. Le patrouilleur a alors mis les gaz pour se rapprocher de la zone et a fait jonction avec une frégate de la marine de Guinée équatoriale. Lundi 6 mai au matin, ils ont pu libérer les 20 membres d’équipage qui s’étaient réfugiés dans une pièce sécurisée située à l’intérieur du navire.

Un abordage à main armée

C’est dans l’après-midi de dimanche (5 mai) que tout avait commencé. Les marins ont repéré un petit bateau de pirates, avec sept pirates à bord, armés. L’alarme a été déclenchée. Et tout l’équipage a réussi à atteindre le compartiment sécurisé à temps, après avoir signalé l’attaque.

Une fois à bord, les pirates ont demandé avec le mégaphone du navire à l’équipage de se rendre et de remettre tout l’argent à bord. Le capitaine a refusé de quitter la pièce sécurisée, les pirates ont alors percé un petit trou dans celle-ci et commencé à ouvrir le feu sans discernement. Heureusement aucun membre de l’équipage n’a été blessé. Les menaces et les tirs ont tout d’un coup cessé. Les pirates, ayant remarqué la présence d’unités militaires dans la région, se sont enfuis. Mais l’équipage n’a pas osé sortir, sans certitude du départ des bandits.

NB : Ce n’est pas la première fois que le ‘Serviola’ libère un navire détourné au cours du déploiement actuel. En avril dernier, il a déjoué une nouvelle attaque de pirates contre un navire battant pavillon nigérian.

(NGV)

Les cinq pirates arrêtés par les Espagnols transférés aux Seychelles

(B2) C’est finalement aux Seychelles qu’ont atterri les cinq suspects d’actes de piraterie arrêtés dans le cadre de l’opération EUNAVFOR Atalanta

Les suspects avaient été arrêtés mardi (23 avril) dernier par les marins espagnols après une course poursuite dans les eaux de l’Océan indien qui a duré deux jours (lire : Les pirates repartent à l’attaque. Un bateau-mère stoppé net dans l’Océan indien).

Deux des cinq pirates arrêtés blessés

Ils ont été remis aux autorités seychelloises jeudi (25 avril), dans l’après-midi, par l’équipage du navire-amiral espagnol ESPS Navarra. Deux des suspects qui ont été blessés dans la tentative d’attaque ont été pris en charge de façon médicale.

La réactivation d’un accord non appliqué depuis plusieurs années

Ce transfert est l’application d’un accord qui lie depuis 2009 l’Union européenne à l’archipel de l’Océan indien. C’est le dernier accord qui reste actif, à disposition des Européens (1). Les Seychelles ont ainsi reçu plus de 170 suspects d’actes de piraterie, selon la base de données ‘piraterie’ de B2. Une vingtaine de dossiers ont été instruits aboutissant à des condamnations dans deux tiers des cas environ. Une centaine de suspects ont été déclarés coupables et condamnés.

Un accord non utilisé depuis plusieurs années

Mais l’accord est resté inappliqué depuis près d’un an et demi, du fait de la chute de la piraterie dans la région. Le dernier transfert remonte à novembre 2017 par l’ITS Virginio Fasan après l’attaque du Galerna III. Tandis que le dernier dossier piraterie jugé aux Seychelles l’a été en 2016 pour des faits remontant en 2014. Il y a encore 20 détenus somaliens dans la prison de l’archipel, à la Montagne Posée, selon l’agence de presse seychelloise.

(Nicolas Gros-Verheyde)


Un seul accord pleinement opérationnel ?

Le Kenya a décidé de ne plus admettre de prisonniers transférés par l’Union européenne. L’ïle Maurice n’est plus très chaude. Et l’accord avec la Tanzanie n’a jamais reçu d’application concrète. Les accords avec ces deux derniers pays ont d’ailleurs fait l’objet d’un arrêt en annulation par la Cour de justice européenne, en juin 2014, les estimant non conformes aux règles institutionnelles européennes (lire : Transfert de pirates dans l’Océan indien à la Cour : un acte de politique étrangère ?). Le Parlement européen ayant vu ses droits à l’information ‘légèrement’ contournés… Les effets de ces accords sont maintenus par la Cour. Mais cette validité reste fragile.

(NGV)


 

Les pirates repartent à l’attaque. Un bateau-mère stoppé net dans l’Océan indien (V4)

(B2) La frégate espagnole ‘Navarra’ (F-85), le navire amiral de l’opération européenne de lutte contre la piraterie dans l’océan Indien (EUNAVFOR Atalanta), a intercepté, ce mardi (23 avril), un bateau de pêche yéménite utilisé par des pirates somaliens, a annoncé le QG de l’opération Atalanta basé à Rota (Espagne).

Le bateau mère utilisé par les pirates et ses deux skiffs (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Un dhow yéménite détourné

Tout avait commencé en fait quatre jours plus tôt, vendredi (19 avril). Cinq pirates somaliens détournent alors un boutre yéménite dénommé ‘Al Azham‘ dans les eaux territoriales somaliennes près de la ville de Adale (ou Cadaley). A bord du dhow, les pirates mettent ensuite le cap sur la côte somalienne. Destination : un camp de base des pirates. Là, ils complètent leur équipage avec des membres supplémentaires, selon les informations obtenues par B2.

Deux navires de pêche attaqués dimanche

Avec ce renfort, les pirates reprennent alors la mer, en chasse de navires. Deux jours plus tard, dimanche (21 avril), ils lancent leurs deux skiffs vers un navire de pêche, battant pavillon sud-coréen FV Adria. Le thonier espagnol FV Txori Argi, basé à Bermeo (pays Basque), qui opère dans les environs à ce moment-là, se rapproche alors du FV Adria pour lui proposer son aide. Les navires mettent en œuvre plusieurs manœuvres de diversion, issues des ‘bonnes pratiques’ contre la piraterie : en accélérant leur vitesse, et avec des maœuvres d’évitement. L’action combinée dure environ une heure.

Un tir au lance roquette ?

Pour en finir, les skiffs pirates tirent sur deux navires « à l’aide de ce qui semblait être une grenade d’un lance-roquettes » précise-t-on au QG d’Atalanta. Les équipes de sécurité armées privées (PAST) à bord des deux navires de pêche répliquent. Les skiffs attaquants n’attendent pas leur reste et prennent le large. Mais ils n’abandonnent pas pour autant leur chasse. Un autre navire de pêche, le FV Shin Shuen Far 889, a ainsi signalé avoir été approché par deux skiffs, à 280 nautiques, au large des côtes somaliennes, au sud-est de Mogadiscio. Les skiffs attaquants se sont retirés lorsque l’équipe de sécurité à bord a montré le bout des armes, avec tirs de sommation à l’appui.

En l’air et sur mer

Un avion de surveillance P3 Orion C de la marine allemande, basé à Djibouti, décolle pour se rendre sur la zone de l’attaque afin de pouvoir localiser les attaquants.  Le contre-amiral Ricardo A. Hernández López ordonne aussi à la frégate espagnole Navarra (F-85), qui était alors au port de Mombassa, de lever l’ancre et rejoindre au plus vite la zone, pour participer aux opérations de recherche et d’interception.

Le dhow suspect repéré et localisé

L’avion repère alors un boutre tractant plusieurs skiffs, correspondant au dhow yémenite attaqué quelques jours plus tot et ayant mené l’attaque. Ces informations seront confirmées ensuite par un P3 Orion M de la marine espagnole. Le Navarra, arrivé sur zone après 28 heures de navigation, localise le dhow suspect alors qu’il se dirige vers une la cote somalienne, à proximité de camps de pirates connus.

23 otages libérés, cinq suspects arrêtés

A l’aube, de façon la plus discrète possible, les équipes de fusiliers du Navarra prennent d’assaut le boutre et neutralisent les assaillants. Les 23 otages (l’équipage du bateau yéménite) et le navire sont libérés. « Sains et saufs » précise-t-on au QG d’Atalanta. Cinq suspects pirates sont appréhendés.

Interrogation sur les blessés et le transfert

On ignore encore, si certains ont été blessés durant l’attaque (1). Et leur sort futur, notamment s’ils seront remis devant une juridiction. Cette question pourrait être tranchée prochainement (2). Mais ce que l’on sait c’est que les marins espagnols ont opéré selon la procédure habituelle afin de pouvoir opérer ce transfert, en toute sécurité juridique. Ils ont notamment recueilli les témoignages de l’équipage et des preuves des évènements. « L’opération est toujours en cours » indiquait l’état-major de l’armée espagnole ce mardi un peu avant 18h.

Une piraterie qui n’est pas éradiquée

« Le démantèlement d’un groupe de pirates, la libération d’un boutre détourné comme l’attaque de deux navires de pêche, montre que la piraterie dans les eaux somaliennes n’est pas éradiquée » a commenté mercredi matin (24 avril) le contre-amiral Antonio Martorell, commandant de l’opération EUNAVFOR Atalanta. « [Nous] continuerons à agir avec détermination pour contrer ce business ».

Commentaire : Le nouveau dispositif de commandement testé

C’est la première attaque, sorte de test grandeur nature pour le nouveau QG européen basé désormais en Espagne (lire : Opération Atalanta : Rota prend le commandement). Cela faisait bien longtemps que la force navale européenne n’avait pas saisi et arrêté des pirates sur le fait. La dernière attaque recensée date d’octobre 2018 selon la base de données ‘piraterie’ de B2 (lire : Un bateau pirate repéré par les forces d’Atalanta détruit près des côtes somaliennes). Mais à l’époque aucun navire n’avait été capturé ni poursuivi. Il faut remonter à novembre 2017 pour avoir une opération similaire combinée air + mer, ayant abouti à une arrestation (lire : Deux attaques pirates disséquées par le contre-amiral Pérez de Nanclares de Badajoz).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire la suite : Les cinq pirates arrêtés par les Espagnols transférés aux Seychelles

(1) Notre commentaire a été confirmé par la suite : deux des cinq suspects arrêtés ont été blessés. Le nombre exact de pirates à bord reste encore à éclaircir : cinq pirates ont en effet attaqué le dhow yéménite. Mais ils ont bénéficié d’un renfort en personnel, ensuite. Et pour partir à l’attaque à bord de deux skiffs, sans compter la garde du dhow, les pirates auraient dû au moins être au total une petite dizaine, selon la ‘norme’ de piraterie.

(2) Si le thonier basque a été victime d’un tir, la justice espagnole pourrait être saisie, voire la justice sud-coréenne, comme cela a été le cas dans le passé. Mais il faudra avoir suffisamment de preuves et de lien avec le pays concerné pour effectuer le transfert. Sinon ils pourraient être transférés en Somalie. Ce qui est plus compliqué.

Mis à jour le 24.2 9h30 et 10h30 avec détails sur l’attaque + déclaration du commandant d’opération, le 27.4 avec les détails sur l’intervention à bord et le recueil de preuves

La revanche de Trafalgar

(B2) L’Armada espagnole et la Royale vont prendre le contrôle de l’opération EUNAVFOR Atalanta. La décision a été actée discrètement fin juillet. Au grand dam de Londres plus devenu européen que les Européens…

Une décision liée au Brexit

Cette décision n’est pas une nouveauté pour nos lecteurs (lire : Le QG de Atalanta sera bien transféré de Northwood à Rota. Viva España). Mais elle n’en pas moins importante. C’est en matière de sécurité et de défense la première décision d’importance liée au Brexit. Elle était en effet inscrite en filigrane dans l’accord sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (à l’article 124.7 de l’accord) qui empêche les Britanniques de commander une opération européenne et d’accueillir le QG d’une telle opération après le 29 mars 2019 (date prévue du Brexit).

Une importance politique

Alors que la piraterie maritime a largement diminué, ce transfert n’a pas, au niveau opérationnel, vraiment de conséquence fondamentale. Le QG de Londres n’a d’ailleurs à aucun moment démérité. Et les Britanniques ont vraiment joué le jeu européen en fournissant les effectifs nécessaires, souvent de haute qualité. Au plan symbolique et politique, cependant, la conséquence est sans doute moins visible mais néanmoins primordiale. Une véritable revanche de Trafalgar. L’Armada espagnole et la Royale française prennent ainsi 200 ans après, une (petite) revanche. Alors que la bataille du 21 octobre 1805 avait consacré une certaine suprématie britannique sur les mers, ce transfert pourrait ainsi être une petite goutte de la perte d’influence britannique au plan maritime.

Une lézarde dans la suprématie maritime de Londres

Cette conséquence politique ne sera pas immédiate. Elle pourrait se faire plutôt sur le moyen et long terme. Elle ne remet certes pas en cause la suprématie de Londres en tant que place-forte maritime, avec la présence des principales compagnies maritimes, du bureau maritime international, etc. Mais elle introduit une ‘lézarde’ dans le dispositif. Elle vient accréditer l’idée que l’on peut se passer des Britanniques en matière maritime. Ce qui est assurément plus dangereux que la perte d’un commandement. Sur ce plan, le départ du MSCHOA — le centre qui assure la coordination entre les navires militaires et les navires marchands — est tout aussi important que la perte même du quartier général.

Le rôle minoritaire

La principale opération maritime européenne ne sera plus commandée depuis Londres mais depuis l’Espagne. Tandis que l’autre opération maritime est déjà commandée depuis Rome. Ne restera à Northwood que le soin de commander l’opération Sea Guardian en Méditerranée qui n’a un rôle que limité avec un fonctionnement par intermittence (jusqu’ici) et pas de mandat exécutif, contrairement aux deux autres opérations européennes.

Une petite perte financière

Au passage, elle prive la marine britannique d’un fleuron opérationnel comme d’une certaine manne financière. Les Britanniques avaient réussi à amortir une partie de la modernisation de leur QG par le biais des fonds européens. Ils ne pourront plus ainsi bénéficier de cette mise en commun. Ce seront désormais les Espagnols et Français qui en bénéficieront.

Un succès indéniable

Le temps a passé. Et la piraterie maritime n’occupe plus le centre de l’actualité. Tout simplement car la pression a diminué. Mais rappelons-nous. Au plus fort de la piraterie somalienne, en janvier 2011, il y avait 736 otages et 32 ​​navires détenus en Somalie. Sept ans après… on est à zéro. Depuis octobre 2016, très exactement, il n’y avait plus d’otages et de navires détenus.

Quel est le bilan de l’opération

L’opération a eu un succès indéniable sur la protection des navires du Programme alimentaire mondial, qui était (il faut le rappeler) un des premiers objectifs de l’opération. Le taux de réussite est de 100% Il fallait protéger les navires du PAM qui approvisionnaient la Somalie et fournissaient (et fournissent toujours) une aide alimentaire et humanitaire aux populations somaliennes. Il fallait aussi protéger les navires qui ravitaillaient les forces de l’AMISOM, l’opération de l’Union africaine en Somalie, une opération qui n’est pas juste du maintien de la paix (statique) mais une opération de combat et de reprise de vive force du terrain sur les Al Shabab.

… et en matière de prisonniers

Selon notre propre bilan (qui diffère légèrement du bilan officielle) l’opération a permis d’appréhender environ 800 suspects. Environ 2/3 ont été désarmés et libérés sur le champ. Un tiers d’entre eux ont été remis à des autorités judiciaires soit dans des pays de la région (Kenya, Seychelles, Ile Maurice, Somalie), soit dans les pays du/des navire/s concerné/s (UE : Espagne, France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et hors UE : Inde, Japon, USA). Des condamnations ont été prononcées dans la plupart des cas. Seule une vingtaine ont été libérés. Six suspects sont toujours en détention provisoire.

(Nicolas Gros-Verheyde)


Les Britanniques super champions… de l’Europe

Le gouvernement britannique a tenté de résister à ce départ, en proposant de garder le commandement de l’opération ou un pied dans sa fonction. Pour ceux comme B2 qui ont suivi le début cette opération, on peut y voir un sacré retournement de situation… Il y a dix ans, en 2007-2008, les diplomates britanniques bataillaient dans l’ombre pour saborder cette opération, en critiquant le bien fondé, tentant de retarder sa mise en place, d’en réduire son champ d’investigation, et de mettre sur pied une opération concurrente au sein de l’OTAN.

Quel paradoxe !

Aujourd’hui, il en sont devenus un de ses plus fervents supporters. Difficile de trouver plus enthousiaste pour la politique de sécurité et de défense de l’Union européenne que les Britanniques. L’opération Atalanta est une des réussites majeures de la politique de sécurité et de défense peut-on entendre. Mieux : « Le leadership britannique et le commandement de l’opération ont joué un rôle déterminant dans son succès », se vante la diplomatie britannique.


(*) Nous prenons en compte toutes les arrestations commises par un navire sous mandat européen même si la remise s’effectue (pour des raisons juridiques) sous pavillon national. Il en est ainsi pour les remises aux Somaliens (avec qui aucun accord n’était passé par l’UE). Le bilan officiel est de 166 suspects transférés aboutissant à 145 condamnations.

Un chimiquier letton attaqué par les pirates au large de la Somalie

(B2) Le tanker MT Leopard Sun a bien été attaqué par deux skiffs dans la nuit du 23 février (à 0h30, heure locale) a confirmé aujourd’hui le QG d’Atalanta, l’opération européenne de lutte anti-piraterie.

Ce chimiquier de 50.000 tonnes, battant pavillon de Singapour, était en route de Sohar (Sultanat d’Oman) jusqu’au Cap (Afrique du Sud) lorsque l’incident s’est produit, à environ 160 miles nautiques au large des côtes somaliennes. Il appartient à la compagnie maritime lettone (LSC).

La réplique des gardes de sécurité

Les skiffs ont approché le MT Leopard Sun par la poupe et ont tiré sur elle. L’équipe de sécurité privée, qui était à bord, a riposté en tirant des coups de semonce. L’incident a duré environ 20 minutes avant que les skiffs ne s’éloignent. L’équipage a utilisé « toute la gamme des bonnes pratiques » de la norme BMP4 (zigzags, canons à eaux). Le navire et l’équipage sont maintenant en sécurité, souligne-t-on à EUNAVFOR qui a pu être en contact avec la compagnie maritime et le capitaine du navire pour évaluer l’incident. Une alerte a été envoyée à tous les navires via le système MSCHOA d’EUNAVFOR et le réseau britannique UKMTO.

Le premier incident en 2018

Cette attaque pirate est le premier incident de ce type pour l’année 2018. La dernière attaque remonte à novembre 2017 avec l’attaque du MV Ever Dynamic (lire : Six pirates arrêtés dans le bassin somalien, entre Seychelles et Somalie). Les écrans radars demeuraient vides ces derniers mois.

 

Un seul navire à EUNAVFOR Atalanta

Heureusement… car l’opération ne compte aujourd’hui plus qu’un seul bâtiment pour couvrir toute la zone de l’Océan indien, le navire ravitailleur espagnol ESPS Patiño (A-14), ainsi qu’un avion espagnol de patrouille maritime P3 Orion.

(Nicolas Gros-Verheyde)

crédit photo : Latvian Shipping Company

Les six pirates transférés aux Seychelles

Transfert des pirates suspects aux Seychelles par les forces européennes (crédit : Thomas Meriton)

(B2) Les six pirates somaliens arrêtés par la marine italienne, dans le cadre de l’opération EUNAVFOR Atalanta, le 19 novembre (Lire : Six pirates arrêtés dans le bassin somalien, entre Seychelles et Somalie) ont été transférés aux Seychelles. Les suspects, âgés de 16 à 24 ans, sont arrivés aux Seychelles, jeudi matin (23 novembre) au port de Victoria. Un transfert effectué en vertu de l’accord signé avec l’Union européenne.

Reste à ce que le procureur engage les poursuites. « Les poursuites dépendront des preuves analysées par le bureau du procureur général », a souligné le commissaire par intérim de la prison de Montagne Posée, Raymond St Ange, selon l’agence Seychelles News Agency.

Le nombre de pirates détenus dans l’archipel s’est largement réduit depuis le pic de la piraterie entre 2009 et 2012. Il ne sont plus que 15 dans la prison de l’île.

(NGV)

 

Six pirates arrêtés dans le bassin somalien, entre Seychelles et Somalie (V6)

(B2) Six personnes, suspectées de piraterie, qui étaient à bord d’un baleinier, servant de navire-mère, et d’un skiff, ont été arrêtées après l’attaque de deux navires, les 17 et 18 novembre dans le sud du bassin somalien, a pu apprendre B2 selon un communiqué de l’opération européenne anti-piraterie déployée dans l’Océan indien (EUNAVFOR Atalanta).

Arrestation des six pirates présumés qui étaient à bord d’un petit baleinier, par l’équipe d’abordage du Virginio Fasan (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

Entre Somalie et Seychelles

L’incident s’est déroulé entre les Seychelles et la Somalie selon nos informations, à environ 320 milles marins au sud-est de la côte somalienne, (à la hauteur de la ville de Mogadiscio). Ce qui est pour le moins nouveau ; ces derniers mois les attaques pirates se concentraient dans le Golfe d’Aden ou le long des côtes somaliennes.

Tirs au RPG

Les pirates ont attaqué au RPG le 17 novembre, contre le MV Ever Dynamic, un porte-conteneurs de 52.000 tonnes battant pavillon panaméen et opéré par Evergreen, qui allait de Mombasa à Colombo (Sri Lanka) puis se sont dirigés vers le bateau de pêche Galerna III, un thonier de la compagnie Albacora de Bermeo battant pavillon seychellois (1) qui évoluait au large des Seychelles. La présence d’une équipe de sécurité et la mise à l’abri de l’équipage ont permis d’éviter des pertes humaines du côté des marins.

Au large de l’Ile de Mahé

Il était 8h55 heure locale samedi (18 novembre), le Galerna III se trouvait au nord-ouest de l’île de Mahé, dans les eaux internationales, lorsqu’un des trois gardes de sécurité a sonné l’alarme, raconte le capitaine Ager Zabala au quotidien El Correo. Un bateau suspect s’approchait à pleine vitesse et il n’y avait pas de temps à perdre. Selon le protocole habituel, l’ordre a été donné de ‘zigzaguer’, une manœuvre d’évitement classique. « Les marins sont partis se réfugier dans la pièce de sécurité », tandis que les agents de sécurité se préparaient à repousser l’agression. « Ils ont envoyé plusieurs éclairs d’avertissement quand le bateau était à environ 800 mètres. Quand ils ont vu que nous étions armés, ils ont décidé d’abandonner et sont retournés vers le navire-mère qui était aux environs », explique Ager Zabala.

Appréhendés par les Italiens

Un avion de patrouille maritime espagnol est d’abord intervenu pour localiser les pirates avant que les marins italiens de l’ITS Virginio Fasan (F-591) prennent le relais. « Le navire Fasan patrouillait à environ 60 milles marins de la côte sud de la Somalie quand une attaque de pirates a été signalée sur le porte-conteneur » relate un rapport la marine militaire. Le navire s’est alors dirigé vers le lieu de l’incident. Dans le même temps, une seconde attaque contre le navire de pêche a été signalée. Un navire suspect des pirates repéré par l’avion de patrouille maritime, l’hélicoptère de bord SH-90 du navire italien a pris le relais, permettant de repérer précisément « deux petits bateaux dans une position cohérente et corrélée avec celles des attaques ». L’équipe de fusiliers marins du bord de la brigade San Marco est alors intervenue pour arrêter les suspects. Les équipages des navires attaqués sont sains et saufs, précise-t-on à EUNAVFOR Atalanta.

Processus juridique en cours

« Le processus juridique est commencé — a indiqué l’opération européenne – afin que les pirates présumés soient transférés à une autorité compétente pour être poursuivi en justice ». Selon nos informations, ce sont les Seychelles qui pourraient, tout d’abord, être actionnées pour accepter ces suspects, en vertu de l’accord existant avec l’Union européenne. Une hypothèse d’autant plus sérieuse qu’une des attaques des pirates était dirigée contre un navire battant son pavillon.

(Mis à jour) Jugement aux Seychelles

Une indication confirmée. Les suspects ont été remis jeudi (23 novembre) aux autorités des Seychelles fin novembre. Ils ont été mis en accusation pour avoir commis un acte de piraterie » et tentative d’acte de piraterie. Ils encourent une peine allant jusqu’à 30 ans.

Un rappel à la prudence

Le QG de l’opération européenne a aussitôt lancé un appel à la prudence à tous les marins présents dans le secteur, pour qu’ils s’enregistrent lors de leur passage dans le Golfe d’Aden et l’Océan indien au MSCHOA (le centre de surveillance maritime pour la Corne de l’Afrique), et continuent d’appliquer les bonnes pratiques, inscrites dans le BMP4.

Première arrestation depuis des mois

C’est la première fois depuis plus de trois ans que des pirates sont ainsi arrêtés par une équipe européenne. La dernière arrestation dans le secteur avait été faite par la marine chinoise au printemps (lire : Trois pirates arrêtés par la marine chinoise transférés au Puntland).

Une reprise légère de la piraterie

Après trois années « creuses » (2014, 2015, 2016), l’année 2017 représente un certain frémissement de la piraterie. Selon le QG d’Atalanta à Northwood (sans tenir compte de la dernière attaque), les pirates ont mené cette année six attaques dont deux ont été couronnées de succès (bateaux piratés) et quatre ont échoué ; trois attaques ont été déjouées par les navires de guerre et deux autres évènements suspects sont signalés.

NB : notre bilan tiré de notre base de données « pirates » (alimentée par les sources maritimes) est légèrement supérieur : nous avons noté une vingtaine d’attaques (ou de tentatives d’attaques), et quatre navires piratés.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) L’Intertuna III est avec le Galerna III un des thoniers espagnols battant pavillon des Seychelles. Ce qui leur permet d’échapper à la date de fermeture de la pêche au thon jaune (albacore) établie par le gouvernement espagnol.


Dernier incident grave au large du Yemen

Le dernier incident recensé dans la zone était au large du Yemen, le 24 octobre, aux petites heures de la matinée, à environ 37 nautiques au sud est de l’île de Socotra. Des pirates armés à bord de deux skiffs se sont approchés, ont tiré un dhow de pêche. Un marin a été tué et trois autres blessés. L’intervention d’un navire militaire a mis fin à l’attaque, les militaires répliquant aux tirs des pirates. Ils sont ensuite venus en aide aux pêcheurs, prodiguant des soins aux blessés, et procédant un contrôle des dommages subis par le navire. Celui-ci a pu poursuivre son voyage.


Lire aussi : Une tentative d’attaque par des pirates échoue dans le Golfe d’Aden

Mis à jour 20.11 9h avec le bilan de la piraterie, 16h avec les noms des navires, 20h avec le récit du capitaine du navire de pêche attaqué – 21.11 3h avec le rapport de la marine italienne – le 30.11 avec la remise aux Seychelles

Une tentative d’attaque par des pirates échoue dans le Golfe d’Aden

(BRUXELLES2) Le 15 novembre, un destroyer du 27e groupe d’escorte de la marine chinoise a dispersé un certain nombre de navires de pirates présumés qui poursuivaient deux porte-conteneurs, selon la télévision chinoise CCT.

Vers 16 h 30 heure locale, alors que le Haikou escortait un groupe de navires, enregistrés à Hong Kong et en Italie, vers le golfe d’Aden, trois bateaux se déplaçant à grande vitesse ont été détectées à 5,1 milles marins. Grâce à son radar, le destroyer a pu constater que la flotte « chasseresse » était composée de trois skiffs, remorqués l’un à l’autre, contenant chacun cinq personnes. Le navire chinois a accéléré pour intercepter les skiffs, qui ont fait demi-tour et se sont enfuis.

En septembre, déjà, le navire ravitailleur chinois Qinghaihu avait mis en fuite un canot avec neuf pirates qui avaient pris pour cible un porte-conteneurs britannique et un cargo maltais dans le Golfe.

Une attaque de pirates déjouée dans le Golfe d’Aden

(B2) Une attaque MV Lord Mountbatten, un cargo appartenant à la compagnie grecque British Bulkers battant pavillon libérien, a été déjouée par la marine indienne à la mi-mai, à environ 230 miles nautiques au sud-ouest du port omanais de Salalah, dans le golfe d’Aden.

Deux dhows et huit skiffs

Il était vers 16h45, ce 16 mai 2017 quand l’équipage du navire a émis un appel de détresse, signalant la présence à proximité de deux embarcations mères suspectes, tirant 7 à 8 skiffs, qui se rapprochaient du navire, selon un communiqué de la marine indienne. Le INS Sharda, qui était alors à 30 miles à l’est, a alors mis les ‘gaz’ pour rejoindre aussi vite que possible les lieux. Arrivé sur zone, vers 19 heures, le Sharda a effectivement repéré deux dhows tirant huit skiffs dans les environs. A l’arrivée du navire de guerre, trois ont fui d’ailleurs à grande vitesse avec leurs occupants.

Une tentative d’attaque pirates

Les commandos marine (MARCOS), avec le soutien de l’hélicoptère de bord, ont visité les navires suspects. Et après enquête, ils sont arrivés à la conclusion qu’ils s’agissait bien de pirates. « L’absence de tout équipement de pêche à bord des deux dhows et des cinq autres skiffs indiquait, clairement des intentions malveillantes et, de façon probable, liées à la piraterie » indique la marine indienne. Un fusil de type Kalachnikov avec un chargeur rempli (28 balles) a été trouvé caché à bord d’un des dhows. L’arme et les munitions ont été confisquées.

NB : L’INS Sharda est déployé dans le cadre des patrouilles anti-piraterie de la marine indienne dans le golfe d’Aden depuis le 6 avril.

(NGV)

Le piratage de l’OS35 déjoué par la marine indienne et chinoise

(crédit : ministère indien de la défense)

(B2) Alerté par un appel de détresse de l’équipage, une opération combinée de la marine indienne et chinoise a mis fin à l’attaque par les pirates (somaliens) d’un cargo l’OS35, dans le Golfe d’Aden le 8 avril. Ce cargo libanais, battant pavillon du Tuvalu (anciennement dénommé JS Comet ou Addu Comet) avait quitté le port de Kelang en Malaisie pour se rendre dans le port de Aden (au Yémen), et se trouvait, au moment de l’attaque près de l’île de Socotra.

En route vers la Méditerranée

Plusieurs navires indiens, le Mumbai, le Tarkash, le Trishul et l’Aditya, étaient à proximité, en transit dans le Golfe pour un déploiement en Méditerranée (1). Deux d’entre eux — INS Mumbai et INS Tarkash – se sont détournés pour répondre à l’appel et ont rapidement rejoint le navire marchand le lendemain (9 avril), indique le ministère indien de la Défense dans un communiqué parvenu à B2.

L’équipage réfugié dans la « citadelle »

Les navires de guerre indiens ont pu établir le contact avec le capitaine du navire marchand qui, avec l’équipage, s’étaient enfermés dans une chambre forte à l’intérieur du navire (selon le mode opératoire standard de la « citadelle »). Un hélicoptère de la Marine indienne a effectué une reconnaissance aérienne du navire marchand la nuit et au lever du soleil pour s’assurer que les ponts supérieurs du navire marchand étaient libres et déterminer l’emplacement des pirates, s’ils étaient toujours à bord.

Plus de pirates à bord

Aucun mouvement suspect n’a été détecté. L’hélicoptère de la Marine indienne a alors envoyé un « signal clair » à l’équipage assurant qu’aucun pirate n’était visible sur les ponts supérieurs. Certains membres de l’équipage ont alors progressivement émergé de la chambre forte et ont effectué, à leur tour, une reconnaissance du navire, constatant que les pirates avaient fui dans la nuit, dans un dhow. Une équipe d’abordage du navire de la marine chinoise, qui se situait à proximité, a abordé le navire marchand, permettant de sécuriser le périmètre. Les 19 membres d’équipage, tous philippins sont en sécurité. Et le navire a pu poursuivre sa route.

(maj) Trois pirates arrêtés

Selon Voice of Africa – Somalie, seuls deux pirates ont réussi à s’évader et à rentrer chez eux dans la ville d’Alula. Trois autres, dont le fameux Abdikarim Salah « Aw Koombe », impliqué dans le détournement d’une dizaine de navires dans les derniers années, auraient été laissés sur place, et été arrêtés ensuite par la marine chinoise.

(NGV)

(1) Ils devaient notamment rejoindre le port de Souda (en Grèce qui est aussi une étape clé pour les navires de l’OTAN dans la région) ainsi le port de Toulon pour participer à l’exercice conjoint « Varuna » avec la marine française.

Le navire Aris 13 libéré, escorté par le Courbet (V2)

Le RHIB du Courbet près du pétrolier Aris 13 (crédit : EUNAVFOR Atalanta)

(B2) Le navire pétrolier Aris 13, capturé par les pirates somaliens lundi (1er mars), a été libéré selon les sources maritimes. Le QG d’EUNAVFOR Atalanta l’a confirmé, jeudi (16 mars), dans la soirée. « Le navire est bien libre. Ils sont en route vers un port sûr sur la côte nord de la Somalie. Des membres de la police maritime de Puntland – qui ont aidé à la libération du navire – sont actuellement à bord. »

Equipage sain et sauf

Le capitaine a confirmé que son équipage « n’avait subi aucune blessure au cours de l’attaque comme de leur captivité » qui a, finalement, été de courte durée (quatre jours). Un avion de patrouille japonais – qui fait partie de la force anti-piraterie de la coalition (CTF 151) – a pu parlé aujourd’hui (vendredi 17 mars) au capitaine. Il lui a confirmé que le navire « était bien libre, qu’il avait repris la mer, avec tout l’équipage ».

(maj) Escorte par le Courbet

Un navire français, le FS Courbet, s’est porté à la rencontre des marins du tanker, leur fournissant un soutien et une réassurance après leur libération. Les marins français ont notamment apporté de l’eau et d’autres équipements à l’équipage, s’assurant qu’ils n’avaient pas besoin d’autre  assistance.

(NGV)

(1) Lire : Les pirates repartent à l’attaque dans le Golfe d’Aden. L’Aris 13 capturé