OpsCenter

L’OpsCenter, quelques précisions financières

(BRUXELLES2) Les diplomates des « 27″ doivent préciser aujourd’hui l’accord de principe sur le Centre d’opérations (OpsCenter) pour la Corne de l’Afrique. Un des derniers points en discussion restait le financement de l’OpsCenter. Après étude de plusieurs propositions – financement par le mécanisme Athena pour les militaires, par la Commission européenne (sur le budget Pesc) pour les civils ou par le Service européen d’action extérieure (SEAE) – c’est finalement cette solution qui devrait être retenue. Le service diplomatique paierait sur son budget administratif les frais inhérents à l’OpsCenter. Il faut cependant voir qu’on n’est pas sur une structure très couteuse ni très épaisse. Loin de là. L’OpsCenter devrait ainsi disposer – selon la fiche technique – d’une quinzaine de personnes : 6 mises à disposition par l’Etat-Major militaire de l’UE ou le SEAE (donc déjà enregistrées et payées) ; 9 mises à disposition par les Etats membres, sous la forme d’experts nationaux détachés (dont le salaire reste assuré par l’Etat membre, seuls les frais de mission et de fonctionnement étant assurés au niveau européen). En tout l’OpsCenter pourrait coûter, selon les informations recueillies par B2, environ 100.000 euros. Une bagatelle au regard d’autres budgets existants, tant dans les Etats membres que dans l’Union européenne.

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Accord sur l’OpsCenter Corne de l’Afrique

(BRUXELLES2, exclusif) Approuvé sur le principe en décembre, l’activation du Centre d’opérations (OpsCenter) pour la Corne de l’Afrique devrait désormais être entérinée dans les jours qui viennent par le Conseil des ministres de l’UE. Les « 26″ (*) se sont mis d’accord sur le texte de la décision qui devrait être adoptée par procédure écrite (ou en point A d’un futur Conseil des ministres. Ce centre aura vocation à assurer la coordination de toutes les opérations conduites dans la Corne de l’Afrique : sur mer avec la mission anti-piraterie (Eunavfor Atalanta), comme sur terre, avec la future mission pour le renforcement des capacités maritimes (Eucap – du moins pour sa partie militaire – la partie civile restera « conduite » par le commandant civil de l’UE, à la CPCC) et la mission de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia). L’OpsCenter sera placé au sein de l’Etat-Major militaire de l’UE et activé pour une durée de deux ans. Une évaluation régulière de son activité sera effectuée.

(*) Le Danemark ne participe pas à cette décision. Mais la Croatie participe aux discussions à titre d’observateur.

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Un Néerlandais à la tête de l’OpsCenter ?

(BRUXELLES2, exclusif) C’est finalement un « captain » néerlandais – et non un officier général – qui pourrait prendre la tête de l’OpsCenter, le centre opérationnel établi à Bruxelles chargé de coordonner les opérations de l’Union déployées dans la Corne de l’Afrique (piraterie – Eunavfor Atalanta ; formation militaire – Eutm Somalia ; et Eucap – renforcement des capacités maritimes). Le nom doit encore être confirmé ce vendredi. Les ambassadeurs du COPS – le Comité politique et de sécurité – se revoient, en effet, pour finaliser la décision.

Selon les informations recueillies par B2, le directeur de l’OpsCenter devrait être le captain Ad van der Linde, qui a été un des portes-paroles du ministère néerlandais de la défense (directeur adjoint de l’information) et était jusqu’à peu encore impliqué au QG maritime de l’OTAN à Northwood pour l’opération anti-piraterie « Ocean Shield ».

Si cette nouvelle est confirmée, on peut en tirer quelques premières conclusions, à la fois au niveau politique comme opérationnel. D’un point de vue politique, on peut noter que l’Etat-Major de l’UE aurait gagné son bras de fer contre les Etats membres. Et on peut ajouter que ce n’est pas un ressortissant d’un des pays du groupe de Weimar+ (Allemagne, France **, Italie, Espagne, Pologne), pourtant promoteur de cette idée d’un QG permanent et de son succédané, l’OpsCenter.

Au point de vue opérationnel, on peut considérer que le rôle dévolu à l’OpsCenter devrait être limité et manquer d’autonomie, à la fois par rapport à l’Etat-Major, comme par rapport aux missions. Cette nomination a aussi des conséquences très concrètes. Un grade et une nationalité ont une signification très pratique au niveau militaire. Le grade de ce responsable va le mettre concrètement sous l’autorité du chef d’Etat-Major, Van Osh. On imagine mal un captain contester les décisions d’un général, de la même nationalité. De même, il ne pourra pas vraiment s’imposer face à un rear-admiral – commandant l’opération Atalanta – ou un alter ego, en grade, un colonel – commandant l’opération Eutm Somalia. L’OpsCenter ne semble pas parti pour briller de mille feux… Tout au plus, pourra-t-il jouer un rôle de liaison, et de coordination, au sens technique, pas au niveau stratégique ou tactique.

(*) Il faut bien veiller à ne pas traduire immédiatement captain par son acception « capitaine ». Un captain de la Navy équivaut à un capitaine de vaisseau dans l’armée française, ou à un colonel dans l’armée de terre. La dénomination exacte dans la marine néerlandais est Kapitein ter zee.
(**) La France a apparemment brillé par son efficacité multipliant les candidatures, on en a compté jusqu’à trois, témoigne un diplomate (non tricolore). Ce qui n’a effectivement pas été du meilleur effet. Il y avait un candidat officiel et deux officieux.

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Durée et source du budget de l’OpsCenter en discussion

(BRUXELLES2) Les ambassadeurs du COPS, le comité politique et de sécurité de l’UE, pourraient terminer aujourd’hui la discussion sur l’OpsCenter, le centre d’opérations de l’UE pour les opérations dans la Corne de l’Afrique dont les 27 ministres des Affaires étrangères ont décidé la mise en place. Deux points restent en discussion : la durée de la mise en action de l’OpsCenter, le budget ou plutôt la source du budget du centre d’opérations. Des points qui peuvent paraître techniques mais sont aussi très politiques.

Sur la durée de fonctionnement de l’OpsCenter, chacune des délégations autour de la table est bien d’accord pour que ce centre ne soit pas installé sur une base permanente mais bien lié à des opérations. Toute la discussion porte sur le renouvellement. Les Britanniques souhaitent une durée fixe, avec une décision de renouvellement comme pour chaque mission. Les Allemands soulignent que ce type de fonctionnement revient à remettre en question le devenir du centre, et le laisser à la merci d’une seule délégation (suivez leur regard…:-). Précisons que la décision fixant la mission de l’OpsCenter sera régulièrement réévaluée (tous les six mois), pour ajuster au besoin son fonctionnement.

Sur le budget, toute la question est de savoir qui va financer quoi.  Le personnel proviendra, en effet, à la fois de l’Etat-Major militaire, de l’élement de soutien d’EUTM et de l’équipe de liaison d’Eunavfor Atalanta déjà présents à Bruxelles et du personnel détaché de l’Etat membre. Selon le projet de décision qu’a pu lire B2 mentionne bien que les membres de l’Etat-Major militaire de l’Union européenne (EUMS) sont financés par son budget. Tandis que les experts détachés par les Etats membres sont pris en charge par ceux-ci. Restent les autres frais de fonctionnement qui seront pris en charge par chacune des missions européennes concernées (Eunavfor Atalanta, EUTM Somalia, RMCB/EUCAP Corne de l’Afrique), en application des règles financières adéquates. C’est ces derniers mots qui suscitent discussion. Que sont ces modalités adéquates ? Certains Etats – comme la France – souhaitent que ce soit le budget Athena qui y contribue. La plupart des autres pays ne le souhaitent pas, le budget Athena étant réservé aux opérations militaires… et sur contribution de chaque Etat membre (par quote-part du PIB).

Quant à la nomination du chef de l’OpsCenter, les candidatures courent jusqu’à lundi. Plusieurs pays devraient postuler, notamment plusieurs pays de Weimar + (France, Allemagne, Pologne, Espagne, Italie).

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L’OpsCenter sur les rails: les grands principes adoptés lundi. Et quelques détails…

L’OpsCenter sur les rails: les grands principes adoptés lundi. Et quelques détails…

(BRUXELLES2, exclusif) Le centre opérationnel de l’UE (OpsCenter) n’est pas encore… opérationnel. Mais, histoire de faire avancer le « schmilblick », les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne adoptent ce lundi (23 janvier) les grands principes qui régiront le fonctionnement de l’OpsCenter. B2 a pu lire ses conclusions en avant-première. Et obtenir également d’autres détails sur la mise en place de ce premier centre de commandement des opérations militaires établi à Bruxelles. L’appel à candidature pour le chef de cet OpsCenter vient ainsi d’être lancé aujourd’hui vendredi (20 janvier), traduisant la volonté de la plupart des Etats membres d’aller assez vite sur ce dossier.

Coordination de trois opérations

Le centre aura pour vocation de coordonner toutes les opérations de la Corne de l’Afrique. Il s’agira donc non seulement de coordonner l’opération militaire de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM Somalia) et la future opération de renforcement des capacités maritimes des pays de la région de l’Océan indien et de l’Afrique de l’Est (EUCAP Corne de l’Afrique) mais aussi de s’occuper de l’opération de lutte anti-piraterie (EUNavfor Atalanta). La conduite simultanée de trois opérations requiert un « niveau renforcé de la coordination et l’interaction, notamment entre acteurs civils et militaires » précisent les conclusions du Conseil.

Un rôle variable selon les opérations

C’est pour EuCap où l’OpsCenter jouera le rôle principal : il fournira un « soutien direct » au commandant des opérations civiles pour la « planification opérationnelle comme pour la conduite de la mission ». Pour EUTM Somalia, il fournira un soutien au commandant de mission et renforcera la « coordination stratégique entre la mission et les autres actions » ; son rôle pourra aussi augmenter dans le cadre de la 3e phase d’EUTM (EUTM3) qui ne devrait pas commencer avant la fin de l’année. Pour l’opération Atalanta, l’Ops Center aura surtout comme mission de faciliter l’interaction ; il aura ainsi une fonction de super officier liaison.L’OpsCenter aura aussi des fonctions transversales : « renforcer les synergies civiles et militaires », assurer la liaison « entre les différentes missions/opérations et les structures (politico-diplomatiques) de Bruxelles ».

Dans ces différents rôles, le commandant du Centre aura un rattachement hiérarchique variable : il sera ainsi placé sous la responsabilité du commandant d’opération concerné : selon le cas, le chef d’EUTM Somalia (le colonel irlandais Michael Beary), le commandant d’Atalanta (le contre-amiral britannique Duncan L. Potts) ou le commandant des opérations civiles de l’UE (ou CPCC, le diplomate allemand Hansjörg Haber) pour la mission EUCAP.

Une décision encore « à écrire »

La décision fixant le fonctionnement, la chaîne hiérarchique et le commandant de l’OpsCenter doit encore être écrite. Elle n’a pas pu être préparée à temps pour le Conseil des Affaires étrangères pour différentes raisons, à la fois pratiques et de fond. Le fait que le conseil des Ministres ait été avancé d’une semaine et la monopolisation des diplomates « affaires extérieures » des 27 (groupe Relex) par le dossier iranien (voir ) a empêché d’avoir le texte prêt à temps. Il faut aussi remarquer que la première décision sur l’OpsCenter datait… Elle n’avait pas été mise à jour depuis la création de la CPCC – l’Etat-Major des opérations civiles de l’UE – et du SEAE – le service diplomatique européen. Un certain travail préparatoire, « plus complexe qu’il n’y parait de prime abord » comme le rapporte à B2 un expert des opérations de défense de l’UE, est donc nécessaire. Cette décision devrait être approuvée ultérieurement, au besoin par procédure écrite.

Le recrutement du commandant est lancé 

Les « 27″ (*) ont lancé aujourd’hui l’appel à candidature pour le chef de l’OpsCenter. La proposition initiale de voir le centre placé sous le commandement du chef d’Etat-Major de l’UE (actuellement le général Van Osch) a été refusée par la plupart des Etats membres qui préféraient désigner un commandant en leur sein. Les différentes candidatures seront examinées au sein du comité militaire de l’UE qui émettra ensuite une recommandation. Ce recrutement pourrait s’opérer rapidement ; l’avis du comité militaire est attendu pour début février.

Personnel mixte

L’OpsCenter devrait compter environ une trentaine de personnes selon nos informations. Certains agents proviendront de l’Etat-Major militaire de l’UE ou des Etats membres. Ceux-ci se sont engagés à mettre à disposition le personnel nécessaire pour cet OpsCenter, un peu comme ils le font pour la mise en place d’un quartier général d’opérations (OHQ). L’organisation de l’OpsCenter devrait d’ailleurs être similaire à un mini-OHQ, avec une répartition des postes en J1, J2, J3… Une fois proposé par leurs Etats membres, le personnel sera ensuite sélectionné par la voie des panels.

Localisé au sein de l’Etat-Major de l’UE

L’OpsCenter devrait être localisé au sein des structures de gestion de crise de l’UE, « au Cortenberg », colocalisé ainsi avec l’Etat-Major militaire et l’Etat-major civil (CPCC) de l’Union européenne. Le problème est de lui trouver « un peu de place » rapporte un expert du dossier. « La place dévolue à l’OpsCenter » – qui n’a pas été occupée durant des années de manière opérationnelle – est « aujourd’hui occupée par la Situation Room » du service diplomatique européen. Il faudra peut-être se serrer un peu…

(*) Précisons que le terme de 27 est choisi par commodité. Le Danemark ne participe pas à la planification et conduite des opérations militaires.  

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L’UE prête main forte à la Ligue arabe pour son OpsCenter (Maj)

(BRUXELLES2, exclusif) A l’heure où se renouvelle la mission des observateurs de la Ligue arabe en Syrie, les Européens pourraient prêter main forte à l’organisation pour structurer son centre de commandement. C’était, en fait, un projet enclenché il y a quelques semaines déjà, assez discrètement, qui dépasse le cadre de la mission actuelle des observateurs. L’objectif est, en effet, pour la Ligue Arabe de se doter d’un OpsCenter – centre de commandement ou Situation Room selon les appellations – capable d’agir en cas de crise, à court terme ou à long terme, qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle, technologique ou un conflit.

Une mission européenne est ainsi partie au Caire en matière de gestion de crises. Avec quelques spécialistes de l’UE, qui se relaient sur place, ils vont préciser à leurs homologues arabes leur expérience en la matière, particulièrement utile aujourd’hui. Les Européens veulent, cependant, rester assez discret ; une demande de la Ligue arabe qui redoute toute accusation d’ingérence.

(maj) Un haut diplomate européen a confirmé les informations de B2 devant quelques journalistes, vendredi 20 janvier. « Nous apportons une assistance technique à la Ligue arabe, en particulier pour les aider à monter la Situation room. La Ligue arabe nous a demandé notamment de former le personnel de la Situation room »

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Des conclusions « défense » en forme de feuille de route. Au rapport !

(BRUXELLES2) Les conclusions des conseils des ministres sur la défense européenne sont souvent assez rituelles rappelant ce qui a été fait dans l’année et annonçant des décisions prochaines assez courantes : prolongation ou annonce d’opérations, lancement de projets… Un texte souvent administratif et quelque peu ennuyeux (il faut l’avouer). Celles qui viennent d’être adoptées (*) doivent cependant être regardées à la loupe. Car sous ces dehors rituels, se cache autre chose. Un peu comme une reprise en main de la lente dérive qui avait marqué ces derniers mois, vers une baisse continuelle des ambitions que ce soit en termes d’opérations ou d’outils de gestion de crise.

Du pain sur la planche pour six mois

Il y a d’abord la planification de plusieurs nouvelles opérations situées en Afrique : le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique, l’étude d’éventuelles missions au Sahel ou en Libye, la prolongation de l’opération Atalanta, ainsi que le lancement de 11 projets capacitaires par l’Agence européenne de Défense. En reliant, tous les paragraphes, les uns aux autres, elles forment une véritable feuille de route que les Etats membres ont voulu tracer, donnant à la Haute représentante le mandat pour développer et renforcer l’Europe de la défense. Comme l’a expliqué cet après-midi, devant le Parlement européen, l’ambassadeure polonaise au COPS,  Beata Peksa-Krawiec, c’est une « politique de petits pas. Et nous avons du pain sur la planche pour six mois ».

Des rapports à la pelle jusqu’à une possible strategic review

Plusieurs rapports d’étape ou dates butoirs pour aboutir à des accords ont, en effet, été fixés : sur les nouvelles missions, les battlegroups, la refonte des procédures de gestion de crises, le mécanisme Athena, l’activation de l’Ops-center, les procédures de génération de force, le renforcement des capacités militaires …

De façon générale, les 27 ont surtout demandé à la Haute représentante de leur faire un « rapport de progrès » sur tous les aspects de la PSDC en général dans les six mois, « d’ici juin 2012 ». Une opportunité que pourrait saisir la Haute représentante pour faire un état des lieux ambitieux en traçant des perspectives, et des lignes de force, tel un « Livre blanc ». Même si le terme n’est pas prononcé, il n’est pas interdit. Et dans la version anglaise « reviewing progress made » on n’est pas loin de la « Strategic review » engagée par les Britanniques pour leurs propres forces.

Une demande croissante d’action européenne

Le contexte est parlant. Il y a une demande croissante pour que l’Union européenne devienne un « acteur stratégique mondial, plus capable et plus cohérent », précisent les conclusions. Les 27 soulignent l’importance de la PSDC « comme un élément essentiel de cette approche globale » et insistent sur les « nécessaires progrès » à accomplir. Ils réitèrent ainsi « le plein engagement pour maintenir les engagements actuels sur les missions en cours de la PSDC » alors qu’ils « envisagent de nouvelles actions de la PSDC ». Il faut utiliser « de manière efficace et activement toute la palette des instruments à disposition dans la prévention des conflits et la gestion de crises ».

Evaluation et valeur ajoutée nécessaires pour les missions de la PSDC

Les 27 endossent la nécessité d’améliorer la performance de la PSDC, notamment à travers l’évaluation des résultats, le ‘benchmarking’, l’étude d’impact, l’identification et l’application des retours d’expérience (lessons learned) tout comme le développement des meilleures pratiques. Ils fixent aussi ce qu’on peut retenir comme cinq critères à l’utilisation des missions de la PSDC : 1) la valeur ajoutée, 2) sur la base de besoins identifiés, 3) avec des objectifs clairs, 4) des stratégies de sorties, 5) pour aboutir à des résultats durables.

Nouvelles missions : décisions à prendre d’ici la fin de l’année ou début 2012

Les 27 ont demandé à la Haute représentante d’accélérer le travail préparatoire sur l’opération PSDC au Sahel dans l’objectif d’un nouveau rendez-vous fixé « d‘ici la fin de l’année (2011) » pour examiner les suites à donner.  Ils ont réaffirmé la disponibilité de l’UE à prêter assistance à la Libye, sur un nombre variable de secteurs, notamment la réforme du secteur de sécurité et la gestion des frontières. Des « options pour une possible action de la PSDC » devraient être élaborées début 2012 selon les deux conditions fixées par le SEAE : le principe de l’appropriation par les Libyens et la coopération avec l’ONU. Quant à l’opération anti-piraterie Eunavfor Atalatanta, n’ayant pu pour des raisons de procédure la prolonger jusqu’à 2014, ils ont convenu de revenir sur la question début 2012 en vue d’une décision. Quant à la mission de sécurité sur l’aéroport au Sud-Soudan, ils ont pris note du travail en cours.

Capacités civiles : un cadre réglementaire de génération de force

Faute d’avoir atteint les objectifs fixés dans les « Headline Goals 2010″, les 27 avaient l’année dernière, tout bonnement, décidé d’en repousser l’application. Ils rappellent aujourd’hui combien la « recherche de synergies entre le développement de capacités civiles et militaires » est nécessaire, pour la gestion de crises à l’Européenne, et répondre à la fois aux lacunes existant et à la demande grandissante dans ce domaine.

Ils fixent un délai : au 1er semestre 2012 à la Haute représentante et à la Commission pour ensemble réexaminer les moyens d’améliorer la génération de force « dans un cadre réglementaire solide ». Ils demandent aussi aux Etats membres d’avoir des stratégies plus efficaces permettant l’utilisation de personnels civils, en provenance de différents ministères (Affaires étrangères, Intérieur, Justice, Finances…). Cela passe aussi par « davantage de formations, des incitatifs de carrière… » pour permettre de disposer de personnels motivés et qualifiés pour les missions de la PSDC.

Les contours d’une politique industrielle de défense

La crise frappant, les 27 ont voulu intégrer ces nouvelles contraintes dans le travail capacitaire. Il ne s’agit plus seulement – comme auparavant – de résoudre les lacunes constatées mais de « développer la coopération en matière de capacités militaires sur des bases plus systématiques et à long terme ». Les Etats membres doivent indiquer sur quels projets ils prennent le « lead ». La situation sera examinée en avril 2012. Et les 27 rappellent l’engagement pris par les chefs de défense de l’UE d’établir ou d’élargir des projets de coopération d’ici la mi-2012.

Ils veulent ainsi examiner en détail « l’impact de la réduction des dépenses de défense sur les capacités, notamment l’impact possible sur les capacités technologiques et industriels à maintenir et développer en Europe ». L’agence européenne de défense (EDA) sera chargée de ce travail. Et demandent à la Commission comme à l’EDA d’accélérer la recherche de « synergies », notamment en intégrant ces préoccupations dans le futur programme cadre de recherche et technologies à l’horizon 2020.

Amélioration de la réaction de crise : au rapport.

Les 27 ont endossé la création d’un entrepôt permanent pour les équipements civils en 2012 et la rédéfinition des procédures. Mais ils aussi demandé à la Haute représentante de plancher sur différents sujets pour améliorer la réaction de crises. Il en sera ainsi sur les battlegroups et leur interaction avec des éléments civils (voir article séparé), rapport attendu au 1er semestre 2012.

Les procédures de gestion de crise, procédures qui datent un peu puisqu’elles remontent à 2003, doivent aussi être revues, estiment les 27 qui demandent à la Haute représentante de faire des propositions, en suivant quelques principes. Il faut avoir des « mandats clairs » et des « capacités renforcées » pour les structures de gestion de crises, notamment entre le CMPD et l’Etat-Major de l’UE (la CPCC n’est pas citée en tant que tel, mais on pense), pour « permettre une planification anticipée, et plus efficace, permettant une prise de décision plus rapide au niveau politique, l’amélioration des échanges d’informations, l’identification de synergies civilo-militaires et une étroite coopération avec les organisations internationales ». On peut préciser que ce travail a déjà été entamé au sein du SEAE. Le général de Kermabon étant spécialement chargé de faire une mission d’étude et de proposition.

Rapport sur la coopération avec l’ONU

La coopération internationale notamment avec les structures onusiennes de gestion de crises a aussi été examinée, les 27 demandant – là encore – à la Haute représentante de faire des propositions pour des actions concrètes qui devront être prises à la première moitié de 2012. Dans le même sens, ils l’encouragent à continuer ses efforts pour faciliter la coopération entre l’UE et l’OTAN, notamment sur les théâtres d’opérations, où les deux organisations travaillent côte à côté (Afghanistan, Kosovo…). Ils valident ainsi le processus de contacts, notamment entre les différents niveaux des deux administrations.

(*) Texte qui n’est disponible qu’en anglais, pour l’instant. Traduction personnelle.

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Accord sur le centre de commandement de l’UE, à l’arraché (maj2)

William Hague (Uk) à son arrivée au Conseil des ministres des Affaires étrangères, 1er décembre (Crédit : Thierry Monasse)

(BRUXELLES2 – Conseil des ministres de l’UE) Victoire ! C’est un peu le message d’Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères à sa sortie du Conseil des ministres des Affaires étrangères. Avant tout autre sujet, Juppé a tenu à dire aux journalistes (dont B2) qui l’attendaient  qu’il y avait un accord sur la PSDC (la politique de sécurité et de défense commune). « Un bon accord. On va lancer de nouvelles opérations (NB : pour le renforcement des capacités maritimes dans la Corne de l’Afrique, et pour soutenir la coopération régionale anti-terroriste au Sahel). Nous avons décidé d’activer le centre de commandement (OpsCenter) d’ici janvier pour nos opérations dans la Corne de l’Afrique. Et nous avons convenu de continuer à travailler à la planification d’une capacité permanente de conduite des opérations. La PSDC est relancée » a-t-il conclu.

Coté britannique, on est beaucoup circonspect et on avance une analyse contraire. L’idée d’un QG permanent est « abandonnée » a confié William Hague à quelques journalistes. « Ce n’est juste que la mise en place d’un centre existant, pour des actions civilo-militaires, sur une base ad hoc. Et il faut toujours l’unanimité pour décider de l’utiliser. Il n’y pas de changement ».

(mis à jour) Le texte des conclusions

Le texte des conclusions atteste de façon plus diplomatique cet accord mais en entérine les principaux points. « Le Conseil appelle à une utilisation optimale des structures existantes. Dans ce contexte, quand la nature de l’opération ne requiert pas un quartier-général national, le Conseil est prêt à activer sur une base ad hoc le centre d’opérations (NB : Ops Center) en accord avec ses termes de référence, pour une opération spécifique de la PSDC. Sur cette base, le Conseil est d’accord pour accélérer la planification de l’activation du centre d’opérations pour les opérations dans la Corne de l’Afrique, au plus tard au prochain Conseil des Affaires étrangères. » est-il précisé au point 32, selon la dernière version (en anglais) que B2 a pu obtenir. « Le Conseil est d’accord pour continuer à examiner l’efficacité de la performance de l’Union européenne dans la planification et la conduite des opérations civiles et militaires de la PSDC. Rappelant les principes d’unanimité et d’inclusivité sous-tendant la PSDC, le Conseil décidera sur les améliorations possibles sur ces bases, sans préjudice des Traités et à la lumière du rapport de la Haute représentante sur la PSDC de juillet 2011. » est-il précisé au point 33.

Cela signifie notamment que l’idée, un temps évoquée, par les « Weimar » d’une Coopération structurée permanente sur le sujet est abandonné. Une idée avancée en fait surtout comme moyen de pression comme nous l’ont confirmé plusieurs diplomates de différentes origines. Cela signifie aussi que les deux options évoquées par la Haute représentante en juillet – QG permanent ou amélioration du système existant – restent sur la table.

L’OpsCenter activé dès janvier, ce que cela signifie

Concrètement, le point crucial de l’accord est le centre de commandement (OpsCenter). Celui-ci devrait être activé d’ici janvier pour l’opération de formation des soldats somaliens (EUTM Somalia) qui est en cours en Ouganda mais aussi éventuellement pour l’opération RMCB. Une activation symbolique pour un centre qui n’avait jamais été activé depuis sa mise en place, en 2004.

Pour EUTM Somalia, cela ne signifie pas un transfert de quartier général ni d’effectif supplémentaire. Cette mission n’avait pour l’instant pas de quartier-général d’opération (OHQ). Le principe avait en effet été décidé à l’époque de ne pas avoir d’OHQ mais un simple commandement sur zone (FHQ) basé à Kampala, la capitale ougandaise, tandis que le centre de formation se situe à Bihanga (plus à l’ouest du pays).

Pour la mission RMCB, c’est un peu plus problématique, car c’est une opération civile mais avec beaucoup d’éléments militaires. La conduite des opérations civiles relève normalement aujourd’hui de la CPCC, la structure de gestion des opérations civiles du service diplomatique européen. Tandis que la planification est conduite par la CMPD. Et les termes de référence du centre d’opérations sont datées (d’avant le traité de Lisbonne).

Pour Eunavfor Atalanta, pas de changement, le quartier-général de Northwood (près de Londres) reste en fonction. Et l’OpsCenter ne sera pas activé. 

Feu vert à l’opération RMCB

L’opération de renforcement des capacités maritimes (RMCB) est déjà sur les rails. Un concept de gestion de crises (CMC) est prêt. Mais pour des raisons pratiques, il ne pouvait pas être adopté à ce Conseil. Ce qui a suscité un petit quiproquo entre les diplomates et les juristes. Ceux-ci arguant qu’on ne pouvait dans les conclusions indiquer qu’il était adopté s’il ne l’était pas. Il le sera très prochainement, soit en procédure écrite, soit en point A d’un prochain conseil.

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Relance de la mission de soutien anti-terroriste au Sahel

Quant à l’opération de soutien régional au Sahel, contre le terrorisme d’Al Qaïda, elle est bien moins avancée. L’option d’une mission PeSDC un temps envisagée a été ensuite légèrement enterrée. Elle ressurgit aujourd’hui à la faveur d’une poussée de plusieurs Etats membres (et aussi il faut bien le reconnaître de la pression sur le terrain). Et c’est une bonne chose, selon moi. Certes, pour l’instant rien n’est prêt coté européen. Mais un rendez-vous est déjà pris, au 8 décembre prochain. Une première rencontre entre les ministres des Affaires étrangères de la région (les 4 initiateurs de cette coopération – Algérie, Mali, Niger, Mauritanie – + le Burkina-Faso, le Tchad, le Nigeria) et leurs homologues de l’Union européenne a lieu à Nouakchott.

Lire également : La mission PSDC pour le Sahel attendra encore bien un peu…

Commentaire : Une avancée non négligeable et nécessaire

Les « Weimar » ont donc obtenu des Britanniques qui s’opposaient à toute activation de cet OpsCenter une avancée. Avancée qui peut paraître bien petite au regard des enjeux mais qui constitue sur un dossier bloqué depuis des années un réel exploit. S’ils n’ont pas réussi à obtenir la mise en place du quartier général permanent (OHQ), ils ont aussi réussi à ne pas enterrer le projet, puisque le mandat a été donné à la Haute représentante de continuer le travail. Ils ont aussi réussi à dégager la voie à la mission de soutien aux capacités maritimes régionales (RMCB) qui était dans les cartons depuis plus de deux ans et à ressortir la mission Sahel de l’ornière où elle était tombée. Cela redonne ainsi un brin d’espoir par rapport à la tonalité, plutôt pessimiste des derniers mois.

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