OTAN

Surobi, première étape d’un retrait français d’Afghanistan ?

(A Marseille) Répondant à une question d’un confrère, Hervé Morin n’a pas voulu envisager l’hypothèse d’un retrait d’Afghanistan. « Un point d’étape a été fixé par l’OTAN, pour début 2011, avec le transfert d’un certain nombre de districts aux autorités Afghanes » a-t-il précisé. Les Français sont présents en Kapisa et Surobi. « En Kapisa, c’est difficile, mais à Surobi, c’est extrêmement apaisé. On pourrait envisager sur la Surobi un transfert, progressif, aux autorités afghanes, en maintenant un dispositif de soutien. Nous avions déjà transféré le contrôle de Kaboul aux autorités afghanes. Et cela se passe bien », a-t-il ajouté.

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Cathy va recevoir un mandat des “27″ pour négocier avec l’OTAN

Les 27 chefs d’État et de gouvernement, réunis en sommet informel à Bruxelles, mercredi 16, devraient demander à la Haute représentante (d’après le projet de conclusions que j’ai pu apercevoir), de présenter « des idées » pour renforcer la coopération entre l’Union européenne et l’OTAN dans la « gestion des opérations de crise ». Une terminologie qui permet de préserver les pays neutres, notamment l’Irlande plutôt chatouilleuse sur ce point, mais qui est un véritable mandat de négociation.

Il s’agit notamment, si un accord-cadre OTAN-UE reste bloquée du fait des positions opposées de la Turquie et de Chypre, de pouvoir trouver des modalités de coopération nouvelles lors du déploiement conjoint, ou successif, de missions, surtout civiles, de gestion de crises de l’UE aux cotés de missions de l’OTAN. Les deux organisations sont, notamment, côte à côte, de façon opérationnelle, en Afghanistan (EUPOL et IFAS), au Kosovo (EULEX et KFOR) et l’Océan indien (EUNAVFOR Atalanta et Ocean Shield), le point le plus critique étant l’Afghanistan.

En Bosnie-Herzégovine, la situation est plus spécifique, plus politique. Eufor Althea est, en effet, la dernière mission “sous Berlin +”, l’UE se reposant sur les moyens de commandement opérationnel de l’OTAN. Un positionnement justifié en 2004, au lancement de la mission mais qui paraît d’autant plus dépassé aujourd’hui que la nécessité opérationnelle d’une présence militaire aussi nombreuse ne se fait plus aujourd’hui sentir (1). La mission européenne est d’ailleurs en “phasing out” lent, passant à une mission de présence latente et de formation (2). Tandis que l’OTAN se concentre sur une mission de coopération militaire préparant l’armée de Bosnie-Herzégovine à l’intégration de l’organisation euro-atlantique.

Lire :
(1) Bosnie (dossier) La situation est « calme » au plan de la sécurité, selon Althea
(1) Althea Bosnie: feu vert à une transformation en douceur de l’opération?

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Une frégate danoise désarme un groupe de pirates potentiels

L’Esbern Snare a appréhendé, vendredi, un groupe suspect qui dans un skiff se préparait à une attaque. Les “pirates” avaient été repérés par un avion de patrouille maritime japonais dans le couloir recommandé de transit international (IRTC) dans le Golfe d’Aden. La frégate danoise qui participe à l’opération de l’OTAN – Ocean Shield – dans le Golfe d’Aden était la plus proche de l’incident et est intervenue. L’hélicoptère du Esbern Snare a survolé le bateau suspect et a effectué des tirs d’avertissement à l’avant du skiff pour forcer les suspects à s’arrêter. Il a fallu un tir au but, sur le skiff lui-même pour qu’ils consentent à s’arrêter.

Le temps que les équipes de contrôle arrivent à bord de leurs RHIB, l’équipage de l’hélicoptère a pu observer d’étranges manoeuvres, les suspects se délestant de certains objets qui ressemblent de très, très près à des armes… (on reconnait notamment dans le cadre rouge ce qui est, en fait, un RPG). 7 suspects ont pu être, ensuite appréhendés et le reste de l’attirail de piraterie a été saisi.

Pour le capitaine Carsten Fjord-Larsen, l’officier commandant l’Esbern Snare : « les pirates ne semblaient pas réaliser le danger qu’il y avait à ne pas se conformer à nos ordres. » Ce qui n’est pas précisé, c’est que les pirates ne seront pas poursuivis et ont été libérés (faute de flagrant délit, de pays d’accueil dans le Golfe et d’accord avec des pays d’accueil).

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La république Tchèque veut suspendre ses missions à l’étranger sauf en Afghanistan

La rigueur a sonné ! Le ministère de l’Intérieur tchèque, Radek John, a annoncé, la semaine dernière, plusieurs mesures pour économiser 8,3 milliards de couronnes. Au menu, gel des salaires des policiers et pompiers, allègement de la facture versée aux opérateurs télécom pour les écoutes téléphoniques… et  Les missions de police à l’étranger vont également être supprimées. Le ministère de l’Intérieur est l’un des quatre ministères les plus touchés par les réductions budgétaires décidées par le nouveau gouvernement tchèque. De son coté, son collègue de la Défense, Alexandr Vondra, a proposé de baisser le nombre de soldats tchèques engagés au Kosovo. Estimant que la présence militaire tchèque au Kosovo est devenue “inutile”, il a suggéré de n’y laisser qu’une cinquantaine de personnes sur les 500 actuellement sur place. En revanche, le contingent tchèque en Afghanistan (530 personnes) pourrait être renforcé de quelques dizaines d’hommes.

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Opération déminage en Baltique

Seiz navires venus de dix pays d’Europe (Allemagne, Belgique, Finlande, France, Norvège, Pologne, Estonie, Lituanie, Lettonie, Russie), membres de l’OTAN ou du partenariat pour la paix, participent jusqu’au 8 septembre, à une action de déminage dans le nord de la Baltique au large des eaux de la Lituanie, dans le cadre de l’exercice “Open Spirit”.

Ce genre d’exercice est régulier et se tient, depuis 1997, chaque année. Les rivages des pays baltes ont été l’objet de dépôt de mines, durant les première et seconde guerres mondiales. Et on estime à environ 800.000 mines, principalement de fabrication allemande et russe, qui ont été “mouillées” en mer Baltique. Depuis 1995, rien que dans les eaux estonniennes, environ 500 mines ont été découvertes et neutralisées. Un millier en tout dans la Baltique. Ce qui laisse imaginer le reste du travail à faire… Cette carte donnant une répartition des mines l’illustre bien. Un travail d’autant plus nécessaire pour la construction du gazoduc “nord stream”.

crédit : ministère estonien de la Défense

Parmi les navires qui participent à l’opération citons le BNS Aster (Belgique), le chasseur de mines basé à Brest, L’Aigle (France) et trois navires lituaniens le chasseur de mines M52 “Sūduvis” et deux patrouilleurs P11 “Žemaitis” et P14 “Aukštaitis” (voir liste complète ci-dessous).

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Quand Nicolas remonte les bretelles à José-Manuel

C’est une lettre de Nicolas (Sarkozy) adressée à José-Manuel (Barroso) et rédigée durant le week-end du 15 août. Le ton est poli. Mais un rien comminatoire. “La mobilisation des Européens doit être totale” tonne le “Che” Nicolas. Certes l’Europe a déjà débloqué 40 millions d’euros en aide humanitaire, envoyé quelques équipes d’experts et activé son mécanisme de protection civile. Mais c’est bien peu aux yeux du président français. “L’Europe peut faire plus en s’engageant pour couvrir davantage encore les besoins humanitaires immédiats” (Nb : l’ONU a lancé un appel de 459 millions $ mais seul un quart a pu être rassemblé jusqu’ici). Et Sarkozy n’y va pas par quatre chemins. La France  est prête — explique-t-il — “à mobiliser des moyens logistiques militaires nationaux, aériens et navals, pour l’acheminement de l’aide internationale, dans le cadre de l’OTAN.

Les 3 recommandations de Sarkozy

Ll’Europe doit se bouger les fesses… Sarkozy admoneste le président de la Commission: “Je compte sur vous (le président de la Commission) pour que l’Union européenne montre son unité et sa détermination et entraîne avec elle la communauté internationale pour empêcher un désastre humanitaire“. Et il lui trace la feuille de route : 1° renforcer l’aide humanitaire ; 2° prévoir dès maintenant le futur, la reconstruction, en mobilisant ses deux instruments financiers (l’Instrument de stabilité et l’Instrument de Coopération et Développement), 3°  Se doter d’une “véritable capacité européenne” de réaction à la crise. Haïti et les incendies en Russie (où la coordination européenne a été un tantinet défaillante) l’ont démontré, poursuit le président, il “faut tirer les conséquences de telles situations”.

  • En clair, Sarkozy remonte non seulement les bretelles au président de la Commission européenne mais aussi à la commissaire Georgieva, pour le moins absente ces jours-ci, ainsi qu’à la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Cathy Ashton continue à démontrer que si elle arrive à gérer la politique institutionnelle (l’adoption de la première décision sur le service diplomatique en est une preuve), qu’elle commence à pratiquer la diplomatie (l’implication à Gaza ou la négociation d’un accord de poursuite des pirates le prouve), elle a encore bien du mal à apprécier la gestion de crises. C’est ce qui manque encore à l’UE ! Sarkozy commet, cependant, un impair, à mon sens, mettre les moyens français à disposition de l’OTAN. C’est en contradiction avec le contenu et l’objectif de la lettre (renforcer l’Union européenne) et également avec ses engagements précédents (s’impliquer davantage dans l’OTAN pour renforcer l’Europe de la Défense). C’est un peu le contraire, ici…

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Un pilote de chasse à la représentation militaire française

Après Jean-Louis Falconi venu tout droit du cabinet de Bernard Kouchner comme  ambassadeur du COPS, il y a un an, c’est une autre arrivée directe d’un cabinet ministériel qui marque la représentation française à Bruxelles. Le vice-Amiral d’escadre Xavier  Païtard, chef du cabinet militaire d’Hervé Morin, prend, le 1er septembre, la tête de la représentation militaire française auprès de l’UE (et de l’OTAN) en remplacement du général De Rousiers (armée de l’air), nommé inspecteur général des armées. Un marin remplace un aviateur. Enfin un marin qui aime bien l’air également.

Dans les airs, un pilote de chasse apprécié des Américains

Né en 1954, diplômé de l’école navale (promotion 1974), Païtard a, en effet, été pilote de chasse de l’aéronautique navale d’abord sur Super Etendard à bord des portes-avions Clemenceau ou du Foch (1980-1983). Fait d’arme, il vole à bord d’avions de combat américains A-7 Corsair (dans le cadre d’un programme d’échanges) et est engagé dans des missions de combat lors de l’intervention sur l’île de la Grenade et pendant la guerre du Liban (1983-84). Il continue de voler ensuite sur Super-Etendard, sert à l’Etat-Major du groupe aéronaval en mer d’Arabie avant de prendre le commandement de la flottille 11F (1988-1990).

Des engagements en Bosnie et aux Comores

Nommé capitaine de frégate, il intègre l’école supérieure de guerre navale et l’école atomique de Cherbourg, dont il sort avec le brevet d’ingénieur atomicien. Chef du groupement opérations sur le porte-avions Clemenceau (1992-1994), il prend part aux opérations aériennes dans l’Adriatique et au-dessus de la Bosnie (guerre d’ex-Yougoslavie). Il prend ensuite le commandement de la (célèbre) frégate Floréal (1994-1996), dont le moindre des faits d’armes, alors, sera l’intervention en 1995 aux Grandes Comores après le coup d’Etat du mercenaire français Bob Denard. Il dirige ensuite, à l’état-major de la marine, les destinées du Charles de Gaulle, le porte-avions emblème de la Royale, lancé à l’eau (non sans difficultés) en 1999.

Allers et retour entre le national et le multinational

Horizon plus calme, ensuite, Xavier Païtard dirige la planification et de l’élaboration
des programmes d’études au
collège de défense de l’Otan avant d’occuper la responsabilité de la cellule “relations extérieures” chez Michèle Alliot-Marie (MAM) quand elle était ministre de la Défense (2001-2003). Il passe ensuite à Norfolk comme chef de la mission militaire française puis comme responsable de la division “capacités futures, recherche et technologie du commandement allié pour la transformation” de l’OTAN (2004-2005), avant de revenir chez MAM, en 2005, comme son chef de cabinet militaire. Poste auquel il continuera au changement de ministre avec Hervé Morin.

A la tête de représentation militaire française à Bruxelles, le vice-amiral d’escadre participera aux réunions des comités militaires tant de l’UE que de l’OTAN (la France ayant abandonné en même que sa réintégration à l’OTAN le fait d’avoir deux représentants militaires à Bruxelles). Il aura notamment comme tâche de mettre en musique la réintégration des Français dans les différents comités de l’OTAN (déjà entamée) mais aussi de renforcer l’Europe de la Défense – contrepartie avancée à la réintégration de la France dans l’OTAN et promesse qui n’a pas vraiment été tenue (du moins pas encore).

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Les Néerlandais quittent l’Afghanistan, sans leurs interprètes

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(BRUXELLES2) Les troupes néerlandaises quittent l’Uruzgan (Afghanistan), faute d’un appui politique suffisant aux Pays-Bas pour renouveller la mission (1). Ce sont les Américains et Australiens qui vont prendre le relais. La principale base « Kamp Holland », près de Train Kowt sera transférée le 1er août. Celle de Deh Rawod a déjà été remise aux Américains, le 18 juillet. D’ici décembre, il n’y aura plus de militaires dans cette province afghane.

Les interprètes laissés pour compte

En revanche, les 102 interprètes qui ont assisté les militaires pourraient être laissés de coté. Contrairement aux Américains qui permettent à ces collaborateurs indispensables des militaires de bénéficier du programme de visas, La Haye ne semble pas vouloir imaginer pareille initiative. Ce qui suscite un débat, limité (voir le site de la Radio néerlandaise internationale).

La Dutch approach

Dans une interview au Telegraaf, le chef d’Etat major des armées néerlandaises, le général Peter Van Uhm vante un « résultat maximum » et la « Dutch approach » : mélange d’action militaire et d’action civile, d’éthique et d’action. Les Néerlandais ont ainsi dépensé 620 millions d’euros pour différents projets d’aide sur un budget total de 2,1 milliards d’euros (soit un ratio de presque un euro sur trois dépensés). En matière militaire, la présence en Afghanistan a permis aussi – selon Van Uhm – de “tester les compétences” – un exercice grandeur nature pour l’armée – et “le nouveau matériel”. Les Néerlandais qui ont engagé jusqu’à 2000 hommes (et femmes) dans la mission de l’OTAN (ISAF) ont perdu 24 militaires tués et 140 blessés, en 4 ans de présence.

Mais une nouvelle technique : le tire au-flanc toxicomane

Des pertes qui ont incité certains militaires à tout faire pour éviter de partir en Afghanistan. Même en se dénonçant comme toxicomanes. C’est une pratique minortaire mais confirmée par le syndicat militaire ACOM-CNV. Le nombre de licenciements pour toxicomanie a augmenté régulièrement depuis 3 ans : 55 en 2007, 79 en 2008, une cinquantaine déjà à la mi-2009. Particulièrement dans les unités pressenties pour partir en Uruzgan. En somme, la version moderne du « porter pâle ».

(1) Lire : Rififi à La Haye autour du retrait d’Afghanistan (maj)

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