(Crédit: EUFOR ALTHEA)

EUFOR soutient la destruction de munitions et armes obsolètes en Bosnie-Herzégovine

(Crédit: EUFOR ALTHEA)

(Crédit: EUFOR ALTHEA)

(BRUXELLES2) En Bosnie-Herzégovine, la destruction de munitions et armes obsolètes est désormais une des priorités de l’opération européenne militaire EUFOR Althea. Un exercice délicat mais essentiel pour la sécurité du pays. Le général autrichien, Friedrich Schrotter, qui commande l’opération, s’est rendu au camp de Doboj ce jeudi 19 mai, pour visiter l’unité militaire qui réalise ces destructions. Visite instructive. 

Une menace pour la sécurité publique 

La Bosnie-Herzégovine a encore une quantité importante de munitions militaires instables. D’autant qu’une « grande partie a été mal stockée et mal entretenue », explique-t-on à EUFOR. Ces munitions pourraient causer « des problèmes de sécurité publique », et sont un « risque potentiel » en matière de sécurité, en plus d’être un « fardeau financier et administratif » pour le pays. 

Une destruction menée avec le soutien technique d’EUFOR 

La gestion et le contrôle des dépôts d’armes, et les inspections d’armes restent de la responsabilité des autorités compétentes de Bosnie-Herzégovine et mis en oeuvre par les forces armées du pays. Mais elles le font avec le soutien de l’opération Althea. Les Européens apportent des conseils techniques pour gérer les stocks excessifs existants de munitions et d’armes. EUFOR cherche également à veiller à ce qu’un processus sûr soit maintenu en permanence. « La destruction des munitions exige, non seulement une bonne orientation pour l’élimination efficace, il faut aussi un plan réaliste – dirigé et géré par les forces armées de Bosnie-Herzégovine » assure le chef de l’opération.

(Crédit: EUFOR Althea)

(Crédit: EUFOR Althea)

Le programme EXPLOSER, financé par l’UE

Financé par l’Union européenne (UE) et mis en œuvre par le programme des Nations unies pour le développement, le programme « Exploser » soutient l’équipe du TROM, l’unité militaire en charge de la destruction. Au programme, plusieurs activités : la destruction des munitions présentant un risque élevé et des systèmes d’armes complexes ; le soutien aux forces armées de Bosnie-Herzégovine dans la « réduction des stocks de munitions militaires à des quantités gérables » ; la formation des officiers supérieurs ; et la modernisation des infrastructures pour améliorer les conditions de gestion et de sécurité des armes et des dépôts de stockage de munitions.

(LH)

(Crédit : Konstantin Ivanchenko)

Assassinats en Ukraine (MAJ)

(Crédit : Konstantin Ivanchenko)

(Crédit : Konstantin Ivanchenko)

(BRUXELLES2) Ce qui s’est passé ces deux derniers jours à Kiev ne relève pas de simples clashs entre manifestants et forces de l’ordre, d’une manifestation qui dérape tragiquement, voire même de policiers, excédés d’être pris sous les coups de manifestants qui « pètent un plomb », c’est autre chose.

Des tirs visant à tuer

L’emploi de certaines armes, la manière de les utiliser, le nombre des victimes ne traduit pas un état de légitime défense, mais bel et bien une opération de nettoyage programmée. De même, s’il faut s’interroger sur la responsabilité des « groupes extrémistes » qui se situaient du côté des manifestants de la place Maïdan, il faut aussi s’interroger sur le sens de la provocation du régime ukrainien qui semble bien n’avoir pas hésité à semer le trouble voire favoriser certains groupes de casseurs, pour mieux réprimer durement. Une vidéo amateur diffusée par la radio ukrainienne en ligne, Svoboda, montre également l’utilisation d’armes à feu par la police à télécharger ici.

Des preuves

(MAJ) Les premiers éléments de l’enquête menée par le député ukrainien Guennadi Moskal démontrent une préparation minutieuse,. Une unité spéciale de snipers directement rattachée du commandant des forces du ministère de l’Intérieur de l’Ukraine, Stanislav Shulyak, a été positionnée, écrit-il sur son site. Elle venait des forces territoriales de Crimée sous le commandement du colonel Sergei Asavalyuk. Elle était équipée de 80 fusils de snipers fabriqués au Royaume-Uni de type AVK. Un achat tout à fait légal, puisque un avis d’achat avait été publié au Journal des marchés publics. Quant aux Berkuts ils étaient placés sous la supervision directe du vice-ministre de l’Intérieur Viktor Ratushnaik.

Des munitions découvertes

Déjà, le 16 février dernier, un journaliste polonais, Piotr Andrusieczko, avait rapporté sa découverte plutôt surprenante de munitions dans un poste des force de l’ordre Berkout en face du cabinet présidentiel (NB : avant les massacres de la place Maidan). « A proximité immédiate de la barricade, du côté des Berkouts, il y avait des pétards non explosées et des cocktails Molotov. Mais aussi des tas de douilles de munitions » révèle le journaliste sur le site en ligne de Nowa Europa Wschodnia avant d’ajouter : « les quantités découvertes (des centaines, sinon des milliers d’entre eux ) témoignent de la variété des armes utilisées ».

 Différents types de munitions

Le journaliste polonais et ses homologues identifient plusieurs types de munitions. Les douilles avec des enveloppes rouges sont produites par la société française, Spartan, celles avec l’enveloppe orange sont tchèques et produites par Sellier & Bellot; « les douilles blanches n’avaient pas de marques, mais les journalistes américains présents les ont identifiées comme américaines » affirme Piotr Andrusieczko. Enfin, il y avait des douilles bleues polonaises, fabriquées par FAM Poinki. Selon le site d’armement polonais, il s’agit d’un « armement spécial avec des munitions réelles ». « Elles sont marqués LFT- 6.8 (du calibre 12) et chaque enveloppe contient 12 billes de plomb » écrit Andrusieczko. Pour le journaliste, il s’agit d’une chevrotine puissante, « utilisée lors de la chasse des loups, des chats sauvages, des sangliers petits et moyens » Des munitions qui proviennent davantage d’armes de chasse que d’armes de guerre.

(Nicolas Gros-Verheyde & Loreline Merelle)

Base de Gao (crédit : ministère français de la défense / DICOD)

Le Drian au Mali pour le réveillon. Une visite pleine de sens…

Base de Gao (crédit : ministère français de la défense / DICOD)

Base de Gao (crédit : ministère français de la défense / DICOD)

(BRUXELLES2) Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se déplace ce soir au Mali pour une visite qui va durer plusieurs jours et a plusieurs objectifs.

Premièrement, il s’agit de rendre hommage aux troupes présentes sur place. JY Le Drian passera la nouvelle année à Gao. Au plus fort de l’opération, ce sont 4500 militaires français qui ont été engagés, 7 sont morts en opération (*) et une vingtaine ont été blessés. Deuxièmement, il s’agit de célébrer le premier anniversaire de l’opération Serval dans le pays. Déclenchée le 11 janvier 2013  (voir ci-dessous). Troisièmement, le ministre devrait annoncer un repositionnement français dans le pays comme dans toute la région (lire sur le Club).  Enfin, et ce n’est pas l’aspect le plus négligeable, il s’agit de célébrer la première mission « opérationnelle » du nouvel avion de transport européen, l’Airbus A400M, qui vient d’entrer dans l’armée de l’air française très récemment (lire : L’A400M en service).

Première mission opérationnelle pour l’A400M

L’Airbus A400M « MSN7 », rebaptisé, « ville d’Orléans » en honneur à sa ville marraine, va en effet effectuer sa première mission opérationnelle en acheminant, au départ de la base aérienne 123 d’Orléans, du matériel jusqu’à Bamako. Durée du vol : 7 heures. Charge transportée : 22 tonnes. Pour effectuer le même chargement, il faudrait 3 C-130 Hercules (9 tonnes par avion) et presque 10 heures de trajet (9h30). Puis il aura une mission moins lourde en poids mais tout aussi symbolique politiquement, puisqu’il prendra en charge le Ministre et la délégation officielle (dont des journalistes) pour effectuer un vol tactique de Bamako à Gao.

    Arrivée de l'A400M à proximité de l'aéroport de Bamako au Mali (crédit : armée de l'air)

Arrivée de l’A400M à proximité de l’aéroport de Bamako au Mali (crédit : armée de l’air)

220 tonnes de munitions saisies

Pour le ministre, les opérations menées conjointement avec les forces armées maliennes ou en coordination avec les forces africaines de la MISMA, puis de la MINUSMA, ont « permis de neutraliser plusieurs centaines de terroristes et d’affaiblir leur potentiel logistique ». Le bilan dressé par le DICOD se veut impressionnant : environ 160 bâtiments et dépôts logistiques et 120 véhicules appartenant aux groupes terroristes ont été détruits. 220 tonnes de munitions ont été saisies (dont 30 tonnes ont été reversées aux forces armées maliennes). Dans le détail, cela donne : 1300 grenades, 1000 roquettes, 7700 obus, 500 mortiers, 200 mines et engins explosifs improvisés, 20 bombes. Sans oublier 12 tonnes de nitrate d’ammonium, utilisé normalement comme engrais azoté mais pouvant servir surtout d’explosif. Ont également été saisis quelques armes : 100 fusils, 150 mitrailleuses, 30 roquettes, 20 mortiers, 20 canons et 3 missiles SA7. Le bilan « humain » n’est pas détaillé. Mais certaines sources mentionnent plusieurs centaines de « rebelles » tués (au moins un demi-millier).

30% des missions aériennes assurées par les alliés

Pour mener à bien cette opération, c’est un véritable gymkhana logistique qui a été nécessaire que ce soit par voie maritime (9 170 tonnes et 500 personnes acheminées), terrestre (plus de 3 millions de kilomètres parcourus par les logisticiens)  ou par voie aérienne stratégique (18.500 tonnes acheminées et 480 rotations) ou par mouvements tactiques, intra-théâtres (3 500 tonnes de fret, 15 600 personnes transportées). Ce sont ainsi « plus de 1 600 missions, dont 30% ont été réalisées par les alliés (Belges, Allemands, Britanniques, Danois…). Pour cela il a fallu siphonner un ou deux tankers avec plus de 17 millions de litres de carburant aéronautique et 3 millions de litres de carburant terrestre consommés.

Colis pour les soldats

Les ministres en ont profité pour distribuer aux militaires français engagés sur le théâtre d’opération au Mali un panier garni de fête « made in France » aux soldats présents pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Le ministre délégué à l’Agrialimentaire, Guillaume GAROT, a fait le déplacement pour l’occasion. A l’intérieur, des bocaux de foie gras fournis par le Comité interprofessionnel du foie gras (CIFOG), des toasts pour foie gras et des gaufres de chez Jacquet-Brossard (Groupe Limagrain), des confitures et pâtes de fruit d’Andros (Pierrot Gourmand et Bonne Maman),  des jus de fruit et sodas d’UNIJUS (Pepsico et Pampryl), du vin rouge de chez Castel… Au passage, on apprend qu’il y a 3000 colis qui ont été préparés, soit un peu plus que les 2500 soldats officiellement présents.

  • (*) Citons-les : le chef de bataillon Damien Boiteux (4e RHFS régiment d’hélicoptères des forces spéciales, le 11 janvier 2013), l’Adjudant Harold Vormezeele (2e REP régiment étranger de parachutistes, le 19 février 2013), le caporal-chef Cédric Charenton (1er RCP régiment de chasseurs parachutistes, le 2 mars 2013), le maréchal des logis Wilfried Pingaud (68e régiment d’artillerie d’Afrique, le 6 mars 2013), le caporal-chef Alexandre Van Doren (1er RIMa régiment d’infanterie de marine, le 16 mars 2013), le sergent Stéphane Duval (1er RPIMa régiment de parachutistes d’infanterie de marine, le 29 avril 2013), le maréchal des logis Marc Martin-Vallet (515e RT régiment du train, le 30 juillet 2013).

Avoir un retour d’expérience de l’opération en Libye

(BRUXELLES2 à Wroclaw) Parmi les sujets abordés lors du dîner des ministres de la Défense, a aussi émergé le fait que certaines lacunes méritaient d’être comblées. « Il faut faire l’inventaire de ce que nous savons faire, ou pas faire, ce que nous pouvons faire ou pas faire, et les moyens qui nous manquent » a expliqué Gérard Longuet. « Un retour d’expérience des 6 mois d’opération en Libye qui soit un diagnostic précis et puisse donner des solutions concrètes. » Travail qui pourrait être fait « par la présidence polonaise ». Français et Britanniques vont se rencontrer dès le 12 octobre prochain pour dresser un état des lieux à travers un retour d’expérience mutuelle. Les lacunes sont assez précisément identifiées : le ravitaillement, le renseignement, les munitions…

Un projet européen sur les munitions

On peut ajouter que l’Agence européenne de défense a commencé à travailler sur certains questions, notamment celles des munitions. Il s’agit d’étudier – selon nos informations – de quelle manière on peut avoir un partage de munitions, dites intelligentes (Nb : comme les bombes lasers qui ont manqué en Libye), par exemple pour mettre en commun certains stocks de réserve entre des pays qui utilisent les mêmes types de munitions ou s’assurer d’un approvisionnement rapide en cas de besoin.