Un Transall de la Luftwaffe - archives B2 (Crédit : Bundeswehr)

Au Sud Soudan, on évacue (Maj1)

Un Transall de la Luftwaffe - archives B2 (Crédit : Bundeswehr)

Un Transall de la Luftwaffe – archives B2 (Crédit : Bundeswehr)

(BRUXELLES2) Devant l’accroissement de l’insécurité à Juba, où de violents combats ont éclaté entre les forces armées régulières et l’opposition armée, l’évacuation des ressortissants étrangers (diplomates, coopérants, membres d’ONG a commencé.

154 étrangers déjà évacués

La Bundeswehr a dépêché, dans la capitale sud-soudanaise, plusieurs Transall permettant d’évacuer au total 154 personnes : 32 Allemands et 122 autres étrangers, de 31 nations différentes, selon le décompte fourni par le centre de crises fédéral allemand (l’opération d’évacuation a été coordonnée par la cellule de crise du ministère allemande des Affaires étrangères). Ils ont été rapatriés sur l’Ouganda tout proche (à Entebbe).

Trois Transall requis pour l’évacuation

Trois appareils de type Transall C-160 D — équipés d’une protection balistique contre les armes de petit calibre et une auto-protection étendue (ESS), de systèmes lance leurres à l’infrarouge — ont participé aux opérations d’évacuation.

Le premier Transall est venu du Mali, prélevé sur le contingent allemand de la MINUSMA. Il a atterri, mercredi à Juba, rapatriant 49 premières personnes (dont 19 Allemands). 4 casques bleus de l’ONU blessés ont également été rapatriés vers l’Ouganda avec une équipe médicale à bord.

Deux autres Transall venus d’Allemagne ont fait escale à Djibouti et sont arrivés le mercredi matin dans la capitale sud-soudanaise. Une seconde vague de ressortissants allemands, européens, d’Amérique du Nord, africains et asiatiques ont pu être rapatriés sur Entebbe. Un des Transall a fait une deuxième navette dans la journée pour rapatrier les derniers ressortissants.

L’ambassade d’Allemagne fermée

le personnel de l’ambassade d’Allemagne ont quitté le pays. Pour l’ambassadeur allemand à Juba, Johannes Lehne, il « n’y avait pas d’autre choix que d’évacuer. De féroces combats de rue se sont déroulés juste en face des maisons de nombreux employés et des travailleurs humanitaires. (…) Au bout de quatre jours et de nuits de combats intenses, la seule option était l’évacuation. »

Les Américains dépêchent des hommes en protection

Les 15 observateurs militaires allemands déployés dans le cadre de la mission MINUSS des Nations Unies « restent dans le pays et continuent leur activité » précise-t-on à Berlin. Le président américain a décidé d’envoyer des militaires protéger les installations diplomatiques (47 hommes sont déjà arrivés à Juba. Et 130 sont en alerte sur la base permanente de Djibouti, au camp Lemonnier).

(Nicolas Gros-Verheyde)

Libye : on évacue (Maj)

(BRUXELLES2) Plusieurs pays ont décidé à la suite des Etats-Unis samedi dernier, d’évacuer leurs ambassades de Tripoli : l’Allemagne et la France notamment. Paris avait donné l’ordre dimanche (27 juillet) à ses ressortissants de quitter le pays sans tarder, opération terminée mercredi (30 juillet). Deux frégates de la marine nationale – le FASM Montcalm et le FLF Courbet – ont été mobilisées.

Evacuation maritime pour les Français 

Le FASM Montcalm a appareillé de Toulon lundi (28 juillet) soir, emportant à son bord une équipe de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères (MINAEDI), chargée de la coordination des opérations en lien avec l’ambassade de France en Libye. Elle a été rejointe en mer par la FLF Courbet. Les deux frégates françaises « se sont placées à proximité du port de Tripoli dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 » précise-t-on à l’Etat-major des armées. Des « « éléments de sécurisation » ont été mis à terre pour sécuriser l’embarquement » (*). « Et les ressortissants embarqués à bord de RHIB », bateaux rapides. Direction : les navires. En tout, six rotations ont été effectuées pour évacuer l’ensemble des ressortissants : une cinquantaine de Français et quelques citoyens britanniques. La FASM Montcalm a ensuite mis le cap sur Toulon pour permettre à chacun de retrouver la terre ferme.

Une frégate grecque et un C-130 italien mobilisés 

La Grèce a aussi annoncé mercredi (30 juillet) de fermer temporairement son ambassade en Libye et d’évacuer son personnel diplomatique et les ressortissants grecs. Athènes a également dépêché une frégate (Salamis) pour évacuer ses ressortissants et ceux d’autres pays.  L’Italie et le Royaume-Uni ont, pour l’instant, décidé de garder ouverte leur ambassade.

Rome a mis cependant en place une cellule de crise pour évacuer ses ressortissants. Une série de transferts « avec quatre convois escortés par la route ont été organisés entre les 17 et 20 juillet » précise Federica Mogherini la ministre des Affaires étrangères. Et « deux vols spécifiques organisés les 24 et 27 juillet », notamment avec un Hercules C-130. « D’autres vols pourraient être organisés dans les prochains jours » précise la ministre. 120 Italiens ont ainsi été évacués ainsi que 30 ressortissants d’autres nationalités.

(NGV)

(Maj) La délégation de l’UE a également été fermée. Les personnels expatriés évacués. La délégation « continuera de fonctionner depuis les locaux de Tunis », a précisé à B2 un diplomate européen.

(*) L’extraction à terre a été menée par de éléments du GIGN (gendarmerie nationale) et les commandos marine « Hubert », ainsi que le détaille notre confrère du Mamouth

La France et la Belgique en harmonie pragmatique

lundi soir à la résidence Louise

(BRUXELLES2) Last but not least. Dans la tournée « bruxelloise » qu’a effectuée lundi, le MinDéf français, Jean-Yves Le Drian n’a pas manqué d’avoir un échange assez long avec son homologue belge, Pieter de Crem, lors d’un diner de travail, qui s’est tenu dans la résidence du ministère, à deux pas du bois de la Cambre. Avant le traditionnel échange de pralines, les deux participants ont tenu quelques mots, assez convenus, il faut le dire, devant la presse. « La Belgique, c’est notre partenaire le plus constant, le plus fidèle, avec lequel nous avons une coopération saine sans arrière pensée » a expliqué le Français. « L’objectif entre Français et Belges et d’approfondir les relations sur quelques points concrets : la formation, les acquisitions futures, les hélicoptères NH90 et les avions de transports A400M » a détaillé le Belge. Il est vrai qu’entre Français et Belges, il n’y a pas de rivalité et peu de discussions idéologiques même si l’un est franchement un fidèle support de l’OTAN et l’autre un ardent Européen. Leur approche a tous les deux se veut « pragmatique ». «  Et la coopération, pour être discrète, et moins tapageuse qu’avec d’autres partenaires (suivez mon regard… 🙂 ) est effectivement très concrète, et s’exerce sur de multiples facettes.

Formation des pilotes

Depuis de longues années déjà, les pilotes belges se forment et s’entraînent en France à Tours et Cazaux pour les pilotes de chasse (sur Alpha jet), à Avord pour les pilotes de transport et à Dax pour les pilotes d’hélicoptères. Une formation dont on ne peut que se féliciter du côté belge. « Nos pilotes ont atteint plus de 90% des cibles lors de notre opération en Libye. Ce qui montre l’excellence de la formation française » explique un officier.

Evacuation des citoyens

Autre champ de coopération, les opérations d’évacuation de citoyens (dite NEO). La dernière opération en commun, en Côte d’Ivoire au printemps dernier, a permis un bon retour d’expérience. Les Belges étaient effectivement présents à Abidjan en soutien d’une opération menée essentiellement par les Français (du fait de leur présence préalable sur le terrain au titre de l’opération Licorne). Des exercices sont ainsi programmés, afin de renforcer cette coopération tant dans la planification que dans l’exécution de ces opérations, avec à la clé un partage accu des renseignements et l’intensification de la coopération entre forces spéciales.

Echange de bons procédés en Afghanistan

De façon très pratique, Belges et Français sont en passe de procéder à un échange de logements en Afghanistan. Les Belges ont ainsi cédé leurs bâtiments aux Français à Kaia – l’aéroport international de Kaboul – qu’ils vont quitter en octobre et dont les Français vont prendre le commandement. De leur côté, les Français rétrocèdent aux Belges leurs logements ainsi que les shelters pour les avions (Mirage) dont ils disposent à Kandahar. Cela peut paraître une évidence. Mais comme l’explique un connaisseur du dossier à B2, « chaque bâtiment déployé sur le terrain appartient en fait aux nations qui peuvent le rétrocéder à un de leurs alliés ». Avantage aussi pour chacune des parties : inutile de déplacer ces bâtiments ou les rapatrier, du moins dans l’immédiat. Autre sujet de coopération, une négociation est en cours pour baser un avion C-130 belge à Douchanbé (Tadjikistan), en mode « semi-permanent », qui serait mis à disposition des Français pour le transport des troupes vers ou venant d’Afghanistan (et vice-versa, les avions français seront mis à disposition des Belges ou des matériels qui repartiraient).

Lire également :

L’évacuation des citoyens UK avec la Royal Navy tourne au flop

(BRUXELLES2) Trop peu, trop tard, mal conçu… On peut résumer ainsi le plan britannique visant à réquisitionner les moyens de la Royal Navy pour évacuer ses concitoyens bloqués sur le continent, en France ou en Espagne, du fait de l’éruption du volcan islandais Eyjafjöll et de la mise au sol des transports aériens.

Plan annoncé lundi par le gouvernement (lire : La Royal Navy à la rescousse des passagers bloqués). L’opération qui se voulait une réplique de l’évacuation des civils de Beyrouth en 2006, voire de celle des militaires britanniques à Dunkerque en 1940, a fait flop… selon la presse britannique pas avare de symboles et qui relate cette ‘épopée’ (lire The Telegraph et aussi The Guardian).

L’HMS Ocean qui devait aller à Calais s’est dérouté sur Cherbourg. On s’est aperçu – trop tard – qu’il était trop gros pour les entrer dans le port. Quant au porte-aéronefs HMS Ark Royal, qui a quitté un exercice naval près de l’Écosse, il attend toujours dans le sud de l’Angleterre et devrait finalement se diriger vers un autre exercice, de l’OTAN en Atlantique.

Seul le navire de débarquement HMS Albion (L-14) a atteint Santander (Espagne) et a embarqué aux cotés des 440 soldats revenus d’Afghanistan, et coincés en Espagne, environ 250 civils. Une goutte d’eau au regard des 40.000 citoyens britanniques présents ou arrivés dans la péninsule ibérique ! Le navire devrait atteindre les côtes anglaises (Plymouth) ce soir (21 avril) a informé la Royal Navy. Sans être « le luxe » a prévenu le responsable de la logistique, Geoff Wintle. Le bateau est, en effet, au maximum de ses capacités avec près de 1200 personnes à bord. Donc, on était plutôt dans le camping : « avec sac de couchage à la belle étoile sur le pont » que dans le 3 étoiles. Mais « la nourriture est bonne », a-t-il ajouté, en précisant le menu : « steak, frites et curry ». Mais d’une certaine façon, c’est un beau cadeau et de bons souvenirs qui devraient rester aux quelque 250 hôtes (dont plusieurs enfants et adolescents) de cette ‘croisière imprévue’.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Fin de l’exercice d’évacuation (NEO) aux Pays-Bas

(B2) … Un conflit se déclare à l’intérieur de Den Helder – pays fictif mais véritable région aux Pays-Bas. Les pays voisins ou d’autres pays n’ont pas planifié d’interventions, mais sont prêts à soutenir la Belgique en fonctionnant comme base d’opérations pour les troupes qui doivent exécuter la mission NEO (*). 160 personnes, principalement des membres de la famille des militaires belges et des étudiants néerlandais, doivent donc être évacuées le plus rapidement possible… Voici le scénario (fictif) qui a servi de base à l’intervention de près 1200 militaires, belges et néerlandais, lors de l’exercice « Crazy Trip » qui vient de se terminer, au nord des Pays-Bas aux alentours de Leeuwarden et de Den Helder. L’occasion pour les militaires belges, surtout, des quatre composantes (terre, air, marine, médicale) de mettre en pratique leurs connaissances. Au menu : débarquement amphibie, atterrissage d’assaut, parachutage de personnel et de matériel et évacuation médicale.



Medevac © Sophie Petijean

Un exercice qui n’est pas de la théorie. L’exercice qui vient de se terminer (il s’est déroulé du 7 au 15 mai) a permis aux militaires belges de perfectionner leurs dispositifs. « C’est une opération à caractère très belgo-belge. Nous voulons être sûr que s’il faut, nous pouvons évacuer une zone seuls, expliquait le Lieutenant belge Erik Eenaerts. Mais dans l’absolu, cela pourrait sans aucun doute donner lieu à une coopération avec l’Union européenne ou même avec l’OTAN. » Mais à l’approche de la présidence belge de l’Union (en 2010), cet exercice n’est pas non plus inutile au niveau politique. Il vient rappeler que si les 27 n’ont pu s’accorder en décembre dernier sur l’opportunité d’un concept européen d’évacuation des citoyens établis dans un pays tiers, la question demeure d’actualité. Tout simplement car le risque demeure.
Il suffit de se remémorer trois exemples récents…

Trois évacuations majeures en près d’un an. Au Tchad, en février 2007, après l’attaque de rebelles sur N’Djamena une présence militaire opérationnelle (avec patrouilles et moyens d’évacuation terreste) a été requise (et ce n’est parce qu’un pays – la France en l’occurence – avait des troupes prépositionnées dans le pays, et contrôlait l’aéroport, que la situation a été contrôlable et n’a pas dérapé). En Géorgie, en août 2008, lors du conflit avec la Russie, les moyens militaires ont été requis
mais uniquement comme élément de support logistique pour l’évacuation (ainsi que le renseignement) ; mais chaque pays a, plus ou moins, mené isolément ses opérations d’évacuation. Ce qui n’était
pas très efficace (les Français étaient rapatriés en avion tandis que les Allemands ou néerlandais passaient par des voies terrestres plus longues). Quant à l’exemple de Bombay, en novembre 2007,
la présence des militaires n’était pas nécessaire ni d’un point de vue de sécurité (les forces indiennes suffisaient) ni d’un point de vue logistique (les avions civils pouvaient se poser) mais
l’absence de coordination européenne a été patente, un « véritable souk » ont même dénoncé certains eurodéputés. Lire
la leçon de Bombay.

Commentaire : Si on peut donc comprendre les réticences de certains Etats à développer un dispositif nouveau se substituant aux dispositifs nationaux, on a en revanche des difficultés à
saisir, en quoi, une coordination des moyens ne serait pas bénéfique, à la fois en termes d’efficacité (rapidité d’intervention), d’économie et de service rendu aux citoyens.

(*)Un NEO est une opération militaire d’évacuation de citoyens (nationaux, européens ou pays tiers) menacés vers une zone sans
risque en prévision d’un rapatriement éventuel.

(source armée belge)

(NGV)

Exercice d’évacuation de ressortissants à défaut d’un concept commun

(B2)Les Ministres de la défense n’ont pas réussi à se mettre vraiment d’accord, le 10 novembre, sur un concept d’évacuation de ressortissants européens, en recourant à des moyens militaires. Si la plupart des Etats sont d’accord  d’autres (comme l’Italie par exemple) ne semblent pas convaincus de la nécessité d’étudier un concept européen et de recourir de façon commune à des moyens militaires.

L’idée est pourtant simple, comme l’a expliqué Hervé Morin lors du conseil des ministres de Défense de l’UE : « Dès qu’une crise est connue (naturelle ou humaine), il s’agit d’avoir une coordination des moyens, des points de regroupement, et déterminer des pays pilotes en fonction du pays où a lieu la crise ». Ce afin « d’éviter tout retards et obstacles à évacuation ». L’Allemagne avait indiqué à Deauville être prêt à jouer ce rôle pour l’Ouzbékistan et le Kirghistan.

Ce dispositif devrait être testé grandeur nature dans quelques jours. La France organisera ainsi le 1er au 5 décembre à Vouziers (Marne), un exercice de projection de base aérienne (Bapex), avec la participation d’Européens, qui pourrait être l’occasion de tester le dispositif d’évacuation de ressortissants. Le scénario repose sur une catastrophe naturelle (tremblement de terre) dans un contexte troublé (risques industriels, instabilité politique, risque terroriste)… avec la mise en place d’un Centre de regroupement et d’évacuation des ressortissants (CRER).

(NGV)

Pour suivre l’exercice, le blog Bapex en francais ou en anglais