Les équipes médicales d’Atalanta à la rescousse de Mogadiscio

(B2) Après l’attentat terroriste, qui a couté la vie à plus de 350 personnes à Mogadiscio le 14 octobre dernier et fait plus de 250 blessés, des membres de la force navale de l’UE (EUNAVFOR Atalanta) ont été déployés dans la capitale somalienne, afin d’apporter un soutien en matériel et hommes aux secours médicaux d’urgence.

Le navire espagnol ESPS Rayo avait d’abord livré du matériel médical juste après l’incident. Le HNLMS Rotterdam a pris le relais, fournissant à l’hôpital des Nations Unies à Mogadiscio des spécialistes et des équipements médicaux d’urgence afin de prendre en charge les victimes de l’attaque. NB : Le personnel médical et l’équipement ont été convoyés jusqu’à l’hôpital avec l’aide des forces de l’AMISOM (la force de l’Union africaine).

Devant l’ampleur de l’attaque terroriste et le nombre de victimes, qui avaient besoin d’une aide médicale d’urgence, le commandement de l’opération maritime européenne avait décidé d’envoyer ses navires soutenir les équipes médicales locales totalement dépassées par la catastrophe.

(NGV)

logo EucapNestor

La mission EUCAP Nestor installée à Mogadiscio

logo EucapNestor(B2) La mission européenne EUCAP Nestor est désormais installé pleinement en Somalie. Elle a déplacé son Quartier général de Djibouti à Mogadiscio, début octobre. Ce qui marque un tournant pour EUCAP Nestor, qui passe d’être une mission régionale à se concentrer uniquement sur la Somalie. Suite logique de l’évolution stratégique décidée l’année dernière. La mission a également un bureau à Hargeisa (Somaliland) et cherche à ouvrir des bureaux extérieurs à Garowe (Puntland) dans un proche avenir. Le bureau d’appui se trouve désormais à Nairobi. Le logo de la mission a, d’ailleurs, été revu abandonnant son acronyme « Corne de l’Afrique ».

Cérémonie de clôture (Crédits: EUPOL Afghanistan)

Dernières nouvelles des missions de maintien de la paix l’UE (PSDC) – mai 2015

(B2)

Cérémonie de clôture (Crédits: EUPOL Afghanistan)

Cérémonie de clôture célébrée le 6 mai. (Crédits: EUPOL Afghanistan)

Herat (Afghanistan). Fin de la présence européenne à Herat

La mission européenne de police (EUPOL Afghanistan) va fermer son bureau extérieur à Herat (Ouest de l’Afghanistan) à la fin de mai, après sept années de soutien à leurs homologues afghans. Pour le chef de la mission, Pia Stjernvall, le bureau à Herat a obtenu de bons résultats, en particulier dans la promotion des principes et méthodes de la police communautaire ainsi que l’amélioration de la coopération entre la police, les procureurs et les avocats de la défense. « Les partenaires afghans peuvent prendre le relais maintenant pour un service de police professionnel, responsable et efficace ».

(Crédits: EUCAP Nestor)

(Crédits: EUCAP Nestor)

Djibouti. Gardes-côtes équipés et formés pour les enquêtes sous-marines

Fidèle à sa devise « former et équiper », le Chef de Mission d’EUCAP Nestor, Etienne de Poncins, a remis, à l’issue de la formation, au chef des gardes-côtes djiboutiens, le colonel Wais Omar Bogoreh, des lots d’équipements composés de matériel de plongée, d’enquêtes et de recherche sous-marine ou terrestre. Ces kits, permettant d’équiper 8 plongeurs, seront utilisés pour des exercices de formation plus complexe telle que la délimitation de scènes de crime sous-marine, la recherche de preuves en profondeur ou même la photographie sous-marine. Ces entrainement variés donneront la capacité aux gardes-côtes d’intervenir directement sur les lieux d’un crime en mer, tout particulièrement la piraterie, pour permettre notamment de retrouver des preuves qui auraient été jetées à l’eau par les criminels.

Eunavfor Atalanta. L’Espagne prend le commandement 

Cérémonie de la 19º rotation de commandement de l'opération Atalanta (Crédits: Eunavfor Atalante)

Cérémonie de la 19º rotation de commandement de l’opération Atalanta (Crédits: Eunavfor Atalanta)

L’amiral Alfonso Gómez de la marine espagnole a pris, le mercredi 6 mai 2015, le commandement de la force navale sur zone (FHQ) de l’opération européenne de lutte anti-piraterie (EUNAVFOR Atalanta) lors d’une cérémonie tenue à Djibouti.

Il dirigera la force navale de l’UE pendant environ cinq mois. Force composée de quatre navires : la frégate allemande FGS Bayern (F-217) équipée de deux hélicoptères Super Lynx Mk.88A, la frégate italienne Grecale (F-571) de la classe Maestrale, équipé de 2 hélicoptères AB-212 ASW et les deux navires espagnols, la corvette Infanta Cristina et le Galicia. Auxquels il faut ajouter deux avions : un CASA espagnol CN 235 VIGMA et un P-3C Orion allemand Jester, basés en temps ordinaire à Djibouti.

L’amiral Gomez remplace ainsi  l’Amiral Jonas Haggren, de la Marine suédoise présent sur zone depuis février 2015 ayant lui-même pris le relais des Italiens (lire : Passage de flambeau entre Italiens et Néerlandais dans l’Océan indien

(Crédits: EUNAFOR )

(Crédits: EUNAFOR )

Dar Es-Salaam (Tanzanie). Formation anti-incendie

Le navire espagnol de débarquement Galicia (L51), qui participe à la mission anti-piraterie de l’UE dans l’Océan indien (EUNAVFOR Atalanta), a assuré à la mi-mai, la formation maritime des marins de la Marine Tanzanienne lors d’une visite de port à Dar es-Salaam. Après un briefing sur le système de commandement et de contrôle utilisé sur le navire de guerre espagnole pour surveiller toutes les activités en mer, l’équipage et les visiteurs du navire ont effectué un exercice pratique anti-incendie.

Camp de Jazeera – Mogadiscio (Somalie). Cours terminé pour les commandants de pelotons

La cérémonie de clôture pour le Cours de commandant de peloton a eu lieu au camp d’entraînement Jazeera le 30 avril à Mogadiscio. L’événement a marqué le passage en grade des 58 futurs leaders du peloton. Planifié, organisé et dirigé par EUTM Somalia, ce cours d’une durée de 15 semaines avait commencé en Ouganda, dans l’Académie militaire, et a été complété au camp d’entraînement Jazeera. Les officiers seront maintenant déployés sur tout le territoire somalien, précise-t-on au QG de la mission européenne.

Bapho (Mali). Entraînement au « Combat River Crossing » (CRC)

(Crédit: EUTM Mali)

(Crédit: EUTM Mali)

Pendant neuf semaines, les ingénieurs maliens ont appris à assembler et manoeuvrer un ferry ponton de plus de 1200 kg. Ils ont prouvé leurs compétences dans un exercice final, réalisé sous une extrême chaleur, précise la mission européenne EUTM Mali qui a organisé le cours. Cette formation dite « CRC » (Combat River Crossing) est une compétence clé, compte tenu de l’insuffisance des infrastructures et du petit nombre de ponts sur le fleuve Niger. Cette formation, effectuée par des ingénieurs allemands, est un complément à la formation fournie à Koulikoro.

Kiev (Ukraine). Les équipes pour la gestion de frontières se mettent au travail 

(Crédits: EUAM Ukraine)

(Crédits: EUAM Ukraine)

Une réunion du  » Border Management Assistance Group  » (BMAG) a été organisée, pour la première fois, le 15 mai par la mission de l’UE de conseil à la sécurité intérieure en Ukraine (EUAM Ukraine). Objectif : identifier et trouver des solutions pour les problèmes ukrainiens dans la protection de leurs frontières. Alors que moins de 10% du personnel aux frontières est entrainé pour agir en zones de conflits, les Européens veulent apporter leur expérience dans la vérification des passeports, la communication entre agences et la mise en place de capacités.

Pristina (Kosovo). Formation pratique de juristes sur les crimes de guerre

Que faire lorsqu’un témoin ne raconte pas tous les évènements ou ne s’en rappelle pas l’ordre ? C’est autour de ce cas pratique que les enquêteurs et procureurs kosovars ont travaillé, ce 22 mai. Objectif de la formation faite par les magistrats d’EULEX Kosovo : mettre l’accent sur l’amélioration des capacités des enquêteurs pour mener les interrogatoires et obtenir des déclarations admissibles dans la lutte contre les crime de guerre mais aussi dans les cas d’agressions sexuelles. Le programme de protection de témoins a été aussi étudié pour établir comment l’utiliser dans ces cas précis.

(Leonor Hubaut)

Le nouveau camp d’EUTM Somalia à Mogadiscio se construit

(BRUXELLES2) A la veille de la conférence pour la Somalie « a new deal » pour la Somalie qui se tient lundi (16 septembre) à Bruxelles, le camp de formation des soldats somaliens à Mogadiscio où vont oeuvrer les militaires européens d’EUTM Somalia est en pleine construction ainsi que nous le montre des images que viennent de tourner, en toute discrétion, des équipes Tv du Conseil de l’Union européenne.

Assurer la sécurité des formateurs européens et des soldats somaliens

Première tâche : ériger un mur de sacs de sables afin de prévenir toute attaque terroriste. « Nous créons une zone sécurisée pour que nos personnels puissent travailler en toute sécurité » atteste un ingénieur participant à la force européenne. Une priorité. Cette sécurité est, en effet, une condition sine qua none, mise par plusieurs pays européens au transfert d’une partie des activités d’EUTM Somalia d’Ouganda (où elles sont toujours établies) vers la Somalie.

Un signe important d’un certain retour à la normale

« Nous sommes une partie du processus visant à rendre la stabilité et la démocratie à la Somalie » souligne ainsi le chef de mission, le général irlandais Gerard Aherne. « Les forces somaliennes sont en développement à ce stade. Il faut se rappeler que la Somalie était jusqu’à peu encore classée comme un Etat failli. C’est aujourd’hui un Etat en reconstruction. Il y a eu des progrès significatifs ». Et d’ajouter. « Il existe une opportunité, unique aujourd’hui d’établir un processus démocratique, l’Etat de droit et de soutenir le gouvernement fédéral, tout comme d’assurer la sécurité de la population somalienne ».

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Le gouvernement somalien reçu à bord des forces Eunavfor

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La frégate Augsburg pavoisée (crédit : Eunavfor Atalanta)

(BRUXELLES2) C’est la première fois que le gouvernement de Somalie monte à bord des navires européens qui croisent au large du pays pour assurer la lutte anti-piraterie. Ce lundi (24 juin), le navire portugais, NRP Alvares Cabral, navire amiral d’EUNavfor Atalanta, a ainsi accueilli à son bord les 5 membres du gouvernement et les représentants de l’UE (le chef de la mission EUCAP Nestor, l’envoyé spécial de l’UE en Somalie et commandant d’Atalanta). Deux autres navires, la frégate allemande FGS Augsburg et le navire espagnol ESPS Numancia, ont participé à cet évènement qui se déroulait à 5 miles au large des côtes.

Arrivés à l’aéroport de Mogadiscio, les représentants se sont envolés à bord des hélicoptères Lynx de la marine allemande et portugaise. Vu la situation sécuritaire à Mogadiscio – précise-t-on au QG d’Atalanta, l’opération a été suivie de près au niveau sécurité. L’hélicoptère espagnol SH-60B du Numancia et un avion de patrouille maritime P3 Orion (de l’armée espagnole) assuraient la surveillance aérienne tandis que les forces africaines de l’AMISOM et européennes d’EUTM assuraient la protection au sol sur l’aéroport de Mogadiscio.

Situation « critique » à Mogadiscio. Le déploiement d’EUTM Somalia ralenti

(BRUXELLES2) Le niveau sécuritaire à Mogadiscio est passé au plus haut degré par les autorités européennes. Le niveau d’alerte a ainsi été relevé de « très haut » à « critique » au dernier comité militaire de l’UE, selon les informations parvenues à B2. Et le transfert envisagé de la mission de formation de l’armée somalienne (EUTM Somalia), d’Ouganda vers la Somalie, semble ralentie. Les dernières nouvelles provenant de la capitale somalienne ne sont en effet pas réjouissantes.

Dans la ligne de mire, l’Etat de droit

Ainsi une trentaine de civils avaient déjà été tués dans une attaque suicide menée par neuf personnes – tous décédées – contre le principal tribunal de Mogadiscio, dimanche 14 avril. Une soixantaine de personnes avaient été blessées. Le même jour, un attentat à la voiture piégée contre un convoi humanitaire turc près de la zone sécurisée de l’aéroport faisait 5 autres morts. Et l’assassinat, ce samedi (27 avril), du procureur en chef adjoint de la Somalie, Ahmed Sheikh Malim Nour, ne fait que confirmer cette crainte. Car les Shebab qui ont subi une défaite militaire semblent bien résolus à ne pas laisser le nouvel Etat somalien prendre ses marques. Tout ce qui peut ressembler à de l’Etat de droit ou la démocratie est une cible. La Haute représentante de l’UE ne s’y est pas trompé, « condamn(ant) fermement ces attaques, qui en aucun cas devrait diminuer les progrès remarquables dans le pays » a indiqué C. Ashton dans un communiqué diffusé à la presse aujourd’hui. « L’UE est pleinement engagée à travailler étroitement avec le gouvernement et plus largement la communauté internationale pour supporter le développement de la sécurité et l’Etat de droit en Somalie » a-t-elle ajouté (*).

Journalistes : métier dangereux

La chasse aux journalistes continue. Et porter un stylo à Mogadiscio devient on ne peut plus dangereux. Mohamed Ibrahim Rageh, journaliste pour la Télévision Nationale Somalienne et Radio Mogadiscio (médias publics), l’a payé de sa vie dans la soirée du 21 avril. Il a été poursuivi et tué par balles par deux hommes armés, près de son domicile. Fin mars, une journaliste somalienne travaillant pour une radio locale avait déjà été assassinée dans la ville, selon le même procédé (deux hommes qui avaient ouvert le feu sur elle). Depuis le début de l’année, 4 journalistes ont ainsi été tués selon le syndicat national des journalistes somaliens.

(*) Texte traduit par nos soins de l’anglais.

Quand EUTM Somalie déménagera à Mogadiscio

(BRUXELLES2 à Dublin) On ne le sait pas vraiment. Mais la formation des soldats somaliens par les forces de l’Union européenne est « un des grand succès de la politique européenne de défense » a tenu à souligner le général irlandais Gerald Aherne, qui a pris le commandement de cette mission EUTM Somalia. « Nous avons formé 3000 soldats qui constituent aujourd’hui le coeur des nouvelles forces nationales somaliennes » et ont pour tâche de « stabiliser la situation à Mogadiscio et aussi en dehors ». Ce qui a permis « d’augmenter de façon significative la zone d’action (footprint) du gouvernement somalien » a-t-il précisé lors d’un petit point de presse effectué à l’issue de la réunion informelle des ministres de la Défense ce mercredi (13 février). Pour le général, « il y a un lien direct entre la stabilisation de la Somalie et la formation de l’armée somalienne ».

Des formations spécialisées

L’effectif actuel est de 87 Européens de 13 pays différents, basés à Bihanga (Ouganda) avec des équipes en renfort pour les formations spécialisées : Civilo-Militaire (CIMIC), génie, détection d’engins explosifs (contre-IED), police militaire… « Chaque armée apporte ce qu’elle a le plus de forces, là où elle est le plus capable. C’est là, la  force européenne » a ajouté le général De Rousiers, conseiller militaire de la Haute représentante de l’UE.

Défi : gérer le déménagement

Tout le défi aujourd’hui pour l’équipe du général est de gérer le déménagement vers Mogadiscio. Une requête expresse du gouvernement somalien. Ceci ne pourra se faire a-t-il précisé que sous deux conditions : que la sécurité soit assurée sur place et que la génération de forces soit positive. Une conférence de génération de forces devrait avoir lieu d’ici la fin du mois pour identifier les apports des Etats membres.

… et compléter la génération de forces

Là encore, comme pour nombre de missions européennes, c’est la protection de la force (force protection) et le soutien médical qui manquent. « Nous travaillons avec nos partenaires de façon étroite pour que ces conditions soient remplies » a précisé Aherne. Avoir un Rôle 1 et Rôle 2 (infirmerie et hopital de campagne), c’est une obligation. Mais c’est comme « une police d’assurance, nous espérons ne jamais y recourir ».

Selon les informations recueillies par B2, plusieurs options sont sur la table, soit des contributions fournies par les Etats membres, soit des éléments « contractés » (contractors). Le déménagement complet ne pourrait pas se produire avant la fin de l’année.

Direction Mogadiscio pour EUTM Somalia

Un formateur finlandais en action dans le camp de Bihanga en Ouganda (crédit : EUTM Somalia /UE)

(BRUXELLES2, exclusif) Les « 27 » ministres des Affaires étrangères donnent leur feu vert, aujourd’hui, à la mise en chantier de la troisième phase de l’opération de formation des soldats somaliens (EUTM Somalia). Avec un tournant très net. Puisqu’il s’agit désormais – ainsi que nous l’avions déjà annoncé sur le Club de B2 – de ne plus se cantonner à de la formation « hors sol » mais bien sur place dans le pays. Selon le chef de mission, le Colonel irlandais Beary, la mission pourrait ainsi entamer sa troisième période, avec deux volets : des formations spécialisées assurées en Ouganda (à Bihanga, comme aujourd’hui) et une présence directe dans la capitale somalienne, Mogadiscio, au camp Al Jazeera, qui sert de camp à l’armée somalienne comme aux forces de l’AMISOM (ougandaises notamment), comme auprès des autorités politiques.

Un déménagement opérationnel mais aussi très politique

Ce transfert sera graduel. Mais il est justifié par l’amélioration de la situation dans la capitale somalienne. Mogadiscio n’est plus sous le feu direct des Al Shabab comme en 2011 même s’il reste encore des problèmes de sécurité. Et, surtout, il permet aussi d’être au plus proche des nouvelles structures politiques et de l’armée somalienne. C’est désormais à celle-ci que va reposer la sécurité à Mogadiscio. Et EUTM Somalia démarrée dans une grande discrétion et sous d’abondantes critiques apparait aujourd’hui comme un succès. L’impression qui ressort de la récente revue d’évaluation est positive. En trois ans, l’Union européenne aura ainsi formé – avec son partenaire ougandais – 3000 soldats. Soit un quart des forces somaliennes. L’Union européenne a assuré d’abord les formations spécialisées (télécommunications, santé, combat en zone urbaine,…) des fantassins de la nouvelle armée somalienne tandis que ses partenaires ougandais assuraient la formation de base et au combat. Puis, dans une seconde phase, elle s’est concentrée sur la formation des officiers, sous-officiers et de ce qu’on appelle le « Command and control », le C2. Même si l’apport des troupes africaines — d’Ouganda et du Burundi dans un premier temps, du Kenya et d’Ethiopie dans un second — est primordial, la nouvelle armée somalienne « s’est bien comportée » dans les différentes offensives.

Des pertes importantes pour l’Amisom

Si une partie de la Somalie a pu être reconquise sur les Al Shabab, cela n’a cependant pas été une partie de plaisir. Les combats ont été féroces. Et les pertes de l’AMISOM comme des forces somaliennes gouvernementales conséquentes. Au moins 500 soldats ougandais ont perdu la vie dans les cinq dernières années, les Kenyans au moins 25 des leurs. Sans compter les blessés. Et coté de la toute jeune armée somalienne, les pertes ne sont pas moins nombreuses. Selon un officier que B2 a contacté, « environ 10% des effectifs formés » sont déjà morts au combat. Soit environ 300 militaires. On peut leur rendre hommage…

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Mogadiscio revit

(BRUXELLES) La capitale de la Somalie semble sortir des années noires. C’est en tout cas le sentiment d’Alexander Rondos, le représentant spécial de l’Union européenne dans la Corne de l’Afrique. Il en a témoigné récemment devant la presse à Bruxelles et, surtout, devant la Chambre des Lords à Londres, le 21 juin dernier. « La Somalie est un lieu très étrange, avec une économie sans Etat » assure-t-il. Mais aujourd’hui « Mogasdiscio est animé. Pour quiconque connait la Somalie et l’Afrique de l’est, je peux dire que les couleurs sont de retour, les marchés sont ouverts. C’est magnifique. » Et le représentant spécial poursuit : « Le test intéressant a été pour moi quand les businessman somaliens ont décidé de remettre des vitres devant leur boutiques à Mogadiscio. Alors je me suis dis : « soit ces gars sont complètement fous, soit ils connaissent quelque chose que nous ne connaissons pas. »

C’est un fait établi aujourd’hui. « Les Somaliens font revenir leur argent. Les avions sont pleins. Ils reviennent. Ils apportent de l’argent qu’ils essaient d’investir. Les maisons sont en train d’être reconstruites. On manque même de travailleurs à Garowe et au Puntland. Car ils sont tous venus à Mogasdiscio à cause de la demande pour le travail, les maisons… Seul hic pour les occidentaux : « Nous devons toujours nous déplacer avec un gilet pare-balles dans un véhicule personnel blindé. J’espère que, bientôt, je pourrais faire comme tout le monde. 

L’ouverture de la délégation à Mogasdiscio

Le représentant spécial espère d’ailleurs bientôt « planter le drapeau européen » à Mogasdiscio, en anticipant sa présence dans la capitale somalienne. « J’ai insisté (et obtenu) l’autorisation des Etats membres pour ouvrir un bureau en Somalie, ainsi qu’un budget modeste. » La délégation devrait ainsi compter  toujours deux ou trois personnes en permanence à Mogadiscio. « Nous aurons ainsi les yeux et les oreilles, et j’espère que nous pourrons ainsi être à même de discuter avec le (pouvoir) en Somalie ainsi que de travailler avec l’AMISOM et les autres (partenaires). »

Texte de l’audition dans les docs de B2

Col. Beary (EUTM Somalia) : former les Somaliens, un bon investissement !

(BRUXELLES2) La troisième session de formation des soldats somaliens en Ouganda par les forces européennes (EUTM Somalia) est en passe de se terminer. La cérémonie de remise des diplômes a lieu le 10 mai prochain. Quelques semaines avant cette nouvelle étape, B2 a pu – avec un confrère de l’Agence europe – rencontrer le commandant de l’opération.

Venu de l’infanterie irlandaise, ancien directeur de la formation de l’armée, le colonel Beary dirige depuis presque un an cette mission assez originale dans le panorama européen : puisqu’il s’agit de former, concrètement, les troupes et encadrement d’une armée partant au combat.

On pourrait être étonné de voir un gradé d’un pays aussi attaché à la neutralité que l’Irlande diriger une telle opération. Mais ce serait oublier que « l’Irlande a toujours été très impliquée dans les opérations de gestions de crise ou de maintien de la paix ». Et si l’armée n’occupe qu’un faible pourcentage du PIB, l’Irlande se situe dans le top 3 des forces déployées à l’extérieur : 20% des soldats servent en outre-mer. » 7 soldats servent ainsi en Ouganda, bientôt 10 avec un renfort d’une composante CIS. Pour lui cette mission est l’exemple même d’une « mission peu couteuse – maximum 125 personnes (*) avec un budget de 4,8 millions d’euros, pour un bon « return ». Autrement dit, « c’est un bon investissement », explique-t-il

La formation des formateurs a commencé

Le principe de la mission reste le même auquel B2 avait assisté à son commencement. Les forces ougandaises forment les recrues (environ 350 lors de cette 3e session), les Européens forment les noyaux plus spécialisés des compagnies (médical, anti-IED, communications…), les sous-officiers et officiers (environ 250 en tout, à la 3e session). Dernière évolution, la formation de formateurs de l’armée. « Nous avons commencé à former des formateurs lors de la précédente session. Nous en formons 66 actuellement. On s’adapte tout le temps avec l’expérience. »

La question de la langue ?

Pour cela, les Européens sont assistés d’interprètes kenyans qui parlent le Somali. « La plupart des soldats ne parlent que le somali, très peu l’anglais ou l’italien. Et nombre d’entre eux sont analphabètes. » La question de la langue « est un véritable défi. Plusieurs formateurs européens apprennent des rudiments de somali. Ils peuvent ainsi communiquer à un niveau de l’enseignement de base. »

L’envie d’apprendre ?

« Techniquement, ce n’est pas très difficile. Les Somaliens apprennent vite. Ils sont incroyablement brillants. Ils sont généralement jeunes, autour de 20 ans. Nous n’avons pas de mineurs et faisons très attention à cela. (…) Ils me surprennent parfois par ce qu’ils connaissent. Ils ont accès à l’information » développe le Col. Beary. « C’est intéressant, révélateur de voir ceux ci donner leur propre vision, leur propre lecture du terrain. Nous avons véritablement espoir de voir l’armée somalienne se développer ».

Presque 4000 soldats formés par Européens et Ougandais

La plupart sont jeunes, en général autour de 20 ans et proviennent des régions qu’il faut sécuriser : surtout des Hawiye et des Darod, venant de Mogadiscio et des environs. Dans la prochaine session, il y aura davantage de recrues provenant du sud, « pour avoir une armée composée des différentes parties, des différents clans qui forment la Somalie ». L’objectif de l’armée du GFT est d’avoir environ 12.000 soldats selon le projet présenté par le chef d’Etat-major du GFT somalien, le général Al Dini. Plus de 3000 soldats et officiers ont déjà ainsi été formés, la prochaine session démarre début juin. Et elle accueillera environ 650 élèves, sur le même modèle « qu’aujourd’hui, avec la formation de recrues, d’unités spécialisées et de formateurs ». Elles devraient former le noyau dur de « trois brigades « d’élite » d’une division ».

Le comportement sur le terrain

De retour sur le terrain en Somalie, les soldats subissent une « période de réintégration de deux mois, pour se mettre au courant de la situation, encadrés et entraînés par les forces ougandaises » qui travaillent dans le cadre de l’Amisom, la force de maintien de la paix de l’Union africaine.  Le taux d’attrition reste « faible. Au départ, ce taux était de 4,6 %, il est descendu aujourd’hui à 1,9 %, On a un taux d’attrition très proche, voire plus faible, de ce qui se passe dans nos pays. » Une raison à cela, assez pragmatique. « Le système de paiement des soldats fonctionne. Ils reçoivent 100 $ par mois, c’est une forte incitation » à rester. Les premiers éléments formés sur le terrain se sont d’ailleurs « bien comportés » et ont participé notamment à l’offensive menée à Mogadiscio » pour déloger les Al-Shabbaab qui contrôlaient le marché de Bakaara.

Une expérience reproductible ?

La mission a un double intérêt. Pour les Somaliens, les « Européens fournissent une formation que personne ne peut apporter », avec une diversité d’expérience, d’enseignement. Les soldats formés « vont fournir les bases d’une force disciplinée et loyale pour le GFT. Cela permet également d’accomplir  un développement significatif pour la réforme des structures de sécurité » du futur Etat somalien. Et coté européen, cette formation est aussi une « expérience » utile. « Ce « paquet » de formation pourrait « être utilisé dans un autre théâtre, par exemple au Soudan, si l’Union européenne veut faire çà, ou ailleurs. On ne perdra pas cette expérience. »

(*) Il s’agit du maximum. Il y en a 121 actuellement (85 formateurs et 36 membres de soutien et commandement) venant de 12 Etats membres : 25 Français, 16 Portugais, 15 Allemands, 14 Espagnols, 11 Italiens, 10 Irlandais, 7 Finlandais, 7 Suédois, 6 Belges, 4 Hongrois, 4 Maltais, 2 Britanniques.

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Trois officiers européens de haut rang à Mogadiscio

(BRUXELLES2, exclusif) L’information diffusée par B2 dans ses « confis » est désormais confirmée coté européen. Le président du comité militaire de l’UE, le général Håkan Syrén, accompagné du commandant de l’opération Atalanta, le contre-amiral britannique Duncan Potts, et le chef de la mission de formation des soldats somaliens (EUTM), le colonel irlandais Michael Beary se sont rendus à Mogadiscio pour discuter avec les autorités nationales. L’information avait été gardée confidentielle, jusqu’au dernier moment, pour des raisons de sécurité. Mais c’est en soi une première.  Jusqu’ici aucun officier européen n’avait posé, officiellement, le pied à Mogadiscio. Et on se souvient qu’il y a toujours un otage – un agent de la DGSE française aux mains des Al Shabab. C’est en quelque sorte le signe d’un semblant de normalisation de la capitale somalienne, redoutée jusqu’ici comme la peste. Et ce n’est pas le seul.

Les trois officiers généraux ont rencontré des représentants du gouvernement fédéral de transition et des régions semi-autonomes du Puntland et de Galmudug (NB : mais pas du Somaliland qui refuse souvent de participer aux travaux de l’autorité centrale). Les entretiens ont porté sur la stabilisation de la Somalie et la lutte contre la piraterie. Les Européens ont notamment réaffirmé le besoin d’une coopération plus étroite des autorités somaliennes ; la sécurité du pays ne pouvant être soutenue par l’avancée du processus politique. Celui-ci est en effet en partie bloqué. Ainsi la Somalie n’a toujours pas adopté de législation permettant de considérer la piraterie comme un crime. « Le problème de la sécurité en Somalie est aussi notre problème  – a ainsi précisé Duncan Potts – et nous devons les combattre tous ensemble ». L’objet de la discussion était également de pouvoir préciser les contours de la future mission civile de renforcement des capacités maritimes, qui comporte un important volet en Somalie.

Une autre visite officielle 

(crédit : Foreign Office UK)

William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, était également en visite à Mogadiscio, jeudi (2 février). La première visite officielle d’un ministre britannique depuis presque 20 ans, précise-t-on au Foreign office. Et la première visite, tout court, d’un officiel occidental depuis des années (*). Le chef de la diplomatie britannique a rencontré le président Sharif Sheikh Ahmed, le Premier ministre et le maire de Mogadiscio mais aussi le chef de l’AMISOM, la mission de l’Union africaine pour la Somalie, le Général Fred Mugisha. « Les problèmes de la Somalie ne se résolveront pas en une nuit. Mais le Royaume-Uni espère que la conférence organisée à Londres (dans quelques semaines) agira comme un catalysateur pour un nouvel effort de long terme international et somali » a-t-il précisé.

Le nouvel ambassadeur du Royaume, Matt Baugh, a présenté ses lettres de créance. Mais contrairement à ce qu’ont précisé certains médias, il ne résidera pas sur place. Il sera basé à l’ambassade de Nairobi (au Kenya). Les Britanniques cherchent aussi rouvrir leur ambassade dans la capitale somalienne ; « aussitôt que possible,dès que les circonstances locales le permettront ».

(*) Le prince héritier saoudien avait fait une visite il y a six mois à Mogadiscio, le 27 août, au nom de la Fondation humanitaire Alwaleed, qu’il préside.