Afghanistan-Pakistan

Le Parlement veut muscler la mission “Eupol” Afghanistan et créer une mission “EuJust”

Crédit : ministère lituanien de la Défense

Repenser la stratégie sur l’Afghanistan. C’est le sens du rapport voté par le Parlement européen, jeudi dernier. Le premier rapport de ce genre depuis bientôt dix ans que dure l’engagement occidental et arabe en Afghanistan. Rédigé par l’eurodéputé italien Pino Arlacchi (Liste di Pietro), il a été amendé sur plusieurs points (notamment pour atténuer le sentiment de défaite) mais il reste un rapport très dur. Nous en avons déjà parlé en détail (1). Et les discussions ont été parfois âpres, certains amendements passant à une très faible majorité. Le rapport pointe du doigt tant  le semi-échec des forces de coalition que l’engagement trop timide et reposant sur des bases erronées des Européens dans la formation des policiers. Là encore, il recommande “instamment” à la haute représentante et aux Etats membres de changer leur stratégie. En accentuant certains aspects, en renforçant les moyens. Et en mettant en place une mission “Justice”.

Changer de stratégie

De façon générale, la « présence de la coalition est de plus en plus perçue comme une occupation par la population », avertissent les députés. Et « aucune fin évidente ne se profile à l’horizon en Afghanistan, avec une coalition de forces internationales en place mais incapable de défaire les talibans et les autres insurgés et un mouvement d’insurrection et des talibans incapables de prendre le dessus sur ces forces militaires ». Une impasse dont est responsable, dans une large part, la coalition par ses « erreurs d’appréciation, au départ, des forces de coalition ». « La présence des Talibans a été sous-estimée, la capacité du gouvernement Karzai surestimée et peu d’attention ont été consacrées à rebâtir et développer le pays » précisent-ils.

Le Parlement prône ainsi une approche, plus équilibrée, en matière civile et militaire est nécessaire. Les Européens, et leurs alliés doivent prendre conscience de la continuelle détérioration de la situation socio-économique et de la sécurité dans le pays, et comprendre la nécessité d’impliquer pleinement les Afghans dans ce qu’on pourrait appeler une stratégie de sortie (même si le nom n’est pas prononcé).

La mission Eupol critiquée mais sauvegardée

Alors que la première mouture du rapport demandait la suppression de la mission de police de l’Union européenne et sa fusion avec celle de l’OTAN, cette mention a été retirée. Un point important. Car le Parlement européen était là dans l’exercice de ses pleins pouvoirs. On l’oublie trop souvent : les missions civiles de défense sont financées essentiellement par le budget communautaire donc en codécision.

Le Parlement européen reste très critique sur cette mission Eupol remarquant « l’imprécision flagrante (de son) mandat », la « faiblesse des résultats qu’elle a atteints à ce jour », le fait qu’elle « ne dispose pas encore, trois ans après son déploiement, de trois-quarts de son effectif autorisé ». Il propose qu’un programme de formation « à grande échelle de la police soit lancé par la mission EUPOL, l’OTAN et la FIAS, qui s’adresserait, comme convenu avec le gouvernement afghan, aux unités de la police nationale, ce qui permettrait d’éliminer les doublons, le gaspillage et la fragmentation ».

L’engagement de l’Union européenne et de ses États membres en faveur de la création d’une force de police afghane professionnelle risque d’être compromis par la prédominance de pratiques telles que l’approche ultra-rapide (enquêtes de sécurité insuffisantes lors du recrutement, six semaines de formation sans support écrit du fait de l’analphabétisme des participants, entraînement minimum sur le terrain, après quoi les recrues reçoivent un insigne, un uniforme et une arme et sont envoyées en patrouille) mise en œuvre par quelques grandes entreprises de sécurité américaines.

Les missions de formation de la police devraient non seulement porter sur les aspects techniques – estime-t-il – mais aussi assurer l’alphabétisation des recrues et délivrer à celles-ci une connaissance élémentaire du droit national et du droit international.

Les recommandations du Parlement

Le Parlement européen fait une série de recommandations à la haute représentante comme aux Etats membres. Ainsi la haute représentante est priée “instamment” de :

- intensifier la formation de la police en Afghanistan et d’accroître sensiblement le nombre de formateurs de la police sur le terrain, de manière à ce que l’objectif défini lors de la conférence de Londres de disposer, avant la fin de 2011 de 134 000 policiers afghans entraînés, soit respecté.

- modifier la mission EUPOL en Afghanistan en prescrivant également une formation pour le personnel de grade inférieur dans toutes les provinces, en augmentant le nombre de semaines consacrées à la formation de base et en assurant que des patrouilles et d’autres activités de police conjointes sont organisées sur le terrain.

Tandis que les Etats membres sont sommés :

- « d’honorer pleinement leurs engagements à l’égard de cette mission » ;

-  de fusionner leurs missions bilatérales de formation de la police avec la mission EUPOL ;

- de s’abstenir d’imposer des restrictions aux polices nationales déployées au sein de la mission EUPOL.

Le Parlement recommande que le salaire des policiers afghans soit « augmenté » et que « l’ensemble de la procédure de recrutement soit réexaminé » et donne la préférence à des recrues maîtrisant un niveau de base d’écriture et de lecture, qui ne soient pas des toxicomanes (1) et qui présentent de meilleures qualités psychologiques et physiques que le groupe actuel.

Créer une nouvelle mission justice (EuJust)

La formation de la police est une chose. Mais elle « ne peut pas être efficace sans un système judiciaire qui fonctionne correctement » rappelle le Parlement européen. Il demande ainsi au Conseil de constituer, en coordination avec les Nations unies, « une mission spécialisée ayant pour tâche de former les juges ainsi que les fonctionnaires au sein du ministère de la justice et du système pénal de l’Afghanistan ».

(1) Afghanistan: fermer EUPOL et revoir la stratégie. Un eurodéputé met les pieds dans le plat.

(2) Selon le Parlement, qui reprend des chiffres de la FIAS/IFAS, sur les 94 000 hommes engagés dans la police nationale afghane, presque 90 % sont analphabètes, 20 % sont des consommateurs de drogue et plus de 30 % disparaissent après un an, sans mentionner les quelque 1 000 agents tués en service chaque année

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L’assistance peu visible de l’UE au Pakistan

Chargement de l'Antonov 124 à Leipzig - Uwe Schoszig / aéroport de Leizpig / Armée allemande

On a beaucoup critiqué l’UE pour son manque d’action sur le Pakistan face aux inondations cet été (1)(2). Reproche sans doute justifié sur certains points. Mais l’UE n’est pas restée les bras ballants durant ce temps. Cathy Ashton était hier à New York pour expliquer que l’UE et ses 27 Etats membres avaient fourni 60% de l’aide humanitaire (240 millions d’euros, soit 315 millions $). Mais ce qu’on sait moins c’est que les militaires de l’UE ont prêté un concours discret (trop discret!) dans le soutien aux opérations de secours.

Saisie formellement le 18 août, la cellule de planification des mouvements de l’Etat-Major (EUMPC) a ainsi  relayé l’appel à des moyens de transports dans les ministères de la défense et forces aériennes de l’UE. La Finlande et la république Tchèque se sont finalement portées volontaires. Trois vols estampillés “UE” ont ainsi été affrétés entre la fin août, début septembre.

  • Le premier, un Antonov 124, proposé par les Tchèques, sous contrat SALIS (OTAN), a embarqué du matériel italien à Brindisi, puis du matériel autrichien et allemand à Leipzig/Halle et est arrivé avec 100 tonnes à Islamabad le 3 septembre. Ce qui a permis un partage des coûs Le matériel restant à Leipzig a été transporté par l’armée allemande sur la base de l’OTAN à Geilenkirchen pour être ensuite acheminé sur un vol OTAN vers le Pakistan.
  • Le second, un Antonov 124, également contracté par la république Tchèque, parti d’East Midlands Airport (Royaume-Uni) a atterri à Karachi le 5 septembre, avec 75 tonnes de matériel fournis par les Britanniques.
  • Le troisième, un C-17 Globemaster contracté par la Finlande a embarqué 40 tonnes d’aide sur la base militaire danoise de Karup, livrés à Karachi le 6 septembre.

L’EUMPC – comme EU Movement planning cell – est une petite structure de 3 officiers (niveau Lieutenant-Colonel) et un officier de permanence au sein de la direction “Logistique” de l’Etat-Major. Formalisée à la suite du Tsunami asiatique en 2004, elle se concentre sur la mise à disposition de soutien en transport militaire à l’effort de réponse aux crises de la MIC (cellule de crise protection civile de la Commission européenne). Elle a notamment servi lors des inondations en Algérie en 2006, où un certain nombre de rotations d’Hercules C130 ont été mises en place. Elle pourrait, selon moi, trouver un nouvel essort en faisant le lien entre la MIC et EATC – le centre de commandement des moyens aériens mis en place par 4 Etats membres à Eindhoven (3).

Illiouchine 76 sur la Base de Karup (crédit : forces armées danoises)

Précisons que d’autres aides ont été acheminées par les forces des Etats membres à titre bilatéral, citons notamment (liste non exhaustive) :

  • Un C17 britannique de la RAF, basé à Brize Norton (Oxfordshire), a ainsi embarqué 500 tentes, de la nourriture et des équipements médicaux de première nécessité dans l’entrepôt du DFID (le département britannique de coopération) à Dubaï, le 26 août, pour l’amener à Islamabad, où ils ont ensuite été acheminés dans la vallée du Peshawar.
  • Un Illiouchine 76 affrêté par le Danemark pour transporter un hôpital de campagne le 3 septembre (en même temps que le C-17 affrêté par les Finlandais).
  • Un premier avion affrété par le ministère des Affaires étrangères français a décollé de Vatry le 20 août avec 70 tonnes de matériel humanitaire (d’ONG notamment). Il sera suivi de trois rotations de C-135 de l’armée française, qui ont transporté 27 tonnes de matériel humanitaire vers Islamabad, les 8 septembre (départ de Istres), 9 septembre (départ de Vatry) et le 11 septembre).

A noter que l’US Air Force a dépêché, dès le 1er août, un C-17 au Pakistan (du 385th Air Expeditionary Group stationné à Bagram Irak) suivi de plusieurs autres vols, notamment 25 hélicoptères Chinook à pied d’oeuvre à la mi-août ainsi que deux autres vols de C-17 le 23 août, venant de la base McChord-Lewis, Washington. Tandis que le ministère russe des Situations d’urgence avait envoyé dès le 17 août un avion avec 35 tonnes de matériel… (sans commentaire !)

Lire :
(1) Quand Nicolas remonte les bretelles à José-Manuel
(2) José-Manuel prend, à son tour, la plume et présente son « plan pour le Pakistan »
(2) Le commandement aérien EATC inauguré à Eindhoven

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Surobi, première étape d’un retrait français d’Afghanistan ?

(A Marseille) Répondant à une question d’un confrère, Hervé Morin n’a pas voulu envisager l’hypothèse d’un retrait d’Afghanistan. « Un point d’étape a été fixé par l’OTAN, pour début 2011, avec le transfert d’un certain nombre de districts aux autorités Afghanes » a-t-il précisé. Les Français sont présents en Kapisa et Surobi. « En Kapisa, c’est difficile, mais à Surobi, c’est extrêmement apaisé. On pourrait envisager sur la Surobi un transfert, progressif, aux autorités afghanes, en maintenant un dispositif de soutien. Nous avions déjà transféré le contrôle de Kaboul aux autorités afghanes. Et cela se passe bien », a-t-il ajouté.

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Afghanistan: le doute gagne du terrain en Finlande

Il faut “évaluer de façon critique comment la Finlande pourra agir en Afghanistan, voir s’il y a lieu de renforcer la part de la gestion civile” explique le président de la commission “défense” du Parlement Finlandais, Juha Korkeaoja (Parti du Centre). “La situation n’est pas des meilleures.”
NB : cette remarque publique doit être replacée dans le contexte politique finlandais. Jusqu’à là, seuls des partis minoritaires (Alliance de gauche, démocrates-chrétiens, Vrais Finlandais) avaient exprimé leur opposition à l’engagement en Afghanistan. Quant aux Socio-démocrates exprimant ouvertement leurs doutes sur cette opération “de maintien de la paix ” et demandant le retrait d’ici la fin 2011. La Finlande a décidé, au printemps, d’augmenter son contingent sur place de “casques bleus” de 145 à 195 personnes.

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Chassé-croisé en Afghanistan

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Dessin : Samuel (non reproductible sans autorisation)
Les Néerlandais ont remis symboliquement, le 19 août, la clé de Kamp Holland aux forces de la coalition. Ce sont les Australiens et les Américains qui vont prendre le relais. Avec un grand nettoyage à la clé. Les néerlandais sont à pied d’oeuvre pour livrer le camp “propre” explique le commandant adjoint du camp néerlandais, le colonel Jurgen van der Biezen. Cette remise de clé est une nouvelle étape dans la décision prise par le gouvernement des Pays-Bas de se retirer d’Afghanistan, retrait entamé fin juillet et qui devrait s’étaler jusqu’à l’hiver.
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Pakistan : l’UE renforce son aide

La Commission européenne a décidé d’augmenter son aide pour le Pakistan de 30 millions d’euros supplémentaires. Ce qui porte l’aide européenne à 70 millions d’euros, 115 millions (1) en tenant compte de celles des Etats membres.

(1) Il s’agit bien de 115 et non de 105 comme mentionné par erreur dans un communiqué de la Haute représentante (faute typographique…)
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José-Manuel prend, à son tour, la plume et présente son “plan pour le Pakistan”

La réponse du loup à la bergère (ou le contraire, c’est selon) n’a pas tardé. Après la missive, un tantinet comminatoire de Nicolas Sarkozy à la Commission européenne (1), voici la réponse du président de la Commission qui se défend de toute lenteur. “Le drame du Pakistan nous touche tous” écrit-il. Puis, piqué au vif, il argumente : “la Commission européenne a été la première à réagir (le 30 juillet), et à augmenter (le 11 août), les fonds alloués au Pakistan, (…) mes services ont travaillé d’arrache-pied (…). Les services de la DG Echo (Office d’aide humanitaire) sont en en train de démontrer leur professionnalisme et leur efficacité à répondre aux grandes crises humanitaires“. Voilà pour la défense (justifiée à mon sens) du travail européen. Mais le plus intéressant est dans l’annonce “d’un plan d’action en trois temps” qui reprend, en partie, les trois recommandations du président de la République français.

Un plan d’action pour le Pakistan

1° Une lettre conjointe Ashton – Georgieva (respectivement la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la commissaire à l’Aide humanitaire) va partir vers les Etats membres pour préciser les modalités de la coordination de l’aide humanitaire. C’est la DG Echo (qui inclut dorénavant le mécanisme de protection civile) qui prêtera son concours à la “coordination active” de toute initiative humanitaire ou d’assistance logistique.

2° L’augmentation des sommes allouées au Pakistan, “ce avant la fin du mois“.

3° Le suivi de la crise,  avec une “possible conférence des donateurs” pour le Pakistan. Ce point sera à l’ordre du jour du Gymnich, le conseil informel des ministres des Affaires étrangères, le 10 septembre.

La réflexion continue sur la sécurité civile

Sur l’idée d’une force européenne de protection civile, Barroso tempère le président français en lui rappelant la tiédeur (le mot est faible) qui avait accueilli les propositions du rapport Barnier en 2006. “Un certain nombre d’Etats membres avait alors montré un enthousiasme plus que relatif à l’idée d’une structure européenne propre“. Mais, promet-il, après une réflexion “approfondie”, et des consultations auprès d’Etats membres (la France a été consultée), menée par le duo Ashton – Georgieva, une proposition pour “une nouvelle politique” de réponse aux crises sera faite “très bientôt“, pour être discutée par les Ministres compétents.

C’est ce qui s’appelle un retour à l’envoyeur ! On ne m’ôtera cependant pas d’un doute : l’Europe ne réagit-elle pas encore, avec trop de lenteur, beaucoup de tiédeur, et peu d’audace, dans la réaction de crises ?

Dernier point, concernant l’utilisation des moyens militaires pour acheminer l’aide humanitaire, Barroso la salue mais avec des pincettes. Il ne peut même s’empêcher de montrer quelques doutes. C’est “utile“, dit-il, si “certains paramètres sont respectés“. “Il importe que l’utilisation de ces moyens n’expose pas les opérateurs humanitaires, qui ont déjà perdu nombre de leurs membres dans les zones de conflit pakistanaises, aux mêmes risques que ceux encourus par les militaires“. (NB : la journée de l’aide humanitaire se commémore ces jours-ci, le 19 août, jour de 2003 où 22 employés de l’ONU, dont son Représentant spécial en Irak, le Brésilien Sergio Vieira de Mello, sont morts dans un attentat à Bagdad).

(1) Lire: Quand Nicolas remonte les bretelles à José-Manuel

Télécharger la lettre de Barroso à Sarkozy

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Quand Nicolas remonte les bretelles à José-Manuel

C’est une lettre de Nicolas (Sarkozy) adressée à José-Manuel (Barroso) et rédigée durant le week-end du 15 août. Le ton est poli. Mais un rien comminatoire. “La mobilisation des Européens doit être totale” tonne le “Che” Nicolas. Certes l’Europe a déjà débloqué 40 millions d’euros en aide humanitaire, envoyé quelques équipes d’experts et activé son mécanisme de protection civile. Mais c’est bien peu aux yeux du président français. “L’Europe peut faire plus en s’engageant pour couvrir davantage encore les besoins humanitaires immédiats” (Nb : l’ONU a lancé un appel de 459 millions $ mais seul un quart a pu être rassemblé jusqu’ici). Et Sarkozy n’y va pas par quatre chemins. La France  est prête — explique-t-il — “à mobiliser des moyens logistiques militaires nationaux, aériens et navals, pour l’acheminement de l’aide internationale, dans le cadre de l’OTAN.

Les 3 recommandations de Sarkozy

Ll’Europe doit se bouger les fesses… Sarkozy admoneste le président de la Commission: “Je compte sur vous (le président de la Commission) pour que l’Union européenne montre son unité et sa détermination et entraîne avec elle la communauté internationale pour empêcher un désastre humanitaire“. Et il lui trace la feuille de route : 1° renforcer l’aide humanitaire ; 2° prévoir dès maintenant le futur, la reconstruction, en mobilisant ses deux instruments financiers (l’Instrument de stabilité et l’Instrument de Coopération et Développement), 3°  Se doter d’une “véritable capacité européenne” de réaction à la crise. Haïti et les incendies en Russie (où la coordination européenne a été un tantinet défaillante) l’ont démontré, poursuit le président, il “faut tirer les conséquences de telles situations”.

  • En clair, Sarkozy remonte non seulement les bretelles au président de la Commission européenne mais aussi à la commissaire Georgieva, pour le moins absente ces jours-ci, ainsi qu’à la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Cathy Ashton continue à démontrer que si elle arrive à gérer la politique institutionnelle (l’adoption de la première décision sur le service diplomatique en est une preuve), qu’elle commence à pratiquer la diplomatie (l’implication à Gaza ou la négociation d’un accord de poursuite des pirates le prouve), elle a encore bien du mal à apprécier la gestion de crises. C’est ce qui manque encore à l’UE ! Sarkozy commet, cependant, un impair, à mon sens, mettre les moyens français à disposition de l’OTAN. C’est en contradiction avec le contenu et l’objectif de la lettre (renforcer l’Union européenne) et également avec ses engagements précédents (s’impliquer davantage dans l’OTAN pour renforcer l’Europe de la Défense). C’est un peu le contraire, ici…

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