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L’Europe entérine le Traité sur le commerce des armes

L’Assemblée générale des Nations-Unies au moment de l’adoption du TCA (Crédit: UNODA)

(BRUXELLES2) La date est symbolique. Mais la procédure était nécessaire La Commission européenne a présenté ce mercredi (8 mai) une proposition de décision au Conseil donnant l’autorisation aux 27 Etats-membres de « signer le Traité sur le commerce international des armes conventionnelles (TCA) ».

Un passage obligatoire par la case européenne

Cette procédure est nécessaire explique-t-on à la Commission. Car le traité touche à des domaines qui sont la compétence exclusive de l’Union européenne, exportation/importation/concurrence. Il revient donc à la Commission européenne de faire une proposition de décision. La signature du Traité doit être faite le 3 juin prochain. Et la décision devrait être entérinée rapidement au prochain Conseil des ministres de l’UE.

Un traité historique

Le Traité adopté à l’Assemblée générale des Nations-Unies le 2 avril dernier, après d’intenses tractations (*), tend à encadrer le commerce « licite des armes conventionnelles en établissement des normes internationales communes strictes pour l’importation, l’exportation et le transfert ». Il impose aussi aux Etats de « tenir des registres et de faire rapport au Secrétariat et aux autres Etats parties ». Une meilleure transparence devrait se mettre en place quant au commerce des chars, véhicules, navires, avions, missiles, armes légères, munitions… Un texte « primordial » pour Antonio Tajani, le commissaire européen à l’Industrie. Car il permet « de combler le vide que constitue la non-réglementation du commerce des armes conventionnelles au niveau international ».

(*) 154 Etats ont voté en faveur du texte, 23 se sont abstenus (dont la Chine, l’Inde et la Russie) et 3 ont voté contre (l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie).

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La DDR ivoirienne à la peine

(BRUXELLES2 à Abidjan) Le conseil de sécurité de l’ONU doit décider prochainement de la levée ou non de l’embargo sur les armes impose à la Côte d’Ivoire. Il faut « évaluer si les raisons qui ont justifié l’embargo ont disparu ».

Une levée possible de l’embargo sur les armes

Selon le témoignage d’un diplomate de l’organisation présent sur place, qui s’exprimait à “titre personnel”, « la levée de l’embargo est possible même si on peut estimer que toutes les raisons qui l’ont justifié n’ont pas disparu ». La DDR (désarmement, démobilisation, réintégration) des différentes forces « n’est encore terminée ». Et le danger « est encore là d’une possible attaque extérieure ». Mais il y a aussi un problème qui pèse lourdement, ainsi que l’ont confié à B2 des militaires entraînant les forces ivoiriennes, « ils ne disposent pas une arme par militaire ». Ce qui pose de singuliers problèmes à la fois en matière d’entraînement et de crédibilité, voire d’équilibre des forces. Car de l’autre coté, de nombreuses armes n’ont pas été rendues.

Un certain échec de l’opération de la DDR

Selon les chiffres de l’ONU, seules 1700 armes fonctionnelles et près de 1200 armes non fonctionnelles ont été rendues dans le cadre de l’opération de désarmement contrôlée par l’ONUCI – la force de l’ONU (pléthorique) déployée en Côte d’Ivoire. Coté munitions armes lourdes, le bilan est très limité : 59 roquettes et 20 obus. Il reste donc un nombre important d’armes en circulation ou stockées “au cas où”.

Seulement 5% des effectifs démobilisés ou en cours de démobilisation

Près de 4400 hommes et femmes ont été démobilisées, ou du moins sont en passe de l’être et son entrés dans le processus. Ils vont être intégrés soit dans les gardes pénitentiaires, soit dans les services des douanes et de surveillance des frontières. A comparer à l’estimation de 64.000 personnes des forces “supplétives” à démobiliser (un chiffre révisé récemment, on parlait de 110.000 auparavant). On comprend que l’ampleur de la tâche.La démobilisation est fondée sur le volontariat. Il est trop tôt selon un responsable de passer à un programme contraignant.

Ceux qui restent ne sont pas payés par l’armée. Mais souvent ils continuent de porter, outre leur arme, un uniforme. « Ils sont, en outre, nourris, logés dans les casernes » raconte un officier français. Pour vivre, certains… rançonnent. Le programme de réinsertion est en place. Mais ses effets sont encore limités. Chacun compte en fait sur la reprise économique, qui commence à se voir, au moins à Abidjan, pour offrir un débouché aux anciens soldats et rebelles. « Les opportunités économiques sont plus grandes » souligne un responsable du programme.

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2 soldats autrichiens de l’ONU blessés en Syrie (Maj3)

convoi de l’ONU (crédit : ministère autrichien de la Défense)

(BRUXELLES2) Un convoi de l’ONU – avec à son bord des soldats autrichiens et croates de retour de mission au Golan (UNDOF) – a été l’objet de tirs, jeudi (29 novembre) dans l’après-midi à environ 15 kilomètres à l’ouest de l’aéroport de Damas. Quatre soldats autrichiens ont été blessés, deux très légèrement par des éclats, deux autres plus sérieusement. Il s’agit d’un sous-lieutenant de 53 ans des équipes de santé a été blessé assez sévèrement à l’épaule par une balle et un caporal de 25 ans a été blessé plus légèrement au bras. Les premiers secours ont été portés par l’équipe médicale, qui était dans l’équipe de protection du convoi. Ils ont ensuite été évacués sur l’hôpital de Haifa en Israël, d’abord par voie terrestre vers le plateau Golan où ils ont été pris en charge par un hélicoptère israélien. Leurs jours ne sont pas en danger, précise-t-on au ministère autrichien de la Défense. Les autres militaires, qui faisaient partie du convoi, ont tous repris l’avion et sont arrivés en Autriche ce vendredi (30 novembre).

L’origine des tirs est « inconnue » a précisé le ministre dans un communiqué. L’Autriche a déposé « immédiatement une protestation claire auprès Conseil de sécurité des Nations unies ». « Le fait que les Casques bleus autrichiens soient visés est à condamner. Et les conséquences appropriées doivent entraîner. Le gouvernement autrichien va tout mettre en oeuvre, de concert avec l’ONU, pour que cet incident soit clarifié complètement », ont expliqué les ministres des Affaires étrangères Michael Spindelegger et de la Défense Norbert Darabos. L’ambassadeur de Syrie à Vienne a été convoqué au ministère autrichien des Affaires étrangères. Les Autrichiens exigent une « enquête » sur cette attaque. « La Syrie est responsable de la sécurité de nos soldats de l’UNDOF et doit veiller à ce qu’ils puissent remplir leur mandat international », a précisé le ministre Spindelegger.

Les ambassadeurs européens du COPS – comité politique et de sécurité – ont été tenus informés de l’incident, selon les informations reçues à B2.

(maj 4 décembre) Les deux blessés ont été rapatriés lundi (3 décembre) par avion militaire C-130 Hercules de la base aérienne de Vogler à l’aéroport de Linz. Un impératif pour le ministre de la Défense Norbert Darabos qui l’a précisé dans un communiqué. « La sécurité de nos soldats est une priorité absolue. Pour moi, c’est important que tous les moyens soient utilisés pour les amener sains et saufs » . Le plus sévèrement atteint – le sous-lieutenant de 53 ans – a été transféré dans un hôpital par hélicoptère ; le second, plus légèrement atteint a pu rentré chez lui.

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La Palestine obtient son statut d’Etat observateur à l’ONU. Les Européens soutiennent

Applaudissements à la fin du vote sur la Palestine à l'ONU (crédit : UN Photo/Rick Bajornas)

(BRUXELLES2) 138 voix pour, 41 abstentions, 9 voix contre. La majorité exprimée à l’Assemblée générale de l’ONU à New York jeudi (29 novembre) a été suffisamment claire pour que la Palestine obtienne son statut d’Etat observateur aux Nations-Unies sans trop de difficulté. Après avoir beaucoup hésité, plusieurs pays ont finalement rallié soit le camp des “Oui”, soit se sont abstenus. Plusieurs des Etats réticents au statut de la Palestine ont finalement fait le choix de ne pas être totalement négatifs et de s’abstenir. Ce qui revient au même dans le vote mais un autre effet au niveau politique. A noter que la séance était présidée par le ministre serbe Vuk Jeremic !

Malgré leur différence de vote, les déclarations des différents ministres européens des Affaires étrangères ont été unanimes pour souhaiter une reprise du processus de paix et saluer la solution. Sur ce point l’Europe a évité le pire : la différence de vote exprime davantage un différence d’approche qu’une contradiction politique. On peut lire les différentes déclarations des ministères, mis en lien sur le précédent article ou ci-après en cliquant sur le pays.

L’effet d’entraînement

Il est indéniable sur ce point que la position française, assez vite imprimée d’un vote positif, a entraîné un effet de bascule de plusieurs pays qui ont attendu le jeudi (29 novembre) pour afficher leur intention. L’Italie, la Grèce et la Suède ont ainsi voté oui. Tandis que l’Allemagne ou les Pays-Bas traditionnels opposants basculaient, eux, dans l’abstention.

Finalement 14 pays de l’Union européenne ont voté oui (Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Portugal, Suède), 12 se sont abstenus (Allemagne, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, Slovénie, Slovaquie), et 1 seul a voté contre (république Tchèque). Celle-ci a été le seul pays d’Europe à se retrouver aux côtés d’Israël et des Etats-Unis (avec le Canada, Tonga, Micronésie) ; ce qui est assez fidèle à une position constante de cet Etat (lire : « Défensive » une « erreur » tchèque chargée d’histoire…). A comparer aux 11 votes Oui, 11 Abstentions et 5 Contre à l’Unesco il y a un an, on voit bien l’évolution.

On peut aussi tirer comme leçon de ce vote que l’Union européenne arrive à prendre des positions différentes des Etats-Unis et ne pas se retrouver minorisée.

Signalons enfin que parmi les adhérents/associés à l’UE, déclarés ou potentiels, l’Islande, la Norvège, la Serbie, la Suisse et la Turquie ont voté oui. Tandis que l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, Croatie, le Montenegro, et la Fyrom/Macédoine (les Balkans en quelque sorte) s’abstenaient.

La solution à 2 Etats

Cette reconnaissance a été saluée rapidement jeudi soir (minuit) par Martin Schulz, le président du Parlement européen. « Je considère cela comme un pas important pour avoir une représentation palestinienne plus visible, plus forte et plus efficace » a-t-il déclaré. L’institution démocratique avait déjà marqué, dans une récente résolution, son soutien à la candidature de la Palestine pour devenir un Etat non-membre observateur à l’ONU. Et de réaffirmer son soutien à « une solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats, avec l’État d’Israël et un État de Palestine indépendant, démocratique et viable, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ».

Cependant a averti Schulz : « Le vote d’aujourd’hui à l’Assemblée générale des Nations Unies n’est en aucun cas un substitut à une solution politique globale négociée acceptable par les deux parties. Nous appelons les deux parties à faire tout leur possible pour revenir à la table des négociations et de créer les conditions pour la reprise des pourparlers de paix directs. »

Lire aussi : Face à la reconnaissance de la Palestine, les Européens hésitent. Mais finalement une majorité vote oui

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Face à la reconnaissance de la Palestine, les Européens hésitent. Mais finalement une majorité vote oui (maj4)

Face à la reconnaissance de la Palestine, les Européens hésitent. Mais finalement une majorité vote oui (maj4)

Le drapeau palestinien déployé sur le rond-point Schuman par l'ONG Avaaz lors du dernier conseil des ministres des Affaires étrangères

(BRUXELLES2) L’Union européenne hésite encore sur la position à adopter vis-à-vis du statut de la Palestine et de sa reconnaissance comme Etat observateur (non membre) à l’ONU. « L’UE et ses États membres poursuivent leurs discussions sur la façon dont les Etats membres vont voter, si la résolution est présenté pour un vote jeudi» précisait-on mardi (27 novembre) du coté de la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères. Ajoutant : « l’UE n’a aucun commentaire sur le débat interne au sein des États membres sur leurs positions possibles ».

Pour l’UE : un Etat mais plus tard

La position européenne reste ambigüe sur le volte mais claire sur le processus de paix. « L’Union européenne a exprimé à plusieurs reprises son soutien et souhaite pour la Palestine de devenir membre à part entière de l’Organisation des Nations Unies dans le cadre d’une solution au conflit. L’UE a également travaillé sans relâche pour faire avancer l’état des capacités de l’Autorité palestinienne efforts et continuera de le faire. Rappelant la Déclaration de Berlin de mars 1999, l’UE réaffirme qu’elle est prête à reconnaître un État palestinien, le cas échéant.» Ce qui est généreux sans nul doute mais peut paraître inconséquent. « Seule une solution politique au conflit peut apporter une sécurité durable, sur la base d’une solution à deux Etats. » Pourquoi faire un point d’arrivée de la négociation alors qu’il est notoire que ce sera un point de départ ? C. Ashton le reconnait « Quel que soit le résultat d’un vote le 29 Novembre, il est important que toutes les parties concernées oeuvrent pour un règlement du conflit avec le but, sur la base de négociations directes sans délai ni condition préalable. » (nb : donc sans avoir la demande d’arrêt de la colonisation comme le demandent les Palestiniens).

Plusieurs Etats vont s’abstenir

La situation de la Haute représentante est inconfortable. Elle reflète une division des Européens. Mais les esprits évoluent. Si certains Etats avaient prévu de s’abstenir, d’autres qui, auparavant, étaient des plus fidèles soutiens d’Israël – comme les Pays-Bas – s’apprêtent ainsi à changer de position et pourraient s’abstenir également. Le changement de coalition avec l’arrivée d’un nouveau ministre Frans Timmermans conduit ainsi à une position plus équilibrée de La Haye, pour contribuer à la paix entre Israéliens et Palestiniens.

En Allemagne on a aussi quelques doutes, l’opposition appelant à se rapprocher des Palestiniens. Mais finalement, le porte-parole du ministre allemand des Affaires étrangères l’a confirmé mercredi (28 novembre), l’Allemagne ne votera pas en faveur de la position palestinienne mais pas contre non plus. L’abstention est une évolution notable. explication est venue jeudi. « Nous n’avons pas pris cette décision à la légère. Elle a été pesée et c’est une décision équilibrée » a précisé Guido Westerwelle le ministre des Affaires étrangères. « Nous voyons, d’une part, les préoccupations légitimes des Palestiniens pour leur propre État. Nous savons aussi, d’autre part, notre responsabilité particulière pour Israël et pour un développement pacifique et stable dans la région. » Et d’ajouter : « à notre avis, on peut avoir des doutes sur le but recherché par les Palestiniens et si cela peut être utile au processus de paix. Nous craignons qu’il amène à plus de durcissement » (déclaration du ministère allemand).

De même que le Royaume-Uni qui avait conditionné son vote positif à la réunion de plusieurs conditions, notamment l’absence d’utilisation de la Cour pénale internationale. Plusieurs pays – comme la Bulgarie, la Hongrie, l’Estonie, la Lettonie ou la Lituanie – vont s’abstenir à défaut de pouvoir se ranger derrière une position européenne (s’il y en a une).

La France votera Oui, d’autres aussi

Quant à la France, ce sera “Oui”. Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, l’a confirmé tout à l’heure (mardi 27 novembre) en réponse à une question d’un député à l’Assemblée nationale, invoquant la continuité — du discours de Mitterrand à la Knesset en 1982 à la reconnaissance de la Palestine à l’Unesco l’année dernière (sous Sarkozy) —. « La France répondra oui, par souci de cohérence. (…) Ne cachons pas que le moment où cette question va être proposée est un moment très délicat (…) parce que le cessez-le-feu est extrêmement fragile, parce qu’il y a des élections israéliennes, parce qu’il y a un changement dans la composition de l’Administration américaine. » « C’est seulement par la négociation que nous demandons, sans condition et immédiate entre les deux parties que l’on pourra aboutir à la concrétisation d’un État palestinien » a ajouté le ministre français.

D’autres aussi (maj)

Plus d’une dizaine d’autres Etats européens devraient suivre et approuver la demande palestinienne. Notons parmi eux la plupart des pays non membres de l’OTAN — l’Autriche, l’Irlande, Chypre, Malte, la Finlande — ainsi que des pays traditionnellement supporters de la cause palestinienne —, la Belgique, l’Espagne, la Grèce, l’Italie, le Luxembourg, le Danemark et la Slovénie notamment.

Le ministère grec des Affaires étrangères a justifié ce vote comme « conforme à une position de principe traditionnelle de notre pays sur la résolution du problème du Moyen-Orient basée sur deux Etats (…). La Grèce estime que le moment est venu pour les Israéliens et les Palestiniens à vivre – comme c’est leur droit inviolable – en sécurité dans leur pays » ajoute-t-il (lire la déclaration grecque).

L’Espagne, après quelques tergiversations internes (notamment au sein du cabinet du Premier ministre Rajoy), devrait aussi endosser sa position traditionnelle et voter en faveur.

Idem en Belgique. Après une hésitation, et une réunion du Kern (le cabinet restreint), le pays a finalement décidé son soutien à la Palestine. Traditionnel supporter des Palestiniens, elle avait laissé entendre qu’elle pourrait s’abstenir, pour suivre la position prônée par les Européens. Mais prenant en compte « un groupe sans cesse croissant de partenaires européens qui soutiennent la résolution », le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, a finalement apporté un soutien qui « implique un appel à Israël et l’Autorité palestinienne de reprendre les négociations de paix sans conditions préalables pour parvenir à une solution à deux États viables et sûrs » indique un communiqué du ministre (lire la déclaration belge en néerlandais).

En Italie, c’est aussi une déclaration de la Farnesina, survenue jeudi (29 novembre), quelques heures avant le vote, qui a fixé la position « Cette décision fait partie intégrante (de la politique) du gouvernement italien visant à relancer le processus de paix avec l’objectif de deux États, Israël et Palestine, vivant côte à côte dans la paix, de la sécurité et de la reconnaissance mutuelle. » précise le communiqué du ministère italien des Affaires étrangères qui souligne également combien « le gouvernement a renforcé des relations déjà excellentes avec Israël, où le président du Conseil (Nb : Mario Monti) est allé deux fois le mois dernier » (lire la déclaration italienne).

La Suède a aussi annoncé, en dernière minute, voté “Oui”, par la voix de son ministre Carl Bildt. « Notre position a toujours été de lutter pour l’unité au sein de l’UE. Mais comme un tel consensus n’a pu être atteint, nous voterons la résolution. » Ce qui constitue un revirement par rapport à la position prise sur l’Unesco il y a un an par le pays nordique. Cette position « doit être considérée comme un soutien clair à une solution à deux Etats et aux efforts pour faire démarrer les négociations concrètes d’un tel processus. Toutefois, cela ne signifie pas une adhésion à part entière qui nécessite bien sûr une décision du Conseil de sécurité de l’ONU. » (lire la déclaration suédoise)

D’autres pays européens non membres de l’UE voteront également en faveur du statut de la Palestine (Norvège, Suisse et Turquie).

Un seul Non ?

En fait, très peu d’Etats européens voteront “Non”. Seule la république Tchèque avait confirmé cette position avant le vote. Comme l’a précisé à notre confrère Radio Prague, le porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères, Vít Kolář : « Nous n’acceptons pas les démarches unilatérales susceptibles de menacer le processus de paix étant une base d’une solution à deux Etats ».

Les positions ont évolué dans le temps

En 15 ans, les positions des Etats européens ont fluctué, dans un sens ou dans l’autre.

Après la déclaration d’Alger en 1988, plusieurs pays européens avaient déjà reconnu la Palestine comme un Etat, notamment l’Autriche, Malte et Chypre ainsi que plusieurs pays de l’Est de l’époque (Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie) tout comme l’Albanie et la Turquie. Sans reconnaître formellement l’Etat, d’autres pays ont élevé d’une manière ou d’une autre, à des moments variables, leurs relations avec l’Autorité palestinienne la reconnaissant comme une délégation de Palestine (France) ou une délégation générale palestinienne (Allemagne, Belgique, Espagne, Grèce, Italie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni) – selon l’Institut européen de coopération euro-Arabe (Medea).

Lors du dernier débat international, en 2011, pour reconnaître la Palestine comme membre de l’Unesco. 5 pays de l’UE avaient voté “Non” : république Tchèque, Allemagne, Lituanie, Pays-Bas, Suède. 11 avaient voté “Oui” : Autriche, Belgique, Chypre, Finlande, France, Grèce, Irlande, Luxembourg, Malte, Slovénie et Espagne. 11 s’étaient abstenus : Bulgarie, Danemark, Estonie, Hongrie, Italie, Lettonie, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie et Royaume-Uni.

Mis à jour : mercredi 12h et 20h (rappel des positions passées, position espagnole) jeudi 19-20h (position belge, italienne, suédoise). + liens avec les sites des déclarations

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Feu vert de l’ONU au concept d’une opération militaire au Mali (maj)

(BRUXELLES2) Faire face à la menace des terroristes et des militants islamistes pour la paix régionale et rétablir l’unité du Mali sont les deux objectifs que vise la résolution adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU à New-York, aujourd’hui (12 octobre). Le Conseil a ainsi autorisé, au titre du chapitre VII (avec usage de la force) une force militaire internationale à intervenir pour « aider les Forces armées du Mali à récupérer les régions occupées au nord du Mali ». Plus exactement, ce sont les préparatifs de cette opération qui sont autorisés. Le secrétaire général Ban Ki Moon est ainsi prié de fournir militaires et planificateurs à la CEDEAO (la Communauté économique des Etats d’Afrique occidentale) pour aider à formuler une réponse « à la demande des autorités de la transition du Mali ». Ce dans un délai de 45 jours. L’Union européenne et l’Union africaine sont ainsi priées « de prêter, dès que possible et de manière coordonnée, aux forces armées et aux forces de sécurité maliennes leur concours et leur savoir-faire, ainsi que leur appui en matière de formation et de renforcement des capacités ».

Sanctions et négociation

Le Conseil a aussi appelé les groupes rebelles maliens de couper tous les liens avec des organisations terroristes, notamment Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et des groupes affiliés. Des sanctions ciblées contre les groupes qui refuseraient cette décision pourront être engagées. Il a également « exhorté » les autorités maliennes de la transition, les rebelles et autres représentants légitimes de la population locale du nord du Mali à « s’engager, dès que possible, dans les négociations crédibles » pour « trouver une solution politique durable en conformité avec l’unité du pays, et a exigé que tous les groupes « cesser toutes les violations des droits humains telles que les attaques contre les civils, les violences sexuelles, recrutements d’enfants soldats et les déplacements forcés ».

500.000 déplacés

L’ONU rappelle que l’instabilité et l’insécurité résultant des affrontements renouvelés, ainsi que la prolifération des groupes armés dans la région, comme la sécheresse et l’instabilité politique issu du coup d’Etat militaire en mars, ont entraîné 500.000 Maliens à fuir de leurs maisons, dont 270.000 d’entre eux se sont réfugiés dans les pays voisins. NB : Une catastrophe plutôt silencieuse dont on parle relativement peu, par rapport, à d’autres régions du monde connaissant un phénomène identique (la Syrie par exemple).

Le texte de la Résolution Mali

 

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Entre Syrie et Gaza, la situation des réfugiés palestiniens encore plus coincée

Entre Syrie et Gaza, la situation des réfugiés palestiniens encore plus coincée

(BRUXELLES2) «Malheureusement, ce que j’ai à vous dire ne va pas réchauffer l’ambiance de cette assemblée». C’est par ces mots que Filippo Grandi, le directeur de l’Agence de secours et de travail des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a entamé son intervention, devant les eurodéputés, jeudi (6 septembre). Il était venu la dernière fois, il y a un an, présenter sa vision de la situation aux membres de la commission parlementaire des affaires étrangères. «L’habitude des commissaires de l’UNWRA est de parler des causes oubliées» avoue t-il. Et pourtant, aujourd’hui, il pense que la cause palestinienne est encore plus marginalisée qu’elle ne l’était il y a un an. «Les réfugiés palestiniens sont coincés à Gaza et maintenant coincés en Syrie, coincés physiquement et coincés par la situation politique»

Pour les réfugiés palestiniens, «c’est le moment de l’histoire récente où leur situation est la plus stagnante». F. Grandi ne voit rien bouger pour la reconnaissance de l’Etat palestinien, rien bouger au niveau de la politique interne. Et ce qu’il pense du statut quo ? «Le statut quo : si vous êtes Palestinien, il n’y a pas de statut quo» déclare-t-il devant les eurodéputés.

Son constat est d’autant plus malheureux quand il le contextualise. La région est extrêmement dynamique «de plusieurs manières, positive et tragique ». Il y a un an, il y avait beaucoup d’espoir dû au dynamisme de cette région. Aujourd’hui, la tendance est à l’inquiétude, et notamment avec la Syrie. 

Les Palestiniens toujours coincés à Gaza

« Gaza est déjà une crise oubliée. Le symbole qui montre combien les Palestiniens ne captent plus l’attention internationale ». Aujourd’hui, l’UNWRA a du mal à trouver de quoi financer les produits de premières nécessités alors que «il n’y a pas longtemps, tout le monde voulait nous aider». Selon le directeur de l’agence, les programmes socio-culturels,  ont dû être drastiquement diminuer pour financer l’alimentation notamment. Le rapport «Gaza in 2020», écrit en partie par les experts de l’ONU et donnant des prédictions de la situation à Gaza en 2020, « n’est pas une lecture très joyeuse ». Filippo Grandi fait remarquer aux eurodéputés qu’un jeune Palestinien s’est immolé, il y a quelques jours, et deux autres l’ont suivi. Un acte devenu symbolique dans le monde arabe…

Le blocus de Gaza illégale et contre-productif

Malgré tout, le Printemps Arabe a ouvert de nouveaux horizons. « C’est peut-être maintenant vers l’Egypte qu’il faut regarder pour arriver à des améliorations et à une stabilisation politique» à Gaza. « Mais les deux groupes (le Fatah et le Hamas) qui tirent avantage de la frustration des gens sont de plus en plus influents ». Au demeurant, il faudra, selon lui, faire tomber le blocus avant de pourvoir arriver à une réelle stabilisation. « Le blocus ne va pas assurer la sécurité des pays dans la région, que ce soit Israel ou l’Egypte ». Pour cela, il faudrait que les européens demandent «à ce que le blocus soit levé», conscient qu’il y a bien sûr la question de la sécurité d’Israel qui est également à prendre en compte. « Le blocus est illégal et contre productif » avant d’ajouter «Si le droit international n’est pas respecté, il faut le dire ! » Il faut, selon lui, lever l’embargo petit à petit et augmenter l’aide envers Gaza. Ces deux dernières années, l’UNWRA a entretenu des relations constructives avec Israel en vue de développer quelques projets, notamment pour développer le secteur privé. Economiquement, son discours n’est pas plus jovial. «Il ne faut pas oublier que l’économie de Gaza repose sur le marché noir et les subventions internationales. Ca ne peut continuer très longtemps» explique-il, avant de s’exclamer «Nous aidons 2 millions de personnes !»

Concernant la situation dans le reste des territoires palestiniens, les colonies illégales y compris à Jérusalem Est continuent de s’étendre alors que leur démantèlement ailleurs avance à très petits pas. «Les colons sont de plus en plus agressifs». «Il faut demander à ce que l’Etat de droit soit appliqué » a fermement estimé Grandi. «Il est important d’investir dans des projets dans la Région C (*) et à Jérusalem Est là où les Palestiniens subissent le plus de pression

 La Syrie, dernier enfer en date des Palestiniens

«La Syrie symbolise la vulnérabilité qui touche les Palestiniens depuis des dizaines d’années, vulnérabilité qu’ils partagent bien-sûr avec les Syriens et autres réfugiés aujourd’hui. Les gens ont très très peur. On ne sait pas qui on va rencontrer au coin de la rue». Filippo Grandi explique en effet que la population subit des menaces terribles de la part de tous les groupes, les troupes gouvernementales, les milices pro-gouvernement et les milices anti-gouvernement. «C’est une situation qui n’a pas d’avenir». admet-il. On compte 500.000 Palestiniens en Syrie, particulièrement autour des centres urbains, à Damas et dans les autres grandes villes. «On le sait, ces centres urbains sont au coeur du conflit».

«Avant la guerre civile, la Syrie était l’un des endroits les plus stables pour les Palestiniens.» explique t-il.  Dans la première phase du conflit, ils ont pu rester en dehors de ce dernier, «mais malheureusement le conflit est en train de les rattraper. Nous pensons qu’aujourd’hui la moitié des Palestiniens (250.000) est touchée par le conflit». Touchés par le conflit, c’est à dire par des problèmes de sécurité qui très souvent les obligent à se déplacer. De plus en plus de personnes sont déplacées au sein du pays, dans des endroits plus sûrs, chez des familles dans d’autres régions, dans des bâtiments publics …etc Qui plus est, ce sont souvent ces personnes qui ont le plus besoin d’aide médicale.

En plus de cela, il y a la crise économique en Syrie. La plupart de l’économie syrienne est constituée par ses PME. Et la majorité de celles-ci ferme. A Alep, 75% des PME ferment leurs portes et l’UNWRA ne peut remédier à cette crise qu’en distribuant des biens de premières nécessités.

Irak, Liban, Jordanie, pas beaucoup mieux

Jusqu’à il n’y a pas encore très longtemps, les Palestiniens d’Irak fuyaient vers la Jordanie ou vers la Syrie car la situation là-bas était pour eux particulièrement difficile. Aujourd’hui ils semblent revenir en Irak. Un fait qui donne une idée de la pérennité de la situation des réfugiés palestiniens.

Au Liban et en Jordanie, Grandi ne veut pas se risquer à donner des chiffres sur le nombre de réfugiés. Cependant les Palestiniens, dans les deux pays, constituent un élément très complexe de la situation nationale. C’est pour cette raison que pour l’UNWRA, s’il est nécessaire de soutenir la situation en Syrie, «je vous demande également de soutenir les pays voisins pour qu’ils acceptent le fardeau humanitaire» et que ceux-ci laissent entrer les réfugiés malgré la complexité engrangée.

Le programme de l’UNWRA, plus loin que le conflit syrien

Malgré la crise syrienne, l’UNWRA doit continuer avec son programme «normal» . «Nous sommes sous-financé. Il nous manque 40 milliards d’euros. Une somme très limitée par rapport à ce à quoi vous êtes habitués ici. J’en ai parlé à la Commission. Je sais qu’elle essaye de débloquer des fonds.» Alors que les parlementaires s’apprêtent à voter le nouveau budget, il appelle «les hommes et les femmes politiques», à «vraiment regarder là où il faut agir».

L’aide européenne toujours majoritaire

« Les bailleurs de fonds sont surtout européens ». Sur le milliard disponible par an, l’Union européenne (Etats membres et Commission) fournit plus ou moins 40% et les Etats-Unis entre 20 et 25% de l’aide humanitaire pour les réfugiés palestiniens. Les pays arabes sont eux-aussi présents. L’Arabie Saoudite particulièrement, qui était l’année dernière le troisième plus grand bailleur de fonds. «Ca augmente, mais c’est très imprévisible». Le Brésil aussi, les pays émergents s’impliquent aussi de plus en plus…

Le directeur de l’agence finira sa présentation sur son plus grand regret, celui de constater un tel déficit politique sur la question. «Le Conseil de Sécurité n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des personnes. Ca c’est un déficit politique».

(*) La zone C correspond à une des trois divisions administratives nées des Accords d’Oslo et correspond à 60% du territoire cisjordanien bien qu’elle ne comprenne maintenant que 4%  de la population palestinienne de Cisjordanie.

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L’UE soutient la “difficile” mission de Brahimi pour la Syrie

(B2) La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères s’est entretenue – par téléphone – mardi (4 septembre) avec  Lakhdar Brahimi, le nouvel envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue Arabe pour la Syrie. Face à la « situation extrêmement difficile », les deux interlocuteurs ont discuté de la « priorité immédiate pour réduire la violence », précise un communiqué de la Haute représentante. La situation humanitaire reste une « priorité absolue pour l’UE » a-t-elle précisé. Catherine Ashton a réaffirmé le « soutien total de l’UE à la difficile mission » de M. Brahimi. Une aide qui ne passe pas seulement par un « engagement personnel » mais aussi par l’aide européenne « à lui et à son équipe » pour œuvrer en faveur d’une « solution politique et pacifique à la crise ». Une « action diplomatique unie et en étroite coordination de la communauté internationale » est une condition préalable au succès de sa mission. Et l’Union européenne « invite » les membres du Conseil de sécurité de l’ONU et toutes les parties de fournir à M. Brahimi, le soutien dont il a besoin. La discussion autour de la Syrie

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