15 suspects poursuivis aux Seychelles. Possible transfert vers Somaliland de condamnés

(BRUXELLES2) Les Seychelles ont finalement accepté, le 6 mars, le transfert de 15 suspects remis par la marine américaine. Ils avaient été arrêtés le 5 janvier par l’USS Kidd lors de la libération des marins iraniens en mer d’Arabie, évènement bien médiatisé par la marine US. Ils avaient, depuis, été gardés à bord du navire.

Un geste qui intervient après l’engagement de Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat US, de continuer à renforcer la capacité des Seychelles à lutter contre la piraterie. Selon la présidence des Seychelles, les 92 pirates somaliens en détention représentent environ 20% du total de la capacité de la prison de la Montagne Posée, ce qui représente « une charge importante pour le système pénitentiaire et limite la capacité des Seychelles en possibilité d’incarcérer des autres pirates somaliens ». Mais par ce geste, il entend « envoyer un signal clair à la communauté internationale qu’il continuera à lutter contre la piraterie et poursuivre les pirates en justice ». L’espoir de l’ile est de pouvoir transférer les pirates condamnés vers la Somalie. Un premier transfert de 19 pirates est prévu vers le Somaliland dans les prochains jours, mais pas encore confirmé à Port-Victoria, la capitale des Seychelles. Deux marins seychellois sont toujours otages des pirates somaliens. Les négociations sont engagées. Mais selon le ministre de l’Intérieur, Joel Morgan, les demandes des ravisseurs sont « irraisonnables et impossibles à satisfaire. Les progrès sont très lents. »

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Le Parlement apostrophe les institutions sur la piraterie : que faites-vous ?

le RFA Fort Victoria et le HMS Somerset forçant un dhow à s'arrêter (crédit : UK Royal Navy)

(BRUXELLES2) Le Parlement européen a décidé de porter la question de la piraterie maritime en posant une question aux instances européennes responsables (Commission et Conseil des ministres). Ce sujet devrait être inscrit à l’ordre du jour d’une prochaine session du Parlement, sans doute mercredi 14 mars. C’est Brian Simpson, le président de la commission « transports et tourisme », qui a été chargé de poser la question, estimant que devant la menace de la piraterie dans l’Océan indien, les institutions européennes n’ont pas encore donné leur pleine mesure. L’eurodéputé travailliste britannique, passionné de rugby et cricket, demande ainsi au Conseil de l’UE et à la Commission européenne de bien vouloir lui dire :

  • « 1. Quelles mesures ont-elles été prises ou est-il envisagé de prendre: a) pour s’attaquer aux causes terrestres du problème dans les pays d’origine des pirates, b) pour obtenir la libération des (…) gens de mer sont actuellement détenus en otage par les pirates, c) en ce qui concerne une approche harmonisée de l’Union européenne relative à l’utilisation de personnel armé compétent à bord ?
  • 2. Quels sont les projets d’avenir en ce qui concerne la mission Atalanta de l’UE-NAVFOR, en particulier pour ce qui est d’assurer l’efficacité de la réponse de l’UE à la piraterie en mer, compte tenu du fait que le nombre de navires engagés est tombé de plus de 35 en 2009 à seulement 10 en 2011?
  • 3. Quelles sont les mesures qui devraient être prises au niveau international, en particulier au sein des Nations unies et de l’OMI, pour renforcer la coopération internationale en matière de lutte contre la piraterie en mer?
  • 4. Quelles sont les mesures qui ont été prises pour assurer la traçabilité et la confiscation des montants versés sous forme de rançon et déposés sur des comptes bancaires dans les États membres de l’Union? Comment le Conseil entend-il convaincre les pays tiers de prendre des mesures équivalentes afin que les rançons ne puissent plus être déposées sur des comptes bancaires de pays tiers? »

Des questions plutôt judicieuses. Car, pour l’instant, sur ce qui constitue certaines de ses compétences communautaires (transport, justice…), la Commission européenne et le Conseil sont, pour le moins, plutôt silencieux… voire abstinents.

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3500 pirates somaliens et 170 millions $ de rançon en 2011 selon l’UNODC

(BRUXELLES2) Les pirates somaliens ont réalisé en 2011 un chiffre d’affaires de 170 millions $ en rançon, soit une nette augmentation par rapport aux 110 millions $ obtenus en 2010, selon les chiffres communiqués par l’UNODC, l’agence des Nations-Unies contre la criminalité et la drogue, à la conférence sur la Somalie à Londres. Et on peut estimer à environ 3500 les personnes qui travaillent comme pirates, dans le Golfe d’Aden et l’Océan indien a déclaré Wayne Miller de l’UNODC. Ces estimations sont basées sur des discussions avec des pirates en Somalie en novembre dernier, selon l’agence Bloomberg. NB : Ce chiffre apparait réaliste quand on sait que 1000 suspects ont déjà été incarcérés (et plus de la moitié déjà condamnés à des peines de prison). Et que régulièrement les marines déployées dans l’Océan indien arrêtent des suspects puis les libèrent, faute de preuve ou de lieux de poursuite. Environ un millier ont été libérés cette année, selon des sources diplomatiques.