parlement européen

Députés européens. La solution “pragmatique” était la seule possible (Trzaskowski)

(BRUXELLES2) La question d’une nouvelle répartition du nombre de députés par pays n’a pas suscité grand débat au Parlement européen lors de la dernière session plénière en mars. Le rapport Gualtiari – Trzaskowski a ainsi été adopté sans coup férir avec 536 voix pour, 111 contre et 44 abstentions. Il s’agit d’assurer la représentation européenne pour la Croatie sans perturber de façon fondamentale la représentation des autres pays. B2 a rencontré l’un des deux rapporteurs, le polonais du PPE, Rafal Trzaskowski. Parfait francophone, il est difficile de lui en remonter sur le questions institutionnelles. « C’est le sujet de ma thèse, la dynamique de la réforme constitutionnelle » explique-t-il. « J’étais présent lors de la réunion à Cambridge où s’est élaboré le fameux “compromis de Cambridge” qui évoque une règle mathématique pour répartir les sièges ». Mais Rafal Trzaskowski défend le compromis approuvé par le Parlement. « Ce n’est pas vrai de dire que c’est contre le Traité » explique-t-il notamment avant de détailler les différentes options envisagées qui ont, finalement, conduit à cette solution “pragmatique”, la moins pire des solutions. Si réforme, il y a, il estime qu’elle doit se produire dans un cadre plus général de réforme des institutions. « Il n’est pas possible de discuter la réforme d’une institution, sans revoir le fonctionnement des autres » estime-t-il. Si la représentation est davantage proportionnelle au Parlement, il faudrait envisager d’avoir au Conseil un vote égalitaire par pays.

Texte complet de l’interview réservé aux abonnés du Club

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Le pooling and sharing de la rareté ?

(BRUXELLES2) Intervenant lors d’un débat au Parlement européen sur la réforme des structures militaires, l’eurodéputé roumain, Ioan Mircea Pascu (socialiste) a eu cette remarque assez juste, il me semble concernant l’évolution des forces armées européennes .

« Bientôt il nous faudra un pooling and sharing de la rareté, car il n’y aura plus grand-chose à mettre en commun. On est arrivé à un stade où il nous faut tirer la sonnette d’alarme auprès du Conseil (Ministres et/ou chefs de gouvernement). Si on ne veut pas mettre en péril notre sécurité, nous devons agir autrement. » Les premiers axes de ce rapport sont détaillés sur le Club.

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Alexander Alvaro grièvement blessé dans un accident de la route (maj)

Les pompiers après la désincarcération de l’Audi A8 de l’eurodéputé (crédit : DPA)

(BRUXELLES2) Le vice-président du Parlement européen, l’allemand Alexander Alvaro a été grièvement blessé vendredi soir (22 soir) dans un, banal, accident de la route sur l’A1, en Allemagne, juste après la sortie de Bursheid, alors qu’il se dirigeait vers Cologne et Bruxelles. Le conducteur du véhicule qui le précédait, une Opel avec trois jeunes à l’intérieur, a perdu le contrôle. (Maj) Selon les derniers éléments de l’enquête, relatés par le Bild le 3 mars, le jeune conducteur a en fait voulu éviter une autre voiture qui a fait une embardée alors qu’il le doublait. Il a alors heurté la glissière de sécurité.

Crash violent

Derrière, l’Audi A8 de l’eurodéputé, qui arrive à grande vitesse, n’a pu éviter. Le crash a été très violent, selon le récit qu’en fait le quotidien Bild. La photo de l’Audi pris après l’accident en témoigne. Les deux véhicules après l’accident sont distants de plusieurs centaines de mètres. Le bloc moteur s’est détaché. Et il a fallu 45 minutes aux sauveteurs arrivés sur place pour désincarcérer l’eurodéputé de son véhicule. Dans l’autre véhicule, le bilan est encore plus dramatique : le conducteur de 21 ans a été éjecté et tué sur le coup, les deux autres âgés de 15 et 16 ans sont grièvement blessés. L’autoroute a été fermée durant de nombreuses heures. Atteint de sévères lésions cérébrales, Alexandre Alvaro a été transporté en ambulance vers l’hôpital de Reimsheid. Pronostic réservé
Etoile montante du FDP

D’origine portugaise, Alexander est député du FDP et une des “étoiles montantes” du parti libéral. Il est l’auteur notamment d’un rapport sur la transmission des données téléphoniques aux fins de lutte contre le terrorisme ; un sujet (terrorisme, protection des données …) qui le tenait à coeur. Il a mené campagne pour le transfert du parlement à Bruxelles, prônant un seul siège pour l’institution.

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Petit tripatouillage électoral grandeur européenne ? Français, Britanniques, Espagnols au tapis (maj)

Petit tripatouillage électoral grandeur européenne ? Français, Britanniques, Espagnols au tapis (maj)

(BRUXELLES2, enquête) Chacun devrait prêter davantage attention aux travaux qui avancent discrètement au Parlement européen à Bruxelles. Objectif : déterminer le nombre de députés élus pays par pays. On peut déjà dire que les grands pays  — la  France surtout mais aussi le Royaume-Uni ou l’Espagne — sont en train de payer la facture… Nb : la commission Afco (affaires constitutionnelles) a voté, le mardi 19 février, le projet de rapport à 10 voix contre 9.

Une réévaluation quinquennale

Avant chaque élection, on réévalue le nombre de députés européens élus dans chaque Etat membre, pour tenir compte à la fois des dernières évolutions démographiques. On doit également tenir compte de l’adhésion de nouveaux Etats membres. La prochaine élection 2014 ne devrait pas faillir à cette tradition. L’entrée de la Croatie qui la dote d’une dizaine de députés tout comme l’entrée en vigueur de la réduction à 96 députés du plafond attribué au plus grand pays, oblige à faire des modifications à la règle actuelle. Des pays vont avoir plus de députés, d’autres moins car leur population a baissé. C’est la règle. Encore faut-il savoir comment interpréter cette règle. Pour une fois, c’est le Parlement européen qui a le maitre mot, le droit d’initiative, pour proposer une nouvelle répartition des sièges. Nous en sommes au stade du projet de rapport. Le débat en plénière est prévu le 13 mars, avec une seule lecture. Le Conseil européen devra ensuite se prononcer à l’unanimité.

Normalement l’évolution se fait au ratio de la population. Principe fixé par le traité. Mais bizarrement, les deux eurodéputés rapporteurs — l’Italien Roberto Gualtieri (parti démocratique / S&D) et le Polonais Rafael Trzaskowski (Plate-forme civique/PPE) — en ont décidé autrement. Avec des arguments – écrits noir sur blanc dans leur projet de rapport – qui valent leur pesant de café… – qu’on peut résumer ainsi : ne pas fâcher l’Allemagne, ni les petits et moyens pays par exemple, s’assurer d’une majorité au Parlement, semblent plutôt être leur préoccupation.

La règle est fixée par le Traité : la dégressivité proportionnelle

La représentation des citoyens est assurée de façon dégressivement proportionnelle, avec un seuil minimum de six membres par État membre. Aucun État membre ne se voit attribuer plus de quatre-vingt seize sièges.

Le Conseil européen adopte à l’unanimité, sur initiative du Parlement européen et avec son approbation, une décision fixant la composition du Parlement européen, dans le respect des principes visés au premier alinéa.

On peut remarquer trois éléments : un minimum de 6 sièges et un maximum de 96 sièges. Sans que l’un comme l’autre soit une obligation. Ensuite le principe d’une dégressivité proportionnelle. C’est-à-dire que le nombre de citoyens par siège de députés diminue régulièrement au fur et à mesure que la population augmente. En l’état des propositions faites par les députés, cette règle est violée du moins en ce qui concerne la France et le Royaume-Uni. Il n’y a pas d’autres mots.

Ces principes sont transposés dans la décision du Parlement européen précédente (dite Lamassoure/Severin). Celui-ci n’estime pas que les minima et maxima sont obligatoires mais sont souhaitables :

•    « Les chiffres minimum et maximum fixés par le traité doivent être pleinement utilisés pour que l’éventail des sièges au Parlement européen soit le moins éloigné possible de l’éventail des populations des États membres ».

Puis il fixe deux règles pour appliquer la règle de proportionnalité :

•    plus un État membre est peuplé, plus il a droit à un nombre de sièges élevé;

•    plus un État membre est peuplé, plus le nombre d’habitants que chacun de ses députés européens représente est élevé.

L’application de la règle – version 1

Pour appliquer ces principes, il faut ensuite se décider pour une méthode mathématique. Lors de la dernière Convention, le Parlement européen avait proposé la méthode dite “base+prop” ou “compromis de Cambridge”. Six sièges sont attribués à tous les États membres. Et les sièges restants sont distribués selon le principe de proportionnalité. Cette méthode représente « le mécanisme le plus “proportionnel” qui respecte le principe de la proportionnalité dégressive et elle permettrait d’atténuer considérablement la position critique de la Cour constitutionnelle allemande (surtout si elle est associée à une révision du traité abolissant le plafond de 96 sièges) » soulignent les rapporteurs.

Selon cette méthode, la France se verrait attribuer 9 sièges en plus ; le Royaume-Uni 7 sièges tout comme l’Espagne ; l’Italie 5 sièges. Tous les autres pays perdraient des sièges à l’exception de la Pologne (qui resterait stable). Cette nouvelle répartition est brutale. Mais elle reflète des changements démographiques importants.

TABLEAU N° 4: BASE+PROP – COMPROMIS DE CAMBRIDGE
États membres Population* Nbre de sièges Différence par rapport à 2009 Rapport population/nbre de sièges
Allemagne 81 751 602 96 moins 3 851 579
France 65 048 412 83 plus 9 783 716
Royaume-Uni 62 435 709 80 plus 7 780 446
Italie 60 626 442 78 plus 5 777 262
Espagne 46 152 926 61 plus 7 756 605
Pologne 38 200 037 51 749 020
Roumanie 21 413 815 31 moins 2 690 768
Pays-Bas 16 655 799 25 moins 1 666 232
Grèce 11 309 885 19 moins 3 595 257
Belgique 10 951 665 18 moins 4 608 426
Portugal 10 636 979 18 moins 4 590 943
République tchèque 10 532 770 18 moins 4 585 154
Hongrie 9 985 722 17 moins 5 587 395
Suède 9 415 570 17 moins 3 553 857
Autriche 8 404 252 16 moins 3 525 266
Bulgarie 7 504 868 15 moins 3 500 325
Danemark 5 560 628 12 moins 1 463 386
Slovaquie 5 435 273 12 moins 1 452 939
Finlande 5 375 276 12 moins 1 447 940
Irlande 4 480 858 11 moins 1 407 351
Croatie 4 412 137 11 moins 1 401 103
Lituanie 3 244 601 9 moins 3 360 511
Slovénie 2 229 641 8 moins 1 278 705
Lettonie 2 050 189 8 256 274
Estonie 1 340 194 7 plus 1 191 456
Chypre 804 435 6 134 073
Luxembourg 511 840 6 85 307
Malte 417 617 6 69 603
TOTAL 751

L’application de la règle – version 2

Pour autant les rapporteurs ne souhaitent pas reprendre cette formule. Pour des motifs très politiques. Son application « entraînerait une extraordinaire redistribution des sièges, impliquant de lourdes pertes pour les petits États membres et les États membres de taille moyenne et d’énormes augmentations pour les grands États membres ». De plus, « sans suppression du plafond de 96 sièges, cette méthode serait discriminatoire pour l’Allemagne vis-à-vis des autres grands États membres car elle augmenterait fortement le rapport population/nombre de sièges entre la France et l’Allemagne ». Et ils proposent une approche dite “pragmatique”. Au passage, ils inventent un nouveau principe « tout en respectant autant que faire se peut le principe de la proportionnalité dégressive, la redistribution des sièges pourrait se faire selon le principe “personne ne gagne et personne ne perd plus d’un siège” ». Ils arrivent ainsi à un résultat bien différent du précédent selon un calcul en deux étapes (dont je vous épargne la justification compliquée).

États membres Population* Nbre de sièges (étape 2) Différence par rapport à 2009 Rapport population/nbre de sièges (étape 2) Différence entre les 2 méthodes (B2)
Allemagne 81 843 743 96 moins 3 852 539 0
France 65 397 912 74 883 756 -9
Royaume-Uni 62 989 550 73 862 871 -7
Italie 60 820 764 73 833 161 -5
Espagne 46 196 276 54 855 487 -7
Pologne 38 538 447 51 755 656 0
Roumanie 21 355 849 32 moins 1 667 370 1
Pays-Bas 16 730 348 26 643 475 1
Grèce 11 290 935 21 moins 1 537 664 2
Belgique 11 041 266 21 moins 1 525 775 3
Portugal 10 541 840 21 moins 1 501 992 3
République tchèque 10 505 445 21 moins 1 500 259 3
Hongrie 9 957 731 21 moins 1 474 178 4
Suède 9 482 855 19 > 20
moins 1 499 098 2 > 3
Autriche 8 443 018 19 > 18
444 369 3 > 2
Bulgarie 7 327 224 17 moins 1 431 013 2
Danemark 5 580 516 13 429 270 1
Slovaquie 5 404 322 13 415 717 1
Finlande 5 401 267 13 415 482 1
Irlande 4 582 769 11 moins 1 416 615 0
Croatie 4 398 150 11 moins 1 399 832 0
Lituanie 3 007 758 11 moins 1 273 433 2
Slovénie 2 055 496 8 256 937 0
Lettonie 2 041 763 8 moins 1 255 220 0
Estonie 1 339 662 6 223 277 -1
Chypre 862 011 6 143 669 0
Luxembourg 524 853 6 87 476 0
Malte 416 110 6 69 352 0
TOTAL 751

On remarque ainsi quelques incongruités dans ce tableau des rapporteurs (que j’ai mis en bleu) : 1° Un saut inexplicable de la dégressivité pour l’Italie (inexplicable sauf à dire que le rapporteur est italien) qui se retrouve ainsi à égalité avec le Royaume-Uni alors qu’il y a un net différentiel de population (plus de 2 millions). 2° Une absence de dégressivité pour la France ; les Français sont ainsi les plus mal représentés avec 883.000 habitants pour un député, devant l’Allemagne. 3° Autre saut de la dégressivité (au milieu du tableau), entre la Hongrie et la Suède, on aperçoit un décrochage de 2 sièges alors que les pays ont une population quasi-identique NB : cette “incongruité” a été corrigée lors d’un vote en commission AFCO,  mardi 19 février, un siège a été réattribué à la Suède, l’Autriche compensant cette augmentation. ; 4° Enfin (en bas de tableau), l’Estonie se trouve à égalité de voix avec Chypre alors qu’elle mériterait un siège de plus.

A ce tableau publié par les rapporteurs, j’ai rajouté une colonne donnant la différence entre la méthode traditionnelle et la méthode “pragmatique” des rapporteurs. Les chiffres sont éloquents. Les grands pays paient cher cette méthode (sauf l’Allemagne qui est au plafond) : la France perd 9 députés, le Royaume-Uni et l’Espagne (moins 7 députés) ! L’Italie, un peu moins (moins 5 députés). Les gagnants se recrutent dans les pays moyens : la Hongrie a un beau bonus de 4 sièges ; le Portugal, la Belgique, la république Tchèque et l’Autriche ont 3 sièges en plus ; la Grèce, la Lituanie et la Suède bénéficient de 2 sièges supplémentaires. 

Commentaire : la représentation démocratique en prend un coup. Il ne s’agit plus ici d’avoir une proportion dégressive comme cela est fixé par le traité européens. Mais d’arranger ces critères en fonction de petits arrangements très politiciens. Les rapporteurs le reconnaissent : « dans les présentes circonstances et compte tenu du processus décisionnel actuel dans ce domaine, la solution proposée est la plus susceptible de dégager une majorité au sein du Parlement et l’unanimité au sein du Conseil tout en respectant autant que possible le principe de la proportionnalité dégressive ». En clair, la règle électorale n’est pas bonne, on la change. On n’est pas très loin du tripatouillage des circonscriptions dans le plus grand art… Cette méthode est non seulement amorale, inéquitable, mais aussi illégale et finalement dangereuse pour la démocratie.

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Les combats au Mali ont augmenté les besoins humanitaires (Striffler)

(BRUXELLES2) « L’intensification des combats depuis le début 2013 a augmenté les besoins humanitaires en aggravant la crise alimentaire et nutritionnelle en cours et entrainant de nouveaux déplacements de populations » a expliqué Michèle Striffler, (groupe PPE / Gauche moderne) rapporteur permanent au Parlement européen pour l’aide humanitaire, à l’occasion d’une rencontre avec le Premier ministre malien. « Plus de 4,3 millions de personnes au Mali ont besoin d’une aide humanitaire. De plus, de nombreuses inquiétudes sont nées au Mali en matière de protection des femmes, d’exécutions sommaires, de vengeances  et d’abus. » Pour la députée, cependant, l’accès humanitaire « s’améliore » et des « évaluations localisées des besoins sont en cours dans les zones nouvellement accessibles ». Mais les conditions de sécurité demeurent « changeantes ». Et les mines et engins explosifs sont « également un frein à l’arrivée de l’aide ».

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C’est le moment de pousser les feux M. le Président

(BRUXELLES2 à Strasbourg) On ressent tout de même une certaine timidité à écouter François Hollande, à la fois sur l’Afrique comme sur la politique de défense européenne. A peine un paragraphe dans son discours d’introduction devant les eurodéputés ce mercredi (6 février). Et des mots assez attendus et assez consensuels, somme toute, avec très peu de nouveauté ni d’engagement. Fort de son “succès” au Mali, et du soutien politique européen général, qui lui donne une certaine « légitimité » – comme il l’a rappelé lui-même -, le président français aurait pu poussé un peu son avantage, pour donner une vraie politique africaine à l’Europe. Alors que le tournant vers l’Est a, depuis plusieurs années, occupé les esprits européens, le rivage sud et surtout l’Afrique ont bien besoin d’alliés au niveau européen. Faut-il rappeler que l’Afrique avait été la grande “oubliée” des partenariats stratégiques sur lesquels s’étaient penchés les Européens il y a trois ans.

Il en est de même de l’Europe de la Défense qui a été un peu laissée au rancart ces derniers. Cela évolue. Mais, au moment où chaque pays se débat dans des questions budgétaires inextricables, la défense apparait dans nombre de pays comme la clé d’ajustement parfaite. Et les lendemains pourraient être sombres. Ce que la France a pu faire au Mali, un autre pays aurait-il pu le faire au Nigeria ou en Guinée-Bissau ? Ce n’est pas sûr…  En matière de défense, il n’y a pas besoin de réforme. Tous les instruments pour une « Europe différenciée » – comme François Hollande a appelé de ses voeux —sont là : groupe d’avant-garde, Coopération renforcée, coopération structurée, assistance mutuelle… Tout est prévu… sur le papier. Il faut maintenant remplir les cases. C’est le moment de pousser les feux M. le président…

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L’Europe de la Défense, ce n’est pas encore çà ! (F. Hollande)

L’Europe de la Défense, ce n’est pas encore çà ! (F. Hollande)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) Répondant à une question de journalistes (mon confrère Pascal Verdeau de France3), le président de la République française, François Hollande, a reconnu que « l’Europe de la défense n’a pas encore pris la dimension attendue. Il n’y a pas de force de projection au plan européen. » « Dès lors ce sont des pays qui se coalisent pour intervenir. » Au Mali, la France était le « seul pays qui avait capacité de le faire ». « Nous étions proches » avec notamment les « bases en Afrique ».

Pas de reproche

Le président se défend de porter l’opprobre sur l’Europe. « J’ai assumé cette décision sans faire aucun reproche au niveau européen. Aucun pays européen ne pouvait, dans un délai aussi court que nous, intervenir. » Pour autant, il lance un « avertissement » : il faut « prendre les dispositions nécessaires pour l’avenir » pour pouvoir intervenir. Ce qui est « demandé à l’Europe » aujourd’hui, c’est 1° « de former de l’armée malienne et les troupes africaines » « de le faire et tout de suite » ; et 2° de « rassembler le plus de financement possibles – pour la MISMA – mais surtout pour aider le Mali à reconstruire. « La phase de dialogue politique n’a de sens que si on permet la sécurisation du territoire malien et l’inclusion de tous dans ce processus. C’est plus facile si il y a politique de développement que s’il n’y en a pas. »

Avoir une véritable politique extérieure

Peu avant dans son discours liminaire, le président avait indiqué que « dans cette redistribution des cartes de la puissance à l’échelle du monde », l’Europe devait être présente. « Nous devons (…) avoir la lucidité indispensable pour élaborer une stratégie pour conduire une véritable politique extérieure commune, pour avoir une défense européenne. La France y est prête. Il est temps là encore d’en finir avec la dispersion des initiatives de rassembler nos forces et nos moyens, de rapprocher nos industries, d’harmoniser aussi nos positions dans les instances internationales où l’Europe doit parler d’une voix, d’agir pour résoudre les conflits qui heurtent les consciences humaines. »

Lire aussi : C’est le moment de pousser les feux M. le Président (commentaire)

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Le Mali, c’est bien. N’oubliez pas la Syrie !

(crédit : Parlement européen)

(BRUXELLES2 à Strasbourg) François Hollande a reçu les félicitations générales pour l’intervention française au Mali. José-Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a tenu à rendre hommage « au courage et à la détermination de la France. En étant aux côtés du peuple du Mali, vous avez garanti que l’Europe était aussi présente en défendant nos intérêts et nos valeurs pour montrer que nous avons une mission qui dépasse bien sûr les frontières de l’Europe. » Un propos repris par à peu près tous les groupes : des Chrétiens-Démocrates du PPE aux Verts en passant par les Tories britanniques ou les Libéraux et démocrates.

Seule fausse note, le groupe de gauche (GUE) a fait entendre sa différence. L’allemande Gabriele Zimmer estimant que « l’intervention militaire n’est « pas une bonne chose. Ses conséquences sont trop imprévisibles. Nous devons répondre à la population du Mali qui se tourne vers nous : veut de la la démocratie, revendique le droit de vivre dans des conditions décentes, ou que son environnement soit protégé ». Quelques nuances sont cependant intervenues, notamment au centre;

La fée de Dany n’est pas une Lady

Pour les Verts, Dany Cohn Bendit a salué l’intervention, employant à loisir le tutoiement « Tu as eu raison. Mais allons plus loin. La réconciliation c’est aussi avec les Touaregs, à l’intérieur du Mali. » Et il a dénoncé le comportement de certains « pas tout à fait démocratiques, comme l’Algérie, n’ont pas joué leur rôle jusqu’au bout dans la lutte contre le terrorisme, au contraire, ils jouent avec le feu en s’attaquant au terrorisme et en les soutenant d’un autre côté ». Au passage, il a taclé C. Asthon « Ce n’est pas la France qui peut agir seule, c’est l’Europe, mais là c’est un autre conte de fées, Pour nous épauler, il nous faudrait une Haute représentante pour les Affaires étrangères qui soit digne de ce poste. Ce n’est pas tout à fait le cas actuellement ».

Une zone d’exclusion aérienne pour la Syrie

Guy Verhofstadt a salué cette « bonne décision. Il n’était pas concevable qu’un régime djihadiste s’installe à Bamako ». Mais l’ancien Premier ministre belge a tenu à alerter sur un « autre drame » la Syrie et « ses horreurs » journalières. Ce n’est pas la première fois que G. Verhofstadt intervient. Mais il a tenu à donner cet avertissement. « Chaque jour perdu à aider la rébellion démocratique est un jour gagné pour les djihadistes. Assad tombera c’est sûr. Mais ce seront les radicaux qui l’emporteront. » Il faut apporter une aide humanitaire massive mais aussi « installer une zone d’interdiction aérienne au nord de la Syrie. Si on n’a pas le courage de cela, donnons leur les armes anti aériennes pour qu’ils puissent se défendre. »

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