Dernières nouvelles de la piraterie (12 mai 2013)

(BRUXELLES2) Temps calme sur l’Océan indien. Une seule attaque a été signalée dans le Golfe d’Aden En revanche sur l’Afrique de l’Ouest, les attaques et les alertes se succèdent, près du Togo ou du Nigeria.

Une tentative d’attaque ? dans le Golfe d’Aden

Quatre skiffs se dirigeant à haute vitesse avec trois personnes à bord de chaque skiff se sont approchés d’un tanker le 5 mai dans le Golfe d’Aden, à 13°Nord et 48° Ouest, signale le BMI, le bureau maritime international. « Ils se sont divisés en deux groupes en passant par tribord. Deux autres skiffs se trouvaient à une distance de 200 m du tanker quand l’équipe de sécurité armée a tiré des coups de semonce en résultent dans les skiffs qui ont alors arrêté l’approche et se sont éloignés. » L’incident est cependant considéré avec suspicion par le BMI, qui a décidé de ne pas le décompter dans ses statistiques. NB : cette non prise en compte illustre le propos d’un officier engagé dans la lutte anti-piraterie ayant quelques doutes sur certaines alertes qui ressemblaient plus à de l’auto-justification de l’action de gardes privés qu’à une réelle menace.

Deux attaques près de Lomé

Huit personnes dans un bateau ont accosté un pétrolier ancré dans le port jeudi (9 mai) et tenté de monter à bord. L’équipe d’alerte a repéré l’approche et sonné l’alarme. La marine togolaise a été alertée. Et un navire s’est rapproché. Pendant ce temps, les tuyaux d’incendie ont été mis en action. Et même si le bateau-pirate a tenté de contourner le navire, il a fini par abandonner toute tentative d’attaque. Tout l’équipage a été mis en sécurité.

Une autre attaque est survenue le 5 mai. Durant une opération de transfert (ship-to-ship (STS) transfer operation), un pétrolier a vu les pirates armés sur le pont du navire adjacent. L’alerte a été donnée. Les gardes à bord ont échangé des tirs avec les pirates. Un grand canot avec huit à dix pirates armés a été repéré, peu après, quittant le navire adjacent et se dirigeant vers le tanker. Voyant cela, le capitaine a demandé à tous les membres de l’équipage de se retirer dans la citadelle et a informé la Marine togolaise. Les gardes à bord ont pris les mesures nécessaires pour empêcher les pirates de monter à bord du tanker tandis que la Marine togolaise dépêchait deux navires de patrouille pour fournir une assistance et escorté le pétrolier jusqu’au port.

Le Danemark participera à la mission Ocean Shield

La frégate danoise Iver Huitfeldt engagée dans l’opération anti-piraterie Ocean Shield (OTAN) va rentrer au pays. Mais ce n’est pas un adieu définitif. Le Danemark va continuer à s’engager activement dans cette mission. Un avion de surveillance de type de Challenger devrait ainsi être envoyé environ deux mois de Septembre à Novembre dans les deux années 2013 et 2014 et la frégate Iver Huitfeldt devrait faire son retour dans l’Ocean indien en Octobre 2013 pour une période d’environ trois mois et à partir de juillet 2014 pour une période d’environ six mois.

Formation à la lutte contre l’incendie

Durant une escale à Djibouti, les marins du Carlskrona, le navire suédois engagé dans l’opération de lutte anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta, ont fait un entraînement à la lutte contre l’incendie pour 5 gardes-côtes djiboutiens.

La formation a débuté par un examen en salle de classe de techniques et de procédures anti-incendie, ainsi qu’une explication détaillée des équipements disponibles à bord du navire suédois.

Les garde-côtes ont ensuite eu l’occasion d’essayer quelques-uns des appareils respiratoires utilisés contre l’incendie à bord HSwMS Carlskrona. Et s’entraîner à l’extinction des incendies avec différents extincteurs – ici un exercice de lutte contre un incendie d’essence.

Lire ces derniers jours :

Les Russes libèrent des Italiens dans le Golfe d’Aden. Exercice…

Les équipes d’assaut russes débarquées d’un hélicoptère vont libérer le SanMarco (crédit : OTAN / Ocean Shield)

(BRUXELLES2) C’est un exercice anti-piraterie comme on les aime à l’OTAN, pour montrer que l’organisation n’a pas de frontières et peut englober au-delà de ses alliés traditionnels. Ainsi une équipe d’abordage italien du navire amiral de Ocean Shield, l’ITS SAN MARCO, se sont livré à un exercice comparé de leurs performances avec les forces d’assaut du SEVEROMORSK, mardi (26 février) dans le Golfe d’Aden.

Deux scènes

L’exercice s’est déroulé en deux actes. Premier temps, le SAN MARCO joue le rôle d’un navire détourné et l’équipe d’assaut du Severomorsk doit le libérer. Deuxième temps, les rôles sont inversés. Le Severomorsk joue le rôle d’un navire impliqué dans le trafic d’armes illégal (toute ressemblance avec une situation pouvant se jouer au large de la Syrie est bien sûr exclue :-). Et le SAN MARCO prenant le rôle du chasseur, à la recherche de preuves d’activités illégales, envoie une équipe d’arraisonnement pour inspecter le navire…

Un exercice planifié dans le cadre Otan Russie

Cet exercice n’est pas inopiné. Mais se place dans le contexte d’une coopération anti-piraterie agréé par le Conseil Russie-OTAN et qui a été planifié lors de deux réunions consécutives, en mer, des forces navales.  « Un pas significatif dans l’interopérabilité OTAN-Russie dans les activités de contre-piraterie dans l’Océan indien » affirme-t-on à l’Alliance. « C’est une étape dans la coopération entre la Russie et l’OTAN. Et j’en sûr, ses effets ne seront pas limités aux activités anti-piraterie mais offriront des perspectives d’autres type d’engagement constructif dans le futur » a ainsi expliqué le Rear Admiral Antonio Natale à la fin de l’exercice.

Un groupe pirates déjoué près des côtes somaliennes. 12 suspects arrêtés (maj3)

(crédit : ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2 exclusif) Les forces anti-pirates de l’Union européenne et de l’OTAN ont déjoué l’activité d’un groupe pirates qui sévissait dans les parages des côtes somaliennes, selon nos informations. Un navire marchand avait, en effet, été attaqué par un skiff pirates samedi (5 janvier) au large des côtes somaliennes, à environ 3° nord et 51° Est, à hauteur de Ceeldhere (région du Galguduud), entre Somalie et Seychelles. Six pirates étaient à bord du skiff, armés d’armes légères et d’un lance roquette type RPG. L’équipage du MSC Jasmine — un porte-container chypriote battant pavillon panaméen — s’est réfugié dans la citadelle. Et l’équipe de gardes privés à bord est entrée en action. Des échanges de coup de feu ont eu lieu, aucun personnel n’a été blessé à bord du navire (on ne sait pas encore si des pirates ont pu être blessés). Le navire a réussi à s’échapper poursuivant sa route vers Mombasa. Mais le signalement du skiff a été donné. Après alerte et repérage par l’avion de patrouille maritime, le skiff pirates ainsi que le bateau mère ont pu être arraisonnés.

Opération combinée air-mer, franco-américaine-allemande

(Maj) L’attaque a été confirmée tardivement par le QG de l’opération de l’UE « Atalanta ». Davantage de détails ont ainsi pu être donnés. C’est d’abord l’hélicoptère du navire américain USS Halyburton (FFG-40) de l’opération Ocean Shield, qui est intervenu. Il n’était distant que de 80 miles du lieu de l’attaque (se situant à 260 miles des côtes). Il a ainsi pu localiser le skiff suspect avec plusieurs hommes à bord : c’était le bateau mère. Une équipe américaine à bord d’un RHIB est donc intervenue pour les maintenir en état d’arrestation sur leur bateau. La frégate française Surcouf (F-711) – et son hélicoptère Lynx britannique – s’est rapprochée à grande vitesse. Elle venait de faire escale à Port-Victoria aux Seychelles jeudi. Elle a fait 200 miles en quelques heures arrivant au petit matin sur la zone permettant de prendre le relais.

Le travail important du P3 Orion

Comme le signale mon collègue Thomas Wiegold, de Augengeradeaus, un travail de repérage notable a été effectué par l’avion de patrouille maritime allemand P3 Orion. Pour l’équipe de la Bundeswehr, basée à Djibouti, c’était un jour de repos. Mais aussitôt l’alerte donnée, ils ont pris l’air. En moins de 3 heures et demie, l’avion était sur zone comme l’affirme non sans fierté le capitaine de corvette Daniel Wolfen, chef de la Task Force du P3 Orion allemand. Un temps remarquable compte tenu de tous les tests et checks list nécessaires avant tout vol en déploiement opérationnel raconte mon collègue allemand. La nuit était venue. Et c’est grâce à la caméra thermique, l’équipage de l’Orion a pu repérer, le bateau-mère, et guider à la radio l’équipage du Surcouf comme du Halyburton.

Douze suspects appréhendés

Les 12 suspects ont ainsi été appréhendés – dimanche – par les militaires français des équipages d’abordage en deux temps : tout d’abord les pirates du skiff (ils n’étaient plus que deux à bord), puis ceux du baleinier servant de bateau mère (ils étaient dix à bord). Ils ont été ramenés à bord pour plus d’investigation. « Les suspects sont actuellement interrogés pour recueillir des preuves en vue d’éventuelles poursuites judiciaires » indique-t-on ainsi au QG d’Atalanta à Northwood. Ils pourraient – si l’issue est positive – être remis aux autorités d’un pays proche — Seychelles par exemple —, si le procureur local estime les preuves suffisantes pour permettre les poursuites.

Le Surcouf vu de l’hélicoptère Lynx de la Navy britannique (Crédit : MOD ministère britannique de la Défense)

Interrogations multiples

On peut naturellement s’interroger pourquoi le navire américain n’a pas intercepté directement les pirates ? Une des explications est tout simplement la capacité plus large de poursuite des navires opérant sous pavillon européen. On peut aussi s’interroger sur le bilan des échanges de tirs côté pirates ? De ce côté aucune information. On peut surtout s’étonner du délai mis par les autorités tant d’Ocean Shield que de Eunavfor Atalanta à confirmer cet incident comme la nature de la réplique ? B2 a publié dès le 6 janvier au soir les premières informations sur cet incident. Nous avons immédiatement interrogé (dimanche) les deux QG. Aucune réponse n’est survenue. Il a fallu 48 heures pour avoir les confirmations officielles. Etonnant !

(Maj) Détails apportés sur les circonstances de l’attaque et la réplique des forces anti-pirates, le 8 janvier, rajouts de photos le 13 janvier

Un navire danois secouru de justesse des pirates par des compatriotes

L’équipe d’arraisonnement danoise à bord du MV Torm Kritina (Crédit : Otan)

(BRUXELLES2) Le navire de transport danois MV Torm Kristina a manqué de peu, samedi (15 décembre), de se faire détourner par des pirates. Alors qu’il était en route pour le port de Mascatte (Oman) pour une visite logistique, deux skiffs pirates ont fait leurs apparitions. Comme le veulent les best practices, l’équipage s’est réfugié dans la citadelle et a tout de suite envoyé un message un signal de détresse. Le HDMS Iver Huitfeldt a été chargé de lui porter assistance. Cette frégate danoise – qui opère actuellement sous pavillon de l’Otan dans le cadre de l’opération Ocean Shield -, effectuait alors une visite au port de Muscat. Au bout de seulement 3 heures et 90 miles nautiques, le bâtiment danois était sur place. A la vue de la frégate approchant, les pirates semblent ne pas avoir demandé leur reste. Et ils ont fui réalisant qu’il leur était impossible de prendre le contrôle du bateau. Une équipe d’arraisonnement du Iver Huitfeldt est ensuite montée à bord afin de s’assurer qu’aucun pirate ne soit resté à bord du navire de transport.

Aucune équipe de protection ne se trouvait à bord au moment des faits, mais celle-ci était en route a déclaré le Vice-Président de l’entreprise de transport Torm. «Torm ne traverse jamais le Golfe d’Aden sans gardes à bord» a-t-il assuré. De son côté, le vice-amiral Christian Canova, Commandant en chef adjoint du Commandement Maritime de l’Otan a une nouvelle fois insisté sur l’adoption des Best Managements Practices (BMP). «Lorsque les Best Managements Practices, telles que les citadelles, sont en vigueur à bord des navires marchands, nous sommes capables de réagir rapidement et de dissuader les pirates», a t-il déclaré.

L’Ukraine part (enfin?) en guerre contre les pirates

(BRUXELLES2) Cela fait tant de fois que cette participation a été annoncée qu’il faut être prudent 🙂 Mais l’Ukraine pourrait envoyer en 2013 un navire dans l’Océan indien pour participer à la lutte anti-piraterie.

Le vice-amiral Yurii Ilyin – qui commande la flotte ukrainienne – l’a confirmé, courant décembre, lors d’une conférence sur la sécurité maritime aux Emirats arabes unis.

C’est la frégate Hetman Sahaidachnyi (U-130) — la seule frégate de la marine ukrainienne — qui sera envoyée sur place. Elle devrait être intégrée à l’opération Ocean Shield de l’OTAN a-t-il affirmé. Selon sa fiche technique, elle peut atteindre en pleine vitesse 32 noeuds, est servie par 180 marins, et dispose à bord d’un hélicoptère Ka-27.

Dernières nouvelles de la piraterie (25 novembre 2012) (MAJ)

(BRUXELLES2) Un groupe d’attaque pirates a été localisé au nord de la zone de Bosasso par la coalition maritime anti-piraterie le 20 novembre vers 10h30. Un skiff avec une échelle et deux moteurs hors bord a ainsi été détecté à 2° nord et 41° Est mais neutralisé peu après et ses occupants arrêtés. Lire : Turcs et Roumains, aidés de Suédois et Luxembourgeois, arrêtent 9 pirates Malgré la détérioration des conditions météorologiques, dues à l’arrivée de la mousson du nord-est, les spécialistes anti-piraterie craignent une recrudescence de la piraterie dans la zone et incitent à la vigilance.

631 pirates condamnés dans le monde

Selon le Département d’Etat américain, 631 pirates ont été condamnés dans le monde, dont 98 uniquement aux Seychelles. En plus 440 suspects ont été traduits en justice dans 21 pays, dont les États-Unis.

(crédit : Eunavfor)

Le Regele Ferdinand à Dar es Salaam

Le navire roumain, Regele Ferdinand, qui participe à l’opération anti-piraterie de l’Union européenne (Eunavfor Atalanta) a fait un stop ravitaillement au port de Dar es Salaam en Tanzanie. L’occasion de faire une formation de marins tanzaniens. Les marins roumains ont organisé quatre ateliers, couvrant la navigation, la « force protection », les premiers secours et la lutte contre l’incendie. La formation comprenait une instruction théorique, en salles de classe, ainsi qu’un exercice pratique. La frégate a aussi reçu à bord le chef adjoint de la marine pour les opérations et la formation, le général AA Mwenjudi.

(crédit : Royal Navy)

Le HMS Northumberland arrive dans le golfe

La frégate britannique HMS Northumberland est en ce moment en Crète afin de compléter un entraînement de 5 jours au sein des installations de l’OTAN. Après quoi, elle prendra la direction du golfe d’Aden et de l’Océan Indien pour des opérations anti-piraterie, anti-narcotique et anti-terrorisme pour une durée de six mois, pour y remplacer son « sister ship » le HMS Sutherland. La frégate de la Royal Navy revient d’un entraînement intensif au sein de l’exercice franco-britannique Corsican Lion en mer Méditerranée. Et a subi auparavant au port de Plymouth une grande révision (Lire : Les Royal(es) encerclent la Corse). De type 23, elle dispose d’un Sonar 2087 et d’un hélicoptère Merlin adapté à la lutte anti sous-marine. Elle est commandée par Paddy Dowsett.

La Norvège à la tête d’Ocean Shield pour la deuxième moitié de 2013

L’OTAN a demandé à la Norvège de prendre les commandes du Standing NATO Maritime Group 1 (SNMG1) pour le deuxième semestre 2013. La frégate norvégienne (qui sera de nouvelle génération) et son commandement prendront donc aussi les rênes de l’opération Ocean Shield. Ce n’est pas la première fois que le Royaume de Norvège contribue aux missions anti-piraterie. Elle avait envoyé une frégate pour l’Opération Atalante d’août 2009 à janvier 2010 et un avion de patrouille maritime Orion sur Ocean Shield en 2010.

14 pirates condamnés à Madagascar

Les 14 pirates somaliens du Mv Aly Zoulficar, ce navire comorien, qui faisait la navette entre les Comores et la Tanzanie, ont été condamnés, le 19 novembre, à Madagascar, rapporte la presse locale. 13 des 14 pirates ont été condamnés à cinq années de travaux forcés, pour acte de piraterie, séquestration arbitraire, coups et blessures, des violences et voies de fait, et tentative de viol à Madagascar. Le 14e, un mineur à l’époque des faits, écope de 30 mois de détention et a été placé en liberté provisoire. Ils avaient capturé le navire au large des côtes de la Tanzanie en novembre 2010. Celui-ci avait été libéré, en février 2011, par une opération combinée des forces comoriennes et malgaches, aidés d’avions de reconnaissance de l’opération Eunavfor Atalanta et du CROSS français de la Réunion, selon les informations de B2.

Sur ce sujet, lire aussi :

La frégate anti-sousmarine française Dupleix secourt un dhow yéménite

(crédit : Eunavfor)

Le bateau de pêche yéménite « Al Fahad » dérivait dans le couloir de navigation très fréquenté dans l’ouest du Golfe d’Aden pour cause de problème mécanique. Son appel de détresse a été reçu au USNAVCENT, le centre de commandement naval américain à Bahreïn. Un avion de patrouille maritime japonais et un hélicoptère de la frégate RSS Intrepid de Singapour ont alors décollé pour localiser l’embarcation et confirmer le problème de moteur. La seconde partie de l’opération de sauvetage s’est passée en mer. La CTF 465, c’est à dire le commandement de l’opération Atalante à bord du bâtiment italien l’ITS San-Giusto, au large de Monbasa, a commandé la frégate française anti-sous-marine, le FS Dupleix, qui participe également à l’opération Eunavfor Atalanta, d’apporter assistance aux pêcheurs. Dans la nuit du 21 novembre, le mécano du Dupleix a fait une réparation de fortune sur un moteur bien fatigué. Tandis que l’équipe médicale de bord prodiguait quelques soins à l’équipage, tout aussi épuisé. Le dhow a pu reprendre ensuite sa route vers Bossasso (Somalie). Quant au Dupleix, il a rejoint l’International Recommended Transit Corridor (IRTC) où il assurera sa mission anti-piraterie.

(mis à jour le 26/11 à midi)

Autres nouvelles de la piraterie, lire :

Les marins d’Ocean Shield à la rencontre des pêcheurs somaliens

(BRUXELLES2) A bord de leurs bateaux gonflables, les marins de la mission anti-piraterie de l’OTAN «Ocean Shield» se sont lancés, cette semaine, à l’assaut… des dhows et autres petites embarcations de pêcheurs. Assaut pacifique ! L’objectif de cette nouvelle tactique est d’entrer en contact avec les marins locaux, de discuter avec eux, les rassurer et échanger des informations sur les groupes de pirates. Et puis surtout se faire voir, afficher la présence des forces de sécurité internationales jusque sur la côte et décourager ainsi les potentiels candidats à la piraterie. «Nous savons que les pirates ont de plus en plus de mal à rester longtemps indétectés en mer. (…) Nous voulons également rendre la tâche difficile aux pirates pour prendre la mer en premier lieu» explique le Contre-amiral Ben Bekkering, commandant de la force d’intervention.

(Crédit : Ocean Shield)

Un contact qui rassure des deux côtés

Si la visite des matelots du HNLMS Rotterdam, du HDMS Iver Huitfeldt et de l’USS Halyburton rassurent la population locale, les échanges de vues avec ces derniers rassurent également les hommes de la force internationale. «Nombreux sont ceux de mon équipage qui en sont à leur troisième déploiement anti-piraterie. Ils entendent parler des chiffres en baisse. En rencontrant les pêcheurs et en échangeant leurs expériences, non seulement cela leurs (aux marins) donne une vision concrète, mais ça leurs confirme aussi que leurs efforts font la différence» précise le Commandant de l’USS Halyburton Bertram C. Hodge.

D’autres opérations similaires à l’agenda

La force de l’OTAN devrait continuer ses opérations le long des côtes. Continuer auprès des marins bien-sûr, mais d’autres initiatives sont prévues. Notamment rencontrer, sur le terre ferme, les doyens des villages côtiers ou encore mettre en place des visites médicales afin d’isoler et de pousser les pirates encore plus loin de la côte.

Les pirates de l’Izurdia transférés en Espagne

(crédit : armée espagnole)

(BRUXELLES2) Un Boeing 707 de l’armée de l’Air a pris en charge à Djibouti les six pirates soupçonnés d’avoir attaqué le thonier espagnol Izurdia. Escortés par une unité de la police de la marine, il a atterri à la base aérienne de Torrejón de Ardoz (pès de Madrid) mercredi (31 octobre). Et les suspects ont été remis à la police nationale.

Ils avaient été arrêtés, le 10 octobre, par les militaires néerlandais du HNLMS Rotterdam (qui participe à l’opération Ocean Shield), qui ont utilisé un hélicoptère et un drone. Avant de se faire arrêter, les pirates ont eu cependant le temps de jeter leurs armes, parmi lesquelles un RPG-7 a été repéré. Cette technique des pirates étant désormais régulière, les marins participant aux opérations multi-nationales de lutte contre la piraterie ont pris l’habitude de prendre des photos permettant d’identifier les armes à bord des skiffs comme lors de leur appréhension. Parmi les 7 suspects arrêtés, un était mineur et a été relâché. Pour les six autres, le tribunal central d’instruction n ° 3 de l’Audiencia Nacional a reconnu sa compétence et décrété leur transfert en Espagne.

Le « Castilla » de la marine espagnole – qui participe à l’opération Eunavfor Atalanta – a pris en charge les suspects et les a transféré à Djibouti, pour un rapatriement aérien vers l’Espagne.

Lire aussi : Un thonier espagnol espagnol attaqué, 7 suspects embarqués

Les Néerlandais apportent la première aide au MV Orna

Le Rotterdam (premier plan) escorte le Mv Orna (second plan) remoqué (crédit : marine néerlandaise)

(B2) Le MV Orna, cargo émirati, a été libéré samedi (20 octobre) par les pirates somaliens. Le navire néerlandais de guerre amphibie Rotterdam (qui est un des deux navires de la force Ocean Shield de l’OTAN) était non loin du lieu de libération, il s’est rendu le premier sur les lieux pour apporter le soutien médical nécessaire aux ex-otages. «L’équipage était soulagé de nous voir (…) Nous avons procédé à des examens médicaux, fourni de l’eau, de la nourriture, et une oreille attentive de manière générale. L’équipage est en relative bonne santé physique» a déclaré le Lieutenant Commandant Rijkers, docteur à bord.

Le cargo avait été enlevé au large des Seychelles en décembre 2010. Les pirates ont annoncé avoir laissé partir le cargo après avoir reçu une rançon d’environ 400.000 $, même si cette information reste à confirmer. Ils retiennent toujours le capitaine, l’ingénieur en chef ainsi que 4 membres des 19 membres d’équipage, jusqu’à ce qu’une autre rançon soit payée. Des sources somaliennes avait également mentionné il y a peu la mort d’un des otages. Lire aussi : Un otage tué par les pirates, un autre blessé à bord du Mv Orna

Un thonier espagnol espagnol attaqué, 7 suspects embarqués

Arrestation des suspects par la force d'intervention du Hr Ms Rotterdam (crédit : marine néerlandaise)

(BRUXELLES2) Les pirates ont encore quelques ressources. Et l’approche de la fin de la mousson signifie pour eux l’ouverture d’une nouvelle saison de « chasse ». Le thonier basque « Izurdia » – qui appartient à l’armateur Atunsa – en a fait les frais cette semaine. Il a été attaqué par des pirates mercredi après-midi (10 octobre), vers 2 heures locales (17h Madrid) alors qu’il naviguait à environ 330 miles de la capitale somalienne au sud est de Mogadiscio, à la position 00.26° Nord, 50.39° Est. Les agents de sécurité ont effectué des tirs d’intimidation sur leurs attaquants. Et le capitaine du navire a poussé les moteurs à toute vitesse, rapportent nos collègues de Deia, le quotidien basque espagnol. Les assaillants ont alors abandonné.

L’appel de détresse avait été répercuté rapidement sur les Etats-Majors anti-piraterie de l’OTAN et de l’UE. « Après coordination entre les états-majors de l’OTAN et de l’UE des groupes de travail, c’est finalement le Rotterdam qui a été chargé d’intercepter les pirates », raconte le commandant Bekkering, chef de la force de la CTF 508 (OTAN). Un skiff a été repéré. Et l’hélicoptère de bord, un Cougar, a effectué des tirs de semonce pour stopper sa fuite. Ce qui a permis à l’équipe d’arraisonnement de se saisir des 7 suspects qui se trouvaient à bord.

C’est la seconde tentative des pirates sur les thoniers en quelques jours. Le 2 octobre, en effet, le Doniene – qui appartient au même armateur – avait été accroché par un autre skiff suspect, heureusement sans suite. L’Izurdia, lui-même, avait déjà fait l’objet d’une attaque pirate est attaqué par les pirates, mais il y a trois ans, en septembre 2009, au plus fort des attaques des pirates contre les pêcheurs basques, galiciens et bretons.

Ne pas baisser la garde maintenant !

détachement VPD de la marine néerlandaise (Crédit : Ministère néerlandais de la Défense)

(BRUXELLES2) « Malgré les récentes nouvelles encourageantes, le temps n’est pas à la diminution des efforts » ! Le message adressé aux membres de l’industrie du transport maritime a d’autant plus de force qu’il a été adressé conjointement par les trois principales forces anti-piraterie en coalition – de l’UE (Eunavfor Atalanta), de l’OTAN (Ocean Shield) et de la coalition emmenée par les Américains (CTF 151). Si la chute des faits de piraterie est bien réelle (le Bureau maritime international vient d’annoncer une chute de 54% de la piraterie au niveau mondial) et se perpétue, mois après mois, les chasseurs de pirates, eux, craignent de voir les propriétaires de navires commerciaux relâcher leurs efforts et à délaisser une partie des mesures de sécurité prises. Mesures qui peuvent effectivement paraître lourdes aux armateurs, couteuses en termes financiers comme de logistique ou de personnel sur le navire.

Le succès tactique est réversible

Pour le commandant adjoint de l’opération Atalanta, le contre-amiral italien Gualtiero Mattesi : «Nous avons devant nous un succès tactique mais réversible. Il est essentiel que la pression sur les pirates et sur leur business model soit maintenue, voire amplifiée. Le contexte stratégique comme la situation en Somalie permettant aux pirates d’agir n’a pas encore fondamentalement changé ». « En joignant leurs forces, les efforts contre la piraterie sont aujourd’hui plus efficaces et peuvent faire plus qu’aucun navire, marine, pays ou organisation seule » poursuit-il. Mais « même avec toute cette présence militaire, les efforts de nos forces navales ne peuvent garantir la sécurité de la région ». L’application des meilleurs pratiques – Best Management Practices » qui en est aujourd’hui à sa version 4 (BMP4 à télécharger ici) est donc plus que jamais de rigueur.

Un message adressé tout autant à l’industrie qu’aux gouvernements

Une crainte déjà exprimée à plusieurs reprises par plusieurs interlocuteurs qui s’adresse non seulement au monde de l’industrie mais aussi aux gouvernements. Le même contre-amiral Mattesi avait déjà averti, lors d’un récent séminaire tenu durant l’été à Paris : « Les récents progrès sont réversibles si on ne s’attaque pas aux sources de la piraterie. Il faut maintenir les BMP et les capacités des forces sur zone tout en renforçant la capacité des États régionaux sur le terrain. Cela prendra du temps ». Et l’amiral Jacques Launay, chef d’Eucap Nestor, nous l’avait confirmé également. Eucap Nestor, ce n’est pas une exit strategy pour l’opération anti-piraterie en mer, du moins pas seulement. « Une fois qu’on aura vu la combinaison de ces effets à terre, on pourra alors songer à réduire la voilure en haute mer.»

Marines de tous les pays, unissez-vous ?

La crainte exprimée aussi, mezzo vocce, par de nombreux officiers (de marine), de responsables de la défense ou de la lutte anti-piraterie, est que les Etats, profitant de ses bons résultats, songent peu à peu à réduire les effectifs sur place des différentes marines. Et, dans la foulée, certains programmes d’équipement ou de renouvellement de flotte. Une option qui n’est pas théorique à l’heure où le poids de la dette et des restrictions budgétaires pèsent sur tous les budgets de l’Etat européens ou occidentaux. Pour les marines des différents pays engagées, ces opérations sont, en effet, non seulement la démonstration de leur savoir-faire et de leur efficacité mais aussi de leur utilité, concrète, au service de l’économie et de la population de leur pays. Témoin le bon indice de réponse des Néerlandais dans un récent sondage qui estimaient qu’on pouvait couper le nouvel avion JSF et nombre de dépenses des armées mais pas la lutte contre la piraterie (lire : Aux Pays-Bas, le repli sur soi devient la norme). Un parapluie non négligeable, dans la bataille qui s’amorce dans chaque pays entre les « Financiers » d’un coté, et les différents Etats-Majors de l’autre, voire entre les Etats majors, en ces temps où s’exerce avec férocité, le « coupe-coupe » budgétaire…

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