Ossétie du Sud

Les clôtures à Ditsi « Une situation inacceptable » selon le chef d’EUMM

Une patrouille de la mission européenne (Crédit: EUMM)

(BRUXELLES2) Situation tendue en Géorgie. Des habitants de Ditsi (tout près de Tskhinvali) se sont insurgés contre l’installation de clôtures, afin de marquer la séparation avec l’Ossétie du sud (où sont présentes les forces de sécurité russes). Lundi 27 mai, les différents protagonistes, le ministre des affaires intérieurs géorgiens et les services russes des gardes frontières, se sont rencontrés afin de discuter de la situation. Les observateurs européens de la mission EUMM Georgia étaient présents à la demande des participants.

Une situation « inacceptable »

« EUMM a constaté une augmentation de la construction de clôtures et d’obstacles, ce qui a un impact négatif sur les populations locales » a déclaré le chef de la mission, Andrzej Tyszkiewicz. Le mardi 28 mai, l’ambassadeur est retourné sur place pour faire un point sur la situation et récolter des informations supplémentaires afin de préparer le réunion de vendredi 31 mai du Mécanisme de prévention et de réponse aux incidents (IPRM). Ce mécanisme réunit, une fois par mois, l’ensemble des acteurs autour de la table. Tyszkiewicz a rappelé que « la liberté de circulation des communautés (…) est une des priorités de la mission ». L’installation de ces clôtures est « inacceptable ». La situation dans la région risque de se tendre du fait de « l’augmentation de la présence d’acteurs de sécurité ».

(crédit : GoogleMap)

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Les « jonjoli » empêchés de travailler près de l’Ossétie. L’Abkhazie devient une vraie frontière

Réunion du mécanisme de prévention des incidents avec les Sud-Ossètes. A gauche, le chef de mission de EUMM Georgia (crédit : EUMM)

(BRUXELLES2) On pourrait croire que la situation en Géorgie s’est calmée, près de 5 ans, après l’intervention russe en Ossétie du sud. C’est un leurre. La Géorgie a certes disparu de nos écrans médiatiques. Mais, à proximité de la ligne administrative avec l’Ossétie du Sud, comme de l’Abkhazie, les observateurs européens d’EUMM Georgia sont toujours là. Et la situation ne s’améliore pas vraiment. Des récents incidents  le rappellent.

Les « Jonjoli » empêchés de faire leur travail

Le franchissement de la « ligne administrative » de l’Ossétie du Sud est toujours aussi difficile, empêchant les agriculteurs ou habitants de vivre normalement des deux côtés. Les médias locaux ont ainsi révélé que, début mai, plus de 20 citoyens géorgiens étaient détenus coté sud-ossètes, la majorité d’entre eux étaient des personnes allant chercher du « jonjoli », un ingrédient utilisé pour faire la marinade. 11 personnes détenues en Ossétie viennent d’être libérées, mercredi (8 mai), grâce aux contacts développés entre Tbilissi et Tskhinvali.

Arrestations, détentions, libérations rythment la vie du côté de l’Ossétie

Du coté des observateurs européens, on fait part très officiellement, dans un communiqué, de « l’inquiétude sur l’augmentation des détentions ». Certes la mission EUMM s’est réjouie de la « libération conséquente de détenus par Tskhinvali » (Ossétie du Sud). Mais elle a aussi rappelé que « restreindre la liberté de mouvement affecte directement les moyens de subsistance de la population locale ». La mission promet ainsi de continuer à « suivre étroitement (cette) question dans le cadre de son mandat ». Un sujet qui est à l’ordre du jour, de façon permanente, lors des réunions mensuelles à Ergneti du Mécanisme de prévention et de réponse aux incidents (IRPM), dispositif co-animé par l’EUMM et de l’OSCE.

Situation tendue près de l’Abkhazie

Avec l’Abkhazie, les relations sont difficiles. Elle sont même gelées. Le dispositif de prévention des incidents (IRPM) comme les réunions et missions conjointes ne fonctionnent plus vraiment. Le chef de la mission d’EUMM, le Polonais Andrzej Tyszkiewicz, a été déclaré « persona non grata » par les autorités de Sokhumi depuis le printemps 2012. Et le temps des visites discrètes à Sokhoumi semble révolu. La ligne devient de plus en plus une frontière, tenue par des gardes-frontières et forces spéciales russes. L’organisation en 2014 des JO d’hiver à Sotchi (qui se situe sur la mer noire à quelques kms de l’Abkhazie) n’est sans doute pas étrangère à ce durcissement. Mais, au-delà de cet évènement, les Russes qui soutiennent financièrement le gouvernement abkhaze entendent consolider leur présence dans une zone qu’ils considèrent comme stratégique, à la fois au plan économique comme militaire (base navale et terrestre).

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Près de l’Ossétie du sud, la hotline chauffe

Patrouille près de Koda (crédit : EUMM)

(BRUXELLES2) Un nouvel incident le long de la « frontière administrative » avec l’Ossétie du Sud a mis en alerte les observateurs européens d’EUMM dimanche (2 décembre) vient d’apprendre B2. Un conducteur d’un minivan a été l’objet de tirs près des villages de Abano, Koda et Tsnelisi. Sans victime apparemment. Des patrouilles ont été envoyées le long de la ligne frontière. Et la mission a contacté toutes les parties utilisant le téléphone « route », la hotline du Mécanisme de réponse et de prévention des incidents (IPRM) pour prévenir toute méprise.

« Après d’intenses échanges d’informations par cette hotline, une réunion a été organisée entre les responsables de sécurité géorgiens et sud ossètes pour discuter de l’incident » précise-t-on au QG de la mission. « Nous apprécions que chacune des parties impliquées ait utilisé cette hotline pour désarmorcer la situation et clarifier les circonstances de cet incident ».

Cependant EUMM appelle d’ailleurs chacune des parties « à maintenir une approche constructive et montrer de la retenue pour éviter une escalade de la tension ». Le sujet devrait être abordé à la prochaine réunion de l’IPRM à Ergneti qui doit se tenir ce mois-ci.

Lire également : Incident de frontière en Géorgie. Des observateurs européens arrêtés (Maj)

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Situation toujours tendue à la frontière avec l’Ossétie du Sud

(BRUXELLES2) Après l’incident du 18 mai (deux Géorgiens blessés gravement par balles), la mission européenne d’observation en Géorgie (EUMM) a tenté d’y voir plus clair entre les « incohérences et les contradictions » des témoignages. Elle a enquêté sur le terrain auprès de la population, de la police locale, du personnel médical. Et le résultat ne penche pas en faveur de la légitime défense des forces sud-ossètes. « La mission n’a jusqu’à présent trouvé aucune information pour étayer la version de l’Ossétie du Sud que leur patrouille frontalière a essuyé des tirs et agi en légitime défense » précise ainsi le porte-parole d’EUMM, où on ne cache pas une certaine préoccupation.

Augmentation des patrouilles d’EUMM

« Cet incident soulève d’importantes questions sur la sûreté et la sécurité des civils dans les zones proches de la frontière administrative ». Une nouvelle réunion du mécanisme de prévention (IPRM) est ainsi prévue le 17 Juin, avec tous les protagonistes (Géorgie, Russie, Ossétie du Sud). Mais la situation reste tendue. Les forces de sécurité de Géorgie ont augmenté « leur présence dans la région limitrophe de la frontière administrative (NB : près d’Akhalgori) » a ainsi précisé, dans un communiqué, EUMM confirmant ainsi certaines rumeurs locales. Et les observateurs restent « préoccupés sur les possibles implications pour la liberté de mouvement de la population locale » de ces mesures. De son coté, EUMM a aussi augmenté ses propres patrouilles et sa présence visible dans ces régions et prie chacun de rester calme « we urges restraint from all sides to maintain security and stability for the local population ».

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Grave incident entre la Géorgie et l’Ossétie du sud (Maj2)

Observateur EUMM en patrouille à Gremiskhevi - archives (Crédit : EUMM Georgia)

(BRUXELLES2) Plusieurs jeunes adultes, « partis cueillir des plantes » près de la ligne de démarcation avec l’Ossétie du sud, dans le district de Sachkhere, ont été pris à partie aujourd’hui (mercredi 18 mai) par les forces sud-ossètes. Ils ont fui alors que celles-ci ont cherché à les appréhender. Mais les forces sud-ossètes ont tiré. L’un d’eux âgé de 17 ans a été grièvement atteint, et reste hospitalisé – selon les autorités géorgiennes – dans une situation grave. Un autre a été blessé plus légèrement. Quatre autres adultes ont cependant été fait prisonniers et sont actuellement retenus par les forces sud-ossètes.

Pour le gouvernement géorgien, qui vient de faire une déclaration, il s’agit d’une « grave violation du cessez le feu ». Il met directement en cause la Russie « qui poursuit ainsi une politique visant à déstabilisant et terroriser la population locale » et « cherche à provoquer l’escalade des tensions ». C’est le plus grave incident depuis mars 2009.

Aucun commentaire officiel n’a encore été fait par les observateurs européens présents sur place (EUMM Georgia). Mais ils n’ont pas accès normalement au territoire sud-ossète. Et il faudra sans doute passer par la médiation russe pour obtenir un déblocage de la situation.

(mis à jour) « Nous sommes en train de vérifier les circonstances de cet incident » affirme-t-on à EUMM. « Il y a des rapports contradictoires. Et nous ne ferons aucun commentaire avant d’en savoir plus » Une patrouille locale d’EUMM, venant de la base de Gori, accompagné d’un responsable de la mission s’est rendu sur place, mercredi, pour parler aux habitants et chercher à parler à ceux qui ont été impliqués dans l’incident pour connaître les circonstances. Et une réunion, ad hoc, s’est tenue jeudi à Dvani dans le cadre de l’IPRM (l’instance de règlement des conflits), avec des réprésentants géorgiens, russes et sud-ossètes. A cette occasion, les 4 Géorgiens détenus lors de l’incident, ainsi qu’un autre détenu quelques jours plus tôt ont été libérés, a confirmé un porte-parole d’EUMM. Mais l’état du blessé reste critique, a regretté EUMM qui a condamné cet incident.

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Critique européenne sur la visite de Lavrov en Abkhazie et Ossétie du Sud

(BRUXELLES2) L’Union européenne a critiqué, jeudi (28 avril), la visite récente du ministre des Affaires étrangères russe, Sergey Lavrov, en Abkhazie et en Ossétie du sud, deux « régions géorgiennes ». Visite effectuée, les 25 et 26 avril, « sans l’autorisation préalable des autorités géorgiennes ». L’UE ne considère pas « cette visite comme compatible avec l’intégrité territoriale » explique dans un communiqué le porte-parole du Haut représentant de l’UE. qui réitère la ligne européenne : « soutien à l’intégrité territoriale et souveraineté de la Géorgie », « résolution pacifique du conflit dans le plein respect des frontières internationalement reconnues de la Géorgie ».

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La présence des troupes russes aux frontières de la Géorgie : « ça calme »

« Il faut le reconnaître. A partir du moment où ces « frontières » ont été assurées par les soldats russes et non plus par la police ossète, c’est devenu calme. Il n’y a plus d’incident, ni de fusillade. Tout cela est maintenant terminé. » a expliqué Krzysztof Lisek, eurodéputé polonais (Plateforme civique / PPE) qui faisait rapport à la dernière réunion de la sous-commission défense au Parlement européen de sa visite en Géorgie en juillet. Et celui qui parle, le reconnait lui-même : « je ne suis pas fan de la présence des soldats russes dans la région ». D’ailleurs ce « constat est corroboré tant par les ambassadeurs lituaniens ou polonais qu’américain ». Pour autant le député ne satisfait pas de la situation actuelle qui rend impossible aux observateurs européens de pénétrer dans les deux anciennes provinces géorgiennes qui ont déclaré leur « indépendance ».

« La situation dans la région est stable mais elle reste très fragile. Les contacts avec l’Abkhazie et l’Ossétie du sud sont très pauvres. Les autorités géorgiennes l’ont elles-mêmes confirmé : il n’y a pas de relations avec l’Ossétie du sud et seulement des contacts officieux et occasionnels avec l’Abkhazie. » Et l’eurodéputé de conclure : « Il faut élargir les missions EUMM à l’Abkhazie et l’Ossétie du sud. » Mais – reconnait-il « il s’agit plutôt d’un travail diplomatique ». Un travail à poursuivre. Car « EUMM est la seule force internationale présente en Géorgie et de ce fait elle joue un rôle primordial pour la sécurité de la Géorgie en fournissant la seule présence d’observateurs internationaux dans le pays ».

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L’UE pointe du (petit) doigt la Russie pour la situation en Géorgie

(BRUXELLES2) Lors de son déplacement en Géorgie (1), et sa rencontre avec le président géorgien, Cathy Ashton, la diplomate en chef de l’UE a tenu à lever également le petit doigt vers la Russie. Elle a ainsi réaffirmé son soutien « ferme » à l’intégrité territoriale de la Géorgie et la non-reconnaissance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. « Nous continuerons de rappeler à la Russie qu’elle n’a pas respecté l’accord en six points ainsi que les mesures d’application« . « Maintenir un processus dynamique de négociation à Genève est de la plus haute importance » a-t-elle ajouté. « Nous devons prévenir la consolidation du statu quo sur le terrain« .

Elle a également visité la mission d’observation de l’UE (EUMM) – qui était le second objectif de la visite En visitant le check point d’Odzisi, Ashton voulait « constater par elle-même la situation à la limite administrative avec l’Ossétie du sud« . La diplomate en chef de l’UE s’est ensuite rendu au camp de déplacés de Tserovani pour rencontrer des Géorgiens expulsés de chez eux lors de la dernière guerre.

Le tour des missions de défense pas loin d’être bouclé

Ashton n’a pas encore tout à fait boucler son tour des missions européennes de défense. ll lui manque encore un déplacement dans les missions au Congo (EUSEC et EUPOL) et en Guinée (EUSSR – qui a du plomb dans l’aile), en Irak (EUJUST) et en Moldavie/Ukraine (EUBAM). Mais elle aura visité en un peu de plus de six mois, la plupart des missions civiles ou militaires de l’Europe de la défense ; s’étant déplacé à Northwood et aux Seychelles (Eunavfor Atalanta), dans les Balkans (Althea et Eupol Bosnie, et Eulex), au Moyen-Orient (EUPOL et EUBAM) et dans quelques jours à Kaboul (EUPOL). Ce qui rattrape ainsi des premiers pas hésitants et peu enthousiasmants.

(1) Lire : Quelques jours bien chargés pour Cathy Ashton du Caucase à l’Afghanistan

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