J.C. Juncker sait où il veut arriver mais tisse le brouillard (crédit : forwallpaper.com)

Juncker en manoeuvre PsyOps

J.C. Juncker sait où il veut arriver mais tisse le brouillard (crédit : forwallpaper.com)

J.C. Juncker sait où il veut arriver mais tisse le brouillard (crédit : forwallpaper.com)

(BRUXELLES2) En terme militaire, cela s’appelle du « PsyOps », de la guerre psychologique, ou dans la bonne vieille guerre navale, un « rideau de fumée ».

L’équipe du président de la Commission européenne « Juncker » excelle dans ces manoeuvres destinés à masquer les mouvements du mouvement, distillant confidences ou non, informations vraies ou fausses, rythmant l’attente et respectant un calendrier, « son » calendrier. C’est ce qu’il a fait durant sa campagne pour accéder à son poste à la tête de l’exécutif européen. Et c’est ce qu’il pratique encore, pour la répartition des portfolios de la Commission qui devrait connaître son épilogue ce mercredi normalement (avec une conférence de presse JC Juncker à Bruxelles prévue à midi).

Le chef de cabinet du futur président de la Commission, Martin Selmayr, connait d’ailleurs bien les attitudes de la presse, comme des responsables politiques à Bruxelles, pour avoir été tour à tour porte-parole et chef de cabinet (de Viviane Reding). Il sait utiliser le temps pour tisser un fil protecteur et donner ainsi à son patron le plus de marges possibles pour décider ce qu’il veut (ou ce qu’il peut).

On a vu ainsi, ces derniers temps, apparaître toute une série d’organigrammes sur la prochaine Commission, « révélés » d’abord par le Financial Times puis Euractiv. Certains contenaient de « vraies » informations,  d’autres moins. M. Selmayr allait de ses propres commentaires, promettant « une surprise » pour (ce) mercredi ou jeudi. Et le doute s’est instillé, au point que ce qui était sûr hier, n’est plus sûr aujourd’hui. Personne n’ose plus se livrer au petit jeu des pronostics, de qui occupera quel portfolio. Le brouillard est total. Et Juncker a ainsi gagné ce qu’il voulait… une marge de manoeuvre de plus.

L’objectif de l’ancien Premier ministre Luxembourgeois est, en effet, de regagner le terrain perdu ces dernières années pour redonner à la Commission européenne sa place au centre du jeu européen, reprendre des marges de décision. Le « tenancier » de la boutique européenne aujourd’hui, José-Manuel Barroso, tout à la volonté d’apparaître comme le plus en cour, n’a souvent eu comme résultat que d’apparaître comme le « commis d’office » des Etats membres. Barroso ne cachait d’ailleurs pas cette ambition. « La Commission est au service des Etats membres » avait-il indiqué dès ses premiers mois. Ce n’était pas quelques mots. C’était le sens de la politique poursuivie. Mais cela a eu un prix. Loin de regagner en capacité d’attraction, en pouvoir amical, la Commission a perdu ce qui faisait sa force, sa capacité et ses marges de décision, le sens de l’initiative.

Sur ce point, la nomination de Donald Tusk est pour Juncker une « aubaine ». Non membre de la Zone Euro, le Premier ministre Polonais devra se reposer pour la conduite de la politique économique… sur la Commission. Habilement le Luxembourgeois entend d’ailleurs ne pas occuper non plus trop le terrain de la représentation extérieure, en laissant sa future haute représentante, Federica Mogherini, assurer le « job ». La politique étrangère reste de toute façon – qu’on le veuille ou non – une prérogative des Etats membres, à tout le moins une compétence partagée entre l’Union européenne et les « 28 » Etats. Et un président de la Commission a de multiples tâches à gérer pour tenter de « grignoter » cette compétence.

Si ce redécoupage des fonctions est effectif, que la Commission européenne retrouve un peu de son lustre perdu, on pourrait avoir dans les mois prochains un dispositif européen sans doute un peu plus lisible pour le citoyen et plus efficace. C’est à cette aune que l’on peut apprécier, à leur juste valeur, les opérations « PsyOps » de l’équipe Juncker…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Le verre à moitié plein

(BRUXELLES2 à Strasbourg) « Le verre est à moitié plein. Et quand je dis moitié plein, je ne dis pas moitié vide ». C’est ainsi que Elmar Brok, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, qualifie l’état du service diplomatique européen (SEAE), à l’occasion de l’exercice de « review », deux ans et demi après sa mise en place. « On ne peut pas s’attendre en deux ans et demi à avoir des résultats complets alors qu’il a fallu 300 ans pour faire le Foreign Office. Il faut prendre le côté positif de ce qui a été réalisé » souligne-t-il. Dans les Balkans, en Afghanistan, avec l’Iran, l’approche européenne a fait du bon travail ». Et de se porter en faux contre certaines critiques venues des Etats membres. « Ces critiques portent aussi sur leur souci de voir leurs droits préservés, d’être impliqués, d’avoir des fonctionnaires à eux dans le service. Elles ne cherchent pas des améliorations. »

Des améliorations…

Elmar Brok estime cependant nécessaire de « apporter des améliorations dans la structure, dans le choix des personnels, dans la structure dirigeante. Et le SEAE n’est pas encore aussi efficace qu’il devrait l’être. Entre la Commission et le SEAE, la coopération ne marche pas vraiment bien ». Ce constat ne s’arrête pas aux structures. En matière de politique de défense, cela patine… « Par exemple, pour le Mali, la décision d’agir a été reconnue en octobre. Mais ce n’est qu’en janvier que la décision a été prise. (…) Les battlegroups n’existent que sur le papier ! Le coopération structurée permanente n’est pas encore officialisée, etc. ».

Simplifier l’organigramme du SEAE

« Nous ne voulons pas que le Service soit une nouvelle institution, mais au service des autres institutions, dans un esprit communautaire. Pour nous, le Haut représentant est (avant tout) le vice-président de la Commission européenne, un commissaire chargé des questions des relations extérieures ».  a expliqué, l’Italien Roberto Gualtieri qui a corédigé le rapport (groupe S&D). « On ne veut pas tout chambouler ». Mais il y a certains points à changer, notamment dans l’organigramme du SEAE. « Il doit être simplifié. Il y a une duplication par exemple entre le secrétaire général exécutif (nb : Pierre Vimont) et le CEO (David O’Sullivan). »

Un numéro 2 pour la Haute représentante

Et vu la charge de travail qui incombe à la Haute représentante, il faut créer auprès d’elle (de lui) « un ou plusieurs adjoints », qui permettraient de prendre en charge certaines tâches ou de le représenter à l’extérieur par exemple. Ces adjoints pourraient être – ainsi que l’eurodéputé l’a précisé à B2 – être « soit des commissaires qui auraient, en plus, de leur fonction celle de haut représentant adjoint ; soit venant hors de la Commission ». Pour Elmar Brok, « avoir plus d’adjoints, cela permet de suivre tous les sujets à haut niveau. » Mais l’idée de déléguer à un ministre des Affaires étrangères (souvent de la présidence tournante), certaines tâches, ne recueille pas vraiment son assentiment. « Cela ne fonctionne pas vraiment. Un ministre ne peut pas vraiment être un adjoint. Il n’est pas impliqué dans tout le travail mené en amont.»

Les détails des propositions des députés ont été détaillées dans le Club

Le nouvel organigramme du service diplomatique. Toujours aussi touffu

(BRUXELLES2, exclusif) Le service diplomatique européen (SEAE) va être doté début mai d’un nouvel organigramme. B2 a pu consulter cet organigramme de près. Les principaux changements affectent la sphère de la politique de défense. (Les détails sont commentés sur le Club de B2).

Quelques éléments paraissent logiques dans ce nouvel organigramme. Mais on reste à mi-chemin. Et honnêtement cet organigramme reste encore assez touffu (je suis gentil) et plutôt incompréhensible. Si, d’ailleurs, une âme charitable peut m’aider à le lire, je suis preneur… :-)) Ne pas placer la gestion civile de crises ou le groupe politico-militaire dans l’ensemble de la politique de sécurité n’est pas ainsi du plus logique… On a l’impression que cet organigramme reste encore davantage marqué par des décisions qui ressemblent plus à des décisions personnelles – qui ne dureront que le temps du passage d’une personne au SEAE – que par une logique diplomatique ou organisationnelle. Il est vrai que la matière est complexe, que faire naître un seul service à partir des éléments venus de divers horizons ne peut se faire du jour au lendemain. D’autant que les susceptibilités sont grandes non seulement au niveau des hommes à l’intérieur des structures, mais aussi entre structures. Etats membres, Commission européenne, Parlement européen veillent « intensément » sur le bébé SEAE, pour défendre aussi leurs propres intérêts…

Le SEAE aménage son organisation politico-militaire

(BRUXELLES2) Un nouvel organigramme est en cours de confection au service diplomatique européen (SEAE). Ou plus exactement un aménagement qui va concerner les structures de sécurité et de défense. Ainsi les unités en charge de la sécurité et de prévention des conflits (actuellement sous la direction de Me Damanaki) pourraient être mises à disposition de Maciej Popowski, le secrétaire général adjoint du SEAE, qui suit toutes les politiques de sécurité. Ce qui permettra ainsi une meilleure synergie avec les autres éléments de la politique européenne de sécurité et de défense : Etat-Major de l’UE (militaire) et OpsCenter, CMPD (planification) et CPCC (commandement des missions civiles *).

Le SitCen (centre de situation) a été éclaté. La structure de veille et de permanence – l’EU Situation room – est désormais placée sous la responsabilité directe du directeur du Département « Réponse de crises », Agostino Miozzo. Le reste du service a été renommé IntCen – Intelligence Analysis Centre – et recentré, comme son nom l’indique, vers le renseignement et l’analyse de la situation (souvent à partir de sources ouvertes ou semi-ouvertes). Il reste dirigé par le Finlandais Ilkka Salmi.

Le tout devrait s’accompagner – suivant un cela une partie des conclusions du général de Kermabon – d’une remise en ordre de ces structures avec un affinement des fonctions notamment entre la CMPD – qui se recentrera sur la planification (à moyen ou long terme, planification dite stratégique) des missions militaires ou civiles, son rôle premier – et la CPCC – le commandement des opérations civiles de l’Union, qui assurera davantage la planification (à court terme, opérationnelle), de conduite et de gestion des missions civiles .

Commentaire : il ne s’agit pas d’une remise à plat générale. Au bout de deux années de service diplomatique européen, une réorganisation plus importante aurait été logique, pour permettre la mise en place d’un grand département « maintien de la paix et gestion de crises » regroupant à la fois civils et militaires, planification et opérations, prévention et gestion des conflits… un DPKO ** à l’Européenne en quelque sorte. Ce sera peut-être pour plus tard. Mais il faudra bien, un moment, mettre de côté les intérêts personnels ou étatiques, et créer cette nouvelle structure qui donnerait ainsi une visibilité et une clarté à la politique européenne de sécurité et de défense commune (PSDC) qui pâtit d’un nombre de sigles aussi abscons qu’inappropriés.

* CMPD = Crisis Management and Planning Directorate ; CPCC = Civilian Planning and Conduct Capability

** Le département des opérations de maintien de la paix des Nations-Unies

Télécharger un organigramme récent du Service diplomatique européen (SEAE) : Docs de B2

Un Autrichien va prendre la tête de l’Etat-major UE en 2013

(crédit : Conseil de l'UE)

(BRUXELLES2) C’est finalement un général autrichien qui devrait prendre la tête de l’Etat-Major militaire de l’Union européenne l’année prochaine (en mai 2013) pour remplacer le général néerlandais Van Osch. Le nom de Wolfgang Wosolsobe a été approuvé hier par le comité militaire après un vote par bulletin secret…

Selon nos informations, il a fallu cependant plusieurs tours pour arriver à ce résultat. Plusieurs Etats membres avaient présenté des candidats : certains ont été éliminés au premier tour (italien, allemand…) ou au second tour (espagnol). Finalement, il restait le candidat suédois et l’autrichien. Les responsables militaires européens se sont finalement décidés pour ce dernier. Un choix qui correspond aussi à celui d’un pays typiquement engagé dans l’Union européenne. Neutre, non membre de l’OTAN, il a assuré plusieurs missions européennes de défense dans le passé – pas seulement dans les Balkans, mais aussi lors de l’opération Eufor Tchad (avec l’envoi de forces spéciales).

Né en 1955 à Vienne, formé à l’Académie militaire Marie-Thérèse, Wolfgang Wosolsobe complète cet enseignement en suivant le collège de Défense autrichien (1982-1985à puis en suivant le cours supérieur interarmées de l’Ecole de Guerre (1987-1988). En tant que capitaine, il occupe un poste de « planner » – planification à long terme et budgétaire – au sein du ministère de la défense (1986-1987), est attaché militaire auprès de la mission autrichienne à Genève (1991-1992) puis à l’ambassade à Paris. En 1997, revenu à Vienne, il prend la tête du centre d’entraînement des forces spéciales autrichiennes. Puis devient en 1998 d’abord directeur adjoint puis directeur du Département de politique militaire au ministère de la défense. En février 2006, il prend la tête de la Direction de la politique de sécurité. Ce qui lui conduit à gérer de près les affaires européennes, pendant la présidence autrichienne de l’Union européenne (premier semestre 2006). Bruxelles lui avait apparemment plu puisqu’il est nommé en 2007, chef de la représentation militaire autrichienne à Bruxelles. W. Wosolsobe est marié, à Laurence (une Française. Personne n’est parfait :-)) et a quatre enfants.

Précisons que cette nomination n’est pas officielle. Car il ne s’agit que d’une recommandation à la Haute représentante, C. Ashton. Mais il n’est pas d’usage que cette recommandation ne soit pas suivie. Et cette nomination a été déjà commentée à Vienne, où le ministre de la Défense, Darabos, s’est chaleureusement et publiquement « félicité » de cette bonne nouvelle pour l’Autriche. L’équipe civilo-militaire pour 2013 est ainsi quasiment au complet avec un Allemand à la tête du Commandement civil des opérations (CPCC) et un Français à la tête du Comité militaire (le général de Rousiers), soit deux pays pleinement engagées dans la PeSDC puisqu’ils ont signé la déclaration de Weimar.

Lire également : Un Français à la tête du comité militaire de l’UE en 2012

Pedro Serrano, nouveau directeur Asie au service diplomatique ?

(crédit : Union européenne)

(BRUXELLES2) L’information n’est pas encore confirmée officiellement. Mais ce devrait être Pedro Serrano, actuel numéro 2 à New-York – et qui a longtemps fait l’intérim comme chef de délégation – qui prendrait le poste de directeur de l’Asie au service diplomatique européen (SEAE). Il remplacerait ainsi James Moran, parti en Libye ouvrir la délégation de l’UE et qui doit ensuite passer en Egypte, selon un schéma encore non confirmé.

Diplomate espagnol, durant 18 ans, il a servi au siège comme dans plusieurs ambassades (en Tanzanie, à Cuba, au consulat d’Espagne à Francfort) ainsi qu’à la représentation permanente auprès de l’UE à Bruxelles. Il entre dans les institutions européennes au début des années 2000, comme chef adjoint du cabinet de Javier Solana, alors secrétaire général du Conseil et Haut représentant pour la politique étrangère de l’UE, et directeur à la direction de gestion de crises (DGE IX). En Juillet, 2007, il est nommé à New-York dirigeant l’Office de liaison du Conseil de l’UE auprès de l’ONU de juillet 2007 à janvier 2010. Date à laquelle il est intégré dans le service diplomatique, prenant alors l’intérim de la délégation de l’Union européenne en attendant la nomination d’un titulaire en la personne de Thomas Mayr-Harting.

Lire également :

Un nouveau directeur de la sécurité pour le service diplomatique

(BRUXELLES2) C’est un diplomate néerlandais, Frans Jacob Potuyt, actuellement ambassadeur néerlandais au Kazakhstan, qui va être chargé de sécuriser le service diplomatique (SEAE). Il vient d’être nommé directeur de la sécurité du SEAE par la Haute représentante de l’UE.

Une tache discrète mais stratégique

Avec la montée en puissance d’un service diplomatique européen, le siège comme les délégations de l’UE sont devenues une cible de choix. Pour un groupe terroriste – et c’est une des principales craintes qu’il s’agisse de prises d’otage ou d’attentat – s’attaquer à une ambassade de l’UE est l’assurance d’avoir un retentissement (l’écho médiatique et politique étant le but recherché) dans plusieurs pays de l’Union européenne, de par le nombre de nationalités rassemblées dans chaque délégation. Mais il y a aussi d’autres « menaces » qui nécessitent une réflexion tout autant sécuritaire que politique et des mesures de prévention idoine (ni trop sécuritaires, ni trop peu). Des critiques de la politique européenne (de sanctions par exemple) pourraient manifester voire prendre d’assaut l’ambassade (comme cela s’est passé dernièrement à Damas devant les ambassades de France ou des Etats-Unis). Des opposants politiques, des demandeurs d’asile ou des migrants économiques pourraient demander le refuge à l’ambassade. Sans compter l’espionnage.

Le nouveau directeur en quelques lignes

F.J. Potuyt a une certaine expérience en la matière. Il a été le directeur de sécurité du ministère néerlandais des Affaires étrangères (2005-2009) et a dû gérer des emplacements « chauds » comme le Liban, les Balkans, la Palestine ou l’Afghanistan. Né à Zwolle, le 12 janvier 1954, diplômé en droit privé de l’université d’Amsterdam, Potuyt a rejoint le service diplomatique néerlandais en 1980. Il a été en poste dans les ambassades à Pékin, Hanoi, Tel Aviv, Damas, Rome (au collège de défense) et à Zagreb. En 1998, il est le chef adjoint de la mission à Téhéran. 4 ans plus tard, il devient le conseiller politique adjoint de l ‘OTAN à Naples. En 2003, il part à Ramallah comme chef de mission. Puis ce sera en 2009 à Astana (Kazakhstan).

L’organigramme du service diplomatique devient … définitif

(BRUXELLES2) Un nouvel organigramme du service diplomatique est disponible (*). Sur ce document, peu de changement a priori. Mais tout de même une évolution: le mot « provisoire » a été enlevé. Cet organigramme est donc définitif, ou presque (**) (jusqu’au suivant !). Et les changements se nichent dans les détails… Tour du (nouveau) propriétaire.

Cet organigramme a été complété par les différentes nominations intervenues entretemps : celles des présidents de groupes de travail (Bart Versmessen pour le PMG, M.M Leinonen pour le Civcom, etc.), celui de N. Wescott pour la direction Afrique…

La structure de gestion de crise se complète

La direction des instruments de politique étrangère qui est un service de la Commission apparait sur l’organigramme en tant que telle. Elle est rattachée directement à Catherine Ashton, en tant que HR/VP. Son directeur est le Luxembourgeois Tung Lai Margue. Elle est chargée de gérer le budget et les relations interinstitutionnelles (Miller), l’instrument de stabilité (Genoveva Ruiz-Calavera), les opérations de la PESC (Juha Auvinen), la public diplomacy et les missions d’observations électorales (Oliver Nette ad interim), Elle est placée directement sous l’autorité de la HR et des structures de gestion de crise. Ce qui pourrait satisfaire le Parlement européen, dont c’était une des revendications impératives, sauf s’il juge cette présence sur l’organigramme un peu artificielle.

En pratique, ce devrait être Maciej Popowski qui en sera le responsable et va être chargé de suivre les dossiers de la PeSDC (c’est d’ailleurs lui qui représentait le service diplomatique au dernier conseil informel des ministres de la Défense).

Autre évolution : les structures de gestion de crises sont aussi directement reliées à la cellule « communication stratégique », placée auprès de Cathy Ashton.

La communication stratégique se réduit

La cellule de communication stratégique n’est plus mentionnée en vacant. Mais aucun nom n’est précisé. On sait que le candidat F. Michel qui avait des prétentions importantes en matière salariale n’ont pas été satisfaites. Et l’idée d’avoir plutôt une cellule qu’une personne pourrait faire son chemin : la HR se reposera sur le service du porte-parolat de la Commission européenne (ce qui n’a pas montré un succès éclatant jusqu’ici…) et sur différents officiers de presse ou de communication (délégations, PeSDC…).

Réorganisation des directions des départements

Si au niveau des départements, rien n’est changé. Au niveau des directions, on dénote quelques mouvements:

– Le sous-directeur général « Administration et finances » devient directeur de département à part entière. Le poste est toujours vacant mais reste rattaché directement au CEO David O’Sullivan. La direction « Sécurité » est étoffée puisque son directeur reçoit responsabilité pour trois unités : l’unité « sécurité sur le terrain » (Hasson), l’unité « Siège » qui est créée, et l’unité « sécurité des communications » (ancienne direction du « chiffre ») (Keymolen). Ces unités dépendaient auparavant du ‘corporate support ».

– Le département Europe connait plus de changements, d’une part, il est renommé « Europe et Asie centrale » (au lieu de (Russie, Partenariat oriental et Balkans, qui était un peu longuet et pas très adapté). Une nouvelle direction est créée regroupant Europe occidentale, Balkans et Turquie » (poste vacant) aux cotés de la direction Russie, partenariat oriental et Asie centrale qui reste confiée à G. Wiegand.

– Même évolution au département « Amériques » qui voit sa direction unique scindée en une direction « Amérique latine » dont hérite Gustavo Martin-Prada (l’actuel directeur) et une direction « Amérique du Nord et Caraibes » confiée à l’Espagnol T. Dupla Del Moral (transfuge de la direction Afrique du Nord).

– Au département « Moyen-Orient », c’est le chemin inverse, les deux directions Moyen Orient / Golfe et Afrique du nord sont fondues dans une seule. Ce qui préfigure la grande approche méditerranéenne voulue par les pays du sud de l’Europe. Mais le poste est toujours vacant.

Au département « Afrique », peu de changements sinon une nouvelle nomination pour l’unité « coopération régionale » renommée « affaires pan-africaines ».

(*) Télécharger l’organigramme
(**) (Mise à jour Mar 22h) Des changements pourraient notamment intervenir au niveau du Département « réponse de crises » qui est sans troupes pour l’instant.

Lire également :

Le quatuor du service diplomatique se répartit le travail

Les 4 responsables du service diplomatique, P. Vimont, D. O’Sullivan, H. Schmid, M. Popowski, ont défini la répartition des tâches, dans un document rédigé fin janvier, dont j’ai pu prendre connaissance.

La consécration du Chief Operating Officer comme numéro 2 en droit

Les spécialistes de la sphère bruxelloise avaient déjà remarqué que David O’Sullivan, le Chief Operating Officer (COO) avait déjà gagné un demi-centimètre, dans le dernier organigramme du service diplomatique par rapport au secrétaire général exécutif (SEE) qu’est Pierre Vimont. Un demi-centimètre qui ne tient pas au hasard d’un papier mal calé sur une photocopieuse… Ce demi-centimètre avait d’ailleurs été au coeur d’un débat plutôt difficile entre ministres des Affaires étrangères en juin. Ce demi-centimètre est dans ce document consacré. David O’Sullivan est le remplaçant en titre de P. Vimont qund celui-ci est pris ailleurs qu’il s’agisse de la « représentation avec les pays tiers » ou pour « signer les notes et lettres de sa part« . Il a qualité pour fournir une « orientation politique sur la gamme complète d’activités du SEAE« . Il suivra d’ailleurs en particulier les relations avec l’essentiel des partenaires géographiques (Asie, Afrique, Europe, Asie centrale et Russie), comme la préparation du prochain cadre financier multiannuel. Il aura enfin, en charge, (en lien avec M. Popowski) les relations générales avec la Commission européenne.

Précisons que le COO comme le secrétaire général exécutif seront destinataires de toutes les notes produites par les différents Départements du service diplomatique. Et que le COO aura pour compétence de signer toutes les notes administratives relatives au budget, aux finances, aux ressources humaines ou à l’audit (en son absence, elles seront signées par le Directeur général adjoint du Personnel), ainsi que les notes et lettres relatives aux zones géographiques qu’il couvrira.

Fonction délimitée pour les secrétaires généraux adjoints

Helga Schmid, qui a la fonction de Directeur politique, suivra plus particulièrement les dossiers soumis à discussion des Etats membres au sein du COPS ou Conseil des ministres des Affaires étrangères. Elle a pour fonction de « conseiller » Cathy Ashton sur ces dossiers. Elle remplacera P. Vimont sur ces sujets si nécessaire. Elle travaillera en étroit lien avec le représentant de Cathy Ashton au COPS, Olof Skoog.

Maciej Popowski est chargé de la coordination des relations interinstitutionnelles. Concernant les relations avec la Commission, il le fait en « soutien » de l’action menée par David O’Sullivan. Il suivra également, ainsi que nous l’avions déjà annoncé) les questions de politique de défense et de prévention des conflits (en lien avec Pierre Vimont) et les sujets du Développement et des Droits de l’Homme. Prenant si nécessaire contact avec les ministres des Etats membres concernés dans ces différents domaines.

NB : Les deux secrétaires généraux adjoints pourront requérir des différents « Départements » du service diplomatique leur assistance sur les dossiers.

Lire également :

Deux nouveaux directeurs confirmés au service diplomatique

Catherine Ashton, la Haute représentante de l’UE, vient de confirmer la nomination de deux nouveaux directeurs de département. Les noms sont déjà connus des lecteurs de ce blog. Il s’agit d’Hugues Mingarelli, pour le Moyen-Orient et de Viorel Isticioaia Budura, pour l’Asie. La nomination de Nick Wescott pour l’Afrique devrait être confirmée dans les prochains jours. Mais des « problèmes administratifs » retardent sa nomination.

Biographie et autres détails, lire: Trois autres directeurs de département connus au service diplomatique