Missions PeSDC

Eubam Libya sur les rails. Officialisée la semaine prochaine…

(BRUXELLES2) Il aura fallu plus de deux ans après le début de l’offensive occidentale en Libye pour que l’Union européenne lance, enfin, une mission d’assistance aux frontières (EUBAM Libya). Si cette mission avait été demandée ardemment par certains pays, elle avait suscité la réticence de plusieurs autres (Royaume-Uni notamment) estimant notamment que le gouvernement libyen n’était pas consolidé. La position officielle du SEAE s’était ralliée à cette dernière position. Finalement l’évolution politique en Libye (la constitution d’un gouvernement) mais également l’évolution sécuritaire avec l’augmentation de la menace terroriste aux pourtours de ce pays (attentat d’In Amenas en Algérie, offensive djihadiste et touareg au Mali notamment) ont convaincu les plus réticents de la nécessité de boucler rapidement cette mission.

La décision cadrant cette mission est prête depuis plusieurs semaines (ainsi que les lecteurs membres du Club le savent déjà, EUBAM Libye, le projet de décision est prêt. Détails). Le budget est adopté et le chef de mission désigné. Il ne manque plus, en fait, pour adopter formellement ce texte et donc permettre le déploiement de la mission qu’une “pièce” extérieure au dispositif européen : un Ok de Westminster. On attend en effet l’avis de la commission parlementaire britannique sur les questions européennes. La décision serait alors donc prête à être adoptée la semaine prochaine.

Selon nos informations, la mission aura un objectif  à court terme : « aider les autorités libyennes à se doter des capacités nécessaires pour améliorer la sécurité aux frontières libyennes terrestres, maritimes et aériennes » et un objectif à plus long terme : « définir une stratégie plus large de gestion intégrée des frontières ». La mission sera commandée par un Finlandais, Antti Hartikainen, et un Britannique devrait être son adjoint. Elle devrait démarrer en juin pour une durée de 24 mois. Dotée d’un budget de 30,3 millions d’euros, elle disposera d’environ 165 personnels : 83 personnels détachés par les Etats membres, 27 contractuels internationaux et 54 contractuels locaux (+ le chef de mission).

Lire aussi :

Et sur le Club de B2 (pour les membres- s’abonner ici) :

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24 heures ou 6 mois ?

Le ministre Le Drian aux cotés de Eneko Landaburu (ancien DG Relex et Elargissement) et Elmar Brok (président de la commission Affaires étrangères du Parlement européen) (crédit : Notre Europe)

(BRUXELLES2) Venu mercredi (15 mai) devant le think tank “Notre Europe” — “un hommage à Jacques Delors qui m’a beaucoup donné” — le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian (*), a pointé du doigt la lenteur européenne à mettre en oeuvre ses missions de sécurité et défense.

Nb : Le ministre a aussi abordé d’autres sujets : sa vision européenne de la défense, l’approche globale, la coopération structurée permanente (à paraitre sur le Club).

Six mois pour mettre en place EUTM Mali !

« La première fois dont on a parlé de la mission EUTM Mali (au niveau ministériel), c’était fin septembre (au conseil informel de Chypre). Il a ensuite fallu 6 mois pour voir un premier membre de la mission s’installer au Mali. Et, encore, me dit-on, c’est un délai très court ! » Et le ministre de préconiser une vaste « simplification » du dispositif. « Il y a vraiment la nécessité de clarifier, de raccourcir, de rendre plus performant la manière de gérer les crises au plan européen. Il faut aussi mettre fin au cloisonnement qui existe entre la Commission européenne et le SEAE ». Et de poser une question qui tue : « Quand j’informe le 10 janvier le président de la République (de la situation au Mali), le président prend sa décision le lendemain à 12h et les forces sont sur place à 17h. Quel est l’outil européen qui permettra cette réactivité ? »

Commentaire : l’image n’est pas exagérée, le problème est réel…

Le raccourci de la comparaison – six mois pour l’UE, 24 heures pour la France – est saisissant. Et on pourrait le discuter. Car le dispositif national français – qui était en veille depuis plusieurs semaines – et le dispositif européen qui obéit à d’autres impératifs – multinationaux, déblocage de financements —, ne peuvent pas être comparés totalement. Mais il ne faut pas se leurrer. Jean-Yves Le Drian est un Européen convaincu et connait bien la situation. Quand il pointe du doigt la lenteur de réaction, l’image est peut-être exagérée. Mais le problème est, bel et bien, là. Réel, concret et constant.

D’après toutes les informations qui nous remontent, la situation est pire que ce qu’il décrit… Si on regarde bien, cela ne fait pas vraiment six mois que l’on parle d’une mission au Mali, mais plutôt deux ans. Et cette mission visant à renforcer les capacités sécuritaires du pays n’est toujours pas en place ! Et si on jette un oeil sur les dernières missions de crise (à composante civilo-militaire) lancées ces derniers mois (Eucap Niger, Eucap Nestor, Euavsec Sud Soudan), le délai d’élaboration est non seulement long. Mais la mise en oeuvre sur le terrain, également, est aussi lente. Ces trois missions, au bout de long mois, ne sont pas encore totalement opérationnelles ! Il y là un problème fondamental auxquels les responsables européens se doivent de répondre. Si l’Europe compte en mois et années pour réagir à une situation de crise, la situation politique et sécuritaire sur le terrain a déjà changé (le Mali, la Libye le prouvent). Et la crédibilité de l’Union européenne en prend un coup.

On ne peut plus continuer comme cela ! Un bon délai de déroulement de mission de crise – en tenant compte des impératifs multinationaux – devrait être de l’ordre de la semaine pour une première réponse de crise et de 3 mois, maximum, pour le déploiement des premiers éléments – effectifs – d’une mission. C’est dans ce créneau et avec cet objectif que les acteurs européens se devraient de s’inscrire et de réfléchir comment adapter les structures, les procédures, les hommes, la logistique…

(*) Le ministre effectue une tournée internationale pour “présenter le livre blanc de la défense” qui le mène après Bruxelles à Londres, Washington puis Strasbourg (devant le Parlement européen)

Lire aussi les derniers articles publiés sur : EUTM Mali

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Les missions de la PSDC en démonstration. Allez les découvrir !

(BRUXELLES2) Si vous êtes à Bruxelles ce samedi, et vous intéressez aux missions européennes de maintien de la paix. N’hésitez pas ! La plupart des responsables de la communication et même des chefs des missions européennes de gestion de crises, civiles comme militaires, sont, en effet, présents à Bruxelles pour les journées portes ouvertes, organisées par les institutions européennes en prélude de la fête de l’Europe, le samedi 4 mai. Ils trouveront place comme à l’accoutumée dans l’atrium du Justus Lipsius, le bâtiment du Conseil de l’Union européenne (place Schuman). Ouverture de 10 h à 17h.

Une politique mal connue

C’est une occasion unique de faire connaissance avec plusieurs de ces missions. Force est, en effet, de reconnaitre que malgré quelques efforts, du coté européen, c’est souvent le service minimum pour promouvoir et faire connaitre ces missions, dont le travail reste souvent non seulement méconnu du grand public mais aussi de leurs mandants. La création du Service diplomatique européen (SEAE) n’a pas vraiment entraîné d’évolution favorable. On pourrait même dire le contraire. Depuis que je suis, de près, ces questions, je constate plutôt un affaiblissement de l’effort d’information et de communication qu’une augmentation. Et quand les interlocuteurs s’étonnent du peu d’écho que ces missions rencontrent dans les médias, il ne faut pas chercher très loin…

Un effort d’information limité

Malgré l’existence d’un service du porte-parole, les missions de gestion de crises restent encore le parent pauvre de la communication du SEAE. Et B2 en est le témoin régulier. Très peu d’informations sont distillées en dehors de pâles communications officielles. Certaines questions posées restent sans réponse ou la réponse arrive si tardivement qu’en termes journalistiques cela revient au même. Même les plus simples demandes comme le CV ou biographie d’une personne nommée très officiellement à la tête d’une délégation paraissent soulever des difficultés inestimables (quand la biographie officielle n’est pas “caviardée” !). Et, à chaque précision supplémentaire, on a l’impression d’être en position du dentiste qui va arracher une grosse molaire… sans anesthésie ! Les conférences des ambassadeurs de l’UE ou réunions des chefs de mission de l’UE se déroulent souvent dans une discrétion, recherchée. Quant aux visites “sur le terrain”, elles sont inexistantes ou tournent au “flop” … Aussi quand certains s’étonnent du manque d’information sur l’Europe de la Défense, il ne faut pas s’en étonner. Car — j’en suis le témoin régulier —, les médias sont plutôt demandeurs d’information…

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Quand “Berlin Plus” a des ratés… le DSaceur aux arrêts de rigueur ?

Quand “Berlin Plus” a des ratés… le DSaceur aux arrêts de rigueur ?

Le général Shireff lors du VIP Day organisé au camp Butmir à Sarajevo avec les autorités bosniennes (Crédit : Eufor Althea)

(BRUXELLES2, exclusif) Le General Sir Richard Shirreff, commandant adjoint des forces alliées en Europe (OTAN) et également commandant des opérations d’Althea, semble avoir déparé. Apparemment décidé coute que coute à préserver un avenir d’une opération, condamnée à la fermeture. Il entend ainsi développer une nouvelle fonction de gestion des surplus d’armement et de munitions (Lire aussi : La mission Eufor Althea se cherche un nouveau débouché). Quitte à prendre quelques aises avec les procédures habituelles.

De nombreux Etats membres – on le sait – sont partisans d’une fermeture à terme de cette mission EUFOR qui, au plan militaire, n’a plus de nécessité. Mais cela n’a, selon nos informations, pas empêché le DSaceur de chercher à contourner cette opposition en obtenant, sur place, auprès de la “communauté internationale” présente sur place un assentiment. Un terme assez vague qui regroupe des ambassadeurs de plusieurs pays et des représentants d’organisations internationales comme l’OSCE et le PNUD.

Une quinzaine d’Etats membres ont clairement exprimé une position négative vis-à-vis de cette tentative de contournement de l’instance politique – le COPS – qui a normalement compétence pour orienter et définir les missions de gestion de crise. Le DSaceur n’en a apparemment pas tenu plus compte que son premier galon… Il a donné instruction à son commandant de force, le général autrichien Didier Heidecker, de faire une présentation “officielle” aux acteurs locaux le 11 avril dernier. Une protestation des ambassadeurs allemand et français en poste à Sarajevo n’y a rien fait.

L’affaire s’est envenimée quelques jours plus tard, quand un conseiller politique (POLAD) de nationalité française, s’est vu refusé l’accès au camp Butmir, le siège de EUFOR Althea. Le comportement du commandant d’opérations a donc fait monter la moutarde à plus d’un représentant militaire à Bruxelles. Et l’affaire prend un tour d’incident diplomatique rarissime dans les annales européennes…

COMMENTAIRE

On ne sait pas encore la décision que pourra prendre la Haute représentante de l’UE, qui a la responsabilité politique des opérations militaires. Dans un Etat membre, cette attitude d’insubordination a un nom… Et un tel comportement ne peut normalement être laissé sans sanction. Sanction qui devra être aussi diplomatique que possible, pour éviter tout froissement de susceptibilités, mais effective pour éviter que l’autorité, désormais amoindrie, du commandant d’opérations ne rejaillisse sur toute l’opération. Ses décisions pourraient, en effet, être infirmées.

Une faute grave

Dans l’Union européenne, le mandat d’une opération militaire – comme civile – est défini de façon assez étroite et soumis à un contrôle politique tant du Haut représentant de l’UE pour la politique étrangère que des ambassadeurs des Etats membres réunis au sein du COPS. Si une certaine appréciation de la conduite des opérations est laissée au commandant d’opération, celle-ci ne peut aller cependant jusqu’à réécrire le mandat et s’adjoindre des tâches qui ne sont pas prévues par celui-ci. Il est ainsi plutôt anormal qu’un commandant d’opérations prenne les marques internationales d’un mandat qui n’a pas reçu un aval – au moins tacite – de ses mandants. Ce contrôle politique, parfois précis, distingue d’ailleurs les opérations de l’UE de celles de l’OTAN, où le “Saceur” dispose parfois d’une plus large autonomie opérationnelle (ne serait-ce que par le fait qu’il obéit à deux lignes de commandement différentes, celle de l’OTAN et celle du Pentagone). Apparemment, le général britannique Schirref n’a pas vraiment compris qu’il se situait dans un autre cadre, ne travaillait ni pour le bd Leopold (comme DSaceur) ni pour Londres mais qu’il était sous l’autorité hiérarchique des “27″ (le Danemark ne participe pas aux opérations militaires) et du Rond Point Schuman. Et que la Bosnie-Herzégovine des années 2013 n’était pas l’Irak ou l’Irlande du nord des années 1990 !

L’avenir de la Bosnie-Herzégovine

Le commandant d’une opération en Bosnie doit avant tout être un “général diplomate” plutôt qu’un commandant au sens strict. L’adhésion effective de la Croatie le 1er juillet prochain, l’entrée de la Serbie dans le processus de négociation dans le même délai, sont des indicateurs précis, qu’une page de l’histoire se tourne dans ces régions. Donner à une force militaire multinationale dans un pays aussi proche que la Bosnie-Herzégovine – de nouvelles missions – pose d’ailleurs un problème général. Quel signe veut-on donner aux Bosniens ? à l’ensemble de la région ? Et au-delà, ne faudra-il pas demain déployer des forces multinationales pour désarmer la mafia en Sicile, les mouvements autonomistes en Corse, la corruption rampante en Bulgarie… la question mérite d’être posée. Et ce n’est sûrement pas à un général d’y répondre tout seul…

Un dispositif suranné

Plus généralement, cet “incident” pose le problème de l’avenir du dispositif “Berlin Plus” qui consiste à s’en remettre aux structures de l’OTAN pour des opérations européennes. Cette “dépendance” était nécessaire dans le début des années 2000. Car l’UE n’avait pas alors vraiment de structure et d’expérience de gestion de crises. Ce lien était même recherché. Car, dans les Balkans, il était impératif d’éviter toute divergence entre les deux organisations. Elle était, également, facilitée par la personnalité du Haut représentant de l’UE d’alors, J. Solana, qui avait été secrétaire général de l’OTAN et disposait au sein de celle-ci d’une certaine autorité morale. Aujourd’hui, presque dix ans après le transfert d’autorité de la SFOR (Otan) à EUFOR (UE), elle ne se justifie plus. Exactement pour les mêmes raisons ! L’UE a acquis une certaine expérience, une autonomie certaine et dispose désormais d’une structure adéquate de gestion des crises. Elle agit dans les Balkans en premier rang avec un dispositif puissant puisqu’il repose sur un bras politique (le processus d’adhésion à l’UE) et un bras financier (les programmes communautaires et de préadhésion), le dispositif militaire de stabilisation devenant ainsi de plus en plus accessoire et modique au fur et à mesure que les pays issus de l’ex-Yougoslavie entrent dans ce processus d’intégration.

Simplification nécessaire

Enfin, elle dispose d’une palette de commandants d’opération, expérimentés et diplomates, qui suffisent. L’expérience acquise incite ainsi à opter pour un dispositif simplifié de commandement. Pour une mission de taille réduite – comme l’est la mission EUFOR Althea aujourd’hui (moins de 600 hommes) – et dont le champ de la mission est bien circonscrit, à la fois géographiquement et fonctionnellement (soutien et formation à l’armée bosnienne), il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir deux généraux au commandement : un pour l’opération et un pour la force. Un seul suffit ! L’exemple des missions EUTM Somalia ou EUTM Mali qui n’ont qu’un commandant de mission qui rapporte directement devant le comité militaire plaide en faveur de cette simplification. Rationaliser la chaîne de commandement éviterait ainsi des complications non nécessaires.

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Le dispositif européen anti-piraterie dans l’Océan indien (maj)

entrainements à bord du BPC Tonnerre (crédit : marine nationale)

(BRUXELLES2) Avec le changement de commandant de l’opération pour Eunavfor Atalanta s’est aussi effectuée une relève des différents navires qui participent à l’opération européenne anti-piraterie. On en compte une dizaine aujourd’hui

Ainsi depuis le 12 avril, c’est le groupe – école “Jeanne d’Arc” de la marine française qui s’est déployé formé autour du BPC Tonnerre (L-9014), la frégate anti sous-marine Georges Leygues (D-640), la frégate Nivôse (F-732)- une habituée de l’Océan indien – et son hélicoptère Panther, et le patrouilleur de haute mer Adroit (P-725). A bord du BPC, le groupe école d’application des officiers de marine (GEAOM) poursuit sa formation pratique, au plus près des réalités opérationnelles. Le Tonnerre embarque une équipe de protection estonnienne, d’une dizaine de militaires qui ont rejoint l’équipage à Djibouti et resteront à bord durant un mois. Une participation qui n’est pas une première. Depuis 2011, l’Estonie participe à l’opération en embarquant une équipe de protection à bord d’un bâtiment français en mission dans l’océan Indien.

Outre les navires français on trouve :

  • un bâtiment suédois, le HMS Carlskrona (M-04), qui avait déjà participé à l’opération en 2010, et son hélicoptère AW109LUH
  • la frégate allemande FGS Augsburg (F-213), avec ses deux hélicoptères Sea Lynx MK 88,
  • la frégate lance-missiles espagnole ESPS Numancia (F-83), et ses deux hélicoptères SH-60 Seahawk
  • le patrouilleur espagnol ESPS Rayo (P-42), et un hélicoptère Augusta-Bell 212ASW
  • la frégate néerlandaise HNLMS De Ruyter (F-804), et son hélicoptère tout neuf NH90
  • et le navire-amiral, la frégate lance-missiles portugaise Alvares Cabral (F-331), dotée de 2 hélicoptères Lynx Mk 95.

Coté OTAN

L’opération Ocean Shield de l’OTAN (TF 508) compte trois bâtiments sous commandement du contre-amiral italien Antonio Natale : le navire d’assaut amphibie italien ITS San Marco (L-9398) est le navire-amiral, la frégate turque TCG Gökova (F-496) et le navire américain USS Nicholas (FFG 47).

Lire aussi :Un nouveau commandant pour Eunavfor

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Fiers d’être là

Fiers d’être là

Le lieutenant colonel Sanogo commandant le bataillon “Warraba” (© NGV / Bruxelles2)

(BRUXELLES2) Pour le lieutenant-colonel Yacouba Sanogo (*), qui vient du 35e régiment de blindés basé à Kati, et commande les “Lions”, « c’est une grande chance » d’être là. « Le pays a besoin de nous » Or l’armée malienne n’est pas vraiment opérationnelle « Nous n’avons pas assez de bonne formation et pas de bon équipement ». « Une fois que nous aurons les deux, nous serons vraiment mobilisés » et « prêts à monter dans le nord à Kidal » bien sûr « pour sécuriser la zone, faciliter le retour de l’administration » mais aussi où le gouvernement voudra bien nous envoyer ». Le nord, une région qu’il connait déjà. « On a tous l’expérience du nord. Depuis dix ans on est en crise et on a tous été dans le nord ». L’officier supérieur de 45 ans qui n’est pas encore à l’aise devant les médias. Notre interview participe d’ailleurs de sa formation. Un de ses mentors viendra discrètement après notre interview pour faire le point avec lui, lui rappeler les principes « quelles que soient les questions des journalistes, tu reviens à ton message, c’est cela l’important, ton message ».

Fiers d’être là

Les officiers intermédiaires ne veulent d’ailleurs pas répondre aux journalistes directement, sans l’autorisation de leur service de presse. « Je ne parle pas. Je respecte les ordres ». C’est cela aussi l’apprentissage … Cependant à la pause, de façon anonyme, un de ces sous-officiers, avec une solide expérience, près de 20 ans de service a accepté de se confier.

Une certaine habitude des formations pour les plus anciens

Ce n’est pas la première fois que les armées occidentales viennent les former, ils l’ont été par les Américains, les Français… « Nous avons déjà vu certaines choses » Vieux routier, il note au passage certaines nouveautés qui apparaissent dans la formation, comme la manière de fouiller des personnes à un check point « Ca c’est une chose nouvelle ». Une manière de noter ainsi les évolutions de nos armées, l’Afghanistan est passé par là (A suivre : le syndrome afghan). Dans tous les cas, il est très content d’être là, avec ses hommes, de pouvoir reformer une armée, ayant le sentiment d’appartenir à une élite, qui teste. « Nous sommes les précurseurs » affirme leur chef, le ltt colonel Sanogo.

Très volontaires

Ce sentiment est confirmé par les formateurs. Les Maliens sont « très volontaires. Ils veulent apprendre. C’est vraiment un plaisir de faire leur instruction ». D’autant qu’on ne part pas de zéro. « Ils ont eu une instruction initiale, voire complétée par des stages à l’étranger. » Et en à peine une semaine, depuis leur arrivée, « on sent les progrès, c’est net. » Mais il y a cependant tout une série de points à reprendre, notamment la cohésion de groupe. « Ils en sont conscients d’ailleurs. Et sont très intéressés ». En témoigne le nombre de questions qui jalonnent les différents ateliers et exercices. A suivre…

(*) Un homonyme mais pas plus avec le capitaine auteur du coup d’Etat.

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A la découverte d’EUTM Mali

(BRUXELLES2 à Koulikoro) Après Abidjan, je suis allé rendre visite à l’équipe européenne de formateurs de l’armée malienne (EUTM Mali) qui vient tout juste de commencer les formations de son premier bataillon malien, dénommé Warraba, “Les Lions” en bambara (la langue locale principalement parlée dans le sud du pays que je maitrise pas encore totalement :-) ).

La chaleur…

Avec un vecteur dont on peut avoir conscience, théoriquement, avant de partir, mais qui est une réalité frappante, la chaleur, écrasante dès les premières heures de la journée mais qui augmente rapidement. On dépasse les 40° à l’ombre (ce qui peut apparaître frais pour ceux qui sont dans le nord, comme dans l’Adrar des Ifoghas, où on atteint facilement les 50°).

Une adaptation nécessaire…

Autant dire que toute activité est ralentie, voire stoppée entre 12h et 16h. Si pour les Français de l’infanterie de marine, c’est un peu leur terrain habituel, comme pour les Britanniques du Royal Irish Regiment, qui ont le pied aguerri outre-mer, pour certaines troupes, il a fallu « quelques jours d’adaptation » ainsi que l’a précisé un officier. Assez logique d’ailleurs « Nos amis finlandais ont franchi en quelques heures 70° d’amplitude, passant de – 25° à près de 45° ! ». Il est évident ainsi que les habitudes protocolaires de certaines armées ont rapidement été revues, et les gants ou habits trop épais remisés dans les malles.

Entre Bamako et Koulikoro

Quelques dizaines de kilomètres d’une route goudronnée, en bon état, mais avec une circulation intense. Même si “c’est l’Afrique”, la circulation est assez ordonnée, piétons d’un coté, voitures de l’autre… Mais chargée… de camions, de voitures individuelles, motocyclettes, convois militaires… De temps en temps, une chèvre ou un âne franchit le passage. Mais c’est la vie. Ou un camion au chargement brinquebalant peut le perdre. Un système de péages existe, dont le tarif est affiché officiellement, mais qui se pratique ensuite un peu à la tête du client. Certains paient, d’autres non… Il y a aussi des checks points, plus ou moins illégaux, sorte de dime prélevée au passage.

Nous sommes trois journalistes – des précurseurs également – dans les deux voitures (F. Pons de Valeurs actuelles, une équipe de la BBC, et votre serviteur) pour rendre visite aux soldats maliens et à leurs formateurs, accompagnés de notre guide-mentor, le Ltt Col de Cussac (qui s’occupe avec brio de la comm’ d’EUTM Mali). Nous arrivons au camp de Koulikoro, une bourgade de 30.000 habitants, environ, plutôt paisible avec ses ateliers de ferronnerie, ses petits commerçants et ses pêcheurs, situé en bordure du fleuve Niger, majestueux, qui coule un peu plus bas, attendant les pluies qui s’annoncent (vers mai-juin).

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EUTM Mali. Les formateurs espagnols arrivent …

(BRUXELLES2) Les derniers militaires espagnols pour la mission EUTM Mali, sont arrivés aujourd’hui au Mali. Ils ont atterri à l’aéroport de Bamako à 13h (locales).

Ils étaient attendus par le chef du contingent espagnol, le ltt-col Gabino Regalado de los Cobos, qui les a salués. Ces militaires vont se joindre aux huit Espagnols déjà présents sur place et arrivés en février (essentiellement à l’Etat-Major à Bamako, 1 se situe au centre de formation à Koulikoro).

33 hommes de la Légion de Viator et Almería, vont composer une section de force protection, à la caserne de Boubacar Sada Sy à Koulikoro, où se déroulent les formations. Et une équipe de 15 instructeurs, vont donner une formation spécialisée en “commandos” aux militaires maliens du bataillon Wabara (les Lions).

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