Pakistan

Pakistan. Un attentat dans l’Himalaya vise des alpinistes. Plusieurs Européens tués (Maj2)

Le Nanga Parbat coté Diamir (crédit : Jasmine Tours Pakistan)

Le Nanga Parbat coté Diamir (crédit : Jasmine Tours Pakistan)

(BRUXELLES2) Une dizaine d’alpinistes sont décédés sous les balles dans l’Himalaya au Pakistan samedi 22 juin à 22 heures (locales, 17 GMT). C’est la première fois que des touristes sont visés par un attentat dans une région (le Gilgit-Baltistan) jusqu’ici semble-t-il préservée (1). Des talibans auraient fait irruption dans le camp de base, situé près de Diamir, portant l’uniforme des « Gilgit Scouts » (2). Les talibans membres du groupe Junood-e-Hafsa ont revendiqué leur acte – selon une dépêche de l’AFP – pour venger la mort du numéro 2 du TTP, Wali ur-Rehman, tué en mai par un tir de drone américain dans le nord-ouest du Pakistan.

Lituanien, Slovaques, Ukrainiens et 1 Américain

Contrairement aux premières informations diffusées, il y aurait bien des ressortissants de l’Union européenne parmi les décédés. Le bilan était confus car on a d’abord parlé de 1 Russe, 5 Ukrainiens et 3 Chinois. Or, selon une alpiniste polonaise, leader de l’expédition « Nanga Parbat International 2013″, qui a fait parvenir un message dimanche après-midi, 11 personnes seraient décédées : un Lituanien membre de cette expédition (qui aurait fait ses études à Moscou) ainsi que 2 alpinistes slovaques et 3 Ukrainiens (membres d’une autre expédition ukrainienne), 3 Chinois et deux guides — un sherpa Népalais et un Pakistanais.

Informations confirmées par la presse locale, qui précise que toutes les victimes ont été identifiées par l’institut médico-légal pakistanais. Parmi celles-ci figurerait ainsi un national américain (d’origine chinoise) – ainsi que le leader de l’expédition ukrainienne (3). Les corps ont été rapatriés par hélicoptère puis par avion militaire C-130 vers la base aérienne de Chaklala à Islamabad avant d’être rapatriés vers leurs pays respectifs.

prémonitoire... une photo d'un des alpinistes présents sur plac

prémonitoire… une photo d’un des alpinistes présents sur plac

Les alpinistes s’apprêtaient à partir à l’ascension du Nanga Parbat, le 9e sommet mondial, culminant à 8126 mètres, et situé au Pakistan près de la Chine, par la face Ouest. Certains étaient expérimentés voire très expérimentés et actifs dans le secours en montagne.

Commentaire : c’est la première fois à ma connaissance que des alpinistes sont visés dans un acte « terroriste ». Cette nouvelle donne devrait inciter à réfléchir et pourrait rebattre les cartes. Comme au Sahel, l’Himalaya et d’autres zones dans le monde, les touristes deviennent des « cibles ».

(1) Une information à prendre au conditionnel. Un attentat contre un bus aurait causé la mort d’une vingtaine de personnes près du lac de Lulusar, non loin de là, en août 2012. Attentat revendiqué par les talibans pour se venger des attaques dont seraient victimes les sunnites de la part des chiites. Et la région du Gilgit-Baltistan reste parcourue de soubresauts autonomistes.
(2) Une force paramilitaire fondée par les Britanniques intégrée récemment dans les forces armées pakistanaises (régiment d’infanterie légère).
(3) Conformément aux règles en usage sur ce blog, aucun nom ne sera donné sans s’être assuré que les familles ont été mises au courant.
(Maj) Le « ? » figurant dans le titre a été retiré. Signe que l’information a été confirmée. Et plusieurs détails ont été apportés dans la nuit de dimanche à lundi au fur et à mesure que les confirmations étaient données.
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L’UE reconnait les sacrifices des Pakistanais… et cherche un allié stratégique ?

Catherine Ashton et Hina Rabbani Khar à la conférence de presse commune à Islamabad, le 5 juin 2012 (© European Union, 2012)

(BRUXELLES2) A l’occasion de sa première visite au Pakistan, la Haute représentante de l’UE Catherine Ashton a lancé aujourd’hui (mardi 5 juin), le dialogue stratégique avec ce pays. « Une visite très attendue » selon la ministre pakistanaise des Affaires étrangères. C’était un des éléments prévus dans un plan d’engagement sur 5 ans adopté par l’UE et le Pakistan en février dernier, censé renouveler les relations entre les deux parties. Si « dans le passé, notre relation se basait essentiellement sur le commerce », ce dialogue stratégique doit permettre de traiter des autres enjeux, et notamment d’amener celui de la sécurité « sur le devant de la scène », selon la Haute Représentante. Un dialogue qui doit continuer : il doit être « institutionnalisé » selon la ministre pakistanaise.

Reconnaissance des sacrifices pakistanais

Catherine Ashton a tenu à reconnaître les « énormes sacrifices faits par le peuple pakistanais dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme ». « Tant de gens ont perdu la vie, tant de gens ont été blessés, tant de familles ont été dévastées par ce qui s’est passé dans ce pays ». Le Pakistan attendait beaucoup cette reconnaissance et fait donc part de ses « profonds remerciements » à l’UE pour avoir « écouté la voix du peuple pakistanais ». En guise de récompense face à ces sacrifices, le Pakistan ne demandait qu’une chose : un accès préférentiel aux marchés internationaux. Et en particulier à celui de l’UE, qui avait déjà répondu présent après les inondations de 2010. Le « dialogue stratégique » inauguré aujourd’hui doit permettre de poursuivre dans cette direction. Des discussions vers un accord de libre-échange sont ainsi envisagées.

Renforcer la coopération et faire du Pakistan un allié stratégique

Selon le plan en 5 ans, dont l’un des 6 volets est la sécurité, des « dialogues sectoriels » doivent être instaurés dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, le crime organisé, le trafic de drogues ainsi que pour le désarmement et la non-prolifération. L’UE pourrait donc bien avoir ici un allié stratégique. D’autant qu’en reconnaissant les « sacrifices » pakistanais, elle affirme une position assez différente de celle des USA. Ceux-ci sont en effet en froid avec le Pakistan, qui s’oppose fermement aux attaques de drones américains sur son territoire. Selon les autorités pakistanaises, non seulement ces attaques sont illégales mais aussi contre-productives : elles tuent des civils, minent le moral des pakistanais, favorisent l’anti-américanisme et poussent les rebelles vers plus d’extrémisme.

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Toulouse : un évènement qui oblige à s’interroger sur l’Afghanistan

(BRUXELLES2) Je ne reviendrais pas ici sur le « comment j’aurais mieux fait » la négociation ou l’assaut. Ce genre de polémiques est souvent le sport favori des différentes forces de sécurité (GIGN versus RAID, Gendarmerie contre Police, Civils contre militaires…) qui n’ont pas participé à l’opération, surtout quand elle se termine par ce qu’il faut bien appeler un échec – avec mort d’homme et surtout du principal suspect. Le genre est souvent le même : si on m’avait laissé faire, cela n’aurait pas eu lieu. Pour l’avoir vécu directement, et observé parfois (*), ces commentaires n’ont souvent qu’une faible valeur que celle du besoin d’exister et, que rarement, une réelle portée explicative. Car tous les éléments opérationnels ne sont pas pris en compte ou connus. C’est comme refaire un match au fond de son fauteuil !

Ce qui, en revanche, mérite l’attention est le parcours « supposé » du criminel. De la même façon que pour les attentats de Londres, on n’a pas affaire là à un terrorisme importé, venant frapper de l’extérieur, avec des réseaux (comme la série d’attentats qu’a connues la France dans les années 1980, imputées au GIA ou à des groupes libanais sous impulsion iranienne) mais à un terrorisme du terroir, fait maison, c’est-à-dire un homme vivant sur le territoire, apparemment bien intégré qui, pour une raison ou une autre, a été convaincu de mener un autre combat, a été endoctriné et entraîné pour cela.

On pouvait penser naïvement que l’intervention massive en Afghanistan dont le premier objectif était d’éradiquer le terrorisme visant les pays occidentaux avait atteint ses objectifs. Il n’en est rien. Si le passage de Merah dans un centre d’instruction d’Al Qaida en Afghanistan et au Pakistan n’est pas confirmé en tant que tel, il aurait cependant pu lors de ses séjours se former à certaines techniques. On pourrait alors dire que la fabrique de terrorisme que l’on visait en 2001 n’est pas encore disloquée. Et qu’il faudra désormais plus qu’attentif. Car Merah n’a pas été, en effet, « formé » dans les années 1990 ni au début des années 2000 mais bien dans les années 2010, quand l’opération militaire en Afghanistan était normalement au plus fort de sa stratégie.

Cela oblige, à mon sens, plus que jamais à poser la question de ce que l’on fait en Afghanistan, pour quel objectif, avec quels moyens ? Il ne s’agit pas de dire seulement qu’on se retire d’Afghanistan, mais ce qu’on l’y fait après. Pas comment on va stabiliser le pays ou l’amener vers de méthodes plus modernes de gouvernance. Mais comment on va s’assurer que le risque d’exportation terroriste qu’il semble toujours receler va être contré. Ce qui semble sûr en tout cas, c’est que la force internationale de sécurité (FIAS) n’a pas tout à fait réussi dans cet aspect de sa mission.

(*) On avait eu le même genre de commentaires après l’intervention sur le Tanit des commandos marine soumis à des critiques tout aussi violentes du GIGN. Les gendarmes ont mal vécu – selon mon confrère de Secret défense – d’être écartés de leur tâche d’escorte présidentielle sur un trottoir du Fouquet, un soir.
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Un bateau mère libéré, deux marins iranien et pakistanais tués

(BRUXELLES2) Depuis plusieurs jours, placé en observation près des côtes somaliennes, la frégate danoise Absalon – aidée des avions de patrouille maritime – avait repéré ce dhow, utilisé comme bateau-mère par les pirates. Dimanche soir, le dhow a tenté de profiter de l’obscurité pour quitter la côte et gagner la haute mer. Il a été pris en chasse et intercepté par le navire danois avant qu’il s’échappe trop loin, lundi (27 février). Les tirs d’avertissement n’ont pas suffi à stopper le dhow pirate. Les militaires ont donc dû utiliser des tirs à l’arme légère, précise le QG marine des forces danoises et l’OTAN dans un communiqué. Le bateau a alors stoppé, et les pirates ont balancé par-dessus bord leurs armes. Après visite par l’équipe d’abordage de l’Absalon, les 17 pirates suspects ont été arrêtés tandis que les 18 marins iraniens et pakistanais retenus en otage ont été libérés.

Mais durant l’assaut, deux de ces marins – un Iranien, un Pakistanais – ont, en effet, été blessés mortellement. Et, malgré les soins du médecin de bord de l’Absalon, ils sont décédés. Une enquête de l’inspection militaire est en cours précise-t-on à Copenhague pour déterminer exactement les faits. Quant aux pirates suspects, leur sort doit désormais être fixé par le parquet danois.

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Encore un Danois ! Cette fois à la tête de la CTF-151

(Crédit : US Ve Fleet / Lieutenant Gary H Turner Royal Navy)

(BRUXELLES2) La CTF 151, la coalition maritime contre la piraterie soutenue par les Américains, sera commandée par un Danois. Eh oui ! Les Danois sont partout ces temps-ci :-). Le Commodore Aage Buur Jensen a ainsi pris le relais, le 12 janvier, du contre-amiral Kaleem Shaukat de la marine pakistanaise.

A bord d’un navire US

Le Commodore Jensen ne disposera cependant pas d’un navire national pour assurer son commandement ; il sera basé à bord du navire américain USS Halsey qui assure le rôle de navire-amiral. A sa prise de fonction, il n’a pas caché sa détermination à agir contre la piraterie « à 100% ». « Mon intention est de dissuader et désorganiser les groupes d’attaque pirates le plus tôt possible et à toute occasion et une approche (plus) flexible du commandement et de la coordination. »

Relations délicates entre marines Us et pakistanaises

Cette relève intervient alors que les relations entre les gouvernements américain et pakistanais sont entrées dans une phase délicate. Le vice-amiral américain Mark Fox, commandant de la Ve Flotte US, a donc bien soin de saluer « le remarque niveau d’engagement de la marine pakistanaise ». Tandis que le contre-amiral pakistanais soulignait « l’engagement (du Pakistan) pour la sécurité et la sûreté de la haute mer et la promesse d’honorer nos engagements internationaux, malgré tous les obstacles ». Les relations au sein de la région du Golfe sont primordiales, selon lui, pour lutter contre la piraterie. « Outre la campagne navale en mer, nous sommes restés engagés avec les pays régionaux à terre afin d’encourager leur participation et leur contribution à la campagne contre la piraterie, ainsi que le renforcement de leur capacité à faire face à la piraterie ».

Un parcours fourni

Agé de 56 ans (né en 1955), Aage Buur Jensen a rejoint la marine à l’âge de 20 ans. Après l’académie navale, il est incorporé dans l’unité sous-marine jusqu’à 1988. En 1989, il suit les cours à l’école britannique de Manadon (Royal Naval Engineering College) et devient commandant des forces spéciales en 1990. En 1995, il devient conseiller du ministre de la Défense, Hans Hækkerup (Social-démocrate) dans le gouvernement de Poul Nyrup Rasmussen (à ne pas confondre avec l’actuel secrétaire général de l’OTAN). En 1997, il rejoint l’OTAN à la Division « Joint Plans & Policy » au QG de l’Alliance à Stavanger en Norvège. Commandant du Trion, un patrouilleur océanique (entre 2000 et 2001), il revient à ses premières classes comme commandant de l’escadrille sous-marine. En 2004, il passe à l’Etat-Major : d’abord comme chef adjoint « Operations et ressources » à la Marine, puis au QG de défense comme chef Operations puis Concept et Developpement. Il est aujourd’hui commandant du Danish Task Group.

 Les Danois … partout

Le Royaume du Danemark est effectivement sur tous les fronts ces mois-ci. Il assure la présidence du Conseil de l’Union européenne. C’est l’ancien Premier ministre danois (A.F. Rasmussen) qui est à la tête de l’OTAN. Un diplomate danois conduit le groupe de travail « questions juridiques » du groupe de contact international sur la piraterie. Et c’est un Danois qui a été nommé à la tête du comité militaire de l’OTAN. Outre la CTF-151, la marine danoise est très active dans l’opération anti-piraterie avec l’Absalon qui assure une présence souvent offensive. Pas mal pour un « petit » pays de 5 millions d’habitants ! Sans oublier l’engagement militaire en Afghanistan, 750 militaires y servent dans la province disputée du Helmand aux cotés des Américains et Britanniques. Et ils ont toujours été aux avant-postes, prenant des risques importants. En dix ans d’engagement, les Danois ont ainsi perdu 42 de leurs hommes. Ce qui est le « score » le plus élevé de pertes de la coalition (plus que les Espagnols ou Polonais).

Lire également : Un Danois présidera le comite militaire de l’OTAN à partir de 2012

(Maj) Avec la présidence du comité militaire danois

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Dernières nouvelles de la piraterie (19 juin 2011) (MAJ)

(BRUXELLES2) L’odyssée du MV Suez n’est pas finie !

Le PNS Babur (Crédit : US Navy, 2004, JO2 Elton Shaw)

Libéré le 11 ou le 13 juin, selon les sources, le cargo égyptien MV Suez n’est pas au bout de ses peines. Le 15 juin, il est de nouveau attaqué par les pirates. Ceux-ci ont manqué de peu de reprendre le navire. Mais les marins ont réussi à déjouer l’attaque. Le PNS Babur, un navire pakistanais s’est porté à son secours. Non sans provoquer un incident diplomatique. Le navire indien, Godavari, qui s’est également porté (avec retard) au secours du navire marchand, a failli faire échouer l’opération de sauvetage et utilisé des « manoeuvres dangereuses », estiment les Pakistanais. Le ministère pakistanais proteste d’ailleurs officiellement auprès de l’ambassade indienne à Karachi, invoquant une infraction à l’accord indo-pakistanais de 1991. La marine indienne a démenti pareille intervention. L’équipage du Mv Suez est mixte – dont 6 Indiens et 4 Pakistanais – d’où cette course poursuite… maritime et diplomatique. Après l’attaque, une équipe de 9 commandos marines (pakistanais) a été placée à bord pour parer à tout autre évènement. Mais ce n’est pas tout. L’équipage a d’abord dû faire face à un problème de moteur qui a pu être surmonté. Mais, samedi, le capitaine du navire signale qu’il est à court de pétrole et ne pourra pas rejoindre Salalah (Oman) sans aide. Une tentative de ravitaillement en pleine mer parait difficile vu les conditions météorologiques. L’autre solution serait qu’un remorqueur vienne à leur secours. Le PNS Babur a proposé à l’équipage de monter à bord s’il le désirait. (Maj) Finalement, dimanche, vu les vents forts qui menaçaient de faire chavirer le bateau, les dix hommes d’équipage rejoignent le navire pakistanais. Avant de partir, le capitaine du navire ouvre les valves du navire pour le saborder et le couler. Le propriétaire du navire, égyptien, n’est pas venu à leur secours explique-t-il dans la presse indienne. Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (13 juin)

Dim (19 juin) Les frégates portugaise et britannique font échouer une attaque

La frégate portugaise VASCO DA GAMA – navire amiral de l’opération EUNAVFOR Atalanta,, déjoue l’attaque d’un skiff suspect contre le MV EJNAN dans le Golfe d’Aden. Le temps que le Vasco de Gama arrive sur zone, le contact a été maintenu par radio ; ce qui a permis notamment de donner aux marins des recommandations pour rejeter l’attaque. La frégate britannique HMS Richmond a dépêché également son hélicoptère ; ce qui a permis de stopper l’attaque. Tandis que l’équipe d’abordage portugaise se rapprochait et interceptait les 4 pirates. Faute de preuve, ils ont cependant été relâchés. Et le matériel ayant servi à la piraterie confisquée.

Sam (18 juin) Peines de prison pour les « convoyeurs de fonds »

Les six étrangers appréhendés, le 24 mai, à leur arrivée en Somalie avec une forte somme d’argent – 3,6 millions $ destinés sans doute au paiement de rançons – sont condamnés à des peines de 10 à 15 ans de prison par le tribunal de Mogadiscio. La peine la plus forte (15 ans de prison et 15.000 $ d’amende) frappe un Américain et un des Britanniques, les pilotes des avions. Deux autres Britanniques et deux Kenyans ont été condamnés à 10 ans de prison et 10.000 $ d’amende. L’argent a été saisi. (lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (30 mai))

Ven (17 juin). 24 pirates remis au Kenya par la marine danoise

24 pirates suspects retenus à bord de l’Esbern Snare, vont être remis aux autorités kenyanes, aussi vite que possible. Ils avaient été arrêtés le 12 mai, lors de la libération de force d’un navire iranien utilisé par les pirates comme bateau-mère. C’est la première traduction en justice dans un pays africain par le Danemark. Deux options avaient été envisagées précise Thomas Winckler, chef du département juridique du ministère des affaires étrangères, à l’AFP : soit une poursuite au Danemark pour avoir tiré sur les militaires danois, soit une poursuite au Kenya, lieu d’origine de la prise d’otages. La première option a cependant été abandonnée par manque de preuves, on ne pouvait déterminer qui avait tiré sur les militaires danois. Lire également : L’offensive contre les bateaux-mères pirates continue

Jeu (16 juin). Le Susan K libéré après 70 jours de captivité

Battant pavillon d’Antigua & Barbuda, le navire allemand Susan K est libéré contre une rançon de 5 millions $. Son équipage de 10 marins (4 Ukrainiens et 6 Philippins) a vécu 70 jours en captivité. Il avait été capturé le 8 avril à 200 milles au nord-est de Salalah (Oman). Il a fait route vers un port sûr, confirme le QG de l’opération européenne anti-piraterie Atalanta. Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (10 avril)

Mer (15 juin). 10 ans de requis contre un pirate somalien à Bruxelles

Le pirate somalien soupçonné d’avoir détourné le Pompei, un navire belge en 2009, Omar Mohammed Abdiwahad et arrêté lors d’une tentative ratée sur le cargo, Petra, en novembre 2010, comparait devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Il nie les faits. Le procureur a requis une peine de 10 ans de prison. Jugement le 29 juin. Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (30 mai)

Mer (15 juin). Un ravitailleur néerlandais pour Atalanta

(crédit : Marine néerlandaise)

Le navire de ravitaillement néerlandais Hr. Ms. Zuiderkruis (A-832), avec ses 200 marins d’équipage, participera à la mission européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta de septembre à novembre, confirme le ministre de la Défense, Hans Hillen devant le parlement des Pays Bas. Il n’est plus tout neuf. Mais toujours très utile. Il est entré en service en 1975 (et doit être retiré en 2014).

Mer (15 juin). Un skiff pirates suspect désarmé et remis en liberté

(crédit : Us Navy / CTF 151)

Le navire américain, l’USS Leyte Gulf (CG 55), qui opère au nom de la CTF 151, intercepte un skiff suspect dans le corridor international (IRTC) du Golfe d’Aden. Il avait été repéré un peu plutôt dans l’après-midi par un avion de patrouille maritime japonais qui avait été détecté cinq personnes à bord, des grappins, crochets, échelles et plusieurs futs d’essence. Du matériel que les suspects se sont empressés de balancer par dessus bord à l’approche du navire de guerre. Les marins américains se sont alors assurés que plus aucun matériel ne figurait à bord et ont libéré leurs occupants.

Mer (15 juin). Un bateau mère flambe … tout seul

Un incendie a ravagé le MV Orna, un navire battant pavillon panaméen, capturé par les pirates et reconverti en bateau-mère et obligé à évacuer pirates et équipage. L’origine du feu est inconnue. Selon Associated Press qui a interrogé un pirate, dénommé Abdi, le feu serait né d’un problème électrique dans la cuisine. NB : c’était un des derniers bateaux-mères particulièrement actif que les forces multinationales voulaient neutraliser. Lire également : Dernières nouvelles de la piraterie (5 juin)

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Ben Laden mort, quelques réflexions. Un calendrier accéléré de retrait pour l’Afghanistan ?

(BRUXELLES2) La liste des personnes recherchées par Interpol et l’ONU compte une personne de moins. La mort de Ben Laden, annoncée par le président Obama hier soir, exécuté par des commandos d’opération spéciale US en plein Pakistan, à Abbottabad près Islamabad il y a un semaine, tombe, à point nommé, en plein bouleversement du monde arabe. Elle symbolise plus d’une dizaine d’années de lutte contre le terrorisme. Lutte qui ne va pas cesser mais ne passera plus par la présence en Afghanistan. Pour les Européens, comme pour les Américains, la porte est désormais ouverte à un calendrier accéléré de retrait du pays.

Nous sommes, toujours, tous Américains

Les dirigeants européens ont salué, sans détour, par la voix de Herman Van Rompuy et José-Manuel Barroso (respectivement présidents du Conseil européen et de la Commission européenne), dans un communiqué commun (en anglais), la mort de Ben Laden. « Oussama Ben Laden était un criminel responsable d’attaques terroristes haineuses qui ont coûté la vie à des milliers de personnes innocentes. Sa mort rend le monde plus sûr et montre que de tels crimes ne restent pas impunis. C’est un résultat important dans nos efforts pour débarrasser le monde du terrorisme. L’Union européenne continue de rester aux cotés des États-Unis, de nos partenaires internationaux et de nos amis dans le monde musulman pour combattre le fléau de l’extrémisme mondial et construire un monde de paix, de sécurité et de prospérité pour tous.» (*)

Un homme recherché bien avant le 11 septembre 2001

La traque de Ben Laden n’a pas commencé le 11 septembre 2001 comme on pourrait le croire. Mais bien avant, avec les attentats contre des civils ou des militaires, en Somalie, au Kenya, en Tanzanie, puis ensuite en Irak. Elle est traduire dans le droit international par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment la « 1267″. Le 15 octobre 1999 (avant les attentats de 2001), le Conseil de sécurité exige – en vertu du chapitre VII de la Charte de l’ONU – la traduction d’Usama Ben Laden à une autorité judiciaire pour les attentats à la bombe commis en août 1998 contre les ambassades américaines à Nairobi (Kenya) et à Dar es-Salaam (Tanzanie). Résolution qui condamne également le régime des talibans pour violation du droit international humanitaire, des droits de l’homme et plus généralement du droit international avec la prise du consulat général d’Iran et l’assassinat de diplomates iraniens.

Mort ou vif… à qui le tour

On ne va certainement pas pleurer la mort de Ben Laden. Mais on peut remarquer cependant que cette exécution symbolise la politique du coup de force, qui ne s’embarrasse pas des moyens pour atteindre les objectifs, loin des ‘canons’ européens. En termes juridiques, on pourrait en effet qualifier la mort de Ben Laden d’une exécution extrajudiciaire alors que le mandat donné était de se saisir de sa personne pour le traduire en justice.

Le dirigeant Mouammar Kadhafi peut, donc, se faire du souci. A voir la réaction internationale, qui salue la mort de Ben Laden, on peut se douter qui est le suivant sur la liste du « wanted » mort ou vif.

Un calendrier accéléré de retrait d’Afghanistan

La mort de Ben Laden ne ferme pas, en tant que tel, la porte de l’engagement militaire en Afghanistan, il en enlève sa principale justification politique : la lutte contre l’instigateur des attentats anti-américains de la fin des années 1990 et du 11 septembre 2001.

Le « combat contre le terrorisme » (je n’aime pas le terme de « guerre contre le terrorisme » qui ne me paraît pas justifié) ne va pas cesser demain. Mais la mort de Ben Laden montre qu’il requiert surtout des moyens de renseignement, d’action et de force spéciale, plutôt que le déploiement de dizaines de milliers d’hommes pour sécuriser un territoire incontrôlable. Et qu’il ne peut se limiter à l’Afghanistan qui immobilise beaucoup de moyens.

Cet évènement tombe à point nommé pour pouvoir justifier un calendrier de retrait des « boys » d’Afghanistan aussi robuste et accéléré que possible. Les Européens devront donc réfléchir rapidement à leur rôle dans la région : soit décider de suivre les Américains dans ce retrait, soit de supporter davantage le poids de la présence. Un meilleur partage des charges entre alliés, répond aussi à une préoccupation des dirigeants US.

Le mandat de l’IFAS se poursuit cependant

Il faut se souvenir, en effet, que l’intervention internationale en Afghanistan (la force de l’OTAN) n’est pas, au niveau du droit international, motivée par la poursuite des auteurs des attentats du 11 septembre ou d’autres actes, mais par la nécessité de maintenir la sécurité dans le pays. Les résolutions de l’ONU ne donnent pas mandat, en tant quel, à l’IFAS de poursuivre Ben Laden.

Le mandat confié le 20 décembre 2001 par le Conseil de sécurité de l’ONU à une coalition – « commandée et organisée » par les Britanniques – a alors un seul objectif : aider l’Autorite? inte?rimaire afghane « a? maintenir la se?curite? a? Kaboul et dans ses environs », de telle sorte que « l’Autorite? inte?rimaire afghane et le personnel des Nations Unies puissent travailler dans un environnement su?r » (résolution 1386). La coalition sera ensuite successivement commandée par la Turquie, rejoint par l’Allemagne et les Pays-Bas, avant d’être confiée à l’OTAN.

Ce mandat sera étendu en 2003, à deux niveaux : au niveau géographique, à toutes « les re?gions de l’Afghanistan » et au niveau fonctionnel à la sécurité « des autres personnels civils internationaux qui contribuent, en particulier, a? l’effort de reconstruction et a? l’action humanitaire » et de manière plus générale à une « assistance dans le domaine de la se?curite? pour l’exe?cution de toutes les autres ta?ches » (résolution 1510).

(*) Osama Bin Laden was a criminal responsible for heinous terrorist attacks that cost the lives of thousands of innocent people. His death makes the world a safer place and shows that such crimes do not remain unpunished. This is a major achievement in our efforts to rid the world of terrorism. The European Union continues to stand shoulder to shoulder with the United States, our international partners and our friends in the Muslim world in combating the scourge of global extremism and in building a world of peace, security and prosperity for all.
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Les révélations de Wikileaks : le clair-obscur diplomatique mis à nu

Le dernier paquet de révélations de Wikileaks se révèle, à première vue, plus embarrassant pour les Etats-unis et certaines capitales européennes, et dans le monde, comme le montrent les premières informations publiées par cinq journaux (américain, britannique, allemand, français et espagnol) : le New York Times, The Guardian, Der Spiegel, Le Monde, El Pais. (N’hésitez pas à les acheter. Ce sont des collectors !)

Faiblesses de certains dirigeants mises à nu

Les télégrammes diplomatiques publiés (243 270 dépêches diplomatiques envoyées au siège, et 8017 directives envoyées aux ambassades américaines de par le monde) éclairent, en effet, d’un jour, peu diplomatique justement, à la fois le monde d’aujourd’hui et la façon dont se conduit la politique américaine et plus généralement notre époque. On a ainsi dans le présent ce qui parfois met des années (le temps historique) à percer. Les télégrammes n’épargnent personne : la corruption avérée du pouvoir de Karzai en Afghanistan – un être « faible (…) et conduit par sa paranoia », il ne prête pas d’attention aux faits mais se montre très intéressé par quiconque vient lui rapporter les faits les plus bizarres ou tenant à un complot contre lui » -, la collusion des services secrets pakistanais et des terroristes islamistes, la volonté de l’Arabie Saoudite de bombarder l’Iran, l’intervention directe des Américains au Yemen pour écraser Al Qaida (« nous dirons sur les missiles sont les nôtres » explique un dirigeant yemenite), la camarilla incompétente qui entoure le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan et la crainte d’une dérive islamiste (voir le Spiegel), le pouvoir de Poutine miné par la bureaucratie et les relations troubles entre le gouvernement russe et la criminalité organisée, l’achat de matériel de missiles de l’Iran à la Corée du nord…

Erreur stratégique américaine au Pakistan et en Afghanistan

Mais c’est particulièrement l’inanité de la politique américaine en Afghanistan et au Pakistan qui ressort de cette brassée de télégrammes. Comme l’explique l’éditeur du Guardian, Simon Jenkins, la politique américaine dans la région est un naufrage. « Le gaspillage d’argent est énorme. Les aides versées ne sont jamais suivies, jamais vérifiées, jamais évaluées. » Il cite aussi Anne Patterson dont les télégrammes sonnent comme autant d’avertissement car elle dénonce la politique menée comme improductive. Elle « risque de déstabiliser l’Etat pakistanais, s’aliénant à la fois le gouvernement civil et les dirigeants militaires, pour (finir par) provoquer une crise (politique) plus large, sans finalement atteindre l’objectif ».

Berlusconi, ses soirées et sa relation avec Poutine, particulièrement surveillé

Quelques dirigeants en prennent pour leur grade, le « comportement inapproprié » d’un membre famille royale britannique, Sarkozy, sa vulgarité et son « style autoritaire »… Berlusconi est plus sévèrement égratigné. « Irresponsable, vaniteux et inefficace en tant que leader européen moderne », analyse Elizabeth Dibble, chargé d’affaires américain à Rome. « Faible physiquement et politiquement » selon un autre rapport qui met en avant ses « soirées fréquentes et son penchant pour la fête, ce qui signifie qu’il ne prend pas suffisamment de repos ». Le président du conseil italien est tenu très à l’oeil par le Secrétariat d’Etat. Car les diplomates américains mettent en lumière sa « relation intriguante » avec Putine et sa fonction de véritable « porte-parole » de Putine en Europe, fonction bien aidée par des « cadeaux somptueux » et les « lucratifs contrats énergétiques ».

L’Onu espionnée

Les Alliés des Etats-unis ne sont pas épargnés. Ils ont mis en place un plan d’espionnage de l’Onu, visant plusieurs dizaines de fonctionnaires notamment ceux travaillant sur des dossiers sensibles (Afghanistan, Corée du nord, Iran, Soudan, Somalie..) mais aussi le Secrétaire général de l’organisation internationale. Entourage, cartes de visites, rendez-vous… rien n’était épargné. Autre enjeu stratégique : « les changements internes et processus de sélection pour les postes clés au sein du Secrétariat, des agences spécialisées, des comités, commissions et programmes gouvernementaux à New York, Genève, de Vienne ainsi que les envoyés spéciaux et chefs d’équipe ». Les alliés ont été soumis à des directives identiques. Ainsi les plans et les activités spécifiques du Royaume-Uni, France, Allemagne et la Russie pour leurs politiques sur l’AIEA.

Pressions sur les pays européens pour Guantanamo

On peut aussi avoir désormais la certitude des pressions qu’ont exercé les Américains sur plusieurs pays européens pour accepter des prisonniers de Guantanamo. A la petite Slovénie, on a conditionné la visite du président américain (G. Bush en 2008) à la prise en charge d’un prisonnier. A la Belgique, on lui a indiqué que accueillir davantage de prisonniers était « le moyen le moins couteux (low cost) pour prendre de l’importance en Europe ».

Quand l’union européenne boycotte le dirigeant Iranien

Cette fournée d’information permet aussi de découvrir des épisodes moins connus de la récente histoire de la politique étrangère européenne. L’objectif était de boycotter l’intronisation du nouveau président iranien, Ahmadinejad. Mais il fallait le faire discrètement afin d’éviter que l’invitation ne soit retirée. Objectif plutôt réussi. Comme le commente un diplomate français, cité par un câble diplomatique publié par The Guardian, « Il est difficile de garder un secret quand 27 nations sont en jeu, mais nous essayons« . Au final, seule la Suède, assurant la présidence de l’UE, était représentée par un ambassadeur, les autres Etats membres envoyant des responsables de rang moins élevé. La solidarité européenne avait tenu malgré tout.

Le diplomate du Quai en charge du Moyen-Orient, cité dans le télégramme, Jean-Christophe Paucelle résume bien le dilemme auxquels sont confrontés alors (et toujours) les Occidentaux : « D’une part, nous voulons faire savoir que nous n’approuvons pas cette élection illégitime. De l’autre, nous devons être réalistes, le pouvoir est entre les mains de Khamenei (le leader suprême) et Ahmadinejad, y compris le dossier nucléaire, et nous devons négocier avec les détenteurs du pouvoir. Vous êtes dans la même position. »

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L’appel à une réforme économique au Pakistan d’Hillary Clinton et de Cathy Ashton

Hillary Clinton et Cathy Ashton au point de presse (crédit : Commission européenne)

Le Pakistan doit se prendre en main. C’est le message conjoint qu’ont adressé la Haute représentante de l’UE et Hillary Clinton, jeudi, à la veille de la réunion « des amis du Pakistan » à Bruxelles. Tandis que la diplomate en chef de l’UE restait … très diplomate, la secrétaire d’Etat US a été particulièrement directe (1) : « Le Pakistan doit prendre, lui-même, des mesures immédiates et importantes  pour mobiliser ses propres ressources, et en particulier pour réformer son économie. » Et d’ajouter : « La mesure la plus importante que le Pakistan puisse prendre est de faire passer des réformes significatives qui permettront d’élargir la base fiscale. Le gouvernement doit exiger que l’élite et les plus riches au Pakistan soutiennent le gouvernement et la population du Pakistan. Nous avons été très clairs à ce sujet. Et je suis heureuse que le gouvernement ait répondu. Je sais combien c’est difficile, mais il est absolument inacceptable que ceux qui ont des moyens au Pakistan ne prennent pas leur juste part dans l’aide à leur propre population tandis que les contribuables d’Europe, des Etats Unis, et d’autres pays cassent leur tirelire ».

(1) Pakistan itself must take immediate and substantial action to mobilize its own resources, and in particular to reform its economy. The most important step that Pakistan can take is to pass meaningful reforms that will expand its tax base. The government must require that the economically affluent and elite in Pakistan support the government and people of Pakistan. We have been very clear on that, and I am pleased that the government is responding. I know how difficult this is, but it is absolutely unacceptable for those with means in Pakistan not to be doing their fair share to help their own people while the taxpayers of Europe, the United States, and other contributing countries are all chipping in to do our part.
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