Nikolic

Un visiteur inconnu arrive ? « Robert, come with me » !

(BRUXELLES2) Qui n’a jamais eu un instant de doute pour identifier la tête d’un Premier ministre ou d’un chef d’Etat ? Qui ne s’est pas dit un jour en voyant trois personnes arriver, c’est qui le bon ? … Tous les journalistes et les responsables politiques ont d’ailleurs avant chaque sommet européen un petit « book » avec la tête de chacun des participants pour être sûr de les reconnaître. Mais, tout de même, on pouvait se dire : il y a les amateurs … et les professionnels !

« Je ne sais pas à quoi il ressemble »

Goutons ce moment savoureux, d’égarement, capturée par la caméra de South east europe, où la chef de la diplomatie européenne part accueillir, le président serbe, Tomislav Nikolic, pour la traditionnelle photo de serrage de main devant les deux drapeaux. Au tout dernier moment, elle se ravise, rajuste son écharpe (c’est important l’écharpe, son signe d’élégance particulier qui change à chaque rencontre) se tourne vers Robert l’apostrophe pour lui demander « Robert, viens avec moi, je ne sais pas à quoi il ressemble ». Il était moins une ! L’ascenseur est en passe d’arriver à l’étage, et ce serait vraiment bête de ne pas serrer la main du président en le confondant avec un garde du corps (remarquez qu’il y a de quoi confondre… -:). Avec l’aide de « Robert » (alias Robert Cooper, le conseiller et négociateur principal entre le Kosovo et la Serbie), tout devient alors possible et facile. Et C. Ashton tout sourire peut alors serrer longuement la main de Tomislav le président serbe qui a, juste, le temps de rajuster son costume.

Nb : On connaissait le sens de l’improvisation de la Haute représentante ; la caméra a ainsi capté ce que chacun peut vivre un jour dans son caractère « spontané ». On peut surtout, de façon plus profonde, s’interroger s’il est opportun de serrer aussi chaleureusement, aujourd’hui, la main d’un « négationniste » (nb : c’est bien comme cela qu’on appelle quelqu’un qui nie l’histoire !).

Merci à ma collègue Tanja d’avoir débusqué cette video et à l’expérience européenne (le blog de l’excellent JS Lefebvre d’Euractiv) où vous pouvez lire un commentaire … impertinent !

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La non reconnaissance du génocide en Bosnie : « préoccupant » (Cazeneuve)

(BRUXELLES2) Le ministre des Affaires européennes français, Bernard Cazeneuve, l’a confirmé lors d’un point de presse à Strasbourg avec quelques journalistes. Si la Serbie progresse « bien » sur la voie de l’adhésion européenne, il y a encore « des conditions à respecter : notamment le bon voisinage » a-t-il expliqué répondant à une question de B2. Un des « fondements de la construction européenne », c’est le respect de bonnes relations avec ses voisins. Et « la reconnaissance du génocide (*) fait partie du respect de ces conditions, il y a un ensemble de points à respecter. » Commentant les propos de Nikolic, il a jouté. Ce sont des « propos préoccupants car ils ne contribuent pas à créer un climat de confiance avec la Serbie. La France attend de la Serbie de poursuivre des efforts sur la voie de la réconciliation régionale. »

(*) Un point qui ne peut souffrir de discussion. La justice internationale s’est « clairement prononcée sur ce sujet en 1995 » rappelle-t-on côté français.

Les responsables européens évitent de prononcer le mot « génocide »

Le président serbe Tomislav Nikolic était à Bruxelles jeudi. Et les responsables européens ont été beaucoup moins explicites que le ministre français. Le président de la Commission européenne, José-Manuel Barroso, a bien mentionné « la normalisation des relations de la Serbie avec le Kosovo. (Cela) reste une condition absolument centrale pour avancer dans les prochaines étapes du processus de l’Union européenne. C’est important de faire tout le possible pour que la Commission puisse éventuellement recommander l’ouverture de négociation avec nos Etats membres ». Mais il n’a pas mentionné la Bosnie-Herzégovine dans son propos introductif ni le mot génocide. Il a préféré, au contraire, mettre l’accent sur une série de réformes économiques ou judiciaire que devaient entreprendre la Serbie. « Nous devons travaillé en étroite collaboration avec la Serbie sur des domaines clés comme la réforme judiciaire, la lutte anti-corruption (et) contre la criminalité organisée, la liberté des médias, la protection des minorités, et les réformes économiques structurelles ».

Même prudence chez Catherine Ashton. La Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères a aussi évité les mots qui fâchent. A la différence de son collègue portugais, elle a, tout de même insisté sur l’existence de « principes fondamentaux dans l’UE. Et, pour moi, il n’y a pas de place dans le monde d’aujourd’hui pour une rhétorique venue du passé ». Sur le Kosovo, son message est cependant plus optimiste, enjoignant les Serbes de poursuivre les efforts : « J’ai été rassurée d’entendre les engagements du président Nikolic que les accords obtenus dans le cadre du dialogue entrepris (sous l’égide de l’Union européenne) avec Pristina seraient pleinement mis en oeuvre ».

NB : la Serbie a obtenu son statut de pays candidat en mars

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