piraterie

18 mois après le début de l’opération, Atalanta en mode offensif

(crédit : marine française)

(BRUXELLES2) Les 27 ministres des Affaires étrangères se réunissent aujourd’hui (10 mai) pour faire le point sur l’opération anti-pirates de l’Union européenne EUNAVFOR Atalanta, notamment sa prolongation (1) et ses nouvelles modalités d’actions.

Poussé essentiellement au niveau européen par les Espagnols, le volet « dissuasion » de l’opération Atalanta s’est, au fil des mois, musclé. Et depuis février (2), il est devenu volontairement plus offensif.

Un comportement qui a été décidé et mis en oeuvre de façon coordonnée par toutes les forces multinationales (CTF151 et OTAN) et nationales (USA, Russie…) présentes dans la zone au sein des réunions mensuelles du SHADE (Shared Awareness and Deconfliction) à Dubaï. Coté européen, cette tactique a été consignée dans des « directives militaires » émises par le commandant de l’opération, le Rear Admiral Hudson, à l’instigation des navires européens participant à l’opération. Elle se traduit dans trois axes qu’on peut résumer ainsi.

Premier axe : l’interception des groupes-pirates en pleine mer

Ordre a été donné à certains navires de partir en chasse à l’interception des groupes pirates sans se préoccuper d’éventuelles poursuites en justice. Après le « pouce » du Kenya, et le « feu orange » des Seychelles, la poursuite n’est plus possible que dans l’Etat du pavillon.

Cet abandon a, en contrepartie, un avantage : pouvoir agir plus rapidement et plus simplement. Il n’y a plus de nécessité de rejoindre les côtes pour remettre les suspects à des autorités, après une arrestation. Et il n’est plus nécessaire de prendre des précautions de recueil de preuves et d’audition des pirates, ce qui complète toute action.

L’objectif de neutraliser les groupes pirates peut donc être plus systématique et se déroule sur un modus operandi identique : repérage par les avions de patrouille maritimes, intervention d’un navire de guerre avec survol par hélicoptère, coup de semonce éventuel, et appréhension, désarmement des pirates (s’ils ne l’ont pas déjà fait eux-mêmes), admonestation, destruction du bateau-mère ou des skiffs, remise en liberté desdits suspects à bord d’un des skiffs restants au large des côtes avec suffisamment de vivres et d’essence pour rejoindre la côte somalienne. Par exception, les forces ont dû remettre parfois les pirates sur le bateau-mère car ils étaient trop nombreux. Cette tactique devrait donc être affinée, en gardant un ou deux skiffs au lieu de les détruire systématiquement,
cela permettra d’avoir une « réserve » de bateaux à « prêter » pour le retour (3).

Cette poursuite ne se fait pas au hasard. Les Européens ont repéré plusieurs chenaux dans l’Océan indien qu’utilisent les groupes pirates pour partir à l’assaut. Sur ces axes, travaillent les avions de patrouille maritime, en trois cercles concentriques progressifs : les Merlin III luxembourgeois autour des Seychelles, le Dash 8 suédois ensuite, les P3 Orion au-delà sur tout le bassin somalien (4).

Cette action a un effet sur le moral et les finances des pirates selon les officiers d’Atalanta que j’ai interrogés sur le sujet. Ils y voient plusieurs effets. Premièrement, retirer un certain nombre de groupes de la zone — « nous l’avons constaté, les groupes ne reprennent pas la mer tout de suite ». Deuxièmement, ceux qui y participent perdent leur investissement ; on estime à environ 10.000 £ le coût « all inclusive » de l’action d’un groupe pirates. L’investisseur doit donc remettre au pot. Enfin, cela produit un choc. Auparavant – mis à part un naufrage, « il y avait peu de risque à la piraterie. Désormais ce n’est plus sans risque. Et nous escomptons que ceux qui ont ainsi été pris ne reprennent pas la mer de sitôt. »

Deuxième axe : la désorganisation des bases arrières

Plusieurs navires d’EUNAVFOR ou de l’OTAN passent désormais régulièrement le long des côtes, en tentant d’intercepter les bateaux-mères avant qu’ils ne prennent le large (4). L’effet peut être la surprise. Ainsi, le Johan de Witt, navire néerlandais d’EUNAVFOR appréhende, coup sur coup, deux bateaux-mères près des côtes somaliennes. Il permet aussi d’assurer le maximum de présence pour intimider (lire : Le Johan de Witt capture quelques pirates de plus). Le lendemain, la frégate espagnole, Victoria, intercepte un groupe pirates d’un bateau-mère et deux skiffs à 40 miles des côtes somaliennes, le 25 avril. « Quand ils voient arriver le bateau de guerre, les groupes pirates déménagent », raconte un expert du dossier. En « bloquant » un port pirate, « on n’empêche pas les pirates de passer à l’action, mais on retarde leur action et on la désorganise ». C’est un peu le coup de pied dans la fourmilière.

Troisième axe : la reprise des bateaux piratés

Toutes les actions offensives se sont produit jusqu’ici sous pavillon national, soit par des navires appartenant à l’opération européenne qui reprennent le temps de l’action leur pavillon d’origine ; soit par des navires extérieurs à une opération multinationale (Américains, Russes). Elles ont été rares jusqu’à début avril 2010 et toujours circonscrites à des circonstances particulières ou des nationales précises. En fait, seuls les Français (Carré d’As, Tanit) et les Américains (Maersk Alabama) ont déjà tenté une action commando pour reprendre un navire aux mains des pirates, dans des situations particulières: navires de plaisance pour les Français, navire sous contrat militaire pour les Américains (l’action étant davantage dirigé pour libérer un otage que récupérer le bateau).

Les RHIB du Tromp en acton (crédit : marine néerlandaise)

Coup sur coup, ces dernières semaines, deux actions ont été menées pour reprendre un bateau aux mains des pirates, dans des circonstances différentes : il s’agit là de reprendre un navire marchand déjà aux mains des pirates, avec un équipage nombre. La première action est effectuée, début avril, par la frégate néerlandaise Hr Ms Tromp sur le MV Taipan, un navire allemand (5). Pour aller plus vite, les Néerlandais agissent sous pavillon national. Mais « l’action aurait pu être entreprise sous pavillon européen » assure un spécialiste du dossier. L’équipage est libéré sain et sauf et les pirates sont remis à l’Allemagne autorité du pavillon pour être traduits en justice (6). La seconde, le 6 mai, par la frégate anti-sous-marine russe Marchal Chapochnikov après la capture d’un de leurs navires, le Moscow University, servi par un équipage russe. L’équipage est libéré sain et sauf mais un pirate est tué dans l’action et plusieurs autres blessés.

Sans dévoiler tous les aspects tactiques de cette action, celle-ci est cependant soumise à certaines conditions « techniques » : agir vite, dans les premières heures (24 heures, maximum 48 heures) de la capture du bateau par les pirates, et en tout cas, avant que les pirates aient rejoint la côte somalienne. Pour cela, l’alerte précoce d’une attaque pirates soit par l’équipage concerné, soit par un avion de patrouille maritime est essentielle. Et l’équipage du navire marchand doit avoir respecté les
consignes, notamment : blocage de certains éléments clés du navire (gouvernail, moteurs…), mise en sécurité de l’équipage dans une salle sécurisée au fond du navire en ayant averti au préalable les forces multinationales (le MSCHOA à Northwood ou l’UKMTO à Dubai). Les commandos largués par hélicoptère peuvent alors intervenir rapidement sans risque de dégâts collatéraux.


Et au bilan…

Il est sans doute trop tôt de dresser un premier bilan. Mais force est de constater ce mode « offensif » commence à donner un certain effet. Depuis le début, les Européens et les autres forces en présence, ont détruit près de 50 groupes pirates. « Ce qui selon les évaluations en présence – en supposant un taux de « capture » de 3 ou 4 – permet d’estimer que nous avons évité une petite dizaine de captures de navires par les pirates » estime un marin d’Atalanta. Depuis début avril, on peut aussi noter qu’une petite dizaine de navires (seulement) ont été capturés par les pirates, ce qui semble représenter un certain ralentissement de la « rentabilité » de la piraterie. On imagine ce que cela aurait été sans l’action des forces de coalition… NB : actuellement les pirates détiennent 18 navires et 393 marins.

Cette action a cependant un revers. Elle étend la zone de « chalandise » des pirates qui n’hésitent plus désormais à aller « pêcher » très loin de leurs zones de prédilection, et en tout cas au-delà de la zone définie pour l’action européenne. Désormais les attaques se rapprochent des côtes indiennes. A plus de 1200 miles des côtes somaliennes, on est effectivement pas loin de l’Inde (environ 500 miles) et tout près des Maldives. Autre évolution les pirates s’en prennent plus systématiquement à des prises « faciles », moins protégées : les bateaux de pêcheurs yemenites, indiens ou thaïlandais. Pas toujours dans l’hypothèse d’une « revente » mais ne serait-ce que pour se ravitailler en haute-mer ou récupérer un navire transformable en « bateau-mère ». Témoin de cette double évolution : l’attaque et la capture le 6 mai dernier d’un navire de pêche taïwanais, le Tai Wuan 227, à 1350 miles ! des côtes somaliennes.

Lire également :

(1) L’opération Atalanta prolongée pour 2 ans ?

(2) Atalanta va recevoir le mandat de surveiller les côtes somaliennes

(3) Un premier bilan, à mi-mars : 2 nouveaux groupes pirates neutralisés. Pirates libérés

et un autre à mi-avril : Le Hr Ms Tromp rentre au pays, mission accomplie, 73 pirates désarmés

(4) Pour exemple, L’Absalon repère un grand camp de pirates près d’Hobyo

(5) Les Marines du Tromp passent à l’action (Maj)

(6) Dix pirates transférés en Allemagne via Djibouti et les Pays-Bas

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Le Johan de Witt capture quelques pirates de plus. Il joue la surprise

Le navire néerlandais, Hr Ms Johan de Witt, qui participe à l’opération européenne anti-piraterie Atalanta, a désarmé, le 7 mai, un groupe pirates dans le bassin somalien. Un bateau-mère et ses deux skiffs avaient été repérés au préalable par l’avion de patrouille maritime suédois d’Atalanta. Le navire de guerre néerlandais qui n’était qu’à 30 miles des « cibles » a détaché deux de ses péniches de débarquement qui ont approché, discrètement, les pirates. 11 suspects ont été appréhendés. Conformément aux lignes directrices édictées par le commandement d’Atalanta, et après consultation du ministère public néerlandais, ceux-ci ont cependant été remis en liberté. ArrestPirates159830-NL100507.jpg

Les bateaux ont été stockés avec ceux pris dans les dernières semaines, sur le pont du navire. Les Néerlandais ont, en effet,
participé de
concert avec la frégate française La Fayette, à une interception d’un autre groupe-pirates le 5 mai, à environ 360 miles au nord-ouest des Seychelles.

Pour télécharger la vidéo de la marArrestPiratesPont159832-NL100507.jpgine
néerlandaise

Des péniches bien discrètes et bien utiles

Les péniches de débarquement du Johan de Witt aiment bien jouer l’effet de surprise. Ainsi lors d’une patrouille le long des côtes somaliennes, effectuée fin avril, elles ont pu surprendre et intercepter deux bateaux-mères (baleiniers) en train de prendre le large. Commet le raconte le major Theo Mestrini qui avait troqué son lit dans sa cabine du navire contre un lit de camp à bord d’une des péniches : « nous étions tout près d’un des camps pirates et nous observions eurs activités durant la nuit. Tôt le matin, nous avons soudainement reperé un gros bateau de pêche. Nous l’avons approché. Cela s’avérait en fait un baleinier utilisé en tant que bateau-mère et équipé pour la piraterie. L’équipage était totalement surpris et semblait confus. Mais il a été vite clair que le baleinier était en route vers l’Océan. »

ArrestPirates155051-Nl100426.jpg(crédits photos : marine néerlandaise)

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Les 11 pirates somaliens traduits aux Etats-Unis sont inculpés

MacBride Neil Attorney@Us(BRUXELLES2) L’Attorney général de Virginie (USA) à Norfolk, Neil MacBride, a indiqué, le 23 avril, qu’il entendait poursuivre les 11 somaliens suspectés de piraterie et arrêtés, en flagrant délit, dans l’Océan indien par deux navires de la marine américaine l’USS Nicholas et l’USS Ashland, respectivement le 31 mars et le 10 avril.

Les Somaliens avaient commis une petite erreur d’appréciation… en s’attaquant aux deux batiments de la force navale américaine.

Décision avait été prise de les rapatrier aux Etats-Unis (car ils avaient attaqué un navire militaire). L’enquête a été conduite par le bureau du FBI de New York et de Norfolk et le Naval Criminal Investigative Service (NCIS).

Les 11 hommes ont été inculpés de plusieurs chefs d’accusation (ce qui ne signifie pas encore que leur culpabilité soit reconnue, le principe de la présomption d’innocence) : attaque pour piller un navire ; attaque avec arme dangereuse ; conspiration pour utiliser des armes dans un crime avec violence ; pour lesquels ils risquent 10 ans au minimum à la prison à vie selon les chefs d’accusation.

NB : l’USS Nicholas est basé à Norfolk et l’USS Ashland à Little Creek

Lire également : L’USS Nicholas capture 5 pirates au large des Seychelles

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Les Seychelles : un hub aérien dans la lutte anti-pirates


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(BRUXELLES2) Les Seychelles deviennent, plus que jamais, un point incontournable de la lutte anti-pirates au niveau aérien. L’ambition du ministre des transports seychellois, Joel Morgan, de faire un « hub » (1) est aujourd’hui en quelque sorte réalisé.

En ce moment, d’après les informations que je possède, de bonne source, il y aurait 5 à 6 avions de patrouille ou surveillance maritime d’EUNAVFOR Atalanta, basés dans les Seychelles : les deux avions Luxembourgeois (+ 1 de réserve), l’avion suédois des gardes-côtes Dash 8, le P3 Orion portugais (prévu pour Djibouti, il a finalement été placé aux Seychelles, pas de place sur le parking), et un Falcon 50 français (qui va y « résider » pour quelques semaines). Chacun de ses avions a une utilité et peut parcourir tout le bassin sud somalien. Dans un plus court rayon interviennent les Merlin III luxembourgeois ; au-delà les autres avions qui peuvent atteindre jusqu’aux côtes kenyanes ou tanzaniennes (jusqu’à la limite du 11° Sud fixée comme limite d’opération pour Atalanta).

Le Dash 8 suédois ont, particulièrement, été remarqués par les spécialistes. « C’est assez ingénieux ce qu’ont fait les Suédois. Ils ont pris un avion civil de base puis ont installé à l’intérieur toute une série de dispositifs électroniques et de communication, venant de l’industriel national Ericson, mais aussi de fabricants israéliens. » Ce qui explique aussi que certaines photos du Dash 8 (Blue bird), diffusées par les sources officielles, ont été masquées ou floutées.


Les autres moyens : Drones, Patmar, Hélicoptères, Awacs… Utiles ?

Les drones US ne seraient plus actifs dans l’ile. L’objectif des drones US n’était peut-être pas seulement de repérer les pirates… Mais leur utilité d’observation a été remarquée. « Le gros avantage est leur durée en vol. Et aussi leur souplesse d’engagement (les règles de sécurité sont évidemment moins strictes que pour des avions et hélicoptères qui embarquent des personnels). En revanche, ils n’ont pas de  possibilité d’intervention. En cela, le couple avion de patrouille maritime (PatMar pour les intimes) – hélicoptère reste un instrument inégalé. On peut aller assez loin, fixer un objectif, et guider sur celui-ci un hélicoptère qui peut intervenir et déjouer directement l’attaque. En général, au bruit de l’hélicoptère et au premier tir de sommation, les pirates décampent ». Les Espagnols pourraient à leur tour déployer des drones selon des informations parues dans la presse. Et les Américains disposent toujours de drones embarqués à bord des navires.

Le couple Patmar-Hélicoptère est ainsi un des vecteurs de l’opération EUNAVFOR-Atalanta les plus efficaces et les plus innovants. Les Européens sont, en fait, les seuls à avoir toute cette panoplie. Les Américains et Australiens de la CTF-151 disposent d’un nombre d’avions P3 Orion conséquents mais ne les utilisent que peu contre la piraterie. Quant à l’OTAN, elle n’a pas d’avions. Enfin, pas encore, elle devrait en être dotée prochainement. 

Quant aux Awacs, l’expérience française n’a pour l’instant pas été renouvelée et ne semble pas prêt de l’être. L’OTAN souhaiterait pouvoir les déployer. Mais ce déploiement se heurte à une question financière – comme pour l’Afghanistan d’ailleurs. Qui paiera ? Les Allemands ne sont pas chauds (outre les difficultés législatives d’accord du Bundestag…), les Français non plus. L’intérêt de l’Awacs dans la lutte anti-pirates n’est d’ailleurs pas vraiment prouvé, selon les marins d’Atalanta. « Il ne permet pas de distinguer des petits skiffs nombreux dans l’Océan indien (…) et, surtout de les qualifier de suspects, comme peut le faire un PatMar qui peut repérer, sur photo, échelles et autres attirail de piraterie ». Son intérêt se situe plutôt ailleurs : dans le repérage de plus gros navires (employés par les trafiquants en tous genres, d’armes, narcotrafiquants…).

(1) Avec trois drones US, un « hub » anti-piraterie aux Seychelles

(2) Il est vrai que ce sont des marins et non des aviateurs . Mais coté aviateurs, je n’ai trouvé encore personne pour vraiment les contredire.

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L’Estonie va participer à l’opération anti-pirates Atalanta (maj)

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(B2) L’Estonie devrait rejoindre l’opération anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta de façon plus opérationnelle, a annoncé le ministre de
la Défense estonien
Jaak Aaviksoo, aujourd’hui à Luxembourg.

Une équipe de protection embarquée d’une douzaine de militaires de la marine devrait être intégrée dans un navire allemand d’ici la fin de l’année. Les négociations ont commencé. 

A noter que l’Estonie a déjà une participation dans les Etats-Majors de l’opération.

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Le BCR Somme attaqué par des pirates. A nouveau ! (maj)

(BRUXELLES2) Le navire de ravitaillement français BCR Somme qui fait partie de l’opération européenne de lutte anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta et est également a été attaqué par des pirates dans la nuit du 19 au 20 avril. Une méprise singulière… qui n’est pas la première. C’est la seconde fois que le BCR – qui est également le navire de commandement de l’Alindien (1) – est attaqué. La première fois, c’était en octobre 2009. Il était alors sous pavillon national. L’opération s’était alors soldée par l’arrestation de 5 pirates puis leur  condamnation, dans la foulée, par les tribunaux du Puntland (région autonome de Somalie) à 5 ans de prison. Selon mes comptes, c’est la neuvième attaque de pirates contre un batiment militaire en un an (11 si on compte les deux navires Maersk affrêtés par la marine US). Cela fait beaucoup…

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Selon ce qu’en relatent les militaires, les marins du Somme ont répliqué par des tirs de semonce à l’attaque. Les pirates ont alors pris la fuite, chaque embarcation prenant une voie séparée. L’équipage du Somme s’est lancé à leur poursuite. Il est d’abord tombé, rapidement (en moins d’une heure) sur un mother ship, qui a été intercepté, avec 2 suspects à bord avec matériel de piraterie (échelles, munitions…). Puis un skiff a été retrouvé quelques heures plus tard et intercepté avec 4 autres suspects. Les 6 pirates ont été placés à bord du BCR Somme et le bateau-mère détruit.

 

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(crédit photo : ministère FR de la Défense / DICOD)

(1) L’Alindien est toujours en mer actuellement

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Les gardes-côtes du Topaz face à une attaque de pirates (suite)


(B2) Entre les pirates et les gardes-côtes des Seychelles, la tension monte. Après avoir récupéré des otages et arrêté des pirates hier (lire ici), le Topaz a été attaqué cette nuit (vers 4 heures du matin locales). Un bateau mère et 2 skiffs pirates ont ouvert le feu sur le Topaz alors que celui-ci se trouvait dans la Zone économique exclusive, sur le chemin de Mahé
. Les gardes-côts ont riposté. Un des skiffs a coulé et le bateau-mère a explosé et pris, le troisième skiff s’est enfui. Le Topaz a poursuivi sa route vers Port Victoria, annonce le corps des gardes-côtes estimant « que la priorité était de retourner avec les otages sains et saufs et ne pas risquer la vie des civils à bord par la chasse vers le troisième skiff. Le sort des pirates sur les trois navires n’est pas connu » est-il encore précisé. Ce qui me semble être une entorse à
l’obligation de la sauvegarde de la vie en mer.

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Course poursuite dans l’Océan. Le Topaz libère 27 otages et arrête 9 pirates

GALATE3-Eunavfor.jpg (BRUXELLES2) Le navire des gardes-côtes des Seychelles le Topaz a réalisé, aujourd’hui, une interception d’un bateau mère utilisé par les pirates et libéré les otages qui étaient à bord. Depuis plusieurs jours, les avions de patrouille maritime de la force européenne anti-pirates EUNAVFOR Atalanta (le Merlin III Luxembourgeois et le Dash 8 Suédois) pistaient les pirates.

Sauts de puce des pirates. Ceux-ci ont ainsi d’abord capturé un navire le MV Arzoo avec un équipage de 14 indiens (libérés sains et sauf).
A court de carburant, ils avaient décidé de prendre une autre proie. Un bateau iranien, le MV Abi Al, avec 21 hommes d’équipage (15 Iraniens, 6 Pakistanais), est ainsi capturé vendredi. Puis c’est au tour d’un bateau pêcheur immatriculé aux Seychelles, le FV Galate, avec 6 Seychellois à bord, d’être capturé dans la nuit de dimanche à lundi, à 90 miles du sud-est de l’ile de Mahé (la principale ile des Seychelles). Les pirates trouvant ce dernier bateau trop petit embarquent  les 6 hommes d’équipage, prennent le Galate en remorque et mettent le cap vers le nord de la Somalie avec leurs 27 otages.

Escarmouches en océan. C’est alors que le Topaz entre en jeu. Guidé par l’avion de patrouille suédois d’Eunavfor qui suit la situation du ciel, il localise le dhow. Des ordres de stopper sont pris. Mais les pirates répondent « de manière menaçante ». En fait, ils tirent au lance-roquette en direction des gardes-côtes. Le Topaz tire alors de sévères coups de semonce. Les pirates continuent. S’engage alors une course poursuite. L’ordre d’interception ayant été donné par les autorités des Seychelles avant que le Dhow puisse atteindre les cotes somaliennes (NB : plusieurs Seychellois ont déjà été pris en otage dans le passé, à bord des navires Serenity, Indian Ocean Explorer et – dernièrement – avec le thonier espagnol Alakrana ; une affaire suivie avec émotion dans l’archipel où la question de la piraterie est maintenant très sensible).  

Tir au but. Lundi après-midi (on est alors à 250 miles au nord-ouest de Mahé), les gardes-côtes du Topaz tirent alors au but, dan le moteur du  dhow, ce qui entraîne un feu à bord. Les pirates, l’équipage iranien comme les Seychellois sautent alors en mer. Le Topaz a alors récupéré tout le monde : les Seychellois (Joel, Francis, Emannuel, Richard, Roland et Antoine – tous sains et sauf), l’équipage iranien (dont un des marins avait été blessé par un tir), ainsi que les 9 pirates. Tout le monde est actuellement en route vers les Seychelles, où ils sont attendus demain après-midi à Victoria selon l’Etat-major des gardes-côtes de l’archipel.

« Action« . Il faut remarquer que si ce n’est pas la première prise des Seychelles, c’est la première action très « offensive » du Topaz. Les
Seychellois ont été – depuis plusieurs mois – entraînés et formés spécialement à la lutte anti-piraterie. Notamment par les conseillers militaires présents sur l’archipel (français et britannique). Cette action menée en étroite coopération avec les forces européennes prouve ainsi la pertinence du soutien et de la formation dispensés aux forces locales.

(visant à les transformer d’une force de surveillance des pêches à une force plus active, lire ici)

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Les gardes privés tuent un pirate, le Navarra intervient

(B2) La frégate espagnole Navarra (qui fait partie de la force européenne anti-pirates EUNAVFOR Atalanta) a intercepté au large de la Somalie un baleinier (bateau-mère) ainsi que deux skiffs.

Très forts soupçons. Ces bateaux sont fortement soupçonnés d’avoir participé à l’attaque du MV Almezaan. Ce cargo des Emirats Arabes Unis, battant pavillon panaméen, qui allait vers Mogadiscio, avait été attaqué ce matin, pas loin des côtes somaliennes d’Harardere (à 60 miles environ selon le QG d’Atalanta). Il avait pu s’échapper, notamment grâce à la riposte des gardes privés à bord qui avaient ouvert le feu sur l’agresseur, et avait lancé un appel de détresse.

Un mort. Dans les bateaux suspects, les militaires ont retrouvé « un cadavre qui portait des traces d’armes légères, ainsi que des armes et munitions de différents calibres. Les skiffs étaient marqués de nombreux impacts de balles et d’obus » selon un officier espagnol. Les 6 autres personnes en vie, pirates présumés, on été appréhendés et ramenés à bord de la frégate. « Ils sont en attente d’identification par le personnel du navire marchand attaqué » qui a été prié de rester à proximité.

6 arrestations. Les 6 suspects pourraient, le cas échéant, être remis au Kenya ou aux Seychelles, deux pays qui ont signé des accords avec l’UE, estime-t-on à Madrid (la seconde hypothèse est très peu probable selon moi). En attendant, le baleinier a été coulé. Et les autorités somaliennes ont été contactées pour prendre en charge le corps du suspect (qui se trouve également rapatrié sur la frégate).

Enquête. Une enquête est en cours pour déterminer les faits et les responsabilités. Selon le droit international, les forces privées n’ont pas de « droit » en tant que tel d’intervenir face aux pirates et obéissent, alors, aux règles pénales classiques (légitime défense à prouver). C’est tout le problème de gardes privées à bord des navires marchands…

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L’Absalon repère un grand camp de pirates près d’Hobyo

(B2) Avant de remonter vers la mer rouge et le Danemark, la frégate danoise Absalon (force de l’OTAN) a mené, début mars, le long des côtes somaliennes, une mission de repérage. Cette mission vaut le coup d’être détaillée. Car elle est symptomatique de la volonté des forces multinationales anti-pirates de ne plus rester en position de réaction face à une attaque mais d’aller au devant des pirates, de perturber leur bases arrières. Une volonté manifeste également pour la force européenne EUNAVFOR Atalanta qui va voir son mandat élargi (1).

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Le camp pirates photographié par hélicoptère
(Crédit photo : ministère danois de la défense)

« Nous avons pu repérer un des plus grands camps pirates sur la côte Est (près d’Hobyo) » a expliqué le commandant de l’Absalon, Dan Termansen. « Il y avait environ 125 hommes armés ». Sur les photos prises par l’hélicoptère, on remarque, en effet, de nombreux skifs, des bateaux plus grands (les bateaux-mères), des bidons d’essence, des moteurs hors bord ainsi que plusieurs véhicules 4×4 qui assurent la liaison avec les villages aux alentours, le ravitaillement et l’acheminement des hommes. Ce n’est pas un port en soi. Mais plutôt une zone de repos. L’arrivée du navire de guerre a un peu perturbé la vie sur la plage. Les pirates ont démonté le camp et sont partis ailleurs.

Durant l’opération, les Danois ont mis la main sur trois bateaux-mère. Pour éviter toute tentative d’assistance de la part de leurs collègues restés sur la plage, les bateaux ont été amenés à 12 miles des côtes puis détruits au canon. Les suspects ont été libérés. « Ils n’avaient rien fait d’illégal à ce moment » a expliqué Dan Termasen. « Les empreintes digitales des suspects ont cependant été pris. Et tout leur équipement (GSM…) saisi ».

(1) Lire : Atalanta va recevoir le mandat de surveiller les côtes somaliennes

 

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Les 6 pirates du Torre Giulia réexpédiés au Puntland

(B2) Les 6 pirates repêchés par les commandos marine et les pêcheurs du thonier franco-italien Torre Giulia sont finalement arrivés au Puntland somalien. Ils avaient d’abord été dirigés vers les Seychelles. Mais les autorités de l’archipel avaient estimé que les preuves n’étaient pas suffisantes pour les juger dans l’archipel et les avaient remis à disposition des autorités françaises (lire ici).

Par ailleurs, un tribunal du Puntland a déjà condamné, samedi, 22 des pirates précédemment remis par le Nivose à des peines de 6 ans de prison. 2 d’entre eux ont libérés, faute de preuves.

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Les thoniers dans l’Océan indien subissent une attaque chaque jour

Les thoniers espagnols (basque, galicien) ainsi que français (bretons) font face quasiment tous les jours, depuis la fin de la mousson, à des attaques de pirates somaliens dans l’Océan indien. Et ils n’ont dû pour l’instant d’être saufs qu’au respect des manoeuvres habituelles et à la présence à bord d’équipes de protection embarquées (privées ou militaires).

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L’Artza et son équipe de privés, observé par l’hélicoptère P3 Orion (crédit photo: Armada espagnole)


La liste ci-dessous n’est pas exhaustive. Mais elle est édifiante :

- ven 19mars. Le Tarasca et l’Ortube Berria (Albacora) échappent à des pirates sur le chemin de retour vers les Seychelles.

- jeu 18mars. Le thonier basque Txori Aundi (Inpesca) est attaqué à environ 900 miles au large des côtes somaliennes. Le Txori Gorri (Inpesca) s’enfuit à temps d’une attaque. Le thonier Albacun II (Albacora) rapporte également une attaque, la frégate allemande Emden intervient.


- mar 16 mars. Les thoniers français Cap Saint Marie (France Thon) et le Franche-Terre (Sapmer) repoussent une attaque pirates.

- dim 14 mars. Le thonier basque Txori Argi (Impesca) se défend avec des tirs près de l’île Denis. Des suspects sont arrêtés ensuite par les gardes-côtes seychellois.

- sam 13 mars.Le thonier basque Txori Toki (Inpesca) s’enfuit à temps face à l’approche d’un bateau suspect.

- lun 8 mars. Le Sakoba – qui a un capitaine espagnol – est capturé par les pirates, à 740 kilomètres à l’est de Dar Es Salaam (Tanzanie). Il est toujours captif.

- ven 5
mars. Les thoniers Intertuna II, Intertuna III
(Albacora) et le navire auxiliaire Artxanda (Atunsa) sont attaqués. Le thonier français Talenduic subit à son tour une attaque, les Trevignon et Torre Giulia se portent à son secours.

- mer 4mars. Le Albacan (Albacora) fait face à un tir de roquette à 550 miles du Kenya.

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2 groupes pirates neutralisés par les Allemands et Néerlandais

Coup sur coup, plusieurs groupes pirates ont été neutralisés par les frégates allemande et néerlandaise, appartenant à la flotte européenne anti-pirates, EUNAVFOR Atalanta.

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Les pirates quittent leur skiff pour rejoindre leur bateau mère (photo : Bundeswehr)

Samedi 20 mars, l’hélicoptère de la frégate allemande Emden a découvert, un groupe de bateaux suspects, composé d’un baleinier
(bateau-mère) et de deux skiffs (formation classique selon lesquelles opèrent les pirates), à environ 250 miles des cotes somaliennes. Après coup de semonce, les trois bateaux ont été stoppés. Une équipe de visite a abordé les suspects, a saisi les armes, grappins et échelles (voir photo). Les skiffs ont été détruits, annonce la Bundeswehr. Les 11 pirates ont été ensuite remis en liberté sur leur bateau-mère avec suffisamment de nourriture et de carburant pour faire retour en Somalie.


Un jour aupavant, vendredi 19 mars matin, l’Emden avait araisonné un autre groupe de 12 pirates sur une position signalée
comme le lieu d’une attaque par le thonier espagnol Albatun 2 (Albacora). Le scénario était quasi-identique. Les suspects, en présence de l’hélicoptère, ont tenté
de fuir et ne se sont arrêtés que sur des coups de semonce. Ensuite ils ont sauté par-dessus bord et rejoint à la nage leur bateau mère. Les canots ont été détruits. Et les suspects remis en liberté, direction la Somalie.

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Armes saisies à bord des bateaux pirates par le Emden (crédit ; Bundeswehr)

Quant à la frégate néerlandaise Trump, elle a saisi un troisième groupe pirates, après en avoir désarmé deux autres dans le cadre de
l’opération « coup de balai« . La frégate, comme l’hélicoptère Lynx qui survolait les skiffs, ont dû utiliser leurs canons, pour stopper les suspects. Ceux-ci ont été désarmés. Mais aucun lien précis avec une attaque ne pouvant être prouvé, les 11 pirates appréhendés ont été relâchés au large de la Somalie, avec les 9 suspects pris quelques jours auparavant.

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un RHIB néerlandais fonce sur un skiff suspect, immobilisé par l’hélicoptère (photo : Ministère NL de la Défense)


Depuis début mars, ce sont ainsi, au minimum, 13 groupes-pirates qui ont été démantelés et près de 140 pirates arrêtés par les forces
multinationales anti-pirates (essentiellement ceux d’Eunavfor Atalanta dont les avions de patrouille maritime ont joué un rôle précieux). Mais seule une partie d’entre eux ont été traduits en justice. Ceux qui ont été arrêtés par les Français (lire
Livrer les pirates ou les libérer ? Puntland ou pas Puntland ). Lire le dernier bilan remis à jour

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