Nomination

Le seul sujet qui n’a pas été abordé à Münich… Le secrétariat général à l’OTAN

Le seul sujet qui n’a pas été abordé à Münich… Le secrétariat général à l’OTAN

Si l’on veut espérer exister dans ce “monde”, il faut être à Münich. Important pour les idées. Tout autant pour la carrière (crédit : MSC 3 février 2013 / Harald Dettenborn)

(BRUXELLES2) Bien sûr, à Münich, lors de la conférence sur la sécurité en Europe (Munich Security Conference), il n’en était pas question. Mais cette grande messe de la sécurité est aussi l’occasion de rapprochements, de conciliabules, de présentations… tout aussi importants pour les idées que l’on peut promouvoir, que pour la suite de sa carrière. C’est ainsi que nombre de responsables européens étaient présents à Münich aussi pour cela : la succession de A.F. Rasmussen à la tête de l’OTAN. Pour ce poste, il y a aujourd’hui 3 candidatures déclarées et d’autres pas… encore déclarées.

Trois candidats déclarés

Trois candidats se sont fait connaitre. Trois ministres des Affaires étrangères. L’un est Franco Frattini. Ce n’est pas une surprise. L’ancien ministre des Affaires étrangères de Berlusconi avait déjà annoncé il y a quelques mois son intérêt pour le poste. Il est soutenu par le gouvernement italien dans son entier. C’est un atout. Le second candidat est le ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski, brillant tenor. Ce n’est pas une surprise. Il avait qui a le désavantage de son passeport – introniser un polonais n’est peut-être pas automatiquement un gage à donner si on veut entretenir des relations avec Moscou, toujours délicates (même si Varsovie a largement apaisé ses relations avec son voisin depuis le gouvernement Tusk). Le troisième est le dernier arrivé : le ministre belge de la Défense, Pieter de Crem, qui vient du pays hôte de l’Alliance, et est soutenu par son mentor en politique, Herman van Rompuy. Ce n’est pas totalement une surprise quand on connaît l’homme, qui a une conviction européenne, mais aussi a une véritable approche atlantiste. Voilà pour le rang ministériel.

Et ceux qui ne sont pas déclarés… ou pas encore

Les Etats membres pourraient s’en tenir à choisir dans ces trois candidatures. Ou décider de maintenir, comme avec A.F. Rasmussen, le poste pour un rôle de premier plan, c’est-à-dire de Premier ministre. Ce serait un gage symbolique d’un certain rehaussement de l’Alliance, même si certaines capitales ne semblent pas très à l’aise avec un homme qui en fait « un peu à sa tête ». Dans cette hypothèse, les regards pourraient bien se tourner vers un certain José-Manuel Barroso. L’ancien Premier ministre portugais a l’avantage d’être assez consensuel, de venir d’un “petit” pays fidèle allié, proche des Américains. A la tête de l’exécutif européen durant dix ans, il a aussi montré la souplesse nécessaire. Ce n’est pas un hasard non plus car l’actuel président de la Commission européenne a un goût prononcé, de plus en plus publiquement pour les affaires de défense, notamment en relançant la task force de défense en son sein, et en visitant nombre de pays en Méditerranée et en Afrique. Intérêt plus présent depuis un an, comme me l’a confirmé un expert du dossier. Le porte-parole de la Commission que B2 a interrogé a affirmé « n’avoir aucune information à communiquer sur ce sujet ». Dans le cadre du développement des partenariats de l’Alliance, ce serait un atout. Mais d’autres (ex) Premiers pourraient sortir du bois. A moins que la France ou le Royaume-Uni mettent leur poids dans la balance pour nommer un des leurs à la tête de l’OTAN.

NB : la nomination du poste de secrétaire général à l’OTAN n’obéit pas à une procédure très codifiée mais se fait par “consensus” entre les différents pays membres. En fait, des discussions informelles entre capitales. Il n’y a ainsi pas nécessité de convocation d’un sommet. Et encore moins consultation parlementaire. L’accord de Washington est plus important que les autres. Mais l’arrivée de Rasmussen à ce poste a montré aussi que l’avis de certaines capitales comptait ; la Turquie notamment avait montré sa mauvaise humeur à la nomination du Danois (officiellement pour l’affaire des caricatures de Mohamet parues dans la presse danoise sous son mandat de Premier ministre).

PrintFriendlyFacebookShare

Le commandant espagnol pour l’opération Eunavfor Atalanta confirmé

(B2) Le Comité politique et de sécurité (COPS) de l’Union européenne a confirmé aujourd’hui (27 novembre) la nomination du contre-amiral espagnol Pedro Angel García de Paredes Perez de Sevilla au poste de commandant de force pour l’opération anti-piraterie de l’UE dans l’Océan indien (Eunavfor Atalanta). Il succède au contre-amiral italien Enrico Credendino. Pour les lecteurs de B2, ce n’est pas une nouveauté. Lire : L’Espagne prendra le commandement d’Eunavfor en décembre

PrintFriendlyFacebookShare

Rasmussen jusqu’à l’été 2014

(BRUXELLES2) Ce n’est une surprise pour personne. Et pour ceux qui lisent ce blog (et le Club de B2) encore moins, le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, occupera son poste jusqu’au 31 juillet 2014. Les “Alliés” ont convenu de prolonger d’un an son mandat . Les statuts permettent cette prolongation. Ce qui donnera du temps pour trouver un successeur de la même trempe que l’ancien Premier ministre danois.

Observation : On peut aimer ou ne pas aimer le style “Rasmussen”. Mais de façon indéniable, il permet à l’institution de surmonter certaines tempêtes dans lesquelles elle aurait pu sombrer. En tout cas, la comparaison avec l’Union européenne qui s’enlise dans certaines guerres picrocholines est frappante. Sa stature d’ancien Premier ministre, d’un pays fidèlement allié des Américains, lui permet également certaines actions que ne pourrait se permettre ou s’autoriser un autre responsable politique.

 

Lire aussi :

PrintFriendlyFacebookShare

Un Carabinieri prend la tête de Eubam Rafah

(BRUXELLES2) C’est un italien, le colonel Francesco BRUZZESE DEL POZZO, qui va prendre la tête de la mission EU BAM Rafah à partir du 1er octobre 2012. Il est nommé pour la durée de la mission, jusqu’au 30 juin 2013 (sauf si celle-ci est prolongée). Il remplace ainsi son compatriote le captain Davide Palmigiani (Lire : Palmigiani nommé à la tête d’Eubam Rafah, à titre provisoire).

Né à Bari en octobre 1953, après des études à l’école militaire de Nunziatella, Francesco rejoint les Carabinieri à 23 ans, en 1976. Il est affecté et commande différentes unités : Venise (enquête) en 1977, Belluno (police militaire) en 1978-79, le quartier général de Montella (1981-1982), de Piove in Sacco (1982-1985) et de Seregno (1985-1992). Il obtient, en parallèle, un diplôme en sciences politiques à l’université de Padoue, complété ultérieurement par un diplôme en sciences de sécurité à l’université de Rome. En 1992, il est nommé chef des opérations pour la province de Bologne jusqu’à 1996 ; c’est l’époque de l’opération mani pulite (mains propres).

En 1996, il passe au niveau international. Il effectue une mission en Bosnie-Herzégoine, à Mostar, au sein de l’unité de police de l’UEO (l’Union pour l’Europe occidentale) – dans ce qui est le prémice des opérations de la PeSDC – afin de coordonner l’établissement d’une force de police unifiée entre Croates et Bosniens. Ce qui n’est pas une mince affaire ! Il puis passe ensuite en Albanie comme conseiller principal du programme d’assistance à la police (MAPE) de l’UEO (1997-1998) chargé de remettre sur pied la police albanaise après la “faillite” de l’Etat albanais. Il est ensuite conseiller “police” de l’UEO (1998-1999) et chef de la planification du MAPE au quartier-général à Bruxelles (1999-2001).

En 2001, effet du traité de Nice, il passe dans l’unité de police du Conseil de l’Union européenne qui vient juste d’être constituée, dont il devient le directeur adjoint en 2004 (jusqu’à fin 2007). En 2008, il occupe le poste de chef de la planification au sein du CPPC (l’Etat-major des opérations de gestion de crise civile, Civilian Planning and Conduct Capability). Et depuis 2009, il dirigeait le département “recherche et études” du CoESPU (Center of Excellence for Stability Police Units).

 

PrintFriendlyFacebookShare

Un nouveau commandant à la KFOR

(B2) C’est un général allemand qui va prendre la tête des forces de l’OTAN au Kosovo. Volker Halbauer prendra ses fonctions le 7 septembre prochain, remplaçant son compatriote, le général Erhard Drews. Agé de 56 ans (il est né en 1955), il est aujourd’hui chef de l’Etat-major de l’Armée de Terre chargé du personnel. Il a pris différents commandements et effectué plusieurs séjours à l’étranger. Après un séjour aux Etats-Unis, entre 1991 et 1992 dans l’armée américaine à Fort Leavenworth, Kansas, il est fait partie de l’UNOSOM II comme chef du contingent allemand engagé en Somalie. Il a servi aussi comme chef d’état-major de la 10e Division blindée à Sigmaringen et comme commandant de la 1ère brigade aéromobile (Luftbewegliche Brigade 1) de 2006 à 2008.

 

 

 

PrintFriendlyFacebookShare

Un Danois à la tête de la mission EUAVSEC

(BRUXELLES2) Lasse Rosenkrands Christensen vient d’être nommé par le Comité politique et de sécurité (COPS) de l’Union au poste de chef de la mission EUVASEC au Sud-Soudan. Il prendra ses fonctions le 1er septembre. Cet ancien responsable de la police danoise connaît bien la situation au Soudan pour y avoir opéré entre 2006 et 2007 en qualité de chef de la logistique pour la mission de l’ONU. Il a une expérience certaine des situations de crise puisqu’il a beaucoup travaillé au Liban, en Syrie ou encore dans les territoires palestiniens pour différentes missions de la communauté internationale entre 2007 et 2009, ainsi qu’en Bosnie Herzégovine en 1996, et au Kosovo pour la mission EULEX depuis 2011.

La mission européenne à l’aéroport de Juba, au Soudan du Sud, vise à renforcer la sureté aérienne du nouvel Etat, notamment en formant et en encadrant les services de sécurité nationaux (Lire : La mission EUAVSEC au Sud Soudan lancée). Mission qui devrait convenir parfaitement à M. Rosenkrands Christensen puisqu’entre 2000 et 2005 il a servi en tant que commandant adjoint de l’aéroport de Copenhague et participé alors au comité danois de l’aviation civil et de la sécurité des aéroports durant la même période.

PrintFriendlyFacebookShare

Palomeros prendra la tête de l’ACT (OTAN) en septembre

(B2) Le Quartier général du Commandement suprême allié Transformation (ACT) de l’OTAN conservera un chef français. C’est confirmé aujourd’hui officiellement par le Conseil de l’Atlantique Nord (NAC). C’est le général Jean-Paul Palomeros – actuel chef d’Etat-Major Air – qui part ainsi à Norfolk remplacer son collègue d’armes Stéphane Abrial, à qui le Nac ‘a rendu hommage. « Tout au long de son commandement débuté en 2009, (le général Abrial) a activement contribué à l’adaptation des structures, des concepts, des ressources, des moyens d’entraînement et du processus de planification de défense de l’Alliance atlantique. » Le général Palomeros prendra ses nouvelles fonctions à la fin du mois de septembre 2012.

Lire aussi :

 

PrintFriendlyFacebookShare

Le général Rouby prend la tête de la RP militaire française Bruxelles

Le général Rouby (à gauche) accompagnant le chef d'Etat-Major français d'alors, l'amiral Guillaud lors de sa visite au Shape (crédit : OTAN)

(BRUXELLES2) C’est un terrien qui remplace un marin. Le général (de corps d’armée) Gilles Rouby arrive (revient) à Bruxelles comme chef de la représentation militaire de la France tant auprès de l’Union européenne que de l’OTAN. Il remplace à ce poste le Vice-amiral d’Escadre Xavier Païtard. Aujourd’hui général de division, il n’aura pas un grand dépaysement ni de grands kilomètres à franchir. Il est un peu comme un poisson dans l’eau dans les institutions multinationales militaires. Puisqu’il est chef de la représentation militaire française au Shape depuis juillet 2009.

Le général Rouby avait officié auparavant au siège de l’Alliance atlantique, comme numéro 2 à la représentation permanente militaire de la France, en 2008, quand la réintégration de l’hexagone dans l’Alliance atlantique avait commencé d’être mis en oeuvre. Dans l’ouvrage coordonné par Pierre Pascallon et André Dumoulin « Quelle politique de sécurité et de défense pour l’Europe ? », publié en 2009, il défend notamment cette option estimant qu’elle est complémentaire à l’option européenne de la PESD. Il avait aussi – et surtout – écrit en 2004 une analyse portant sur l’UE et l’OTAN, “partenariat ou concurrence” (télécharger ici). Le poste de représentant militaire à “double tête” (UE et OTAN) lui parait donc taillé sur mesure.

Formé aux transmissions, le général Rouby est un habitué du dialogue avec la presse pour avoir été aux commandes du Sirpa Terre ; il a dirigé auparavant la Division Emploi de l’Etat-Major des armées. Il avait été cité un moment, notamment par mon collègue Merchet (Secret Défense) comme un des potentiels futurs directeurs de l’IHEDN, l’Institut des Hautes études de la Défense nationale. Institut dont il avait auditeur lors de la 54e session en 2004.

PrintFriendlyFacebookShare