Six pirates somaliens condamnés à la prison en Espagne

(BRUXELLES2) L’Audiencia Nacional espagole a condamné à une peine sévère — 16 ans et demi de prison —, mercredi (4 février), les six pirates qui avaient tenté d’attaquer le thonier basque « Izurdia » dans l’Océan indien en octobre 2012.

Adawe Yusuf Ali, Abdi Ali Salad, Ise Abdilahi Jama, Yahye Ali Omar Hasan, Mahamed Ali Hirsi ont été reconnus coupables d’appartenance à une organisation criminelle, ainsi que deux autres pirates, pour avoir attaqué le thonier basque avoir résisté à leur arrestation et participé à l’attaque contre d’autres navires. Le magistrat espagnol Javier Echarri Fermín n’a pas vraiment considéré comme crédible la version des accusés qui avaient assuré qu ‘« ils pêchaient », souligne l’agence Europapress qui rapporte l’information.

Un réseau structuré

Les membres de ce « groupe était « expérimentés » ont relevé les juges. Nombre d’entre eux avaient participé à l’enlèvement d’autres navires, comme l’a souligné ces experts fondée sur un rapport du renseignement analysant les empreintes digitales et les messages localisés dans les téléphones mobiles qui avaient été saisis. « Tous les accusés faisaient partie d’une organisation dédiée à la piraterie, basée à Harare » ont dit les juges, ajoutant que c’était un réseau « permanent, hiérarchisé, avec un partage des responsabilités, un financement et des armes de guerre ».

Attaque en octobre 2012

Les pirates avaient fait une tentative d’attaque au RPG et à l’AK-47 contre le navire thonier. Mais l’attaque avait été repoussée par les gardes privés du thonier. Les pirates avaient pris la fuite à bord de leur skiff mais avaient été repérés par les moyens aériens déployés par les forces européennes. Un navire néerlandais, le Rotterdam, participant à l’opération maritime de l’OTAN « Ocean Shield », à 200 miles au large des côtés somaliennes avait été chargé de procéder à leur interpellation (lire : Un thonier espagnol espagnol attaqué, 7 suspects embarqués). 7 suspects avaient ainsi été arrêtés et transférés sur un navire espagnol, le Castilla, pour les amener à Djibouti. Sur les 7 suspects, un était mineur et avait été relâché. Pour les six autres, le tribunal central d’instruction n ° 3 de l’Audiencia Nacional avait reconnu leur compétence et décrété leur transfert vers une juridiction espagnole. Un avion de la force aérienne espagnole, spécialement affrété, les avait rapatriés, fin octobre en Espagne. (lire : Les pirates de l’Izurdia transférés en Espagne).

 

(NGV)

3 pirates somaliens arrêtés par les Danois en 2012 acquittés aux Seychelles. Manque de preuves

(BRUXELLES2) La Cour d’appel des Seychelles vient d’acquitter trois pirates emprisonnés aux Seychelles et ordonné le rapatriement vers leur pays. L’arrêt rendu, vendredi 12 décembre, casse ainsi le jugement de la Cour suprême de Port-Victoria (*) qui avait condamné deux d’entre eux à des peines de 21 ans et le troisième de 14 ans (mineur de 16 ans).

Preuves insuffisantes

Dans son arrêt, la Cour d’appel souligne que les « preuves insuffisantes pour prouver qu’ils étaient effectivement pirates ». Elle met aussi en garde le parquet de « s’assurer d’avoir des preuves concrètes avant de poursuivre des suspects », selon nos confrères du quotidien seychellois « Today », repris par l’agence Seychelles news. Le « Principal State Counsel » (avocat général) David Esparon a détaillé ce problème de collecte des preuves sur la chaine de télévision, SBC. Le ministère public « doit compter sur le témoignage des gardes côtes ou les équipages des forces navales internationales ». Ce qui n’est pas toujours évident. La Cour d’appel a d’ailleurs « proposé des amendements au code pénal sur la poursuite des pirates qui devraient être examinés par l’attorney général », a-t-il indiqué.

Jugés pour l’attaque d’un dhow iranien

Les trois hommes faisaient partie d’un groupe de suspects arrêtés par un navire danois, l’Absalon (partie prenante de l’opération de l’OTAN Ocean Shield), près des côtes somaliennes, le 7 janvier 2012, lors d’une opération de libération d’un dhow iranien, le FV Tahiri (ou Jelbut 40 selon la dénomination utilisée par les forces navales internationales pour les dhows non marqués). 14 marins iraniens et pakistanais avaient alors été libérés et 25 suspects arrêtés.

25 arrêtés, 8 remis à la justice

Selon la base de données de B2, 17 d’entre eux avaient simplement été désarmés et relâchés par les forces danoises. Tandis que 8 pirates livrés à la justice au terme d’une course contre le temps et d’efforts importants de la diplomatie danoise pour les faire juger (Lire : Les pirates du dhow iranien toujours à bord de l’Absalon). 4 avaient ainsi été remis au Kenya en février 2012 (Lire : 4 suspects remis au Kenya par le Danemark) et 4 autres aux Seychelles (Lire : Et 18 suspects de plus aux Seychelles). A noter que le quatrième pirate somalien, jugé aux Seychelles, a abandonné l’appel et rapatrié au Puntland pour purger la peine de 21 ans infligée.

111 pirates transférés en Somalie, 41 jours présents aux Seychelles

Depuis 2009, et le début des procès aux Seychelles, 111 pirates somaliens détenus dans la prison des Seychelles ont déjà été rapatriés en Somalie, dans les deux centres de détention rénovés (ou construits), avec l’aide de l’ONUDC (l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime) à Garowe (Puntland) ou à Hargeysa (Somaliland).

41 pirates somaliens étaient toujours détenus à la prison de Montagne Posée, dans la partie ouest de l’île principale (y compris les 3 pirates jugés le 12 décembre), selon des statistiques d’octobre, mentionnées par Seychelles news. 25 pirates somaliens ont déjà été condamnés et sont en attente de transfert vers l’une des deux prisons dans le Puntland et le Somaliland. 16 autres sont toujours en détention provisoire en attente de procès.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(*) Les appellations des tribunaux sont parfois trompeuses entre le droit anglo-saxon et le droit latin. La Cour suprême est plutôt le tribunal de dernière instance en matière pénale. Tandis que la Cour d’appel est le tribunal le plus élevé dans la hiérarchie judiciaire.
la frégate Navarra en escorte d'un navire du PAM - le programme alimentaire mondial (crédit : Eunavfor Atalanta)

Une attaque déjouée en Mer rouge. La piraterie en mode « veille active » ?

la frégate Navarra en escorte d'un navire du PAM - le programme alimentaire mondial (crédit : Eunavfor Atalanta)

la frégate Navarra en escorte d’un navire du PAM – le programme alimentaire mondial (crédit : Eunavfor Atalanta)

(BRUXELLES2) Même si la situation dans l’Océan indien n’a rien à voir avec ce qui se passait il y a 2 ou 3 ans, la menace de la piraterie reste visible, comme le prouvent une attaque et une autre approche suspecte aux deux bords de la zone du Golfe d’Aden et du Golfe d’Oman, survenues ces derniers jours.

Un vraquier a, en effet, été attaqué lundi (18 août) dans le détroit de Bab El Mandeb en Mer rouge, alors qu’il naviguait entre l’Erythrée (non loin de Djibouti) et le Yemen, dans une zone située à 12.52 nord et 43.14 Est. Quatre skiffs se sont rapprochés assez près du navire, à environ 1,5 mille nautique (environ 2800 m.), relatent les sources maritimes, tandis qu’un bateau mère semblait stationner non loin de là, à environ 4 milles. Le capitaine a donné l’alarme et entamé des manoeuvres de diversion — accélération de la vitesse, évitement — et mis à l’abri le personnel non nécessaire dans une « citadelle ». Les skiffs se sont rapprochés jusqu’à 0,5 mille. Et le doute sur les intentions des occupants de ces bateaux n’était pas permis. Une échelle était visible dans un des skiffs avec 6 personnes à bord. Les gardes de sécurité privée, présents à bord du navire marchand, ont dû montré leur armes — sans qu’on puisse savoir s’il y a eu tirs directs — pour obtenir que les assaillants rebroussent chemin.

Une autre approche « suspecte » a été signalée, samedi (16 août), dans le Golfe d’Oman, entre Oman et Pakistan, par le centre de sécurité maritime de l’OTAN. Un navire marchand a été approché par 2 skiffs. Les gardes de sécurité à bord ont utilisé des tirs de fusée d’avertissement ; les skiffs ont stoppé leur approche après que les gardes aient montré leurs armes.

La force anti-piraterie de l’Union européenne (EUNAFOR Atalanta) est actuellement commandée par un Italien, le Rear Admiral Guido Rando, à bord du ITS Andrea Doria et compte 3 autres navires : le navire auxiliaire FGS Berlin, la frégate espagnole ESPS Navarra, la frégate de commandement et défense aérienne HNLMS De Zeven Provinciën, avec à bord un hélicoptère NH90 et une équipe d’abordage de marins maltais.

De son côté la force anti-piraterie de l’OTAN (Ocean Shield) est composée du SNMG1 – le Groupe maritime permanent de l’OTAN – sous le commandement du contre-amiral danois Aage Buur Jensen à bord du HDMS Absalon. Il comprend 2 autres frégates : le FGS Magdeburg (Allemagne) et l’USS Taylor (USA) et devrait également bénéficier du renfort du navire italien ITS Mimbelli.

(NGV)

L'Evertsen lancée à pleine machine (crédit : marine Néerlandaise)

Dernières nouvelles de la piraterie (1er février 2014)

(BRUXELLES2)

Seconde patrouille pour le Hetman Sahaydachnyi

La frégate ukrainienne Hetman Sahaydachnyi a fini sa seconde patrouille dans le mandat d’EUNAVFOR Atalanta durant lequel il a notamment procédé à « plusieurs visites et approches « amicales » de petits navires » de pêche ou de commerce, apprend-on auprès de la marine ukrainienne. Après une escale, fin janvier, dans le port de Djibouti pour le soutien logistique, ravitaillement et procédures de maintenance, elle a mis le cap sur le port de Salalah (Sultanat d’Oman).

La frégate néerlandais en relève pour Ocean Shield

La frégate néerlandaise Evertsen a quitté dimanche dernier (26 janvier) son port d’attache de Den Helder pour se rendre dans le Golfe d’Aden, dans le cadre de l’opération anti-piraterie de l’OTAN (Ocean Shield). Elle devrait arriver dans la zone la semaine prochaine. A son bord un hélicoptère NH90 ainsi qu’une équipe d’abordage du corps des marines. Les Pays-Bas ont fourni régulièrement depuis 2008 un navire dans les opérations engagées au large de la Somalie contre les pirates, soit au titre de l’OTAN, soit au titre de l’UE.

L'Evertsen lancée à pleine machine (crédit : marine Néerlandaise)

L’Evertsen lancée à pleine machine (crédit : marine Néerlandaise)

Le Francesco Mimbelli franchit le canal de Suez

Un destroyer italien précède juste son homologue néerlandais. Le Francesco Mimbelli, a passé le Canal de Suez, le 29 janvier, et est entré dans les eaux de la mer rouge pour participer à la mission  » Ocean Shield « , annonce l’Etat-major de la marine italienne. Il était parti de la base navale de Tarente , le 18 janvier dernier. A bord un équipage de 330 hommes et femmes, dont le détachement groupe aérien (pour l’hélicoptère), des fusiliers-marins de San Marco et un commando des forces spéciales marines (Comsubin ou Comando Subacqueo Incursori).

Le Mimbelli dans le canal de Suez  (crédit : Marine italienne)

Le Mimbelli dans le canal de Suez
(crédit : Marine italienne)

Rotation des équipes de surveillance et patrouille aérienne de EUNAVFOR Atalanta 

La mission européenne de lutte contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique compte sur une nouvelle équipe de surveillance et patrouille aérienne. La 33ème relève a été faite par les Espagnols des Forces aériennes maritimes de Patrouille et reconnaissance (MPRA en anglais) dans le ciel de Djibouti le 23 janvier 2014. En plus de la reconnaissance maritime, le MPRA est utilisé pour les missions de recherche et sauvetage. La mission des pilotes et du personnel de maintenance a une durée de deux mois. Depuis la base militaire de Palma de Majorque, l’équipe de la 32ème rotation a réalisé 25 vols et a cumulé plus de 200 heures de vols.

(Crédits : EUNAVFOR Somalia)

Les 44 membres du MPRA espagnols  (Crédits : EUNAVFOR Somalia)

On ravitaille…

Trois navires de l’opération européenne de lutte contre la piraterie au large de la Somalie (EUNAVFOR Somali) ont fait le plein auprès du navire américain USNS Joshua Humphreys. Le TCD Siroco, le FGS Hessen et l’ESPS Tornado se sont ainsi donné rendez-vous dans le bassin somalien pour se ravitailler. Le jour antérieur, c’est l’ITS Libeccio qui a pu bénéficier de la « pompe flottante » du Joshua Humprheys.

(Crédits : EUNAVFOR Somalia)

Ravitaillement simultané de deux navires de l’Eunavfor Somalie (Crédits : EUNAVFOR Somalia)

 

Exercice anti-incendie à Djibouti

Le 15 janvier, le port de Djibouti a été le théâtre de la formation de 20 gardes-côtes et militaires somaliens en matière de lutte contre les incendies. Les formateurs de la mission civile EUCAP Nestor ont été accompagnés par une équipe de la frégate allemande FGS Hessen, navire de la mission européenne de lutte contre la piraterie EUNAVFOR Somalia, qui a accueilli l’exercice. Suite à un briefing théorique, les formateurs européens ont réalisé une démonstration. Les gardes-côtes djiboutiens ont mis en pratique la formation dans un exercice réel.

 (Crédits : EUNAVFOR Somalia)

Rencontre de l’ESPS Tornado avec les officiers Coréens

Le Lieutenant Commander Juan Belizon, à la tête du navire espagnol ESPS Tornado, a accueilli mardi 14 janvier le captain Choi Sung-Mok, commandant du navire sud-coréen participant à l’opération CMF – d’impulsion américaine – pour la lutte contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique. Les deux commandants se sont accordés sur la nécessité de continuer à collaborer pour éviter une recrudescence de la piraterie. Le Commandant Belizon a assuré « qu’il n’y a pas de doute que lorsque nous travaillons ensemble, nous sommes plus forts, ce qui rend plus difficile les attaques pirates. Cette opérations nous donne une occasion unique de connaitre des navires du monde entier, et d’avoir une meilleure connaissance de leurs fonctionnements. »

(Crédits : EUNAVFOR Somalia)

Le commandant de l’ESPS Tornado fait un tour de visite à ses homologues coréens, lors de son passage à Salalah (Crédits : EUNAVFOR Somalia)

(informations rassemblées par Nicolas Gros-Verheyde et Leonor Hubaut)

Lire aussi :

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Dernières nouvelles de la piraterie (29 déc. 2013)

(BRUXELLES2) Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens ! • Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti • Procès reporté à l’ile Maurice • Formation pour la marine tanzanienne • Drone britannique à l’assaut des pirates • Un plan d’action pour le Somaliland

Toujours près de 50 marins otages des pirates somaliens !

Avec la diminution de la menace de la piraterie et la libération de presque tous les marins otages des pirates somaliens, on pourrait les oublier. Mais, au dernier bilan, il reste toujours 49 marins otages aux mains des pirates fin 2013 ! La plupart sont retenus prisonniers depuis de longs mois déjà, voire de longues années, et viennent du continent asiatique. Leurs pays et leurs armateurs semblent les avoir un peu abandonnés à leur sort. Citons-les : 4 marins thaïlandais du FV Prantalay (un navire de pêche thaïlandais), qui sont retenus depuis avril 2010 (3 ans 1/2 !) ; 11 marins du MV Albedo (7 Bangali, 2 Sri Lankais, 1 Indien et 1 Iranien, retenus prisonniers depuis novembre 2010), leur navire a coulé cet été  ; 7 marins indiens du navire norvégien MT Asphalt Venture ; et les 27 marins taïwanais, philippins, indonésiens, chinois et vietnamiens du FV Naham 3 (un navire thaïlandais).

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Le Premier ministre M. Rajoy se rend à bord de la frégate espagnole (crédit : marine espagnole)

Visite du Premier ministre espagnol à Djibouti

Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol a rendu visite à Djibouti, le 22 décembre, aux militaires espagnols engagés dans la lutte anti-piraterie tant au sein de l’OTAN que de l’Union européenne. Cette présence « est essentielle pour la protection des navires marchands qui transitent dans la zone, les pêcheurs comme les navires du Programme alimentaire mondial de l’ONU » a-t-il déclaré selon le communiqué diffusé par la Moncloa. Le Premier ministre est ainsi monté à bord de la frégate Alvaro de Bazan qui commande la mission Ocean Shield (OTAN) et a rendu visite au détachement de l’avion de patrouille maritime P3 Orion (EUNAVFOR Atalanta) qui est situé sur la base aérienne de Djibouti. Il a également rencontré le président djiboutien, Ismail Omar Guelleh.

Procès reporté à l’île Maurice

Le procès des 12 présumés pirates arrêtés par la frégate française Surcouf après l’attaque du MSC Jasmine se poursuit à l’Île Maurice mais à vitesse lente. Des officiers américains devraient être entendus en janvier et des officiers français à la mi-février. Transférés sur l’île en janvier, leur procès a d’abord pris comme du retard. Un prisonnier, malade, est toujours hospitalisé. Et certains d’entre eux se plaignent d’avoir été battus par leurs gardiens (les gardes-chiourmes), comme le souligne le quotidien de l’île, le Mauricien. Les arguties de procédure se multiplient. Les avocats de la défense contestent notamment chacune des preuves présentées, notamment le fait que les suspects ont été photographiés. Ils estiment aussi que les preuves, ramenées par un policier mauricien de Djibouti et fournies par la marine française n’ont pas été suffisamment sécurisées pour être valables. Lire aussi : Un groupe pirates déjoué près des côtes somaliennes. 12 suspects arrêtés

(crédit : marine espagnole)

(crédit : marine espagnole)

Formation pour la marine tanzanienne

Lors de leur escale au port de Dar Es Salaam, les marins espagnols du patrouilleur ESPS Tornado ont organisé, à la mi-décembre, une formation pour la marine tanzanienne. 19 membres de la marine tanzanienne ont ainsi reçu un briefing sur les opérations d’embarquement, suivi par un exercice d’embarquement.

Drone britannique à l’assaut des pirates

Le premier drone Scan Eagle de la Royal Navy a effectué son premier vol opérationnel à la mi-décembre. Lancé par une catapulte du pont du RFA Cardigan Bay, il a ensuite été récupéré  par un filin sur le côté du navire. Il sera utilisé dans « peu de temps », a précisé le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, à la presse lors d’une visite sur la base aérienne de  Waddington, « pour repérer les pirates » dans l’océan Indien. C’est la première fois que cette base secrète de la RAF, située dans le Lincolnshire, utilisée pour piloter les drones Reaper en Afghanistan, est ouverte à la presse (lire reportage dans le Daily Express et dans le Telegraph avec une video de ITN). Ce ScanEagle est un des deux drones acquis en juin dernier par la Royal Navy auprès de Boeing, pour un coût de 30 millions £ les deux. A noter que la marine néerlandaise utilise déjà ce type de drones, dont l’un s’est écrasé en mer. Lire : Un drone néerlandais s’écrase en merDe l’utilité des drones dans la lutte anti-pirates

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

(crédit : Eunavfor Atalanta / Eucap Nestor)

Un plan d’action pour le Somaliland

Un plan conjoint, listant les programmes et activités futurs, de la mission européenne EUCAP Nestor au Somaliland a été adopté, dimanche (15 décembre). Une « étape capitale » pour la coopération technique entre les deux missions européennes (EUCAP Nestor et Atalanta) et le gouvernement de la province autonome, comme l’ont rappelé les responsables de missions européennes Etienne de Poncins (EUCAP Nestor) et le contre-amiral Hervé Bléjean (Eunavfor) qui recevaient au large de Berbera, à bord du FS Siroco, le navire-amiral de la force européenne anti-piraterie (Eunavfor), plusieurs responsables politiques du Somaliland, dont le vice-président du Somaliland, Abdirahman Abdallahi Ismail Saylici.

Suspects somaliens rapatriés

7 pirates somaliens, condamnés au Kenya, ont été rapatriés fin novembre vers Galkayo en Somalie pour achever leur peine. C’est l’UNODC qui a pris en charge leur rapatriement dans le cadre d’un accord Kenya-Somalie. De la même façon, 14 Somaliens qui avaient été arrêtés aux Maldives ont été rapatriés. Mais eux sont libres, les Maldives ont refusé de les juger, estimant leur législation pas adéquate aux questions de piraterie. Ils ont, en fait, été expulsés comme immigrants clandestins.

Nicolas Gros-Verheyde

(crédit : marine ukrainienne)

L’Ukraine rejoint l’Union européenne. ласкаво просимо

(crédit : marine ukrainienne)

(crédit : marine ukrainienne)

(BRUXELLES2) La nouvelle peut paraitre surprenante. Certes le gouvernement ukrainien n’a pas signé l’accord d’association de l’UE. Mais une frégate ukrainienne se joindra bien dans quelques jours à l’opération anti-piraterie de l’Union européenne, EUNavfor Atalanta, au large de la Somalie. La frégate ukrainienne Hetman Sahaydachnyi, qui a passé deux mois et demi au sein de l’opération « soeur » de l’OTAN, Ocean Shield, sera alors placée sous commandement français (lire : L’ancien pacha de la Jeanne d’Arc à la tête d’EUNavfor).

Un véritable défi

Comme le précise à B2 le vice-amiral d’escadre Christian Canova, chef adjoint de Marcom à l’OTAN et Ocean Shield, « l’effort est important pour la marine ukrainienne. Cela peut paraître anodin pour nos pays de déployer un bateau dans l’Océan indien. Pour l’Ukraine non… » C’est la première fois qu’un navire ukrainien évolue, en effet, aussi loin de sa base. La dernière fois… c’était avant l’indépendance, sous l’URSS. « C’est un défi à la fois logistique, il faut intégrer des règles d’engagement, des systèmes de communication, différents. Et ils basculent d’un commandement à l’autre. » ласкаво просимо

 

l'arrestation des suspects par les commandos danois le 10 novembre (crédit : marine danoise)

Les neuf suspects transférés aux Seychelles

l'arrestation des suspects par les commandos danois le 10 novembre (crédit : marine danoise)

l’arrestation des suspects par les commandos danois le 10 novembre (crédit : marine danoise)

(BRUXELLES2) Les neuf pirates suspects arrêtés par le navire danois Esbern Snare, ont bien été transférés aux Seychelles, samedi après-midi (30 novembre), a appris B2 du QG de l’opération Ocean Shield à Northwood. Information confirmée par la marine danoise.

Les neuf pirates, âgés entre 16 et 35 ans, étaient détenus depuis le 10 novembre à bord du navire de la marine royale. Bien que soupçonnés d’avoir attaqué deux navires marchands : le navire chinois de Hong Kong, le Mv Zhongji n°1 et le Torm Kansas, battant pavillon danois, le ministère public danois a estimé qu’il ne pouvait pas rapatrier les suspects poursuivre les pirates sur le sol national. C’est la troisième fois que l’accord bilatéral signé par le Danemark avec l’archipel de l’Océan indien permet ainsi la saisine de la justice seychelloise (*).

Pour le ministre danois de la Défense, Nicolai Wammen, « avec le transfert des neuf pirates présumés vers les Seychelles, nous avons une fois de plus montré que les efforts danois et internationaux dans la Corne de l’Afrique font la différence. Je suis heureux et reconnaissant que les Seychelles sont prêts à assumer autant de responsabilités pour lutter contre la piraterie dans la région. » Précisons que les Seychelles abritent également l’avion de patrouille Challenger. Le ministre seychellois des Affaires intérieures et des Transports, Joel Morgan, a appelé, dans un communiqué, « les Etats de la région à assumer aussi leur part du fardeau pour la poursuite et l’emprisonnement des pirates somaliens. Ce qui est crucial pour assurer la stabilité et la sécurité durable dans l’océan Indien occidental ».

(NGV)

(*) Contrairement à l’Union européenne qui a signé plusieurs accords de transfert, multilatéraux, valables pour les navires participant à l’opération EUNavfor Atalanta (avec les Seychelles et l’Ile Maurice notamment), l’OTAN ne dispose pas pour Ocean Shield d’une pareille couverture juridique. C’est à chaque Etat participant de trouver une formule juridique adéquate.

Lire : Pirates suspects : toujours pas de certitude

(crédit : marine néerlandaise)

Dernières nouvelles de la piraterie (17 nov. 2013)

(BRUXELLES2)

Les Néerlandais prolongent leur engagement

(crédit : marine néerlandaise)

(crédit : marine néerlandaise)

Le gouvernement néerlandais a décidé, vendredi (15 novembre) de prolonger son engagement dans les différentes opérations  anti-piraterie, ce jusqu’à fin décembre 2014.

La frégate de commandement et de défense aérienne, Zr. Ms. Evertsen (F-805), sera ainsi engagée de février à la mi-mai dans l’opération de l’OTAN (Ocean Shield). Tandis que le Zr. Ms. De Zeven Provinciën (F-802), une frégate de même type prendra part jusqu’à la fin août à l’opération anti-piraterie de l’Union européenne, Atalanta. Jusqu’à décembre, ce sera au tour du patrouilleur océanique, Zr. Ms. Holland (P-840), récemment incorporé dans la marine néerlandaise (en 2012), dont ce sera la première sortie dans l’Océan indien.

Un officier supérieur néerlandais devrait, par ailleurs, prendre le commandement adjoint de l’opération Atalanta durant la deuxième moitié de 2014. Un poste qui est attribué par rotation aux différents pays européens, le poste de commandement revenant de façon traditionnelle à un amiral britannique.

Relève allemande à Eunavfor

(crédit : marine allemande)

(crédit : marine allemande)

La frégate allemande Hessen (F-221) va quitter, lundi (18 novembre), son port d’attache de Wilhelmshaven pour rejoindre l’opération anti-piraterie de l’UE, Atalanta, au large de la Corne de l’Afrique. Le voyage devrait durer environ deux semaines et le navire devrait être opérationnel sur zone le 3 décembre. Le retour est prévu en avril 2014.

Les 250 femmes et hommes du « Hessen », placés sous le commandement du commandant Dirk Jacobus, passeront donc Noël et le Nouvel an au large. Des visites des ports de Djibouti, de Mombasa (Kenya), Salalah (Oman) et Port Victoria (Seychelles) sont prévues, indique la marine allemande.

Outre les marins, seront à bord un conseiller juridique (Legad), la police militaire, des traducteurs et un détachement VPD (Détachement de protection des navires).

Un navire néo-zélandais pour la CTF-151

La frégate Te Mana (crédit : marine néo-zélandaise, archives 2009)

La frégate Te Mana (crédit : marine néo-zélandaise, archives 2009)

La frégate HMNZS Te Mana (F-111) est partie de Darwin samedi (16 novembre) pour participer à l’opération anti-piraterie CTF 151 menée en coalition sous impulsion américaine. La « Nouvelle-Zélande reste engagée pour contribuer aux efforts anti-piraterie » a expliqué le ministre de la Défense, Jonathan Coleman. « (Notre pays) a un intérêt direct à (…) protéger les routes maritimes (car) une large part de nos échanges commerciaux est effectuée par cette voie. » « Un environnement maritime sécurisé est essentiel à la prospérité économique et à la sécurité régionale » a-t-il ajouté.

Le HMNZS Te Mana,  une frégate de fabrication allemande de type MEKO 200, vient de terminer près de trois mois de formation spécialisée en Australie en vue de son déploiement. Il restera déployé durant trois mois, le retour en Nouvelle Zélande étant prévu en mars 2014. La dernière fois qu’une frégate néo-zélandaise a été déployée, c’était en 2008 dans le cadre de l’opération anti-terroriste.

La Nouvelle-Zélande a également envoyé quatre officiers pour soutenir l’état-major de la CTF-151 à Bahreïn et 3 autres officiers servent sur le navire australien HMAS Melbourne. L’an prochain, 14 personnes seront envoyées à la CTF-151, et un avion de patrouille maritime Orion P3 – K2 sera déployé.

Jugement des derniers pirates du S/Y Quest

Les derniers pirates somaliens encore jugés pour l’assassinat de 4 américains du S/Y Quest en février 2011, ont été condamné jeudi (14 novembre) à plusieurs peines de prison à vie par un tribunal de Norfolk (Virginie – USA). Abukar Osman Beyle (33 ans), Shani Nurani Shiekh Abrar (31 ans), et Ahmed Muse Salad (27 ans) ont chacun écopé de 21 peines de prison à vie plus 30 ans, selon une déclaration de Dana Boente, l’U.S. Attorney faisant fonction du district est de Virginie, rapporte l’agence Reuters. « Les multiples peines de prison à vie sont un message clair que la piraterie, la prise d’otages et le meurtre dans les hautes mers ne seront pas tolérées » a-t-elle déclaré. Les intéressés risquaient la peine de mort. 13 Somaliens et 1 Yemenite avaient été arrêtés — 13 sur le coup, 1 ensuite. Ils ont tous désormais été jugés.

Lire aussi :

Libération des 2 américains

Les deux marins américains – le capitaine et le chef mécanicien – enlevés le 23 octobre, lors d’une attaque du C-Retriever, un bateau de ravitaillement pétrolier, au large du Nigeria, ont été libérés a confirmé mardi (12 novembre) le département d’Etat. Le porte-parole du département d’Etat n’a pas voulu commenté les circonstances de cette libération. « For privacy reasons, we will not provide any additional information on the two individuals or the circumstances of their release ». L’hypothèse du versement d’une rançon par l’armateur ou le propriétaire du bateau semblent probables.

« Le Business model des pirates cassé mais pas brisé »

Le navire amiral d’Eunavfor, le Johan de Witt, amarré à Djibouti a accueilli, lundi (11 novembre), les membres du Groupe de contact de la piraterie au large des côtes de la Somalie (CGPCS). C’est la première fois que le Groupe de contact se réunit à Djibouti. 150 délégués représentant 20 pays (africains, occidentaux, chinois…), ainsi que des représentants de l’industrie du transport maritime et des experts juridiques étaient réunis dans le cadre de la « semaine anti-piraterie ». Pour le Captain Peter Olive chef d’état-major de la force navale de l’UE (EUNavfor), il importe de rester mobilisé sur tous les plans. « Le « business modèle » des pirates a été cassé par la pression continue appliquée en mer par la Force navale de l’UE, comme les autres forces de lutte contre la piraterie et les pays de la région, qui travaillent ensemble de façon plus étroite. Mais il n’a pas été brisé. Les conditions et les motivations (de la piraterie) sont toujours là (favorisant) la résurgence de l’activité de piraterie si la réponse internationale ou les mesures d’auto-protection de l’industrie diminuent. Les pirates sont toujours actifs en mer et un navire pris maintenant serait une tragédie, car il réamorcerait le business model. Ensemble, les forces militaires, le (travail) de l’industrie maritime s’attaquant aux points les plus vulnérables et la couverture juridique ont créé l’espace dans lequel d’autres acteurs, travaillant pour soutenir autorités somaliennes, peuvent commencer à s’attaquer aux causes. »

Le P3 Orion allemand de retour à Djibouti

(crédit : Eunavfor Atalanta / Bundeswehr)

(crédit : Eunavfor Atalanta / Bundeswehr)

Après six mois d’interruption, l’équipe de patrouilleurs maritimes du P-3C Orion de Nordholz, sous le commandement du capitaine de corvette Daniel Peter, est de retour à Djibouti depuis début novembre.

Un premier groupe de 16 militaires était arrivé à la mi-octobre pour préparer l’infrastructure en place et faire les préparatifs logistiques. Au total, ce ne sont pas moins de 36 tonnes de fret et de nombreux équipements au sol, comme des chariots élévateurs et des tracteurs qui ont été déployés. Le reste du groupe de 54 militaires est arrivé fin octobre, après une escale en Sicile et presque 6000 km à bord. Cette interruption a permis « de se concentrer sur la formation des nouvelles recrues, un apport frais nécessaire pour le « Graf Zeppelin », le Naval Air Wing 3 » s’est ainsi réjoui le commandant Per Fritz Weiler, chef de la base de Nordholz. L’équipe du P3 Orion rejoint ainsi sur place le DVUG ou groupe de soutien allemand (*) qui est basé à Djibouti, alors que croise au large la frégate Niedersachsen.

(*) Deutschen Verbindungs- und Unterstützungsgruppe (DVUG)

La frégate ukrainienne en action

La frégate ukrainienne Hetman Sahaidachnyi – engagée dans l’opération anti-piraterie de l’OTAN « Ocean Shield » – n’a pas tardé à entrer en action dans le Golfe d’Aden. Lundi (4 novembre), elle est ainsi venue au secours d’un navire marchand, le Manjin Cild, qui avait alerté comme étant suivi par un skiff rapide. Les Ukrainiens sont alors rentrés en communication satellite. Mais le skiff a finalement stoppé sa poursuite et a disparu.

(NGV)

Lire ces dernières semaines dans notre section Piraterie :

(crédit : Marine Danoise)

Un nouveau navire attaqué dans l’Océan indien. 9 suspects arrêtés (maj)

(BRUXELLES2) Un navire marchand battant pavillon danois, le MV Torm Kansas, vient d’être attaqué en plein milieu de l’Océan indien, entre la côte kenyane et les Seychelles, ce samedi (9 novembre). Selon nos informations, un skiff armé par environ 5 pirates s’est approché de très près. Des tirs ont été échangés entre l’équipe de gardes privés à bord du navire et les occupants du skiff.

Un même groupe pirates opérant dans la zone

Cette attaque, très similaire à celle qui s’est produite le 6 novembre dernier, a suscité une alerte maximale parmi les forces anti-piraterie (lire : Un navire marchand attaqué. Des groupes pirates sur zone).

Le skiff suspect pourrait ainsi être rapidement localisé par les avions de patrouille maritime dans la zone. Vu sa localisation (en plein milieu de l’océan), il pourrait cependant ne pas être seul. Si le mode opératoire traditionnel est observé, un bateau-mère ou une équipe de réserve / logistique pourrait se situer à proximité.

(crédit : Marine Danoise)

Les 9 suspects arrêtés par un navire danois (crédit : Marine Danoise)

(Maj 10/11 17h30) Pirates arrêtés

L’affaire n’a pas traîné… Et dimanche (10 novembre), le navire danois HDMS Esbern Snare, qui participe à l’opération Ocean Shield de l’OTAN, et était le plus proche de l’incident, a localisé dans l’Océan indien deux bateaux suspects et arrêté neuf pirates. « Durant la nuit, malgré des mauvaises conditions les militaires danois ont réussi à localiser le skiff et le baleinier (NB : faisant office de bateau-mère) » raconte un officier de l’alliance. Et au petit matin l’unité spéciale d’investigation maritime, soutenu par l’hélicoptère de bord Lynx, est intervenue.

Les suspects se sont rendus sans résistance et sont actuellement détenus à bord du Esbern Snare, précise-t-on au QG Marcom de l’OTAN à Northwood.« Cet incident est à la fois un bon exemple des succès de la communauté international dans la détection des pirates mais cela nous incite aussi à rester vigilant », a expliqué le commodore Henning Amundsen qui commande le navire danois. « Les causes profondes de la piraterie demeurent. Ce qui oblige la communauté internationale à travailler à résoudre celles-ci ».

Ocean Shield dispose actuellement de 4 navires, outre le HDMS Esbern Snare, il s’agit du norvégien HNOMS Fridtjof Nansen (F-310), de l’Américain USS De Wert (FFG-45) et de l’Ukrainien UNF Hetman Sagaidachny.

Traduits en justice ?

Normalement, tous les critères sont remplis pour une traduction devant les tribunaux danois : haute mer, pavillon danois attaqué, arrestation par des militaires danois. Si le Royaume préfère ne pas se charger du problème d’autant que les suspects n’ont pas été pris en flagrant délit. Ils pourraient alors être transférés aux autorités des Seychelles à moins qu’ils ne soient tout bonnement… libérés.

(NGV)

Lire : L’Ukraine dans les opérations UE et OTAN. Une volonté d’intégration

L'hélicoptère de bord Ka27 (crédit : marine ukrainienne)

L’Ukraine dans les opérations UE et OTAN. Une volonté d’intégration

L'hélicoptère de bord Ka27 (crédit : marine ukrainienne)

L’hélicoptère de bord Ka27 (crédit : marine ukrainienne)

(BRUXELLES2) L’Ukraine ne cherche pas seulement à se rapprocher de l’Europe en termes politiques ou économiques. C’est aussi le cas sur le plan de la défense.

D’abord Ocean Shield puis Eunavfor Atalanta

La frégate ukrainienne « Hetman Sahaidachny » a ainsi rejoint l’Océan indien pour participer à l’opération anti-piraterie de l’OTAN (Ocean Shield). Le navire est doté d’un hélicoptère Ka-27 et d’un groupe commando de visite. Il y restera plusieurs mois, avant de rejoindre, du 3 janvier au 5 mars 2014, l’opération européenne EUNavfor Atalanta. Entre l’Union européenne et l’OTAN, l’Ukraine ne choisit pas. Elle prend les deux ! Coût pour le pays : 8 millions d’euros environ (89 millions Grivna). Et ceci ce n’est pas un fait isolé. Certaines unités ukrainiennes participeront également au battlegroup de permanence au premier semestre de l’année prochaine, le « Helbroc » sous direction grecque. Ce qui est aussi une première pour Kiev !

Mille marins vers l’intégration européenne ?

La signification de ces participations est, en effet, très politique. Le site officiel de la marine ukrainienne n’a d’ailleurs pas hésité à titrer pour l’occasion : « Mille marins pour l’intégration européenne ». Le président du comité militaire de l’UE, le général Patrick de Rousiers, a récemment été reçu au plus haut niveau à Kiev et Sébastopol. Il a ainsi rencontré non seulement le chef d’Etat major des armées ukrainiennes, Vladimir Zamana, et le commandant de la flotte ukrainienne l’amiral Yuri Ilinmais mais aussi le ministre de la Défense, Pavlo Lebedev, le vice-ministre des Affaires étrangères, Viktor Mayko, ainsi que l’adjoint du secrétaire du Conseil de sécurité nationale, Oleksandr Medvedko. Un signe !

(crédit : Marine ukrainienne)

Le général de Rousiers en visite à Sébastopol (crédit : Marine ukrainienne)

 

Une volonté de participer davantage à la PSDC

« Tous ont confirmé leur volonté de voir l’Ukraine rejoindre rapidement et participer de façon plus étroite aux missions européennes de la PSDC », comme le confirme un témoin de ces réunions. Cerise sur le gateau : Le général a aussi pu tester le module de simulation pour la formation des pilotes, où il s’est livré à un combat aérien à bord d’un MiG-29 avec le chef de la brigade d’aviation tactique, le colonel Juli Mamtchur.

Lire aussi : L’Ukraine part (enfin?) en guerre contre les pirates

Que faire après l’opération Ocean Shield ?

La frégate russe NEUSTRASHIMIY (712) et l’ITS SAN MARCO (L-9893), navire amiral de Ocean Shield, se rencontrent en mer (crédit : Otan / Ocean Shield)

(BRUXELLES2) Que faire après l’opération « Ocean Shield » dans l’Océan indien ? La question se pose au sein de l’Alliance.

L’opération Ocean Shield se termine, en effet, fin 2014. Et « aucun dispositif anti piraterie n’est pour l’instant défini au-delà de cette date » comme l’a confié à B2 un cadre de l’Alliance. Il faut déterminer si elle sera prolongée ou s’il n’y a pas lieu d’en modifier le mandat.

L’OTAN pourrait maintenir une présence dans l’Océan indien sous forme de mission de surveillance générale. « Une présence militaire reste importante dans la zone. Car les racines de la piraterie sont toujours là ». Et il y a d’autres menaces et toutes sortes de trafics dans la zone (drogue, trafic d’êtres humains…).

« A part la piraterie, la discussion porte sur l’intérêt pour l’OTAN de conserver une présence de la zone, et des liens avec certains partenaires. Grâce à cette opération, l’Alliance a ainsi pu (renforcer ou développer) différents contacts avec des pays non traditionnels (Inde, Chine, Indonésie…) ».