ONU

La position de la Russie sur la Syrie, l’Iran et le printemps arabe

La position de la Russie sur la Syrie, l’Iran et le printemps arabe

(BRUXELLES2) La Russie paraît peu sensible, en ce moment, à certains arguments des Occidentaux sur la situation au Moyen-Orient. Et, apparemment, ce n’est pas près de changer, à écouter Dimitri Rogozine. Passé au gouvernement, comme vice-Premier ministre à l’industrie de défense, celui-ci avait tenu à faire ses adieux à la presse en tant qu’ambassadeur de l’OTAN, il y a quelques jours déjà. Une manière de redire sa position sur différents sujets. Avec un même leitmotiv : n’espérez pas de la Russie qu’elle se range, comme un petit toutou, à l’avis des Occidentaux systématiquement. Au contraire. La Russie a sa position qu’elle estime justifiée au regard du droit international. Sa lecture du printemps arabe, de ce qui passe en Syrie ou en Iran pourra apparaître peut-être cynique, impitoyable mais peut-être aussi réaliste après tout. Dans tous les cas, elle vaut un peu d’attention. Car la Russie ne paraît pas prête d’oublier la dérive libyenne de l’action menée par l’OTAN sous couvert de résolution internationale.

Des violations de droits de l’homme en Syrie ne légitiment pas l’intervention « Oui. Il n’y a aucun doute là-dessus. Il y a des preuves de graves violations de Droits de l’homme en Syrie. » souligne Rogozine. « Mais cela ne donne pas le droit d’avoir à des actions sélectives, des actions isolées. Si quelque chose se passe avec des meurtres, des viols, des tortures…des atteintes des pressions physiques contre les gens, cela ne signifie pas que la Russie doive suivre la voie (de l’intervention) en Libye. Dans une guerre civile, il n’y a pas de loi, il y a des violations des droits de l’homme. Car c’est une guerre entre frères, c’est grave. »

Pas d’action en Syrie sans enquête sur ce qui s’est passé en Libye. « Il n’y a pas de doute que tout renforcement de l’action sans l’ONU doit s’accompagner d’une enquête en Libye. On ne peut pas aller plus loin sans cela. » a-t-il répété à plusieurs reprises.

L’action de l’OTAN en Libye a dépassé le cadre de la résolution de l’ONU.  « Vous ne pouvez pas prendre part dans un conflit civil. Il y a une obligation de respecter les résolutions du Conseil de sécurité. Au lieu de cela, on a vu les forces de l’OTAN prendre parti en faveur d’une partie. Quand on dit qu’il y a une « No fly zone », c’est qu’il n’y a aucun avion qui circule. Mais quand il y a des bombardements, une campagne aérienne … », ce n’est pas respecter la résolution de l’ONU, estime-t-il.

Le printemps arabe ? « Le printemps arabe n’a pas donné la démocratie. C’est le contre-pouvoir d’islamisme et fondamentalisme qui l’a emporté. Et rien d’autre. Le résultat des élections de l’Egypte ou de la Tunisie en est la directe conséquence. Et vous avez des membres d’Al Qaida, tout près, dans la cuisine de l’Europe, qui peuvent recruter et agir.  »

L’Iran notre voisin, toute atteinte menace notre sécurité. Rogozine commence par un petit rappel géographique « Pour les Américains, l’Iran, c’est loin, un voisin de l’autre côté du globe. Pour nous, lIran, c’est notre voisin. Il est tout proche du Caucase. » Et d’avertir : « Si les Américains entreprennent une action, cela menace directement notre sécurité. C’est de la responsabilité des Etats-Unis » d’éviter cela. De façon plus générale, la Russie souhaite avec les autres pays en responsabilité atomique, « une vaste politique pour examiner comment (tous) les pays développent une industrie nucléaire civile, et éviter leur utilisation à des fins militaires. Cela concerne tout le monde. Il faut plus de contrôle sur l’exportation des armements ». Mais contrebalance-t-il aussitôt « tout pays a le droit d’avoir ce qu’il désire pour avoir une situation confortable (sous entendu une énergie nucléaire), y compris l’Iran ». « La crise de l’Iran doit être résolue par tous conjointement », conclut-il, et non pas de façon multilatérale par quelques uns.

L’Europe ? Quant à l’Europe elle doit être elle-même. « L’Europe doit être guidée par ses intérêts. Non par d’autres (sous entendu américains). (…) L’OTAN n’est pas l’URSS si je ne fais pas d’erreur. » Une manière de souligner l’emprise trop américaine, à son goût, sur l’Alliance Atlantique.

FacebookPrintShare

Syrie, les Européens tous pour une résolution à l’ONU. Chacun doit prendre ses responsabilités

(B2) Le président du Conseil européen a tenu à sonner le rassemblement des 27 membres de l’Union européenne sur la question syrienne. « Une réaction rapide du Conseil de sécurité de l’ONU est urgente. » a expliqué Herman Van Rompuy dans un communiqué publié en conclusion de la réunion des Chefs d’Etat et de gouvernement qui s’est tenue aujourd’hui (30 janvier) à Bruxelles.

Chacun doit prendre ses responsabilités

« J’exhorte tous les membres du Conseil de sécurité de l’ONU à assumer leurs responsabilités par rapport à la situation en Syrie, et d’adopter des mesures attendues depuis longtemps pour mettre un terme à la répression en Syrie » . La situation en Syrie reste « préoccupante (et) je veux exprimer mon indignation sur la poursuite des violences et la répression contre le peuple syrien ». « Il faut que la violence cesse immédiatement » a-t-il ajouté expliquant que l’UE avait bien pris note de la décision de la Ligue arabe de suspendre sa mission d’observation en Syrie. Mais qu’elle « continue(rait) de soutenir les efforts de la Ligue » tout comme elle « saluait (sa) décision d’augmenter sa coopération avec les Nations-Unies ».

Nouvelle résolution en débat à New York

Plusieurs ministres européens des affaires étrangères – dont le Français Alain Juppé et le Britannique William Hague – seront demain (mardi 31 janvier) à New-York pour appuyer le nouveau projet de résolution – présenté par le Maroc au nom de la Ligue des pays arabes. « Tout doit être fait pour mettre un terme à la spirale de violence qui résulte aujourd’hui de la répression sanglante menée depuis plus de dix mois par le régime de Bachar al-Assad. Il est temps que le Conseil de sécurité puisse agir pour contribuer à la solution de cette crise » a expliqué le ministre français. La Russie comme la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité, continuent de s’opposer à une résolution. Mais les esprits évoluent, estime-t-on à Paris. D’abord en raison de l’aggravation de la situation en Syrie mais aussi parce que la composition du Conseil de sécurité a, elle-même évolué. Sont ainsi arrivés début janvier cinq pays (Azerbaïdjan, Guatemala, Maroc, Pakistan, Togo) dont certains sont plus interventionnistes que les sortants (Brésil notamment).

Télécharger le communiqué du président du Conseil européen (Iran, Myanmar/Birmanie, Syrie)

 

FacebookPrintShare
Sanctions contre l’Iran : 500 noms déjà sur liste noire

Sanctions contre l’Iran : 500 noms déjà sur liste noire

(BRUXELLES2) Depuis 2007, l’Union européenne a adopté plusieurs séries de décisions visant à sanctionner l’Iran, d’abord en application de résolutions de l’ONU, puis de façon autonome, liées à la prolifération nucléaire, à la situation des droits de l’homme, à la poursuite du terrorisme ou encore pour leur implication dans la répression en Syrie.  En tout, près de 500 noms figurent ainsi sur la liste noire de l’UE (environ 1/4 de personnes physiques, et 3/4 d’entités) avec gel des avoirs et interdiction de visas. Voici un état des lieux réalisé à partir de données produites par le Service européen d’action extérieure, ainsi que par mes sources propres.

 

Mesures liées à la Non prolifération nucléaire Personnes concernées Références
Application des résolutions de l’ONU Gel des avoirs et interdiction de visas41 Personnes et 75 entités concernées  Résolutions ONU- 1737 (2006) ;- 1747 (2007) ;

- 1803 (2008) ;

- 1929 (2010)

Mesures autonomes de l’UE 35 personnes et 215 entités (y compris filiales) concernées22 personnes et 158 entités ont été ajoutées par la décision de décembre - Décision du 26 juillet 2010+ décision du 25 octobre 2010 ;+ décision du 23 mai 2011 ;

+ décision du 1er décembre 2011

Mesures liées à la situation des  Droits de l’homme Références
Application des résolutions de l’ONU (pas d’application)
Mesures autonomes de l’UE Gel des avoirs et interdiction de visas:61 personnes et 0 entités Décision du 12 Avril 11 + décision du 10 octobre 2011.
Autres
Mesures autonomes de l’UE 5 Iraniens associés aux gardes révolutionnaires sont listés dans une décision autonome de l’UE sanctionnant le régime pour terrorisme à la suite d’une tentative d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis.2 responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique; ainsi que le Corps lui-même le sont au titre de la répression de Syrie (décision du 23 août 2011). Décision du 21 octobre 2011Décision du 23 août 2011

Lire également :

FacebookPrintShare

Prolongation des Opex espagnoles

(B2) Le nouveau gouvernement espagnol, issu des dernières élections, a approuvé, fin décembre, la prolongation des opérations extérieures de l’armée espagnole pour un an. Les Espagnols participent actuellement à cinq opérations à l’étranger : 1521 militaires et 40 gardes civils en Afghanistan (IFAS/OTAN), 1050 au Liban (FINUL), 25 en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea), 395 pour l’opération Atalanta contre la piraterie dans l’océan Indien (EUNAVFOR), et 20 pour la mission de formation des soldats somaliens en Ouganda (EUTM-Somalie). Cet accord comprend également la possibilité de mettre à disposition 50 observateurs militaires pour les organisations internationales dont est membre l’Espagne, ainsi que d’unités navales pour participer à l’opération Active Endeavour en Méditerranée, dans les mêmes conditions qu’au cours des années précédentes.

FacebookPrintShare

L’opposition syrienne appelle à la création d’une “Zone de sécurité” en Syrie

(BRUXELLES2) La notion était pour l’instant toujours floue. L’opposition syrienne, réunie au sein du SNC, Syrian National Council, a appelé fin décembre à la création d’une zone de sécurité en Syrie pour les civils et à l’établissement de corridors humanitaires pour faciliter l’accès à l’ade. Il demande également, étude à l’appui, « une intervention rapide pour stopper les massacres qui ont atteint le niveau d’un génocide. » Cette zone de sécurité ne serait pas seulement à visée humanitaire mais pour permettre à l’opposition de s’organiser.

SNC Calls For the Establishment of a Safe Zone in Syria

« Les sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne ont commencé à causer de sérieux dommages économiques au régime du président Bashar al-Assad et à sa capacité à financer l’appareil de répression. C’est un travail à long terme (…). Mais les sanctions n’ont pas stoppé ou ralenti les meurtres, arrestations, viols et torture des Syriens. Plus de 5.000 personnes ont été tuées, 50.000 sont portées disparues et 59.000 incaracérées » écrit le SNC. Mais cela ne suffit pas. Le SNC a soumis des demandes à la Ligue arabe et aux Nations-Unies pour qu’ils exercent la “responsabilité de protéger”. Et il estime que différentes voies d’intervention sont possibles ainsi que le montre une étude réalisée par le Strategic Research and Communication Center qui soupèse les éléments logistiques nécessaires et les risques, d’une No Fly Zone, inspirée directement du modèle libyen. « At present, the most achievable option would be to establish a “safe area” in the country to provide refuge for embattled civilians from other cities and towns, a base of operations for the designated political leadership of the Syrian opposition as well as a military command centre — in other words, a Syrian Benghazi. » « C’est l’option la plus facile pour une intervention militaire en Syrie », est-il écrit à la manière de l’opération Provide Confort, qui puisse être conduite « par l’OTAN ou une coalition anglo-française turque et américaine ».

télécharger l’étude

FacebookPrintShare

Assad doit quitter le pouvoir

(B2) Lors de ses voeux aux armées, mardi (3 janvier), le président français Nicolas Sarkozy a eu quelques mots durs sur le régime du président Bachar al-Assad. « Aujourd’hui les massacres commis par le régime syrien suscitent à juste titre l’écoeurement et la révolte (…). Le président syrien doit quitter le pouvoir et laisser son peuple décider, librement, de son destin. La communauté internationale doit prendre ses responsabilités. Elle doit agir efficacement en dénonçant, sans relâche, une répression arabe, en s’assurant que les observateurs de la Ligue arabe ont les moyens et la liberté de faire correctement leur travail, en prenant les sanctions les plus dures, en assurant l’accès humanitaire. C’est ce à quoi nous allons travailler d’arrache pied » (discours video sur le site de l’Elysée)

FacebookPrintShare

Trois ambassadeurs de l’UE nommés au Kosovo, Macédoine et Palestine

(BRUXELLES2) Trois nouveaux ambassadeurs vont prendre leurs fonctions à Pristina (Kosovo), Skopje (Fyrom/Macédoine) et Jerusalem (Cisjordanie, Gaza et Unrwa). Leur nomination vient d’être annoncée par la Haute représentante, par biais de communiqué. Trois nominations dans des zones sensibles qui vont à des nationaux de pays entrés au dernier élargissement (Slovénie, Estonie, Malte). Deux diplomates expérimentés… et un ministre des Affaires étrangères. Précisons que les terminologies des postes sont légèrement différents : délégation de l’UE en Fyrom, bureau de l’UE au Kosovo, représentation de l’UE en Palestine. Ceci étant la conséquence de la différence de statut de ces « pays » au niveau de l’Union européenne.

Kosovo : le Slovène Samuel Žbogar

Une nomination qui n’est pas anodine. Samuel Žbogar est l’actuel ministre des Affaires étrangères de Slovénie (depuis novembre 2008). Après les élections de décembre qui ont vu la victoire d’un nouveau parti, « Slovénie positive« , du maire de Ljubljana Zoran Janković, il quitte donc ce poste politique pour arriver au Kosovo, d’abord comme chef de la délégation de l’UE, puis pour coiffer la double casquette de représentant spécial de l’UE. Cette dernière nomination doit encore être confirmée dans les semaines à venir par une décision du Conseil de l’UE. Ce qui mettra fin ainsi au long intérim de Gentilini.

Né en 1962, diplômé de la faculté des sciences sociales et politiques de Ljubljana, il a été dans les corridors de plusieurs des évolutions de la Yougoslavie vers la marche vers l’Europe. Intégré au comité de la république slovène pour la coopération internationale en 1987, il est 3e secrétaire au département des pays du voisinage au ministère (fédéral) des affaires étrangères à Belgrade en 1990. En 1991, il devient, conseiller au (premier)ministère slovène des Affaires étrangères (Dimitrij Rupel) et participe comme secrétaire de la délégation slovène à la conférence internationale sur l’ex-Yougoslavie. Représentant permanent adjoint à la représentation permanente auprès des Nations-Unies à New York (1997-2001), aux cotés de Danilo Türk (l’actuel président de la république slovène), il siège au Conseil de sécurité à une époque cruciale pour le Kosovo (1998-1999). Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de 2001 à 2004 (auprès de Rupel qui est Ministre), il participe aux dernières négociations de l’adhésion de la Slovénie à l’Union européenne (UE) comme à l’OTAN. Signalons aussi qu’il a été chargé d’affaires à l’ambassade slovène de Pékin (1993-1995), directeur du département Afrique, Asie, Amérique latine et Pacifique au ministère à Ljubjlana (1995-1997) et ambassadeur auprès des Etats-Unis (2004-2008). Marié, père de trois enfants, il est polyglotte parlant l’anglais, l’italien, le français comme le serbe et le croate. Il adore la course de fond, indique sa biographie officielle. Il en aura bien besoin au Kosovo !

Lire également :

•  Fyrom : l’Estonien Aivo Orav

Diplomate expérimenté, actuellement ambassadeur pour son pays en Turquie mais accrédité aussi pour l’Azerbaidjan, le Liban, la Syrie… et la Macédoine, il a fait toute sa carrière dans la toute jeune diplomatie estonienne.

Né en 1965 à Pärnu, diplômé de l’université de physique et chimie (1990) puis de l’école de diplomatie de Tallin (1992), Orav entre au ministère des affaires étrangères après l’indépendance en 1992. Il travaille d’abord à Vienne à la représentation permanente auprès de l’OSCE (1995-1998) puis au bureau des politiques et organisations internationales au ministère (1998-2000). Nommé ambassadeur en Pologne, (2000-2005), il couvre également la Bulgarie, la Roumanie et dans les derniers mois de son mandat la Macédoine. Il repart ensuite au ministère des Affaires comme directeur politique (2005-2008).

• Palestine : le Maltais John Gatt-Rutter est déjà sur place où il assure l’intérim de la délégation de l’UE, comme numéro 2.

Né en 1971, ayant fait ses études au Prior Park College, c’est un spécialiste du Moyen-Orient, ayant déjà travaillé sur cette question soit dans les institutions européennes (comme conseiller au Conseil sur le processus du Moyen-Orient), soit au ministère maltais des Affaires étrangères. Conseiller à la représentation permanente de Malte auprès de l’UE à Bruxelles, il avait été nommé en décembre 2010 président du groupe de travail Maghreb-Mashrek, avant de rejoindre la délégation en Palestine.

FacebookPrintShare

La « guerre d’Irak » de De Villepin croquée

(BRUXELLES2) Vous voulez vous replonger au coeur de la négociation de la 1441, la résolution visant à sanctionner l’Irak en cas de non-respect de ses obligations internationales. Vous voulez saisir la vie, trépidante, harassante, d’un cabinet des Affaires étrangères à quelques moments importants de la vie internationale. Et dans l’esprit tempétueux du ministre des Affaires étrangères, Alexander Taillard de Worms (aka Dominique Galouzeau De Villepin) et de son speechwriter, Arthur Vlaminck. Alors, plongez-vous dans la lecture du 2e épisode de la BD Quai d’Orsay (ou faites-la vous offrir pour Noël…). C’est juste, hilarant, savoureux…

Il y a de nombreux moments de délice avec l’arrivée du rapport de 12.000 pages que livrent les Irakiens en réponse aux demandes de la communauté internationale. Et sa lecture par le chef de cabinet du ministre Claude Maupas (aka Pierre Vimont) qui détaille ce qui s’y trouve dans les 12.000 pages. « Ce qu’il y a de bon, c’est qu’il y a de tout là-dedans :  comment fabriquer un avion, quelques interprétations du Coran, l’itinéraire des bus de nuit… En y regardant bien, on doit même y trouver la recette de la tarte Tatin » commente avec l’humour pincé, qu’on lui reconnait celui qui est aujourd’hui à la tête du service diplomatique européen. Puis suit une discussion épique entre les conseillers défense pour savoir si les tubes repérés peuvent servir à l’artillerie, à l’envoi de roquettes ou à à une utilisation plus nucléaire.

Vous avez cet épisode où le ministre qui appelle, un par un, les membres du Conseil de sécurité pour les rallier à la position française, contre la position américaine. Ou ce voyage à Moscou, avec une discussion, comme deux vieux potes avec son homologue russe Igor Ivanov… en espagnol. Voyage précédé par ce conseil de De Villepin à son chef logistique qui tente de négocier un Airbus au lieu du Falcon étroit pour aller à Moscou : « Dites leur que vous avez affaire à un caractériel, çà marche toujours dans les négociations ». 

L’ouvrage se conclut par la chevauchée fantastique, devant l’ONU, en février 2003, avec ce discours historique qui suscitent des applaudissements nombreux. Et cette conclusion, lyrique : « … Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. (…) Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, (…), qui a connu les guerres, l’Occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. » … « Ca c’est du jamais vu » commente Claude Maupas, un rien ému « Carrément ils applaudissent ! ».

• « Quai d’Orsay Chroniques Diplomatiques » Abel Lanzac (scénariste), Christophe Blain (dessinateur) - éditions Dargaud, 104 pages, 16,95 euros

 

FacebookPrintShare

Résolution ONU 2020 piraterie maritime (Conseil de sécurité, 22 novembre 2011)

LA SITUATION EN SOMALIE

Texte du projet de résolution S/2011/725

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions antérieures concernant la situation en Somalie, en particulier les résolutions 1814 (2008), 1816 (2008), 1838 (2008), 1844 (2008), 1846 (2008), 1851 (2008), 1897 (2009), 1918 (2010), 1950 (2010), 1976 (2011) et 2015 (2011),ainsi que la déclaration de son président (S/PRST/2010/16) en date du 25 août 2010,

Restant profondément préoccupé par la menace que les actes de piraterie et les vols à main armée commis contre des navires font peser sur la sécurité, la rapidité et l’efficacité de l’acheminement de l’aide humanitaire en Somalie et dans la région, sur la sécurité des gens de mer et d’autres personnes, sur la navigation internationale et la sécurité des routes maritimes commerciales, et sur les autres navires vulnérables, et notamment sur les activités de pêche conduites conformément au droit international, et par le fait que les pirates menacent désormais la partie occidentale de l’océan Indien et les zones maritimes adjacentes et ont accru leurs moyens d’action,

Se déclarant préoccupé par les informations faisant état de la participation d’enfants à des actes de piraterie au large des côtes somaliennes,

Considérant que l’instabilité qui perdure en Somalie contribue au problème de la piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes et soulignant qu’il faut que la communauté internationale mène une action sur tous les fronts pour s’attaquer à la piraterie et ses causes profondes,

Considérant qu’il faut prendre des mesures d’enquête et de poursuite non seulement contre les pirates présumés capturés en mer, mais aussi contre quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite intentionnellement, y compris les cerveaux des réseaux criminels de piraterie qui planifient, organisent, facilitent ou financent les attaques perpétrées par des pirates ou en tirent profit illicitement, se déclarant une nouvelle fois inquiet que de nombreuses personnes soupçonnées de piraterie soient libérées sans avoir été jugées, réaffirmant que le fait de ne pas traduire en justice des personnes responsables d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes nuit à la lutte menée par la communauté internationale contre la piraterie, et se déclarant résolu à faire en sorte que les pirates aient à répondre de leurs actes,

Réaffirmant son attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale, à l’indépendance politique et à l’unité de la Somalie, y compris aux droits de la Somalie sur les ressources naturelles se trouvant au large de ses côtes, notamment les pêcheries, conformément au droit international, et rappelant qu’il importe d’empêcher la pêche illégale et le rejet illégal de déchets, notamment de substances toxiques, soulignant l’importance qui s’attache à ouvrir des enquêtes sur les allégations de pêche illégale et de rejet illégal de déchets et prenant note avec satisfaction à cet égard du rapport du Secrétaire général sur la protection des ressources naturelles et des eaux somaliennes (S/2011/661), établi en application du paragraphe 7 de sa résolution 1976 (2011),

Réaffirmant en outre que le droit international, tel qu’exposé dans la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer en date du 10 décembre 1982 (« la Convention »), définit le cadre juridique de la lutte contre la piraterie et les vols à main armée en mer, parmi d’autres activités maritimes,

Tenant compte à nouveau de la crise que traverse la Somalie et du fait que le Gouvernement fédéral de transition n’a pas les moyens de tenir les pirates à distance, de poursuivre en justice ceux qui sont arrêtés, ni de patrouiller dans les eaux au large des côtes du pays, y compris les voies de circulation maritimes internationales et les eaux territoriales somaliennes, et d’en assurer la sécurité,

Prenant note des multiples demandes d’aide internationale présentées par le Gouvernement fédéral de transition pour lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes, notamment la lettre datée du 10 novembre 2011par laquelle le Représentant permanent de la Somalie auprès de l’Organisation des Nations Unies a fait savoir que le Gouvernement fédéral de transition était reconnaissant au Conseil de l’aide qu’il lui apportait, se déclarait disposé à envisager de collaborer avec d’autres États et avec les organisations régionales pour lutter contre la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes, et demandait que les dispositions de la résolution 1897 (2009) soient reconduites pour une nouvelle période de douze mois,

Saluant les efforts déployés par l’opération Atalanta de l’Union européenne, les opérations « Protecteur allié » et « Bouclier océanique » de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, la Force multinationale 151 des Forces maritimes combinées et d’autres États agissant individuellement, en coopération avec le Gouvernement fédéral de transition et d’autres pays, pour réprimer la piraterie et protéger les navires vulnérables qui croisent au large des côtes somaliennes, et se félicitant des efforts faits par certains pays, notamment l’Arabie saoudite, la Chine, la Fédération de Russie, l’Inde, le Japon, la Malaisie, la République de Corée, la République islamique d’Iran et le Yémen, qui ont déployé des navires ou des aéronefs dans la région pour appuyer ces efforts, comme le relève le Secrétaire général dans son rapport (S/2011/662),

Se félicitant des activités de renforcement des capacités menées dans le cadre du Code de conduite de Djibouti, du Fonds d’affectation spéciale de l’Organisation maritime internationale (OMI) pour le Code de conduite de Djibouti et du Fonds d’affectation spéciale destiné à soutenir les initiatives prises par les États pour lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes, et notant qu’il faut que toutes les organisations internationales et régionales concernées y coopèrent pleinement,

Prenant note avec satisfaction des efforts faits par l’OMI et le secteur du transport maritime pour élaborer et actualiser des principes directeurs, des bonnes pratiques et des recommandations visant à aider les navires à prévenir et réprimer les attaques lancées par des pirates au large des côtes somaliennes, y compris dans le golfe d’Aden et l’océan Indien, et conscient de l’action menée par l’OMI et le Groupe de contact sur la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes en ce qui concerne l’embarquement de personnel de sécurité armé privé à bord des navires dans les zones à haut risque,

Notant avec préoccupation que le manque de moyens et l’absence de législation interne permettant de détenir et poursuivre les pirates présumés après leur capture ont empêché de mener une action internationale plus vigoureuse contre les pirates agissant au large des côtes somaliennes et, dans certains cas, contraint à libérer des pirates sans les avoir traduits en justice, alors même que les éléments à charge étaient suffisants pour justifier des poursuites, et réaffirmant qu’aux termes de la Convention de 1988 pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime, les États parties sont tenus d’ériger en infraction le fait de s’emparer d’un navire ou d’en exercer le contrôle par violence ou menace de violence ou toute autre forme d’intimidation, d’établir leur compétence à l’égard de ces infractions et d’accepter la remise des personnes responsables ou soupçonnées de tels actes,

Soulignant qu’il importe de continuer d’améliorer la collecte, la préservation et la transmission aux autorités compétentes de preuves des actes de piraterie et vols à main armée commis au large des côtes somaliennes, et se félicitant de ce que font l’OMI, INTERPOL et les transporteurs maritimes pour élaborer à l’intention des gens de mer des instructions quant à la manière de maintenir en l’état, après les actes de piraterie, les lieux où ces actes ont été commis, et notant qu’il importe, pour que les poursuites intentées contre les auteurs d’actes de piraterie aboutissent, de permettre aux gens de mer de témoigner lors des instances pénales,

Prenant note du consensus réalisé à la neuvième session plénière du Groupe de contact pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes tenue le 14 juillet 2011 au sujet de la création d’un Groupe de travail 5 sur « les flux financiers illicites associés à la piraterie au large des côtes de la Somalie »,

Constatant que les pirates se tournent de plus en plus vers les enlèvements et la prise d’otages et que ces activités les aident à se procurer des fonds pour acheter des armes, attirer de nouvelles recrues et poursuivre leurs opérations, mettant ainsi en danger la sûreté et la sécurité de civils innocents et portant atteinte à la liberté du commerce,

Réaffirmant la condamnation que suscitent dans la communauté internationale les enlèvements et les prises d’otages, y compris ceux qui sont réprimés par la Convention internationale contre la prise d’otages, condamnant fermement la pratique persistante de la prise d’otages par des pirates présumés opérant au large des côtes somaliennes, se déclarant gravement préoccupé par les conditions inhumaines dans lesquelles les otages sont retenus en captivité, conscient des répercussions sur la vie de leur famille, demandant la libération immédiate de tous les otages et constatant l’importance de la coopération entre États Membres concernant la question de la prise d’otages, ainsi que la nécessité de poursuivre les pirates présumés pour prise d’otages,

Saluant les efforts déployés par la République du Kenya et la République des Seychelles pour poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie devant leurs tribunaux nationaux, se félicitant de l’engagement de la République de Maurice et de la République-Unie de Tanzanie, et notant avec satisfaction l’assistance fournie par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), le Fonds d’affectation spéciale destiné à soutenir les initiatives prises par les États pour lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes et d’autres organisations et donateurs internationaux, en coordination avec le Groupe de contact pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes, afin d’aider le Kenya, les Seychelles, la Somalie et d’autres États de la région, notamment le Yémen, à prendre, dans le respect du droit international des droits de l’homme en vigueur, des mesures pour poursuivre, ou incarcérer dans un État tiers après des poursuites ailleurs, les pirates appréhendés, y compris ceux qui facilitent ou financent leurs actes, et soulignant qu’il faut que les États et les organisations internationales redoublent d’efforts à cet égard,

 

Se félicitant que les administrations nationale et régionales de Somalie soient prêtes à coopérer entre elles et avec les États qui ont engagé des poursuites contre des personnes soupçonnées de piraterie afin que les pirates condamnés puissent être rapatriés en Somalie dans le cadre d’accords appropriés de transfèrement des détenus, dans le respect du droit international en vigueur, y compris le droit international des droits de l’homme,

Accueillant avec satisfaction le rapport présenté par le Secrétaire général (S/2011/662), en application de la résolution 1950 (2010) sur l’application de cette résolution et sur la situation concernant la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes,

Accueillant avec satisfaction le rapport du Secrétaire général sur les modalités de la création de juridictions somaliennes spécialisées pour juger les personnes soupçonnées de piraterie (S/2011/360), présenté en application du paragraphe 26 de la résolution 1976 (2011), ainsi que les travaux menés par le Groupe de contact pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes et le Secrétariat de l’ONU pour étudier la possibilité d’utiliser des mécanismes additionnels en vue de poursuivre efficacement les personnes soupçonnées de piraterie et de vol à main armée au large des côtes somaliennes, y compris celles qui sont à terre et incitent à la commission d’un acte de piraterie ou la facilitent intentionnellement,

Soulignant qu’il faut que les États examinent comment aider les gens de mer qui sont victimes des pirates, et se félicitant à cet égard des travaux en cours au sein du Groupe de contact pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes et de l’Organisation maritime internationale pour élaborer des directives sur l’aide à apporter aux gens de mer et autres personnes qui ont été victimes d’actes de piraterie,

Notant avec satisfaction les efforts que continuent de déployer l’UNODC et le Programme des Nations Unies pour le développement pour renforcer la capacité du système pénitentiaire somalien, y compris les autorités régionales, en particulier avec l’appui du Fonds d’affectation spéciale destiné à soutenir les initiatives prises par les États pour lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes, d’incarcérer les pirates condamnés, dans le respect du droit international des droits de l’homme,

Ayant à l’esprit le Code de conduite de Djibouti concernant la répression des actes de piraterie et des vols à main armée à l’encontre des navires dans l’océan Indien occidentalet le golfe d’Aden et conscient des efforts que font les États signataires pour élaborer des cadres réglementaires et législatifs appropriés pour combattre la piraterie, renforcer leurs moyens de patrouiller les eaux de la région, intercepter les navires suspects et poursuivre en justice les personnes soupçonnées de piraterie,

Soulignant que la paix et la stabilité en Somalie, le renforcement des institutions de l’État, le développement économique et social et le respect des droits de l’homme et de l’état de droit sont nécessaires pour créer les conditions d’une éradication durable de la piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes, et soulignant également que la sécurité à long terme de la Somalie repose sur la mise en place effective, par le Gouvernement fédéral de transition, de forces de sécurité nationales et d’une police somalienne, dans le cadre de l’Accord de Djibouti et d’une stratégie nationale pour la sécurité,

Se félicitant à cet égard que la feuille de route pour achever la transition en Somalie, adoptée le 6 septembre 2011, demande au Gouvernement fédéral de transition, en tant que tâches essentielles dévolues aux institutions fédérales de transition, d’élaborer une stratégie et une législation pour lutter contre la piraterie, en concertation avec les entités régionales, et de déclarer une Zone économique exclusive, et notant qu’il a lui-même subordonné à l’achèvement des tâches énoncées dans la feuille de route son appui futur aux institutions fédérales de transition;

Constatant que les actes de piraterie et les vols à main armée commis au large des côtes somaliennes aggravent la situation dans le pays, laquelle continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1.    Réaffirme qu’il condamne et déplore tous les actes de piraterie et vols à main armée commis contre des navires naviguant au large des côtes somaliennes;

2.    Considère que l’instabilité que connaît la Somalie est une des causes profondes du problème de la piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes et contribue à ce problème

3.    Souligne qu’il faut que la communauté internationale mène une action sur tous les fronts pour réprimer la piraterie et remédier à ses causes profondes;

4.    Considère qu’il faut prendre des mesures d’enquête et de poursuite non seulement contre les pirates présumés capturés en mer, mais aussi contre quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite intentionnellement, y compris les cerveaux des réseaux criminels de piraterie qui planifient, organisent, facilitent ou financent les attaques perpétrées par des pirates ou en tirent profit illicitement;

5.    Demande aux États de coopérer également, selon qu’il conviendra, à la poursuite des pirates présumés pour prise d’otages;

6.    Exprime de nouveau son inquiétude au sujet des observations que le Groupe de contrôle sur la Somalie a formulées dans son rapport du 20 novembre 2008 (S/2008/769, p. 58), selon lesquelles le versement de rançons de plus en plus élevées aux pirates et le non-respect de l’embargo sur les armes imposé par la résolution 733 (1992) encouragent la piraterie au large des côtes somaliennes, et demande à tous les États de coopérer pleinement avec le Groupe de contrôle sur la Somalie et l’Érythrée, notamment en matière de partage de l’information sur les violations éventuelles de l’embargo sur les armes;

7.    Demande à nouveau aux États et aux organisations régionales qui en ont les moyens de participer à la lutte contre la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes en particulier, conformément à la présente résolution et au droit international, en y déployant des navires de guerre, des armes et des aéronefs militaires, en saisissant les embarcations, navires, armes et autre matériel apparenté qui servent ou dont on a de bonnes raisons de soupçonner qu’ils servent à commettre des actes de piraterie et des vols à main armée au large des côtes somaliennes et en en disposant,

8.    Salue les initiatives prises par le Groupe de contact pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes pour faciliter la coordination afin de décourager la commission d’actes de piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes, en coopération avec l’Organisation maritime internationale, les États du pavillon et le Gouvernement fédéral de transition, et exhorte les États et les organisations internationales à continuer de soutenir ces efforts;

9.    Encourage les États Membres à continuer de coopérer avec le Gouvernement fédéral de transition dans la lutte contre la piraterie et les vols à main armée en mer, note que c’est à ce dernier qu’il incombe au premier chef de lutter contre la piraterie et les vols à main armée en mer, et décide de reconduire, pour une nouvelle période de douze mois à compter de l’adoption de la présente résolution, les autorisations visées au paragraphe 10 de la résolution 1846 (2008) et au paragraphe 6 de la résolution 1851 (2008) et renouvelées au paragraphe 7 de la résolution 1897 (2009) et au paragraphe 7 de la résolution 1950 (2010), accordées aux États et aux organisations régionales qui coopèrent avec le Gouvernement fédéral de transition dans la lutte contre la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes et dont le Gouvernement fédéral de transition aura préalablement communiqué les noms au Secrétaire général;

10.   Affirme que les autorisations reconduites dans la présente résolution s’appliquent à la seule situation en Somalie et n’affectent pas les droits, obligations ou responsabilités dérivant pour les États Membres du droit international, notamment les droits ou obligations résultant de la Convention, pour ce qui est de toute autre situation, et souligne en particulier que la présente résolution ne saurait être regardée comme établissant un droit international coutumier, et affirme en outre que les présentes autorisations n’ont été reconduites qu’à la suite de la réception de la lettre datée du 10 novembre 2011 par laquelle le Gouvernement fédéral de transition a signifié son accord;

11.   Affirme également que les mesures imposées au paragraphe 5 de la résolution 733 (1992) et développées aux paragraphes 1 et 2 de la résolution 1425 (2002) ne s’appliquent pas aux livraisons d’armes et de matériel militaire réservés à l’usage exclusif des États Membres et des organisations régionales qui prennent des mesures conformément au paragraphe 9 ci-dessus ni à la fourniture d’assistance technique à la Somalie aux seules fins énoncées au paragraphe 6 de la résolution 1950 (2010), qui font l’objet d’une dérogation conformément à la procédure définie aux paragraphes 11 b) et 12 de la résolution 1772 (2007);

12.   Demande aux États coopérants de prendre les dispositions voulues pour garantir que les activités qu’ils mèneront conformément aux autorisations accordées au paragraphe 9 de la présente résolution n’auront pas pour effet sur le plan pratique de refuser ou restreindre le droit de passage inoffensif des navires d’États tiers;

13.   Engage les États Membres à aider la Somalie, sur la demande du Gouvernement fédéral de transition et en avisant le Secrétaire général, à renforcer les capacités en Somalie, notamment celles dont disposent les autorités régionales, pour traduire en justice ceux qui utilisent le territoire somalien pour planifier, favoriser ou commettre des actes criminels de piraterie et des vols à main armée en mer, et souligne que toutes les mesures prises en application du présent paragraphe devront être conformes au droit international des droits de l’homme applicable;

14.   Demande à tous les États, en particulier aux États du pavillon, aux États du port et aux États côtiers, ainsi qu’aux États de nationalité des victimes ou des auteurs d’actes de piraterie ou de vols à main armée et aux États tirant juridiction du droit international ou de leur droit interne, de coopérer en vue de déterminer lequel aura compétence et de prendre les mesures voulues d’enquête et de poursuite à l’encontre des auteurs d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes, y compris quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite, dans le respect du droit international applicable, y compris le droit international des droits de l’homme, de veiller à ce que tous les pirates remis à des autorités judiciaires soient traduits en justice, et de seconder ces efforts, notamment en fournissant une assistance en matière de logistique et d’exercice des voies de droit vis-à-vis des personnes relevant de leur juridiction et de leur contrôle, telles que les victimes, les témoins et les personnes détenues dans le cadre d’opérations menées en vertu de la présente résolution;

15.   Demande à tous les États d’ériger la piraterie en infraction dans leur droit interne et d’envisager favorablement de poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie qui ont été appréhendées au large des côtes somaliennes ainsi que celles qui ont facilité ou financé leurs actes et d’incarcérer celles qui ont été reconnues coupables, dans le respect du droit international, y compris du droit international des droits de l’homme;

16.   Réaffirme sa décision de continuer d’étudier d’urgence la possibilité de créer, en Somalie et dans d’autres États de la région, des juridictions spécialisées pour juger les personnes soupçonnées de piraterie, avec une participation et/ou une assistance substantielles de la communauté internationale, comme prévu par la résolution 2015 (2011), souligne qu’il importe que ces juridictions aient compétence pour juger non seulement les prévenus de piraterie appréhendés en mer, mais aussi quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite intentionnellement, y compris les cerveaux des réseaux criminels de piraterie qui planifient, organisent, facilitent ou financent les attaques perpétrées par des pirates ou en tirent profit illicitement;

17.   Prie instamment tous les États de prendre les mesures voulues dans le cadre de leur droit interne en vigueur pour empêcher le financement illicite d’actes de piraterie et le blanchiment des produits qui en sont tirés;

18.   Prie instamment les États, en coopération avec INTERPOL et Europol, d’enquêter plus avant sur les réseaux criminels internationaux associés à la piraterie au large des côtes somaliennes, y compris ceux qui sont responsables du financement illicite et de la facilitation;

19.   Félicite INTERPOL d’avoir créé une base de données mondiale sur la piraterie visant à regrouper les informations sur la piraterie au large des côtes somaliennes et à faciliter leur analyse dans la perspective d’une action judiciaire, et prie instamment tous les États de communiquer à INTERPOL, par les voies appropriées, des informations à intégrer dans cette base de données;

20.   Souligne à cet égard qu’il faut faciliter les enquêtes sur ceux qui financent, planifient et organisent illicitement les attaques perpétrées par des pirates au large des côtes somaliennes ou en tirent illicitement profit, ainsi que les poursuites à leur encontre;

21.   Engage vivement les États et les organisations internationales à mettre en commun les éléments de preuve et d’information en leur possession aux fins de la répression des actes de piraterie en vue de veiller à ce que les personnes soupçonnées de ces actes soient effectivement traduites en justice et celles qui sont jugées coupables incarcérées;

22.   Salue la création du Fonds d’affectation spéciale pour l’appui aux initiatives des États qui luttent contre la piraterie au large des côtes somaliennes et du Fonds d’affectation spéciale de l’Organisation maritime internationale pour le Code de conduite de Djibouti et demande instamment aux acteurs étatiques et non étatiques affectés par la piraterie, et tout particulièrement au secteur des transports maritimes internationaux, de verser des contributions à ces fonds;

23.   Exhorte les États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et à la Convention pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime à s’acquitter pleinement des obligations que leur imposent en la matière lesdites conventions et le droit international coutumier, et à coopérer avec l’UNODC, l’Organisation maritime internationale, ainsi que d’autres États et organisations internationales, en vue de se donner les moyens judiciaires de poursuivre les personnes soupçonnées d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes;

24.   Prie instamment les États, agissant à titre individuel ou dans le cadre des organisations internationales compétentes, d’envisager activement d’enquêter sur les allégations faisant état d’activités de pêche illégales et de rejet illégal de déchets, notamment de substances toxiques, en vue de poursuivre les auteurs de ces infractions qui relèvent de leur juridiction; et prend note de l’intention déclarée par le Secrétaire général d’inclure des informations sur ce sujet dans ses prochains rapports sur la piraterie au large des côtes somaliennes;

25.   Accueille avec satisfaction les recommandations et les principes directeurs de l’Organisation maritime internationale concernant la prévention et la répression des actes de piraterie et des vols à main armée à l’encontre de navires, souligne qu’il importe que toutes les parties prenantes, y compris le secteur des transports maritimes, appliquent ces recommandations et principes directeurs, engage les États, en collaboration avec les secteurs des transports maritimes et des assurances, et l’Organisation maritime internationale à continuer de mettre au point des notes d’information et des pratiques optimales concernant les techniques d’évitement, d’évasion et de défense que doivent appliquer les bateaux qui sont attaqués ou qui naviguent au large des côtes somaliennes, et engage également les États à mettre leurs ressortissants et bateaux à disposition aux fins d’enquêtes de police scientifique, selon les besoins, au premier port d’escale, immédiatement après tout acte de piraterie ou vol à main armée en mer ou toute tentative de piraterie ou de vol, ou après leur mise en liberté;

26.   Invite l’Organisation maritime internationale à continuer à concourir à la prévention et à la répression des actes de piraterie et des vols à main armée à l’encontre de navires, en coordination notamment, avec l’UNODC, le Programme alimentaire mondial (PAM), le secteur des transports maritimes et toutes les autres parties prenantes concernées; et constate le rôle joué par l’Organisation maritime internationale en ce qui concerne l’embarquement de personnel de sécurité privé armé à bord des navires dans les zones à haut risque;

27.   Note l’importance qui s’attache à garantir l’acheminement en toute sécurité par la voie maritime de l’aide fournie par le PAM et se félicite de l’action menée par le PAM, l’opération Atalante de l’Union européenne et les États du pavillon en ce qui concerne les détachements de protection embarqués sur des navires affrétés par le PAM;

28.   Prie les États et les organisations régionales qui coopèrent avec le Gouvernement fédéral de transition de l’informer, ainsi que le Secrétaire général, dans un délai de neuf mois, de l’application des mesures qu’ils auront prises en exécution des autorisations découlant du paragraphe 9 ci-dessus et prie également tous les États qui participent au Groupe de contact pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes, notamment la Somalie et les autres États de la région, de faire rapport dans les mêmes délais sur les efforts qu’ils auront menés pour établir leur compétence en matière d’enquête et de poursuite et pour coopérer dans les affaires de piraterie;

29.   Prie le Secrétaire général de lui rendre compte, dans les onze mois suivant l’adoption de la présente résolution, de l’application de celle-ci et de la situation concernant la piraterie et les vols à main armée au large des côtes somaliennes;

30.   Entend suivre la situation et, le cas échéant, envisager de reconduire pour des périodes supplémentaires les autorisations découlant du paragraphe 9 ci-dessus si le Gouvernement fédéral de transition lui en fait la demande;

31.   Décide de rester saisi de la question.

*   ***   *

FacebookPrintShare

Les quelques minutes nécessaires en Côte d’Ivoire

(BRUXELLES2 à Paris) En Côte d’Ivoire, comme en Libye, le déclenchement de l’opération aussi s’est joué à quelques minutes, comme l’a précisé le ministre de la Défense Gérard Longuet au colloque « regards sur une année d’engagements opérationnels » qui se tient aujourd’hui à Paris. Les Français n’intervenaient en effet qu’en soutien d’une mission de l’ONUCI (la force de l’ONU). Il fallait donc que la réalité opérationnelle suive la réalité politique et juridique.

Or, les hélicoptères ukrainiens n’avaient pas d’instrument de vol de nuit et ne pouvaient voler que de jour. La réunion commençait à 17h locales… Il fallait faire vite, que la lettre arrive suffisamment tôt pour que les hélicoptères ukrainiens de l’ONU ouvrent les hostilités. Puis les Français pouvaient suivre… 

L’erreur tactique de Gbagbo

« L’erreur tactique de Gbagbo a été de concentrer toutes ses armes lourdes sur un seul site » explique le ministre qui détaille les conditions de l’intervention finale. « Nous avons inventé le clapet anti-retour. » Comme les troupes de Ouattara semblaient un peu hésiter à s’engager, « un régiment d’infanterie de marine a été placé sur le bd de France. Et nous avons fermé » (Nb : sans possibilité de revenir en arrière). Mais les Français se sont arrêtés juste avant la prise de Gbagbo « On les a laissés aller. On s’est arrêté à la porte, confirme le ministre. Et on a laissé les Ivoiriens régler les problèmes entre eux.  »

FacebookPrintShare

Les pirates doivent être poursuivis dit l’ONU. Vers un tribunal spécialisé

(crédit : marine allemande)

(BRUXELLES2) Passée à mon sens trop inaperçue, la résolution 2015 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la piraterie maritime mérite un détour attentif. Elle marque la volonté internationale d’endosser (au moins pour partie), les conclusions et les recommandations contenues dans le rapport rédigé par Jack Lang. Elle lance un ultime avertissement aux Etats – Somalie en premier lieu mais aussi les Etats européens – pour qu’ils se… « bougent les fesses » afin d’adopter la réglementation nécessaire pour poursuivre les pirates en justice. Un appel lancé à tous les Etats avec un délai limité. D’ici la fin de l’année, ils devront faire rapport à l’ONU sur les mesures prises.

Ce texte ne va pas cependant jusqu’à poser le cadre d’une nouvelle juridiction internationale contre la piraterie mais recommande. Mais il pose les bases nécessaires pour la mise en place d’instruments juridiques au plan interne : poursuite des complices, mise en commun des preuves… Et il précise la mise en place d’une juridiction somalienne sur le sol somalien ou hors sol.

Inquiétude sur le manque de poursuites des pirates …

Le Conseil de sécurité note que « le droit interne de certains États n’érige pas la piraterie en infraction ou ne contient pas les dispositions de procédure nécessaires pour engager efficacement des poursuites pénales contre les personnes soupçonnées de piraterie. » « En dépit des efforts déployés jusqu’à présent par les États (qui ont choisi de poursuivre les pirates, (…) le travail accompli reste insuffisant ». « Le fait de ne pas traduire en justice des personnes responsables d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes nuit à la lutte menée par la communauté internationale contre la piraterie » Et la résolution précise qu’« il importe, pour lutter contre la piraterie au large des côtes somaliennes, que les personnes soupçonnées de tels actes soient poursuivies au niveau national ».

Appel à tous les Etats, y compris ceux des victimes des actes de piraterie

C’est donc un véritable appel aux Etats, « à tous les Etats » concernés, que lance le Conseil de sécurité qu’il s’agisse des États du port et des États côtiers, mais aussi des « États de nationalité des victimes ou des auteurs d’actes de piraterie ou de vols à main armée et (des) États auxquels le droit international ou leur droit interne confère compétence », de poursuivre les pirates. Concrètement il s’agit de « coopérer en vue de déterminer lequel aura compétence et de prendre les mesures voulues d’enquête et de poursuite à l’encontre des auteurs d’actes de piraterie et de vols à main armée commis au large des côtes somaliennes, y compris quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite, conformément au droit international applicable,y compris le droit international des droits de l’homme ». (§5) Elle demande « d’ériger la piraterie en infraction dans leur droit interne » et « d’envisager favorablement de poursuivre les personnes soupçonnées de piraterie qui ont été appréhendées au large des côtes somaliennes » (§10) Et les appellent également « à mettre en commun les éléments de preuve et d’information en leur possession » (§10) Les Etats devront transmettre un rapport sur cette transposition d’ici la fin de l’année 2011.

La mauvaise volonté des autorités somaliennes

Le GFT (gouvernement fédéral de transition) comme les autorités régionales somaliennes doit « adopter une série complète de lois pour lutter contre la piraterie, notamment des lois prévoyant des poursuites contre ceux qui financent, planifient, organisent ou facilitent les attaques perpétrées par des pirates ou en tirent profit illicitement ». Cette loi devra embrasser non seulement la poursuite des pirates ou de leurs complices mais aussi « le transfèrement vers la Somalie des pirates poursuivis et condamnés ailleurs et l’incarcération des personnes reconnues coupables en Somalie » (§7) Un rapport devra être transmis à l’ONU d’ici la fin de l’année.

Vers une juridiction mixte

C’est la solution mixte d’une juridiction nationale, sur le sol somalien, ou en dehors, avec le soutien de la communauté internationale qui a été choisi. Mais le conseil de sécurité ne veut pas franchir le pas immédiatement. Elle recommande ainsi de « continuer d’étudier d’urgence (…) la possibilité de créer des juridictions spécialisées pour juger les personnes soupçonnées de piraterie en Somalie et dans d’autres États de la région, avec la participation et/ou l’assistance solides de la communauté internationale ». Mais la feuille de route est tracée. Le secrétaire général devra remettre d’ici le 25 janvier (trois mois). (§ 16)

Cette juridiction aura compétence pour juger non seulement les pirates présumés capturés en mer, mais aussi « quiconque incite à la commission d’un acte de piraterie ou la facilite intentionnellement, y compris les cerveaux des réseaux criminels de piraterie qui planifient, organisent, facilitent ou financent les attaques perpétrées par des pirates ou en tirent profit illicitement » (§17).

En attendant, le secrétaire général est habilité à « apporter son aide de façon anticipée à la prise des prochaines mesures concrètes » (§14)

Prisons, experts internationaux, financements

Parallèlement l’effort pénitentiaire devra être poursuivi – il faut « appuyer la construction de prisons en Somalie et leur fonctionnement responsable » (§19). Et un nouvel appel est fait aux Etats pour qu’ils contribuent financièrement au fonds d’affectation spéciale ou, pratiquement, par « la mise à disposition d’experts internationaux, issus notamment de la diaspora somalienne, par détachement ou selon d’autres modalités ».

 

FacebookPrintShare

Fin de la guerre de tranchées entre Britanniques et l’UE à l’ONU

(BRUXELLES2) Les 27 ont finalement trouvé un accord pour assurer la représentation extérieure de l’UE dans les instances internationales et répondre au « problème » posé par les Britanniques. . Accord approuvé par les ministres des Affaires européennes, réunis exceptionnellement samedi (22 octobre) pour préparer le sommet européen consacré à la crise économique. Lire : Le Royaume-Uni bloque l’UE à l’ONU

Les termes de l’accord sont les suivants (texte en anglais)

  • The EU can only make a statement in those cases where it is competent and there is a position which has been agreed in accordance with the relevant Treaty provisions.
  • External representation and internal coordination does not affect the distribution of competences under the Treaties nor can it be invoked to claim new forms of competences.
  • Member States and EU actors will coordinate their action in international organisations to the fullest extent possible as set out in the Treaties.
  • The EU actors and the Member States will ensure the fullest possible transparency by ensuring that there is adequate and timely prior consultation on statements reflecting EU positions to be made in multilateral organisations.
  • Member States agree on a case by case basis whether and how to co-ordinate and be represented externally. The Member States may request EU actors or a Member State, notably the Member State holding the rotating Presidency of the Council, to do so on their behalf.
  • Member States will seek to ensure and promote possibilities for the EU actors to deliver statements on behalf of the EU.
  • Member States may complement statements made on behalf of the EU whilst respecting the principle of sincere cooperation.
  • EU representation will be exercised from behind an EU nameplate unless prevented by the rules of procedure of the forum in question.
  • EU actors will conduct local coordination and deliver statements on behalf of the EU unless prevented by the rules of procedure of the forum concerned (default setting). Where practical arrangements such as those at the World Trade Organisation, at the Food and Agricultural Organisation and in burden sharing exist for coordination and/or representation, such arrangements will be implemented for the preparation and delivery of the statement on behalf of the EU from behind the EU nameplate.

Les déclarations respecteront ainsi les marques suivantes « au nom de l’Union européenne » ou « au nom de l’UE et de ses Etats membres » « au nom des Etats membres » selon les domaines :

  • Should the statement refer exclusively to actions undertaken by or responsibilities of the EU in the subject matter concerned including in the CFSP, it will be prefaced by “on behalf of the European Union”.

  • Should the statement express a position common to the European Union and its Member States, pursuant to the principle of unity of representation, it will be prefaced by “on behalf of the EU and its Member States”. The introduction « on behalf of the EU and its Member States » does not preclude references to “the EU » or to « the Member States of the EU » later in the text, where such reference accurately reflects the factual situation.

Should the Member States agree to collective representation by an EU actor of issues relating to the exercise of national competences, the statement will be prefaced by “on behalf of the Member States. The introduction « on behalf of the Member States » does not preclude references to the « EU » later in the text, where such reference accurately reflects the factual situation.

L’adoption de cet agrément ne signifie pas une redistribution des compétences ou des pouvoirs des institutions tels qu’ils sont définis par les Traités, a pris soin de préciser la note. Et le termes « acteurs de l’UE » peut signifier, selon le cas, le Président du Conseil européen, la Commission, le Haut représentant ou les délégations de l’UE.

FacebookPrintShare

L’ONU se saisit du cas du Yemen et demande au président Saleh de partir

(BRUXELLES2) La situation en Libye s’éclaircissant, la communauté internationale semble décidée à durcir un peu le ton au Yemen, où la situation depuis plusieurs mois est catastrophique. Le président Saleh refusant de partir et de signer l’accord pourtant négocié avec l’opposition grâce à l’entremise des pays du Golfe, le puissant voisin Arabie Saoudite en tête. A l’initiative de deux pays de l’Union européenne, l’Allemagne et du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité de l’ONU a ainsi adopté une résolution aujourd’hui à New York appelant le président Saleh à partir.

Elle condamne « énergiquement » les atteintes « persistantes » aux droits de l’homme par les autorités yéménites « dont l’emploi excessif de la force contre des manifestants pacifiques ainsi que des actes de violence, le recours à la force, et les atteintes aux droits de l’homme qui sont le fait d’autre protagonistes ». Elle insiste « pour que tous les responsables des violences et violations des droits de l’homme répondent de leurs actes ». Le Conseil de sécurité « exige de toutes les parties qu’elles renoncent immédiatement à employer la force pour atteindre leurs objectifs politiques ».

Selon les membres du Conseil de sécurité, la signature et l’application dans les meilleurs délais d’un accord de paix reposant sur l’initiative du Conseil de coopération du Golfe font partie intégrante d’un processus de transition politique sans exclusive ni heurt, piloté par le Yémen. Ils notent que le Président du Yémen s’est engagé à signer cette initiative et demandent « la concrétisation de cet engagement, de sorte à assurer sans plus tarder une transition pacifique. »

Inquiétude sur la présence d’Al Qaida

En outre, le Conseil de sécurité se dit « préoccupé par la présence d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique et déterminé à écarter cette menace en agissant conformément à la Charte des Nations Unies et au droit international. »

 Passage pour l’aide humanitaire

S’agissant de la situation humanitaire, il appelle la communauté internationale à « apporter une aide au Yémen » et demande à toutes les parties yéménites de « faire en sorte que l’acheminement sans retard de l’aide humanitaire vers les personnes qui en ont le plus besoin dans tout le Yémen puisse se faire dans des conditions d’accès total, sûr et sans entrave. »

FacebookPrintShare