La PESCO ouverte aux pays tiers ? Arrêtons de l’annoncer tous les 4 matins

(B2) Régulièrement, on lit dans la presse que « ça y est, la coopération structurée permanente (PESCO) va être ouverte au Royaume-Uni, aux États-Unis, etc. » À chaque fois, passée l’annonce sensationnelle, la réalité reprend ses marques : il n’y a pas d’accord. Quelques médias, anglo-saxons en particulier, notamment le média en ligne Politico, se sont fait une spécialité de ces annonces sans lendemain qui ressemblent davantage à un coup de buzz, un bon ‘spin’

En janvier 2018, le média américain annonce : « Le pacte militaire conjoint de l’UE sera ouvert aux pays extérieurs au bloc, tels que les États-Unis et le Royaume-Uni, après le Brexit, mais uniquement au cas par cas » citant un document confidentiel (1). En septembre 2018, rebelote, les portes de la défense européenne pourraient s’ouvrir » annonce-t-il s’appuyant sur un projet de décision à débattre le mois prochain… Et en dernier lieu tout récemment, ce 6 novembre, cette fois c’est sûr. « Le Royaume-Uni après le Brexit et les États-Unis pourraient participer à des projets relevant du nouveau pacte militaire de l’UE, tout en laissant la Chine – et peut-être la Turquie – à l’extérieur », citant un nouveau projet de proposition (de 5 pages… !). Les articles sont rédigés avec grand talent, comme savent si bien le faire nos collègues anglo-saxons, mais sur le fond comme sur la méthode, on peut avoir comme un doute sur l’authenticité de ces informations, comme sur l’objectif recherché : informer… ou faire pression sur les récalcitrants ?

Dans la réalité, en effet, selon nos informations puisées à bonne source, et sans tapage, on n’est pas encore au stade de la décision. « On n’en est pas loin » certes, comme l’a confié à B2 un spécialiste du domaine. Propos confirmé par deux autres sources diplomatiques. Mais la décision n’est pas encore approuvée. Elle avait d’ailleurs très peu de chance de l’être, selon un (très) bon connaisseur des affaires européennes, consulté par B2 avant la réunion (lire notre papier détaillé).

Conclusion : pour être ‘bien’ informé sur l’Europe politique, sa défense, sa politique étrangère, je n’aurai qu’un seul conseil : vérifier à deux fois vos informations… et lisez B2 !

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Le principe du ‘cas par cas’ comme du caractère ‘exceptionnel’ de cette association sont déjà inscrits dans la décision de décembre 2017 établissant le cadre général de la PESCO (article 9). Cela n’a rien d’hyper confidentiel…

Les treize nouveaux projets de la coopération structurée permanente (PESCO)

(B2 – exclusif) Les ministres de la Défense doivent entériner, mardi prochain (12 novembre), treize nouveaux projets qu’ils comptent mener au titre de la coopération structurée permanente (PESCO)

(crédit : Commission européenne)

On arriverait ainsi à 47 projets après les 17 approuvés en mars 2018 et les 17 autres approuvés en novembre 2018.

La liste en avant première

Nous avions annoncé – en avant première – dès le 30 septembre pour nos abonnés, la liste de ces 13 projets. Un petit scoop maison, complété aujourd’hui avec la liste des pays participants. Nous ouvrons cet article à tous nos lecteurs afin qu’ils puissent en prendre connaissance. Bonne lecture !

Lire : (B2 Pro) La troisième vague de projets de la PESCO : beaucoup plus ‘high tech’. La liste en avant-première

(NGV)

NB : cet article est lisible par tous et des extraits peuvent être reproduits. Mais à deux conditions : citer B2 – Bruxelles2 et/ou renvoyer à l’article (médias en ligne). Tout ‘oubli’ constitue une ‘contrefaçon’

Le delirium tremens du Daily express sur la participation britannique aux projets de défense européenne

(B2) De temps en temps, il faut lire la presse britannique populaire sur l’Europe. C’est un moment où on peut hésiter entre le fou rire et l’ébahissement devant autant de contre-vérités, de mauvaise foi et de vrais mensonges. La dernière livraison du Daily Express est, en la matière, un exemple.

Sous le titre « EU Army outrage as British troops risk being forced into EU defence force after Brexit », il se livre à une féroce attaque sur les dispositions figurant dans l’accord (sur le Brexit en matière de défense. En grande partie totalement fausse.

Que dit le quotidien populaire ?

« At present, the divorce deal promises to keep the UK linked to a series of EU military structures including the European Defence Fund, the European Defence Agency and Permanent Structured Cooperation (PESCO). »

« Britain could be forced to pay billions of pounds into EU defence projects and contribute troops and other military assets to Brussels defence units as a result. »

Étonnant ! D’une part les dispositions en cause — qui figurent dans la déclaration politique signée avec le Royaume-Uni — remontent tout de même à quasiment un an. Les spécialistes du ‘European Research Group‘, un think-tank férocement anti-UE, dirigé par l’ancien ministre Steve Baker, semblent venir de les découvrir. D’autre part il y a une série de confusions, voire de fausses informations.

Six confusions voire informations fausses

1° Le Fonds européen de défense comme la coopération structurée permanente sont des dispositifs plutôt que des structures au sens militaire du terme.

2° Toutes ces initiatives ont une incidence capacitaire, pas opérationnelle en soi. Cela n’entraîne aucune mise à disposition de troupes.

3° Les projets capacitaires ne sont pas des projets de l’UE en soi, ce sont des projets initiés, contrôlés, gérés par les États membres.

4° Cela reste toujours basé sur le volontariat comme toutes les initiatives de défense. Le Royaume-Uni pourra toujours choisir de payer.

5° Globalement, c’est à l’avantage du Royaume-Uni, et de l’industrie britannique en particulier qui pourraient continuer à coopérer avec des entreprises européennes, voire bénéficier de financements européens pour des projets nationaux.

6° C’est une demande expresse des Britanniques qui se ‘roulent par terre’ pour garder un pied dans ces initiatives récemment mises en place comme le Fonds européen de défense ou la coopération structurée permanente, et dans celle plus ancienne de l’Agence européenne de défense.

Pas de contribution britannique de plusieurs milliards

Quant à la facture à payer, on est dans le grand n’importe quoi. Si on prenait l’information au pied de la lettre, le Royaume-Uni était forcé de payer des milliards £ pour les projets de la défense, au ratio du poids britannique dans le PiB cela signifierait que la défense européenne a un budget de plusieurs dizaines de milliards € par an. On n’est plus dans l’imagination, on est dans le mensonge voire le délire total. S’il y a une facture à payer par le Royaume-Uni pour ces projets capacitaires, ce serait de l’ordre de quelques millions d’euros, et non pas pour des projets européens, mais des projets nationaux. C’est le budget européen qui contribue aux projets des États membres et non l’inverse.

Pas de contribution militaire sans décision souveraine britannique

Enfin sur la contribution opérationnelle britannique, ce n’est pas dans le cadre de l’agence européenne de défense qu’elle s’exerce, mais dans le cadre des opérations de la PSDC. Et là encore, la décision se fait ‘au cas par cas’, sur décision totalement souveraine du Royaume-Uni (avec l’information et/ou l’autorisation du Parlement britannique) et peut être retirée à tout moment.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Agir ensemble, le mot clé d’Emmanuel Macron. Un triptyque pour l’Europe de la défense

(B2 à l’Hôtel de Brienne) Dans son allocution aux armées à la veille du défilé du 14 juillet, samedi (13 juillet), Emmanuel Macron a tenu, entre autres sujets (la modernisation de l’armée, les retraites, le souvenir aux morts et soutien aux blessés), à redire la nécessité d’une Europe de la défense

Emmanuel Macron à l’Hotel de Brienne aux côtés de F. Parly (Min. Armées) et G. Darrieussecq (Min. Armées). Au premier plan, le général François Lecointre, chef d’état major des armées (© NGV – B2)

« Jamais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe n’a été aussi nécessaire. La construction d’une Europe de la défense, en lien avec l’Alliance atlantique est pour la France une priorité. Elle constitue le fil rouge de ce défilé. »

Ce discours est intéressant à différents points de vues

Au-delà de mots qui peuvent sembler convenus, le président français semble redéfinir ce que représente pour lui l’Europe de la défense. Une vision qui est appelée à être plus consensuelle auprès de l’ensemble des partenaires européens comme des Américains.

Plus d’hésitation terminologique

En premier lieu, après quelques hésitations terminologiques — défense européenne, armée européenne (1) — , on en revient au mot d’origine « l’Europe de la Défense » qui a l’avantage de ne pas définir qu’un aspect, mais de bien symboliser l’ensemble de la politique européenne de défense (les Allemands utilisent le terme d’Union européenne de défense qui est assez semblable en quelque sorte).

Un triptyque d’actions

Ensuite, le président présente cette Europe de la défense comme reposant sur trois éléments : la culture stratégique, les capacités communes et les opérations. Il trace ainsi une certaine cohérence entre diverses initiatives qui semblaient un peu confuses.

Une autonomie stratégique française au service de l’Europe

Enfin, il laisse de côté l’autonomie stratégique qui est, elle aussi, redéfinie comme une autonomie stratégique française « au service de l’Europe ». Ce qui est plus crédible. La notion d’autonomie stratégique ‘à la française’, n’étant pas partagée (loin de là) en Europe. Il lance aussi un appel du pied aux partenaires européens les plus sceptiques sur une initiative européenne trop ‘décollée’ de l’Alliance atlantique.

Une capacité d’agir collectivement

Pour le président français, les mots clé sont désormais : « Agir ensemble » et « renforcer notre capacité à agir collectivement ». « Car notre sécurité et notre défense passent par l’Europe. » Cette Europe de la Défense ne signifie « pas de renoncer à la souveraineté nationale ni renoncer à l’Alliance atlantique ».

Additionner nos atouts

« Cela signifie [qu’]additionner nos atouts peut nous permettre de gagner en force et en efficacité. C’est acter le fait que notre Europe est aussi une Europe qui protège, et que cette mission pour nos peuples la rendra plus crédible encore. »

Une culture stratégique commune

« Agir ensemble c’est faire en sorte de constituer une culture stratégique pour demain et pouvoir envisager des engagements opérationnels conjoints » a indiqué le président français mettant en avant l’initiative européenne d’intervention ou IEI (2), qui était à l’honneur du défilé du 14 juillet.

Des capacités en commun

« Développer des projets communs et des capacités collectives a du sens » a-t-il indiqué, faisant référence aux 34 projets de la PESCO (la coopération structurée permanente), au Fonds européen de défense et au projet de système aérien du futur (SCAF) développé en commun avec l’Allemagne et la France.

Des opérations nationales avec le soutien européen

« Il n’est plus une opération aujourd’hui sans des partenaires européens, sans dynamique européenne » citant l’opération Barkhane au Sahel, Chammal au Levant (Irak et Syrie) ou la mission Clemenceau autour du groupe aéronaval Charles-de-Gaulle.

Une autonomie stratégique précisée

Nous voulons « renforcer notre autonomie stratégique qui doit s’inscrire dans un cadre européen » a indiqué le président, faisant référence à l’effort de modernisation des équipements engagé (cf. encadré). « Notre nation doit agir aujourd’hui pour rester maître de son destin aux côtés des Européens. »

(Nicolas Gros-Verheyde, à Paris)

  1. « L’armée européenne c’est l’ambition » dit la ministre française des Armées Florence Parly dans une interview au Parisien
  2. Cette initiative issue du discours de la Sorbonne et lancée il y a un an semble patiner un peu malgré les dires officiels.

Un effort conséquent pour moderniser l’armée française

Le président a voulu aussi s’affirmer comme le garant de l’effort de modernisation de l’armée française qui passe par l’arrivée de nouveaux équipements modernes.

Une modernisation engagée

« La modernisation est lancée » a précisé Emmanuel Macron citant notamment les avions Rafale de 3e génération, le programme Griffon pour l’armée de terre, le nouveau sous-marin d’attaque Suffren, les nouvelles fusils d’assaut équipant l’armée de terre ou la nouvelle frégate FREMM et le navire Antilles-Guyane et navires. Équipements en bonne et dûe forme inclus dans la loi de programmation militaire (1). « Je veillerai personnellement à son application » (2). Le président a aussi annoncé la création d’un grand commandement de l’espace.

Un effort budgétaire sur le temps long

« L’effort budgétaire pour la défense sera tenu car le contexte stratégique le nécessite. C’est ma responsabilité de chef des armées de voir loin, de ne jamais céder aux sirènes du court terme, de maintenir notre nation dans le temps long de la victoire » indique E. Macron. Et d’ajouter : « La France est ambitieuse pour l’Europe. Elle l’est aussi et, avant tout, pour elle-même ».

Un message à vocation interne comme externe

Ce message a essentiellement une vocation interne, histoire de cautériser les plaies d’une armée un peu ébranlée par l’éviction manu militari du général de Villiers de ses fonctions de chef d’état-major en 2017, mais aussi de justifier aux yeux de l’opinion française un effort budgétaire au moment de choix délicats. Il a aussi une portée européenne (cf. ci-dessus) et au-delà, à destination des États-Unis de Donald Trump, demandeurs réguliers d’un partage plus important du fardeau, comme de certains voisins inquiétants : Russie, Syrie et Turquie (3).

(NGV)

  1. Pour être juste, il faut dire que cette modernisation a été engagée sous ses prédécesseurs. Il y a ainsi une nette continuation des présidences Hollande-Macron. Deux évènements ont principalement motivé cette remontée en puissance : l’intervention au Sahel en janvier 2013 et les attentats de 2015. Une singulière différence avec la plupart des autres pays européens qui n’ont commencé à prendre conscience du nécessaire réengagement qu’après l’intervention russe en Ukraine (lors du sommet du Pays de Galles en septembre 2014) et les quelques coups de semonce supplémentaires de Donald Trump.
  2. Lire aussi : LPM. La France met le booster sur sa défense et veut rester l’armée de référence en Europe
  3. La Turquie est mentionnée sciemment. Le gouvernement turc s’inscrit aujourd’hui très nettement à l’inverse des positions françaises, soutenant sur le terrain en Syrie comme en Libye des forces adversaires. Ses navires de forage sont présents dans la zone économique exclusive maritime de Chypre au détriment des intérêts chypriotes et français (Total étant présent), sans oublier l’équipement en missiles de défense anti-aérienne S400.

Mike Pompeo se prend une veste à Bruxelles. Les Européens résistent au lobbying US. Jusqu’à quand ?

(B2) La pression américaine très visible sur les Européens ces derniers jours a échoué sur deux sujets clés : l’accord sur le nucléaire iranien et la défense européenne. Les Européens ont refusé de plier. Mike Pompeo est reparti les mains vides. La diplomatie US mise en échec par les Européens. Fait assez rare pour être remarqué

Derrière les sourires, une petite humiliation … pour Mike Pompeo (source : Conseil de l’UE / sélection : B2)

Jusqu’à quand les Européens arriveront à rester ainsi unis ? C’est une question qu’on peut se poser. Chacun sait bien que la machine de guerre américaine est implacable, multipliant les alliances à revers, cherchant à diviser le continent européen, montant les États membres les uns contre les autres. De façon étonnante, malgré le Brexit, les divergences et les divisions politiques intenses entre les pays membres, les Européens jouent plus ou moins groupés. C’est un phénomène nouveau qu’il convient de suivre avec attention. La bataille n’est pas terminée.

Premier dossier : l’Iran

Soyons clairs. C’est une petite humiliation diplomatique que s’est vu infliger le ministre américain des Affaires étrangères Mike Pompeo. Venu de façon impromptue à Bruxelles pour rencontrer ses homologues européens, il espérait en ressortir avec une photo des E3 (France, Allemagne, Royaume-Uni) le saluant de concert. Histoire de pouvoir justifier d’une communauté de vues entre Européens et Américains sur le dossier sensible du nucléaire iranien. Il en a été pour ses frais.

Mike Pompeo a dû rencontrer séparément chacun des ministres. Sans photo à l’appui. Il en a été réduit, après un détour par l’OTAN, à revenir saluer la Haute représentante de l’UE pour obtenir — cette fois photo à l’appui — une poignée de main de la chef de la diplomatie européenne. Une politesse plutôt qu’une reddition.

NB : Même si les deux bords de l’Atlantique partagent une certaine communauté de vues sur le danger iranien au plan régional ou balistique (Paris étant plus proche de Washington sur ce point que Berlin), ils divergent totalement sur la manière d’arriver à leurs fins. Les États-Unis ont rompu l’accord international pour faire pression. Les Européens considèrent que les Iraniens respectent le ‘deal’ et qu’il faut plutôt continuer le dialogue avec eux pour les amener à négocier d’autres points.

Deuxième dossier : la défense européenne

Dans la suite directe des pressions en tout genre exercées par les Américains tant sur les députés européens que sur les commissaires ou les États membres (lire : Les États-Unis déclenchent une opération de lobbying pour miner le Fonds européen de défense), deux sous-secrétaires (Défense et Affaires étrangères) se sont fendus d’une bafouille comminatoire à la Haute représentante de l’UE Federica Mogherini, avec copie au président du Parlement européen Antonio Tajani et au vice-président de la Commission Jyrki Katainen.

Une lettre en forme d’ultimatum et de menaces en tous genres. Objet de leur courroux : principalement, le Fonds européen de défense (FEDef) accusé de favoriser la base industrielle européenne. Les Américains veulent que leurs entreprises soient traitées d’égal à égal et recevoir, eux aussi, des financements européens. La coopération structurée européenne (PESCO) est également dans le viseur, les Américains estimant que l’ouverture aux pays tiers (entendez les États-Unis ou le Royaume-Uni) est trop ‘exceptionnelle’ et soumise à plusieurs conditions. Les Américains veulent entrer dans la place comme acteur privilégié sans l’épée de Damoclès du droit de veto (lire : Les États-Unis tancent les Européens sur leurs initiatives de défense. La lettre américaine décryptée (V2)).

Un délai jusqu’au 10 juin est ainsi laissé aux Européens pour répondre avec injonction de modifier la législation européenne, sous peine d’entacher gravement le pacte OTAN-UE… On tremble déjà. Plus concrètement, la pression s’exerce sur les entreprises : toute entreprise qui recevrait un financement européen s’exposerait à se voir fermer les marchés américains si elle respectait intégralement les dispositions (notamment sur la propriété intellectuelle). En clair, une menace très concrète de mesures de rétorsion.

Là encore, les Européens ne se sont pas laissés démonter et s’apprêtent à renvoyer une réponse très polie aux Américains… mais très ferme.

Commentaire : Un double jeu américain très agaçant

Les États-Unis mènent sur la question de la défense européenne un double jeu. Washington, Donald Trump en tête, tempête sur tous les tons, se plaignant de supporter tout le fardeau de la défense du continent, raillant le manque d’investissement matériel et financier des Européens. Et quand les Européens se prennent en main, décident de mettre en place des instruments pour y remédier, les Américains jouent à la vierge indignée, à l’atteinte au libre marché et aux accords euro-atlantiques.

Les Américains sont plutôt mal venus pour donner des leçons aux Européens sur ce point. Le marché européen de la défense est on ne peut plus ouvert, tandis que les Américains ont bordé leur marché de différentes protections en tous sens : marchés réservés aux firmes US, clause ITAR de réserve technologique à l’export, etc. (lire : Le protectionnisme en matière de défense ? Les Etats-Unis le pratiquent avec talent… et efficacité). De plus, ces initiatives ne menacent en rien la coopération UE-OTAN, et ne la dupliquent pas. Au contraire, elles vont permettre de nourrir cette coopération avec des capacités nouvelles et des financements complémentaires…

Washington réclame en fait d’avoir un plein pouvoir de décision, à égalité, avec les membres de l’Union européenne, sans payer un kopeck. Or, il y a un petit problème : les États-Unis, membre fondateur et primordial de l’OTAN, ne sont pas membres de l’Union européenne, et ne le seront jamais. Le départ britannique aidant, ils se rendent compte que leur compagnon, et fidèle allié de toujours, cherche à s’émanciper et voler de ses propres ailes. Ce qu’ils n’acceptent pas. Les Américains ont un problème : « ils ne parviennent pas à concevoir qu’on puisse avoir un pilier européen par nous mêmes » a confié, fort justement, un diplomate à B2.

De fait, on peut se demander si derrière cet intérêt empressé sur les initiatives européennes de défense, « il n’y a pas d’autres intérêts en jeu, d’ordre plus industriel et commercial » que politiques. Les Américains ont ainsi surtout peur de voir s’échapper un marché captif… comme lors de la création d’Airbus qui a permis l’émergence d’un géant mondial, à même de tailler des croupières à Boeing.

(Nicolas Gros-Verheyde)


Un pas de deux symbolique

On peut regarder sur les images prises par le service audiovisuel du Conseil, cet admirable pas de deux de la chef de la diplomatie européenne, indiquant le chemin à Mike Pompeo, puis rebroussant le chemin, dans un demi-tour droite digne des plus beaux pas de danse, pour lui indiquer le sens contraire… Mike Pompeo étant obligé de suivre la direction donnée par les Européens (à partir de la 20e seconde). Certains ont dû rire sous cape… de ce pas de deux symbolique.

Une école européenne d’espionnage… Vraiment ?

(B2) L’info fait le buzz parmi quelques collègues : l’Union européenne va ouvrir une école de renseignement pour former les espions européens. Vraiment ? La CIA américaine ou le SVR russe auraient bientôt un équivalent européen ?…

On n’est pas encore au niveau du ‘Black Venus’ l’espion parti en Corée du Nord dans « The Spy Gone North » (source : affiche du film)

Plusieurs médias ont pris deux mots dans la liste des projets PESCO. Et ont gonflé l’info. Chacun en rajoutant un peu plus, de manière à faire un peu + sensationnelle. Cela donne chez Politico. « The establishment of a joint EU spy school would be a big step forward for the bloc’s intelligence community ». Ooh là les gars ! Il faut peut-être arrêter la ‘fumette’ et revenir un peu sur terre… 🙂

Quelle est la nature de ce projet  ?

Le projet d’une école conjointe du renseignement européen (Joint EU Intelligence School) * figure au nombre des 17 différents projets adoptés lundi (19 novembre), à l’issue du conseil des ministres des Affaires étrangères / Défense dans le cadre de la coopération structurée permanente (PESCO). C’est donc un vrai projet approuvé par les 25 (membres de la PESCO), cela ne veut pas dire qu’ils vont tous y participer.

Qui y participe ?

Très peu. Ce projet est mené par la Grèce avec la participation d’un seul pays : Chypre. Cela signifie qu’aucun des grands pays disposant d’un service de renseignement structuré (France, Allemagne, Espagne, Italie…) ne participe au projet. Il en est de même des pays de taille moyenne disposant d’un service, plus circonscris, mais dont « l’oeil » est reconnu comme expert sur certains sujets ou certaines zones (Belges, Néerlandais, Tchèques, Finlandais, Autrichiens, par exemple). De plus, tout reste fondé sur le volontariat : participeront les pays ensuite qui le voudront bien, et selon des limites qu’ils auront fixé entre eux. On n’est donc pas dans un projet de grande envergure.

Une école anti-turque ?

On voit mal des agents de la DGSE ou de la DGSI allant se former en Grèce ou Chypre. Cette école a donc une vocation essentiellement tournée vers l’échange entre deux pays qui ont un adversaire commun : la Turquie. L’intérêt de la Grèce et de Chypre est, en revanche, intéressant par sa situation, à proximité du Moyen-Orient (Syrie, Turquie notamment) ou s’il s’agit de bénéficier d’un environnement naturel assez exceptionnel (mer, chaleur, montagne…) permettant diverses conditions d’entraînements (plongée…) pour les services ‘action’. A l’image de ce que constitue le centre labellisé l’OTAN sur la base de La Souda où venaient s’entraîner les groupes maritimes anti-pirates.

Y-a-t-il un besoin ?

On ne peut pas dire que la formation au renseignement soit aujourd’hui au rang des grosses lacunes européennes. La plupart des pays ont de sérieux dispositifs internes de sélection, de formation. Et le partager n’est pas automatiquement leur première priorité. Le partage et l’échange d’informations fonctionnent sous l’écran radar. Il en est de même de certains échanges de ‘bonnes pratiques’.

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Précisons que c’est le mot ‘renseignement’ qui est utilisé et non celui de l’espionnage, qui fait immédiatement saliver. Le renseignement procède peut-être de méthodes inavouables, mais aussi très classiques, notamment la veille internet et l’analyse du renseignement. On est loin de l’espionnage à la ‘James Bond’… On est plus dans ‘l’intelligence’ au sens francophone du terme que dans le ‘muscle’.

Les premiers entretiens de l’Europe de la défense à Panthéon Sorbonne

(B2) Alors que la rentrée va se faire sous l’angle de la défense — que ce soit au niveau européen avec les propositions de Emmanuel Macron ou le discours de l’état de l’Union de Jean-Claude Juncker — et avant les universités d’été de la défense, nous publions une série de papiers issus des Premiers Entretiens de la défense européenne à la Sorbonne que nous avons organisé en juin avec nos amis universitaires et chercheurs.

Une panoplie d’acteurs industriels, de chercheurs et d’acteurs institutionnels, réunis autour d’un sujet majeur : dans quelle direction s’oriente l’Europe de la défense, en particulier l’industrie européenne de défense qui a fait l’objet de toutes les attentions des politiques ces derniers mois.

Du côté industriel se dégage un certain consensus pour estimer que les dernières nouvelles venues de Bruxelles, avec la création du Fonds européen de défense, sont positives. Pour autant, elles ne peuvent pas solutionner certaines faiblesses notables. Pour Carole Ferrand, de la direction générale de l’armement DGA, créer une base industrielle et technique de défense européenne (BITDE) suppose une autonomie industrielle, c’est-à-dire sans pays tiers. Oui, mais elle doit être composée de champions forts à l’export, et pas seulement sur le marché européen, qui est trop petit pour avoir exister et innover, précise Olivier Martin de MBDA. Attention à bien définir les modalités du Fonds, relate Stéphane Abrial, de SAFRAN.

Les acteurs institutionnels, eux, s’accordent sur un point en particulier : c’est à l’industrie de faire un pas en avant et lancer des projets rapidement, au moyen du Fonds européen de défense, comme l’ont martelé Pierre Delsaux, directeur général adjoint, et Anne Fort, chef d’unité adjoint, à la DG GROW à la Commission européenne, ainsi que Jean-Youri Martin, directeur adjoint de l’Agence européenne de défense.

Quel chemin parcouru, a précisé Françoise Grossetête, eurodéputée, qui nous a fait part de son expérience de rapporteure du programme de développement industriel de défense, détaillant les circonstances, finalement favorables, qui a amené une majorité assez large, plutôt inédite quand on parle d’intégration européenne, des conservateurs aux sociaux-démocrates, pour approuver ce nouveau programme.

Enfin nous avons pu avoir un portrait sans concession de la future coopération structurée permanente (PESCO) par F. Mauro ou de la situation des budgets européens de défense avec F. Coulomb.

A noter sur vos agendas : Les seconds entretiens de la défense européenne auront lieu au printemps 2019, juste avant les élections européennes. Nous vous tiendrons informés sur ce site, comme sur celui des Entretiens.

(Nicolas Gros-Verheyde avec Aurélie Pugnet, st.)

Lire :

 

Initiative européenne d’intervention : entre Paris et Berlin, un crouton dans le potage

(B2) L’initiative européenne d’intervention aurait dû être lancée et une lettre d’intention signée par les dix pays participants * le 4 juin. Délai reporté. Quelques détails encore à affiner, disent les officiels.

L’Allemagne ne veut pas se laisser entraîner de façon automatique dans des interventions et préfère en général des opérations en format ONU (ou UE). Ici la ministre de la Défense U. Von Der Leyen lors d’une visite à la FINUL au Liban (crédit : MOD Allemagne)

En fait de détail, il y a un gros problème qui s’appelle Berlin. Certes, dans son entretien au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ), la chancelière Angela Merkel a semblé approuver l’initiative européenne d’intervention, de façon franche et claire (1). Mais elle y a posé une condition importante qui a été très peu commentée (lire : Initiative d’intervention, Asile, Zone euro… Le ‘Oui mais’ de Angela Merkel aux propositions d’Emmanuel Macron). Chacun préférant voir le « Ja » (oui) là où il y avait surtout un « Aber » (mais).

Un hic nommé Angela

Cette condition, c’est l’insertion de l’initiative européenne d’intervention (EI2 dans le jargon) dans la Coopération structurée permanente (PESCO). Certes, vu de loin, on pourrait inclure la proposition française dans la PESCO. A priori, rien d’impossible. Mais ce qui n’apparait que comme une simplification logique aboutit en fait à une remise en cause profonde. Un point auquel s’est toujours refusé Paris.

Une remise en cause des fondamentaux de la proposition

En effet, c’est l’essence même de la proposition faite par Emmanuel Macron en septembre dernier, lors du discours de la Sorbonne qui se retrouve ainsi mise en cause (Lire : « L’initiative européenne d’intervention » d’Emmanuel Macron ? Explications). Cette proposition avait été faite justement car les Français trouvaient la Coopération structurée permanente trop peu ambitieuse, pas assez tournée vers l’opérationnel, et trop inclusive. Si on veut agir, on doit le faire avec un petit groupe d’États, qui ont les capacités et la volonté d’intervenir, souligne-t-on à Paris. Et Florence Parly, la ministre de la Défense, l’a dit clairement encore tout récemment (Lire : L’initiative européenne d’intervention (EI2) sera « non inclusive », je l’assume (Florence Parly).

Berlin adepte du mou, Paris adepte du dur

De fait, la proposition d’Angela Merkel est une torpille lancée dans le pré carré français. Une manière de réintroduire de l’inclusif là où les Français voulaient de l’exclusif, du ‘mou’ là où Paris voulait du ‘dur’. Une position assez logique de la Chancelière obligée de composer avec une coalition peu encline à la chose militaire. En l’espèce, les propos de la Chancelière, quand on les examine mot par mot, sont étonnants, voire détonants, car ils sont à la limite de la réalité… et du droit. On a connu Angela Merkel plus rigoureuse et respectueuse des traités (notamment pour la Zone Euro).

Trois points où la Chancelière chancelle sur le droit

L’initiative européenne d’intervention dans l’esprit de E. Macron associe normalement le Danemark. Or celui-ci ne peut faire partie d’aucun des projets militaires de l’UE, depuis le traité de Maastricht et son opt-out entériné dans un référendum.

Ensuite, associer la Grande-Bretagne comme le propose A. Merkel pourrait être possible, avec un peu de volonté. Mais, d’un commun accord, France et Allemagne ont convenu que tout ce qui avait trait à cette possibilité devrait être examiné plus tard, d’ici la fin de l’année, quand la négociation sur le Brexit aura abouti à quelques résultats. Inutile de donner un point aux Britanniques alors que la négociation tourne au véritable bras de fer.

Enfin, la Chancelière mentionne la possible intervention du Fonds européen de défense pour permettre un rééquipement de la Bundeswehr. La solidarité européenne venant au secours de la pauvre Allemagne qui répugne à mettre un peu plus d’argent dans son armée ? Une approximation pour le moins étonnante, à moins que Berlin ne souhaite ce qui serait une révolution : c’est-à-dire le financement en commun des équipements opérationnels par les Européens, en passant par-dessus bord l’interdiction précisée dans le Traité. On a rarement connu les Allemands aussi audacieux… On croit rêver !

Une manière de miner l’initiative ?

Sur le fond, la proposition allemande est aussi détonante. Il est un fait que la PESCO a une portée plus politique, capacitaire qu’opérationnelle… Inutile de le nier. La faute en partie à Berlin qui a voulu l’ouvrir au maximum à tous les pays (2). Or, aujourd’hui, l’Union européenne ne dispose d’aucun instrument opérationnel permettant de remplir ses objectifs minimaux sécuritaires : par exemple, monter rapidement une opération de secours pour des citoyens européens, ou une mission d’interposition en Afrique ou en Asie (3). Et les récentes avancées en matière de défense l’ont été surtout au niveau capacitaire et industrie, peu au niveau opérationnel. La défense européenne marche à cloche pied. Et l’autre pied, la Chancelière vient d’essayer de le flinguer.

Manger son chapeau, négocier ou faire du troc

Que va-t-il se passer maintenant : Emmanuel Macron accepte-t-il de manger son chapeau ? Difficile. Angela Merkel, mettra-t-elle de l’eau dans son vin de la défense, pour être plus dur sur l’économie et la Zone Euro ? C’est plausible. Mais cela pourrait retarder l’agenda français qui voulait signer le MoU de l’initiative européenne d’intervention d’ici la fin juin. Dernière solution : se passer de l’Allemagne. D’un point de vue opérationnel, cela parait possible, du moins au niveau terrestre. En matière aéronautique ou de satellites, c’est beaucoup plus délicat. Et en matière politique, ce serait un aveu sérieux d’échec du couple franco-allemand. Difficile à afficher aujourd’hui en plein Brexit, alors que plusieurs États membres affichent clairement une force d’euroscepticisme assumé.

(Nicolas Gros-Verheyde)

* Selon nos informations, ont été invités à participer à l’initiative : l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark et l’Estonie. Lire : L’initiative européenne d’intervention prend forme. Dix pays participants ?

(1) Angela Merkel l’avait déjà fait mais de manière plus indirecte lors du salon aéronautique de Berlin.

(2) Un seul pays a choisi de rester en dehors : Malte. On ne peut pas dire que la défense européenne va en subir une perte énorme…

(3) Il existe bien les battlegroups, répondront les âmes charitables, mais leur inutilisation depuis plus de dix ans, malgré plusieurs demandes, les rend quasiment inopérants.

Les Premiers entretiens de la défense européenne. Il est temps de s’inscrire

(B2) Les « Premiers entretiens de la défense européenne » auront lieu vendredi 1er juin (de 10h à 18h) à l’université Panthéon Sorbonne. Un évènement organisé par les universités de Paris I et de Grenoble (1), avec quelques autres (2), et auquel B2 participe…

Le principe de ces « Premiers entretiens » est simple : pas de blabla, des interlocuteurs qui sont au cœur des faits et des initiatives et peuvent décrire par le menu, le contenu, les enjeux, les difficultés, de façon claire, franche, en évitant deux écueils : d’un côté, l’optimisme béat (« tout va bien, une révolution est en train de se produire »), de l’autre la critique ou le défaitisme permanents (« ça ne sert à rien, ça ne marchera jamais, les Européens sont des incapables »).

La matinée sera consacrée à dresser un état des lieux des trois principales innovations en matière de défense européenne : la coopération structurée permanente (la fameuse PESCO) avec Frédéric Mauro (avocat, GRIP), l’Examen annuel coordonné de défense (le CARD) avec Fabienne Coulomb (Sciences-Po Grenoble), le Fonds européen de défense, avec Anne Fort (DG GROW, Commission européenne).

Vous sortirez de cette matinée nourri des principales données pour aller vous égayer dans le quartier latin, manger un morceau, faire une photo souvenir, et continuer de deviser.

L’après-midi permettra de tracer les grandes perspectives susceptibles de donner corps à une défense intégrée : premièrement, la recherche et les capacités intégrées, avec Françoise Grossetête (eurodéputée et rapporteur sur le programme de développement industriel de la défense européenne ou EDIDP pour les intimes), Stéphane Abrial (Safran), Jean-Youri Marty (Agence européenne de la défense) et  sous la houlette de Federico Santopinto (GRIP) ; deuxièmement, le marché des équipements militaires avec Joël Barre (DGA), Antoine Bouvier (MBDA), Pierre Delsaux (DG GROW, Commission européenne), animé par Edouard Simon (Confrontations).

Enfin, nous ferons un petit ‘Retex’ des ‘grosses’ opérations de la PSDC pour en tirer une leçon à l’ère du Brexit (avec votre serviteur) et quelques anciens des missions et opérations européennes (les noms sont encore en attente de confirmation) : le général de Kermabon (EULEX Kosovo), le général Ponties (EUFOR RCA) et le VAE Labonne (EUNAVFOR Atalanta).

Avant d’accueillir… un invité surprise, à moins qu’il (ou elle) ne choisisse de faire l’introduction… Et de nous en aller prendre un petit rafraichissement mérité.

Pour s’inscrire, c’est ici

(avant le 31 mai 2018 – dans la limite des places disponibles)

(NB : n’oubliez pas le sésame : la pièce d’identité – contrôle à l’entrée)

(1) L’Institut de recherche en droit international et européen de la Sorbonne (IREDIES, École de droit de la Sorbonne)  et le Centre d’études sur la sécurité internationale et les coopérations européennes (CESICE, Sciences-Po Grenoble)

(2) l’association des anciens auditeurs du Master « Stratégies industrielles et politiques publiques de défense » (MSIPPD, Paris 1), Confrontations Europe, Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP, Bruxelles) et Institut d’études de la Guerre et de la Paix (IEGP, Paris 1)

Les premiers entretiens de la défense européenne (La Sorbonne)

(B2) Notez sur votre agenda cette date — le vendredi 1er juin —, et un lieu — Paris La Sorbonne —. C’est là que B2 vous donne rendez-vous pour les (premiers) entretiens de la défense européenne.

Une manifestation organisée par les universités de Paris I Sorbonne (école de Droit) et de Grenoble (Science Po), avec le GRIP et Confrontations. L’objectif : faire le point sur les différents dispositifs de l’Europe de la défense.

Les nouveautés sont nombreuses en effet et méritent d’être décortiquées, expliquées : la coopération structurée permanente, le fonds européen de défense et le programme de recherche de défense, la revue annuelle coordonnée, le nouveau QG, la facilité européenne de paix, etc.

Le principe de ces entretiens sera simple : pas de blabla, mais un langage direct, compréhensible, avec comme intervenants, les personnes les plus qualifiées et les plus impliquées sur les différents sujets… car ils en sont les acteurs de premier plan.

A suivre…