EUNAVFOR tend la main aux pêcheurs somaliens

(B2) Le navire espagnol Relámpago a effectué une approche amicale d’un bateau de pêche somalien.

Approche d’un dhow somalien (crédit: EUNAVFOR Atalanta)

Le navire espagnol Relampago a effectué une « approche amicale » sur un dhow somalien. Après être montés à bord, les marins d’EUNAVFOR se sont intéressés aux activités des pêcheurs somaliens, et leur ont offert de l’eau, de la nourriture et du matériel médical. Cette tactique (plus connue sous son terme anglais de friendly approach) permet à la mission de sensibiliser les pêcheurs somaliens à la lutte contre la piraterie, et de les informer sur le mandat d’EUNAVFOR.

(MHA)

Eunavfor Atalanta explique son travail aux pêcheurs somaliens

(Crédit : Eunavfor Atalanta)

(BRUXELLES2) Tout ne se limite pas à la lutte contre la piraterie. Profitant de ses patrouilles au large de la côte somalienne, les Espagnols du navire ESPS Relampago, participant à l’opération européenne de lutte contre la piraterie, EUNAVFOR Atalanta, ont rencontré des pêcheurs somaliens en mer. Objectif : faire connaitre les efforts de l’opération européenne et les conséquences positives pour les somaliens. Que ce soit dans la protection du navire MSM Douro, actuellement chargé de fournir de l’aide humanitaire aux Somaliens, comme par les patrouilles menées au large de la côte pour dissuader les éventuels pirates de se rendre à la mer pour attaquer les navires.  Ces approches amicales (friendly approach) avec les pêcheurs locaux « aident à établir la confiance mutuelle et la compréhension entre les forces navales de contre-piraterie et la communauté somalienne locale » explique au QG de l’opération européenne anti-piraterie. 

(Leonor Hubaut)

Dialogue de sourds entre New Delhi et Rome (maj)

(BRUXELLES2) L’affaire des fusiliers marins du Enrica Lexie a conduit à une nouvelle saute de tension entre l’Inde et l’Italie. L’auto-libération des deux fusiliers marins a provoqué la colère du gouvernement indien. La Cour suprême a estimé, jeudi (14 mars), que l’ambassadeur italien Daniele Mancini avait violé son serment et a ordonné une interdiction de sortie du territoire. Celui-ci est donc consigné à sa résidence. L’ordre a été notifié à tous les aéroports du pays vendredi (15 mars). Le président de la Cour suprême indienne, Altamas Kabir, a indiqué lundi (18 mars) que l’ambassadeur s’étant engagé devant le tribunal avait renoncé par là-même à son immunité. Une position confirmée par le ministère indien des Affaires étrangères. Et l’avocat indien de l’Italie s’est désisté ce lundi, estimant avoir été dupé, comme il l’a indiqué au Times of India.

Dialoguez SVP dit-on à Bruxelles

Côté européen, on est peu gêné de la tournure prise par les évènements. L’ambassadeur européen à New Delhi a aussi été convoqué – « invité » – au ministère des Affaires étrangères pour se voir expliquer la position du gouvernement indien. « Comme nous le disons depuis le début du dossier, nous encourageons l’Italie et l’Inde à trouver une solution satisfaisante pour les deux parties, basées sur la convention de l’ONU sur le droit de le mer et le droit international, en explorant toutes les voies pour une solution amiable » explique le porte-parole de Cathy Ashton, la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Il a également précisé que la « Convention de Vienne (sur la protection des diplomates) devait être respectée » « Par toutes les parties » a-t-il ajouté après la question d’un de mes collègues italiens.

Commentaire : il pourrait être intéressant pour l’Union européenne de proposer son arbitrage dans la situation qui parait bloqué. Les deux fusiliers marins doivent être jugés car il y a eu, au final, un acte mortel. Et celui-ci peut être qualifié de non intentionnel. Mais ce jugement pourrait avoir lieu dans un autre pays que le leur afin de pouvoir garantir une certaine « sérénité » diplomatique et de la justice. Il serait aussi souhaitable que l’Inde s’explique sur les actions « robustes » qu’elle a mené dans la lutte anti-pirates qui ont abouti à la mort de plusieurs personnes qui n’étaient pas pirates. Un navire « européen » est au moins intervenu à une reprise pour apporter des secours aux victimes.

Lire aussi : Les fusiliers marins se font la belle… Un retour au pays “sur instruction”

(Mis à jour) Le ministère des Affaires étrangères a résumé sa position dans un communiqué publié lundi.

  • Violation du droit international : « l’Italie continue de croire que le cas de ses deux (Fusiliers) Marins doit être réglée conformément au droit international. En ce sens, nous proposons de soumettre à l’arbitrage ou un autre mécanisme juridictionnel pour résoudre l’affaire. »
  • Base de la déclaration : « la demande au gouvernement de l’Inde de tenir des consultations conformément à l’art. 100 et art. 283 de la Convention sur le droit de la mer (UNCLOS) n’a pas encore reçu des commentaires. (Cette) possibilité avait été prévue par l’arrêt de la Cour suprême du 18 Janvier dernier ». (…) Pour l’Italie, le retour des fusiliers marins en Inde « serait en contradiction avec nos exigences constitutionnelles (respect du juge naturel prévu par la loi,’interdiction de l’extradition des nationaux…). Les lettres rogatoires transmises en temps opportun pour permettre une procédure pénale en Italie sont restées sans réponse. »
  • Différend international : le gouvernement italien a décidé de « formaliser le 11 Mars l’ouverture d’un différend international ».

Bonne entente italo-indienne

(BRUXELLES2) Les deux ministres des Affaires étrangères, italien, Giulio Terzi et indien, Salman Khurshid, ont eu mercredi (9 janvier) une conversation téléphonique sur le sort des fusiliers marins retenus en Inde. Salvatore Girone et Massimiliano Latorre qui servaient sur le Enrica Lexie ont eu une permission de sortie pour les fêtes de fin d’année, accordée par le tribunal du Kerala (lire aussi : Les 2 fusiliers-marins italiens libres de leurs mouvements en Inde). Et malgré les craintes indiennes, exprimées dans la presse, ils sont rentrés au pays au terme de cette permission. Selon un communiqué de la Farnesina reçu par B2, le Ministre italien a exprimé son désir d’une « conclusion rapide et positive » de l’histoire. Tandis que son homologue indien saluait le comportement des institutions italiennes et des fusiliers marins, marqué dès le début par « la plus complète honnêteté et clarté ». Pour Khurshid, ce retour des deux soldats italiens en Inde a consolidé le « climat de confiance mutuelle » existant entre les deux pays.

NB : Cette bonne entente affichée tranche avec les premiers échanges verbaux entre Rome et New Delhi lors de l’arrestation des deux militaires, marquée à l’époque par les critiques, l’acrimonie et la suspicion. Il ne faut pas oublier que nous sommes en campagne électorale en Italie et que le cas des deux militaires est une épine dans le pied du gouvernement. Pour Terzi personnellement comme pour le gouvernement Monti, une libération ou au moins un signe notable de prochaine libération serait un point à son actif.

Le juge seychellois ne goute pas l’humour pirate

Les 13 pêcheurs iraniens du Al Molai avait été libéré par l'équipage américain de l'USS Kidd et les 15 pirates arrêtés (U.S. Navy photo/Released)

(BRUXELLES2) La Cour suprême des Seychelles a reconnu lundi (5 novembre) 15 Somaliens coupables de piraterie et les a condamné chacun à 18 ans de prison. Une peine plutôt sévère mais qui s’explique par les circonstances tout autant de fait que politiques.

L’attaque d’un tanker échoue

Les pirates avaient attaqué en mer d’Arabie un tanker, le MV Sunshine. L’équipage du tanker n’avait dû sa liberté qu’aux mesures rapides prises par le capitaine du navire : retraite dans la citadelle, usage de canons à eaux sur le skiff … Mais surtout il a eu un coup de chance. Un groupe naval américain était à proximité. Le porte-avions USS Stenis et son escorte (le ravitailleur USN Rainier et le croiseur lance-missiles USS Mobile Bay) alertés par l’appel SOS se rapprochent, l’hélicoptère Seahawkh prend l’air. L’intervention des militaires avait stoppé l’attaque. Le tout étant filmé par hélicoptères (pour les preuves notamment) permettant notamment d’attester l’utilisation des armes par les assaillants. Peu après, un hélicoptère SH-60S Seahawk de l’Uss Kidd localisait un skiff pirates à coté d’un bateau de pêche… iranien, le Al Molai. Les pêcheurs signalèrent alors aux Américains qu’ils étaient retenus en otage. Les Us intervinrent à nouveau faisant prisonniers les ravisseurs et libérant les pêcheurs.

C’était pour le fun, msieur le juge !

La tactique de défense des pirates était originale. Les pirates soutenaient qu’ils étaient tranquillement en train de pêcher en mer d’Arabie. Et que s’ils avaient tiré au lance roquette sur un tanker, c’était juste pour « le fun« . Quant à leurs armes, c’était uniquement « pour leur propre protection« . Le genre de plaisanterie qui n’a pas vraiment eu l’heur de plaire apparemment au juge Mohan Burh, selon la presse seychelloise. « Tirer avec un RPG en direction du pont d’un navire dans de telles circonstances ne peut pas vraiment être considérée comme une activité très fun » a rappelé le magistrat, non sans ironie. Quant à l’excuse de la pêche avec des amis iraniens, elle n’a pas plus retenu son attention. La peine de 18 ans n’est sans doute pas étrangère à cette stratégie de défense…

Un cas très politique… également

C’est la première fois que l’archipel des Seychelles juge un cas aussi éloigné de sa zone naturelle et qui ne concerne pas directement des intérêts seychellois. Il faut dire aussi que ce cas était sensible. Le sauvetage du navire iranien avait été bruyamment mis en scène par les Américains à un moment on ne peut plus sensible, de tension entre l’Iran et les Etats-Unis. On ne sera donc pas étonné si Barbara Nuland, la porte-parole du Département d’Etat US a salué officiellement cette condamnation. « Nous apprécions le leadership régional des Seychelles sur la lutte contre la piraterie, comme le montre leur volonté de poursuivre et incarcérer les pirates somaliens, ainsi que l’hébergement d’un centre de coordination régional du renseignement à l’appui poursuites contre les pirates futures. La condamnation marque un pas en avant pour la construction d’une réponse internationale forte et unie contre la piraterie de Somalie et pour la promotion de la liberté de navigation dans le monde entier. »

Lire aussi :

Dernières nouvelles de la piraterie (4 novembre 2012)

(BRUXELLES2)

Les pêcheurs seychellois sont libres

Rolly Tambara et Marc Songoire, les deux pêcheurs des Seychelles de l’Aride, capturés par les pirates somaliens l’année dernière à 65 miles des Seychelles sont libres, a confirmé la présidence des Seychelles dimanche (4 novembre). Ils ont été libérés en Somalie et sont « maintenant dans une zone sûre. Tous les arrangements sont pris pour les rapatrier aux Seychelles le plus rapidement » a précisé James Michel dans un communiqué reçu par B2.

Des avions russes sur la base française de Djibouti

La relève russe est en route vers l’Océan indien. Le navire anti-sous-marin « Maréchal Chapochnikov » et des navires de soutien de la Flotte russe du Pacifique ont quitté vendredi (2 novembre) le port de Vladivostok en direction des côtes somaliennes. A leur bord deux hélicoptères K-27 et une unité de la marine de la Flotte du Pacifique. La nouveauté est cette fois en l’air. Les Russes vont envoyer deux avions de reconnaissance Iliouchine-38 qui seront basés sur la base militaire française de Djibouti. Une présente négociée entre les deux pays lors de la rencontre des chefs de diplomaties et des ministres de la Défense des deux pays.

Photo de groupe lors de la rencontre sur l'ITS Giusto (crédit : Eunavfor)

Rencontre avec des pêcheurs Somaliens

Les représentants des pêcheurs somaliens et les « ainés » des communautés locales sont montés à bord, lundi (29 octobre), de l’ITS Giusto, le navire amiral de la force européenne anti-piraterie (Eunavfor Atalanta). Une rencontre, placée sous l’égide de la Somali Seafarers Initiative (SSI), projet conjoint de la FAO (l’organisation des Nations-Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation) et de la force EUNAVFOR, qui a permis à chacun d’échanger leurs vues à la fois sur la lutte contre la piraterie, le rôle de la force européenne mais aussi des problèmes auxquels les pêcheurs locaux font face en Somalie et en mer. « C’était la première fois que nous nous rencontrions — a ainsi affirmé le contre-amiral, Enrico Credendino qui commande la force sur zone — et j’espère sincèrement que ce sera la première étape d’un long chemin que nous parcourrerons ensemble. » L’objectif de la rencontre est aussi de « rassurer les pêcheurs locaux que les forces navales qui opèrent dans la zone ne sont pas une menace et qu’il n’y a pas de raison d’être effrayés de la présence militaire » précise-t-on du côté d’Eunavfor.

Libération des marins du Bourbon Liberty 249 (Nigeria)

Les sept marins (six Russes et un Estonien) enlevés au large du Nigeria, lors de l’arraisonnement du Bourbon Liberty 249, le 15 octobre 2012, sont libres. L’armateur français l’a confirmé jeudi (1er novembre). « Malgré des conditions de détention difficiles, leur état de santé paraît satisfaisant. Ils sont actuellement pris en charge par la cellule de crise de Bourbon au Nigéria où ils bénéficient d’un suivi médical et psychologique attentif » a précisé l’armateur français qui tenu à remercier les gouvernements nigérian, russe, estonien, luxembourgeois et français pour leur assistance ainsi que les forces spéciales du Nigeria, les forces de l’armée et la police nigérianes.

Pirates = une perte pour le Yemen

La piraterie a causé au Yemen « une perte importante à l’économie locale » a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Abu Bakr Al-Qirbi, lors de la dernière réunion des pays de l’Océan indien. Une perte qui a été chiffré à environ 200 millions $ par le gouvernement.

Quatre jours de traque le long des côtes somaliennes

Le dhow suspect stoppé par le Rotterdam (crédit : OTAN / Ocean Shield)

(BRUXELLES2) Un dhow pirate a été stoppé le 13 août au petit matin par la frégate néerlandaise HNLMS Rotterdam au terme d’une opération combinée menée par les forces anti-piraterie de l’Union européenne (Eunavfor Atalanta) et de l’OTAN (Ocean Shield) le long des côtes somaliennes.

Filature

L’alerte est en effet donnée par les autorités portuaires de Bossasso (au Puntland) quatre jours auparavant. Les Somaliens signalent l’attaque et le capture d’un dhow local. La filature est alors menée en l’air, par un avion de patrouille maritime et, sur mer, par des navires européens (français, allemand et néerlandais).

Localisation

Deux jours plus tard, premier résultat. Le dhow est ainsi localisé par la frégate française Lafayette (Eunavfor Atalanta). La visite du bord permet de se rendre compte que les pirates suspects avaient fui, sur un autre dhow, le Bourhan Nour. Le lendemain, ce dhow fut localisé par une autre unité d’Eunavfor, la frégate allemande FGS Sachsen. Il est clair alors que le navire suspect met le cap sur la Somalie, soit pour se mettre à l’abri, soit pour chercher des renforts. L’essentiel pour les marins est donc de stopper le dhow avant la côte. « Pour nous, il semblait très peu probable que les pirates veulent revenir à Bossaaso. Les autorités de ce pays ne font pas mystère de leurs intentions pour éradiquer la piraterie. Peut-être avaient-ils l’intention de revenir demander de l’aide à leurs collègues. A l’est de Bossasso, il y a encore deux navires capturés aux mains des pirates » explique le Commodore Ben Bekkering, commandant de la mission Ocean Shield, qui détaille la tactique mise en oeuvre par les marins pour stopper le dhow.

Intervention

« Nous avons donc décidé de stationner le Rotterdam sur la côte, en déployant les navires de débarquement (dont dispose le Rotterdam) dans un certain nombre d’endroits, pour bloquer toute retraite du dhow ou soutien. Comme prévu, le dhow est entré dans le piège. Il était alors à la portée du Rotterdam » détaille Ben Bekkering. « La situation était étrange pour les pirates. Il y avait non seulement le Rotterdam et le FGS Sachsen qui le suivaient de près, mais aussi un hélicoptère en l’air et plusieurs péniches de débarquement qui rendaient l’approche de la côte presque impossible »

« Il pouvait à peine bouger » confirme le commandant du Rotterdam le capitaine de frégate Huub Hulsker. « Quelques appels par le mégaphone du navire et deux coups de semonce ont permis de stopper le dhow. L’équipe d’arraisonnement était alors rapidement à bord. 20 minutes plus tard, la situation était entièrement sous contrôle. »

Arrestation

L’équipage a été libéré et est en de « bonnes conditions » précise-t-on à Northwood, le QG d’Ocean Shield comme d’Eunavfor Atalanta. Les pirates suspects ont été arrêtés et transférés sur le Rotterdam en « attendant une décision sur le suivi judiciaire ».

Affaire du Lexie : les armes saisies

(BRUXELLES2) Une fouille conjointe par la police indienne et des représentants italiens a permis de saisir, dimanche (26 février), les armes qui ont été utilisées contre les pêcheurs sur le pétrolier italien, toujours amarré dans le port de Cochin. Coté italien, un attaché de défense et deux experts balistiques venus d’Italie continueront de participer à l’enquête. Autorités indienne et italienne se sont, en effet, accordés sur un examen conjoint des armes avant de poursuivre l’affaire. La visite en Inde du vice-ministre italien des Affaires étrangères, Staffan de Mistura, a permis de dédramatiser le ton entre les deux capitales. Les deux militaires italiens arrêtés seront traduits selon la loi indienne a cependant maintenu le ministre indien de la Défense, A. K. Antony, tandis que les Italiens ont soumis à la Haute Cour de Kerala une demande de désistement. La version italienne semble avoir quelque peu changé. Ceux-ci estimant que l’attitude du navire de pêche a été perçue comme dangereuse par les marins du pétrolier et que plusieurs tirs d’avertissement ont bien eu lieu. L’argument d’une possible confusion avec un autre navire semble avoir donc fait long feu.

Lire également : Au large de l’Inde, la bavure tourne à l’incident diplomatique (Maj5)

Un thonier basque attaqué au large des Seychelles

(BRUXELLES2) On aurait pu croire les Seychelles, relativement épargnées, par le redoublement des attaques pirates de ces derniers jours. Ceux-ci avaient, en effet, concentré leurs attaques dans le long des cotes kenyanes et tanzaniennes (1), d’une part, dans le Golfe d’Aden et très à l’est de l’Océan indien (2), d’autre part. Que nenni ! Un thonier basque, l’Elai Alai, a ainsi déjoué, lundi matin, une attaque de deux skiffs pirates à environ 200 miles à l’ouest de Mahé, l’ile principale de l’archipel des Seychelles.

Le navire, qui appartient au même groupe que l’Alakrana (Etxebastar Fleet) capturé l’année dernière, avait quitté les Seychelles, samedi avec 30 membres d’équipage à bord, a détecté deux skiffs lancés à sa poursuite. La poursuite a duré une heure, et il a fallu plusieurs tirs de sommation des gardes de sécurité à bord du navire pour que les pirates rompent le champ. Aucun marin n’a été touché et le navire a quitté la zone de pêche. C’est la deuxième attaque en quelques semaines sur un bateau de pêche espagnol, la précédente avait eu lieu le 17 octobre contre un navire auxiliaire de Albacora, Ortube Berria, pris sous le feu d’une attaque de pirates.

(NGV)

Lire également

Premiers détails et photos sur la capture de l’Alakrana par les pirates

(BRUXELLES2)
«Des pirates. Ce sont des pirates!»
C’est tout ce que le capitaine de l’Alakrana (1), le thonier basque espagnol capturé par les pirates vendredi matin, a eu le temps de dire par radio. L’Alakrana se trouvait en haute mer, à près de 400 miles des côtes, entre Seychelles et Somalie. Mais le thonier, qui avait ses filets jetés à l’eau, ne pouvait s’échapper. La prise de l’Alakrana s’est effectuée en un temps record, selon la presse espagnole qui rapporte les faits (EFE, El Pais, El Mundo). Il était 6h45 locales (5h45 heure européenne). L’Alakrantxu, un autre bateau de pêche de la même compagnie, Echebastar SLU, Bermeo, a entendu l’appel de détresse et a tenté de communiquer avec le navire. Mais, en vain ! Toutes les communications avaient été interrompues. Peu après, un message mail est arrivé au propriétaire du navire indiquant que l’équipage allait bien : « Nous sommes Ok ». Et c’est tout.

 

Très professionnels. Armés de fusils et de RPG, les 13 pirates qui ont donné l’assaut ont agi de façon « très professionnelle » d’après les témoignages. « Ils étaient très expérimentés. Il s’agit sans doute de la même bande que ceux qui ont capturé en mai le MV Victoria. Ou, tout au moins, ils opèrent avec le même modus operandi », explique le chef d’État-major d’opérations de la marine espagnole, Jaime Domínguez Buj. Et c’est par le négociateur, qui avait servi lors de l’enlèvement du navire allemand, qu’un premier contact a été établi. « Pour l’instant, il semble que la situation à bord doit calme » détaille Buj. « Aucun mouvement anormal n’a été observé. L’équipage serait gardé sous le pont ». Un porte-parole des pirates – joint par l’agence espagnole EFE – a justifié l’action par la nécessité de lutter contre la pêche illégale dans les eaux somaliennes.

Le bateau est suivi à la trace par les avions de patrouille maritime d’Atalanta, qui ont pu prendre cette photo. En cartouche, deux des pirates armés (©Ministerio de Defensa de España)


Une course de vitesse est engagée. La frégate Canarias – qui se trouvait à 800 miles de là au moment de l’attaque – se dirige à « grande
vitesse
» vers la zone. Selon les marins espagnols, il devrait déjà être sur zone aujourd’hui (il lui faut 35 heures pour se rendre sur place selon la marine espagnole et était à 184 miles de la zone samedi midi). L’objectif des militaires est d’éviter que le bateau de pêche ne touche terre et que les otages soient débarqués. Car, ensuite, aucune intervention ne serait possible. Le navire est suivi à la trace par les avions de patrouille d’Atalanta : les deux P3 Orion espagnol et allemand et l’Atlantique II français qui se relaient sur place. Apparemment ce sont les avions luxembourgeois qui ont été les premiers sur les lieux. C’est une de leur première sortie opérationnelle !Rançon ou intervention. Une cellule de crise, réunissant les ministères de la défense, de l’environnement et de la pêche, a été activée à Madrid, sous la responsabilité du vice-premier ministre, Maria Teresa Fernandez de la Vega. Les autorités ont deux options.
1° la négociation et le paiement d’une rançon. Ce qui a apparemment commencé à être fait. Puisqu’un premier contact a été entamé avec un intermédiaire.
2° L’intervention. Les Espagnols ont sollicité les Français pour agir en « partenariat spécial » selon De La Vega. Seuls les Français ont, en effet, à la fois l’expérience et les moyens pour mener ce type d’opérations. Mais qui ne va pas sans risque (cf. l’opération Tanit). Aussi la priorité n°1 affichée du gouvernement espagnol est la « sécurité des pêcheurs ». Tout dérapage serait en effet fatal… au niveau politique.

A l’arrière du bateau, on peut voir remorqué le skiff pirate avec les bidons d’essence et apprécier la différence de taille des deux navires, quelques mètres pour l’un, une centaine de mètres pour le second (©Ministerio de Defensa de España)

Polémique politique. Cette capture d’un navire espagnol a, en effet, déclenché une polémique en Espagne où la Ministre de la Défense, Carme Chacon, doit faire face à une double offensive. Le parti populaire, dans l’opposition, a dénoncé la « passivité » du gouvernement. Le porte-parole de défense du PP, Beatriz Rodriguez Salmon, a ainsi expliqué que «le gouvernement n’a pas agi avec diligence raisonnable dans la protection du thon» notamment parce qu’il a rejeté les dernières initiatives présentées à la Chambre des députés pour mettre des militaires armés à bord des navires de pêche. Même explication chez les nationalistes basques du PNV, qui estiment que le pouvoir central n’en a pas fait assez pour protéger les pêcheurs basques. Pour Josu Erkoreka, porte-parole du parti PNV, « Notre flotte de pêche au large des côtes de la Somalie risque sa vie alors que le ministre de la Défense joue à ne pas perdre des voix au Congrès. Ce n’est pas bien! ». Et de souligner que « la mise à bord de gardes privés (solution prônée par les ministères de la Défense et de l’Intérieur espagnols) est retardée par la paperasserie ». Les thoniers ont mis en cause l’absence de protection directe par les forces armées espagnoles dont bénéficient
les pêcheurs Français (NB : à leurs frais). Une motion législative dans ce sens, proposée par le PP et le PNV avait été rejetée en septembre par le Congrès. Le gouvernement a répliqué estimant que l’Alakrana ne pêchait pas dans la zone protégée par la force internationale. « Chacun doit être responsable de ses actes » a averti Jaime Domínguez Buj. A Londres, le QG d’Atalanta tente de faire face à la polémique, indiquant qu’il y a une étroite concertation avec les pêcheurs, un de leurs représentants étant d’ailleurs présent au QG de Northwood.Retrait par sécurité. Il y avait environ 17 bateaux espagnols qui pêchent actuellement dans l’Océan indien. Et, par mesure de sécurité, leurs propriétaires ont demandé de quitter la zone de pêche. Ils devraient se diriger vers les Seychelles où la plupart ont établi leur base pour la saison de pêche. Pour les thoniers, c’est une mauvaise donne. Selon un responsable des pêches, l’année 2009 sera moins bonne. Au lieu des 180 à 200.000 tonnes pêchées chaque année, il n’y en aurait que 120.000 cette année. Du fait des pirates…

L’armée espagnole met une frégate pour protéger ses pêcheurs

(BRUXELLES2) Comme attendu, la fin de la mousson a eu  comme conséquence une recrudescence des attaques de pirates dans l’Océan indien. En quelques jours, ce sont ainsi trois bateaux de pêche espagnols qui ont subi des attaques.

Le premier « Campolibre Alai » avait été attaqué fin août. Jeudi suivant, c’était au tour de « Alakrana A« . Et le « Intertuna II« , mercredi 9 septembre, échappe de peu à une nouvelle attaque, à 420 miles des côtes somaliennes. L’équipage, composé de marins galiciens et basques, averti au petit matin qu’un bateau les suivait, a mis en place les procédures d’urgence, abandonné certains filets et mis les moteurs pour fuir la zone.

Un début de polémique a été esquivé

Les pêcheurs espagnols estiment que leurs homologues français travaillent en toute quiétude, étant protégés par des marins armés à bord. La ministre espagnole de la Défense, Carme Chacon, a répliqué que les embarcations de pêche étaient hors de la portée de navires de guerre présents dans la zone, d’Eunavfor Atalanta. « Je comprends que vous cherchez des lieux de pêche mais cela ne va pas sans difficulté pour la frégate espagnole comme pour toute l’opération Atalanta« . L’atmosphère s’est un peu calmée après une réunion, tenue à Madrid, entre les principaux ministères concernés (Défense, Environnement, Mer) et les représentants des deux  principales associations de propriétaires de thoniers congélateurs (OPAGAC ANABAC). La ministre espagnole de la Défense a annoncé diverses mesures.

Mesures prises

Carme Chacon l’a précisé : la frégate « Canarias » (F-86) patrouillera dans la zone de pêche des bateaux espagnols, en étroite coopération avec les autres moyens déployés dans le cadre de l’opération Atalanta, notamment les avions de patrouille maritime P3 Orion, afin d’échanger toutes les informations nécessaires. Un agent des organisations de pêche pourrait également être envoyé au quartier-général d’opérations, à Northwood. Le COVAM, le centre de surveillance et d’action maritime de l’armée espagnole à Carthagène, envoie également, tous les jours, un rapport sur la situation sécuritaire dans la zone, ainsi que des informations en temps réel, en cas de danger, aux propriétaires de navires.

Les avions de patrouille maritime, espagnol ou français, se relaient à Mombasa (Kenya), voire en faisant des escales aux Seychelles, afin d’etre plus proches des zones de pêche.

Crédit photo : Armada